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Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf, Seuil, 2009, 160 pages, 14 €
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Bonheur national brut, film de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Fokus 21, 2009, 68 minutes, 20€
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Comment démarrer en mutualisation, ouvrage collectif de l’AMI (Ateliers mutualisés pour un usage social de l’information), 2008, 129 pages, 12 €
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La folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?, Thierry Paquot, Bourin éditeur, 240 pages, 2008, 19€ Lire
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La République et ses territoires,
la circulation invisible des richesses, Laurent
Davezies, Le Seuil, La République des idées,
2008, 96 pages, 10,50 €
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L’argent caché de l’Élysée,
René Dosière, Le
Seuil, 2007, 178 pages, 17 €
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Les banques coopératives en France, le défi
de la performance et de la solidarité, Patrick
Gianfaldoni, Nadine Richez-Battesti, L’Harmattan,
2006, 294 pages, 25 €
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Le bizness, une économie souterraine, Nasser
Tafferant, Presses universitaires de France, 2007, 180
pages, 22 €
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La concertation dans les projets de pôles d’échange,
Cértu, 2006, 44 pages,
20 €
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Antimanuel d’économie, tome 2 Les cigales,
Bernard Maris, 2006, éditions
Bréal, 384 pages, 21 €
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La consommation citoyenne, hors-série
d’Alternatives économiques, 2006, 175 pages,
9,5 €
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Le don, une solution ?, Ritimo,
Cap Humanitaire et Peuples solidaires, 2006, 96 pages,
6 €
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Dictionnaire de l’autre économie,
sous la direction de Jean-louis
Laville et Antonio David Cattani, édition mise
à jour et augmentée, Folio, 2006, 720 pages,
10,9 €
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Guide de la consommation responsable et solidaire en Paca,
Apéas, 2005, 114 pages,
8 €
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Acteurs et initiatives solidaires. 1er annuaire de la
Haute Vallée de l’Aude
Base Sud Audois, 2005,
5€
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Évolution de l’accueil du jeune enfant.
La valeur ajoutée de l’économie sociale
et solidaire, recueil d’expériences
Chambres régionales
de l’économie sociale Bretagne, Pays de la
Loire et Poitou-Charentes, 2004, 190 pages, 10 €
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Comment s’éduquer à une économie
plus solidaire ?
Mouvement pour le développement
solidaire (MDS), 2005, 48 pages, 4 € port compris
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Alter-éco… économie plurielle et travail
social
coordonné par Évelyne
Piednoir, Le Sociographe n° 16, janvier 2005, 125
pages, 10 € Lire
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Catalogue des exposants du 3e Forum régional pour
l'économie sociale et solidaire (3 - 4 octobre
2003)
édité par
l’Adepés (Agence pour le développement
et la promotion de l'économie solidaire en Midi-Pyrénées),
2003, 8,48 € (frais de port compris)
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Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, sous la direction de Adame Ba Konaré, La Découverte, 2008, 348 pages, 22 €
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Acteurs et territoires du Sahel. Rôle des mises en relation dans la recomposition des territoires, Abdoul Hameth Ba, ENS éditions, 2007, 16 €
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Manuel de l’antitourisme, Rodolphe Christin, éditions Yago, 2008, 126 pages, 15€
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Africa Trek 1, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Cap au Kilimandjaro et Africa Trek 2, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Kilimandjaro au lac de Tibériade, Sonia et Alexandre Poussin, 571 et 762 pages, Pocket, 2007, 7,7 € chacun
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Comment la France a perdu l’Afrique, Antoine Glaser et Stephen Smith, Hachette Littératures Pluriel actuel, 2006, 280 pages, 8,40€
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Participations citadines et action publique : Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa, sous la direction d'Olivier Legros, coédition Adels/Yves Michel, 2008, 209 pages 22€
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Altermondialiste, moi ?, nouvelle
édition augmentée, Ritimo, Artisans du
monde et Crid, 2008, 108 pages, 6€
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Ingrid, Sergio Coronado,
Fayard, 2008, 284 pages, 18 €
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Le petit alter, dictionnaire
altermondialiste, Attac,
éditions Mille et une nuits, 2006, 396 pages,
20 €
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La place des habitants dans les politiques urbaines
en Europe, Actes de
la rencontre du 21 Juin 2005, Profession Banlieue, 2007,
89 pages, 18,50 €
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Effondrement. Comment les sociétés décident
de leur disparition ou de leur survie, Jared
Diamond, Gallimard, NRF Essais, 2006, 640 pages, 29,50
€
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Démocratie participative en Europe,
dossier coordonné
par Stefan Bratosin avec la collaboration de Jean-Thierry
Julia, revue Sciences de la société, n°
69, 2006, Presses universitaires du Mirail, 228 pages,
20€
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Le modèle suédois. Santé, services
publics, environnement : ce qui attend les Français,
Magnus Falkehed, La
petite bibliothèque Payot, 2005, 208 pages, 8
€
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100 propositions du Forum social mondial,
Arnaud Blin, Larbi Bouguerra,
Antonio David Cattani, Estelle Granet, Pierre-Yves Guihéneuf,
Yves Hardy, Andreas Hernandez, Véronique Kleck,
Caroline MacKenzie, Paulo Vizentini et Marco Weissheimer,
éditions Charles Léopold Mayer, 2006,
18 €
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Gestion de proximité et démocratie participative.
Une perspective comparative,
sous la direction de
Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey
et Yves Sintomer, , La Découverte, Coll. Recherches,
2005, 314 pages, 28,50€
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Dépression sur le Sud Caucase, Voyage entre guerre
et paix
Bernard Dréano,
éditions Paris Méditerranée, 2003,
180 pages, 15 €
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Pouvoirs, revue internationale Sud/Nord folies &
cultures n°20
éditions érès,
190 pages, 19 €
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Clés pour une éducation au développement
durable
Bruno Riondet, Hachette
éducation-CRDP Poitou Charentes, 2004, 142 pages,
11,45€
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Fils de novembre. Témoignage pour le cinquantenaire
du 1er novembre 1954
Smaïl Goumeziane,
Paris-Méditerranée / Edif 2000, 2004,
350 pages, 20 €
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Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie
Marion Gret et Yves Sintomer, nouvelle édition,
La Découverte,
2005, 140 pages, 7,5 €
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Journal de guerre d'un pacifiste, Bouclier humain à
Bagdad
Nadir Dendoune, préface
de Stéphane Hessel, 100 pages, 15 €, 2004,
CFD-éditeur, Le patio éditeur
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Dynamiques locales et mondialisation
coordonné par
Michel Rautenberg, Cahiers lillois d’économie
et de sociologie, L’Harmattan, 2003 200 pages,
16,8 €
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Le mouvement altermondialiste
Eddy Fougier, revue
Problèmes économiques et sociaux, n°897,
février 2004, 110 pages, 9 €
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L’asile en France et en Europe.
État des lieux
2004, IVe rapport annuel de Forum réfugiés,
juillet 2004, 165 pages, 13
€
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culture, santé |
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minorités,
discriminations, interculturel |
Les écoquartiers, Pierre Lefèvre et Michel Sabard, éditions Apogée, 261 pages, 21€
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L’empreinte écologique, Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, Repères La Découverte, 2009, 128 pages, 9,05 €
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Le retour à la terre, tome 5 Les révolutions, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, 2008, 48 pages, 10,40 €
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Habitat groupé : écologie, participation, convivialité, Christian La Grange, Terre vivante, 2008, 144 pages, 27 €
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La politique culturelle à Rennes, 1977-2008, Mémoires et réflexions, Martial Gabillard, Éditions Apogée, 704 pages, 2008, 25 €
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Les trois cosmonautes et autres contes, Eugenio Carmi et Umberto Eco, Grasset jeunesse, 2008, 96 pages, 17,90 €
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Cuisine bio pour fruits de saison, Terre vivante, 2008, 160 pages, 16 €
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Les guerres de mémoires. La France et son histoire, sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, La Découverte, 2008, 335 pages, 20 €
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Honorine Perino, produit par Rés’OGM Info, DVD 1h30, 15 € pour les particuliers ; associations et collectivités : contacter Rés’OGM au 04 78 42 95 37
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Le monde selon Monsanto : de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Marie-Monique Robin, La Découverte / Arte Editions, 2008, 370 pages, 20 €. Le DVD est disponible sur www.arteboutique.fr et chez Nature & Découvertes
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Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial, Lester R.Brown, Calmann Lévy / Souffle Court éditions. 2007, 400 pages, 20€
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La fin du progrès, Ronald Wright, Naïve éditions, 2006, 136 pages 16 €
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Le tourisme autrement, hors-série
pratique d’Alternatives économiques, mars
2008, 9,50,€
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Pour un nouvel urbanisme, la ville au cœur du développement
durable, Denis Clerc,
Claude Chalon, Gérard Magnin et Hervé Vouillot,
Coédition Adels et Yves Michel, 2008, 160 pages,
15 €
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Paysans, un tour de France de l’agriculture durable,
Jacques Grossard, vendredi
treize éditions, collection Urban’s guide,
2007, 96 pages, 9,9 € ,
www.transboreal.fr
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Huit villes à découvrir en Île-de-France.
Plaine Commune (Saint-Denis, Villetaneuse, Stains, Aubervilliers,
La Courneuve, L’Île-Saint-Denis, Épinay-sur-Seine,
Pierrefitte-sur-Seine), Jacques
Grossard, vendredi treize éditions, collection
Urban’s guide, 2007, 96 pages, 9,9 €
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Changer la vie ? Les classes moyennes et l’héritage
de mai 68, Marie-Hélène
Bacqué et Stéphanie Vermeersch, éditions
de l’Atelier, octobre 2007, 176 pages, 18 €
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Imaginaires de l’eau, imaginaire du monde, dix regards
sur l’eau et sa symbolique dans les sociétés
humaines, ouvrage coordonné
par Hana Aubry, La Dispute, 2007, 250 pages, 6,10 €
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Media Crisis, Peter Watkins, Homnisphères,
nouvelle édition 2007, 240 pages, 12
€
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La femme du ministre, Gérard
Delteil, L'Archipel, 2007, 362 pages, 20,95€
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Amiante, chronique d’un crime social, collectif,
Septième choc éditions,
2005, 15€ (10 % du prix est reversé à
l’association de défense des victimes de
l’amiante : bdamiante@yahoo.fr)
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L’économie verte expliquée à
ceux qui n’y croient pas, Pascal
Canfin, préface de Dominique Voynet, Les petits
matins, 2007, 152 pages, 14
€
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Devenons des médias alternatifs !, Esteban,
éditions Le p’tit gavroche, 2006, 366 pages,
10 €,
www.guidaltern.org
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Jouer le conflit, d’Yves
Guerre, L’Harmattan, 2006, 200 pages, 17,5 €
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Un drap sur le Kilimandjaro, Chroniques vertes et vagabondes,
de Pascal Dessaint, Rivages,
2005, 5 €
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Les figures de l’écologie politique, revue
Écorev n° 21, décembre 2005, 112 pages,
8€
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Le développement soutenable
Franck-Dominique Vivien,
collection Repères, La Découverte, 2005,
120 pages, 8,5 €
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Objectif développement
durable : comprendre agir sur son territoire
Réseau des agences
régionales de l’énergie et de l’environnement,
2005, 105 pages, gratuit
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Achats et développement
durable : enjeux, méthodologie et initiatives
Comité 21, Afnor,
2005, 175 pages, 30 €
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Pétrole apocalypse
Yves Cochet, Fayard, 288
pages, 19 €
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Almanach du développement
durable
présenté
par les parcs naturels régionaux de France, Dakota
/ Dexia éditions, août 2005, 140 pages, 18,5
€
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Échos de Résonance
Jean-Michel Delage, Association
de visu, 2005, 50 mn DVD : 20 € port compris
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2011
Gérard Delteil,
L'Archipel, 2005,
408 pages, 20,95 €
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Pratiquer la formation réciproque
à l'école
Sous la direction de Claire
Héber-Suffrin, éd. Chronique sociale, collection
pédagogie / formation, 2005, 220 pages, 18,5 €
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L’école,
lieu de citoyenneté
François Galichet, esf éditeur, collection
pratiques et enjeux pédagogiques, 2005,
125 pages, 14 €
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Réseaux de santé : la qualité en
pratique. Contributions à une démarche collaborative
d’amélioration de la qualité de santé
Didier Ménard,
Laurent Konopinski, Éric Drahi, Coordination nationale
des réseaux de santé, 2005, 160 pages, gratuit.
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Quels atouts et quels obstacles pour des politiques locales
de santé ?
Actes de la Xe université
de l’Institut Renaudot, Les publications de l’Institut
Renaudot, 2004, 90 pages, 10 €
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Urgentiste
Patrice Pelloux, éd.
Fayard, avril 2004, 257 pages, 18 €
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Planète attitude. Les gestes écologiques
au quotidien
Gaëlle Bouttier-Guérive
et Thierry Thouvenot, éd. Seuil pratique et WWF,
2004, 15 €
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L’exil et l’accueil en médecine, revue
Pratiques n°26, juillet
2004, 96 pages, 12,2 €
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San-Antonio au bercail
septembre 2003, 1,50 €
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Décrocheurs d’école : redonner l’envie
d’apprendre aux adolescents qui craquent
Gilbert Longhi et Nathalie
Guibert, éditions de La Martinière, 2003,
250 pages, 15 €
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Rejet des exilés, le grand retournement du droit de l´asile, Jérôme Valluy, éditions du Croquant, 2009, 382 pages, 22 €
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Rénovation urbaine. Les leçons américaines, Thomas Kirszbaum, Presses universitaires de France, collection La ville en débat, 2008, 86 pages, 8 €
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Discriminer pour mieux régner. Enquête sur la diversité dans les partis politiques, Vincent Geisser et El Yamine Soum, Les éditions de l’atelier, 240 pages, 2008, 18,50 €
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J’étais un chef de gang, Lamence Madzou, suivi de Voyage dans le monde des bandes, Marie-Hélène Bacqué, La Découverte, 2008, 241 pages, 17€
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Jeanne de la Zone, Étienne Davodeau et Frédérique Jacquet, collection histoire sensible, L’Atelier, 2008, 108 pages, 18 €
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Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration, Alexis Spire, Raisons d’agir, 2008, 124 pages, 7€
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L'immigration de A à Z, Mohsen Dridi, publication de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, 2007, 437 pages, 15€
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Ne rien oublier en partant (2006, 40’) et Quartiers
en devenir (2008, 26’),Films
de Corinne Marie, Vipère au poing productions (www.vipereaupoingproductions.fr)
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Les politiques de l’immigration en France et au
Royaume-Uni, perspectives historiques et contemporaines,
sous la direction de Lucienne
Germain et Didier Lassalle, L’Harmattan, 2006, 217
pages, 19,5€
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Paroles sans papiers, ouvrage
dirigé par Alfred et David Chauvel, Delcourt, 2007,
72 pages, 14,95€
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Altermondes, "Seine Saint Denis, arrêt sur
images", hors-série
n°4, hiver 2007, 51 pages 5€
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Prendre place dans la cité : jeunes et politiques
municipales, Véronique
Bordes, L’Harmattan - Injep, collection Débats
jeunesses, décembre 2007, 253 pages, 19
€
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L’État et les quartiers. Genèse d’une
catégorie de l’action publique, Sylvie
Tissot, éditions du Seuil, collection Liber, 2007,
300 pages, 22 €
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Le temps des HLM 1945-1975, La saga urbaine des Trente
Glorieuses, Thibault Tellier,
Autrement, collection Mémoires / culture, 2007,
224 pages, 20 €
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Émeutes en banlieue, lectures d’un événement,
revue Espaces et société
n° 128-129, éditions Érès, 265
pages, 28 €
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Qui a peur du postcolonial ? Dénis et controverses,
revue Mouvements, septembre-octobre 2007, 176 pages, 15
€
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Histoire(s) de relogement. Paroles d’habitants,
regards de professionnels, Catherine
Payen et Ryma Prost-Romand, L’Harmattan, 2007, 144
pages, 14,50 €
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Parias urbains, ghetto, banlieues, État,
Loïc Wacquant, La Découverte,
2007, 336 pages, 12,5 €
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De la parole à l’écriture, ateliers
d’écriture en France, au Portugal et au Maroc,
Françoise Sérandour, L’Harmattan,
2007, 335 pages, 29,50
€
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Oui à une société avec les jeunes
des cités !, Joëlle
Bordet, éditions de l’Atelier, 2007,
207 pages, 18 €
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Le bon, la douce et la caillera, Diaby
Doucouré, préface de Faïza Guène,
photos de Camille Millerand, L’Harmattan, 180 pages,
14 €
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Brosses et Malais, quartier sensible ?, Luc
Blanchard, Studio Graph, 95 pages, 12€
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marianne & allah. Les politiques français face
à la " question musulmane ", Vincent
Geisser et Aziz Zemouri, La Découverte, 2007, 297
pages, 20 €
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Nouvelles pratiques sociales, volume
18, n° 2, printemps 2006, Presses de l’université
du Québec, 13 €
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Repenser la solidarité : l’apport des sciences
sociales, sous la direction
de Serge Paugam, Presses universitaires de France, 992
pages, 2007, 49 €
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Les recompositions culturelles. Sociologie des dynamiques
sociales en situation migratoires,
Abdelhafid Hammouche, Presses universitaires de Strasbourg,
2007, 224 pages, 16€
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Religion, identité et espace public, Profession
Banlieue, 2006, 80 pages, 15 €
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La France invisible, sous
la direction de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux
et Jade Lindgaard, La Découverte, 2006, 647 pages,
26€
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Eux et nous, de Joël
Roman, Hachette, collection
Tapage, 2006, 150 pages, 10
€
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Les classes moyennes à la dérive,
Louis Chauvel, Le Seuil, 2006, 112 pages, 10,5 €
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L’indépendance au présent,
de Paul Néaoutyne, avec Jean-François Corral
et André Némia,
préface de Didier Daeninckx, Syllepse, 2005, 200
pages, 20€
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Ville, quartiers, banlieues, Les ressources des habitants,
revue Économie & Humanisme
n° 376, 120 pages, 13 €
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Jeunes des quartiers populaires Construction de l’identité
image et autonomie, Les
cahiers de Profession banlieue, 2005, 130 pages, 13,5
€
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L’islam imaginaire. La construction médiatique
de l’islamophobie en France - 1975-2005, Thomas
Deltombe, La Découverte, 2005, 380 pages, 22
€
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La fracture coloniale
- La société française au prisme
de l’héritage colonial
n° 67, décembre 2005,
sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel
et Sandrine Lemaire, La Découverte, 2005, 310 pages,
20 €
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Bonne année ensemble,
Espace 19, 2006, 24 pages, 4
€
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La sous représentation des Français d’origine
étrangère. Crise du système représentatif
ou discrimination politique ?
coordonné par Adda
Bekkouche, L’Harmattan, 2005, 150 pages, 14 €
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Gouverner la ville. Les voies urbaines de la démocratie
moderne
Thierry Oblet, Puf 2005,
306 pages, 28 €
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Si la ville m’était
contée…
Gilles Rabin et Luc Gwiazdzinski,
Eyrolles, 2005, 250 pages, 14,9 €
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La société des voisins
sous la direction de Bernard
Haumont et Alain Morel, direction de l'architecture et
du patrimoine, éditions de la Maison des sciences
de l'Homme, collection Ethnologie de la France, 2005,
335 pages, 23 €
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Tsiganes à l’école : pédagogie
interculturelle pour l’accès aux apprentissages
CRDP de l’académie
de Versailles, 2003, 109 pages + CD-Rom, 12 €
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L'impasse
Pierre Dubuys, coll. L'églantine,
éditions Sansonnet, 2004, 95 pages, 7 €
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Pour une décentralisation solidaire : aux acteurs
de s’en saisir, à l’État d’assurer
l’égalité de traitement
n° 172, décembre
2003 d’Union sociale, 35 pages, 5,8 €
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De la citoyenneté locale
sous la direction de Rémy
Leveau, Catherine Withol de Wenden et Khadija Mohsen-Finan,
Institut français des relations internationales,
2003, 160 pages, 15 € (diffusion La Documentation
française) Lire la fiche
Identités & démocratie, diversité
culturelle et mondialisation : repenser la démocratie
sous la direction de Ronon
Le Coadic, Presses universitaires de Rennes, 410 pages,
20€
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démocratie
locale,
initiatives locales |
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décentralisation,
collectivités locales |
Une vie pour… Ici et là-bas, solidaire, Alain Desjardin, Le Petit Pavé, 2008, 405 pages, 26€,
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Savoirs en débat : Perspectives franco-allemandes, sous la direction de Sezin Topçu, Cécile Cuny et Kathia Serrano-Velarde, L’Harmattan, 2008, 276 pages, 26,50 €,
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Chantier ouvert au public, le Viel Audon, village coopératif, édition Repas, collection pratiques utopiques, 2008, 194 pages, 15€,
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Recettes d’hier et d’ailleurs. Besançon
et les cuisines du monde, CCAS
de Besançon, Néo éditions, 112
pages, 20 €,
livret de cuisine en ligne: www.migrations.besancon.fr
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Le nouvel esprit de la démocratie, actualité
de la démocratie participative, Loïc
Blondiaux, Le Seuil, La République des idées,
2008, 112 pages, 10,5€
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Cultures et pratiques participatives : perspectives
comparatives, sous la
direction de Catherine Neveu, L’Harmattan, Logiques
politiques, 2007, 396 pages, 32€
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Huis clos pour un quartier, de
Serge Steyer, Mille et une Films, DVD de 52 minutes,
18 € pour les particuliers. Institutions, se renseigner
: 02 23 44 03 59.
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La démocratie participative, de Jean-Pierre Gaudin,
Armand Colin, 2007, 121 pages, 9
€
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Le pouvoir au peuple, Jurys citoyens, tirage au sort
et démocratie participative, Yves
Sintomer, La Découverte, 2007, 13 €
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Une mauvaise maire, Jacques
Jouet, POL, 2007, 125 pages, 12 €
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Une histoire de l’éducation populaire,
Jean-Marie Mignon, La
Découverte, collection Alternatives sociales,
2007, 264 pages, 24€
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Télé Millevaches,
Samuel Deléron, Michel
Luleck et Guy Pineau, éditions Repas, 2006, 164
pages, 15 €
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La participation politique : crise ou mutation ?, dossier
réalisé par Bruno Denis, Problèmes
politiques et sociaux n° 927, La Documentation française,
2006, 120 pages, 9,20 €
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la fiche
Nous, femmes sans frontière, Thierry
Maricourt, Licorne/L’Harmattan, 2006, 17€
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la fiche
Ville, action " citoyenne " et débat
public, revue Espaces
et sociétés n° 123, éditions
Érès, 2005, 200 pages, 25 €
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Le pouvoir local ou la démocratie improbable,
Michel Koebel, éditions
du Croquant, coll. Savoir / agir, 2006, 10 €
Lire
la fiche et l'interview de l'auteur
L’association, image de la société.
Carnet de voyage d’un militant invétéré,
de Michel Adam, préface
d’Henry Noguès, l’Harmattan, 2005,
255 pages, 23 €
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Évaluation et démocratie participative
Auteurs ? méthodes ? buts ?
sous la direction de
Jean-Claude Boual et Philippe Brachet, L’Harmattan,
2004, 250 pages, 22 €
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Les jeunes et les associations, entre participation
et engagement
Colas Grollemund et
Rémy Le Floch, Crefad documents, 2004, 115 pages,
10 €
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La raison démocratique aujourd’hui. Le
principe de puissance un. Débats et combats.
Patrick Braibant, L’Harmattan,
questions contemporaines, 230 pages, 21 €
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Quand la démocratie locale se professionnalise
actes de la rencontre
du 23 octobre 2003, Profession banlieue, 185 pages,
18,5 €
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Les nouvelles dimensions de la citoyenneté
sous la direction de
Philippe Tronquoy, Cahiers français n° 316,
septembre / octobre 2003, La Documentation française,
95 pages, 9 €
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La démocratie participative, promesses et ambiguïtés
Michel Falise, L’Aube
essai, 2003, 200 pages, 17,8 €
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La démocratie en débat, les citoyens face
à l'action publique
Sandrine Rui, éditions
Armand Colin, collection Sociétales, 2004, 263
pages,
21,5 €
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Les missions de l’agent de développement
local, spécificités et apports d’une
nouvelle profession dans la dynamique des territoires
Actes, Institut de psychologie
et sociologie appliquée, 2004, 45 pages, 5 €
port compris
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Pour une démocratie participative
Antoine Bevort, Presse
de sciences Po, La bibliothèque du citoyen, septembre
2002, 130 pages, 12 €
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La participation des usagers / clients / citoyens au
service public
France qualité
publique / La Documentation française, 2004,
132 pages, 25 €
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Associations de proximité et pouvoirs publics,
quels partenariats pour quelle participation à
la vie publique ?
n°164, décembre
2003, de La Tribune Fonda, numéro spécial
Fonda Paca, 100 pages, 11,6 €
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Participation, débat public, internet et multimédia,
quel accompagnement local ?
décembre 2003,
Observatoire des télécommunications dans
la ville, 85 pages, 30 €
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Pourquoi la démocratie est en panne. Construire
la démocratie participative.
éd. La Découverte,
2003, 236 pages, 17 €
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Décentraliser d'accord, démocratiser d'abord,
le gouvernement local en question, Marion
Paoletti, La Découverte, collection Sur le vif,
2007, 154 pages, 12 €
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Les Règles du jeu urbain, entre droit et confiance,
sous la direction d’Alain
Bourdin, Marie Lefeuvre et Patrice Melé, Descartes
et Cie, 316 pages, 18
€
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La machine France. Le centralisme ou la démocratie,
Jean Ollivro, éditions
du Temps, 2006, 252 pages, 17€
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Périphéries, un voyage à pied autour
de Paris, Luc Gwiazdzinski
et Gilles Rabin, L’Harmattan, 2007, 262 pages,
22 €
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La délégation des services publics locaux.
Yves Delaire, éditions
Berger-Levrault, 364 pages, 45€
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Le quartier, enjeux
scientifiques, actions politiques et pratiques sociales,
sous la direction de Jean-Yves Authier, Marie-Hélène
Bacqué et France Guérin-Pace, La Découverte,
2007, 304 pages, 26 €
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Pour un vrai Sénat des territoires, revue
Pouvoirs locaux n° 67, décembre 2005, Institut
de la Décentralisation, 150 pages, 12,20
€
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Conférences de citoyens, mode d’emploi,
par Daniel Boy et Dominique
Bourg, éditions Charles Léopold Mayer,
2005, 100 pages, 18 €
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Les services publics : les défendre ?, les démocratiser
?, sous la direction
de Philippe Brachet, Publisud, 2005, 320 pages, 25 €
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La décentralisation depuis 1945
Robert Delbo, LGDJ –
Dexia, 118 pages, 9,5
€
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fiche
Pourquoi ça ne va pas plus mal ?
Patrick Viveret, éd.
De l’Aube, 264 pages, 18 €
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Démocratie contre capitalisme
Thomas Coutrot, La dispute,
2005, 235 pages, 20 €
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Les effets de l'intercommunalité
sous la direction de
Rémy Le Saout et François Madoré,
Presses universitaires de Rennes, 2004, 225 pages, 19
€ Lire
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Identités et gouvernance urbaine des villes nouvelles
face aux nouveaux enjeux de l’intercommunalité.
Le cas de Cergy-Pontoise et Saint Quentin-en-Yveline
Anne Sauvayre et Didier
Vanoni, revue Recherche sociale n° 170, juin 2004,
115 pages, 11 €
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Pour un urbanisme rural
Didier Boutet, L’Harmattan,
230 pages, 20 €
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Citoyens d’Europe, des étrangers qui votent,
sous la direction de
Bernard Delemotte, avec Henri Del Pup, Serge Depaquit,
Paul Oriol et Audrey Vizuete, collection Villes plurielles,
éd. Licorne / L’Harmattan,
2004, 215 pages, 17 €
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Démocratie et télésurveillance
Stéphane Callens,
Les savoirs mieux, Presses universitaires du Septentrion,
Villeneuve-d’Ascq, 2002, 180 pages, 13,5 €
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Les nouveaux principes de l'urbanisme
François Ascher,
2001 et 2004 pour le format poche aux éditions
de l'Aube, 109 pages,
12,50 € Lire
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La capacité politique des régions, une
comparaison France / Espagne
Romain Pasquier, col.
Res Publica, Presses universitaires de Rennes, 2004,
230 pages, 16 €
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M. Carignon : un corrompu de retour aux affaires ?
Association démocratie
écologie solidarité, Grenoble 2003, 80
pages, 5 €
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Demain, la décentralisation
Les cahiers de Profession
banlieue, 2003, 130 pages, 13,5 €
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La vie rurale, enjeu écologique et de société,
propositions altermondialistes
François Plassard,
éditions Yves Michel, 2003, 140 pages, 13 €
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| justice, médiation,
sécurité |
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politique, social |
L’affaire des affaires. Tome 1 : L’argent invisible, Denis Robert, Yan lindingre, Laurent Astier, Dargaud, 2009, 206 pages, 22 €
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La France a peur de Nic Oumouk,
Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, avril 2007, 48 pages, 10,40 €
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Une démocratie asphyxiée, L’état des droits de l’Homme en France édition 2008,
Ligue des droits de l’Homme, La Découverte – Sur le vif, 2008, 120 pages, 10 €
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Sarkozy dans le texte, connaître
pour mieux combattre,
Réformistes et
solidaires, 2005, 140 pages, 7€ Lire
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L’illusion de l’ordre. Incivilités
et violences urbaines : tolérance zéro ?
Bernard Harcourt, Descartes
& Cie, 2006, 140 pages, 20 € Lire
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PolitiquesLes damnés de Nanterre
Chantal Montellier, Denoël
Graphic, février 2005, 88 pages, 20 € Lire
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La vérité sur Cesare Battisti
éditions Viviane
Hamy, collection Bis, 2004
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Émergences culturelles et jeunesse populaire.
Turbulences ou médiations ?
sous la direction de
Manuel Boucher et Alain Vulbeau, éditions L'Harmattan,
collection Débats jeunesses, 2003, 360 pages,
24 € Lire la fiche
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La régulation des pauvres, Serge Paugam et Nicolas Duvoux, Puf, novembre 2008, 128 pages, 10 €
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Le profane en politique : Compétences et engagements du citoyen, sous la direction de Thomas Fromentin et Stéphanie Wojcik, L’Harmattan, 2008, 314 pages, 28,50 €
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Le goût du pouvoir, Jacques de Courson, L'Harmattan, 2008, 117 pages, 15 €
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Identités de l’individu
contemporain, sous la
direction de Claude Calame, Textuel, coll. La Discorde,
2008, 159 pages, 18 €
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Dico Sarko, l'indispensable manuel de survie en Sarkozie,
Charb, éditions 12 bis,
2008, 80 pages, 10,5 €
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Sommes-nous des paresseux?... Et 30 autres questions sur
la France et les Français, Guillaume
Duval, Le Seuil, 2008, 225 pages, 15€
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Un petit tour chez les Français, Raphaël
Krafft, Bleu autour, 2007, 258 pages, 17 €
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" Où est passée la gauche ? ",
revue Mouvements, La Découverte, n° 50, juin-août
2007, 183 pages, 15 €
" Les droites au pouvoir.
", revue Manière
de voir, Le Monde Diplomatique, n° 95, octobre-novembre
2007, 98 pages, 7€
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Cinq siècles de pensée
française, Hors-série
spécial n°6 de la revue Sciences Humaines,
octobre - novembre 2007, 116 pages, 7,90 €
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Contribution au débat
politique. Comment rendre au politique le pouvoir d’agir
?, Bernard Debry, éditions
Connaissances et savoirs, 2007, 10 €
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Quelle démocratie voulons-nous
? Pièces pour un débat, sous
la direction d’Alain Caillé, La Découverte,
2006, 144 pages , 8€
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L’Autre campagne, 80 propositions
à débattre d’urgence, ouvrage
coordonné par Georges Debrégeas et Thomas
Lacoste, préface de Lucie et Raymond Aubrac, La
Découverte, 2007, 300 pages, 14 €
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La Contre-Démocratie,
Pierre Rosanvallon, Seuil, 346 pages, 21€
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Pour en finir avec la démocratie, François
Amanrich, 2006, éditions Papyrus, 172 pages, 22
€
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| Une vie pour… Ici et là-bas, solidaire |
| Alain Desjardin, Le Petit Pavé, 2008, 405 pages, 26€ |
Une vie à cultiver la militance
Ce livre est une incroyable chevauchée dans l’histoire associative, syndicale et politique du 20e siècle. À travers le récit de vie d’Alain Desjardin, le lecteur va vivre de l’intérieur une partie des grandes luttes de ce siècle. Né dans une famille ouvrière de la Somme au milieu des années 30, l’enfant fait d’abord l’expérience des privations de la seconde guerre mondiale puis du rude travail de la terre, tout en lisant en cachette. Mais, à l’instar de toute une génération, c’est la guerre d’Algérie, « un véritable séisme dans ma vie » dit-il, avec la découverte de la violence, de l’injustice et du fait colonial, qui va cristalliser une vie d’engagements, celle d’un militant syndical à la CFDT et de l’éducation populaire dans le Nord. Il vivra mai 68 dans l’effervescence des entreprises en grève vers Roubaix et Tourcoing. Permanent syndical puis politique au Parti socialiste unifié, il n’aura de cesse de dénoncer le décalage entre « ce qu’il voit et vit sur le terrain – mépris, précarité, peur – et l’organisation déconnectée des appareils nationaux des partis et des syndicats ». Au milieu des années 70, il sera une cheville ouvrière de la lutte des Lip – une expérimentation de l’autogestion ouvrière – et de nouvelles formes de la solidarité internationale pour les Kanaks, les Palestiniens et les victimes du secret d’État nucléaire en Polynésie. Et, enfin, le Larzac, qui devient une terre d’adoption et le cadre d’un retour au rural, qui engendrera de nouveaux engagements à la Confédération paysanne, puis à l’association Accueil Paysan qui lui vaut d’être aujourd’hui président de l’union Peuple et culture. Une vie d’engagement pour la dignité qui va intégrer les valeurs de l’écologie politique, une urgence dit-il « pour d’autres pratiques de l’Homme au sein de la nature et de la cité », et déboucher sur son engagement chez les Verts. C’est finalement l’expérience rapidement avortée de maire de La Couvertoirade (Aveyron) qui reste la plus amère : l’expérience d’une gestion innovante qui se heurte à des situations acquises et des intérêts particuliers. L’exercice du pouvoir local est une suite de compromis : Alain Desjardin n’en avait peut-être pas la patience. Le récit de sa vie est pour sa génération la preuve que la révolte des sixties n’a pas été inutile ; que le cynisme n’a pas remplacé l’idéal ni la volonté de chercher, d’agir en collectif et de changer le monde. Les plus jeunes y puiseront l’idée que l’émancipation individuelle et collective reste un objectif noble et que l’engagement des femmes et des hommes n’est pas vain. Jacques Picard |
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| La régulation des pauvres |
| Serge Paugam et Nicolas Duvoux, Puf, novembre 2008, 128 pages, 10€ |
RMI et RSA, même aveux d’impuissance ?
Voici un livre construit sur un entretien entre deux sociologues qui ont soutenu une thèse sur la question de la pauvreté avec vingt ans d’écart : un auteur confirmé (Serge Paugam) qui a déjà beaucoup écrit sur le thème et un jeune (Nicolas Duvoux) dont la thèse a été supervisée par le premier. En toile de fond, deux dates charnières : 1988 / 89, avec la mise en place du RMI par Michel Rocard, et 2008, avec le nouveau système du RSA proposé par Martin Hirsch. L’introduction (« À quoi servent les pauvres ? ») dénonce l’hypocrisie sous-jacente de la société qui oscille entre empathie et mauvaise conscience et utilise les pauvres pour conserver un statu quo social et disculper les « bienfaiteurs ». Le premier chapitre donne une définition de la pauvreté d’après Samuel : « ceux qui reçoivent assistance », et précise la mesure de cette pauvreté, qui reste très monétaire : « 50% en dessous du salaire médian ». Depuis 1970, les chiffres montrent une nette diminution de la pauvreté, de 15 % de la population en 1970 à 6 % en 2000, même si la tendance récente repart à la hausse. Mais cette analyse quantitative traduit insuffisamment la question, abordée dans le chapitre 2, de la « disqualification sociale » des personnes et une transformation de la catégorie, avec une « nouvelle pauvreté » liée au chômage des moins qualifiés. Serge Paugam distingue ainsi trois sous-ensembles : les « fragiles » aidés ponctuellement ; les « assistés » en dépendance régulière et les « marginaux » en rupture par rapport à la société. Le chapitre suivant passe les dispositifs en revue. La société balance entre deux explications : l’injustice et la paresse. L’histoire montre un renforcement progressif de la responsabilisation des populations : l’autonomie devient la norme face à l’usure de la compassion. Par rapport à la montée des travailleurs pauvres, les assistés commencent à faire figure de privilégiés. De plus en plus est reportée sur les individus la responsabilité de l’échec collectif d’intégration. Et l’ambiguïté grandit à propos des bénéficiaires : pour pouvoir être aidés, il faudrait être autonomes… Mais en responsabilisant les pauvres, ne dédouane-t-on pas trop facilement la société ? Puis vient un chapitre qui intéresse particulièrement notre revue : la question des « territoires de la solidarité ». La décentralisation, avec la dissociation entre l’économique (région) et le social (département), paraît peu cohérente. De plus en plus, il y a désengagement de l’État, voire des départements et report sur les communautés locales. Mais la notion de « destin collectif » se perd au sein des habitants d’un même territoire. Insidieusement, la précarité de l’emploi (protection sociale dans le rapport à l’employeur) dérive vers la précarité du travail (du point de vue du travailleur : postes pénibles ou peu valorisants). En conclusion, les deux sociologues portent un même regard désenchanté sur notre société et se rejoignent sur le constat de son injustice et de sa cruauté grandissantes, en « régulant ses pauvres » dans une « précarité assistée », faute de pouvoir les intégrer. Jacqueline Lorthiois |
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| Les écoquartiers |
| Pierre Lefèvre et Michel Sabard, éditions Apogée, 261 pages, 21€ |
L’explosion des éco-quartiers
L’urbanisme, en France, a beaucoup à se faire pardonner. Non seulement il n’arrive pas à donner un toit à tous ses enfants mais, en plus, il gaspille à tout va (terre, énergie, paysage). Il est responsable de plus de 50 % des émissions de gaz à effet de serre et tout indique que cela s’aggrave chaque année… Pas étonnant dans ces conditions que les élus, les urbanistes, et… les citoyens s’inquiètent, voire s’affolent au point de renier ce qu’ils ont (souvent) adoré : le tout maison individuelle et les lotissements à perte de vue. Il en résulte une floraison d’initiatives… et de livres. Celui de Pierre Lefèvre et Michel Sabard se situe dans ce contexte et traite d’un mot emblématique de cette recherche d’un « nouvel urbanisme » : les éco-quartiers. Un nouveau concept apparu récemment en France, mais aujourd’hui en croissance exponentielle. Qu’on en juge : en 2008 aucun éco-quartier n’était réalisé dans notre pays, seuls deux étaient en début de chantier à Lille et à Angers. À l’automne de la même année, les auteurs de notre livre recensent quatorze projets.
Le gouvernement lance un concours en 2008 : 160 dossiers de candidatures sont déposés ! On connaîtra les lauréats fin juin 2009. Le Grenelle de l’environnement a placé la barre très haut ; il demande explicitement de réaliser ces nouveaux quartiers dans toutes les agglomérations ! La France était à la traîne, et entend rattraper son retard. Mais pour faire quoi ? Les auteurs s’attachent à préciser la définition officielle, voire ministérielle, du concept : rude affaire car la définition est complexe et vite technique. On saura (sans doute) vite les choix réels quand l’État choisira les lauréats du premier concours qu’il vient de lancer. Les éco-quartiers seront-ils une vraie avancée pour la société ? Les logements seront-ils plus économes en énergie ? Vont-ils générer moins de déplacements ? Le droit au logement y trouvera-t-il son compte ? Le deuxième intérêt du livre est de resituer les quatorze éco-quartiers recensés dans la ville ou l’agglomération qui les ont programmés. Dans cette optique, ce livre est un précieux outil de documentation. Certains diront que de nombreux maires font déjà des écoquartiers sans le savoir. Pas sûr, car les éco-quartiers doivent être les « briques de la ville durable à construire », selon la belle formule de La revue durable. Tous les élus et aménageurs sont invités à y réfléchir et, pourquoi pas, à s’inspirer des exemples réussis déjà fonctionnels qui, pour le moment, ne se trouvent qu’à l’étranger. À la fin du livre, une phrase mériterait d’être écrite en lettres d’or : « L’éco-quartier, conçu comme simple produit de consommation, court à l’échec ». Tellement vrai, mais dommage que les auteurs ne nous en disent pas plus. Hervé Vouillot |
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| mai 2009 |
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| L’affaire des affaires. Tome 1 : L’argent invisible |
| Denis Robert, Yan lindingre, Laurent Astier, Dargaud, 2009, 206 pages, 22€ |
Sous les valises
Ils sont tous là, dans une dramaturgie qui se met doucement en place, même si l’album s’ouvre sur la période de la « révélation », dans les médias, des rebondissements les plus chauds de l’affaire Clearstream version Villepin - Sarkozy. Les connus, Sarko donc, Chirac, Van Ruymbeke, mais aussi Jean-Marie Cavada au détour d’une page, les symboliques, comme le « spectre corrupteur », et la foule des anonymes. Si L’affaire des affaires est une vraie réussite, c’est justement parce que ce n’est pas un projet pédago-militant, ce qui était le pire danger guettant un tel sujet, mais un vrai roman graphique, où Denis Robert joue son rôle. Un rôle présenté sous un jour particulier. Ce n’est plus la piste d’un journaliste chevronné, hyper spécialiste et reconnu (malgré toutes les campagnes de dénigrements) que nous suivons dans les arcanes des affaires politico financières internationales ; c’est le cheminement intérieur – et domestique – d’un trentenaire (il a 50 ans, Denis Robert, mais le trait généreux de Laurent Astier lui fait bien gagner deux décennies !) utopiste, bricoleur, et tourmenté. Dans cet optique, une interview télévisée est avant tout un choix à faire entre un dîner en famille et une soirée sur Paris ; une enquête qui s’ouvre est en concurrence avec un roman à écrire. Mais conter cela, est-ce le dessous du dessous des affaires, la plus petite des lorgnettes, ou une des seules qui compte vraiment : celle de la vie ? Et comme, au passage, l’intrigue de cette histoire vraie contemporaine est tout de même de la plus brûlante des actualités, celle de l’argent roi… Dargaud annonce une série en trois tomes : le second est attendu avec impatience. Nicolas Leblanc |
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| Bonheur national brut |
| film de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Fokus 21, 2009, 68 minutes, 20 € |
Aux petits bonheurs
Le documentaire des deux fondateurs de l’association Fokus 21 se base sur une idée séduisante : en allant directement interroger trois acteurs pionniers représentatifs de formes installées ou émergentes d’alternatives économiques, il s’agit de construire, par résonances, une image d’un nouveau monde économique possible. L’initiative est d’autant plus la bienvenue qu’elle advient, en ce début 2009, en plein dans une période où l’interrogation des limites du système économique dominant est plus que jamais d’actualité. Sur l’éco-centre du Périgord, centre de sensibilisation et de formation à l’éco-construction, à la coopérative Ardelaine, en Ardèche, pionnière incontestée du développement solidaire local, et sur les terres de la première Amap de France, aux Olivades, en Provence, les deux réalisateurs laissent traîner leur caméra. On peut peut-être regretter le manque de contextualisation, une volonté de mélanger les images qui ne sert pas toujours la clarté du propos, l’absence de présentation des personnages… Pourtant la passion de ceux qui rentrent dans le champ de l’objectif est bien palpable. Un peu brut, mais indispensable. N. L. |
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| Pour sauver la planète, sortez du capitalisme |
| Hervé Kempf, Seuil, 2009, 160 pages, 14 € |
Les ravages de la « profitation »
S’il faut ne garder qu’un livre sur la question du « capitalisme » en ce début 2009, c’est celui d’Hervé Kempf. Poursuivant sa chasse aux prédations des oligarchies qui dirigent la planète, il en tire la conclusion tonique ; « sortez du capitalisme », « racket légitime organisé par la classe dominante », selon Al Capone… Le capitalisme, comme la rafflésie, immense fleur putride de Sumatra, n’est-il pas voué à une prochaine extinction ? Au moins ses perversions et ses impasses nous conduisent-elles dans le mur : il nous reste sept années selon Sajendra Pachaudri pour contenir la hausse moyenne de 2° C sur notre planète en 2100, au-delà de laquelle les climatologues renoncent à la prévision. Après trente années de productivité soutenue, de financiarisation massive, de corruption généralisée, d’inégalités sociales croissantes, la biosphère et l’humanité sont dans une crise majeure. Au point que les géologues britanniques écrivent que nous avons quitté l’holocène, commencé avec le néolithique, pour entrer dans l’anthropocène qui voit se modifier en profondeur par l’action humaine les sédiments, l’atmosphère, les eaux, les espèces… Pas plus les « bons gestes pour la planète » que les technologies innovantes ni la « croissance verte » ne sauront sauver le capitalisme. Quel est le prix à payer pour la vie des générations futures ? L’économie et le surréaliste débat entre Stern et Nordhaus ne nous donnent pas la réponse : il s’agit d’un choix éthique, et politique. C’est l’éthique qui devra guider « les hommes et les femmes de cœur » auxquels en appelle Hervé Kempf, pour aller vers l’après capitalisme. Il en trace l’itinéraire : économies et frugalité, notamment énergétique, taxation des riches, baisse du temps de travail, relocalisation de l’agriculture, entreprises coopératives, marchés régulés, nouveaux indicateurs… Quels dirigeants sauront prendre ce chemin ? Au prix de quelles secousses ? « Je ne sais pas », avoue l’auteur. Partager le diagnostic permet peut-être d’avancer vers la solution… Michel Wilson |
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| Avril 2009 |
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| Rénovation urbaine. Les leçons américaines |
| Thomas Kirszbaum, Presses universitaires de France, collection La ville en débat, 2008, 86 pages, 8€ |
Exemple nord-américain
À l’heure où l’on dresse en France un bilan très mitigé des opérations de renouvellement urbain et plus particulièrement du Programme national de rénovation urbaine (PNRU), le détour outre-Atlantique que propose ce petit livre vient à point nommé stimuler et enrichir la réflexion. Si l’auteur, Thomas Kirszbaum, démontre que les politiques publiques ont joué un rôle essentiel dans la diversification urbaine et les phénomènes de déségrégation sociale qui l’ont accompagnée, il invite par ailleurs, à l’aide du « miroir grossissant » américain, à considérer la rénovation urbaine à la fois comme une opportunité et un risque plutôt qu’une simple finalité. Il commence par remettre en cause la vision dualiste de la ville américaine, et explique que le modèle de la segmentation raciale (villes chocolat / banlieues vanille) a laissé place à une organisation spatiale en patchwork plus complexe . Puis il passe en revue les stratégies urbaines qui se sont succédé depuis les années 50. Tandis que l’urban renewal des premiers jours privilégiait une stratégie de dispersion spatiale des populations noires avec pour conséquence une exacerbation des divisions raciales, l’approche bottom-up du développement communautaire des années 70-80 encouragea la mixité endogène consistant à provoquer une « dilution » sociale interne aux quartiers, grâce à l’élévation socio-économique d’une partie de ses habitants. La troisième voie, celle sur laquelle s’attarde Kirzbaum, cherche à concilier les logiques place et people. En effet, le programme Hope VI, introduit en 1992 par l’agence fédérale du logement et de l’urbanisme (le US Department of housing and urban development) s’appuie sur les préceptes du New Urbanism (préconisé entres autres par l’urbaniste américain Peter Katz) qui visent à rendre la ville aux habitants en conjuguant métamorphose physique et recomposition sociale des quartiers dévastés. Même si le programme Hope VI a souffert de nombreuses lacunes, il n’en reste pas moins riche en enseignements dont le PNRU, méthodologiquement plus rigide, gagnerait à s’inspirer. Corinne Nativel |
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| Rejet des exilés, le grand retournement du droit de l´asile |
| Jérôme Valluy, éditions du Croquant, 2009, 382 pages, 22€ |
La bureaucratie de l’exil
Le droit de l´asile contemporain est guidé par une idéologie national-sécuritaire propre à envisager le demandeur d´asile comme une menace potentielle, un étranger indésirable. Par national-sécuritaire, Jérôme Valluy entend le fait que les principes des conventions de Genève sur les réfugiés politiques passent après la raison des États qui entendent protéger leurs frontières d´une immigration massive. Grâce à un travail méticuleux de recherche alliant entretiens et travail d´archives, l´auteur a judicieusement montré comment, depuis la fin des années 70, il y a eu un retournement du droit de l´asile contre les exilés au nom d´un impératif de contrôle des flux migratoires dicté par les gouvernements des pays européens. Ces politiques n´ont pas été instituées en raison d´une vague de xénophobie populaire se traduisant par la montée des thèses d´extrême-droite ; elles sont plutôt dues à une réaction des administrations aux conséquences de la décolonisation et à ses effets politiques. Dès la fin des années 60, les personnels administratifs travaillant antérieurement dans les colonies, se retrouvent réintégrés au ministère de l´Intérieur. Ils contribuent alors activement à la mise en place d´un jugement défavorable à l´exil et à l´immigration en général. L´auteur a été recruté comme juge à la Commission des recours aux réfugiés et s´appuie en partie sur son expérience autobiographique pour montrer comment des institutions internationales telles que le Haut commissariat pour les réfugiés ont été gagnées par ce jugement technocratique. Le gouvernement de l´exil désigne l´ensemble des politiques publiques ayant pour fonction de freiner l´immigration, Jérôme Valluy dénonçant la mise en forme d´une xénophobie gouvernementale dans les pays européens. En France, la décision de la fermeture des frontières prise par le conseil des ministres le 3 juillet 1974 n´est pas une rupture dans l´histoire migratoire, mais le signe du renforcement de ces thèses en vogue au sein des élites politiques et administratives. Le fait migratoire est devenu l´objet d´une bureaucratie spécifique s´attelant à mettre en application les dispositifs de rejet des exilés. Christophe Premat |
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| Savoirs en débat : Perspectives franco-allemandes |
| sous la direction de Sezin Topçu, Cécile Cuny et Kathia Serrano-Velarde, L’Harmattan, 2008, 276 pages, 26,50€ |
Mieux comprendre les savoirs citoyens
Cet ouvrage propose une analyse critique des notions de « société de savoir », « société de la connaissance » et « savoirs citoyens ». De plus en plus mobilisées dans les discours politiques, universitaires et militants, ces expressions restent souvent dans un flou conceptuel que tentent de clarifier les contributions réunies dans cet ouvrage, à la suite des journées d’études « Société de la connaissance et démocratie en Europe » co-organisées par le CSU, l’Université Humboldt de Berlin et le centre Koyre en 2005-2006. La démarche est originale car elle croise des travaux de jeunes chercheurs s’inscrivant dans deux traditions scientifiques (la sociologie politique et la sociologie des sciences) et deux contextes nationaux (français et allemand). Une première partie théorique revient sur les catégories utilisées pour analyser la place du savoir dans les sociétés occidentales contemporaines, qui prennent des sens différents en France et en Allemagne. La « société du savoir » est, par exemple, davantage mobilisée dans les débats politiques outre-Rhin. Une deuxième partie rassemble des études empiriques sur les savoirs élaborés au sein de dispositifs participatifs et de mobilisations sociales dans des contextes diversifiés, des budgets participatifs à l’écriture d’une encyclopédie en ligne, en passant par les mouvements sur le nucléaire. Si la troisième partie, portant sur la construction du rôle d’expert dans l’espace politique, médiatique et scientifique est plus classique, cet ouvrage apporte à l’évidence une nouvelle pierre à l’édifice d’une meilleure compréhension des savoirs citoyens. Héloïse Nez |
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| Comment démarrer en mutualisation |
| ouvrage collectif de l’AMI (Ateliers mutualisés pour un usage social de l’information), 2008, 129 pages, 12€ |
Innover en mutualisant
L’ouvrage livre tout d’abord une réflexion générale sur les pratiques de la mutualisation au sein de l’économie sociale et solidaire (ÉSS), en les comparant et en les opposant aux pratiques d’alliances en œuvre au sein du secteur capitaliste marchand. Puis il propose, au travers de douze monographies, l’approfondissement de la réflexion, en mettant en exergue douze principes de la mutualisation (construire des liens, innover, fédérer, etc.), et en montrant leur mise en application par douze structures sociales et solidaires (Sél de Paris, Max Havelaar, Aligre FM, ...). Enfin, dans leurs conclusions, les auteurs s’efforcent de mettre en évidence les potentiels de la mutualisation pour la consolidation et le développement de l’ÉSS, avec une reprise de réflexions croisées sur la sphère capitaliste marchande et la sphère publique. Un regret cependant : malgré ces dernières réflexions, on a le sentiment que les auteurs n’ont pas vraiment tenté d’ouvrir des pistes de réflexion pour bousculer les frontières entre l’ÉSS et ces deux autres sphères économiques. Ainsi, à titre d’exemple, l’ouvrage cite très rapidement le mouvement des logiciels libres, en soulignant à juste titre l’exemplarité et la proximité avec la mutualisation telle que pratiquée par les structures de l’ÉSS. Mais ce mouvement révèle justement l’une des voies possibles pour permettre à l’ÉSS une démarche plus offensive vis-à-vis du marché, celle des connaissances ouvertes. Il est dommage que la réflexion n’ait pas été engagée dans cette direction, en lieu et place d’une rapide citation. Un intéressant carnet de route et une réflexion utile qui gagnerait à sortir des limites de l’ÉSS. Pascal Arnac |
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| mars 2009 |
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| Le retour à la terre, tome 5 Les révolutions |
| Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, 2008, 48 pages, 10,40 € |
Manu et Manu dans un pré
« Depuis que Mariette a repris la Fac, je sais pas ce que j’ai, c’est bizarre, avant j’étais plutôt serein... Maintenant je m’interroge, j’ai les boules, ça va
de mal en pis… Merde !!! C’est sûrement un signe… » Dès l’ouverture du 5e tome du Retour à la terre, le lecteur est mis au jus : Manu Larssinet (le héro de la BD, pas Larcenet, l’auteur !), parti vivre à la campagne dans le tome 1, déprime dans son sweet à rayures ringard et dans sa nouvelle situation d’homme au foyer, sa copine Mariette poursuivant loin ses études. Seul avantage de la situation, Capucine, sa petite fille qu’il garde la journée, fait évoluer son style de dessinateur BD en sautant sur ses genoux. Car on l’aura compris, Le retour à la terre jongle en permanence avec l’autobiographie : Manu Larcenet, lui aussi parti vivre à la campagne, va même jusqu’à inviter son pote Ferri (le vrai, le même dans la vie et dans la BD, c'est-à-dire le co-auteur) pour lui tenir compagnie et trouver auprès de lui des réponses à ses questions existentielles.
Larcenet et Ferri, auteurs et héros, n’hésitent jamais à tourner leur situation en dérision : pour se reprendre en main, Manu bricole une chatière pour un chat qui s’en fout, mais qui permet à Capucine de faire sa première fugue, ou encore essaie de troquer son sweet contre un poncho de la ligne Florent Pagny pour homme garantie 100 % commerce équitable… sans succès. Les situations cocasses, mais toujours au final attendrissantes, s’enchaînent au rythme
des strips d’une demi-page. Mais l’humour, omniprésent et décalé, se met naturellement au service d’un récit profond, intimiste, mêlant introspection et caricature légère du milieu rural : Les Ravenelles sont en pleine campagne électorale et entre complots politiques ruraux et pots de vin, Manu met ses talents de blogueur au service de Monsieur Loupiot, l’épicier en lutte contre Krachdiscount (« un hypermarché aux Ravenelles, vous n’y pensez pas… »).
De la bulle fine et de société, à n’en pas douter. Sabrina Costanzo |
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| La France a peur de Nic Oumouk, |
| Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, avril 2007, 48 pages, 10,40 € |
Banlieue dessinée
« La France a peur », brocarde le journaliste qui ouvre l’album en ressassant les plus éculés des préjugés véhiculés lors des émeutes de banlieues de 2005 et de celles de moindre ampleur qui ont pu se dérouler depuis. Pendant ce temps, Nic(olas) Oumouk, lui, contemple les voitures qui brûlent de la fenêtre de sa chambre et rêve « d’aller faire peur à la France avec les copains ». Car sa mère veille : « Pas d’émeutes, surtout la veille des contrôles de biologie. » Mais son rêve va devenir réalité bien malgré lui.
Alors que Nic contemple une bagnole qui flambe et y lance une canette de coca en scandant « je suis un barbare, la France a peur », il se voit confier un sac de cocktails Molotov par les (vrais) émeutiers et se fait pincer par les flics. Et le voilà propulsé chez André Grimbeyroux à Rallerolles-Pamoisan pour y effectuer une peine d’intérêt général. Il y découvre le best-seller local, le kebab bio (avec du poisson, « sacrilège ») qui commence à perdre des parts de marché face à son principal concurrent : l’Alterkebab de Montsang.inc. Avant d’aider Msieur André à ne pas se faire « alterniquer » par la firme internationale, et de déjouer un complot mondial forcément ultra secret, Nic doit d’abord affronter des poules acariâtres (il jure que pour se venger, il mangera des nuggets au fast-food), et se familiariser avec les mots et travaux de la ferme.
La banlieue et la campagne : les deux obsessions de Manu Larcenet sont ici réunies dans cet album. Le récit prend le prétexte d’aventures plus ou moins loufoques pour lancer la réflexion sur la situation des banlieues et sur les OGM. Manu Larcenet ne juge pas, mais soulève les interrogations avec sensibilité et intelligence, tout comme il ne caricature pas non plus les personnages mais se moque tendrement d’eux : Nic et son pote Jambonneau envisagent de revoir leur poignée de main, car l’actuelle les fait arriver en retard au collège tous les matins.
Avec Le retour à la terre (voir ci-dessus), ou encore Le combat ordinaire, dont le Tome 4 Planter des clous est à ne rater sous aucun prétexte, Manu Larcenet creuse le sillon d’une BD engagée, ouverte et intelligente, qui réussi le tour de force d’être drôle sans être parisianniste, touchante sans à aucun moment se déconnecter de la réalité. S. C. |
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| L’empreinte écologique |
| Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, Repères La Découverte, 2009, 128 pages, 9,05 € |
Empreintes de funambules
L’idée d’empreinte écologique tient beaucoup aux travaux du club de Rome qui, étude à l’appui, a ouvert la conscience du 20e siècle en démontrant qu’une croissance infinie était aussi irréaliste que suicidaire. Mais Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, dans une introduction qui place parfaitement l’enjeu de cet indicateur alternatif, remonte en fait jusqu’à la chute de l’Île de Pâques pour démontrer tout l’intérêt de l’empreinte. Les habitants de l’île, en effet, fondateurs d’une société prospère, ont lentement déclinés en surexploitant leur milieu naturel, insulairement clos, et notamment le bois, jusqu’à précipiter la chute brutale de leur civilisation, faute de matière première naturelle pour alimenter leur économie locale. Leur empreinte écologique était désastreuse et, surtout, ce qui les différencie de notre société actuelle, ils n’avaient pas les moyens d’exporter leurs nuisances ou d’importer les ressources naturelles d’autres territoires. Expérimentant le monde fini, ils illustrent l’échec d’une exploitation aveugle. Or, c’est bien pour que nos modes de vie et de production ne soient plus aveugles que l’empreinte écologique, qui compare les ressources naturelles mondiales disponibles aux ressources utilisées par l’homme, a été mise sur pied, et tente de s’imposer comme un indice composite – à l’image d’un PIB en économie – universel. Outre l’histoire de l’empreinte, ce petit livre explique avec beaucoup de pédagogie comment celle-ci peut être calculée nation par nation, et analyse les derniers résultats connus. Édifiant. Nicolas Leblanc |
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| Discriminer pour mieux régner. Enquête sur la diversité dans les partis politiques |
| Vincent Geisser et El Yamine Soum, Les éditions de l’atelier, 240 pages, 2008, 18,50 € |
Apartheid à la française
Au moment, historique, où Barack Obama est investi à Washington, on se demande si une telle révolution est possible en France. Lire l’étude de Vincent Geisser et El Yamine Soum ne rend pas très optimiste. La barrière culturelle de notre histoire coloniale serait-elle plus haute encore que celle de l’esclavage ? Les statistiques sont implacables : partis, institutions, équipes d’hommes et de femmes sollicitant un mandat pour la gestion de nos territoires, toutes ces organisations demeurent gauloises. Plus encore, nos représentations, nos justifications de toutes sortes, avouées ou non, conscientes ou pas, témoignent au mieux d’un aveuglement collectif terrifiant, au pire d’un cynisme répugnant. Un apartheid entretenu et silencieux que nous nommons pudiquement diversité (pour ne pas dire discrimination, stigmatisation, déni de droit) et qui masquerait la « lutte des races ». Les auteurs font dialoguer interviews de personnalités issues des minorités visibles et extraits de discours de dirigeants de la démocratie représentative. Dirait-on d’un cadre supérieur de Neuilly cotisant à l’ISF qu’il fait partie de la minorité visible ? Leur argumentaire vient donner du poids à la rumeur – insistante de nos jours autant que dérangeante – selon laquelle la participation est un enterrement de la « lutte des classes ». De quoi réfléchir. François Hannoyer |
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| fevrier 2009 |
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| J’étais un chef de gang, Lamence Madzou, suivi de Voyage dans le monde des bandes, Marie-Hélène Bacqué |
| La Découverte, 2008, 241 pages, 17 € |
La sociologie est un sport de cité
J’étais chef de gang est un ouvrage fort et atypique. Son originalité tient au fait qu’il présente une démarche autobiographique et une recherche sociologique qui s’alimentent mutuellement.
L’autobiographie est le récit de la vie déjà bien remplie de Lamence Mazdou, jeune homme âgé aujourd’hui de 35 ans. Né au Congo, il arrive en France à l’âge de cinq ans. Résidant à la cité de Montconseil à Corbeil-Essonnes, il se retrouve à la fin des années 80, alors encore adolescent, à la tête d’une bande de jeunes organisée, les Fight Boys. Ce gang, comme il le nomme lui-même, va mener de 1988 à 1991 une guerre violente aux autres bandes franciliennes, afin de s’assurer le contrôle de la région et une tranquillité territoriale pour mener un business lucratif (racket, escroquerie, deal, cambriolage, protection et chantage, notamment) dans une relative impunité. Du moins jusqu’à ce que Serge Dassault, maire de Corbeil, désirant acheter la « paix sociale », « lâche » le quartier de Montconseil au profit de la cité voisine, les Tarterêts. Lamence Madzou est alors arrêté et expulsé vers le Congo, en plein conflit entre les troupes présidentielles de Pascal Lissouba et celles de l’ancien président Sassou Nguesso. Lamence Mazdou s’engagera dans cette guerre avant de revenir en France et de retrouver ses papiers grâce à un vice de forme. Le livre aurait pu s’arrêter là.
Mais tel n’est pas le sens qu’ont voulu lui donner Lamence Madzou et Marie-Hélène Bacqué. Ce qui nous est livré est un véritable travail sociologique. Tout d’abord par la mise à disposition du corpus d’analyse, un récit fruit de longues heures d’entretiens entre la sociologue et son sujet, qui permet à tout un chacun de se construire une vision de ce parcours de vie. S’ensuit, dans la seconde partie, une analyse fouillée et argumentée, qui repose sur le récit lui-même, mais également sur des entretiens réalisés auprès d’autres acteurs impliqués dans l’histoire de Lamence Madzou. Sa lecture nous aide à objectiver et à mieux interpréter ce qui se joue derrière cette trajectoire, en décortiquant les modes de vie, les relations entre les acteurs (famille, police, justice et politique), les constructions identitaires et les références (rap et gangs nord-américains) qui sous tendent la constitution progressive des bandes des cités. Ainsi, le récit ne se conçoit pas sans l’étude, et réciproquement.
L’ouvrage met ainsi en cause pas mal d’idées reçues sur la banlieue, et notamment celle d’une violence cantonnée aux franges reléguées des villes. On découvre ainsi la forte mobilité des jeunes des cités qui raisonnent à l’échelle de la métropole : contrôle des axes du RER et des lignes de métro « stratégiques » afin de se préserver des attaques extérieures, par exemple. Ainsi, les violences sont loin d’être exclusives aux cités et se déplacent sur les terrains ennemis, parfois localisés dans les centres urbains : le 19e, les Halles, La gare du Nord. Comme le souligne Marie-Hélène Bacqué, loin de renvoyer à une coupure entre les cités et le reste de la ville, c’est dans la ville elle-même que se jouent les pouvoirs et les rivalités territoriales. De même, si la précarité, le chômage et la fragilisation sociale contribuent à alimenter la violence, ils n’en constituent pas les causes exclusives, qui apparaissent bien plus complexes. S’y mêlent des formes de répression larvées, où les ambiguïtés du jeu politique désireux de contrôler une paix sociale favorisent une cité sur une autre selon des règles clientélistes obscures et dangereuses pour la démocratie locale.
Cet ouvrage vient à point nommé pour faire contrepoids aux essais généralistes et peu documentés sur la ville et sa banlieue. Dans le droit fil d’une sociologie de terrain qui plonge au plus près des milieux qu’elle étudie, il éclaire d’un jour nouveau la violence urbaine, mais aussi la vie quotidienne des quartiers populaires, sans a priori ni compromission, sans fascination ni diabolisation. Il présente tout simplement une œuvre sociologique qui joue pleinement son rôle sociétal : « Celui de donner à voir l’existence de différents mondes, le regard des acteurs qui les constituent, aussi dérangeant soient-ils. »
Jean-Pierre Lévy |
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| La politique culturelle à Rennes, 1977-2008, Mémoires et réflexions |
| Martial Gabillard, Éditions Apogée, 704 pages, 2008, 25 € |
Une histoire rennaise
Martial Gabillard a été l’adjoint d’Edmond Hervé à la mairie de Rennes de 1977 à 2008, avec la responsabilité de la culture jusqu’en 2001. Bien qu’historien de formation, il raconte minutieusement l’histoire de l’action culturelle de Rennes comme « un acteur engagé ». Encore qu’elle soit passionnante pour les Rennais et pour les Bretons, l’intérêt de cette abondante monographie dépasse de beaucoup son cadre géographique. Alors qu’on dit trop souvent les pouvoirs locaux impuissants, on mesure très bien ici le rôle du volontarisme politique dans l’action culturelle locale, ainsi que le rôle de la culture dans la transformation urbaine. Cette action publique s’effectue aussi bien au travers des initiatives prises par le pouvoir communal qu’au travers de la constante et efficace reconnaissance par le pouvoir communal des initiatives culturelles issues de la société civile. C’est cette rencontre fructueuse entre l’ascendant et le descendant qui fait tout l’intérêt de la démarche culturelle rennaise. On voit là également les évolutions des actions culturelles municipales. Autrefois, le rôle des communes se réduisait souvent à la construction d’équipements culturels, centraux ou de quartier. Aujourd’hui, les élus attachent une importance croissante à la programmation dans et, de plus en plus, hors des murs des équipements. On est passé d’une préoccupation exclusive relative aux contenants à un engagement raisonné relatif aux contenus. On saisit aussi comment Rennes, sous l’impulsion de Martial Gabillard, a su donner et maintenir son véritable sens à la décentralisation culturelle. « Le surgissement territorial des collectivités locales » est patent, comme le dit l’auteur qui illustre la manière dont les communes « sont devenues majeures, conscientes, prospectives » dans le domaine de la culture. Comme, à Rennes du moins, cette action a été menée dans la durée, on évalue mieux l’importante marge de manœuvre locale, alors que les politiques nationales ont tellement fluctué durant cette époque. Passant de Malraux à Jack Lang et à la triste période actuelle d’effacement et de paupérisation de l’État, il est passionnant de voir comment la ville continue de déployer son projet au-delà des modes et des contraintes extérieures. On s’aperçoit alors que les élus locaux « ont été les premiers à étendre le champ des politiques culturelles sur le terrain qu’avaient défriché les fédérations d’éducation populaire, les premiers à reconnaître comme culturelles les expressions multiples et diverses de la population ». C’est là que l’histoire rennaise croise un temps celle de l’Adels. Au sein de l’association, vers 1977-1978, a fonctionné un groupe de réflexion sur l’évolution des politiques culturelles locales. En interactivité avec notamment les expériences de Rennes (Martial Gabillard) et de Grenoble (René Rizzardo), et de quelques autres, l’Adels avait publié alors une revue, Les cahiers de l’Atelier, sorte d’annexe culturelle de Correspondance Municipale, qui cherchait à rendre compte de ce courant et à l’animer. Des experts comme Pierre Moulinier, Claude Domenach, Bernard Pingaud, Bernard Faivre-d’Arcier (qui devait, plus tard, prendre en charge le festival d’Avignon) participaient à cette réflexion, dont il faudrait mesurer l’impact dans les politiques culturelles municipales d’aujourd’hui. Georges Gontcharoff |
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| Habitat groupé : écologie, participation, convivialité |
| Christian La Grange, Terre vivante, 2008, 144 pages, 27 € |
Restons groupés
Les éditions Terre Vivante publient un très beau petit livre en forme de manuel destiné aux porteurs d’un projet d’habitat collectif. En ces temps où les crises financière, écologique et économique vont encore accroître les difficultés pour se loger, les pratiques d’autoproduction collective en réponse à nos besoins de base sont certainement une solution à sérieusement envisager.
L’auteur, Christian La Grange, est architecte d’intérieur. Il vit aujourd’hui dans un éco-village des Cévennes, après des expériences successives d’habitat collectif en ville et à la campagne. Il partage de manière très concrète ses expériences, en tirant des méthodes pour réaliser de tels projets, sur les plans financier, juridique, technique, mais aussi pour savoir vivre ensemble… Le livre est illustré de photos aguichantes (il fait toujours beau quand on vit groupé, et on fait souvent la fête !), de superbes dessins au trait, et de schémas de montage technique. Vous apprendrez au passage à réaliser un puits canadien, un cabanon, un four à pain, etc.
Le mouvement est parti du Danemark, puis a essaimé dans les pays scandinaves et anglo-saxons. Aujourd’hui souvent baptisées éco-villages, ces expériences de vie collective dépassent le simple habitat. Elles intègrent le plus souvent une certaine forme de décroissance, de simplicité volontaire. Des démarches de partage de tâches, d’outillage ou de matériel s’y intègrent fréquemment, comme des activités de production. L’auteur suggère de ne pas se limiter à un seul projet commun, mais d’agréger plusieurs projets à géométrie et participation variables. Une maison commune est un élément fort, permettant le partage d’activités collectives, et éventuellement des services communs (laverie, atelier…). En outre, la salle ou maison commune permet d’économiser de l’espace et donc de l’argent dans les parties privatives.
Une autre condition à la réussite d’un tel projet est l’attention portée à la constitution du groupe. L’auteur suggère de formaliser l’adhésion et le retrait, d’éviter les personnes trop fragiles émotionnellement. Prendre son temps, s’imprégner progressivement de l’évidence du projet. Ne pas dépasser dix participants (les Danois vont jusqu’à trente, les Néerlandais jusqu’à cinquante, les Suédois jusqu’à 200 !), clarifier les questions de relations financières, avec une préférence pour une participation de chacun. Les formes juridiques permettant d’encadrer de telles expériences sont variées : la copropriété, la société civile coopérative, très répandue, qui sépare le fait de gérer son habitat et la propriété, la simple association… Un bon notaire est alors utile ! Ainsi qu’une charte commune, dont l’auteur fournit un modèle, décroissant et non-violent.
Pour terminer, le livre ouvre quelques pistes d’extension de ces expériences : dans la vie de quartier, par exemple, ou en direction des publics précarisés ; la « cabanisation spontanée », observée ici ou là peut s’organiser en éco-village, comme le montre l’exemple du quartier de la Baraque à Louvain-la-Neuve (Belgique). L’habitat groupé peut enfin constituer un mode adapté pour anticiper sur le vieillissement, parce que « mieux vaut vivre solidaire que solitaire ». Pour « reprendre la main » sur nos vies, le retour au groupe, à la communauté et la sortie de l’individualisme s’imposent. Michel Wilson |
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| Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy |
| sous la direction de Adame Ba Konaré, La Découverte, 2008, 348 pages, 22 € |
Guaino-Sarko, y’a pas bon du tout
Nul n’a oublié les vives réactions qu’a suscitées le discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh-Anta-Diop. L’auteur du discours, le conseiller spécial Henri Guaino, aurait remis son texte au Président juste avant son allocution sans que le chef de l’État ne le relise (paraît-il), et aurait affirmé, dans le Nouvel économiste du 11 décembre : « un discours pose un jalon dans un monde de l’éphémère » ! Cet ouvrage collectif d’une vingtaine d’intellectuels, historiens et écrivains principalement africains, fait une remise au point argumentée et imparable de tous les a priori, contre-vérités et poncifs post colonialistes déversés à cette occasion et livre une passionnante restitution des grandes étapes de l’histoire de l’Afrique. Les quatre parties du livre s’attachent à remettre en cause l’idée saugrenue selon laquelle l’Afrique n’aurait pas d’histoire et serait un continent éternellement enlisé ; à comprendre pourquoi subsistent en France encore tant de préjugés et stéréotypes au sujet de l’Afrique ; et s’interroge sur le mythe de la France bienfaitrice et de sa mission civilisatrice en Afrique qui se heurte à la démonstration éclatante de la perversité et de l’aliénation de la colonisation durant plus d’un siècle, faisant suite à la période de l’esclavage et de ses ravages humains, économiques, sociaux et culturels pendant 400 ans. Enfin, une dernière partie démonte les pistes d’avenir proposées en leur opposant les solutions que les Africains eux-mêmes imaginent. David Pélage |
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| Janvier 2009 |
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| La folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ? |
| Thierry Paquot, Bourin éditeur, 240 pages, 2008, 19€ |
Les tours phalliques se refusent à la ville
Thierry Paquot, « philosophe de l’urbain », comme il se présente lui-même, publie une sorte de pamphlet contre la mode internationale et désormais parisienne des tours. Mais son livre, d’une ébouriffante érudition, est beaucoup plus que cela. Il est aussi une réflexion sur les rapports entre l’homme et la ville, une leçon sur les professions trop séparées d’architecte et d’urbaniste, un plaidoyer très convaincant pour une « ville habitable », « un urbanisme de l’accueillance » permettant aux citadins d’être à la fois autonomes et solidaires. Fourmillant d’idées très stimulantes pour l’esprit, il prône « un éco-urbanisme ». Son actualité est liée à la pression « d’un petit groupe de personnalités branchées, surfant sur un phénomène de mode » qui a réussi à convaincre le maire de Paris et sa première adjointe que « l’image d’une ville moderne est nécessairement associée à la présence de tours ». Dix-sept sites sont proposés par dix architectes de renom qui voient dans la construction de tours « l’acmé de leur carrière ». Elles devraient être édifiées à la frontière entre Paris et ses banlieues, notamment porte de la Chapelle, porte de Bercy ou porte d’Ivry. Thierry Paquot développe d’abord un panorama historique et géographique des tours dans le monde et de leur explosion actuelle : « Elles naissent du désir de quelques capitaines d’industrie de manifester leur puissance économique », ce qui explique qu’elles soient « phalliques et phallocratiques ». L’auteur fait ensuite le bilan assez décevant des tours existant actuellement à Paris et dans la proche banlieue (Jussieu, Montparnasse, avenue d’Italie, Front de Seine, porte Maillot – le cas de la Défense étant à part). Leur pauvreté architecturale s’accroît : « portées au début par une" avant-garde" architecturale, les tours sont dorénavant abandonnées à une" arrière-garde" », l’avant-garde étant maintenant tournée vers les éco-quartiers et l’architecture durable. Thierry Paquot démonte ensuite les trois principaux arguments des pro-tours. Contrairement aux idées reçues, les tours n’augmentent pas la densité urbaine, elles n’assurent pas la mixité sociale, et quelles que soient les techniques de pointe employées, elles sont formidablement énergivores. De plus, elles sont traumatisantes pour leurs occupants. (« Les stars de l’architecture ne se préoccupent jamais vraiment de la vie ordinaire des gens qui habitent les tours ou qui y travaillent »). Les tours constituent l’antithèse de la ville, elles « se refusent à la ville » et à la rue, « elles se ferment comme une huître » ; elles constituent « des lieux d’enfermement, de repli sur soi, de contrôle excessif » ; « les vigiles y sont les maîtres ». Par conséquent, « elles ne créent pas les conditions d’une véritable urbanité ». Georges Gontcharoff |
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| Jeanne de la Zone, |
| Étienne Davodeau et Frédérique Jacquet, collection histoire sensible, L’Atelier, 2008, 108 pages, 18 € |
Jeanne, Yann, Mamadou et autres de la zone
En 1900, Jeanne habite la zone derrière les fortifications de Paris, entre ville et campagne. Elle vit dans un cabanon construit par Baptiste, son père chiffonnier. Entre gens de la zone « on se dit bonjour et on se cause ». Jeanne a un ami, Luigi, l’immigré italien, abîmé par le travail dans une usine de produits chimiques. La vie de Jeanne se déroule entre odeurs et fracas des usines, et les événements de la vie quotidienne avec Rosalie, la blanchisseuse, et l’oncle Édouard, qui croit « au grand soir ». Jeanne de la zone est le premier volume d’une nouvelle collection, « L’histoire sensible », aux éditions de l’Atelier, qui ambitionne de donner vie à l’histoire d’un enfant d’hier. Ici, c’est réussi : Jeanne prend vie, sous la plume de Frédérique Jacquet, l’auteure du texte Douce banlieue, écrit avec Gérard Mordillat. Elle prend vie aussi grâce aux illustrations en noir et blanc d’Étienne Davodeau, qui nous a habitués au réalisme social avec Les mauvaises gens. L’ouvrage comprend en deuxième partie un abécédaire en mots et en images, dictionnaire du monde de Jeanne : bicoque, chiffonnier, terrain vague… des mots de la zone. L’envie nous prend d’enrichir ce dictionnaire, illustré de photos d’Eugène Atget. La troisième partie met en scène les descendants de l’héroïne de l’histoire. La fille de Jeanne et sa petite-fille, Camille, mettent en commun leur « mémoire d’amour de Jeanne ». Un bout de vie de gens que l’on voudrait voir reproduire avec d’autres « Jeanne » qui pourraient s’appeler Yann, Mireille ou Mamadou, dans d’autres territoires de vie d’hier et d’aujourd’hui. À lire et à faire lire, cette histoire sociale pour les enfants de 10 à 100 ans. Étienne Beaudoux |
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| Les trois cosmonautes et autres contes |
| Eugenio Carmi et Umberto Eco, Grasset jeunesse, 2008, 96 pages, 17,90€ |
Il était une fois…
En alliant leur art (celui du « fabricant de mots » pour Umberto Eco ; celui du « fabricant d’images » pour Eugenio Carmi), les deux célèbres Italiens réussissent à ressusciter le conte à l’aune des problématiques contemporaines en proposant trois fables (La bombe du général, Les trois cosmonautes et Les gnomes de gnou), à lire dès 3 ans. Illustrés avec brio et douceur, écrits avec simplicité et justesse, ces trois contes abordent les questions de la pollution ou de l’impérialisme avec subtilité et ironie, permettant ainsi aux plus jeunes de découvrir tout à la fois philosophie, écologie et poésie ! Entre l’utopie de la « république spatiale » ou la révolution des « atomes en colère », c’est avec une grande sensibilité que les deux hommes évoquent leur époque, ses contradictions et ses travers. Un livre intelligent pour les enfants comme pour leurs parents. Aline Chambras |
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| Acteurs et territoires du Sahel. Rôle des mises en relation dans la recomposition des territoires |
| Abdoul Hameth Ba, ENS éditions, 2007, 16€ |
Les ONG fleurissent au Sahel
Géographe, migrant lui-même et responsable d’une association de solidarité internationale, Abdoul Hameth Ba tente d’analyser les recompositions territoriales à l’œuvre dans le bassin du fleuve Sénégal à l’aune des actions de développement des ONG étrangères et sénégalaises, des associations d’émigrés et villageoises locales qui ont vu leur nombre et leur poids largement augmenter ces trente dernières années. Sous l’effet cumulé des plans d’ajustement structurels, des lois de décentralisation et de la formation d’une véritable diaspora très fortement liée au pays d’origine, l’auteur décrit une nouvelle économie de la coopération, du développement et de la migration qui remodèle progressivement les structures sociales locales et dans laquelle il veut voir, malgré ses aspects pervers, une « responsabilisation » des populations et l’expérimentation d’une « citoyenneté active ». Une nouvelle ère en somme, en matière de gestion des territoires et du développement local, dans un contexte où l’État est quasi absent. L’étude est d’un indiscutable bon sens et très riche en éléments factuels. Elle sera utile à ceux qui chercheront une présentation générale des acteurs et des dynamiques en cours dans l’espace rural sahélien. Elle perd malheureusement de sa valeur explicative à vouloir trop embrasser. Les typologies un peu fastidieuses et le cadre théorique assez flou font rêver le lecteur à des études de cas moins nombreuses mais plus fouillées, sur un sujet d’un intérêt majeur. Thomas Perrot |
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| Cuisine bio pour fruits de saison |
| Terre vivante, 2008, 160 pages, 16 € |
Soigner ses papilles
Une fois n’est pas coutume, Territoires vous présente un recueil de recettes salées et sucrées autour des fruits pour stimuler votre imagination culinaire au fil des saisons. Ce petit livre propose 130 idées pour cuisiner vingt-trois fruits qu’on trouve communément en France et incite à consommer des produits locaux, bio de préférence, mais sans prosélytisme. On trouvera des informations sur l’origine, les variétés et les valeurs nutritives des fruits, ainsi que des propositions pour préparer ces fruits de façon rapide, souvent peu coûteuse, à l’aide de nombreuses épices pour tenter de nouvelles associations. Une incitation forte pour (re)découvrir des variétés anciennes, des goûts, des saveurs, des textures, en sortant du circuit de l’agriculture intensive qui menace la biodiversité et en réduisant la consommation effrénée de produits fades venant du bout du monde. Blanche Caussanel |
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| decembre 2008 |
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| Les guerres de mémoires. La France et son histoire. |
| sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, La Découverte, 2008, 335 pages, 20 € |
La mémoire, une histoire de pouvoir
À une époque où l’idée d’imposer aux élèves du primaire la mémoire d’un enfant des camps de la mort a été envisagée, et où la tendance est à légiférer en matière de faits historiques, la question de la concurrence des mémoires devient un enjeu emblématique de notre société.
Les guerres de mémoires, ouvrage dirigé par un historien spécialiste du fait colonial, Pascal Blanchard, et par une sociologue des médias, Isabelle Veyrat-Masson, regroupe les contributions d’historiens, sociologues, politologues et anthropologues pour qui la réminiscence des revendications mémorielles (l’histoire des groupes particuliers) va de pair avec une absence de projet politique. Les auteurs tentent de mettre au jour le rôle de l’État et des médias dans le façonnage de l’histoire. Pourquoi un événement prévaut-il sur un autre ? Comment cette hiérarchie se met-elle en place et par qui ? Pourquoi mai 68 a-t-il occulté l’événement fondateur que fut mai 58 et l’avènement de la Ve République ? Et, toujours, quelle frontière entre histoire et mémoire ? Préfaçant l’ouvrage, Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’Algérie, écrit ainsi que « le voyage perpétuel vers un passé personnel signale une crise du futur et que « le travail historique aide à sortir de ce dilemme entre trop-plein et absence de mémoire ». Permettre au lecteur de saisir les enjeux politiques, historiques mais aussi les conditions socio-économiques dans lesquelles s’inscrivent ces « guerres de mémoires », qui elles aussi ont une histoire, est l’objectif de cet ouvrage complexe, à lire crayon en main. Mathilde Azerot |
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| Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration |
| Alexis Spire, Raisons d’agir, 2008, 124 pages, 7 € |
De l’autre côté du guichet
Qui sont ces hommes et ces femmes chargés au quotidien du traitement « ordinaire » de l’immigration ? Ceux-là mêmes qui décident de délivrer ou non des papiers aux migrants ? Le sociologue Alexis Spire a mené l’enquête de 2003 à 2007 au sein des préfectures, consulats et autres services d’attribution des visas. Dans Accueillir ou reconduire, il analyse ce qu’il nomme la « politique des guichets ». On découvre que ces services, qui emploient un personnel peu diplômé, sont relégués au bas de l’échelle administrative. Qu’une grande partie des agents y sont eux-mêmes issus de l’immigration, que les femmes y sont surreprésentées et que l’immense majorité est originaire du monde ouvrier. Alexis Spire montre comment l’application de la loi est très largement laissée à la seule interprétation des agents qui, par ailleurs, ne reçoivent aucune formation juridique, croulent sous les dossiers et jouissent d’une importante autonomie vis-à-vis de leur hiérarchie. Comment, au final, le gouvernement, tiraillé entre, d’une part son devoir de garantir les droits de l’Homme et, d’autre part, ses priorités plus comptables, délègue aux fractions subalternes de l’administration la mission de donner corps à la notion d’« immigration choisie ». À lire absolument. M. A
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| Le profane en politique : Compétences et engagements du citoyen |
| sous la direction de Thomas Fromentin et Stéphanie Wojcik, L’Harmattan, 2008, 314 pages, 28,50€ |
Vers le profane expert ?
Cet ouvrage collectif, coordonné par deux jeunes chercheurs en droit public et science politique, résulte d’une journée d’étude organisée en 2005 sur les « rhétoriques et pratiques scientifiques et sociales du profane ». Il interroge la pertinence et les limites de la notion de « profane » (c’est-à-dire « l’habitant », le « citoyen lambda », etc.), de plus en plus utilisée tant par les acteurs des dispositifs de participation que par les chercheurs les analysant. Si cette expression est contestable, étant donnée la diversité des savoirs que mobilisent les citoyens dans ces processus participatifs, elle prend tout son sens lorsque les habitants, sortant de leur rôle de citoyens « ordinaires » en cherchant à se faire reconnaître en experts du sujet débattu, sont remis à leur place de « profanes » par les élus. Le livre montre ainsi que l’opposition entre profanes et initiés est l’enjeu et le résultat de luttes. Il présente l’intérêt de croiser des réflexions théoriques sur le rôle et le sens du profane en politique, notamment de Loïc Blondiaux et Daniel Gaxie, et des travaux empiriques de jeunes chercheurs qui interrogent la mobilisation de cette notion dans différents contextes, en France et en Europe, dans une grande diversité de domaines (la justice, la télévision, le nucléaire, la culture, etc.) et de dispositifs participatifs (budgets participatifs, conférences citoyennes, jurys de citoyens, etc.). Au-delà du statut du profane, les auteurs questionnent la nature des savoirs citoyens, les échanges de savoirs entre acteurs et l’impact de la participation citoyenne dans la décision publique. Autant de bonnes questions ! Héloïse Nez |
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| Une démocratie asphyxiée, L’état des droits de l’Homme en France édition 2008 |
| Ligue des droits de l’Homme, La Découverte – Sur le vif, 2008, 120 pages, 10 € |
Rama rame-t-elle pour rien ?
Allez, c’est le dernier mois pour pouvoir encore vous présenter l’édition 2008 de l’État des droits de l’Homme en France, titrée avec bonhomie Une démocratie asphyxiée…
Derrière l’écran de fumée de l’implosion du Parti socialiste et l’écran de feu, réel celui-là, des crises financières et économiques, on en oublierait presque (c’est évidemment une formule, il y a des choses que, heureusement, on n’oublie pas) le traitement à coups de masse que le régime sarkozyste a choisi pour réformer les libertés individuelles depuis la dernière élection présidentielle. Jamais gagnants, mais toujours bien placés (pour prendre des coups), les étrangers en terre de France sont au premier rang de la révolution culturelle actuelle, et le bon ministre Hortefeux compte et recompte en ce moment ses expulsions pour boucler son bilan annuel. Mais, ce qui est passionnant (et ce qui est effrayant) dans ce livre, c’est que la Ligue des droits de l’Homme ne s’arrête pas au seul « tout sécuritaire » et livre en 110 pages une analyse bien plus globale du système dans lequel nous vivons : celui du bridage du parlement et de la justice, de la société du contrôle et du fichage, de l’ADN et des charters bien sûr, mais aussi de la réforme du droit du travail, de la séparation entre les honnêtes gens qui en font « plus » et la « glandouille » version Amara, ou encore des liens diplomatiques avec la Libye, le Chine et la Russie où la valeur « contrats » a remplacé les principes et les droits de l’Homme. « Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, l’agitation frénétique de l’acteur principal du jeu politique oblige, pour y voir clair, à prendre un peu de recul. L’art du bateleur étant de détourner sans cesse l’attention, il est important, pour ne pas se laisser vendre n’importe quoi, de ne pas perdre la mémoire et de prendre le temps de la réflexion », ainsi commence avec beaucoup de justesse l’introduction de Jean-Pierre Dubois. L’exercice est salutaire et, au final, si le livre n’est pas franchement joyeux sur la longueur, il est vraiment bien construit, et à lire d’urgence… En espérant que l’édition 2009 ne soit pas pire. Nicolas Leblanc |
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| novembre 2008 |
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| Cultivons la terre. Pour une agriculture durable, innovante et sans OGM |
| Honorine Perino, produit par Rés’OGM Info, DVD 1h30, 15€ pour les particuliers ; associations et collectivités : contacter Rés’OGM au 04 78 42 95 37 |
Film 100 % naturel
Les OGM ont quelquefois l’inconvénient, en tant qu’objet de lutte, de focaliser les débats quand on parle d’agriculture, et de les rendre vindicatifs voire ennuyeux. Mais pas de cela ici. Honorine Perino réussit le tour de force de proposer une heure et demie de film agréable, fluide et tout à fait accessible sur l’agriculture durable, en n’utilisant les OGM que comme un fil rouge, qui sait se faire discret pour laisser la vedette à ces paysans et ces chercheurs qui construisent une agriculture en adéquation avec leurs valeurs. On se promène le long de ces onze courts chapitres pour aborder la variété quasi infinie des blondes tiges de blé, la lutte biologique ou le voyage de ces paysans rhône-alpins partis en Syrie pour discuter de sélection participative des semis. On est interpellé par le mouvement général de l’agriculture qui perd ses savoirs et son autonomie de pensée, ce qui rend d’autant plus porteur d’espoir les visites de ces fermes qui ont choisi de recommencer à réfléchir par elles-mêmes. On y croise un éleveur de vaches laitières qui a remis ses ruminants aux pâturages, ou un fermier qui utilise des insectes auxiliaires pour se débarrasser des parasites du maïs. Et, partout, on comprend que les OGM ne sont que la face émergée de l’iceberg d’une normalisation dramatique des modes de cultures, qui ravage les sols et ne voit la nature que comme une source de nuisances à dompter. Le film a été sélectionné au Festival pariscience et aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Nicolas Leblanc |
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Africa Trek 1, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Cap au Kilimandjaro
Africa Trek 2, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Kilimandjaro au lac de Tibériade |
| Sonia et Alexandre Poussin, 571 et 762 pages, Pocket, 2007, 7,7 € chacun |
Voyage alternatif en Afrique
Avec ces deux volumes d’Africa Trek, Sonia et Alexandre Poussin nous livrent un récit de voyage passionnant et un témoignage vivant de l’Afrique de l’Est contemporaine. Le parcours de ce jeune couple d’aventuriers est aussi peu commun que la nature de leur périple africain : tandis qu’elle a travaillé dans l’humanitaire au Népal, au Vietnam et en Irak, lui est écrivain voyageur et a raconté ses aventures avec Sylvain Tesson dans deux précédents ouvrages : un tour du monde en bicyclette en un an et une marche de 5 000 km sur le toit du monde. En 2001, ils s’élancent dans une folle marche à pied à travers le continent africain, sans aucune autre assistance que la générosité de leurs hôtes de passage. La lecture de leurs trois années de pérégrinations le long de la vallée du Rift, du cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud au lac de Tibériade en Israël, est étonnante. On peut regretter certains passages un peu moralisateurs, mais l’ensemble est très bien écrit et agrémenté de belles photos. Au-delà de la justification initiale de la marche – refaire symboliquement le voyage du premier homme, de l’australopithèque à l’homme moderne – et de l’incontestable exploit sportif, on retient surtout de cet ouvrage une expérience humaine hors du commun et un nouveau regard posé sur le continent africain. Une invitation à voyager autrement, loin du tourisme de masse et au plus près des populations locales. Héloïse Nez |
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| Le manuel de l'antitourisme |
| Rodolphe Christin, éditions Yago, 2008, 126 pages, 15€ |
Savoir voyager
Le 20 juin1936 signa l’avènement d’une révolution: les congés payés. Mais aussi, pour certains, l’avènement d’un fléau : le tourisme. C’est en substance le propos du sociologue Rodolphe Christin qui fustige, dans son Manuel de l’antitourisme, les effets pervers du tourisme de masse. Tandis que le secteur figure au premier rang de l'activité économique mondiale (733 milliards de dollars de recettes en 2006), l’auteur montre qu’à la démocratisation des vacances et des loisirs s’est substituée l’obsession de combler tout temps « mort ». Ou comment le réel a laissé place au virtuel, via une arme redoutable : le management, qui par souci de « développement » (entendez « profits ») va parfois jusqu’à ravager des territoires entiers, détruire des cultures et finalement banaliser, « occidentaliser » tout paysage. Et de dénoncer le low cost, le règne de l’avion, responsables de la surconsommation de voyage – par la réduction des distances – mais aussi de l’aggravation de l’effet de serre. Si le ton emprunté par l’auteur peut agacer, (le touriste est qualifié d’« idiot du voyage », mais qu’est-on dès lors que l’on voyage ?) son dessein est cependant louable : réhabiliter le hasard, les imprévus, les détours, les petites galères aussi. En bref : l’immersion en terre inconnue. Une manière d’interroger notre vision du monde et de reposer l’éternelle question : pourquoi partons-nous ? Mathilde Azerot |
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| octobre 2008 |
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| Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial |
| Lester R.Brown, Calmann Lévy / Souffle Court éditions. 2007, 400 pages, 20€ |
L’autre plan B
Agronome de formation, Lester Brown dirige depuis 2001 l’organisme de recherche interdisciplinaire Earth policy institute à Washington. Son dernier livre, dont la version française est préfacée par Nicolas Hulot, applique à notre civilisation le diagnostic porté sur les crises des civilisations passées par Jared Diamond et Ronald Wright, notamment (Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Jared Diamond, Gallimard, 2006, Territoires n° 479 ; La fin du progrès, Ronald Wright, Naïve éditions, 2006, Territoires n° 490). La moitié de son livre dresse un inventaire implacable des menaces qui pèsent sur l’humanité et la biosphère. L’autre moitié, le fameux « plan B », propose une mobilisation internationale, tant des dirigeants que des individus pour transformer cette urgence écologique en opportunités. Cinq grands signaux, parmi beaucoup d’autres, montrent à l’évidence que la civilisation humaine court à son déclin, voire pire encore. La déplétion pétrolière a commencé à la priver du carburant qui a alimenté sa croissance depuis cent cinquante ans. La pénurie d’eau frappe désormais toutes les zones de la planète. Les températures globales – mais aussi locales – augmentent rapidement et inexorablement, avec le niveau des mers. La disparition de certaines des zones les plus fertiles du globe et les plus peuplées commence à engendrer des exodes climatiques massifs. La disparition des ressources naturelles (sols, forêts, espèces, ressources halieutiques, ressources minières, désertification, pollutions, etc.) renvoie tout aussi directement aux causes de disparition des nombreuses civilisations passées. L’optimisme de Lester Brown pour nous sortir d’affaire prête parfois à sourire : 161 milliards de dollars annuels bien employés pour de massifs projets sociaux et environnementaux devraient suffire. On peut partager cet optimisme, très américain,
et penser que l’élection de Barack Obama pourrait donner un des signaux forts au lancement de ce plan B. On peut craindre pourtant que les mécanismes et systèmes qui nous propulsent dans le mur ne s’inversent pas simplement par une bonne volonté partagée. En corollaire,l’impasse du système capitaliste et la difficulté d’imaginer ensemble un système de gestion et de gouvernance alternatif pour la planète n’est pas évoquée par notre grand écologiste anglo-saxon. Mais il s’agit certainement du scepticisme culturel inhérent aux vieilles nations européennes… Une chose est sûre : les solutions évoquées figurent parmi celles qu’il nous faudra mettre en œuvre, à défaut de se résigner à disparaître. Michel Wilson |
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Le monde selon Monsanto :
de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien |
| Marie-Monique Robin, La Découverte / Arte Editions, 2008, 370 pages, 20 €. Le DVD est disponible sur www.arteboutique.fr et chez Nature & Découvertes. |
Le procès de Monsanto
Monsanto se présente comme une « entreprise agricole » cherchant à « aider les paysans du monde à produire des aliments plus sains, tout en réduisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement ». Mais qui est réellement le premier semencier de la planète, détenteur de 90 % des OGM cultivés dans le monde ? Dans une enquête minutieuse, diffusée sous la forme d’un ouvrage et d’un documentaire, Marie-Monique Robin signe un réquisitoire percutant contre la multinationale. Elle revient d’abord sur le passé chimique de la firme, pour savoir « si on peut lui faire confiance sur les OGM », et découvre l’histoire d’une des entreprises les plus controversées de l’ère industrielle. Les PCB, la dioxine, l’agent orange, les hormones de croissance laitière et bovine, le désherbant Roundup : la liste est longue des produits dangereux dont la firme a caché la toxicité afin de garantir ses profits. La journaliste s’intéresse ensuite aux OGM, en sillonnant la toile et la planète à la recherche d’archives et de témoignages, et dévoile les stratégies de la firme pour imposer sa loi et contrôler à terme la production de la nourriture du monde. Les conséquences environnementales et sociales de cette entreprise économique basée sur le brevetage du vivant sont dramatiques. Un signal d’alarme contre une multinationale qui a entre ses mains l’avenir de l’humanité. Héloïse Nez |
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| Comment la France a perdu l’Afrique |
| Antoine Glaser et Stephen Smith, Hachette Littératures Pluriel actuel, 2006, 280 pages, 8,40€ |
Coup de pompe Afrique
On ne s’éternisera pas sur l’identité du coauteur de cet ouvrage pédagogique qu’est le journaliste Stephen Smith. Accusé d’« afro-pessimisme » par ceux qui n’ont pas aimé son livre Négrologie de 2003 ou mis en cause dans ses analyses du génocide rwandais (un génocide n’est guère un événement propice aux discussions dépassionnées), il n’en reste pas moins un des rares journalistes qui s’entête à analyser les évènements africains contemporains. Dans Comment la France a perdu l’Afrique, le propos se resserre sur une composante essentielle de la politique extérieure de la France au 20e siècle : sa politique africaine. L’Empire « françafricain » a été une clé de compréhension centrale de la position de la France dans le monde, mais qui le décrit comme tel aujourd’hui ? Qui débat de la stratégie géopolitique actuelle de la France en Afrique ? Peut-être, comme c’est l’hypothèse de ce livre, la France ne connaît-elle plus l’Afrique, n’y a plus aucun projet ? En effet, les palais de l’empire sont vides, sillonnés seulement par quelques mercenaires, des dictateurs ou des «conseillers » qui n’ont plus réactualisé leurs dossiers depuis vingt ans. Un livre, à la vérité, passionnant, et bien plus franco-pessimiste qu’afro-pessimiste. Nicolas Leblanc |
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| Chantier ouvert au public, le Viel Audon, village coopératif |
| édition Repas, collection pratiques utopiques, 2008, 194 pages, 15€, |
La révolution des grains de sable
Que l’on connaisse le lieu, le Viel Audon, et l’ouvrage se dévorera comme un bon roman dont le fait de connaître la fin ne gâche pas le plaisir de la lecture. Que l’on lise le livre et l’on finira forcément un jour par emprunter le chemin muletier pour se rendre au hameau de Balazuc, et voir. Voir comment ce « nulle part » où Gérard Barras a conduit trois de ses amis, un jour de novembre 1970, est passé de l’état de ruine à celui de hameau pluriactif conjuguant aujourd’hui des activités agricoles, d’accueil, de formation (pour le réseau Repas, entre autres), de chantiers de jeunes, de vente de produits locaux, d’éducation à l’environnement… allant même jusqu’à proposer les très à la mode cours de cuisine, mais version gastronomie des plantes (testé et conseillé !). Au fil des pages, parsemées de témoignages, le Viel Audon se livre, sous la plume de Béatrice Barras, membre de la première heure de cette épopée communautaire. Elle nous raconte comment cette bande de jeunes, dans une atmosphère post mai 68, « sous les pavés… » a trouvé une ruine qu’elle retape grâce aux chantiers de jeunes qui se sont succédés et se succèdent encore. Avec, dès le départ, l’intuition que le Viel Audon a pour vocation de « construire lui-même sa propre histoire à travers ceux qui s’y investissent ». Puis, comme un seul pari fou ne suffisait pas, voilà que parallèlement se greffe le projet de remet en activités une ancienne filature de laine. Les différentes étapes qui voient le hameau et le projet prendre forme sont naturellement jalonnées de traversées du désert et de sursauts salvateurs. Avec, en toile de fond, la difficulté de mener plusieurs vies de front : l’une consacrée à gagner malgré tout sa croûte et l’autre à redonner vie à un village et à une filature en ruine. Mais avec toujours la même force de conviction, qui fait qu’aujourd’hui encore le Viel Audon réussit à résister aux pressions sécuritaro-administratives et demeure inaccessible en voiture. Une particularité qui donne au Viel Audon toute son âme, et ses vertus pédagogiques : chaque geste doit en conséquence être réfléchi, simplifié pour limiter les déchets, les transports… Et qui est à l’origine d’une institution vieille de trente-cinq années de chantiers : la chaîne humaine. Une chaîne pour transporter les sacs de ciment, symbole de solidarité, et de transmission qui, comme en témoigne « un ancien » des chantiers, « construit quelque chose de différent sans pour autant faire la révolution. Ou alors c’est la révolution des grains de sable. » Sabrina Costanzo |
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| Septembre 2008 |
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Participations citadines et action publique :
Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa, |
| sous la direction d’Olivier Legros, coédition Adels/Yves Michel, 2008, 209 pages, 22€ |
« Tactiques » participatives au Sud
Si les expériences participatives européennes et latino-américaines sont bien connues, ayant fait l’objet de nombreuses recherches, c’est loin d’être le cas de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient. La participation y constitue pourtant un nouveau cadre de référence de l’action publique en milieu urbain, imposé par les bailleurs internationaux à partir des années 90. Dans cet ouvrage collectif, urbanistes, sociologues et géographes analysent les réactions des acteurs du Sud face à cette « injonction participative ». En élargissant leur réflexion aux actions collectives en milieu urbain, ils mettent en avant les « tactiques » des collectifs citadins : s’ils adhèrent au « prêt-à-porter gestionnaire » de l’aide internationale, c’est pour faire valoir leurs intérêts, tout en continuant à agir en marge des actions publiques. Comme le montre la remarquable contribution sur la banlieue dakaroise, loin d’encadrer leurs modes de mobilisation, les dispositifs participatifs contribuent à élargir leur répertoire d’action collective. Certes, le décalage reste fort entre les discours et les pratiques, dans des pays où l’aménagement urbain est confisqué par les classes dirigeantes déniant toute compétence aux citoyens dans la production et la gestion de la ville. Or, si les citoyens réussissent rarement à remettre en cause la totalité d’un projet urbain, ils trouvent dans les dispositifs participatifs institutionnels une nouvelle voie d’expression et de contestation pour en négocier certains éléments. Héloïse Nez
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| Le goût du pouvoir |
| Jacques de Courson, L’Harmattan, 2008, 117 pages, 12,5 |
Le dégoût des élus
La présentation de l’ouvrage, par l’auteur, sur la quatrième de couverture, aurait dû suffire à m’avertir : « Ma thèse », expose Jacques de Courson, « est qu’au-delà de leur ambition de servir leurs contemporains, les élus locaux sont à la fois des brutes et des petits marquis, fascinés par le pouvoir sur les êtres et les situations ». Mais la forme de l’ouvrage (douze nouvelles tirés de souvenirs ou d’histoires vraies racontées à l’auteur) était attrayante : ascensions politiques, batailles à la Clochemerle, anecdotes de cabinets… De même que la personnalité de l’auteur, président de l’association Urbanistes du monde et auteur d’un essai sur la prospective urbaine. Malheureusement, tout dans ce livre n’est qu’aveuglement, et sous couvert de perspicacité et de clins d’œil complices, Jacques de Courson se trompe sur toute la ligne. Il couvre « les élus locaux » de ridicule, mais confond le demi million de représentants politiques avec les 40 000 chefs d’exécutifs (maires, présidents de conseil…). Ensuite, il tente des généralisations à tout bout de champ en utilisant la petite histoire et le récit. Enfin, il accuse les élus locaux de tous les maux (sauf peut-être de la cupidité : ses pauvres personnages ne sont « que » rongés par des ego surdimensionnés, l’avidité du pouvoir, la compétition, mais ils ne connaissent pas la corruption… ouf !), tout en les défendant : n’importe qui ferait pareil, car il présente la conquête du pouvoir et son affirmation sur les êtres qui vous entourent comme… « un plaisir ». Chacun voit le plaisir où il peut… Nicolas Leblanc |
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| L’immigration de A à Z |
| Mohsen Dridi, publication de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, 2007, 437 pages, 15 € |
Immigration, nom féminin
Des « Accords de Schengen » aux « Zones d’éducation prioritaires », Moshen Dridi, membre fondateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) et figure reconnue du mouvement associatif issu de l’immigration, décline, en près de 673 mots, la question de l’immigration. Exhaustif et précis, ce mémento recense toute l’histoire politique et sociale des migrations, en égrenant et décryptant les noms d’associations, d’administrations, de films, les textes de loi, les expressions, les dates marquantes, etc., utilisés ou nés dans le champ des flux migratoires. Un outil pratique et symbolique qui permet de rendre palpable le vécu des migrants, caché derrière chaque vocable. Aline Chambras |
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| La fin du progrès |
| Ronald Wright, Naïve Editions, 2006, 136 pages, 16 €, |
| Un éternel recommencement ?
L’ouvrage de l’archéologue canadien et auteur à succès, Ronald Wright, nous invite à déduire le sort de notre civilisation postmoderne de celui de quelques civilisations passées. Si certaines comme à Sumer ou sur l’Île de Pâques ont disparu, d’autres comme les empires maya ou romain ont laissé une descendance. Les crises connues par ces civilisations, que l’auteur définit comme « des sociétés importantes et complexes, fondées sur la domestication des végétaux, des animaux et des êtres humains », sont à chaque fois liées à un déséquilibre irréversible entre pression environnementale et démographie. À une certaine « sagesse » initiale dans le mode d’occupation de l’espace se substitue, via le goût du pouvoir et l’appropriation oligarchique des productions, une surcharge autodestructrice, qui amène la chute soudaine mais prédictible des civilisations. L’image du Pascuan, habitant de l’Île de Pâques, qui abattit le dernier arbre est frappante. L’auteur voit dans l’histoire d’Homo sapiens une aptitude innée à l’autodestruction, depuis le génocide probable des néanderthaliens (« les bons n’ont pas gagné »), en passant par la surchasse puis, pour sortir de la pénurie de gibier, l’invention de l’agriculture, source de la civilisation mondiale. Cette civilisation mondiale est, elle aussi, menacée de collapsus : nombreuses sont les voix avisées qui l’annoncent depuis la fin du 19e siècle. Pour l’auteur, « notre meilleure chance d’éviter le sort des sociétés passées, c’est que nous connaissons leur histoire. C’est maintenant notre dernière chance d’assurer l’avenir ». À condition de ne pas vivre dans l’espoir que la solution viendra d’elle-même... Michel Wilson |
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| juin 2008 |
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| Altermondialiste, moi ? |
| nouvelle édition augmentée, Ritimo,
Artisans du monde et Crid, 2008, 108 pages, 6 € |
Dis, c’est quoi
être altermondialiste ?
Savez-vous, qui sont les altermondialistes ? Connaissez-vous,
leurs combats, leurs propositions ? Ce livre répond à
toutes ces questions sur un ton bien trouvé : il faut
informer, expliquer, mais surtout ne pas culpabiliser. Ici,
pas de blabla, ni de long développement soporifique,
bien au contraire, les textes sont concis, bien écrits,
des propositions de pistes pour prolonger les réflexions
sont proposées à chaque sujet traité (santé,
faim, circulation, etc.) dans chacune des quatre parties, en
commençant par " Comment va le monde ". Certes,
la longue liste des plaies dont souffre le monde est toujours
aussi insupportable, mais ce livre a au moins le mérite
de donner quelques explications sur les mécanismes qui
les provoquent. Bien entendu, le fonctionnement de nombreuses
organisations internationales, comme la Banque mondiale, le
FMI, l’Onu, est savamment critiqué, et c’était
prévisible. Toutefois, les nombreux sujets sont abordés
avec simplicité. Si vous ne vous sentez pas encore prêts
pour manifester au prochain sommet du G8, ce guide donne aussi
quelques conseils pour transformer ses comportements, et apporter
son grain de sable pour changer le monde. Rien que ça
! Bien sûr, cette brochure réalisée par
des organisations altermondialistes défend leur cause,
mais c’est aussi un appel à la citoyenneté
quand il montre que l’action, la mobilisation peuvent
fonctionner, et surtout qu’il n’y a pas qu’une
seule forme d’engagement. Cette brochure, réellement
pédagogique, souhaite promouvoir une autre image de la
mondialisation, plus humaine. Après sa lecture, on s’interroge
: " un autre monde est-il possible ? ". Si vous ne
pouvez pas répondre, vous aurez au moins lu qu’ils
sont nombreux à y croire, et maintenant vous savez pourquoi.
Sterenn Duigou |
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| Recettes d’hier et d’ailleurs.
Besançon et les cuisines du monde |
| CCAS de Besançon, Néo éditions,
112 pages, 20 ?, livret de cuisine en ligne sur www.migrations.besancon.fr |
Envie de se lécher
les babines ?
Qu’y a t-il de commun entre l’Oumek Houria et l’Adass
Polo ? Tous deux sont des plats d’ici et d’ailleurs,
à retrouver dans le livre de recettes colorées
édité par le Centre communal d’action sociale
de Besançon. Souhaitant valoriser la diversité
culturelle et l’échange intergénérationnel
sur son territoire, le CCAS a soutenu cette initiative originale
comme une passerelle pour les promouvoir. C’est aussi
une aventure humaine née, au départ, de la rencontre
de femmes d’origines diverses dans les espaces solidaires.
Grâce à Jocelyne Lotz-Choquart, cuisinière,
ces créateurs de saveurs révèlent leur
secret culinaire. L’histoire de ces recettes et de leurs
origines rend le propos encore plus délicieux. Les non-cuisiniers
apprécieront ces explications, les plus enhardis essaieront
de les réaliser. À chaque page, ses saveurs, à
chaque plat son " chef ". De la cuisine citoyenne
! S. D. |
| |
| Le tourisme autrement |
| hors-série pratique d’Alternatives
économiques, mars 2008, 9,50 € |
Voyage, voyage…
Les Français aiment voyager. Mais, à l’heure
de la crise pétrolière, du réchauffement
climatique et du creusement des inégalités internationales,
l’essor du tourisme pose de nombreuses questions économiques,
sociales et environnementales. Des dilemmes auxquels la rédaction
d’Alternatives économiques tente de répondre
dans son dernier hors-série, en évitant le piège
de la culpabilisation ! Car, comme les auteurs le rappellent
" le développement du tourisme est aussi le fruit
de l’émancipation du salariat ". Donc pas
question de regretter la démocratisation du tourisme
! Néanmoins, pas question non plus de " bronzer
idiot ". Aussi ce guide propose une analyse très
fine des impacts du tourisme et, surtout, il recense et jauge
les acteurs du " tourisme autrement " (tourisme rural,
tourisme solidaire, tourisme social) en plein développement.
Un seul bémol : l’insistance sur l’impact
des déplacements en avion a un léger effet agaçant
quand on aime que vacances puissent rimer avec bout du monde.
Aline Chambras |
| |
| Ne rien oublier en partant (2006, 40’)
et Quartiers en devenir (2008, 26’) |
| Films de Corinne Marie, Vipère au poing
productions, www.vipereaupoingproductions.fr |
Émotion en barres
Deux films pour une même démarche, celle de faire
parler les locataires d’immeubles condamnés à
la démolition dans le cadre d’opérations
de renouvellement urbain. " Opération ", "
renouvellement " et " urbain ", voilà
bien des mots que l’on n’entend guère dans
la bouche des personnages filmés par Corinne Marie. Ils
nous parlent de leurs souvenirs, liés à leur logement,
à leur allée, à leur quartier ; ils nous
parlent de leurs voisins, de leurs amis ; ils nous parlent un
peu de l’Opac, qui les logent et les dé-logent
" comme des pions sur un jeu d’échec "
; ils nous parlent de leur vie, filmée de manière
minimaliste, assis sur leur canapé ou au pied de leur
ex-tour. Quasiment tous sont choqués, attristés,
nostalgiques quand ils évoquent la démolition,
passée ou à venir de leur appartement. Et semblent
apprécier d’être écoutés, que
leur témoignages soient enregistrés, pris en considération…
L’exercice, nécessaire, laisse pourtant le visionneur
sur sa faim, et des questions restent sans réponse :
l’omniprésence de l’émotionnel, voire
du pathos, de la nostalgie n’est-elle pas un leurre, un
biais dans lequel sont tombés filmés et réalisatrice
? Pourquoi les questions que posent les habitants, à
l’Opac, à la mairie, sur la crise du logement ou
la rénovation urbaine ne sont-elles pas posées
aux acteurs concernés, avec plus de force, par le film
? Face à des habitants si unanimes pour encenser le passé,
mais si impuissants à se sentir acteurs au présent,
on aurait aimé que le projet – militant –
de Corinne Marie se face plus pédagogue, voire s’engage
dans une forme de médiation. Qu’il desserre le
cadre. Nicolas Leblanc |
| |
| mai 2008 |
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| Ingrid |
| Sergio Coronado, Fayard, 2008, 284 pages, 18
€ |
Hommage à Ingrid
B.
Le livre de Sergio Coronado consacré à Ingrid
Betancourt, devenue emblématique en France, est très
documenté. Il retrace le parcours politique de cette
femme engagée, cocktail de multiples rencontres et combats
en Colombie et ailleurs dans le monde. Il montre la cohérence
politique du projet de cette militante, que la lutte contre
les corruptions a conduit à critiquer l’organisation
sociale inégalitaire de son pays – les propriétaires
et bon nombre de riches industriels étant mêlés
aux responsables politiques libéraux, conservateurs ou
paramilitaires. Puis l’auteur relie ces deux axes à
l’écologie politique populaire (ce sont les mêmes
qui sont corrompus et qui exploitent les populations et les
ressources naturelles). Il décrit quatre qualités
principales de l’action d’Ingrid Betancourt : son
internationalisme, sa puissance de travail et sa pugnacité,
son courage intellectuel et physique qui l’amènent,
dans un pays qui concentre une très grande violence et
80 % des otages de la planète, à pourfendre la
corruption et les petits arrangements entre amis et, enfin,
son pragmatisme associé à une direction très
politique de son mouvement. Le livre est très accessible.
On y sourit en lisant le côté ridicule des Verts
mexicains lors d’un rassemblement international. On y
croise des personnages très attachants, notamment Eduardo
Chavez, ancien militant du M19, Marelby Nubia, la comptable
de la campagne présidentielle, Angelica Lozano ou Clara
Rojas, qui, enlevée en même temps que sa candidate
et amie, a été otage environ cinq ans. Mathieu
Glaymann |
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| Identités de l’individu
contemporain |
| sous la direction de Claude Calame, Textuel,
coll. La Discorde, 2008, 159 pages, 18€ |
Un individu en crise
?
Dans ce petit ouvrage coordonné par Claude Calame, édité
avec le soutien du Conseil scientifique d’Attac, une dizaine
de sociologues, d’anthropologues et de philosophes se
penchent sur le statut de l’individualisme contemporain
et ses rapports avec la démocratie et le capitalisme.
Depuis l’avènement d’une société
néolibérale où le profit est roi, l’individu-consommateur
a-t-il définitivement relayé l’individu-citoyen
du siècle des Lumières ? Quelles sont les brèches
dans la conception hégémonique d’un "
individu abstrait réduit à la seule liberté
du commerce " ? Ce sujet complexe et très actuel
est ici abordé d’un point de vue théorique.
Certaines contributions sont ainsi denses et difficiles à
appréhender pour des non spécialistes de la philosophie
politique. Mais d’autres sont plus accessibles, comme
celle d’Alain Caillé, qui remet en cause le lien
entre consécration de l’individu et triomphe de
la démocratie, et détecte dans la promotion de
l’individualisme une forme de décomposition de
la démocratie. En dépassant le stade de la critique,
Albert Richez s’interroge sur les conditions de la métamorphose
de l’" individu atomisé " en citoyen
engagé. Le désintérêt apparent des
citoyens pour la politique ne serait pas lié à
leur retrait dans la sphère marchande mais " au
fait qu’ils ne se sentent pas concernés par des
enjeux qui les dépassent ". Les perspectives d’un
nouvel engagement citoyen et politique résident ainsi
dans le développement d’une démocratie plus
participative. Héloïse
Nez |
| |
| Paroles sans papiers |
| ouvrage dirigé par Alfred et David Chauvel,
Delcourt, 2007, 72 pages, 14,95€ |
Résistances
animées
Parce que la chasse aux sans-papiers fait de plus en plus tristement
la une de l’actualité, les éditions Delcourt
ont demandé à neuf auteurs (dont Joann Sfar, Gipi,
Kokor ou encore Lorenzo Mattotti) de mettre en bande dessinée
neuf témoignages de sans-papiers. Chaque parcours ainsi
retracé, que ce soit celui de Martine la Congolaise,
de Serge l’Ivoirien, de Raissa la Tchétchène,
de Joao le Brésilien ou de Brahim le Marocain, montre
de manière
édifiante les conditions absurdes et inhumaines dans
lesquelles sont plongés les immigrés clandestins,
entre fuite, errance, misère, honte ou traque. Réalisée
avec l’aide des associations Cimade et Migreurop, préfacée
par Emmanuelle Béart, cette BD engagée propose
également une " petite histoire récente des
sans-papiers ", depuis les lois Pasqua de 1993 et l’occupation
de l’église Saint-Bernard à Paris, en 1996.
Aline Chambras |
| |
| Les politiques de l’immigration
en France et au Royaume-Uni, perspectives historiques et contemporaines |
| sous la direction de Lucienne Germain et Didier
Lassalle, L’Harmattan, 2006, 217 pages, 19,5€ |
Histoire politique
de l’immigration
Au cours du vingtième siècle, la question de l’immigration
a souvent fait débat en France et au Royaume-Uni. Cet
ouvrage collectif s’attache à analyser l’évolution
des lois sur l’immigration et des statuts des migrants
dans ces États. Avec clarté et précision,
ce livre revient sur les contextes historiques et les atmosphères
nationales dans lesquelles ces politiques d’immigration
ont été mises en œuvre. L’introduction,
d’ailleurs, présente une étude comparative
de l’évolution législative dans les deux
pays. L’analyse du processus de fermeture de Sangatte
illustre, sans conteste, la coopération entre le Royaume-Uni
et la France dans une commune volonté de contrôler
les flux migratoires au-delà des frontières nationales,
et pose la question des statuts des migrants, notamment autour
de l’évolution du droit d’asile. Riche d’enseignements,
ce livre, en analysant l’histoire, souligne simplement
et intelligemment que l’immigration sans visage restera
un sujet de débat, qui se réglera de plus en plus
sur la scène européenne. Sterenn
Duigou |
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| Avril 2008 |
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| Le nouvel esprit de la démocratie |
| Loïc Blondiaux, Le Seuil, La République
des idées, 2008, 112 pages 10,5 € |
Plaidoyer pour la démocratie
participative
L’objet du livre est l’étude des dispositifs
qui visent à institutionnaliser la participation des
citoyens. Dans cet ouvrage, tout en affirmant qu’une meilleure
participation des citoyens à la chose publique vaut la
peine, l’auteur fait le constat de nombreuses difficultés
dans sa mise en œuvre. L’ouvrage est porté
par deux ambitions, d’abord descriptive, puis politique
et critique. On y trouve notamment les explications du retour
du courant d’idées pour une participation citoyenne
à la politique, un inventaire des dispositifs existants,
en France et à l’étranger. L’auteur
s’interroge ensuite sur la nature des changements que
l’on en attend. Il pose les limites, les contradictions,
parfois même le retournement de la démocratie participative
contre les objectifs dont elle se réclame. En présentant
les effet politiques de la diffusion de ce " nouvel esprit
" de la démocratie, ses résultats et finalités,
en montrant des logiques de maintien des structures de domination
politique traditionnelles d’une part, et en donnant d’autres
exemples qui sont des motifs d’espérance, dans
la transformation des démocraties représentatives
existantes, Loïc Blondiaux propose un ouvrage accessible
et éclairant. Un travail de clarification qui manquait
à ce jour, à conseiller à tous ceux, citoyens,
techniciens et élus, qui cherchent de nouvelles voies
de transformation démocratique pour une société
plus égalitaire. Blanche Caussanel |
| |
| Dico Sarko |
| Charb, éditions 12 bis, 2008, 80 pages,
10,5 € |
Jeux de mots
Caustique et cruel, le dictionnaire concocté par le dessinateur
Charb a l’immense mérite de rappeler que les mots
ont un sens. Sens que Nicolas Sarkozy, comme les grands médias,
semblent prendre un malin plaisir à déformer.
Ainsi, comme s’en délecte Charb, le suicide est
aujourd’hui " le moyen par lequel un employé
sabote l’image de son entreprise ", partager consiste
à " renoncer à avoir tout et accepter la
dictature communiste ", la souffrance naît du fait
que " la peinture de (son) 4x4 a été rayée
" et un discours est un " texte écrit par un
autre, qu’un homme politique, qui ne le comprend pas,
lit à des gens qui s’en foutent ". En montrant
par l’excès combien ces mots sont aujourd’hui
détournés de leur sens, quand ils n’en sont
pas vidés (comme c’est le cas du mot réforme),
Charb dresse un tableau désopilant de notre langage et
par-là de notre pensée… Drôle et inquiétant
! Aline Chambras |
| |
| Altermondes "Seine- Saint-Denis,
arrêt sur images" |
| hors-série n°4, hiver 2007, 51 pages
5 € |
Le 9.3. à l’honneur
Parce que le journaliste est avant tout " un passeur d’informations
" et non " un faiseur d’actualités ",
la jeune et fraîche revue trimestrielle de solidarité
internationale, Altermondes, a choisi de consacrer son dernier
hors-série au département de la Seine-Saint-Denis,
le bien connu " 9.3. " Histoire de rappeler que, contrairement
à ce que les tenants de la mode du sensationnalisme voudraient
nous faire croire, les banlieues ne sont pas ces zones "
informes " où de jeunes encagoulés passent
leur temps à incendier les voitures de leurs voisins.
Ainsi, ce sont douze jeunes Séquano-Dionysiens en personne
qui, aidés par des journalistes professionnels, écrivent
sur leur département, via des angles d’approches,
tels que l’écologie, l’ethnopsychiatrie,
la citoyenneté ou la santé. Bref, bien loin des
clichés habituels sur les trafics, la délinquance
ou la montée des intégrismes, ce département,
qui fête cette année ses quarante ans d’existence
administrative – le 93 est en effet né en 1968
– acquiert un nouveau visage, humain et complexe. Un vrai
visage finalement, et non un masque figé par les préjugés.
Illustré par de très belles photographies de Camille
Millerand, ce hors-série donne enfin la part belle à
un département encore bien trop souvent mis au ban…
A. C. |
| |
| Sommes nous des paresseux ? ... Et 30
autres questions sur la France et les Français |
| Guillaume Duval, Le Seuil, 2008, 225 pages,
15 € |
Réponse à
tout
La première qualité de ce livre est sans conteste
son extrême clarté. À travers trente questions
qui font bien souvent le lit des préjugés et des
conversations de bistrot, Guillaume Duval, rédacteur
en chef à Alternatives économiques, nous livre
un traité de pédagogies économique, démographique,
sociologique et politique de première importance. Non
pas qu’il prétende au prix Nobel d’économie
avec ce nouvel ouvrage, mais il nous livre là 225 pages
utiles comme un livre de recettes de cuisine de famille, l’annuaire
de La Poste ou le guide du jardinage biologique. Car chacune
des questions qu’il décortique et auxquelles il
apporte des réponses franches et argumentées peut
ressortir à tout moment dans une conversation entre amis,
collègues, connaissances : " Les Français
sont-ils des paresseux ? ", bien sûr, mais aussi
" L’école réduit-elle les inégalités
? ", " Y a-t-il trop d’immigrés en France
? ", " Pourquoi est-il si difficile de se loger ?
", " Les Français paient-ils trop d’impôts
? ", " Pourquoi l’État français
n’est-il pas plus efficace ? " ou encore " Est-ce
la faute de Bruxelles si la France va mal ? "… Foin
des fantasmes et autres approximations, Guillaume Duval nous
donne les chiffres, les explications des chiffres et le dessous
des explications des chiffres ; il y ajoute les comparaisons
internationales et les évolutions dans le temps. Bref,
tout le panel des bonnes réponses pour tordre le coup
à la pensée unique, libérale, chauvine,
ou simplement ignorante. Un régal. Nicolas
Leblanc |
| |
| Mars 2008 |
| |
| Décentraliser d'accord, démocratiser
d'abord, le gouvernement local en question |
| Marion Paoletti, La Découverte, collection
Sur le vif, 2007, 154 pages, 12€ |
Oser la participation
Le livre de Marion Paoletti est salutaire, à plusieurs
titres : dans cette période d'élections municipales,
de rapports divers et variés sur la nécessaire
et sempiternelle question de la réforme de nos institutions
représentatives, il rappelle comment et pourquoi s'est
constitué au cours de notre Ve République ce "
mille-feuille " de collectivités territoriales,
avec des compétences croisées, enchevêtrées
et dans lequel le citoyen a peu de place... Il démontre
avec une conviction dans laquelle l'Adels se reconnaîtra,
comment l'architecture de la décentralisation telle qu'elle
se construit depuis maintenant presque trente ans est le résultat
de compromis bancals entre divers corporatismes d'élus
: entre les niveaux historiques que sont la commune, le département,
l'État-nation et les niveaux plus récents constitués
par l'agglomération, la région et l'Europe, aucun
choix stratégique n'a été fait par nos
représentants parlementaires. Ajoutée à
cela, l'incapacité à favoriser la discussion et
la décision collectives au sein des assemblées
élues, le constat est accablant pour le citoyen et la
réelle possibilité qui lui est donnée par
les textes de peser sur la décision publique. Marion
Paoletti reprend les propositions chères à la
convention pour la VIe République : non-cumul des mandats,
séparation des pouvoirs exécutif et délibératif
au sein du pouvoir municipal, élection au suffrage universel
des élus intercommunaux, etc., pour exprimer à
quel point la mise en œuvre d'une démocratie participative
doit reposer sur un système représentatif renouvelé
dans sa conception et sa culture pour tendre vers ce qu'elle
appelle " un idéal délibératif ".
Pour montrer que c'est possible, que les élus "
n'ont rien à perdre à une participation crédible
des populations, articulée aux décisions finales
", elle donne des pistes : réforme constitutionnelle
mais aussi instauration de règles participatives débattues
et fixées collectivement en début de mandat...
Gageons que les nouvelles équipes en place se saisiront
de ces propositions pour, à leur niveau, faire évoluer
encore davantage leurs pratiques et réclamer en même
temps la démocratisation de nos institutions locales.
Céline Braillon |
| |
| Cultures et pratiques participatives
: perspectives comparatives |
| sous la direction de Catherine Neveu, L’Harmattan,
Logiques politiques, 2007, 396 pages, 32€ |
Diversité des
cultures participatives
Cet ouvrage collectif coordonné par Catherine Neveu illustre
particulièrement bien la polysémie de la notion
de démocratie participative et la diversité des
expériences qui se sont multipliées ces dernières
années dans des contextes très variés.
La succession d’analyses de dispositifs participatifs
au Mali et en République Tchèque, dans une île
du Pacifique Sud et au Kirghizstan, en Amérique latine
et en Europe, par des anthropologues et des politistes, dresse
un tableau comparatif des pratiques et des cultures participatives,
et des manières de les observer. Une pluralité
de conditions sociales et culturelles explique ainsi l’émergence
de nouveaux modes d’action politique.
Si certaines expériences nous sont déjà
familières, on découvre avec curiosité
la spécificité des modes de prise de parole en
public dans les cultures polynésiennes ou le rôle
joué par les ONG internationales dans la transformation
des rapports de pouvoir dans la société kirghize.
L’intérêt de cet ouvrage, qui nous invite
à dépasser une vision ethnocentrique de la participation,
réside également dans son approche généalogique.
L’analyse des trajectoires historiques des dispositifs
participatifs, pointant des éléments de continuité
avec des techniques de prise de décision politique expérimentées
dans le passé, montre que la diversité des modalités
de participation provient des nécessaires adaptations
aux contextes, aux traditions et aux représentations
politiques. Héloïse Nez |
| |
| La République et ses territoires,
la circulation invisible des richesses |
| Laurent Davezies, Le Seuil, La République
des idées, 2008, 96 pages, 10,50€ |
Divorce consommé
Dans son dernier ouvrage, Laurent Davezies, professeur de développement
territorial à l’université Paris 12 Val-de-Marne,
déconstruit certaines idées reçues en matière
d’économie et de géographie, en démontrant
scientifiquement que, de nos jours, c’est paradoxalement
dans les régions les plus riches que la pauvreté
augmente le plus. En d’autres termes, les territoires
où sont concentrées le plus de forces productives
et où la croissance économique semble la plus
forte ne sont pourtant pas ceux qui connaissent le plus grand
bien-être social. Une nouveauté inhérente
à la mondialisation qui contredit bon nombre de discours
faisant de la croissance à tout crin le garant du développement.
A. C. |
| |
| Pour un nouvel urbanisme, la ville au
cœur du développement durable |
| Denis Clerc, Claude Chalon, Gérard Magnin
et Hervé Vouillot, Coédition Adels et Yves Michel,
2008, 160 pages, 15€ |
C'est beau une ville
durable
Connaissez-vous le point commun entre la barre HLM de Corviale
(un kilomètre de long) à Rome, et la ligne Maginot
? Vous l’apprendrez à la lecture de cet essai écrit
à huit mains, mutualisant l’économie, l’urbanisme,
l’écologie pour porter un regard simple et direct
sur la ville de demain. Les auteurs déconstruisent quelques
idées reçues. Ils nous apprennent à porter
un regard critique sur les choix urbains d’hier et d’aujourd’hui.
L’extension de l’urbain par la périphérie
est une erreur fondamentale parce qu’elle signifie débauche
d’énergie, accroissement de la pollution, perte
de qualité de vie, marquage social. Ou encore sur les
constructions collectives : voit-on qu’elles économisent
de l’espace qui devient disponible pour créer des
commerces, des services, des jardins publics ? Le développement
durable est une clé pour entrer dans un urbanisme radicalement
différent : il oblige à une vision globale qui
déconcerte pendant un temps : au milieu de l’ouvrage,
on se dit " c’est foutu, on n’y arrivera jamais
". Mais la pédagogie patiente et pragmatique des
auteurs ouvre un chemin qui conduit vers l’urbanisme zéro
énergie, socialement acceptable. Ce que nombre de citoyens
et d’élus considèrent encore comme des injonctions
idéologiques abstraites s’érige ici, concrètement,
en projet de ville soutenable. F. H.
Pour en savoir plus sur cet ouvrage |
| |
| février 2008 |
| |
| Changer la vie ? Les classes moyennes
et l’héritage de mai 68 |
| Marie-Hélène Bacqué et
Stéphanie Vermeersch, éditions de l’Atelier,
octobre 2007, 176 pages, 18 € |
Moyennes couches
" Il faut liquider l’héritage de Mai 68 "
: cette saillie de l’actuel chef de l’État
alors en campagne, inscrite dans une idéologie de l’autorité,
n’est que la pointe émergée de la complainte
conservatrice entendue sur un large spectre du champ politique
et intellectuel. L’intérêt de cet ouvrage
est d’entrer dans ce débat par le prisme des classes
moyennes. Considérées comme audacieuses (des aventuriers
du quotidien) et porteuses d’innovation sociale en mai
68 et dans les années 70 (le pari de changer la vie pour
changer la société), les classes moyennes ascendantes
de l’époque sont aujourd’hui plutôt
décrites dans un vocabulaire " décliniste
" : déstabilisées ou à la dérive,
en voie de paupérisation, repliées sur elles-mêmes
ou sécessionnistes, la génération des baby
boomers contre celle des baby loosers, etc. Un vocabulaire inapte,
disent nos auteurs, pour décrire la réalité
de ces couches moyennes et leurs modes d’identification
et de construction. C’est à travers une recherche
sur un habitat autogéré de dix-sept logements
de la région angevine (Habitat différent) que
l’ouvrage donne un éclairage sur " l’état
des rêves " de ces couches moyennes. Comment ce groupe,
porteur d’une utopie collective, a-t-il évolué
face à l’individualisation des comportements et
des valeurs ? ; que lit-on à travers ce groupe de l’évolution
des modes d’engagement ?
Les réponses sortent notre débat du simplisme
et de la caricature et font apparaître des couches moyennes
aujourd’hui très segmentées. Après
une première partie très ramassée consacrée
à la métamorphose des classes moyennes de 1968
à 2000, l’ouvrage décrit la construction
du collectif dans le milieu des années 70, les pratiques
et représentations qui y sont partagées. Le projet
angevin se construit dans un contexte local d’alternance
politique (la gauche y arrive au pouvoir en 1977) et d’effervescence
de groupes alternatifs issus de la gauche contestataire et anti-étatiste
qui installent à Angers toute une série de pratiques
nouvelles : librairies, radios, coopératives… Le
collectif sera soutenu sans excès par la toute nouvelle
municipalité d’Angers. On croise au long de l’ouvrage,
dans une ville marquée par une forte empreinte catholique
et par l’autogestion, les figures de mouvements d’éducation
populaire, de la future confédération paysanne,
de la CFDT… Nos lecteurs cinquantenaires y retrouveront
trace d’un vocabulaire, d’élans qu’ils
ont pu connaître. Les plus jeunes découvriront
pourquoi certains de leurs aînés sont nostalgiques.
Tous nourriront leur propre réflexion sur la liquidation
supposée impérative de mai 1968 à partir
de l’itinéraire d’un groupe d’expérimentateurs
qui est interrogé et s’interroge sur sa dépolitisation.
Mais des expérimentateurs qui auront aussi largement
influencé les politiques publiques. Une très utile
bulle d’air dans une époque un peu plombée.
Jacques Picard |
| |
| Huit villes à découvrir
en Île-de-France. Plaine Commune (Saint-Denis, Villetaneuse,
Stains, Aubervilliers, La Courneuve, L’Île-Saint-Denis,
Épinay-sur-Seine, Pierrefitte-sur-Seine) |
| Jacques Grossard, vendredi treize éditions,
collection Urban’s guide, 2007, 96 pages, 9,9 € |
Saint-Denis, contre
image
Un week-end dans le Luberon ? Un saut à Cancale ? Trois
jours à Bruxelles ? Le francilien cherche souvent une
destination à ses heures perdues que l’on nomme
encore vacances. Nous nous représentons souvent nos flâneries
dans le cœur des grandes villes européennes, sur
le littoral ou encore dans les bucoliques campagnes. Et pourtant,
Jacques Grossard, passionné par son territoire, guide
intarissable et plein d’esprit, nous emmène pour
une balade attachante là où on ne s’y attendait
pas. On navigue avec lui entre Thiers, le périph et Charles
VII, les choux des maraîchers, les perdrix et le métro,
Max et les ferrailleurs, Jean de Florette et Hélène
et les garçons, Grand corps malade, Marie la boyaudière
et Christofle, ou encore Paul Éluard, Francisque Poulbot
ou Didier Daeninckx. Bref, il nous fait visiter Plaine Commune,
cette agglomération autour de Saint-Denis qui, non, ne
rassemble pas que le Stade de France, la Basilique de Saint-Denis
et des HLM à perte de vue. L’ouvrage présente
au contraire un équilibre parfait entre valorisation
de l’histoire du territoire, nostalgie du passé
ouvrier, et vraie découverte de trésors contemporains.
Cent pages à la contre image des préjugés
qui collent à cette banlieue ; cent pages qui donnent
sérieusement envie d’aller y passer un week-end.
Une gageure ! N. L. |
| |
| Paysans, un tour de France de l’agriculture
durable |
| Frédéric Gana et Tifenn Hervouët,
éditions Transboréal, 2007, 128 pages, 20 €
www.transboreal.fr |
Éloge de la
paysannerie
En France, une exploitation agricole disparaît tous les
quarts d’heure. Et avec elle des savoir-faire, des rites,
des gestes, des saveurs, des odeurs. Pour rendre hommage à
ces artisans de la terre menacés par les industriels
de l’agro-alimentaire, Frédéric Gana, gourmet
et photographe et Tifenn Hervouët, comédienne et
gastronome, ont sillonné, de mars à septembre
2005, la France des maraîchers, des céréaliers,
des fromagers, des vignerons, des boulangers, allant à
la rencontrede tous ceux pour qui la terre nourricière
est restée sacrée. Agrémenté de
superbes photos, ce livre donne à voir une France paysanne
que l’on aurait pu croire disparue. Mais qui résiste.
Qui plus est, avec le sourire. À la fin de ce périple,
Tifenn Hervouët et Frédéric Gana, jusque-là
citadins, se sont établis sous une yourte en Corrèze, chez une des paysannes qu’ils ont rencontrées.
A. C. |
| |
| Prendre place dans la cité :
jeunes et politiques municipales |
| Véronique Bordes, L’Harmattan
- Injep, collection Débats jeunesses, décembre
2007, 253 pages, 19 € |
Place des jeunes dans
la cité et institution locale
Les ouvrages traitant de la jeunesse des périphéries
urbaines sont peu centrés sur les pratiques des professionnels.
C’est tout le mérite de cet ouvrage écrit
par Véronique Bordes, docteure en sciences de l’éducation
et chargée de recherches à l’université
Paris X Nanterre, que de nous emmener au cœur d’un
service municipal de la Jeunesse, celui de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Pendant près de trois ans, la chercheuse, qui avait animé
pour l’Adels le séminaire national de formation
sur les politiques locales de la Jeunesse, a effectué
une observation socio-ethnographique du rapport entre professionnels
et " usagers " du service jeunesse, posant comme hypothèse
que les rapports entre jeunesse et institutions locales sont
au cœur de la construction de la cité de demain.
Ce livre, et c’est sa force, est donc un témoignage
sur le quotidien d’un service jeunesse dans une ville
de banlieue. Il montre le positionnement des jeunes dans ce
service à travers leurs usages, leurs revendications,
et leur intervention dans leur recherche d’une place sociale
mieux reconnue. Comment cette jeunesse peut-elle prendre la
parole et s’inscrire comme acteurs dans l’espace
social de la commune ? La politique locale de la jeunesse d’un
territoire naît, et surtout évolue grâce
à des interactions qui existent entre les jeunes et l’institution
municipale. Véronique Bordes nous décrit le quotidien
de ces interactions et présente le conflit comme un mal
nécessaire, une étape à franchir pour que
la jeunesse rencontre l’institution. Nombre de professionnels
y trouveront des mots posés sur leurs difficultés,
leurs espoirs et leurs pratiques toujours fragiles. Ils trouveront
des réflexions sur le rôle de " police des
jeunes " qui leur est officieusement attribué. Un
ouvrage qui se situe dans la conception d’une politique
locale où la jeunesse est considérée comme
une ressource. J. P. |
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| janvier 2008 |
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| Le temps des HLM 1945-1975, La saga
urbaine des Trente Glorieuses |
| Thibault Tellier, Autrement, collection Mémoires
/ culture, 2007, 224 pages, 20€ |
Le miroir aux HLM
Quelles conséquences les grands ensembles, HLM, Zup et
autres constructions qu’on ne sait pas toujours désigner,
ont-elles eu sur l’évolution sociale et
culturelle de la période 1945-1975 ? En croisant l’histoire
urbaine avec les champs culturels et sociaux, Thibault Tellier,
spécialiste de l’histoire urbaine, contribue à
combler les lacunes concernant cette époque en mettant
en évidence l’influence de ces constructions sur
la société actuelle. L’étude historique
remet très vite en cause le discours qui consiste à
dire " c’était le bonheur, les gens étaient
heureux d’avoir un logement neuf et propre avec l’eau
courante et le chauffage central "...
En effet, il apparaît que les problèmes d’isolement
dus à la mobilité ont rapidement eu des conséquences
sur la qualité de vie de ces quartiers. D’autre
part, le rêve de la maison individuelle et sa représentation
d’une ascension sociale était déjà
très présent dans les esprits et a vite réduit
les grands ensembles à une étape dans le parcours
résidentiel des habitants. Le sentiment de relégation
est apparu très tôt ; les exemples tirés
des enquêtes d’opinion réalisées dès
1960 montrent que les HLM ont été rapidement décriées
par leurs habitants. De plus, les médias ont diffusé
une image très négative et ont largement influencé
l’opinion de la population française de l’époque.
Il est intéressant et rare de mettre en avant ces constats
qui sont, la plupart du temps, attribués à la
seule époque contemporaine.
À l’heure où la restructuration des grands
ensembles est un des thèmes majeurs de l’actualité
urbaine, ce livre permet d’aborder la question en tenant
compte de la forme certes, mais aussi du fond. En effet, en
revenant sur l’impact qu’ont eu les grands ensembles
dès leur origine sur la société, l’auteur
donne une importance justifiée à cette forme urbaine
dans l’histoire de la société contemporaine.
En la prenant en compte, il remet en cause l’idée,
souvent avancée, du caractère pathologique de
ces constructions qui justifie bien des démolitions,
leur prêtant plutôt la qualité d’avoir
contribué à la mise en place de la politique de
la ville et à la prise de conscience de nouveaux modes
de vie. Charlotte Lurat |
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| L’État et les quartiers.
Genèse d’une catégorie de l’action
publique |
| Sylvie Tissot, éditions du Seuil, collection
Liber, 2007, 300 pages, 22€ |
Un autre regard sur
les banlieues
À travers une enquête sociologique menée
auprès des " réformateurs " de
la politique de la ville, à Montreuil notamment, Sylvie
Tissot tord le cou à l’idée communément
admise selon laquelle l’action publique centrée
sur les " quartiers sensibles " s’expliquerait
uniquement par l’urgence et la gravité des problèmes
que connaissent ces territoires. En retraçant la genèse
de la catégorie de " quartier sensible ", de
1985 à 1995, la sociologue montre que son apparition,
puis son institutionnalisation, n’est pas le simple reflet
d’une situation " objective ", mais résulte
de choix politiques : " Ce qui est nouveau, ce n’est
pas tant le "problème des banlieues" en soi
que la manière de comprendre les problèmes sociaux
constituée à partir de l’objet "banlieue".
" Cette nouvelle manière de penser et de traiter
les " problèmes sociaux ", à partir
de la situation de territoires spécifiques, est à
l’origine d’une redéfinition des politiques
sociales. L’interprétation de la " question
sociale " en termes de conflits de classes et de rapports
de domination laisse place au paradigme de l’" exclusion
". En résultent de nouvelles formes d’intervention
sociale, réduites au traitement local et individuel du
" délitement du lien social ". Sylvie Tissot
porte ici un regard critique sur la réforme des quartiers
qui, en dépolitisant la " question sociale ",
a construit un cadre d’analyse dont s’emparent aujourd’hui
les partisans de l’approche sécuritaire dans les
banlieues. Héloïse Nez |
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| Un petit tour chez les Français |
| Raphaël Krafft, Bleu autour, 2007, 258
pages, 17 € |
La petite reine de
la présidentielle
Pour Raphaël Krafft, journaliste à Radio France,
la dernière campagne présidentielle aura servi
de prétexte pour sillonner la France à vélo.
En s'invitant chez des gens ordinnaire, dont la parole n’est
pas souvent sollicitée, le jeune homme rencontre Jacky
à Saint-Dizier, puis un facteur du Limousin qui n'a pas
la même appréciation du service public que sa hiérarchie.
Il passe ensuite à Saint-Pierre-de-Colombier, en Ardèche,
pour comprendre pourquoi Philippe de Villiers a recueilli 25
% des voix au premier tour et se retrouve au Puy-en-Velay, au
côté de partisans de Ségolène, le
6 mai... Il raconte l'accueil reçu, les discussions,
ses impressions, livre ses hypothèses sur l'influence
du climat, de la géographie et de l'histoire sur le caractère
des peuples... Une autre manière de regarder la France
et ses habitants, d’appréhender le réel,
de (re)faire du journalisme. Pauline
Bureau |
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classement par thèmes |
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| decembre 2007 |
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| Cinq siècles de pensée
française |
Hors-série spécial n°6 de
la revue Sciences Humaines, octobre - novembre 2007,
116 pages, 7,90 € |
Cinq siècles
de machisme français
Lorsque j’ai reçu, il y a quelques jours, un courriel
racoleur vantant les mérites du dernier numéro
spécial de la revue Sciences humaines intitulé
" Cinq siècles de pensée française
", j’ai cherché à en savoir plus. C’est
alors que je suis tombée de haut : un édifiant
sommaire proposait pas moins de cinquante " penseurs "
: quarante-neuf hommes et… Simone de Beauvoir. Révoltée
par un tel sexisme ordinaire (il ne serait pas étonnant
que le comité de rédaction ne se soit même
pas rendu compte d’une telle absence), j’ai décidé
de boycotter ce numéro. D’où la présente
fiche de " non-lecture " de ce numéro spécial,
que je vous invite à ne pas lire avec moi. Mais au préalable,
une question me plonge dans un abîme de méditation
: pourquoi l’auteure du Deuxième sexe a-t-elle
échappé à cette éviction généralisée
? D’où cette interrogation qui me poursuit : Simone
est-elle un homme ? Certes, Jean-Paul Sartre, dans ses Carnets
de la drôle de guerre se demandait, en 1939, si "
sa peur nauséeuse " de l’amitié masculine
ne traduisait pas " une pédérastie larvée
et barrée " ?… N’était-ce pas
là l’explication subliminale à ce qualificatif
dont il affublait Simone dans leur correspondance : force est
de reconnaître qu’il n’y pas de féminin
à " mon cher Castor… ".
De là, toutes sortes d’autres interrogations ont
afflué en moi. Faut-il aussi masculiniser Olympe de Gouges
et sa " Déclaration des droits de la femme ",
dont elle a payé de sa vie cette parole sensée
: " Puisque les hommes et les femmes sont égaux
devant la guillotine, il n’y a aucune raison qu’ils
ne soient pas égaux devant le droit de vote… "
Raccourcie pour ces belles paroles, j’ai l’impression
que l’oubli de son importance dans la Révolution
la guillotine une seconde fois. George Sand avait pris, certes,
un prénom d’homme et portait culotte, mais ses
lettres d’amour à Musset ne semblent guère
être équivoques quant à sa féminité.
Elle aurait mérité d’être citée,
si la naissance du féminisme faisait partie de l’"
invention des sciences de l’Homme ", mais ici, visiblement,
c’est avec un petit " h ". Au 19e et 20e siècles,
pas la moindre femme politique (pardon Louise Michel), ni de
philosophe (pardon Simone Weil)… ? Quant aux historiennes,
je crois qu’on ne peut qu’être d’accord
avec l’ouvrage de Michelle Perrot, cette grande chercheuse
qui a écrit un ouvrage sur Les Femmes ou les silences
de l’Histoire, déclarant " entre fugacité
des traces et océan de l’oubli, ils sont étroits
les chemins de la mémoire des femmes… " Il
est bien regrettable que Sciences Humaines reproduise des archétypes
sans faire l’effort de s’affranchir des visions
classiques habituelles. J’attends vite un numéro
" réparateur ", qui ferait la place à
une pensée féminine et me réconcilierait
avec cette parution. Jacqueline Lorthiois |
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| Qui a peur du postcolonial ? Dénis
et controverses |
| revue Mouvements, septembre-octobre 2007, 176
pages, 15€ |
Le regard " post
colonial " dérange encore
Issue de quelques historiens et sociologues dans les années
80, l’approche " post-coloniale " recherche
l’empreinte des rapports de force coloniaux sur les rapports
sociaux actuels, et propose de réfléchir à
la continuité des structures mentales et des imaginaires
associés à la domination coloniale. Mais pourquoi,
en 2007, le regard post-colonial dérange-t-il encore
? C’est à cette question que la revue Mouvements
consacre son dossier de septembre-octobre 2007, qui sort à
point : deux ans après l’ouvrage emblématique
de Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, La fracture coloniale
(Territoires de mars 2006) et près de trente ans (1978)
après la publication de l’ouvrage fondateur d’Edouard
Saïd, L’Orientalisme, qui déconstruisait les
représentations occidentales de l’autre, ouvrant
la voie aux études anglo-saxonnes sur ce thème.
À point aussi deux ans après la violente polémique
suscitée par l’Appel " Nous sommes les indigènes
de la République ", dans un contexte de remontée
conflictuelle des mémoires et de production de lois de
mémoire (loi Taubira en 2001, journée de l’esclavage
en 2006). À point encore alors que la polémique
engagée par la loi du 4 février 2005 sur les rapatriés,
demandant d’enseigner les aspects positifs de la colonisation,
est loin d’être éteinte. À point,
enfin, après le discours incroyablement stéréotypé
du président de la République à Dakar,
sur une Afrique se mettant d’elle-même en marge
de l’histoire ! L’occasion d’interroger le
modèle républicain français qui, dans ses
énonciations les plus rigides et dogmatiques, tend à
occulter les rapports de domination en décourageant un
traitement sérieux du problème des discriminations.
Jacques Picard |
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| Émeutes en banlieue, lectures
d’un événement |
| revue Espaces et société n°
128-129, éditions Érès, 265 pages, 28 € |
De Clichy à
Villiers-le-Bel
Les rapports économiques modèlent l’espace
en autant de parcelles qui reflètent les tensions et
les contradictions culturelles de la société.
En leur sein, et entre ces territoires, les rapports sociaux
s’expriment comme un retour sur investissement, et ces
retours sont parfois des retours de flamme. Vouloir réguler
le conflit par la seule intervention sur l’espace, à
l’instar de la rénovation urbaine, c’est
poser un pansement sur une jambe de bois. Investir dans le développement
social des quartiers ? Un leurre qui, seul, pérennise
la stigmatisation des populations visées. Aucune de ces
mesures ne peut réduire à elle seule les fractures
à l’œuvre. Les événements de
l’hiver 2005 sont un signe : la société
est une réalité toujours mouvante. Pour comprendre
l’histoire qui se joue, le regard scientifique, distancié,
est nécessaire, autant que le travail de la société
sur elle-même " en termes d’insertions sociale
et professionnelle, de participation à la vie politique
". Ni seulement sociale, ni seulement urbaine, la voie
est dans la démocratie participative, pensée comme
levier de changement politique. Telle est la leçon de
cet ouvrage dont le dossier central (et quelques contributions
hors dossier) propose une lecture des émeutes en banlieue
par différentes portes d’entrée : science
politique, travail social, sociologie, histoire, anthropologie.
Des témoignages et deux récits venant d’Allemagne
et d’Angleterre éclairent le débat. François
Hannoyer |
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| Huis clos pour un quartier |
| de Serge Steyer, Mille et une Films, DVD de
52 minutes, 18 € pour les particuliers. Institutions, se
renseigner : 02 23 44 03 59 |
Contre la marée
pavillonnaire
Comment poussent les champs de maisons ? Par lâcheté.
Voilà ce que nous démontre en 52 minutes, et avec
beaucoup de bonheur, le film de Serge Steyer, Huis clos pour
un quartier. À Auray, petite ville de Bretagne, il y
a justement une colline qui est vouée à se couvrir
de pavillons et de " petits collectifs ", comme on
en voit partout ailleurs. Une forme naturelle, habituelle, logique,
incontournable, indiscutable : du pavillon standard en milieu
de parcelle, des flots de places de parking de chaque côté
d’artères rectilignes comme des cartes bleues de
promoteur, des espaces publics inexistants, des zones délimitées
pour le social, l’accession, et le standing. Un, deux,
trois, signez là messieurs les élus, l’affaire
est faite. Cela arrive tous les jours, et Serge Steyer nous
rappelle d’ailleurs que, tous les cinq ans, un million
de maisons individuelles sortent de terre en France. Exceptionnellement
pour le meilleur, massivement pour le pire. Sauf que, cette
fois-ci, deux jeunes urbanistes vont batailler, avec les élus,
les promoteurs, et un architecte particulièrement obtus,
méprisant et borné, pour imposer une autre vision
de la péri-urbanité. Pour créer un nouveau
morceau de ville, où il ferait bon vivre et où
l’urbanisme se mettrait véritablement au service
d’un développement durable. Si le reportage ne
cache rien des limites et des contraintes de l’engagement
des acteurs dans cette aventure, il nous fait toucher du doigt
ce que écologie urbaine et politique d’urbanisme
peut vouloir dire. Un excellent film pour une soirée
- débat sur le sujet ! Nicolas
Leblanc |
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| Imaginaires de l’eau, imaginaire
du monde, dix regards sur l’eau et sa symbolique dans
les sociétés humaines |
| ouvrage coordonné par Hana Aubry, La
Dispute, 2007, 250 pages, 6,10 € |
Histoires d’eau
Autrefois sacralisée, respectée, crainte,
bénie, qu’est devenue l’eau dans nos imaginaires
contemporains ? Un élément banal, souterrain,
quotidien, qui nous parvient, quand bon nous semble, au gré
du robinet… Pourtant, l’eau reste aussi cette ressource
multiforme et vitale, autour de laquelle chaque société
se construit et s’organise. Aussi les auteurs de cet ouvrage
collectif cherchent-ils à rendre à l’eau
sa dimension symbolique, en retraçant l’histoire
de celle sans qui l’humanité n’aurait pu
exister. Entre mythes et histoires, les auteurs savent également
ancrer ce court essai dans l’actualité, en gardant
toujours en vue qu’une gestion raisonnée et solidaire
de l’eau est indispensable à la préservation
de ce bien commun mondial. À lire sans modération.
Aline Chambras |
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| novembre 2007 |
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| Où est passée la gauche
? |
| revue Mouvements, La Découverte, n°
50, juin-août 2007, 183 pages, 15€ |
| Les droites au pouvoir |
| revue Manière de voir, Le Monde Diplomatique,
n° 95, octobre-novembre 2007, 98 pages, 7€ |
Une droite décomplexée,
une gauche naufragée ?
" La droite a gagné triomphalement en étant
de droite, la gauche a perdu spectaculairement en n’étant
plus clairement de gauche ". Dans un dossier coordonné
par Marie-Hélène Bacqué, Jean-Paul Gaudillière
et Hugues Jallon, la revue Mouvements revient sur la troisième
défaite consécutive du Parti Socialiste à
la présidentielle. Pourquoi la gauche a-t-elle fait,
toutes tendances confondues, son plus mauvais score au premier
tour depuis trois décennies ? La crise de la gauche française,
dont les trajectoires de mouvements et de partis sont ici analysées
pour la décennie 1997-2007, réside notamment dans
la perte progressive de ses liens avec les catégories
populaires.
Le numéro de Manière de voir sur " Les droites
au pouvoir ", coordonné par Serge Halimi, rappelle
que cette crise de la gauche n’est pas une spécificité
française. La sélection d’articles parus
dans Le Monde diplomatique depuis trente ans, dans une perspective
internationale, révèle les dessous de la "
contre-révolution conservatrice " lancée
par Ronald Reagan et Margaret Thatcher dans les années
quatre-vingts. La reconquête du pouvoir par la droite,
restée sur la défensive pendant les " Trente
Glorieuses ", fut méthodique : " Une grève,
ça se brise ; la "mondialisation", ça
s’organise ; l’individualisme, ça s’encourage.
" S’inscrivant dans cette " ère des restaurations
", l’élection de Nicolas Sarkozy a ainsi permis
à la droite française de réaffirmer son
identité et ses valeurs.
Ce retour de la droite n’a pas toujours fait bon ménage
avec la démocratie, comme en témoigne l’article
de Claude Julien datant de 1976, à propos d’une
étude réalisée par un groupe d’experts
conservateurs de la " commission trilatérale "
sur la crise de la démocratie. Ces derniers estimaient
que la démocratie est " ingouvernable " dès
lors que chaque groupe social souhaite devenir aussi actif que
la bourgeoisie : " Le fonctionnement effectif du système
politique démocratique requiert habituellement une certaine
mesure d’apathie et de non-participation de la part de
quelques individus et groupes. "
On peut voir dans cette crainte d’un " excès
de démocratie ", comme dans les réactions
suscitées en France par les " jurys citoyens "
de Ségolène Royal, un symptôme d’une
" haine de la démocratie " persistante chez
les élites politiques et intellectuelles. C’est
ce que constate Loïc Blondiaux, dans un article intitulé
" La démocratie participative sous conditions et
malgré tout : un plaidoyer paradoxal en faveur de l’innovation
démocratique ". Au terme d’un exposé
clair et synthétique, le politiste estime que "
si la suspicion est légitime et les raisons de se méfier
innombrables, la gauche aurait tort de ne pas chercher dans
cette direction aussi, en parallèle avec une réflexion
plus classique sur la réforme des institutions, les leviers
d’une transformation de nos pratiques politiques. "
Le dossier de Mouvements propose ainsi des pistes pour sortir
la gauche française de son rôle " d’éternelle
vaincue ". À commencer par une alliance entre ses
diverses composantes : " Puisqu’il faut co-exister
avec le PS, la gauche radicale serait bien inspirée de
dépasser le Congrès de Tours et la période
de la guerre froide et de développer une pratique gestionnaire
là où les conditions en sont réunies, à
commencer par le niveau local. " Cet appel fait écho
à un article de Manière de voir sur la droite
américaine des années soixante-dix, qui "
constituait des majorités " pendant que la gauche
" cultivait ses différences ". Héloïse
Nez |
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| Parias urbains, ghetto, banlieues, État |
| Loïc Wacquant, La Découverte, 2007,
336 pages, 12,5 € |
Entre banlieues et
ghettos : une sociologie nuancée
Pour faire taire ceux qui parlent trop, à son goût,
d’une " américanisation ", forcément
inquiétante des banlieues françaises, le sociologue
Loïc Wacquant a choisi de confronter dans son dernier ouvrage
l’univers de la cité des 4 000 de La Courneuve
en Seine-Saint-Denis, à celui du ghetto sud de Chicago,
aux États-Unis. Mêlant approche ethnographique
et analyse sociologique pure et dure, le chercheur parvient
à dresser un constat implacable : non, les quartiers
périphériques (" l’ex-ceinture rouge
" en France, " la ceinture noire " aux États-Unis),
bien qu’ils soient des deux cotés de l’Atlantique
tout autant stigmatisés dans les médias, ne recouvrent
pas les mêmes réalités. Et, surtout, ne
résultent pas des mêmes processus historiques,
économiques et politiques. Car les " effets de lieux
", comme le souligne Loïc Wacquant, " s’avèrent
être essentiellement des effets d’État projetés
sur la ville ". Or, c’est justement au niveau du
rôle de l’État que la différence reste
– jusqu’à présent – encore majeure
entre France et États-Unis. Quand les banlieues du "
Vieux continent " subissent de plein fouet désindustrialisation,
paupérisation et brassage ethnique, celles du "
Nouveau monde " paient le prix d’une politique de
ségrégation raciale et d’abandon urbain.
Pour autant, dans les deux cas, la précarité et
la marginalisation avancées qui règnent dans ces
quartiers sont les signaux clairs d’un dysfonctionnement
politique et social, dangereux pour le vivre ensemble. Aline
Chambras |
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| Périphéries, un voyage
à pied autour de Paris |
| Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin, L’Harmattan,
2007, 262 pages, 22 € |
Voyage au cœur
des marges
Ces Carnets de ville retracent l’itinéraire de
deux spécialistes des questions urbaines, ayant parcouru
pendant dix jours la banlieue parisienne à pied, à
la recherche d’une approche sensible des espaces périphériques.
Pour contribuer à la nécessaire réflexion
des rapports entre les marges – la banlieue, si décriée
–, et le cœur – Paris, si fantasmée
–, bâtis sur des clichés que cette longue
marche déconstruit peu à peu, les auteurs nous
convient à une autre lecture de la ville, non sans humour,
ni émotion. Cette démarche originale interpelle
le sens que chacun donne au quartier, aux territoires, aux mobilités
urbaines, aux espaces vécus, subis, parfois sublimés.
Pour laisser apparaître des pistes innovantes, susceptibles
d’établir une nouvelle gouvernance régionale,
échelle plus pertinente que celle des politiques locales
en vase clos, qui pourraient même donner des idées
au niveau national, voire mondial. Parmi les plus audacieuses
lancées par ces deux pèlerins laïcs dopés
au café, " la création de nouvelles circonscriptions
électorales de base de 15 à 20 000 habitants,
avec à [leur] tête un maire élu au suffrage
universel ". 15 000 habitants, étrangers compris.
Les vertus de la marche ne sont plus à démontrer.
Blanche Caussanel |
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| Les Règles du jeu urbain, entre
droit et confiance |
sous la direction d’Alain Bourdin, Marie
Lefeuvre et Patrice Melé, Descartes et Cie,
316 pages, 18 € |
Villes de confiances
À travers des études de cas menées dans
différentes villes françaises, européennes
et américaines, des universitaires et professionnels,
spécialistes de la question urbaine, de la sociologie
et de l’aménagement du territoire, s’interrogent
sur les usages du droit dans l’action urbaine. Partant
du constat que dans les grandes villes règne une incertitude
généralisée sur la question urbaine, l’anticipation
d’une politique cohérente et planifiée implique
l’adaptation des acteurs urbains à cette incertitude.
Les auteurs cherchent ici à étudier, dans ce contexte,
les nouvelles modalités de la régulation urbaine.
En effet, à partir d’une incertitude, d’un
conflit, d’un dysfonctionnement, les différents
acteurs (acteurs publics, entrepreneurs privés, habitants,
associations) vont créer des structures interactives
pour élaborer ou redéfinir une règle du
jeu qui serait acceptée de tous. Il n’est donc
pas question d’une analyse juridique sur les règles
de droit et leur usage dans les grande villes face aux préoccupations
urbaines, mais d’une analyse plutôt sociologique
à partir de cas concrets sur la mobilisation du droit
au sein d’interactions sociales en vue de l’élaboration
des règles urbaines. Les acteurs tendent à montrer
que la régulation urbaine est moins une question de règles
de droit que d’un climat de confiance. Cet ouvrage pourra
intéresser en premier lieu les spécialistes de
la ville, mais aussi les sociologues,
géographes, aménageurs, ainsi que les juristes.
Romain Cazajous |
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| Histoire(s) de relogement. Paroles d’habitants,
regards de professionnels |
| Catherine Payen et Ryma Prost-Romand, L’Harmattan,
2007, 144 pages, 14,50 € |
Histoires de vivre
ailleurs
Le relogement, ce n’est pas qu’une histoire d’habitat.
C’est aussi des histoires de rêves et d’illusions,
de voisins et de familles, d’amour et d’avenir,
de souffrances et de passés. La journaliste Catherine
Payen et Ryma Prost-Romand, chargée de mission à
l’Association régionale des organismes HLM de Rhône-Alpes,
nous entraînent dans les heurts et malheurs des nouvelles
politiques de renouvellement urbain, qui concernent des milliers
de personnes chaque année. À travers la parole
des locataires et des professionnels de l’habitat, ce
livre décline toutes les étapes du processus de
relogement. Des décisives réunions d’informations
aux déménagements problématiques, en passant
par le moment douloureux de la démolition de son chez-soi,
on suit pas à pas le quotidien des chargés de
mission qui doivent composer entre les désirs des habitants,
les enjeux politiques et l’offre locative. Une manière
aussi de découvrir une profession naissante et peut-être
éphémère, " faite de combats, d’émotion,
de joie, mais aussi de regrets ". Car entre les agressions
verbales ou les relations affectives qui se nouent avec les
locataires, c’est bien la complexité des rapports
sociaux qui se joue ici. Avec les récits de Suzanne,
octogénaire qui a quitté le quartier dans lequel
elle vivait depuis quarante ans; de Maria, assistante maternelle
et maman d’un petit garçon, qui veut déjà
quitter son nouvel appartement; ou de Fathia, mère célibataire
pour qui le déménagement incarne un nouveau départ…
Un ouvrage-clef qui permet de mieux comprendre les implications
psycho-sociales du relogement, au-delà des clichés.
Pauline Graulle |
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| octobre 2007 |
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| Le pouvoir au peuple, Jurys citoyens,
tirage au sort et démocratie participative |
| Yves Sintomer, La Découverte, 2007,
13 € |
La démocratie
locale est attendue au " tournant délibératif
"
appelons-nous, c’était il n’y a pas si longtemps
(presqu’un an), quand Ségolène Royal déclencha
l’ire de bon nombre de nos élus et intellectuels
en proposant la mise en place de jurys citoyens tirés
au sort, comme dispositifs de veille démocratique de
l’action de nos responsables politiques. Territoires s’est
largement fait écho de ce débat, au-delà
de la polémique qui faisait rage, pour tenter d’éclairer
le jugement de nos lecteurs. Yves Sintomer fait ici une analyse
historique et comparative des systèmes de tirage au sort,
et montre combien les questions soulevées par ce mode
de représentation dans les républiques athéniennes,
médiévales et modernes de la Renaissance interpellent
notre fonctionnement démocratique actuel.
Durant ces périodes d’avant les révolutions
françaises et américaines, Yves Sintomer montre
que le caractère démocratique du tirage au sort
et aristocratique de l’élection semblait être
une théorie acquise par ceux qui réfléchissaient
aux systèmes de gouvernement. L’auteur analyse
également les raisons de l’oubli du tirage au sort
en politique et son maintien dans le système judiciaire
à la fin du 18e siècle, principalement en France
et en Angleterre. Citons quelques-unes d’entre elles :
" La victoire d’une conception aristocratique de
la république française insistant sur la constitution
d’une élite de gouvernants distincts du peuple
", ou " l’idée que le jury n’implique
que le jugement subjectif alors que l’État est
le domaine de l’universel ". L’absence de la
notion d’échantillon représentatif pour
faire face à la taille des groupes sociaux à représenter
est aussi désignée comme un frein majeur au développement
du tirage au sort. La suite du livre montre comment le tirage
au sort est réintroduit en politique par les jurys citoyens,
les conférences de consensus ou les sondages délibératifs
en Allemagne et aux États-Unis au début des années
70. Mais aussi plus largement dans des pays comme l’Australie,
les pays scandinaves ou l’Espagne quand les mouvements
avant-gardistes perdent de leur attrait. Yves Sintomer parle
de " tournant délibératif " des pratiques
participatives : plus grande qualité des débats,
plus grande attention aux outils institutionnels de prise de
parole équilibrée et égalitaire. Les expériences
sont analysées en insistant sur les méthodes de
sélection et sur les processus de construction des points
de vue et de leur mise en débat (signe distinctif majeur
vis-à-vis des sondages d’opinion) : ces deux points
sont essentiels pour montrer la richesse, mais aussi les limites
de ces processus délibératifs. Des propositions
nourrissent le dernier chapitre de cet ouvrage, certaines d’entre
elles sont bien connues des lecteurs de Territoires, d’autres,
comme l’idée d’un Sénat tiré
au sort, décoiffent ! À l’heure où
un Grenelle de l’environnement est lancé avec beaucoup
de questions sur le processus de sélection des parties
prenantes, sur l’implication citoyenne autour des grands
enjeux liés au bouleversement climatique et au développement
durable, les réflexions et propositions d’Yves
Sintomer devraient trouver un large écho, au moins du
côté des associations, ONG et collectifs citoyens
qui se sentent concernés. Céline
Braillon |
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| Media Crisis |
Peter Watkins, Homnisphères, nouvelle
édition 2007, 240 pages, 12 €
Site de Peter Watkins : www.mnsi.net/pwatkins |
Cinéma politique
contre junk media
Tandis que les écrans plats et autres home cinéma
prospèrent dans les foyers, instillant leurs programmes
prêts à consommer et standardisés, un cinéaste
militant poursuit inlassablement sa réflexion critique
sur les mass media comme sur ses créations cinématographiques,
en inventant de nouvelles formes de travail, qui laissent la
place à l’originalité et à la participation
du public. Depuis quarante ans, Peter Watkins, citoyen britannique,
expérimente et encourage l’émergence de
productions alternatives pour détourner le public de
l’idéologie consumériste des médias
conventionnels, incapables de toute autocritique. Media Crisis
est un livre sans concession, qui démonte les ficelles
d’un mode de production audiovisuelle unique qui prive
le citoyen de l’espace et du temps nécessaires
pour penser, réfléchir et agir. Il incite chaque
spectateur à s’interroger sur l’effet des
programmes qu’il subit, le conduisant à des comportements
stéréotypés, vides de sens, au détriment
des préoccupations majeures de notre époque pourtant
si troublée. Watkins milite pour mettre en débat
public les modes de productions cinématographique et
audiovisuelle, devenus aliénants, véritables outils
de propagande des gouvernements qui excluent les questions cruciales
liées au respect des droits humains et sociaux, à
la crise environnementale, aux conflits armés. Cet ouvrage
donne des pistes concrètes pour explorer l’expérience
de la création de l’information, à l’heure
où les révolutions technologiques se rendent accessibles
à un plus grand nombre. Souvent censuré, Watkins
redonne de l’espoir à ceux qui ont éteint
leur téléviseur et invite chacun à se libérer
du carcan politico-médiatique en devenant acteur et créateur
d’une information consciente et responsable. La projection
– discrète, seulement quinze copies – en
salles de son film La Commune (Paris, 1871), à partir
du 7 novembre prochain, est l’occasion de découvrir
l’une des œuvres de cet artiste hors-norme. À
ne pas manquer. Blanche Caussanel |
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| Oui à une société
avec les jeunes des cités ! |
| Joëlle Bordet, éditions de l’Atelier,
2007, 207 pages, 18 € |
Sortir de la spirale
sécuritaire
Depuis des années, Joëlle Bordet, psychosociologue
et chercheure au Centre scientifique et technique du bâtiment,
traque inlassablement le réel derrière les fantasmes,
pour sortir des logiques sécuritaires à l’œuvre
dans les quartiers populaires. Comment, nous demande-t-elle,
interpeller les " jeunes des cités ", sources
d’inquiétude et objets de stigmates, dans leurs
dynamiques créatrices ? Car, s’ils subissent discriminations
et dominations, ils n’en n’inventent pas moins de
nouveaux modes de socialisation, manifestant en permanence le
désir d’avoir une
place dans cette société. C’est donc toute
une série de moments de vie collective qui nous sont
exposés, analysés, attestant qu’une transformation
est à l’œuvre dans de nombreuses villes, produisant
du changement dans une perspective partagée. Réaffirmant
la responsabilité collective des adultes, l’ouvrage
est construit en deux grandes parties : " Faire grandir
les enfants confrontés à l’exclusion et
la relégation " et " Une visée collective,
construire des solidarités entre les adultes et les institutions
".
Plusieurs études de cas illustrent le propos : "
Apprivoiser l’école par les parents " (expérience
menée à la ZEP de la Grâce-de-Dieu à
Caen) ; " Une culture partagée des droits et des
lois par les institutions publiques " (à la Maison
de la justice et du Droit de Villiers-le-Bel) ; " Le théâtre
forum favorisant l’émancipation " (à
Vaulx-en-Velin) pour terminer sur " Les organisateurs sociaux
pour récréer des communautés de vie "
(à la Cité des Poètes à Pierrefitte),
déjà l’objet de plusieurs publications.
Dans sa conclusion, Joëlle Bordet, si elle souligne l’importance,
connue, du rapport au travail et à l’activité
économique, insiste surtout sur le fait que l’accès
au logement reste " l’enjeu essentiel de la reconnaissance
effective de l’appartenance de ces jeunes à la
France et de leur citoyenneté ". Faire société
avec les jeunes des cités est un enjeu pour la démocratie.
Joëlle Bordet nous propose des voies possibles pour y travailler.
Jacques Picard |
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| La démocratie participative |
| Jean-Pierre Gaudin, Armand Colin, 2007, 121
pages, 9 € |
Le BA-ba de la démocratie
participative
Dans cet ouvrage clair et synthétique, Jean-Pierre Gaudin
interroge la participation " comme notion, comme pratique
et comme idéologie ". Spécialiste de l’analyse
des politiques publiques, il revient sur la genèse et
la définition de la démocratie participative,
présente quelques expériences et expose les limites
de la démarche. Un condensé des débats
en cours dans l’Hexagone sur les potentialités
et les ambiguïtés de la participation, qui met l’accent
sur le manque d’articulation entre démocratie participative
et représentative : " Le vrai défi serait
de pouvoir imbriquer étroitement les débats participatifs
avec les choix globaux des assemblées représentatives.
" Entre une démocratisation accrue ou une instrumentalisation
du débat, l’auteur ne tranche pas, mais renvoie
à une analyse " au cas par cas ". Héloïse
Nez |
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| De la parole à l’écriture,
ateliers d’écriture en France, au Portugal et au
Maroc |
| Françoise Sérandour, L’Harmattan,
2007, 335 pages, 29,50 € |
Parole, parole, parole
L’auteure, Françoise Sérandour, enseignante,
éducatrice de jeunes enfants, bibliothécaire et
conteuse, sait de quoi elle parle : l’illettrisme, mais
aussi l’échec scolaire ou l’exclusion privent,
presque toujours, celui qui en souffre de " voix "
et le confine dans un " enfermement " dévalorisant.
Aussi, voit-elle dans le principe de l’atelier d’écriture
un moyen de " communication " permettant de redonner
à l’écriture son oralité et sa force
de mise en scène. Dans son livre, construit à
partir d’expériences de terrain, que ce soit en
France, avec des élèves en mal d’intégration
scolaire, au Maroc avec des femmes berbères analphabètes
ou au Portugal avec des lycéens, Françoise Sérandour
rend hommage à une pratique sociale et artistique, véritable
source de prise de parole, de reconsidération, mais aussi
de citoyenneté et d’enrichissement mutuel. Aline
Chambras |
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| Septembre 2007 |
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Les banques coopératives en France,
le défi de la performance et de la solidarité |
| Patrick Gianfaldoni, Nadine Richez-Battesti,
L’Harmattan, 2006, 294 pages, 25 € |
Dualité du capitalisme
coopératif
L’ouvrage de Nadine Richez-Battesti et Patrick Gianfaldoni
présente un vaste panorama de la situation des banques
coopératives en France. Il fait suite à un important
travail de recherche pour la délégation interministérielle
à l'innovation sociale et à l'économie
sociale sur le devenir des banques coopératives. La première
partie dresse un large spectre du secteur. L’analyse comparative
entre vision anglo-saxonne et française est très
éclairante. Malgré les évolutions du contexte
financier, les banques coopératives ont réussi
à allier performance et spécificités. L’étude
sur les modes de gouvernance ainsi que le questionnement sur
les tensions entre capitalisme coopératif et les valeurs
de coopération et de solidarité, propres au secteur
de l’économie sociale et solidaire, sont également
intéressants.
La deuxième partie analyse la contribution de ces banques
au renforcement du secteur de l’économie sociale
et solidaire. Les auteurs soulèvent leur frilosité
face au secteur associatif, dont les besoins sont immenses.
On peut relever cette même frilosité face aux initiatives
solidaires, questionnement malheureusement peu abordé
dans l’ouvrage.
La conclusion porte sur les nécessités de démarches
innovantes pour maintenir la combinaison entre rentabilité
et valeurs coopératives. Une gouvernance démocratique
et un renforcement de l’efficacité du secteur sont
donc nécessaires dans une période qui se révèle
difficile pour la cohésion économique et sociale.
Madeleine Hersent |
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| Le bon, la douce et la caillera |
Diaby Doucouré, préface de Faïza
Guène, photos de Camille Millerand, L’Harmattan,
180 pages, 14 € |
Ma cité va-t-elle
craquer ?
Pour son premier roman, Diaby Doucouré, 29 ans, directeur
d’une maison de jeunes à Aubervilliers (93) et
conseiller municipal (socialiste) à Pantin, a choisi
de s’inspirer de son vécu de banlieusard pour immerger
le lecteur dans une " écriture urbaine et militante
". À travers l’histoire de la rencontre entre
Sophie, jeune journaliste " de bonne famille ", venue
faire un reportage sur la vie après les émeutes
dans les quartiers, et Sékou, ex-délinquant reconverti
en grand frère, c’est toutes les problématiques
propres à ces " quartiers impopulaires " que
sont devenues les banlieues qui sont pointées. Intégration,
laïcité, délinquance, présence policière,
école, orientation, mixité, rapports hommes –
femmes…, Diaby Doucouré passe toutes ces questions
au crible. Le récit prend la forme d’un long dialogue
entre Sophie et Sékou, et met en scène les préjugés
et les clichés propres aux deux protagonistes, permettant
de rendre concrètes les difficultés vécues
ou ressenties par les jeunes des quartiers, souvent perdus entre
un modèle républicain qui prône l’égalité
et une réalité sociale et économique faite
d’injustices et de discriminations. Une manière
de souligner que les difficultés d’intégration
si souvent invoquées pour expliquer ce mal-être
des banlieues ne sont pas à sens unique : si les jeunes
des cités en quête d’identité et de
reconnaissance ont du mal à s’approprier leur citoyenneté,
les institutions sont elles aussi bien souvent incapables de
leur donner un sentiment d’appartenance. Un docu-fiction
d’actualité qui permet de travailler certaines
ambiguïtés bien contemporaines. Aline
Chambras |
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| L’argent caché de l’Élysée |
| René Dosière, Le Seuil, 2007,
178 pages, 17 € |
Cache cash élyséen
Nos concitoyens raillent volontiers leurs voisins d’Outre-Manche
qui " entretiennent " l’image de la monarchie
en supportant les frais de leur souveraine. Mais que savent-ils
des coûts de notre monarque élyséen? Rien.
Lever un coin de voile exigeait la persévérance
d’un détective. Ne pas tomber dans l’enquête
à scandale demandait de rester serein. Deux qualités
du député René Dosière qui l’autorisent
à émettre, en fin d’ouvrage, des propositions
d’un élémentaire bon sens gestionnaire et
citoyen. Ainsi, aujourd’hui, " le parlement vote
– sans débat, tradition républicaine oblige
– seulement un tiers des dépenses ". Nicolas
Sarkozy, comme tous ses prédécesseurs, se déclare
pour un État modeste... Comme chacun d’eux, augmentera-t-il
les dépenses élyséennes ? En les transférant
sur des budgets ministériels ? François
Hannoyer |
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| La femme du ministre |
| Gérard Delteil, L'Archipel, 2007, 362
pages, 20,95 € |
Direct du droit, crochet
du gauche
L’été est fini, mais comme personne n’est
vraiment convaincu qu’il ait vraiment commencé,
ce n’est guère une raison suffisante pour remiser
les polars aux placards. Place donc au dernier Gérard
Delteil, La femme du ministre ; ne vous arrêtez pas à
la laideur de la couverture, c’est sans doute la météo
qui a déprimé l’éditeur. L’histoire
met en scène Renaud Chambon, ministre de l’Intérieur
très en vue, pas très grand mais avide de communication
politique et probable futur président de la République,
dont la femme, pour le moins éprise de liberté,
est surprise par un photographe de presse people en pleine divagation
extra-conjugale… Le scandale n’était pas
prévu par les responsables de la communication du ministre,
qui pique une colère noire... comme un polar. Évidemment,
toute ressemblance avec des personnes aujourd’hui aux
commandes de l’État est parfaitement intentionnelle,
de la part d’un auteur à la plume volontiers politique.
Mais le plus intéressant est que Gérard Delteil
ne s’arrête évidemment pas à la chronique
du cynisme politique (extra)ordinaire, mais structure l’intrigue
autour du meurtre d’une jeune journaliste, justement témoin
de l’escapade sensuelle de la future première dame
de France… La visite des coulisses de la politique spectacle
n’en est que plus réjouissante.
Au passage, et dans un souci évident d’équilibre
politique, vous pouvez en profiter pour lire ou relire l’excellent
Dernier tango à Bueno aires, du même Delteil, ou
l’histoire d’un ancien agitateur gauchiste devenu
ministre socialiste bien rangé et qui finit par fuir
la justice française en Argentine, les poches un peu
trop pleines d’argent public. Nicolas
Leblanc |
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| Une mauvaise maire |
| Jacques Jouet, POL, 2007, 125 pages, 12 € |
Une maire veille
Impossible de s’arrêter dans la lecture d’Une
mauvaise maire ; prévoyez donc une heure et quart de
libre pour l’inhaler de bout en bout. Le livre est une
plongée dans la banlieue parisienne, à l’intérieur
de la bulle d’air de madame la maire. Madame la maire
est une femme, libre, de conviction, engagée, pragmatique,
de principes, attachée, attaquée, droite, déstabilisée,
amoureuse, attirée, forte, mais mise à plat. Madame
la maire est une femme extraordinaire, qui nous rappelle d’autres
élues ordinaires, aux racines politiques profondes et
pourtant ballottées par les flots déstabilisateurs
d’une société qui, vague après vague,
se stratifie, se brouille, devient illisible, insaisissable.
Madame la maire est droite et de gauche, mais dans une ville
tortueuse, elle semble pencher. Et l’écriture de
Jacques Jouet qui d’un mot nous
livre un sentiment, d’une phrase une situation, d’un
livre une vie, coule sans pause. N.
L. |
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| juin 2007 |
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| La machine France. Le centralisme ou
la démocratie, |
| Jean Ollivro, éditions du Temps, 2006,
252 pages, 17 € |
Machine arrière
!
Ce livre est essentiel. Jean Ollivro, géographe, le partage
en trois parties : symptômes, diagnostic, remèdes.
Partant d’une analyse fine d’un certain nombre de
crises récentes et révélatrices de la "maladie",
la flambée des banlieues, le non au référendum
sur l’Europe, la lutte contre le CPE, l’auteur démontre
l’existence d’un formidable décalage entre
un discours incantatoire républicain et la réalité
sociale du pays. Le dogme égalitaire entre en contradiction
avec les inégalités sociales et territoriales
croissantes. Le dogme de la liberté se heurte au malaise
social qui demande à l’État de plus en plus
de sécurité, quitte à ce que les libertés
soient restreintes. Les politiques de tous bords
surenchérissent dans ce domaine. La fraternité
est contrecarrée par toutes les fractures sociales, par
l’égoïsme des corporatismes, par la crispation
autour des " avantages acquis ", par la peur de l’autre
et de la réforme. La désignation de boucs émissaires
(les immigrés, l’Europe, la mondialisation, le
libéralisme…) exonère les politiques de
leur impuissance et de leurs lâchetés.
Jean Ollivro dénonce encore avec force le " centralisme
parisien " comme principal responsable de la crise. Tous
les concepts sur lesquels le système s’appuie sont
passés au crible : l’État unitaire, la République
une et indivisible (l’égalité étant
confondue avec l’uniformité), la conception en
étoile de l’aménagement du territoire (et
non des territoires), les rapports du centre et de la périphérie,
le gouvernement par les élites parisiennes. Il parle
avec pertinence des territoires si variés, porteurs de
dynamismes sous-employées, qui composent notre espace
national. Le poids du descendant y écrase les chances
de l’ascendant. " Le problème majeur de la
France est l’inégalité profonde entre les
territoires qui ne permet pas d’atteindre l’idéal
républicain. " L’absence de réelle
décentralisation, en dépit des actes I et II qui
l’ont mal
traitée (voir Territoires n° 451, octobre 2004 pour
l’acte II et n° 435, avril 2003 pour l’acte
I), se traduit par la prise en compte limitée et bridée
du fait régional, par l’incapacité de faire
disparaître les départements obsolètes,
par les contradictions et les
insuffisances dans la politique des pays… " Le mille-feuilles
décisionnel à la française - six niveaux
de compétences fiscales - n’a eu de cesse de se
renforcer pour créer une invraisemblable pagaille ",
analyse-t-il. Le pays s’enfonce dans " une fracture
généralisée " : fracture sociale,
fracture territoriale, fracture environnementale.
Pourtant, la troisième partie démontre "
qu’il existe de nombreux leviers permettant de transformer
la société ". Il faut pour cela mettre en
œuvre de nouveaux concepts, comme le pluricentrisme et
la subsidiarité ascendante. Le livre contient un puissant
plaidoyer en faveur du couple région / pays, constituant
l’armature d’un nouveau maillage et d’une
nouvelle gouvernance du territoire. Le formidable ressort de
la démocratie participative constitue aussi un remède
majeur à notre maladie nationale : " une animation
de la société civile, et non son contrôle.
" Enfin, un regard plus informé sur ce qui se passe
dans les autres pays européens nous ferait descendre
de notre orgueil national et de notre sentiment d’exception
pour trouver des pistes réalistes de réformes.
Chaque page de ce livre, rassemblant une documentation impressionnante
et un grand bonheur d’expression, est un fort stimulant
pour la réflexion comme pour l’action. Georges
Gontcharoff |
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Effondrement. Comment les sociétés
décident de leur disparition
ou de leur survie |
| Jared Diamond, Gallimard, NRF Essais, 2006,
640 pages, 29,50 € |
À nous de choisir
Dans cet ouvrage atypique et passionnant, le biogéographe
américain Jared Diamond analyse la disparition de sociétés
anciennes, comme les Vikings du Groenland, les Mayas du Yucatán
ou les anciens habitants de l'Île de Pâques. Évoquant
un suicide écologique, ou " écocide ",
il en conclut que l'effondrement de ces civilisations est systématiquement
lié à la destruction des ressources naturelles
dont elles dépendent. Sans tomber dans le déterminisme
environnemental, l'auteur distingue quatre autres facteurs susceptibles
de contribuer à la disparition d’une société
: les changements naturels du climat, des voisins hostiles,
la perte de partenaires commerciaux et l'inadaptation des réponses
apportées par une société à ses
problèmes. " Le passé est une riche banque
de données dans laquelle nous pouvons puiser pour nous
instruire, si nous voulons continuer à aller de l'avant
", souligne-t-il. L'originalité de sa minutieuse
étude est de comparer ces peuples du passé et
les sociétés actuellement les plus touchées
par des problèmes environnementaux : au Rwanda, à
Haïti, en Chine ou encore en Australie. Le modèle
occidental de développement n'est pas plus durable que
les pratiques des civilisations disparues. Seule l'échelle
diffère, la globalisation de la dégradation écologique
laissant présager un déclin mondial. Mais l'ouvrage
reste optimiste : " Le destin d'une société
est entre ses mains, et dépend substantiellement des
choix qu'elle fait.". À nous, donc, de faire les
bons. Héloïse Nez |
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| Le petit alter, dictionnaire altermondialiste |
| Attac, éditions Mille et une nuits,
2006, 396 pages, 20 € |
Pense-pas-bête
À ceux qui voudraient mettre de côté l’actualité
politique hexagonale, un dictionnaire d’un genre nouveau,
rédigé par des membres d’Attac, sous la
direction de Jean-Marie Harribey, permet de se (re)plonger dans
des réflexions plus globales. De " AGCS " à
" Zone Franche ", la plupart des notions qui ont marqué
l’essor du mouvement et de la pensée altermondialistes
sont déclinées, dans la saine perspective de "
contribuer au décodage du discours dominant ". Une
manière pour Attac d’affirmer son volet éducation
populaire et surtout de répondre à un besoin social
d’information et de sens, dont témoigne
" la rapidité avec laquelle la population s’est
appropriée des questions techniques aussi rébarbatives
que la taxation des transactions de change ou, plus récemment,
le traité constitutionnel européen ". Si
l’entreprise est audacieuse, elle s’épargne
deux dérives : celle de figer une réflexion en
pleine évolution et celle de se faire passer pour le
" prêt à penser " de l’altermondialisme.
Gardez vos cerveaux disponibles ! Aline
Chambras |
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| La place des habitants dans les politiques
urbaines en Europe |
| Actes de la rencontre du 21 Juin 2005, Profession
Banlieue, 2007, 89 pages, 18,50 € |
Politik of the città
En matière de politique de la ville, il est courant de
dire que nous n’en sommes qu’à la préhistoire
de la participation, que tout reste à faire, à
imaginer, à enrichir. C’est d’ailleurs ce
qui ressort de ces rencontres organisées par Profession
Banlieue, le centre de ressources politique de la ville de Seine-Saint-Denis,
où des voisins européens, d’Allemagne, d’Italie
et de Grande-Bretagne sont venus livrer leurs expériences.
Pour " faire la ville " et poser un regard critique
ou développer une analyse cohérente, les outils
existent. Ils sont maîtrisés et reconnus. Mais
il faut aujourd’hui " faire avec la ville ",
et les outils manquent. Ici, la richesse réside dans
la mise en commun des compétences, dans l’échange
de référentiels d’actions et la prise en
compte de tous les acteurs (professionnels, habitants, élus).
Les professionnels évoquent leurs doutes, leurs échecs
et leurs réussites. Une mise à nu honnête
et sans retenue, dont le but est d’enrichir une culture
collective en pleine émergence. On observe, on écoute,
on tente. Il n’y a pas encore de solution, de règles
établies ; d’un pays, d’une culture, d’un
peuple à l’autre, la démarche et les résultats
diffèrent. Mais, partout, les fondements de la concertation
restent inébranlables : on met en commun, on échange,
dans le but de faire évoluer, d’aller vers le mieux.
Si l’ensemble des expériences évoquées
dans cet ouvrage démontrent que la prise en compte des
habitants dans les politiques de renouvellement urbain est nécessaire,
se pose encore la question de la participation citoyenne dans
la vie publique en général, et de la révision
des modes d’action dans la politique de la ville. Charlotte
Lurat |
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| Amiante, chronique d’un crime
social, collectif |
| Septième choc éditions, 2005,
15 € (10 % du prix est reversé à l’association
de défense des victimes de l’amiante : bdamiante@yahoo.fr)
|
Amiante : un siècle
de mensonges
À travers quinze histoires vécues, le drame de
l’amiante pique au vif. Cette BD rappelle, de manière
vivante et modeste, que la France a été l’un
des plus gros et l’un des derniers consommateurs d’amiante.
Si les premières alertes ont été lancées
en Angleterre en 1899 et en 1906 en France, ce minerai n’a
été interdit sur le territoire national qu’en
1997, bien après la plupart des pays industrialisés.
Cet album, qui met en scène une galerie de personnages
touchés par ce fléau, fait froid dans le dos.
Elle décrit bien les complicités entre monde industriel,
responsables politiques et syndicalistes, tellement défenseurs
de l’emploi qu’ils sacrifièrent, sans en
avoir pleinement conscience, jusqu’à leurs collègues.
Elle fait aussi la lumière sur la révolte des
syndicats contre les conditions de travail inhumaines, et évoque
le scandale de la reconstruction récente des villages
d’Asie du sud-est après le tsunami. Le combat de
salariés sacrifiés, d’associations et de
responsables politiques ou syndicaux est souligné, dans
la lignée de médecins ou d’inspecteurs du
travail qui ont alerté, dès le début du
20e siècle, sur les ravages possibles.
3 000 personnes meurent chaque année de maladies liées
à l’amiante, et on prévoit 100 000 décès
d’ici 2025. De quoi attirer l’attention sur d’autres
sujets critiques, comme le nucléaire, les OGM, le bâtiment,
la mécanique ou la production d’engrais chimiques…
Noir. Mathieu Glaymann |
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| La délégation des services
publics locaux |
| Yves Delaire, éditions Berger-Levrault,
364 pages, 45 € |
Services compris
La question de la délégation des services publics
locaux est centrale dans la définition de l’identité
européenne, dans les orientations des projets de société
en concurrence dans les échéances électorales,
aussi bien que dans l’identité en gestation des
territoires locaux. Mais elle est aussi épineuse, parce
que touchant à la fois aux débats politiques,
sociaux et de gestion territoriale. Il faut connaître
précisément ce qui est constitutif d’une
délégation, les différents modes de gestion
et leurs conséquences. Ce que s’attache à
expliquer Yves Delaire, (rédacteur, avant Raphaëlle
Cadet, de la rubrique Parlons Droit de Territoires), spécialiste
du droit public et fort d’une longue expérience
dans l’assistance et le conseil aux collectivités
territoriales. Un ouvrage pédagogique indispensable,
pour préparer un contrat de mandature municipale. François
Hannoyer |
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| mai 2007 |
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| marianne & allah. Les politiques
français face à la " question musulmane ",
|
| Vincent Geisser et Aziz Zemouri, La Découverte,
2007, 297 pages, 20€ |
Décoloniser
l’islam de France
Entre " marianne & allah " – les minuscules
en font foi – se dresse un certain nombre de spectres.
Le spectre du prisme colonial, d'abord. Sans être une
" explication totalisante ", il traverse tout le livre
sous différents habits : " fantôme ",
" héritage ", " filiation ", etc.
On suit ses " traces " à travers les "
cinq piliers " de la politique républicaine de l'islam
: " une gestion bureaucratique et autoritaire ", "
une conception sécuritaire ", un appui sur des "
experts savants " pour légitimer cette politique,
une " promotion d'un islam officiel " et le paradoxe
d'un " islam français ". C'est l'essentiel
de l'enquête " inédite " menée
par les auteurs. Organismes, textes, lois et discours politiques,
hommes de l'ombre et hommes en vue constituent les rouages intermédiaires
de ce prisme. Le spectre du communautarisme, ensuite, qui constitue
la thèse centrale de l'ouvrage : exhibé par le
leitmotiv des discours politiques comme le mal fondamental gangrenant
les banlieues et les rapports sociaux, il en cache un autre
: un mode de gouvernance qui construit une " relation d'exception
" avec l'islam en / de France en le communautarisant. Cercle
vicieux s'il en est. La " question musulmane " en
France est posée et traitée par les politiques
en amont et en aval des concernés (les musulmans de France)
et en totale contradiction avec les préceptes de Marianne.
En amont, dans l' " obsession républicaine "
d'unifier par le haut et de contrôler cet islam. En aval,
en privilégiant une " gestion diplomatique "
de l'islam cherchant caution auprès d'autorités
extérieures ou en appui sur leurs représentants
en France. La saga de la constitution d'une instance représentative
de la communauté musulmane permet de suivre au gré
des représentations et des acteurs politiques, de leurs
affiliations idéologiques, réseaux et objectifs
personnels la construction de la " chose musulmane "
comme enjeu qui déborde les musulmans de France. Au-delà
de l'islam et des musulmans de France en tant que tels, cette
enquête déconstruit le processus de l' "islamisation
politique de l'Autre ". Toutes les ficelles de cette islamisation
sont passées au crible d'une analyse sans concession
: l'instrumentalisation qui compte trouver une solution religieuse
aux problèmes des quartiers populaires (façon
Sarkozy), " civilisationnisme " à travers l'
" épisode Stasi " (façon Chirac), anachronisme
politique du " paternalisme indigénophile "
(façon socialiste). Au niveau local, des lieutenants
de tous bords excellent à tisser des réseaux clientélistes
avec des leaders et responsables musulmans dont ils escomptent
une plus value électorale. Trois styles sont décortiqués
par les auteurs : le pragmatisme calculateur d’un Raoult
en Seine-Saint-Denis ; le "dialogue intercommunautaire
" entre élites d'un Vigouroux puis la stratégie
versatile de son successeur Gaudin à Marseille ; et enfin
le " mépris comme politique " d'un Frêche
à Montpellier. " La construction d'un islam de France
tranquillement inscrit dans le vivre ensemble républicain
reste donc une utopie " concluent les auteurs, au terme
de ce travail éclairant. Horizon des nouvelles générations
: " décoloniser l'islam de France ". Abdellatif
Chaouite |
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| Quelle démocratie voulons-nous
? Pièces pour un débat |
| sous la direction d’Alain Caillé,
La Découverte, 2006, 144 pages , 8€ |
Alter-moiement
Quel idéal de démocratie rassemble la très
composite mouvance altermondialiste ? Est-elle structurée
par un minimum de principes politiques et éthiques qui
permettent de dessiner les contours d’une société
plus démocratique que celle bâtie par le capitalisme
rentier ? Telle est la question centrale de cet ouvrage collectif
court, dense et passionnant coordonné par Alain Caillé,
directeur de la revue du Mauss. Douze contributions d’altermondialistes
classées en trois domaines tracent l’état
de la théorisation des diverses tendances de la nébuleuse
alter. Christophe Aguiton, Roger Sue, Jacques Testard et Patrick
Viveret explorent les possibilités d’approfondissement
de la démocratie en réseau : association, réseaux
et délibération. Antonio Negri, Thomas Coutrot,
André Bellon et Alain Caillé tracent les limites
de cette approche horizontale en ce qu’elle prétendrait
contourner la question du pouvoir, de l’économie
et de l’État et intègre la contribution
de Thierry Brugvin sur les ambiguïtés d’un
appel à une gouvernance internationale de la société
civile et de Philippe Corcuff sur les tensions qui traversent
l’idéal individualiste. Enfin, Philippe Laville,
Christian Lazzeri et Geneviève Azam exposent les rapports
conflictuels entre nécessité économique
et liberté démocratique et le lien difficile entre
libéralisme économique et libéralisme politique.
Alain Caillé pointe d’emblée les limites
de l’ouvrage qui ne saurait épuiser un sujet aussi
vaste. Il souligne une importante question laissée en
suspens : la tension qui existe entre politique de redistribution
(sur laquelle des visions, des outils, des formes de luttes
font le ciment de la mouvance alter) et politique de reconnaissance
de l’individu. Le droit à la différence
se marie difficilement à une communauté ouverte
à tous. Par ailleurs, il pointe les vifs débats
en cours autour de la nature et du statut ambigu de l’individualisme
contemporain et, concrètement autour de la question du
multiculturalisme et de la place des religions dans une société
démocratique. Jacques Picard |
| |
| Une histoire de l’éducation
populaire |
| Jean-Marie Mignon, La Découverte, collection
Alternatives sociales, 2007, 264 pages, 24€ |
La vie après
la mort de l’éducation populaire
Les ouvrages sur l’histoire de l’éducation
populaire en France manquent. Jean-Marie Mignon propose un livre
rapide qui, en 250 pages, est unes? histoire – ou plutôt
sa manière de lire l’histoire – de l’éducation
populaire, qui débute par la " reconstruction "
de l’éducation populaire au milieu des années
40 et n’évoque que marginalement sa création
dans la seconde moitié du 19e siècle ou son rôle
essentiel lors du Front populaire. Dans une chronologie parfois
ardue et avec l’ambiguïté toujours un peu
piègeante de devoir faire à la fois une histoire
des structures et celle d’une démarche, il évoque
tour à tour les liens de parenté, et souvent,
de conflit avec l’éducation, la culture, l’animation
socio-éducative, pour conclure par les " limites
des modèles installés " et les " défis
à relever " aujourd’hui. Quelques regards
hors de métropole permettent d’élargir le
point de vue. Tout comme la confrontation de l’éducation
populaire avec les nouvelles formes d’engagements (développement
durable, commerce équitable, échanges réciproques
de savoirs, démocratie participative, défense
des " sans droit "). Bien que le limitant davantage
à l’épanouissement qu’à l’émancipation
individuelle et collective, cet ouvrage a le mérite de
réfléchir à un avenir pour l’éducation
populaire, s?ce qui ne va pas de soi, lorsque l’on sait
que l’auteur a été théoricien de
la mort de ce mouvement au tournant des années 70 !
Denis Adam |
| |
| Contribution au débat politique.
Comment rendre au politique le pouvoir d’agir? |
| Bernard Debry, éditions Connaissances
et savoirs, 2007, 10€ |
Politistes, à
vos manuels !
Trente-cinq petites pages :
le temps d’un atterrissage dans le local en venant de
la planète et de l’Europe pour décrire la
crise des institutions politiques à tous les niveaux
de gouvernance. Et trente-cinq autres pour décoller des
territoires décentralisés – que l’auteur
propose de reconfigurer – et pour émettre des propositions
jusqu’au niveau mondial. En proposant ce court voyage,
Bernard Debry, directeur général de la communauté
urbaine de Brest, cherche d’abord à débattre.
Les lecteurs de Territoires partageront l’avis de ce serviteur
de l’État quand il constate que " la supranationalité
politique ne doit pas être déconnectée de
la supranationalité économique, ou alors la loi
du marché pique la place de la démocratie ".
Ils regretteront cependant que l’auteur borne la crise
actuelle à celle des institutions, quand il y a tant
à dire et à travailler sur le rapport des citoyens
à la politique. François
Hannoyer |
| |
| Brosses et Malais, quartier sensible
? |
| Luc Blanchard, Studio Graph, 95 pages, 12€
|
Destruction de la Maison
blanche
Bien sûr, l’expérience d’un territoire
sert rarement d’enseignement à un autre. Luc Blanchard
nous raconte celle de Bessancourt (95), ville créée
"en chemin de grue". On lira avec intérêt
l’histoire des trente dernières (et glorieuses
?) années qui ont vu naître et se développer
son quartier Brosses et Malais. Les héros ? Un "
colon ", un éducateur, les jeunes, une adjointe
aux affaires sociales, un directeur de MJC, un président
d’amicale de locataires, entre autres…. L’auteur
fait œuvre d’écrivain public pour décrire
leurs relations et la gestion de leur territoire par les acteurs
eux-mêmes. Cette intelligence collective permet de décrypter,
par exemple, les nombreux symboles entremêlés dans
la destruction du centre social " la Maison blanche ".
F. H. |
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classement par thèmes |
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| avril 2007 |
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| Repenser la solidarité : l’apport
des sciences sociales |
| sous la direction de Serge Paugam, Presses
universitaires de France, 992 pages, 2007, 49€ |
Un nouveau solidarisme
Repenser la solidarité : c’est l’ambition
que se sont donnée une cinquantaine d’univer-
sitaires et de représentants de la société
civile réunis dans un séminaire de " Normale
sup’ " au cours de l’année 2005 / 2006.
Les chercheurs ont accepté de confronter leurs travaux
aux regards des professionnels de la solidarité pour,
ensemble, envisager les réformes nécessaires à
la refonte du lien social et à la réduction des
inégalités.
Ainsi, l’ouvrage fait l’inventaire de toutes les
dimensions des inégalités en les reliant entre
elles, au lieu de les appréhender séparément
: la justice, la famille, les liens intergénérationels,
le salariat, le racisme et les discriminations, les ségrégations
urbaines, la santé sont analysés clairement, sous
différents angles. Chacun, le citoyen, l’homme
politique, le militant associatif, le professionnel peut s’approprier
cet outil, certes volumineux, pour réfléchir à
ce que le solidarisme peut vouloir dire aujourd’hui, dans
un contexte d’inégalités renforcées.
Serge Paugam, qui a dirigé les travaux, rappelle dans
sa conclusion les questions transversales qui traversent les
divers modes d’intervention sociale, dont l’éthique
de la solidarité, les compromis pour concilier efficacité
économique et solidarité sociale, les frontières
de la solidarité, du local au supranational. Dans cette
période de campagnes électorales, ce livre apporte
des connaissances indispensables au débat démocratique
pour ceux qui considèrent que le concept de solidarité,
loin d’être dépassé, est au cœur
de notre contrat social renouvelé. Céline
Braillon |
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| La concertation dans les projets de
pôles d’échange |
| Cértu, 2006, 44 pages, 20€ |
Concertation et pôles
d’échanges
Les pôles d’échanges constituent des aménagements
particulièrement complexes et multipartenariaux : gares
routières, gares ferroviaires et leurs places d’accès,
pôles d’échanges intermodaux… Ils semblent
être les parents pauvres de la concertation et l’étude
montre pourquoi. Le Cértu étudie de manière
très fine les difficultés de la concertation dans
ce cadre : réticence chez les maîtres d’ouvrage
et chez les professionnels, qui pensent que la concertation
n’est justifiable que pour des dossiers simples ; intérêts
divergents des usagers des transports (eux-mêmes très
divers, réguliers, occasionnels, proches, lointains…)
et des riverains ; choix difficile du " périmètre
de la concertation " (interférences entre les pôles
d’échange et le reste de l’organisme urbain).
Il cerne aussi les conditions impératives à remplir
pour que la concertation soit le fait du plus grand nombre,
réelle, efficace, pas trop coûteuse en argent et
en temps, et qu’elle donne, à la fin, un objet
urbain pertinent (plus pertinent grâce à la concertation),
satisfaisant le plus grand nombre. Mais, au-delà, l’intérêt
réside dans des réflexions plus générales
sur les conditions et les formes de la concertation en matière
d’aménagement et d’urbanisme. La diversité
des motivations des décideurs est cernée avec
force : produire un aménagement urbain pertinent de qualité
et, surtout, adapté aux besoins des usagers ; assurer
" l’acceptabilité " des projets ; dynamiser
la vie démocratique locale. Les difficultés pratiques
de la concertation font aussi l’objet d’un inventaire
précis. Il en découle toute une série de
conseils pour réussir, et de fiches techniques pratiques
détaillant les outils qui peuvent faciliter l’opération
: étude du contexte et du milieu, monitoring de l’opinion
publique, information descendante, réunions publiques,
expositions, ateliers d’usagers et de riverains, "
déambulations accompagnées ", tests d’offres
ou de scénarios, enquêtes de satisfaction. Il s’agit
d’une mine de conseils pour ceux qui veulent se lancer
dans l’aventure. Georges Gontcharoff |
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| Une histoire de l’éducation
populaire |
| Jean-Marie Mignon, La Découverte, collection
Alternatives sociales, 2007, 264 pages, 24€ |
La vie après
la mort de l’éducation populaire
Les ouvrages sur l’histoire de l’éducation
populaire en France manquent. Jean-Marie Mignon propose un livre
rapide qui, en 250 pages, est une histoire – ou plutôt
sa manière de lire l’histoire – de l’éducation
populaire, qui débute par la " reconstruction "
de l’éducation populaire au milieu des années
40 et n’évoque que marginalement sa création
dans la seconde moitié du 19e siècle ou son rôle
essentiel lors du Front populaire. Dans une chronologie parfois
ardue et avec l’ambiguïté toujours un peu
piègeante de devoir faire à la fois une histoire
des structures et celle d’une démarche, il évoque
tour à tour les liens de parenté, et souvent,
de conflit avec l’éducation, la culture, l’animation
socio-éducative, pour conclure par les " limites
des modèles installés " et les " défis
à relever " aujourd’hui. Quelques regards
hors de métropole permettent d’élargir le
point de vue. Tout comme la confrontation de l’éducation
populaire avec les nouvelles formes d’engagements (développement
durable, commerce équitable, échanges réciproques
de savoirs, démocratie participative, défense
des " sans droit "). Bien que le limitant davantage
à l’épanouissement qu’à l’émancipation
individuelle et collective, cet ouvrage a le mérite de
réfléchir à un avenir pour l’éducation
populaire, ce qui ne va pas de soi, lorsque l’on sait
que l’auteur a été théoricien de
la mort de ce mouvement au tournant des années 70 !
Denis Adam |
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| Nouvelles pratiques sociales |
| volume 18, n° 2, printemps 2006, Presses
de l’université du Québec, 13€ www.puq.ca |
Nouvelles pratiques
citoyennes
Tous les articles de ce volume de la revue Nouvelles pratiques
sociales intéresseront les acteurs de la démocratie
participative. On en retiendra particulièrement deux,
dont les enseignements nous semblent de nature à éclairer
les " nouvelles pratiques citoyennes ", thème
de la livraison. Dans le premier, Michel Parazelli fait état
d’un dispositif adapté des principes de socio-psychanalyse
introduits dans le champ de l’intervention sociale par
Gérard Mendel. Le sociologue décrit la forme et
le fond de huit ans de travail auprès de jeunes de la
rue, de responsables institutionnels, de policiers et d’intervenants
sociaux, centrés sur cet objectif : " Comment viser
l’égalité des rapports entre les individus
lorsque ceux-ci sont déjà inscrits dans des positions
inégales dès le départ ? ". À
lire quand on cherche à faire rimer offre de participation
et intégration sociale, hors des discours incantatoires.
Et où l’on comprend que, loin des paillettes de
la participation spectacle, la démocratie participative
requiert l’élaboration exigeante de méthode.
Plus loin, Anne Latendresse examine les corporations de développement
économique communautaires (CDÉC) à Montréal
d’une part, et le budget participatif de Porto Alegre
d’autre part. Dans le dialogue avec les entreprises pour
les CDÉC, dans les choix de gestion des ressources publiques
à Porto Alegre, la question est la même : comment
renforcer la société civile pour éradiquer
la dualisation sociale et spatiale de nos sociétés
post-modernes ? On lira aussi avec intérêt la contribution
de Laurence Bherer, " Démocratie participative et
qualification citoyenne " : faire participer, est-ce affadir
l’expertise d’usage en l’institutionnalisant,
ou est-ce la condition sine qua non pour inscrire durablement
le citoyen comme acteur de la décision publique? François
Hannoyer |
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| Le bizness, une économie souterraine |
| Nasser Tafferant, Presses universitaires de
France, 2007, 180 pages, 22€ |
En parallèle
Pour son premier ouvrage, le sociologue Nasser Tafferant a choisi
comme terrain d’enquête son ancien quartier, à
Mantes-la-Jolie (78). Un choix personnel mais aussi scientifique,
pour un sujet de recherche audacieux : l’économie
parallèle, ou plus exactement l’existence de nombreux
trafics (pièces détachées, lingerie féminine,
parfum, vêtements de marque, électroménager,
etc.) permettant à certains habitants d’améliorer
quotidien ou fin de mois. L’auteur ayant délibérément
choisi de ne pas s’intéresser au trafic de drogue,
trop spécifique (mauvaise image du dealer, connotation
négative de sa marchandise). En revenant sur son propre
terrain, le chercheur, identifié par les revendeurs comme
appartenant à un passé scolaire et résidentiel
commun, peut donc susciter confiance et confidences. Et ainsi
se fondre dans la posture de l’observateur légitime.
Aussi, après une introduction plutôt théorique
et pédagogique, cet essai, jalonné de témoignages
pris sur le vif, donne à voir et à comprendre
comment cette économie parallèle se donne comme
légale et morale aux yeux de nombreux participants, ou
du moins comme moyen d’accéder, certes de manière
déviante, à un bien-être matériel
banalement conformiste. Comme si le trafic n’était
qu’une solution pour devenir un adulte respecté
et prospère. A. C. |
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| mars 2007 |
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| L’Autre campagne, 80 propositions
à débattre d’urgence |
| ouvrage coordonné par Georges Debrégeas
et Thomas Lacoste, préface de Lucie et Raymond Aubrac,
La Découverte, 2007, 300 pages, 14 € |
Se lancer dans les
débats
Voici un livre à lire impérativement avant le
22 avril prochain. Surtout si la campagne présidentielle,
telle qu’elle se joue sur les scènes médiatiques,
vous ennuie, vous exaspère ou vous déprime. Ouvrage
collectif, l’Autre campagne, 80 propositions à
débattre d’urgence, distille les avis, savoirs
et autres expertises de professionnels en tout genre (syndicaliste,
militant associatif, philosophe, économiste, politiste,
biologiste, écologiste, etc.) habilités à
parler en raison de leur connaissance des thèmes abordés
et non pas, à la différence des candidats à
l’Élysée, à la suite de leur entrée
dans la course au mandat suprême. Chacun dans leur domaine,
ils se posent une question, fondamentalement politique et contemporaine,
et suggèrent les moyens d’y répondre, ouvrant
ainsi la perspective d’une alternative au désenchantement
politique. " Utopie réaliste ", comme le présentent
les préfaciers, Lucie et Raymond Aubrac, cet ouvrage,
en forme de feuille de route, permet d’envisager cette
" élection à haut risque ", selon les
propres mots des animateurs de l’initiative Georges Debrégeas
(lire page 16) et Thomas Lacoste, à l’aune d’un
regard critique et sincère, qui prend le temps de passer
en revue toutes les problématiques que notre société
se doit d’affronter. Remède à l’atonie
et à la mesquinerie des débats, ce livre, clair
et engagé, prend formellement le parti d’outiller
intellectuellement le citoyen. Pour que ce dernier puisse se
réapproprier une campagne, pour l’instant bien
protocolaire, et ainsi, " résister à l’ordre
établi, à l’ordre promis ". Afin d’aiguiser
son bulletin en toute lucidité. Aline
Chambras |
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| Le quartier, enjeux scientifiques, actions
politiques et pratiques sociales |
| sous la direction de Jean-Yves Authier, Marie-Hélène
Bacqué et France Guérin-Pace, La Découverte,
2007, 304 pages, 26€ |
Marquer son territoire
Le mot est à la mode : " quartier ". Mais derrière
ce vocable, utilisé de plus en plus à toutes les
sauces, quelle est la réalité du quartier ? Lieu
" d’enfermement territorial et social ", sorte
d’ " entre soi qui menace la cohésion sociale
" ? Ou, à l’inverse, espace " ressources
", facteur de développement d’une démocratie
participative de proximité porteuse de nouveaux liens
sociaux ? C’est à ces questions que tentent de
répondre une vingtaine de chercheurs dans ce livre très
documenté et étayé. En analysant tout d’abord
les politiques propres aux quartiers, puis la représentation
et les usages des habitants des quartiers et, enfin, la force
et les faiblesses de ces espaces de vie, les auteurs de l’ouvrage
cherchent à mettre en valeur " la création
de nouvelles centralités ".A.
C. |
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| Télé Millevaches |
| Samuel Deléron, Michel Luleck et Guy
Pineau, éditions Repas, 2006, 164 pages, 15€ repas@wanadoo.fr |
Comme sur un plateau…
de télé
Non, le nom de télé Millevaches, comme celui du
célèbre plateau, ne se réfère pas
au fameux bovin. Pour en connaître l’origine, à
vous de lire… Vous découvrirez l’histoire
de cette télé pas comme les autres, véritable
exemple de développement local (Territoires n° 475).
Issue de passions, d’actions, de volontés de réagir
d’une poignée d’hommes et de femmes bien
décidés à ne pas laisser mourir leur pays
et de montrer qu’il s’y passe des choses, que des
rencontres sont à faire et de nouveaux liens sont à
tisser, à inventer. D’un acharnement à ne
pas quitter et à faire vivre ce plateau, à cheval
sur trois départements, faussement condamné à
l’agonie par ceux qui n’y viennent jamais. Un petit
groupe hétéroclite, maires, curés, néo
ruraux, se sont lancés dans l’aventure il y a vingt
ans, commençant en bidouillant et sans jamais baisser
les bras, pour créer Télé Millevaches.
Les turpitudes rencontrées pour le financement, la non
pérennisation d’emplois aidés qui se succèdent,
la bataille – perdue mais menée ! – pour
tenter d’obtenir un passage sur un canal hertzien à
une heure où ce canal public ne diffusait pas, font partie
des meilleurs moments de cette aventure humaine qui est fière
de fêter ses vingt ans. Les moyens alternatifs pour tourner,
monter et diffuser contre vents et marées les magazines
qui s’enchaînent, la durée dans laquelle
s’est inscrite cette expérience font désormais
de cette télé un exemple pour tous ceux qui veulent
se lancer dans l’aventure, dont ils pourront avoir un
avant goût grâce au CD Rom d’extrait d’émissions
joint à l’ouvrage. Blanche
Caussanel |
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| Les recompositions culturelles. Sociologie
des dynamiques sociales en situation migratoires |
| Abdelhafid Hammouche, Presses universitaires
de Strasbourg, 2007, 224 pages, 16 € |
Du vécu aux
politiques
Enseignant chercheur en sociologie à Lyon 2, Abdelhafid
Hammouche nous donne avec son dernier ouvrage une remise en
perspective d’un nombre considérable d’études
de terrain, à Saint-Étienne, dans l’agglomération
lyonnaise et dans d’autres territoires proches de Lyon.
Revendiquant une approche inspirée de Bourdieu et d’Abdelmalek
Sayad, il opère à partir des observations de terrain
une théorisation d’un processus complexe de "
recompositions culturelles " à l’œuvre
depuis plus d’un demi-siècle parmi des populations
principalement originaires d’Algérie. Le sociologue
nous amène à nous familiariser avec les trois
âges de l’immigration décrits par Sayad,
avec les stratégies que les familles et les individus
élaborent pour " tirer leur épingle "
d’un jeu en perpétuelle transformation. Nous sommes
ainsi emmenés dans les modes successifs des démarches
matrimoniales, les manières de s’approprier les
espaces p0?ublics ou semi publics, les enjeux de socialisation
portés par différentes expériences associatives,
le rapport évolutif au temps des vacances (Ah ! Ce beau
texte des rappeurs Groupe 113 Tonton du bled !)… Naviguant
de discours théoriques complexes à de multiples
exemples de " vécu " souvent touchants, Abdelhafid
Hammouche nous rend plus intelligible le long apprentissage
des migrants. Il nous montre aussi par touches le décalage
entre cette réalité et les politiques publiques
qui prétendent la traiter. Michel
Wilson |
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| Religion, identité et espace
public |
| Profession Banlieue, 2006, 80 pages, 15€
|
Foi et loi
Pourquoi le fait religieux pose-t-il problème aujourd’hui,
plus de cent ans après la loi de séparation de
l’Église et de l’État ? L’une
ou l’autre se sentiraient-ils menacés ? Faut-il
voir dans cette résurgence une remise en question des
valeurs de la France chrétienne ? Une atteinte à
la cohésion républicaine ? Le petit ouvrage publié
par Profession banlieue est l’un de ceux qu’on aimerait
avoir sous le coude quand nos débats passionnels s’enflamment
et que nous cherchons comment raison garder. Pédagogique,
serein, il déconstruit nos représentations sociales
et tente de rassurer les esprits inquiets. Les auteurs, chercheurs
en sciences sociales et politiques, montrent comment, par amalgames
successifs, nous voyons dans la jeune fille voilée de
Creil l’opprimée d’un processus sectaire,
derrière le garçon arabe des hordes barbares,
dans les quartiers de relégation l’invasion du
non-droit. Ils émettent l’hypothèse que
ces craintes sont l’expression d’une phobie du communautarisme,
mais aussi d’un doute sérieux quant au modèle
républicain d’intégration, d’une remise
en questions de nos outils de cohésion sociale. Plus
profondément ancrées peut-être dans notre
inconscient collectif, nos craintes témoigneraient d’un
refus des processus identitaires pourtant à l’œuvre
avec les religions majoritaires, la négation de libertés
individuelles pourtant au cœur de l’idéal
républicain. La notion d’identité multiple,
intersticielle dans la modernité contemporaine, s’opposant
à celle, singulière, portée par une modernité
unitaire qui est désormais derrière nous, est
particulièrement intéressante. Elle me rappelle
cette conversation avec Momo, emploi-jeune aux Mureaux (78)
: " Vous croyez qu’on est sans foi ni loi ? C’est
le contraire. Les jeunes d’ici, ils se mélangent
les idées entre trop de lois : celles de la famille,
de l’école, de la rue, de la religion, de la violence
à la télé, de la publicité…
" Peut-on mieux expliquer comment la communauté
porte l’idée de socialisation ?
François Hannoyer |
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| fevrier 2007 |
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| La Contre-Démocratie |
| Pierre Rosanvallon, Seuil, 346 pages, 21€ |
La contre-démocratie
contre les barricades
L’idée de base du livre de Pierre Rosanvallon est
simple, assez inédite et productrice de réflexions
passionnantes. Depuis son origine athénienne, la démocratie
marche sur deux pieds. En premier lieu, les citoyens élisent
des représentants, des gouvernants. C’est l’origine
de la démocratie représentative. Simultanément,
sont tirés au sort, parmi les citoyens, des magistrats
(juges, tribuns,…) qui surveillent et qui éventuellement
sanctionnent les représentants. C’est l’origine
de ce que l’auteur appelle, non sans ambiguïté,
la " contre-démocratie ". Ce deuxième
canal de l’exercice du pouvoir, délégué
par les citoyens, n’est pas dirigé contre la démocratie,
mais est destiné à éviter ses dérives
ou à les redresser. L’auteur explore les textes
et les doctrines qui constituent le fil rouge de la " défiance
et de la vigilance citoyennes vis-à-vis des élus
". Car, dès le début de la démocratie,
prévaut l’idée que le pouvoir corrompt et
que les citoyens doivent intervenir, en permanence, pour surveiller,
juger, sanctionner, révoquer leurs représentants.
Le désamour citoyen actuel à l’égard
de la démocratie représentative est-il la suite
contemporaine de la défiance récurrente des électeurs
vis-à-vis de leurs élus ? L’engagement croissant
des citoyens dans les formes multiples des instances de participation,
offertes ou conquises, exprime-t-il une certaine institutionnalisation
du courant de la " contre-démocratie " ? La
résurgence des thèmes de la défiance vis-à-vis
des élus, de leurs déviations autoritaires et
mafieuses, de leur incapacité à tenir leurs promesses
et à changer le monde ; l’édification de
mécanismes de contrôle (y compris dans la conception
ségolienne des jurys citoyens) expriment-elles le désir
de rénovation du pouvoir représentatif ? Ou, au
contraire, expriment-elles la volonté de prendre le pouvoir
à la place de ceux qui l’accaparent et qui le gèrent
si mal, ce que signifierait de manière exacte le terme
de " contre-démocratie " ? Autrement dit, s’agit-il
de réformer la démocratie représentative
par le développement de la démocratie participative,
ou de renverser, par la révolution et par un autre pouvoir,
une représentation devenue néfaste au peuple ?
De tout cela, Pierre Rosanvallon ne dit pas grand-chose, en
historien tourné plus vers le passé et le mouvement
des idées que vers le présent et les avatars contemporains
des mouvements sociaux. Georges Gontcharoff |
| |
| Eux et nous, de Joël Roman, |
| Hachette, collection Tapage, 2006, 150 pages,
10 € |
Eux, c’est nous
" Eux ", ce sont " ces jeunes de banlieue "
que Joël Roman désigne sous ce vocable pour nous
rappeler, à " nous " – classes moyennes,
classes populaires, militants associatifs, élus, acteurs
sociaux, lecteur lambda, etc. – d'où ils viennent,
qui ils sont, ce qu’ils vivent au quotidien, comment les
institutions leur parlent ; pour nous dire que ces jeunes ne
sont pas le problème mais la solution, qu’ils ne
sont pas des gêneurs mais notre ressource. À partir
d'une analyse des discours ambiants qui amalgament largement
islam, banlieue et terrorisme, qui fondent une politique du
tout sécuritaire, Joël Roman nous rafraîchit
la mémoire sur l'histoire des quartiers depuis trente
ans, et sur les politiques publiques successives qui ont été
menées. Il revient également sur notre passé
colonial, en particulier en Algérie, et sur ses conséquences
sur les conditions réelles d'intégration des populations
qui ont immigré à l'époque en France.
Tout cela pour nous dire que ce n'est pas de l'angélisme
de crier à la responsabilité collective, que ce
n'est pas du communautarisme que de défendre des identités
culturelles assumées dans l'espace public.
Le social-populisme qui permet de voguer allègrement
sur la vague du Front national est ici vigoureusement fustigé
: " On ne combat des idées que par des idées,
un discours politique que par un autre discours politique, une
analyse par d'autres analyses ", nous rappelle à
juste titre l'auteur. Il ne va pas falloir l’oublier en
ces temps de bouillonnements préélectoraux. Enfin,
l'auteur revient sur nos fondamentaux : qu'est-ce que vivre
ensemble ? Qu'est-ce qui fonde une identité collective
? Qu'est-ce qu'une communauté politique aujourd'hui ?
Et il conclue sur une injonction à laquelle nous ne pouvons
qu’être sensibles, celle de rassembler nos énergies
dans un " nous " global, pour trouver des solutions
à la hauteur des enjeux de société qui
nous sont posés aujourd'hui. Céline
braillon |
| |
| La France invisible |
| sous la direction de Stéphane Beaud,
Joseph Confavreux et Jade Lindgaard, La Découverte, 2006,
647 pages, 26€ |
Qui sont ces gens là
?
Ils sont Rmistes, surendettés, femmes au foyer, etc.,
et ont un point commun : " un sentiment de non-reconnaissance
et de mépris social ", qui leur fait parfois se
sentir " invisibles ". À moins qu’une
association, un mouvement ne les mette brusquement sur le devant
de la scène sociale, comme récemment ce fut le
cas des SDF, grâce à l’opération "
tentes " de Médecins du monde, à l’été
2006, reprise par les Enfants de Don Quichotte à la fin
de l’année 2006. Mais, en dehors de ces coups de
projecteur ponctuels et spectaculaires, notre société
semble avoir du mal à s’envisager dans sa diversité,
sa complexité et surtout ses non-dits. Habitude ? Indifférence
? Honte ? Manque de données ? C’est à toutes
ces mauvaises raisons qu’a voulu s’attaquer la vingtaine
de journalistes, sociologues, historiens, etc. qui a participé
à l’écriture de La France invisible. Dans
cet ouvrage incontournable en cette période de langue
de bois, chaque groupe
d’invisibles, classé par ordre alphabétique,
est décrit, analysé et commenté, entre
sociologie, entretiens et investigation. Dans une deuxième
partie plus théorique, ce sont les connaissances et les
représentations du monde social qui sont directement
mises en cause : elles doivent impérativement abandonner
l’idée de la " gestion sociale " pour
se recentrer sur celle de la " question sociale ".
Si elles veulent parler du monde tel qu’il est. Aline
Chambras |
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| L'économie verte expliquée
à ceux qui n'y croient pas |
| Pascal Canfin, préface de Dominique
Voynet, Les petits matins, 2007, 152 pages, 14 € |
Dialogue socratique
Tout commence quand Pascal Canfin, journaliste à Alternatives
économiques et président de la commission économique
et sociale des Verts, en route pour un week-end de novembre
en Normandie, tente de dissuader l’ami qui l’emmène
de mettre la climatisation. En vain. Conscient que les préceptes
écologiques, s’ils sont connus de tous, ne sont
pas appliqués, voire sont méprisés, l’auteur
n’a de cesse, durant ce séjour, de prouver à
ses amis, souvent très sceptiques, que l’écologie
n’est pas qu’une mode " bo-bo " mais qu’elle
porte, aussi et surtout, une vision économique et sociale
de la société.
Véritable vivier de propositions visant à faire
de l’écologie le moteur de nos sociétés
de demain, cet ouvrage expose, sous forme de dialogues pris
sur le vif, tous les aspects d’une politique soucieuse
de respecter l’humain et son environnement. Aux lecteurs
d’accoucher ou non de la fibre écolo… A.
C. |
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| janvier 2007 |
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| Le modèle suédois. Santé,
services publics, environnement : ce qui attend les Français |
| Magnus Falkehed, La petite bibliothèque
Payot, 2005, 208 pages, 8 € |
Coup de froid sur Le
modèle
À l´heure où la France a entamé une
série de réformes et de mutations diverses, ne
serait-ce que dans le domaine des services publics, il peut
être utile d´analyser comment ces transformations
non seulement changent la vie des citoyens du "laboratoire"
scandinave, mais influ-encent aussi la société,
ses structures et les valeurs qu´elle véhicule.
Cela d´autant plus que les réformes que la France
engage actuellement semblent parfois calquées, presque
jusqu´à la caricature, sur celles qui ont été
menées depuis une dizaine d´années en Suède.
" Voilà qui est clair : c’est bien une "
expédition dans le futur proche, peut-être celui
de la France " que propose Magnus Falkehed, journaliste
indépendant qui travaille en France pour des journaux
suédois.
La première partie de son livre est consacrée
aux services publics : transports, poste, éducation,
électricité, hôpitaux... Magnus Falkehed
y décortique secteur par secteur les réformes
engagées ces dernières années en Suède,
leurs conséquences et leurs aspects positifs et / ou
négatifs : " point de service postal " situé
dans le coin loto et bonbons du supermarché, femme enceinte
qui a perdu les eaux et se voit redirigée en taxi vers
un autre hôpital, flambée du prix de l´électricité
lors de l´hiver 2003, école à la recherche
d´argent qui loue ses locaux pour des soirées dansantes
le week-end, SL (les transports collectifs de Stockholm) recevant
31 687 notes de taxi en 2002 après avoir promis de rembourser
les trajets en taxi lorsque les transports avaient plus de 20
minutes de retard... À partir d´illustrations concrètes,
Magnus Falkehed dresse un panorama de la société
suédoise qui donne à réfléchir.
Le livre vivant, agréable et rapide à lire, présente
un double intérêt : il se penche sur l´impact
des réformes sur la vie quotidienne, avec de nombreux
exemples et témoignages. De plus, il opère un
aller-retour constant entre les réformes opérées
en Suède et ce que cela donnerait si elles étaient
transposées en France.Hélène
Cabioc'h |
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| La participation politique : crise ou
mutation ? |
| dossier réalisé par Bruno Denis,
Problèmes politiques et sociaux n° 927, La Documentation
française, 2006, 120 pages, 9,20 € |
Dernières questions
avant élections
Après le résultat désastreux pour les partis
et les médias dominants du référendum de
ratification du Traité constitutionnel européen
et la multiplication des actions protestataires en dehors des
traditionnels partis et syndicats, le dossier n° 927 de
Problèmes politiques et sociaux, titré La participation
politique : crise ou mutation ?, apporte les points de vue clairvoyants
des experts en sciences politiques à tous ceux qui s’interrogent
sur le devenir de la démocratie. En 120 pages se trouvent
condensées les questions se rapportant à la participation
politique en France. Découpé en trois grandes
parties (constat du déclin de la participation chez les
électeurs, militants et citoyens ; tentatives d’explication
de cette désaffection ; et enfin nouvelles formes mises
en œuvre pour redynamiser la citoyenneté, notamment
au niveau local, via la démocratie participative), ce
dossier porte le débat sur le sens de l’action
locale, ses limites, ses imperfections. Serait-elle un laboratoire
d’idées revivifiantes pour la démocratie,
ou un simple pansement sur une jambe de bois ? Un dossier qui
aide à mesurer, en somme, le fossé séparant
les pouvoirs publics des citoyens, et le chemin restant à
parcourir pour consolider les nouveaux ponts jetés entre
les acteurs de la société. n Blanche Caussanel
forcené et exclusion croissante, afin de fonder un "
nouvel humanisme ". Blanche Caussanel |
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| Devenons des médias alternatifs
! |
| Esteban, éditions Le p’tit gavroche,
2006, 366 pages, 10€ |
Altérix chez
les médias
Ce guide invite à un voyage au cœur de l’information,
non pas celle que l’on trouve habituellement dans les
kiosques à journaux, mais à travers la jungle
des médias différents. Les irréductibles
dénicheurs de presse alternative ayant commis cet annuaire
ont réussi le tour de force de recenser plus de 500 sources
d’information " hors système ", aux quatre
coins de l’hexagone, oubliant tout de même de citer
Territoires ! Le premier tiers du guide donne des pistes pour
créer son propre média, prenant pour exemple quelques
cas d’école tels que la naissance de la revue écologiste
Silence ! ou du site Indymedia, collectif regroupant des organisations
de médias indépendants. Viennent ensuite les foisonnants
contacts de revues, sites, blogs, télévisions,
radios associatives et citoyennes, classés selon une
quarantaine de thématiques touchant notamment à
l’économie sociale et solidaire. À signaler,
chez le même éditeur, la parution au printemps
prochain du guide des métiers et formations alternatives.
B. C. |
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| Pour en finir avec la démocratie |
| François Amanrich, 2006, éditions
Papyrus, 172 pages, 22 € |
Faut-il jeter les dés
?
Le hasard au secours de la démocratie ? C’est décidément
dans l’air. Patrick Braouezec l’invoquait pour désigner
le candidat antilibéral à la présidentielle
; Ségolène Royal, et d’autres avant elle,
pour composer les jurys citoyens… Dans son ouvrage "
Pour en finir avec la démocratie ", François
Amanrich développe l’idée que le tirage
au sort devrait corriger la dérive principale de notre
démocratie : elle n’est plus représentative,
simple réplique moderne de l’Ancien Régime
avec son Président-Roi et les trois ordres, nobles /
politiques, clergé / fonctionnaires et tiers-État
/ société civile.
Le fonctionnement clérocratique (du nom du procédé
athénien de tirage au sort) propose d’organiser
une nouvelle pyramide démocratique assise sur une "
base " locale. " À ce niveau seulement le vote
populaire est un vote réellement démocratique.
Tout un chacun, dans son quartier ou dans son village, est en
mesure de connaître celui pour lequel il se prononce.
" Au-delà, un système de désignation
et de tirage au sort vient empêcher les carriérismes,
les listes créées par opportunisme, les lobbies
et les prébendes. L’auteur, qui a recueilli plus
de 180 signatures dans sa course à l’Élysée,
prétend assainir les institutions et y remettre les vertus
initiales de la démocratie : égalité (d’accès
aux fonctions politiques), compétence (par l’apprentissage
progressif auprès des techniciens), indépendance
(vis-à-vis des effets de mode et des lobbies), responsabilité
(dans la réalisation d’une mission et non dans
la gestion d’un mandat).
Mais l’essentiel n’est-il pas ailleurs ? La démocratie
n’a-t-elle pas davantage besoin de repenser le contrat
social qui lie les différentes composantes de la société
? D’organiser les moyens collectifs de débat contradictoire
entre les intérêts spécifiques des uns et
des autres ? Dans le dialogue qu’il organise avec lui-même
et qui structure son ouvrage, François Amanrich paraît
bien seul face aux moulins à vent contre lesquels il
part en guerre. François Hannoyer |
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| Démocratie participative en Europe |
| dossier coordonné par Stefan Bratosin
avec la collaboration de Jean-Thierry Julia, revue Sciences
de la société, n° 69, 2006, Presses universitaires
du Mirail, 228 pages, 20 € |
État des lieux
européen
Si la démocratie participative bénéficie
en ce début de 21e siècle d’un intérêt
grandissant, dont la preuve en est la multiplication des expériences
et des discours portés par cette notion, il n’en
reste pas moins que ce concept politique et social renferme
toujours questionnements et controverses. Apparu dans les années
60 aux États-Unis, le terme de démocratie participative
désigne à l’origine le moyen permettant
" la transformation des individus par l’éducation
à la démocratie ".
Aujourd’hui, entre volonté de contrecarrer les
excès et les défaillances de la démocratie
représentative, désir d’élargir le
champ du débat public et de la citoyenneté et
espoir de transformation et d’émancipation sociale,
la démocratie participative se cherche une réalité
et une véritable définition. À travers
un tour d’horizon des différentes pratiques en
place en Europe (Belgique, Suède, Espagne, Grèce,
Roumanie, etc.), les chercheurs, ayant collaboré à
cet ouvrage, dessinent en filigrane ce que pourrait être
et faire la démocratie participative européenne
de demain. À condition que s’ouvre au plus vite
un profond dialogue sur le sens du projet politique européen.
Aline Chambras |
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| Decembre 2006 |
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| La consommation citoyenne |
| hors-série d’Alternatives économiques,
2006, 175 pages, 9,5 € |
Guide 100 % recyclable
C’est le guide le
plus complet sur le sujet que j’ai pu tenir entre mes
mains… Le hors-série pratique d’Alternatives
économiques sur La consommation citoyenne ne fait l’impasse…
sur rien. En 175 pages particulièrement claires, vous
trouverez des réponses à toutes les questions
que vous vous posez, et surtout à celles que vous ne
vous posez pas encore. Exemple : voyageant au Japon (il est
d’ailleurs conseillé de ne pas y aller en avion
: " un aller-retour Paris - Asie du Sud-Est représente
près de la moitié des émissions de gaz
à effets de serre annuelles d’un français
", page 136), vous souhaitez y acheter des souvenirs qui
ne nuisent pas à l’environnement ? Il vous faudra
donc vérifier la présence de l’écolabel
japonais, décrit page 56. Autre exemple : vous dînez
avec le responsable du développement durable du groupe
Casino (c’est un ami du beau-frère de votre cousin)
: il vous vante l’efficacité énergétique
des camions qui livrent son groupe, qui ont diminué de
35 % en cinq ans leur consommation. Ne le contrez pas frontalement,
rappelez-lui simplement que, avec l’augmentation des flux
de livraison, les émissions de gaz à effet de
serre liées au transport de marchandises vendues chez
Casino ont augmenté de 20 % depuis 2002 (page 100). Cela
se nomme l’effet " rebond ", et l’ambiance
de la fin de soirée est garantie. Garanties ? Le guide
présente plus de quarante labels, des plus sûrs
aux plus bidons, des marques, des boutiques, des sites internet,
mais aussi des voies d’actions, individuelles et collectives…
Du bio, de l’équitable, du solidaire, du responsable,
la jungle du " citoyennement responsable " est taillée
à la machette par les journalistes d’Alternatives
économiques pour que chacun puisse mieux y retrouver
ses petits et travaille sur ses contradictions de consommateur-citoyen.
Nicolas Leblanc |
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| Les classes moyennes à la dérive |
| Louis Chauvel, Le Seuil, 2006, 112 pages, 10,5
€ |
Crash de classe
Dans cet ouvrage, le sociologue Louis Chauvel étudie
le devenir des classes moyennes, groupe intermédiaire
dont le sort économique, social et culturel dans la société
est le pivot de sa bonne santé démocratique. Dans
une démonstration sans appel et en dépit des indicateurs
optimistes publiés régulièrement par l’Inséé,
et après avoir rappelé à quel point le
terme " classes moyennes " ne désigne plus
un groupe homogène, l’auteur montre par quel processus
ces couches intermédiaires sont désormais menacées
de déclassement. Selon Louis Chauvel, ce recul risque
d’entraîner la société toute entière
dans un marasme dangereux aux conséquences politiques
potentiellement désastreuses : l’espoir d’ascension
sociale ne faisant plus vivre les classes populaires, les fruits
de la croissance économique ne profitant plus qu’aux
seniors et aux élites, la mauvaise santé des classes
intermédiaires ayant perdu leur légitimité
de modèle, met en péril la société
dans son ensemble. Après avoir bénéficié
des largesses des Trente glorieuses et des révolutions
de 1968, la société française se porte
mal de n’être traitée que pour ses symptômes.
À l’approche des échéances électorales,
l’auteur invite à réfléchir sur notre
modèle de développement devenu insoutenable, entre
individualisme forcené et exclusion croissante, afin
de fonder un " nouvel humanisme ". Blanche
Caussanel |
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| Antimanuel d’économie,
tome 2 Les cigales |
| Bernard Maris, 2006, éditions Bréal,
384 pages, 21 € |
Un manuel fort bien
pourvu
Bernard Maris nous livre ici le second volet de son Antimanuel
d’économie, ouvrage didactique qui poursuit, après
l’analyse de l’existence (tome 1, Les fourmis),
celle de l’essence des lois économiques qui régissent
le monde moderne (tome 2, Les cigales). D’une manière
habile, il présente les notions essentielles de la science
économique pour mieux s’en écarter et jeter
des ponts vers l’anthropologie, la philosophie, l’histoire,
ce qui séduira tous ceux pour qui cette matière
reste rébarbative et difficile d’accès.
Une façon aussi de replacer l’humain au cœur
du débat. L’éclectisme dont fait preuve
l’auteur dans le choix des textes et illustrations qui
jalonnent cet ouvrage vient servir l’analyse militante
de ce professeur d’économie engagé. B. C. |
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| novembre 2006 |
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| Le don, une solution ? |
| Ritimo, Cap Humanitaire et Peuples solidaires,
2006, 96 pages, 6 € |
Pourquoi donner ?
Comment ne pas donner idiot, sortir du tout caritatif ? Après
nous avoir conseillés sur des vacances responsables,
le réseau Ritimo nous propose cette fois de réfléchir
au sens du don pour ne pas engendrer d’effets néfastes
en croyant aider. Dans ce petit guide pratique, Ritimo démonte
quelques bonnes vieilles idées reçues et pratiques
nuisibles. Non, le réflexe courant – et déculpabilisant
– de donner de l’argent, moyen simple, rapide et
sans contrepartie, pour soutenir sans s'impliquer, n’est
pas forcément la panacée en matière de
don. Non, toutes les associations qui récoltent des dons
ne sont pas hantées par le fantôme de M. Crozemarie.
Le chapitre " donner de l’argent " arrive d’ailleurs
en dernier au sommaire. Et non encore, tous les vieux bidules
qui ne servent plus chez nous ou sont périmés
ne feront pas forcément le bonheur des habitants du Tiers-monde.
Avaleriez-vous sans sourciller un médicament périmé
depuis plusieurs mois ? Dans ce guide, on cherche à éviter
le don inadapté, (con)-descendant, aberrant, pour aller
vers un don facteur de changement, qui s’inscrit dans
un ensemble de pratiques responsables et solidaires. Vous y
trouverez de très nombreux contacts pour agir et des
références bibliographiques pour poursuivre la
réflexion. Vous étiez déjà consom’acteur
?, devenez aussi don’acteur ! Blanche Caussanel
www.ritimo.org |
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| Dictionnaire de l’autre économie |
| sous la direction de Jean-louis Laville et
Antonio David Cattani, édition mise à jour et
augmentée, Folio, 2006, 720 pages, 10,9 € |
L’autre dictionnaire
d’économie
Développement local, économie solidaire, biens
publics mondiaux, décroissance, autogestion… Cinq
exemples de la soixantaine de concepts-clés définis
dans ce dictionnaire-encyclopédie. Il regroupe une somme
de connaissances liées à l’" autre
" économie, portées notamment par le mouvement
altermondialiste, dont les pratiques émergent depuis
plus d’un quart de siècle sans trouver suffisamment
d’échos dans les courants de pensée et médias
dominants. En mettant en lumière ce pan sous-estimé
de l’économie, sorti de l’ombre du secteur
marchand régi par les politiques néolibérales,
ce dictionnaire met en avant une multitude de représentations,
de pratiques et d’initiatives porteuses de renouveau démocratique
et de solidarité. Les articles, rédigés
par des universitaires reconnu-e-s en sciences économiques,
sociales et politiques, définissent clairement les notions
et font le lien avec des pratiques sociales innovantes. Viennent
s’y adjoindre de précieuses références
bibliographiques. Une contribution nécessaire donc, à
porter d’urgence dans le débat public. B. C |
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| Sarkozy dans le texte, connaître
pour mieux combattre |
| 2005, Réformistes et solidaires, 2005,
140 pages, 7€ |
| Un livre qui a déjà quelques
mois mais qui reste indispensable : pas cher et bien fait, il
classe les citations de l’actuel ministre de l’Intérieur
et ses faits d’armes passés par thème. On
retrouve ses amis chers (Balkany, Carignon, Tom Cruise, Devedjian…),
mais aussi ses rapports avec la double peine, l’atlantisme,
le cumul, l’islam de France, etc. En tout, 133 entrées
qui permettent à la fois de comprendre que le discours
sarkozyste dessine bien un projet de société (libéral-autoritaire)
et que l’ambition du président de l’UMP semble
sans borne. Pas forcément digeste, mais c’est comme
les médicaments : plus c’est dur à avaler,
plus c’est utile. À noter : une " mise à
jour permanente " participative est ouverte sur le site
www.re-so.net.
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| octobre 2006 |
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| L’indépendance au présent |
| Paul Néaoutyne, avec Jean-François
Corral et André Némia, préface de Didier
Daeninckx, Syllepse, 2005, 200 pages, 20€ |
La leçon kanak
Dans un long entretien, Paul Néaoutyne, qui préside
la province Nord, l’une des trois provinces à majorité
indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, nous livre,
avec précision et pédagogie, le sens de la lutte
du peuple kanak pour l’indépendance. Après
la lutte armée, le combat s’est transformé
en une négociation opiniâtre entre trois partenaires
: l’État français, qui a spolié la
terre des Kanaks il y a plus d’un siècle et demi,
le Rassemblement, qui regroupe, autour de Jacques Lafleur, ceux
qui veulent rester dans la République, à 20 000
kilomètres de Paris, et le Front de libération
kanak socialiste, qui a entrepris, autour de Jean-Marie Tjibaou
puis, après sa disparition brutale, de Paul Néaoutyne,
de recouvrer la pleine souveraineté du peuple kanak sur
son territoire. Après les accords de Matignon, et le
référendum qui engage le peuple français
tout entier dans le respect d’un calendrier, il y a eu
les accords de Nouméa, qui jalonnent le chemin devant
conduire en 2016 le choix du peuple kanak et de ceux qui partagent
avec lui son existence, depuis parfois trois générations.
Au fil d’un discours simple et direct, le lecteur comprend
que ce qui est en jeu, c’est davantage que l’indépendance
politique, souhaitée par les représentants du
peuple kanak. Dans un monde dominé par la puissance de
l’argent, le choix que nous présente Paul Néaoutyne
est un combat de survie de l’humanité. À
quelles conditions pourrons-nous décider pleinement de
l’avenir de nos territoires, sans les mettre en péril
? Paul Néaoutyne nous donne une leçon de réalisme
sans abondonner l’essentiel. Un essentiel qui nous concerne
doublement, en tant que citoyens français et citoyens
du monde. Gérard Logié |
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| Jouer le conflit |
| Yves Guerre, L’Harmattan, 2006, 200 pages,
17,5 € |
Yves Guerre nous fait une proposition alléchante
: devenir les " dieux que nous n’aurions jamais dû
cesser d’être ". Difficile de refuser. Son
ouvrage ne porte pourtant pas sur la mythologie contemporaine.
Il s’agit en fait d’un excellent " guide "
pour (enfin) comprendre le théâtre-forum, sous
toutes ses formes : d’où il vient, ce qu’il
est, comment le penser, comment le pratiquer.
Car, en sus de la pensée politique qu’Yves Guerre
sait si bien rattacher à la pratique de son art, le livre
nous offre des éléments concrets pour mettre en
pratique le jeu comme composante de l’établissement
d’une dynamique de groupe – forcément émancipatrice
et transformatrice. Indispensable si l’on veut savoir
de quoi on parle en évoquant cette forme, devenue incontournable,
du traitement politique de la conflictualité. N. L. |
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| Septembre 2006 |
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| L’illusion de l’ordre. Incivilités
et violences urbaines : tolérance zéro ? |
| Bernard Harcourt, Descartes & Cie, 2006,
140 pages, 20 € |
Violence de la tolérance
zéro
Le livre de Bernard Harcourt, professeur de droit à l’université
de Chicago, part d’un constat simple : tout le monde s’accorde
à dire que la théorie de la vitre brisée
est juste. Il s’agit de l’idée selon laquelle,
dans un quartier où les " désordres "
s’installent, la criminalité va fleurir. Autrement
dit, si on laisse les incivilités et autres dégradations
du cadre de vie impunies, on dévalorisera l’ordre
et l’autorité publique, et on encouragera les comportements
criminels. De cette " théorie ", énoncée
en 1982 par Kelling et Wilson, et que ce dernier désigne
aujourd’hui comme une " intuition " non vérifiée,
découle une politique, celle de la " tolérance
zéro ". Puisque la délinquance se répand
par contagion, à partir des désordres quotidiens,
supprimons sans répit ces derniers pour " assécher
" le mouvement vers la criminalité. Des villes américaines
ont testé : ça marche, c’est formidable
; et l’exportation massive vers l’ensemble des Sarkozy
du globe est prête. Sauf que rien n’est aussi simple,
et que ça commence à se savoir. D’abord,
la " théorie " : elle n’a jamais été
vérifiée et, pire, tous les éléments
existants montrent qu’il n’y a pas de corrélation
directe entre désordre et délinquance. S’ils
ont le même terreau, la misère sociale, ils ne
s’influencent pas entre eux. Ensuite, l’exemple
phare : New York, années 90, le maire met en œuvre
la tolérance zéro, et " nettoie " les
quartiers un à un.
Le résultat spectaculaire se diffuse dans le monde entier
mais ne doit rien à la tolérance zéro.
Bernard Harcourt expose les autres facteurs explicatifs et montre
comment les variations des chiffres de l’insécurité,
à New York et dans d’autres villes américaines,
sont déconnectées de cette politique qui continue
à séduire les élus, alors que les scientifiques
savent son incohérence. Mais la partie la plus intéressante
du travail de Bernard Harcourt est la mise en lumière
des effets secondaires de la tolérance zéro. Il
s’agit non seulement du coût des politiques de sécurité
et de l’explosion des violences policières et des
discriminations ethniques, mais aussi plus profondément
de ce qu’il nomme " la création du sujet "
: " Quand nous évaluons les stratégies policières
et les pratiques répressives, nous devons réfléchir
à leur impact sur notre conscience sociale, nos jugements,
nos souhaits. Nous devons les considérer d’un œil
critique, non seulement pour évaluer leur efficacité,
pour en comprendre la signification sociale, mais aussi et surtout
pour examiner comment elles vont nous formater en tant qu’individus.
Nos références conceptuelles prennent forme au
regard des pratiques policières de notre vécu.
" En un mot : devons-nous laisser au chef de la police
de New York le soin de déterminer et de hiérarchiser
universellement les normes sociales en vigueur ? Que ceux qui
sont pour déménagent à Neuilly. N. L. |
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| juin 2006 |
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| Un drap sur le Kilimandjaro, Chroniques
vertes et vagabondes |
| Pascal Dessaint, Rivages, 2005, 5 € |
Chroniques à
lire le nez en l’air
L’auteur est quasiment devenu un incontournable des polars
contemporains. Dans ce court recueil de chroniques, il est dans
un tout autre registre. Il écrit sur lui-même,
sa compagne, ses amis et sur leurs rapports à la nature.
Fana de balades et d’oiseaux notamment, il entame son
livre par un rappel qui, simplement lu et " avalé
" par notre cerveau peut faire froid dans le dos : "
Vingt minutes, c’est le temps désormais qui s’écoule
entre la disparition d’une espèce, animale ou végétale,
et une autre. Il y a quinze ans, il disparaissait une espèce
tous les trois mois, un rythme qui était déjà,
selon les écologues, douze mille fois supérieur
à la normale. "
Mais, malgré cette entame et la belle phrase de Philippe
Léotard mise en exergue, " Qu’est-ce que nous
avons fait de la beauté du monde ? ", ce court roman
est gai, virevoltant, documenté et au final vraiment
agréable à lire.
Il parle de la nature que chacun peut observer quotidiennement,
de notre rapport aux sites naturels. Il donne envie de se balader,
plutôt en vacances " paysannes " ou " solidaires
". Les dialogues et les réparties sont réjouissants,
certains hilarants. Et quelques pages sont à recopier
ou à mémoriser comme, par exemple, le texte de
son ami Maurice : " Dans cette maison, nous appliquons
le protocole de Kyoto. " Un petit livre à offrir
pour montrer qu’écologie au quotidien ne rime pas
avec ennui. Mathieu Glaymann |
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| Nous, femmes sans frontière |
| Thierry Maricourt, Licorne / L’Harmattan,
2006, 17 € |
Belles du Plateau
Il est toujours difficile de réaliser un livre à
partir de témoignages multiples ou d’ateliers d’écriture.
L’accueil fait à de telles productions est souvent
empreint, au pire, de condescendance, au mieux, d’une
volonté du lecteur qui s’apparente à de
la bonne conscience, assez éloignée d’une
vraie envie de lecture. Ceci constitue souvent une erreur, et
nous fait passer à côté de quelques textes
éclairants, humains et vivants. C’est le cas de
cet ouvrage, écrit par le romancier et essayiste Thierry
Maricourt. " Rends-nous belles ", lui ont demandé
les femmes du Plateau Rouher, à Creil. Des femmes "
sans frontières ", comme le nom de l’association
qui les réunit et qui porte ce projet de livre, comme
leurs origines et comme leurs espoirs. Thierry Maricourt organise
leur témoignage (la France, l’arrivée, la
vie dans le quartier, le poids des coutumes, l’avenir,
etc.), mais les met aussi en résonance avec sa propre
histoire, celle de son enfance, de sa jeunesse à La Courneuve,
celle de son identité d’écrivain à
l’œuvre imprégnée d’humanité,
tout comme les vies vécues de ces femmes de Creil. N.
L. |
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| 100 propositions du Forum social mondial |
| Arnaud Blin, Larbi Bouguerra, Antonio David
Cattani, Estelle Granet, Pierre-Yves Guihéneuf, Yves
Hardy, Andreas Hernandez, Véronique Kleck, Caroline MacKenzie,
Paulo Vizentini et Marco Weissheimer, éditions Charles
Léopold Mayer, 2006, 18 € |
Une autre fin d’été
est possible !
Puisque les deux livres précédents ne vous tiendront
pas tout l’été, en voici un troisième
que vous pourrez vous réserver pour les jours qui précèderont
votre retour au travail. D’abord parce qu’il vous
permettra de vous réhabituer à penser (vous verrez,
ce sera sans doute utile), ensuite parce que, ce qui tombe à
point pour conclure des vacances, il vous emmènera en
voyage autour de la planète. De l’" alterplanète
", en fait, puisque ces 100 propositions du Forum social
mondial font un point on ne peut plus utile sur les alternatives
mises à jour par le Forum social mondial de 2005. Des
onze espaces thématiques, onze envoyés spéciaux,
femmes et hommes de différentes nationalités,
résument, contextualisent, expliquent et analysent les
avancées intellectuelles ou pratiques que l’on
peut retirer de ce rassemblement (presque) planétaire.
Sur l’économie, les savoirs, la démocratie,
la paix, la communication, etc., l’ouvrage offre un démenti
fort à ceux qui pensent que les alters passent leur temps
à " refuser " sans rien " proposer ".
Et pour ceux qui le savaient déjà, l’ouvrage
est un vrai memento de chantiers à ouvrir, de réflexions
à mener. Last but not least, pour ceux qui prétexteraient
qu’ils sont en voyage à l’étranger
tout l’été pour ne pas le lire, sachez qu’il
est publié simultanément en portugais, en anglais,
en français et en espagnol par un réseau international
d’éditeurs indépendants. N. L. |
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| mai 2006 |
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| Ville, action " citoyenne "
et débat public |
| Revue Espaces et sociétés n°
123, éditions Érès, 2005, 200 pages, 25
€ |
Espaces et débats
publics
Bordeaux, Tours, San Diego : trois villes si dissemblables,
incomparables, trois illustrations de la mauvaise forme du débat
public. Dans ces trois villes, les associations, les si complexes
" simples " citoyens et les minorités y peinent
respectivement à trouver dans les autorités publiques
un interlocuteur avec lequel co-construire la ville. Instrumentalisation,
incompréhension, rétrécissement de l’espace
public…, les articles de Sandrine Rui, Agnès Villechaise-Dupont
(Bordeaux), Hélène Berthelen, Catherine Neveu
(Tours) et Emmanuelle Le Texier (San Diego) éclairent
sans fard des instances et des processus de " concertation
" pour
certains mal ficelés, pour d’autres malveillants.
Mais aucune de ces auteures n’oublie de montrer combien
la société civile et les citoyens tentent de trouver
leur place " malgré tout ", revendiquent une
place de discutant, apprennent, s’organisent, essayent.
On notera aussi dans ce numéro d’Espaces et sociétés
un article de Bruno Sabatier sur les résidences fermées
à Toulouse, présentées comme un élément
de construction de la " ville privée ". Un
phénomène qui n’est pas du tout éloigné
de la question du débat – et donc de l’espace
– public, et de sa régulation démocratique.
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| Ville, quartiers, banlieues, Les ressources
des habitants |
| Revue Économie & Humanisme n°
376, 120 pages, 13 € |
Viens dans les quartiers
Ce dossier se compose de trois parties : quelles sont les grandes
ressources des habitants des quartiers populaires ?, pourquoi
ne se développent-elles pas au grand jour ?, que faire
pour un développement participatif des quartiers ? De
très nombreuses contributions en font un dossier, certes
un peu inégal, mais tout de même important dans
le mouvement actuel de retour en compréhension sur les
évènements de novembre 2005. Là où
Territoires faisait un pas de côté pour replacer
les banlieues dans la situation générale des métropoles
(n° 467, L’archipel urbain à l’épreuve
de l’implosion sociale), Économie & Humanisme
se place au centre du problème avec ce thème des
ressources des habitants des quartiers. Une vision complémentaire
où l’on ne ratera pas par exemple les analyses
de Marc Hatzfeld sur la culture des cités ou d’Olivier
Masclet sur le silence politique des quartiers. |
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| Jeunes des quartiers populaires, construction
de l’identité image et autonomie |
| Les cahiers de Profession banlieue, 2005, 130
pages, 13,5 € |
| Ce Cahier retrace un cycle de qualification
du centre de ressources politique de la ville de Seine-Saint-Denis
datant de mars 2005, ce qui ne l’empêche pas de
s’inscrire en pleine actualité, au contraire. Car
la compréhension des choses essentielles est toujours
d’actualité ! Et pour essentielles, les questions
posées par cet ouvrage le sont, tout autant que les réponses
apportées sont claires et riches. Les éclairages
de Marc-Olivier Padis sur l’émergence de la catégorie
" jeunesse " et de Cyprien Avenel sur la construction
de l’image des " jeunes des cités " sont
précieux, et rappellent combien il est dangereux de véhiculer
des catégories fourre-tout et des images simplistes et
généralisantes des " jeunes de banlieues
". S’en suit deux textes sur la construction identitaire
des jeunes, en confrontation entre les générations
et entre les sexes. Puis, dans son article sur l’accès
à l’autonomie, Vincent Cicchelli nous donne une
clé : " Ce que l’on pourrait déplorer
aujourd’hui, ce n’est nullement un déficit
de connaissance sur les jeunes – on n’a jamais disposé
d’une telle quantité de données sociales
portant sur eux –, c’est en revanche une plus grande
difficulté à analyser la jeunesse du fait de cette
circularité des savoirs. " Pour le sociologue, les
jeunes sont la cible de discours politiques, médiatiques
aussi bien que scientifiques, et les trois se combinant, les
résultats en sont des visions particulièrement
ambiguës. D’où l’importance des deux
questions posées en introduction de cet ouvrage : que
transmettre aux jeunes générations et comment
aider les jeunes à prendre place dans la société?
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| Avril 2006 |
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| Le pouvoir local ou la démocratie
improbable |
Michel Koebel, éditions du Croquant,
coll. Savoir / agir, 2006, 10 €
Lire l'interview de l'auteur |
Le livre gris de la
démocratie locale
Voici un ouvrage court, simple à lire, et stimulant.
Il résume les principaux travaux qui ont été
réalisés ces dernières années sur
les difficultés et les ambiguïtés de la mise
en œuvre de la démocratie représentative.
Sa tonalité générale est clairement pessimiste.
L’Adels et Territoires sont d’ailleurs égratignées
au passage pour leur excès d’optimisme. "
Les descriptions et les analyses sont souvent victimes de l’enthousiasme
militant et du souci de valoriser les (trop rares) expériences
[de participation] réalisées. Cet enthousiasme
conduit à en exagérer les aspects positifs et
à en ignorer les limites, accréditant la croyance
en des avancées démocratiques sur l’ensemble
du territoire, alors qu’il ne s’agit que d’un
nombre limité de communes exemplaires. " Voici un
beau sujet de débat avec nos lecteurs. Par ailleurs,
une attaque maladroite qui révèle une information
insuffisante sur un supposé soutien de la revue à
une candidate socialiste décrédibilise les propos
de l’auteur. On sait très bien que l’Adels
ne fait campagne ni pour ni contre aucun candidat. Mais revenons
à ce qui fait l’intérêt du livre.
La première partie de son analyse concerne les élus.
Michel Koebel montre que l’accès au pouvoir est
très fortement inégalitaire et que la sélection
sociale et la professionnalisation des élus
locaux s’accroissent. Le droit, comme les pratiques, encouragent
le pouvoir personnel, facilement autocratique, au détriment
de toute collégialité. " Pour conserver le
pouvoir conquis et se faire réélire, les élus
doivent à la fois contrôler l’image qu’ils
donnent d’eux-mêmes et de leur politique, maîtriser
la gestion de l’administration et des finances locales,
contrôler les associations, les groupes d’intérêt,
les notables
locaux, par des subventions, des prêts de locaux, des
services rendus (implicitement échangés contre
leur allégeance). " Description d’un clientélisme
généralisé. Mais l’auteur n’est
pas plus tendre pour les citoyens. " C’est au moment
où les élus locaux brandissent leur plus grande
familiarité avec les problèmes des habitants que
les élections locales se vident de leurs électeurs…
".
Même constat du côté des dispositifs de concertation
et de participation : " Tout un marché de la démocratie
locale s’est déployé de façon exponentielle.
" Mais comme les élus cherchent de plus en plus
à instrumentaliser les associations, à les pousser
dans une logique d’entreprise, sous-traitantes des politiques
locales, la communication locale est contrôlée
et l’information diffusée par le pouvoir n’est
que rarement un instrument de pédagogie citoyenne, sombrant
dans l’autojustification et l’autosatisfaction.
De même, l’administration locale, avec son taux
croissant de personnel contractuel, est présentée
comme soumise au pouvoir du patron de droit divin incarné
par le maire. Les instances participatives, thématiques
ou de quartier, ne disposant d’aucun pouvoir réel
de décision, elles illustrent dès lors un simulacre
d’écoute de la parole d’une faible partie
des habitants. Chaque idée, chaque affirmation de ce
livre s’appuie sur des références à
des travaux de sociologie politique et à des statistiques.
L’auteur n’a pas peur de gratter avec vigueur toutes
les plaies actuelles de la démocratie locale. Mais est-ce
le meilleur moyen d’acheminer le système vers une
quelconque guérison ? En effet, nous pourrions mettre
en face de chacune des affirmations de ce livre des contre-exemples
qui nous rendraient moins affligés. Georges Gontcharoff
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| Les figures de l’écologie
politique |
| revue Écorev n° 21, décembre
2005, 112 pages, 8 € |
Courants alternatifs
et renouvelables
Le dernier numéro d’Écorev balaie une grande
partie de l’histoire de l’écologie politique,
avec notamment une interview passionnante d’André
Gorz, des extraits de textes ou de publications déjà
parus de Cornélius Castoriadis sur " la force révolutionnaire
de l’écologie " et d’Herbert Marcuse
sur " l’utopie de la science et des techniques ".
Et une masse de portraits, notamment de René Dumont,
Serge Moscovici, Solange Fernex, de l’Indienne Vandana
Shiva ou de la Kenyane Wangari Maathai. Et des lieux (Plogoff,
le Larzac, Tchernobyl…) significatifs ou l’histoire
de mouvements (Confédération paysanne, Greenpeace…).
Avec forcément quelques oublis, en particulier le Brésilien
Chico Mendes ou Peter Garett, et pas un mot sur les Grünen.
Ce document, très bien fait et illustré de manière
vivante avec des documents d’époque, montre bien
qu’" en partant de la critique du capitalisme, on
arrive immanquablement à l’écologie politique
qui, avec son indispensable théorie critique des besoins,
conduit en retour à approfondir et radicaliser encore
la critique du capitalisme " (André Gorz). Comme
souvent chez les écologistes, le numéro est gâché
par un article " pour une spiritualité militante
" de Starhawk, mélange de magie, néo-paganisme
et outils militants de sorcière (sic). À lire,
malgré cet article, pour mieux appréhender l’un
des courants politiques récents les plus vivants et divers.
Mathieu Glaymann |
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| Mars 2006 |
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| La fracture coloniale - La société
française au prisme de l’héritage colonial |
| n° 67, décembre 2005, sous la direction
de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, La
Découverte, 2005, 310 pages, 20 € |
Déconstruire
l’imaginaire colonial
L’actualité des banlieues et des " bienfaits
de la colonisation " a au moins un mérite : elle
donne une publicité inespérée à
un certain nombre d’ouvrages récents qui abordent
le passé colonial de la France. Il en est de très
distanciés, d’autres très idéologiques
: tous mettent en débat dans l’espace public les
séquelles profondes de l’histoire coloniale dans
la société d’aujourd’hui. La fracture
coloniale, ouvrage collectif, émerge incontestablement
parmi ces publications. La France demeure hantée par
son passé colonial, sur fond de nostalgie de grandeur,
notamment par ce rapport complexe à l’" Autre
", hier indigène, aujourd’hui " sauvageon
". Partant d’une enquête conduite à
Toulouse, les trois coordinateurs de l’ouvrage auscultent
les prolongements contemporains de ce passé à
travers les différentes expressions de la fracture coloniale
qui traversent aujourd’hui la société en
réunissant une vingtaine de contributions, toutes passionnantes.
Parmi elles, on note celle de Marcel d’Origny sur l’indépendance
d’Haïti et son occultation, la charge précise
d’Olivier Le Cour Grandmaison sur la réhabilitation
du passé colonial de la France, le nouveau regard apporté
par Thomas Deltombe (voir ci-dessous) et Mathieu Rigouste sur
l’ennemi intérieur et la construction médiatique
de la figure de l’" Arabe ", ou encore Didier
Lapeyronnie, avec " La banlieue comme théâtre
colonial ". Ni repentance, ni autoflagellation, ni accusation
: juste un ouvrage passionnant, très accessible, qui
traite de la société française comme société
post coloniale ; un outil essentiel du travail de la société
sur elle-même et une affirmation essentielle pour les
Français des " minorités visibles "
: voir enfin leur histoire prise en compte. Jacques Picard |
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| L’islam imaginaire. La construction
médiatique de l’islamophobie en France - 1975-2005 |
| Thomas Deltombe, La Découverte, 2005,
380 pages, 22 € |
Médias déformants
Thomas Deltombe, journaliste indépendant, s’est
plongé dans les archives de la télévision
française et a passé au crible les journaux télévisés
et les principales émissions consacrées à
l’Islam depuis trente ans. De la révolution iranienne
de 1979 au 11 septembre 2001 ; du foulard à la seconde
guerre d’Algérie ; de la marche des Beurs à
l’institutionnalisation de l’Islam de France, il
rapporte un récit de voyage au cœur de la machine
à façonner l’imaginaire. Décortiquant
dérapages et manipulations, étudiant certaines
déclarations ahurissantes, mais aussi les tentatives
authentiques de sortie du conformisme, Thomas Deltombe montre
comment le petit écran a fabriqué un " islam
imaginaire ". |
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| Un bon coup de wassingue ! |
| La Wassingue , 1 € |
Sous-titré " Le torchon des arts
méningés ", voici sorti le premier opus de
La Wassingue. Ne cherchez ni à la droguerie, ni au kiosque,
ce ch’ti journal qui pose des grandes questions et qui
se présente lui-même comme un journal citoyen à
parution aléatoire, est dispo à Lille et à
Tourcoing, (et sur http://wassingue.info).
La wassingue (" la serpillière ", pour les
gars et les filles du Nord…) essuie ses pieds sur les
OGM et frotte notre intérêt avec notamment deux
très bons dossiers sur " vivre avec 400 euros pas
mois " et les réfugiés de Calais.
Et comme s’y ajoute de la poésie, de très
bons dessins, un micro-trottoir imaginaire et instructif ("
Comment faire la révolution ? ") et un cadeau de
très bon
goût (une boîte d’Antisarkosique à | | |