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La formation et l'accompagnement au service de la création et de la reprise d'entreprises, Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr) n° 204, 2010, coordonné par Nelly Schutz-Stephan et Joseph Gautier, ? pages, 20 €
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Quarante ans d’urbanisme. Clés pour le présent, Patrick Criqui, Benoît Faraco, Julien Damon et Michel Micheau, L’Aube, 2010, 240 pages, 20€
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Total impunité – Les dessous d’une multinationale au dessus de tout soupçon, Jean-Philippe Demont-Pierot, Respublica éditeur, 2010, 260 pages, 18,9€
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Les associations face aux mutations du monde rural, revue Pour, Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr), n° 201, coordonné par Jean-François Ayats, Sophie Rouault, Serge Cordellier, Jacqueline Mengin et Christophe Jamet, octobre 2009, 176 pages, 20€
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Petit dictionnaire des mots de la crise, de Philippe Frémeaux illustré par Gérard Mathieu, éditions Les petits matins / Alternatives économiques, 2009, 140 pages, 12€
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Notre usine est un roman, Sylvain Rossignol, La Découverte poche, 2009, 12 €
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Nauru, l’île dévastée, Comment la civilisation capitaliste a anéanti le pays le plus riche du monde, La Découverte, 2009, 152 pages, 12 €
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Ma mondialisation, de Gilles Perret, Mécanos production et La vaka, distribué par Les films du paradoxe, DVD 19,5 €
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La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale, Pierre Dardot et Christian Laval, La Découverte, 2009, 504 pages, 26 €
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Monnaies régionales, de nouvelles voies vers une prospérité durable, Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, éditions Charles-Léopold Mayer, 2008, 20 €
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Essai sur l'oeconomie, Pierre Calame, éditions Charles-Léopold Mayer, 2009, 588 pages 25 €
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Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf, Seuil, 2009, 160 pages, 14 €
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Bonheur national brut, film de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Fokus 21, 2009, 68 minutes, 20€
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Comment démarrer en mutualisation, ouvrage collectif de l’AMI (Ateliers mutualisés pour un usage social de l’information), 2008, 129 pages, 12 €
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La folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?, Thierry Paquot, Bourin éditeur, 240 pages, 2008, 19€ Lire
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La République et ses territoires,
la circulation invisible des richesses, Laurent
Davezies, Le Seuil, La République des idées,
2008, 96 pages, 10,50 €
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L’argent caché de l’Élysée,
René Dosière, Le
Seuil, 2007, 178 pages, 17 €
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Les banques coopératives en France, le défi
de la performance et de la solidarité, Patrick
Gianfaldoni, Nadine Richez-Battesti, L’Harmattan,
2006, 294 pages, 25 €
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Le bizness, une économie souterraine, Nasser
Tafferant, Presses universitaires de France, 2007, 180
pages, 22 €
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La concertation dans les projets de pôles d’échange,
Cértu, 2006, 44 pages,
20 €
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Antimanuel d’économie, tome 2 Les cigales,
Bernard Maris, 2006, éditions
Bréal, 384 pages, 21 €
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La consommation citoyenne, hors-série
d’Alternatives économiques, 2006, 175 pages,
9,5 €
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Le don, une solution ?, Ritimo,
Cap Humanitaire et Peuples solidaires, 2006, 96 pages,
6 €
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Dictionnaire de l’autre économie,
sous la direction de Jean-louis
Laville et Antonio David Cattani, édition mise
à jour et augmentée, Folio, 2006, 720 pages,
10,9 €
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Guide de la consommation responsable et solidaire en Paca,
Apéas, 2005, 114 pages,
8 €
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Acteurs et initiatives solidaires. 1er annuaire de la
Haute Vallée de l’Aude
Base Sud Audois, 2005,
5€
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Évolution de l’accueil du jeune enfant.
La valeur ajoutée de l’économie sociale
et solidaire, recueil d’expériences
Chambres régionales
de l’économie sociale Bretagne, Pays de la
Loire et Poitou-Charentes, 2004, 190 pages, 10 €
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Comment s’éduquer à une économie
plus solidaire ?
Mouvement pour le développement
solidaire (MDS), 2005, 48 pages, 4 € port compris
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Alter-éco… économie plurielle et travail
social
coordonné par Évelyne
Piednoir, Le Sociographe n° 16, janvier 2005, 125
pages, 10 € Lire
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Catalogue des exposants du 3e Forum régional pour
l'économie sociale et solidaire (3 - 4 octobre
2003)
édité par
l’Adepés (Agence pour le développement
et la promotion de l'économie solidaire en Midi-Pyrénées),
2003, 8,48 € (frais de port compris)
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France, Europe : quels regards sur la jeunesse ?,Les Cahiers de Profession Banlieue, 2010, 166 p, 13,5 €
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Une tombe au creux des nuages – Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui, Jorge Semprún, Flammarion, collection Climats, 2010, 328 pages, 19 €
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Torturer made in USA, Marie-Monique Robin
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Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main, Joaquim Melo , avec Elodie Becu et Carlos de Freitas, éditions Michel Lafon, 2009, 284 pages, 17,95 €
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Comprendre le monde. Introduction à l’analyse des systèmes-monde,Immanuel Wallerstein, La Découverte Poche, 2009, 173 pages, 8 €
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Repères pour un développement humain et solidaire,Paul Houée, éditions de l’Atelier et éditions ouvrières, 2009, 254 pages, 22€
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Dieu n'est pas un paysan, Mamadou Cissokho, Présence africaine / Grad, 2009, 296 pages348 pages, 20 €
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Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, sous la direction de Adame Ba Konaré, La Découverte, 2008, 348 pages, 22 €
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Acteurs et territoires du Sahel. Rôle des mises en relation dans la recomposition des territoires, Abdoul Hameth Ba, ENS éditions, 2007, 16 €
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Manuel de l’antitourisme, Rodolphe Christin, éditions Yago, 2008, 126 pages, 15€
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Africa Trek 1, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Cap au Kilimandjaro et Africa Trek 2, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Kilimandjaro au lac de Tibériade, Sonia et Alexandre Poussin, 571 et 762 pages, Pocket, 2007, 7,7 € chacun
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Comment la France a perdu l’Afrique, Antoine Glaser et Stephen Smith, Hachette Littératures Pluriel actuel, 2006, 280 pages, 8,40€
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Participations citadines et action publique : Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa, sous la direction d'Olivier Legros, coédition Adels/Yves Michel, 2008, 209 pages 22€
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Altermondialiste, moi ?, nouvelle
édition augmentée, Ritimo, Artisans du
monde et Crid, 2008, 108 pages, 6€
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Ingrid, Sergio Coronado,
Fayard, 2008, 284 pages, 18 €
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Le petit alter, dictionnaire
altermondialiste, Attac,
éditions Mille et une nuits, 2006, 396 pages,
20 €
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La place des habitants dans les politiques urbaines
en Europe, Actes de
la rencontre du 21 Juin 2005, Profession Banlieue, 2007,
89 pages, 18,50 €
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Effondrement. Comment les sociétés décident
de leur disparition ou de leur survie, Jared
Diamond, Gallimard, NRF Essais, 2006, 640 pages, 29,50
€
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Démocratie participative en Europe,
dossier coordonné
par Stefan Bratosin avec la collaboration de Jean-Thierry
Julia, revue Sciences de la société, n°
69, 2006, Presses universitaires du Mirail, 228 pages,
20€
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Le modèle suédois. Santé, services
publics, environnement : ce qui attend les Français,
Magnus Falkehed, La
petite bibliothèque Payot, 2005, 208 pages, 8
€
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100 propositions du Forum social mondial,
Arnaud Blin, Larbi Bouguerra,
Antonio David Cattani, Estelle Granet, Pierre-Yves Guihéneuf,
Yves Hardy, Andreas Hernandez, Véronique Kleck,
Caroline MacKenzie, Paulo Vizentini et Marco Weissheimer,
éditions Charles Léopold Mayer, 2006,
18 €
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Gestion de proximité et démocratie participative.
Une perspective comparative,
sous la direction de
Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey
et Yves Sintomer, , La Découverte, Coll. Recherches,
2005, 314 pages, 28,50€
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Dépression sur le Sud Caucase, Voyage entre guerre
et paix
Bernard Dréano,
éditions Paris Méditerranée, 2003,
180 pages, 15 €
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Pouvoirs, revue internationale Sud/Nord folies &
cultures n°20
éditions érès,
190 pages, 19 €
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Clés pour une éducation au développement
durable
Bruno Riondet, Hachette
éducation-CRDP Poitou Charentes, 2004, 142 pages,
11,45€
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Fils de novembre. Témoignage pour le cinquantenaire
du 1er novembre 1954
Smaïl Goumeziane,
Paris-Méditerranée / Edif 2000, 2004,
350 pages, 20€
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Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie
Marion Gret et Yves Sintomer, nouvelle édition, La Découverte,
2005, 140 pages, 7,5 €
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Journal de guerre d'un pacifiste, Bouclier humain à
Bagdad
Nadir Dendoune, préface
de Stéphane Hessel, 100 pages, 15 €, 2004,
CFD-éditeur, Le patio éditeur
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Dynamiques locales et mondialisation
coordonné par
Michel Rautenberg, Cahiers lillois d’économie
et de sociologie, L’Harmattan, 2003 200 pages,
16,8 €
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Le mouvement altermondialiste
Eddy Fougier, revue
Problèmes économiques et sociaux, n°897,
février 2004, 110 pages, 9 €
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L’asile en France et en Europe.
État des lieux
2004, IVe rapport annuel de Forum réfugiés,
juillet 2004, 165 pages, 13 €
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culture, santé |
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discriminations, interculturel |
Les transports, la planète et le citoyen, Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon, Rue de l’échiquier, 2010, 192 pages, 12€
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Les États et le carbone, Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, Puf, 2009, 330 pages, 15€
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Antimanuel d’écologie, Yves Cochet, éditions Bréal, 2009, 310 pages, 21€
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La fièvre de l’or, documentaire d’Olivier Weber, éditions France Télévisions, octobre 2008, 91 minutes
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Un climat d'injustice. Crise et inégalités écologiques, revue Mouvements des idées et des luttes, n° 60, octobre - décembre 2009
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Territoire et développement durable. Diagnostic, François Besancenot, L’Harmattan, 2009, 472 pages, 39 €
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L’atlas mondial de l’eau, David Blanchon, Autrement, 2009, 79 pages, 15 €
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L’eau, pour une culture de la responsabilité, Antoine Frérot, Autrement, 2009, 193 pages, 20 €
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Éco-quartiers en Europe, Philippe Bovet, Terre vivante, 149 pages, 29 €
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La ville autrement, Alternatives économiques, hors-série n°39, juin 2009, 144 pages, 9,5 €
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Les écoquartiers, Pierre Lefèvre et Michel Sabard, éditions Apogée, 261 pages, 21€
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L’empreinte écologique, Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, Repères La Découverte, 2009, 128 pages, 9,05 €
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Le retour à la terre, tome 5 Les révolutions, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, 2008, 48 pages, 10,40 €
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Habitat groupé : écologie, participation, convivialité, Christian La Grange, Terre vivante, 2008, 144 pages, 27 €
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La politique culturelle à Rennes, 1977-2008, Mémoires et réflexions, Martial Gabillard, Éditions Apogée, 704 pages, 2008, 25 €
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Les trois cosmonautes et autres contes, Eugenio Carmi et Umberto Eco, Grasset jeunesse, 2008, 96 pages, 17,90 €
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Cuisine bio pour fruits de saison, Terre vivante, 2008, 160 pages, 16 €
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Les guerres de mémoires. La France et son histoire, sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, La Découverte, 2008, 335 pages, 20 €
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Honorine Perino, produit par Rés’OGM Info, DVD 1h30, 15 € pour les particuliers ; associations et collectivités : contacter Rés’OGM au 04 78 42 95 37
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Le monde selon Monsanto : de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Marie-Monique Robin, La Découverte / Arte Editions, 2008, 370 pages, 20 €. Le DVD est disponible sur www.arteboutique.fr et chez Nature & Découvertes
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Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial, Lester R.Brown, Calmann Lévy / Souffle Court éditions. 2007, 400 pages, 20€
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La fin du progrès, Ronald Wright, Naïve éditions, 2006, 136 pages 16 €
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Le tourisme autrement, hors-série
pratique d’Alternatives économiques, mars
2008, 9,50,€
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Pour un nouvel urbanisme, la ville au cœur du développement
durable, Denis Clerc,
Claude Chalon, Gérard Magnin et Hervé Vouillot,
Coédition Adels et Yves Michel, 2008, 160 pages,
15 €
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Paysans, un tour de France de l’agriculture durable,
Jacques Grossard, vendredi
treize éditions, collection Urban’s guide,
2007, 96 pages, 9,9 € ,
www.transboreal.fr
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Huit villes à découvrir en Île-de-France.
Plaine Commune (Saint-Denis, Villetaneuse, Stains, Aubervilliers,
La Courneuve, L’Île-Saint-Denis, Épinay-sur-Seine,
Pierrefitte-sur-Seine), Jacques
Grossard, vendredi treize éditions, collection
Urban’s guide, 2007, 96 pages, 9,9 €
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Changer la vie ? Les classes moyennes et l’héritage
de mai 68, Marie-Hélène
Bacqué et Stéphanie Vermeersch, éditions
de l’Atelier, octobre 2007, 176 pages, 18 €
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Imaginaires de l’eau, imaginaire du monde, dix regards
sur l’eau et sa symbolique dans les sociétés
humaines, ouvrage coordonné
par Hana Aubry, La Dispute, 2007, 250 pages, 6,10 €
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Media Crisis, Peter Watkins, Homnisphères,
nouvelle édition 2007, 240 pages, 12
€
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La femme du ministre, Gérard
Delteil, L'Archipel, 2007, 362 pages, 20,95€
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Amiante, chronique d’un crime social, collectif,
Septième choc éditions,
2005, 15€ (10 % du prix est reversé à
l’association de défense des victimes de
l’amiante : bdamiante@yahoo.fr)
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L’économie verte expliquée à
ceux qui n’y croient pas, Pascal
Canfin, préface de Dominique Voynet, Les petits
matins, 2007, 152 pages, 14
€
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Devenons des médias alternatifs !, Esteban,
éditions Le p’tit gavroche, 2006, 366 pages,
10 €,
www.guidaltern.org
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Jouer le conflit, d’Yves
Guerre, L’Harmattan, 2006, 200 pages, 17,5 €
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Un drap sur le Kilimandjaro, Chroniques vertes et vagabondes,
de Pascal Dessaint, Rivages,
2005, 5 €
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Les figures de l’écologie politique, revue
Écorev n° 21, décembre 2005, 112 pages,
8€
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Le développement soutenable
Franck-Dominique Vivien,
collection Repères, La Découverte, 2005,
120 pages, 8,5 €
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Objectif développement
durable : comprendre agir sur son territoire
Réseau des agences
régionales de l’énergie et de l’environnement,
2005, 105 pages, gratuit
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Achats et développement
durable : enjeux, méthodologie et initiatives
Comité 21, Afnor,
2005, 175 pages, 30 €
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Pétrole apocalypse
Yves Cochet, Fayard, 288
pages, 19 €
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Almanach du développement
durable
présenté
par les parcs naturels régionaux de France, Dakota
/ Dexia éditions, août 2005, 140 pages, 18,5
€
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Échos de Résonance
Jean-Michel Delage, Association
de visu, 2005, 50 mn DVD : 20 € port compris
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2011
Gérard Delteil,
L'Archipel, 2005,
408 pages, 20,95 €
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Pratiquer la formation réciproque
à l'école
Sous la direction de Claire
Héber-Suffrin, éd. Chronique sociale, collection
pédagogie / formation, 2005, 220 pages, 18,5 €
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L’école,
lieu de citoyenneté
François Galichet, esf éditeur, collection
pratiques et enjeux pédagogiques, 2005,
125 pages, 14 €
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Réseaux de santé : la qualité en
pratique. Contributions à une démarche collaborative
d’amélioration de la qualité de santé
Didier Ménard,
Laurent Konopinski, Éric Drahi, Coordination nationale
des réseaux de santé, 2005, 160 pages, gratuit.
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Quels atouts et quels obstacles pour des politiques locales
de santé ?
Actes de la Xe université
de l’Institut Renaudot, Les publications de l’Institut
Renaudot, 2004, 90 pages, 10 €
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Urgentiste
Patrice Pelloux, éd.
Fayard, avril 2004, 257 pages, 18 €
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Planète attitude. Les gestes écologiques
au quotidien
Gaëlle Bouttier-Guérive
et Thierry Thouvenot, éd. Seuil pratique et WWF,
2004, 15 €
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L’exil et l’accueil en médecine, revue
Pratiques n°26, juillet
2004, 96 pages, 12,2 €
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San-Antonio au bercail
septembre 2003, 1,50 €
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Décrocheurs d’école : redonner l’envie
d’apprendre aux adolescents qui craquent
Gilbert Longhi et Nathalie
Guibert, éditions de La Martinière, 2003,
250 pages, 15 €
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Jules des chantiers, Frédérique Jacquet et Sébastien Vassant, collection L’Histoire sensible, Les éditions de l’atelier, 2008, 108 pages, 18€
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Les Garçons Ramponeau. Biographie populaire, réalisé par Patrice Spadoni, production Canal Marches, Coffret de 4 DVD, 19 € À commander sur : www.paroles-et-memoires.org ou www.canalmarches.org
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Les missions du possible - Avec et pour les jeunes en parcours d’insertion, Anne Le Bissonnais, Apogée, collection « Les panseurs sociaux », 2009, 192 pages, 18 €
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Les pratiques émancipatrices. Actualités de Paulo Freire, sous la coordination de Françoise Garibay et Michel Séguier, éditions Syllepses et Nouveaux regards, 2009, 277 pages, 20 €
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Rejet des exilés, le grand retournement du droit de l´asile, Jérôme Valluy, éditions du Croquant, 2009, 382 pages, 22 €
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Rénovation urbaine. Les leçons américaines, Thomas Kirszbaum, Presses universitaires de France, collection La ville en débat, 2008, 86 pages, 8 €
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Discriminer pour mieux régner. Enquête sur la diversité dans les partis politiques, Vincent Geisser et El Yamine Soum, Les éditions de l’atelier, 240 pages, 2008, 18,50 €
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J’étais un chef de gang, Lamence Madzou, suivi de Voyage dans le monde des bandes, Marie-Hélène Bacqué, La Découverte, 2008, 241 pages, 17€
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Jeanne de la Zone, Étienne Davodeau et Frédérique Jacquet, collection histoire sensible, L’Atelier, 2008, 108 pages, 18 €
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Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration, Alexis Spire, Raisons d’agir, 2008, 124 pages, 7€
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L'immigration de A à Z, Mohsen Dridi, publication de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, 2007, 437 pages, 15€
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Ne rien oublier en partant (2006, 40’) et Quartiers
en devenir (2008, 26’),Films
de Corinne Marie, Vipère au poing productions (www.vipereaupoingproductions.fr)
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Les politiques de l’immigration en France et au
Royaume-Uni, perspectives historiques et contemporaines,
sous la direction de Lucienne
Germain et Didier Lassalle, L’Harmattan, 2006, 217
pages, 19,5€
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Paroles sans papiers, ouvrage
dirigé par Alfred et David Chauvel, Delcourt, 2007,
72 pages, 14,95€
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Altermondes, "Seine Saint Denis, arrêt sur
images", hors-série
n°4, hiver 2007, 51 pages 5€
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Prendre place dans la cité : jeunes et politiques
municipales, Véronique
Bordes, L’Harmattan - Injep, collection Débats
jeunesses, décembre 2007, 253 pages, 19
€
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L’État et les quartiers. Genèse d’une
catégorie de l’action publique, Sylvie
Tissot, éditions du Seuil, collection Liber, 2007,
300 pages, 22 €
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Le temps des HLM 1945-1975, La saga urbaine des Trente
Glorieuses, Thibault Tellier,
Autrement, collection Mémoires / culture, 2007,
224 pages, 20 €
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Émeutes en banlieue, lectures d’un événement,
revue Espaces et société
n° 128-129, éditions Érès, 265
pages, 28 €
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Qui a peur du postcolonial ? Dénis et controverses,
revue Mouvements, septembre-octobre 2007, 176 pages, 15
€
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Histoire(s) de relogement. Paroles d’habitants,
regards de professionnels, Catherine
Payen et Ryma Prost-Romand, L’Harmattan, 2007, 144
pages, 14,50 €
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Parias urbains, ghetto, banlieues, État,
Loïc Wacquant, La Découverte,
2007, 336 pages, 12,5 €
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De la parole à l’écriture, ateliers
d’écriture en France, au Portugal et au Maroc,
Françoise Sérandour, L’Harmattan,
2007, 335 pages, 29,50
€
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Oui à une société avec les jeunes
des cités !, Joëlle
Bordet, éditions de l’Atelier, 2007,
207 pages, 18 €
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Le bon, la douce et la caillera, Diaby
Doucouré, préface de Faïza Guène,
photos de Camille Millerand, L’Harmattan, 180 pages,
14 €
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Brosses et Malais, quartier sensible ?, Luc
Blanchard, Studio Graph, 95 pages, 12€
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marianne & allah. Les politiques français face
à la " question musulmane ", Vincent
Geisser et Aziz Zemouri, La Découverte, 2007, 297
pages, 20 €
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Nouvelles pratiques sociales, volume
18, n° 2, printemps 2006, Presses de l’université
du Québec, 13 €
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Repenser la solidarité : l’apport des sciences
sociales, sous la direction
de Serge Paugam, Presses universitaires de France, 992
pages, 2007, 49 €
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Les recompositions culturelles. Sociologie des dynamiques
sociales en situation migratoires,
Abdelhafid Hammouche, Presses universitaires de Strasbourg,
2007, 224 pages, 16€
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Religion, identité et espace public, Profession
Banlieue, 2006, 80 pages, 15 €
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La France invisible, sous
la direction de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux
et Jade Lindgaard, La Découverte, 2006, 647 pages,
26€
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Eux et nous, de Joël
Roman, Hachette, collection
Tapage, 2006, 150 pages, 10
€
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Les classes moyennes à la dérive,
Louis Chauvel, Le Seuil, 2006, 112 pages, 10,5 €
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L’indépendance au présent,
de Paul Néaoutyne, avec Jean-François Corral
et André Némia,
préface de Didier Daeninckx, Syllepse, 2005, 200
pages, 20€
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Ville, quartiers, banlieues, Les ressources des habitants,
revue Économie & Humanisme
n° 376, 120 pages, 13 €
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Jeunes des quartiers populaires Construction de l’identité
image et autonomie, Les
cahiers de Profession banlieue, 2005, 130 pages, 13,5
€
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L’islam imaginaire. La construction médiatique
de l’islamophobie en France - 1975-2005, Thomas
Deltombe, La Découverte, 2005, 380 pages, 22
€
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La fracture coloniale
- La société française au prisme
de l’héritage colonial
n° 67, décembre 2005,
sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel
et Sandrine Lemaire, La Découverte, 2005, 310 pages,
20 €
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Bonne année ensemble,
Espace 19, 2006, 24 pages, 4
€
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La sous représentation des Français d’origine
étrangère. Crise du système représentatif
ou discrimination politique ?
coordonné par Adda
Bekkouche, L’Harmattan, 2005, 150 pages, 14 €
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Gouverner la ville. Les voies urbaines de la démocratie
moderne
Thierry Oblet, Puf 2005,
306 pages, 28 €
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Si la ville m’était
contée…
Gilles Rabin et Luc Gwiazdzinski,
Eyrolles, 2005, 250 pages, 14,9 €
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La société des voisins
sous la direction de Bernard
Haumont et Alain Morel, direction de l'architecture et
du patrimoine, éditions de la Maison des sciences
de l'Homme, collection Ethnologie de la France, 2005,
335 pages, 23 €
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Tsiganes à l’école : pédagogie
interculturelle pour l’accès aux apprentissages
CRDP de l’académie
de Versailles, 2003, 109 pages + CD-Rom, 12 €
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L'impasse
Pierre Dubuys, coll. L'églantine,
éditions Sansonnet, 2004, 95 pages, 7 €
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Pour une décentralisation solidaire : aux acteurs
de s’en saisir, à l’État d’assurer
l’égalité de traitement
n° 172, décembre
2003 d’Union sociale, 35 pages, 5,8 €
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De la citoyenneté locale
sous la direction de Rémy
Leveau, Catherine Withol de Wenden et Khadija Mohsen-Finan,
Institut français des relations internationales,
2003, 160 pages, 15 € (diffusion La Documentation
française) Lire la fiche
Identités & démocratie, diversité
culturelle et mondialisation : repenser la démocratie
sous la direction de Ronon
Le Coadic, Presses universitaires de Rennes, 410 pages,
20€
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démocratie
locale,
initiatives locales |
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décentralisation,
collectivités locales |
Non au Mac Drive, documentaire de Frédéric Chignac, 95 minutes, disponible auprès du réalisateur : frederic.chignac@club-internet.fr
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État d’élue, film français de Luc Decaster, 1h34, sortie le 10 mars 2010, distribué par contre-allée : contre-allée@hotmail.fr, 0142462742
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DVD Conférence de citoyens sur les services publics locaux, octobre 2008 - mars 2009, organisée par l´Institut de la gestion déléguée, l´Association des maires de France et le Comité des partenaires. Pour l’obtenir : pvdev@fondation-igd.org ou 01 44 39 27 00,
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La démocratie participative, sous la direction d’Yves Sintomer, la Documentation française, coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 259, avril 2009, 9,90€,
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La République antiparticipative : les obstacles à la participation des citoyens à la vie locale,Jean Tournon, L’Harmattan, 2009, 176 pages, 17 €,
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Extensions urbaines : lasuite dans les idées, CAUE Haute-Garonne, Éditions Loubatières, 2009, 87 pages, 19€,
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Faire des hommes libres, Boimondau et les communautés de travail à Valence (1941-1982), Michel Chaudy, collection Pratiques utopiques, éditions repas 2008, 171 pages, 15€,
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Manuel de l'animateur urbain, les bases du métier, Émlie Barrau, avec la collaboration de l'équipe du PMRU-Congo, éditions du Gret, Fonds européen de développement, 2008, 184 pages, 10€,
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Une vie pour… Ici et là-bas, solidaire, Alain Desjardin, Le Petit Pavé, 2008, 405 pages, 26€,
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Savoirs en débat : Perspectives franco-allemandes, sous la direction de Sezin Topçu, Cécile Cuny et Kathia Serrano-Velarde, L’Harmattan, 2008, 276 pages, 26,50 €,
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Chantier ouvert au public, le Viel Audon, village coopératif, édition Repas, collection pratiques utopiques, 2008, 194 pages, 15€,
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Recettes d’hier et d’ailleurs. Besançon
et les cuisines du monde, CCAS
de Besançon, Néo éditions, 112
pages, 20 €,
livret de cuisine en ligne: www.migrations.besancon.fr
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Le nouvel esprit de la démocratie, actualité
de la démocratie participative, Loïc
Blondiaux, Le Seuil, La République des idées,
2008, 112 pages, 10,5€
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Cultures et pratiques participatives : perspectives
comparatives, sous la
direction de Catherine Neveu, L’Harmattan, Logiques
politiques, 2007, 396 pages, 32€
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Huis clos pour un quartier, de
Serge Steyer, Mille et une Films, DVD de 52 minutes,
18 € pour les particuliers. Institutions, se renseigner
: 02 23 44 03 59.
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La démocratie participative, de Jean-Pierre Gaudin,
Armand Colin, 2007, 121 pages, 9
€
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Le pouvoir au peuple, Jurys citoyens, tirage au sort
et démocratie participative, Yves
Sintomer, La Découverte, 2007, 13 €
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Une mauvaise maire, Jacques
Jouet, POL, 2007, 125 pages, 12 €
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Une histoire de l’éducation populaire,
Jean-Marie Mignon, La
Découverte, collection Alternatives sociales,
2007, 264 pages, 24€
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Télé Millevaches,
Samuel Deléron, Michel
Luleck et Guy Pineau, éditions Repas, 2006, 164
pages, 15 €
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La participation politique : crise ou mutation ?, dossier
réalisé par Bruno Denis, Problèmes
politiques et sociaux n° 927, La Documentation française,
2006, 120 pages, 9,20 €
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Nous, femmes sans frontière, Thierry
Maricourt, Licorne/L’Harmattan, 2006, 17€
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Ville, action " citoyenne " et débat
public, revue Espaces
et sociétés n° 123, éditions
Érès, 2005, 200 pages, 25 €
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Le pouvoir local ou la démocratie improbable,
Michel Koebel, éditions
du Croquant, coll. Savoir / agir, 2006, 10 €
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la fiche et l'interview de l'auteur
L’association, image de la société.
Carnet de voyage d’un militant invétéré,
de Michel Adam, préface
d’Henry Noguès, l’Harmattan, 2005,
255 pages, 23 €
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Évaluation et démocratie participative
Auteurs ? méthodes ? buts ?
sous la direction de
Jean-Claude Boual et Philippe Brachet, L’Harmattan,
2004, 250 pages, 22 €
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Les jeunes et les associations, entre participation
et engagement
Colas Grollemund et
Rémy Le Floch, Crefad documents, 2004, 115 pages,
10 €
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la fiche
La raison démocratique aujourd’hui. Le
principe de puissance un. Débats et combats.
Patrick Braibant, L’Harmattan,
questions contemporaines, 230 pages, 21 €
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Quand la démocratie locale se professionnalise
actes de la rencontre
du 23 octobre 2003, Profession banlieue, 185 pages,
18,5 €
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Les nouvelles dimensions de la citoyenneté
sous la direction de
Philippe Tronquoy, Cahiers français n° 316,
septembre / octobre 2003, La Documentation française,
95 pages, 9 €
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La démocratie participative, promesses et ambiguïtés
Michel Falise, L’Aube
essai, 2003, 200 pages, 17,8 €
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La démocratie en débat, les citoyens face
à l'action publique
Sandrine Rui, éditions
Armand Colin, collection Sociétales, 2004, 263
pages,
21,5 €
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Les missions de l’agent de développement
local, spécificités et apports d’une
nouvelle profession dans la dynamique des territoires
Actes, Institut de psychologie
et sociologie appliquée, 2004, 45 pages, 5 €
port compris
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Pour une démocratie participative
Antoine Bevort, Presse
de sciences Po, La bibliothèque du citoyen, septembre
2002, 130 pages, 12 €
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La participation des usagers / clients / citoyens au
service public
France qualité
publique / La Documentation française, 2004,
132 pages, 25 €
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Associations de proximité et pouvoirs publics,
quels partenariats pour quelle participation à
la vie publique ?
n°164, décembre
2003, de La Tribune Fonda, numéro spécial
Fonda Paca, 100 pages, 11,6 €
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Participation, débat public, internet et multimédia,
quel accompagnement local ?
décembre 2003,
Observatoire des télécommunications dans
la ville, 85 pages, 30 €
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Pourquoi la démocratie est en panne. Construire
la démocratie participative.
éd. La Découverte,
2003, 236 pages, 17 €
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L´intercommunalité en campagne. Rhétoriques et usages de la thématique intercommunale dans les élections municipales de 2008, sous la direction de Rémy Le Saout, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 200 pages, 16 €
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Gouverner les métropoles, Christian Lefèvre, éditions Lextenso en partenariat avec LGDJ et Dexia, 2009, 115 pages, 9,50 €
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Départements ou régions, les réformes territoriales de Fénelon à Jacques Attali, Maud Bazoche, l'Harmatta, 2008, 357 pages, 12 €
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Décentraliser d'accord, démocratiser d'abord,
le gouvernement local en question, Marion
Paoletti, La Découverte, collection Sur le vif,
2007, 154 pages, 12 €
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Les Règles du jeu urbain, entre droit et confiance,
sous la direction d’Alain
Bourdin, Marie Lefeuvre et Patrice Melé, Descartes
et Cie, 316 pages, 18
€
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La machine France. Le centralisme ou la démocratie,
Jean Ollivro, éditions
du Temps, 2006, 252 pages, 17€
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Périphéries, un voyage à pied autour
de Paris, Luc Gwiazdzinski
et Gilles Rabin, L’Harmattan, 2007, 262 pages,
22 €
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La délégation des services publics locaux.
Yves Delaire, éditions
Berger-Levrault, 364 pages, 45€
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Le quartier, enjeux
scientifiques, actions politiques et pratiques sociales,
sous la direction de Jean-Yves Authier, Marie-Hélène
Bacqué et France Guérin-Pace, La Découverte,
2007, 304 pages, 26 €
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Pour un vrai Sénat des territoires, revue
Pouvoirs locaux n° 67, décembre 2005, Institut
de la Décentralisation, 150 pages, 12,20
€
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Conférences de citoyens, mode d’emploi,
par Daniel Boy et Dominique
Bourg, éditions Charles Léopold Mayer,
2005, 100 pages, 18 €
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Les services publics : les défendre ?, les démocratiser
?, sous la direction
de Philippe Brachet, Publisud, 2005, 320 pages, 25 €
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La décentralisation depuis 1945
Robert Delbo, LGDJ –
Dexia, 118 pages, 9,5
€
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fiche
Pourquoi ça ne va pas plus mal ?
Patrick Viveret, éd.
De l’Aube, 264 pages, 18 €
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fiche
Démocratie contre capitalisme
Thomas Coutrot, La dispute,
2005, 235 pages, 20 €
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Les effets de l'intercommunalité
sous la direction de
Rémy Le Saout et François Madoré,
Presses universitaires de Rennes, 2004, 225 pages, 19
€ Lire
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Identités et gouvernance urbaine des villes nouvelles
face aux nouveaux enjeux de l’intercommunalité.
Le cas de Cergy-Pontoise et Saint Quentin-en-Yveline
Anne Sauvayre et Didier
Vanoni, revue Recherche sociale n° 170, juin 2004,
115 pages, 11 €
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Pour un urbanisme rural
Didier Boutet, L’Harmattan,
230 pages, 20 €
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Citoyens d’Europe, des étrangers qui votent,
sous la direction de
Bernard Delemotte, avec Henri Del Pup, Serge Depaquit,
Paul Oriol et Audrey Vizuete, collection Villes plurielles,
éd. Licorne / L’Harmattan,
2004, 215 pages, 17 €
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Démocratie et télésurveillance
Stéphane Callens,
Les savoirs mieux, Presses universitaires du Septentrion,
Villeneuve-d’Ascq, 2002, 180 pages, 13,5 €
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Les nouveaux principes de l'urbanisme
François Ascher,
2001 et 2004 pour le format poche aux éditions
de l'Aube, 109 pages,
12,50 € Lire
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La capacité politique des régions, une
comparaison France / Espagne
Romain Pasquier, col.
Res Publica, Presses universitaires de Rennes, 2004,
230 pages, 16 €
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M. Carignon : un corrompu de retour aux affaires ?
Association démocratie
écologie solidarité, Grenoble 2003, 80
pages, 5 €
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Demain, la décentralisation
Les cahiers de Profession
banlieue, 2003, 130 pages, 13,5 €
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La vie rurale, enjeu écologique et de société,
propositions altermondialistes
François Plassard,
éditions Yves Michel, 2003, 140 pages, 13 €
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| justice, médiation,
sécurité |
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politique, social |
La nuit sécuritaire : le manifeste des 39, revue Sud-Nord n° 23, éditions Érès, 2009, 19 €
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L’affaire des affaires. L’enquête. Tome 2/3, scénario de de Denis Robert et dessins de Laurent Astier, Dargaud, 2009, 208 pages, 22 €
Lire
la fiche
Une société de surveillance ? L’état des droits de l’Homme en France, Ligue des droits de l’Homme, édition 2009, 126 pages,10€
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L’affaire des affaires. Tome 1 : L’argent invisible, Denis Robert, Yan lindingre, Laurent Astier, Dargaud, 2009, 206 pages, 22 €
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la fiche
La France a peur de Nic Oumouk,
Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, avril 2007, 48 pages, 10,40 €
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la fiche
Une démocratie asphyxiée, L’état des droits de l’Homme en France édition 2008,
Ligue des droits de l’Homme, La Découverte – Sur le vif, 2008, 120 pages, 10 €
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Sarkozy dans le texte, connaître
pour mieux combattre,
Réformistes et
solidaires, 2005, 140 pages, 7€ Lire
la fiche
L’illusion de l’ordre. Incivilités
et violences urbaines : tolérance zéro ?
Bernard Harcourt, Descartes
& Cie, 2006, 140 pages, 20 € Lire
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PolitiquesLes damnés de Nanterre
Chantal Montellier, Denoël
Graphic, février 2005, 88 pages, 20 € Lire
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La vérité sur Cesare Battisti
éditions Viviane
Hamy, collection Bis, 2004
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Émergences culturelles et jeunesse populaire.
Turbulences ou médiations ?
sous la direction de
Manuel Boucher et Alain Vulbeau, éditions L'Harmattan,
collection Débats jeunesses, 2003, 360 pages,
24 € Lire la fiche
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Maire Vert en banlieue, entretien de Michel Bourgain avec Évelyne Perrin, éditions Les Petits matins, 2010, 296 pages, 10 €
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69, année politique, de Francis Zamponi, Roman noir, Seuil, 2009, 325 pages, 21€
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Apartés, Cécile Duflot avec Guy Sitbon, Les petits matins, 2010, 220 pages, 15 €
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Cahiers Sens Public, nº 11-12, « Malaise dans le capitalisme, de quoi sommes-nous contemporains ? », octobre 2009, Lyon, éditions Sens Public, 296 pages, 20€
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L’affranchie du périphérique, Didier Daeninckx, L’Atelier, 2009, 100 pages, 15,5€
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3 euros par jour, Nelly Zin, Albin Michel, 2010, 15€
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Comment les électeurs font-ils leur choix. Le panel électoral français 2007, sous la direction de Bruno Cautrès et d’Anne Muxel, Presses de Sciences Po, 2009, 385 pages, 28€
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la fiche
Alias Caracalla, Daniel Cordier, Gallimard, 2009, 944 pages, 32 €
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la fiche
Walter, retour en résistance, documentaire de Gilles Perret, DVD 22 €
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La Montée des incertitudes. Travail, protection, statut de l’individu, Robert Castel, Seuil, 2009, 457 pages, 23 €
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la fiche
Crise écologique ou crise sociale ? Vivre ensemble autrement, François Plassard et Florence Jullion, Ovadia 2009, 194 pages, 14 €
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Le travail-une nouvelle question politique, Jean-Louis Laville, collection "solidarité et société dirigée par l'auteur, Desclée de Brouwer, 2008, 233 pages, 23 €
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Les enragés du football, l'autre mai 68, Faouzi Mahjoub, Alain Leiblang et François-René Simon, Calmann-Lévy, 2008, 12 €
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Itinéraire d'une femme française - Clamart, Bab
El-Oued, Epinay-sur-Seine, Hamida Ben Sadia, Bourin éditeur, 2008, 240 pages, 19 €
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La régulation des pauvres, Serge Paugam et Nicolas Duvoux, Puf, novembre 2008, 128 pages, 10 €
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Le profane en politique : Compétences et engagements du citoyen, sous la direction de Thomas Fromentin et Stéphanie Wojcik, L’Harmattan, 2008, 314 pages, 28,50 €
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Le goût du pouvoir, Jacques de Courson, L'Harmattan, 2008, 117 pages, 15 €
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Identités de l’individu
contemporain, sous la
direction de Claude Calame, Textuel, coll. La Discorde,
2008, 159 pages, 18 €
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Dico Sarko, l'indispensable manuel de survie en Sarkozie,
Charb, éditions 12 bis,
2008, 80 pages, 10,5 €
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Sommes-nous des paresseux?... Et 30 autres questions sur
la France et les Français, Guillaume
Duval, Le Seuil, 2008, 225 pages, 15€
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Un petit tour chez les Français, Raphaël
Krafft, Bleu autour, 2007, 258 pages, 17 €
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" Où est passée la gauche ? ",
revue Mouvements, La Découverte, n° 50, juin-août
2007, 183 pages, 15 €
" Les droites au pouvoir.
", revue Manière
de voir, Le Monde Diplomatique, n° 95, octobre-novembre
2007, 98 pages, 7€
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Cinq siècles de pensée
française, Hors-série
spécial n°6 de la revue Sciences Humaines,
octobre - novembre 2007, 116 pages, 7,90 €
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Contribution au débat
politique. Comment rendre au politique le pouvoir d’agir
?, Bernard Debry, éditions
Connaissances et savoirs, 2007, 10 €
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Quelle démocratie voulons-nous
? Pièces pour un débat, sous
la direction d’Alain Caillé, La Découverte,
2006, 144 pages , 8€
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L’Autre campagne, 80 propositions
à débattre d’urgence, ouvrage
coordonné par Georges Debrégeas et Thomas
Lacoste, préface de Lucie et Raymond Aubrac, La
Découverte, 2007, 300 pages, 14 €
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La Contre-Démocratie,
Pierre Rosanvallon, Seuil, 346 pages, 21€
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Pour en finir avec la démocratie, François
Amanrich, 2006, éditions Papyrus, 172 pages, 22
€
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| L´intercommunalité en campagne. Rhétoriques et usages de la thématique intercommunale dans les élections municipales de 2008 |
| sous la direction de Rémy Le Saout, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 200 pages, 16€ |
Le fait intercommunal pèse-t-il en France ?
Cette série de monographies s´attache à étudier le traitement du fait intercommunal lors de la campagne des élections municipales de 2008 en France. Grâce à des entretiens semi-directifs menés auprès des acteurs de cette campagne et à une analyse minutieuse de la profession de foi des candidats, le livre montre que l´intercommunalité est effacée dans les discours de campagne, quelles que soient la taille et l´influence de la structure intercommunale (communauté de communes, communauté d´agglomération ou communauté urbaine). Les réalisations intercommunales ne sont pas valorisées, les candidats adoptent un style de campagne communo-centré. Si l´intercommunalité ne fait pas partie des ressources de légitimation du discours politique, c´est parce que son fonctionnement est complexe et est perçu comme extérieur aux enjeux principaux de la politique municipale. Rares sont donc les communes qui affirment l´importance des structures intercommunales dans la concrétisation d´un certain nombre de politiques locales. Les études de cas en viennent à comprendre les raisons de l´effacement du fait intercommunal lors d´une campagne où les enjeux locaux ont pourtant été prédominants. La prudence des candidats tient au système même de l´intercommunalité, puisque le profil politique de la structure intercommunale dépend du résultat des élections municipales dans toutes les communes appartenant à cette structure : un maire élu sur une liste dans une commune peut ainsi être en minorité politique au sein de l´assemblée intercommunale lors du troisième tour communautaire, où les conseils municipaux élisent les membres des assemblées intercommunales. Il est donc risqué pour un candidat d´utiliser l´intercommunalité comme ressource principale du discours politique (sauf lorsque l´intercommunalité est récupérée au profit d´un renouveau politique local), alors même que les principaux défis de la politique locale dépendent de plus en plus de ces structures (plus de 85 % des communes sont intégrées à un ensemble intercommunal). L´ignorance volontaire de la thématique intercommunale lors de ces élections illustre en réalité le déficit démocratique de ces institutions, où le mode de suffrage diffère de celui des élections municipales. Nous sommes encore dans une phase de transition, où le manque de visibilité des structures intercommunales reflète la recomposition en cours de la carte territoriale française. Christophe Premat |
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| Maire Vert en banlieue |
| Entretien de Michel Bourgain avec Évelyne Perrin, éditions Les Petits matins, 2010, 296 pages, 10€ |
Maire Vert en ex-banlieue Rouge
Pour qui a travaillé avec ou côtoyé Michel Bourgain en tant que maire de l’Île-Saint-Denis, ce livre a l’immense mérite, de rendre accessible à tout lecteur qui s’intéresse à la politique réelle, à la politique locale : il montre, dans le détail, l’enchaînement – parfois bousculé par la « vraie vie » – de l’action politique : repérage d’un problème, réflexion, mise en place d’un dispositif ou d’une action, réaction, analyse. Le livre d’entretien avec la sociologue Évelyne Perrin décortique, par les mots, l’action politique. Il souligne bien le long enracinement d’un élu de terrain, le travail collectif d’une liste municipale, la lente maturation d’un projet, les opportunités possibles ou non, les reculs, les doutes et les avancées. Il a l’intérêt de tenter d’intellectualiser l’action politique qui ne l’est pas forcément toujours à première vue. Il pose des principes, des enjeux, des mesures et les décline en actions réelles. Il n’esquive pas les questions gênantes et les inévitables ratés. Ce n’est ni un livre à charge, ni à décharge. Il est comme une auscultation d’un projet politique dans une ville pauvre financièrement, riche culturellement, socialement et très vivante sur le plan politique comme sur le plan du projet d’écologie populaire. Comme pour d’autres livres politiques, on aimerait lire les points de vue croisés de plusieurs acteurs, sur la plupart des sujets abordés. À lire, pour débattre, argumenter et ne pas se (laisser) désespérer par l’état du monde, ni trop atteindre par le « chagrin politique ». Mathieu Glaymann |
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| Les transports, la planète et le citoyen |
| Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon, Rue de l’échiquier, 2010, 192 pages, 12€ |
Chasse au carbone et aux fausses bonnes idées
Les auteurs, observateurs et praticiens avisés de la mobilité durable nous offrent un petit manuel du bien décider en la matière. Notamment en multipliant les exemples de choix aberrants faits de plus ou moins bonne foi par des responsables, mais aussi par chacun d'entre nous. Citons pêle-mêle la ligne B du RER, la ligne 13 du métro parisien, le bilan carbone réel des véhicules « propres ». C'est que la mobilité est le fait d'une multitude de microdécisions que des macropolitiques prétendent organiser. Avec des succès très mitigés, et beaucoup d’échecs nets. Cet ouvrage est clair, pédagogique, raisonnablement ambitieux (avec dix propositions aptes à réduire les déplacements polluants de 3 %, le résultat peut être appréciable...). Chiffres, exemples positifs et négatifs abondent, par exemple, sur les expériences de lutte contre la « mobilité précaire » (Nantes, La Ciotat, Royan). Les auteurs font notamment la chasse aux fausses bonnes idées, même et surtout quand elles sont « dans l’air du temps ». Cet excellent petit livre est à mettre d'urgence entre toutes les mains, les nôtres et celles des décideurs, pour enfin réduire les terribles conséquences de tant d'inconséquence ! Michel Wilson |
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| Quarante ans d’urbanisme. Clés pour le présent |
| Patrick Criqui, Benoît Faraco, Julien Damon et Michel Micheau, L’Aube, 2010, 240 pages, 20€ |
Quarante ans d’urbanisme
Les quarante ans de l’urbanisme à Sciences Po Paris sont un bon prétexte pour la réalisation de cet ouvrage collectif qui propose un retour sur quarante ans de pratiques et d’analyses de l’urbanisme. Ce livre propose les articles de neuf auteurs spécialistes de la question mais aux regards différents : praticiens, chercheurs ou encore enseignants. Dans cet ouvrage, les différentes analyses traitent aussi bien des politiques, du droit et des jeux d’acteurs de l’urbanisme en France ; des pratiques et des réflexions de l’aménagement du territoire en Île-de-France ; des politiques et des marchés fonciers ; des politiques de la ville et du logement ; ainsi que de théories basées sur des perspectives étrangères. L’un des constats réalisé et développé ici permet de comprendre les défis majeurs de l’urbanisme dans le futur : avec une population mondiale urbaine devenue majoritaire et des enjeux écologiques évidents, les nouveaux défis de l’urbanisme sont colossaux. L’ouvrage est pédagogique. Il intéressera particulièrement celles et ceux qui sont concernés par les politiques de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme... Car on ne trouve pas ici uniquement une histoire de la discipline, mais aussi des perspectives pour ceux qui s’intéressent à la transformation de ces activités. Pour penser et pour produire, notamment dans les zones urbaines actuelles, des villes durables adaptées aux défis « brûlants » des ressources énergétiques, des changements climatiques. Des défis véritables au cœur de la civilisation du « bien-vivre » des différentes sociétés humaines. Jacques Tolédano |
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| La formation et l'accompagnement au service de la création et de la reprise d'entreprises |
| Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr) n° 204, 2010, coordonné par Nelly Schutz-Stephan et Joseph Gautier, 200 pages, 20€ |
Les Français peu motivés pour entreprendre ?
Ce dossier spécial de la revue Pour part du constat de la faible propension des Français à entreprendre, même si l’engouement récent pour le statut d’auto-entrepreneur peut faire illusion. La première partie du dossier, intitulée « contexte économique et entrepreneuriat » brosse le contexte. « Quand le chômage menace l’emploi salarié et fragilise les secteurs d’activités classiquement porteurs d’emplois, de nouvelles organisations pour le maintien de l’emploi apparaissent, ainsi que de nouvelles formes d’emploi ». Une étude statistique analyse la dynamique de création d’entreprises dans l’espace rural français. Une seconde partie consacrée à « l’enseignement supérieur et la création d’entreprises » pointe la nécessité de développer l’esprit d’entreprise, en premier lieu, chez les étudiants. Une étude compare des étudiants brésiliens et français, et montre la moindre motivation de ces derniers pour la démarche entrepreneuriale. S’appuyant spécialement sur des initiatives des universités de Franche-Comté et de Bourgogne, le dossier fait la place à plusieurs initiatives de formation / accompagnement d’étudiants, futurs créateurs. La troisième partie, « entrepreneuriat et création d’emplois » met l’accent sur des réalisations de terrain. On connait le système français d’empilement des dispositifs d’appui aux candidats à la création souvent décrié. Une réponse novatrice est présentée : « un espace collaboratif dédié aux entreprises et aux réseaux d’accompagnement à la création et la reprise d’entreprise en Bourgogne », c’est le programme « j’entreprends en Bourgogne » qui « préfigure une méthode centrée sur la coordination effective des services en direction des usagers, tout en conservant les compétences et les missions de chacun ». Ce dossier sera utile pour ceux qui cherchent les façons d’être acteur dans leur territoire. Mais ils devront aller glaner dans les multiples informations de ce dossier qui aurait mérité un traitement plus ordonnée, pour nous faciliter la tâche. À noter dans l’introduction, la réflexion d’Etienne Marest sur l’intercommunalité et le manifeste Fonda / Adels : « Ancrer la démocratie dans les territoires » Étienne Beaudoux |
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| mai 2010 |
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| Non au Mac Drive |
| documentaire de Frédéric Chignac, 95 minutes, disponible auprès du réalisateur : frederic.chignac@club-internet.fr |
La machine à faire perdre la politique
Frédéric Chignac, qui vient de faire tourner Stéphane Guillon au cinéma dans Le temps de la kermesse est terminé, est également l’auteur de ce que l’on pourrait appeler un « documentaire de proximité ». Adoptant une forme ostensiblement bricolo-détendue-didactique, il nous balade dans son quartier bordelais d’adoption, la Barrière de Toulouse, à la découverte d’une association de quartier en lutte contre l’implantation d’un Mac drive. Lutte contre la mal bouffe ? Rejet de l’impérialisme américain ? Que nenni : le combat bovétiste de Millau est loin. Ce qui pose le plus problème à ces citoyens attentifs et combatifs, c’est une modification de la circulation induite par la construction nouvelle : un « tourne à gauche » réduisant la fluidité d’une artère déjà fort encombrée. Un peu de concertation, la recherche d’une solution intelligente et l’analyse froide de l’intérêt général (même si le débat sur la place de la bagnole en ville et de la consommation « drive » ne doit pas être éludé) aurait dû venir à bout de cette crispation, en quelques mois. Mais sauf que non. Et c’est exactement là que le film prend toute sa puissance : immédiatement, la machine à gâcher l’énergie citoyenne et à dégoûter de la participation se met en route, avec une force implacable. Tout y passe : les élus qui se retranchent derrière un savoir technique si indiscutable qu’il n’y a nul besoin d’en parler (et encore moins de le rendre public) ; le discours qui assimile les associations citoyennes aux pires conservateurs qui refusent tout projet en bloc ; la désinvolture de la non-réponse ; la manipulation d’un commerçant pour faire contre-feu ; jusqu’à l’agressivité juridique. Et tout ça pour quoi ? Pour la défense d’une solution technique ? Parce qu’il est simplement insupportable pour ces élus d’être contredits ? Par réflexe culturo-politique ? Voir l’ampleur (l’affaire va jusqu’au conseil d’État et est ici filmé sur quatre ans de batailles ! ) que prend la mobilisation contre ce Mac drive est à la fois passionnante, grâce à la forme de la narration, et instructive quant à l’engagement citoyen dans une démocratie représentative qui « octroie » de la participation quand ça l’arrange, si ça l’arrange. Nicolas Leblanc |
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| Torture made in USA |
| Marie-Monique Robin |
Busherie, et tellement pire
Il ne faut en aucun cas en douter, Marie-Monique Robin (Le monde selon Monsanto) fait partie de ceux qui rendent leurs armes de noblesses à la profession de journaliste. Avec son dernier documentaire, Torture made in USA, elle démontre comment le gouvernement Bush a rendu légal un des plus innommable, et hélas répandu, crime de guerre. L’enquêtrice propose d’essayer de comprendre le pernicieux mécanisme étatique qui a réussi, en peu de temps, à institutionnaliser la torture, au nom de la guerre du renseignement. Alors que le débat sur ce sujet se poursuit aux États-Unis, cette investigation met en perspective les discours des hauts responsables politiques américains depuis les attentats du 11 septembre 2001 et les déclarations des personnes auditionnées par les commissions d'enquête du Sénat mises en place après les scandales des photos d’Abou Ghraib. L’enquête, à charge, souligne aussi comment, jusqu’à ce que le scandale soit révélé aux yeux du monde, des personnalités politiques ont endormi les consciences en tentant de rendre tolérable la pratique de la torture. Les témoignages s’additionnent au lourd travail de documentation jusqu’à cette déclaration finale qui scelle l’enquête : « Je reconnais très clairement que nous avons torturé », avoue non sans repentir, le général Ricardo Sanchez, commandant de la force multinationale en Irak entre 2003 et 2004, face à la caméra. Torture made in USA est un documentaire à ne pas rater. La journaliste a, d’ailleurs, obtenu le prix Olivier Quemener / Reporters sans frontières au festival international du grand reportage d’actualité du Touquet-Paris-Plage, en mars dernier. Pour des raisons confuses de conflits entre auteur, producteur et diffuseur, ce documentaire n’est, pour l’instant, ni édité en DVD, ni diffusé à la télé et il n’y a pas de sortie salles de programmée. Un temps disponible en ligne sur le site internet Mediapart en partenariat avec ACAT-France, Amnesty international et Human rights watch, il faut désormais le dénicher sur une plateforme d’échanges vidéos. Ubuesque ! S.D. |
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| Apartés |
| Cécile Duflot avec Guy Sitbon, Les petits matins, 2010, 220 pages, 15€ |
Vert claire
« Pourquoi est-ce que tu vas te pourrir la vie dans la politique ? Je serais ton père, je serais pas content… » La première question posée par le journaliste Guy Sitbon à Cécile Duflot pose le ton de ce livre d’entretien : lui sera « cash » ; elle « nature ». Lui se positionne style vieille gauche « après moi le déluge », elle défend l’écologie politique contre ce même déluge. Dans les deux cas le discours est clair, direct, quelque fois presque naïf pour ce qui est de la secrétaire nationale des Verts, leader d’Europe Écologie et nouvelle conseillère régionale d’Île-de-France. Mais qui n’échangerait pas deux barils de cynisme contre un de (toute relative) naïveté ? En tout cas, la discussion au fil de ces 215 pages – écrits gros – est largement instructive, par moment passionnante quand la jeune responsable politique raconte son basculement de citoyenne à militante, puis à responsable de parti. Un itinéraire en accéléré qui offre une vision singulière, à hauteur d’épaule, de l’engagement politique d’une femme, jeune, mère, travaillant dans le privé et ayant milité tard. N.L. |
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| Une tombe au creux des nuages – Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui |
| Jorge Semprún, Flammarion, collection Climats, 2010, 328 pages, 19€ |
Besoin d'Europe
Pour faire court, il dit parfois répondre qu'il est « en premier lieu et avant tout un ex-déporté du camp de Buchenwald ». Et c'est le plus souvent de par cette terrible et fondamentale spécificité d'« ex-déporté » que Jorge Semprún a été invité à participer à nombre de colloques, conférences, cérémonies commémoratives ou honorant son (époustouflante) œuvre littéraire. Une tombe au creux des nuages, dont le titre emprunte à un poème (prémonitoire) de Paul Celan, n'est pas un nouveau roman, mais un recueil d'interventions sur « l'Europe d'hier et d'aujourd'hui », s'échelonnant entre 1986 et 2005. Franco, Hitler, Staline, trois noms dont l'évocation suffit à elle seule à rappeler, qu'il y a peu, l'Europe était à feu et à sang. L'Europe d'aujourd'hui, explique Semprún à Weimar, en 1999, « est née en premier lieu de la lutte contre le nazisme, et en second lieu de la résistance au totalitarisme soviétique ». Plus de dix ans auparavant, lors des Colloques du Römerberg, il démontre que « c'est la démocratisation qui est à l'origine de la paix, quoi qu'en pensent certains. La paix – du moins sous sa forme perverse d'apaisement – peut même être à l'origine de la guerre ». Or, la démocratie, complète-t-il à Vienne, en 2005, « par son essence pluraliste et tolérante, parce qu'elle admet, et même postule, que le conflit civique d'opinions et de projets politiques se situe à la racine même de sa dynamique, pour toutes ces raisons, nous ne savons que trop que la démocratie est extrêmement fragile ». Parce que la démocratie est fragile, l'Europe l'est aussi. Et au regard du passé, il convient d'être vigilant. Il convient d'imaginer comment aller au-delà des « dictats du commerce » et de « la lutte perpétuelle entre les pouvoirs » qui, malgré tout, relient les nations, comme l'expliquait avant lui Husserl, philosophe allemand cité à maintes reprises au fil des interventions. Il convient de construire l'unité « supranationale » de l'Europe, qui trouve racine, non dans un périmètre territorial, mais dans « une tradition de pensée », dans son « histoire culturelle ». Notre histoire. Brigitte Gaborit |
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| Les États et le carbone |
| Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, Puf, 2009, 330 pages, 15€ |
Carbone central
Publié dans la collection « développement durable et innovation institutionnelle », ce livre offre une somme d’informations précieuses sur ce qu’on peut dire de la situation climatique et énergétique, sur les efforts internationaux pour réguler les émissions de carbone et les outils disponibles en la matière. L’inventaire des instruments présentés, en particulier, paraît complet, ce qui sort de l’alternative trop souvent donnée pour incontournable entre taxe et marché carbone. Au contraire, les auteurs font apparaître les complémentarités entre tous les outils, même s’ils privilégient par trop les acteurs étatiques, dans leur capacité à mener des politiques nationales d’une part et des négociations internationales d’autre part. Par cette limite, l’ouvrage rédigé avant Copenhague laisse au final une impression d’incertitude quant à la suite, après l’échec du sommet. Face à l’incapacité de la plupart des États à orchestrer des mesures de préservation du climat efficace sur leur territoire, et plus encore à fédérer leurs approches au niveau planétaire, ne peut-on s’appuyer aussi sur d’autres acteurs ? En additionnant les impacts potentiels des acteurs locaux, des organisations non gouvernementales, des acteurs économiques les plus éclairés et même des différents groupes de population ne peut-on accélérer la sortie de l’impasse climatique ? Et le « système climat » décrit efficacement par les auteurs doit il être abordé séparément des systèmes « consommation » ou « biosphère » qui l’englobent ? L’ingéniosité des mécanismes imaginés pour limiter les atteintes humaines sur le climat bute sur le modèle global de surexploitation et de surconsommation. Peut on « administrer la planète » ? Michel Wilson |
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| 69, année politique |
| de Francis Zamponi, Roman noir, Seuil, 2009, 325 pages, 21€ |
1969 : rumeurs à droite
1969 ne fût pas qu’une année érotique. Mais, en France, l’année 69 fût aussi politique. Avec une élection présidentielle qui se profile, depuis que l’icône De Gaulle a quasiment perdu la main, au moins quelques jours, laissant penser, en mai 68, qu’il pourrait quitter le pouvoir, et même la France. Alors, ça grenouille sec dans l’ancêtre de l’UMP. Chacun (car on est dans un milieu quasiment exclusivement masculin) a son favori pour d’autres lendemains : Pompidou ou Poher. D’autres veulent prolonger le « mythe » De Gaulle en lui déconseillant d’organiser un référendum dont tout le monde voit qu’il risque de lui revenir en boomerang, et de le faire sortir de la scène politique. Pompidou est suspect d’on ne sait trop quoi, un peu d’être trop moderne, de former un couple trop glamour pour l’électorat traditionnel, d’accointances avec l’URSS, de quasi collaboration avec l’ennemi communisto-cégétiste en ayant piloté et fait aboutir les accords de Grenelle au lendemain des évènements du « joli mois de mai ». Se monte alors un complot, appuyé par des rumeurs sur la bonne moralité dont, décidément, la droite se fait une spécialité depuis plus de quarante ans. Avec une autre de ses spécialités : avoir deux candidats, en gros d’accord sur l’essentiel au plan politique, mais avec deux personnalités si différentes que leurs entourages en font des points de clivages et sont prêts à tout pour écraser le concurrent. Le scénario de 69, année politique, avec un peu de Sac, un peu de people et des barbouzes, en fait un très bon polar politique, rythmé par des lettres de prison et des procès-verbaux d’auditions. À lire, que l’on aime le polar, la politique, la droite des années 60, l’ambiance blancho-venturo-lefebvro-blierenne des « tontons flingueurs », ou un peu tout ça à la fois. Mathieu Glaymann |
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| avril 2010 |
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| État d’élue |
| film français de Luc Decaster, 1h34, sortie le 10 mars 2010, distribué par contre-allée : contre-allee@hotmail.fr, 0142462742 |
Confidences d’une élue (presque) comme les autres
Luc Decaster nous permet de suivre pendant une année au jour le jour la vie d’une élue, Françoise Verchère, maire de Bouguenais (Loire-Atlantique) et, à ce titre, membre de la communauté urbaine nantaise. Le moment choisi est la période où, après deux mandats, elle décide de passer la main à la mairie : celle qui lui succède est élue avec le plein des voix du conseil municipal. On la voit également en campagne, distribuer des tracts ou discuter sur les marchés, pour l’élection au conseil général, croyant à ce qu’elle fait mais sans illusion sur la relation qui la lie aux électeurs : elle se présente sans étiquette après avoir quitté un parti dont les représentants nationaux trahissent les valeurs qui l’animent. On la voit dans les assemblées prendre la parole sans langue de bois. Elle abandonne la délégation de l’environnement au conseil général après avoir été mise en minorité sur les précautions à prendre avant de décider la création d’un aéroport international à Notre-dame-des-Landes, négation des choix de développement durable affirmés à longueur de discours. On la voit dans des manifestations qu’elle soutient (contre les OGM), dans les discussions avec les services techniques, mais aussi faire face à ceux qui ne veulent pas supporter le coût de l’assainissement, à ceux qui ne veulent pas d’un centre d’enfouissement des déchets ou d’éoliennes près de chez eux. Au long des réunions, des contacts téléphoniques incessants, des déplacements qui rythme sa vie d’élue, elle se livre avec beaucoup de vérité et de liberté : elle garde le sourire malgré tout, malgré la solitude ressentie après le décès de son compagnon, malgré le sentiment que le combat d’une vie pour l’intérêt général se heurte sans cesse aux intérêts particuliers. Luc Decaster parvient à nous faire entrer dans cet « état » d’élue, en alternant évènements, confidences, silences, notes de musiques, mais aussi en nous montrant les paysages de cette région nantaise. Au moment où la démocratie de délégation apparaît plus que jamais en crise, ce témoignage d’une élue locale parvient à nous convaincre. Sa pratique responsable lui confère une réelle légitimité, tout en nous montrant les limites de sa liberté vis-à-vis des jeux et enjeux de pouvoirs. Gérard Logié
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| Total impunité – Les dessous d’une multinationale au dessus de tout soupçon |
| Jean-Philippe Demont-Pierot, Respublica éditeur, 2010, 260 pages, 18,9€ |
Quand les profits broient les Hommes
L’enquête de Jean-Philippe Demont-Pierot a le mérite de n’être guère tortueuse ; elle s’appuie en grande partie sur des éléments judiciaires ou officiels qui ne portent guère à discussion. En cela, elle ne délivre pas de gros « scoop », et pourrait laisser le lecteur trop avide de nouvelles explosives sur sa faim. Sauf que ce livre a une vertu journalistique précise : elle relie tous les éléments du puzzle, les met en perspective, et leur donne sens, ce que la communication de Total s’évertue à déconstruire au fil de l’actualité de cette multinationale, trop souvent liée à son goût à ce qui fait la « Une » des quotidiens. D’une suite de ce qui est présenté par la firme comme des accidents malheureux et des polémiques « droits-de-l’Hommiste » ou écolos, Jean-Philippe Demont-Pierot fait un portrait complet et précis d’un groupe industriel contrôlé par des hommes de l’ombre (notamment deux actionnaires ayant une minorité de blocage, les milliardaires Paul Desmarais et Albert Frère), en lien étroit avec des forces politiques (on y retrouve en bonne place Nicolas Sarkosy), à l’éthique minimaliste, aux casseroles nombreuses et à la stratégie industrielle hasardeuse. AZF, l’Érika, le financement de la junte militaire Birmane, les affaires en Irak et en Iran, les sables bitumineux canadiens et les projets catastrophiques au Kazakhstan, ou encore le scandale absolu des torchères de gaz dans le delta du Niger : le Total de Demont-Pierrot n’a pas grand chose à envier au Monsanto de Marie-Monique Robin. Une différence existe tout de même : l’auteur démontre, en effet, combien la stratégie industrielle de Total, à long terme, paraît hasardeuse, voire rétrograde, ce qui pour un industriel n’est pas souvent bon signe, surtout quand il intervient dans un secteur à l’aube de mutations gigantesques, comme c’est le cas pour l’énergie. Un des points passionnant du livre est en effet de montrer comment Total pourrait, si son système de gouvernance était différent et si ses dirigeants ouvraient les yeux sur le monde qui les entoure, devenir une force de progrès au service de la société, au lieu d’être le profiteur aveugle et irresponsable ici décrit. N. L. |
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| Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main |
| Joaquim Melo , avec Elodie Becu et Carlos de Freitas, éditions Michel Lafon, 2009, 284 pages, 17,95€ |
De l’espoir par bidons entiers
Une banque alternative dans une favela brésilienne, une réalité contre la résignation pour que la production et la consommation du quartier facilitent le développement local… Le Conjunto palmeiras était un bidonville à vingt kilomètres de la ville touristique de Fortaleza, au nord du Brésil, dont les habitants avaient été expulsés pour réaliser hôtels de luxe et immeubles de standing au bord de la mer. Aujourd'hui, c’est un quartier. Les habitants se sont battus depuis les années 70, affrontant la dictature, les blocages administratifs et les catastrophes climatiques pour relier le bidonville aux services de la ville, en particulier pour obtenir l’eau potable, l’assainissement, et des transports collectifs corrects. Joaquim Melo témoigne avec émotion de son engagement dans ce combat collectif contre la pauvreté. Après de nombreuses batailles, ils ont aussi créé la Banque Palmas et une monnaie spécifique, qui a fini par être acceptée avec une parité avec le réal (la monnaie brésilienne officielle) par la Banque du Brésil. Depuis, les habitants gèrent une enveloppe de près de deux millions de reals (plus de 50 000 euros), et quarante-six banques communautaires ont vu le jour sur ce modèle en Amérique du Sud. Chaque habitant dispose d'une « carte de crédit » mensuelle à taux gratuit, de 20 palmas (la monnaie créée par la banque, environ 8 euros) pour consommer dans le quartier, le commerçant lui faisant une ristourne de 5 % sur ses achats. L'entrepreneur peut obtenir un prêt, sur la garantie de la viabilité de son projet et d’une solvabilité estimée sur son présent, et non sur son passé (prison, interdit bancaire, etc.) en réals, ce qui lui permet d'acheter ses fournitures et de payer une partie des salaires de ses employés. Du coup, l'entrepreneur peut réaliser son projet, et sa clientèle potentielle est incitée à se fournir chez lui. Avec les auteurs de ce livre, on suit Joaquim et ses voisins, pas à pas, dans ce récit tout simple, qui est une bonne bouffée d’espoir. Anne Cordier |
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| Cahiers Sens Public, nº 11-12, « Malaise dans le capitalisme, de quoi sommes-nous contemporains ? » |
| octobre 2009, Lyon, éditions Sens Public, 296 pages, 20€ |
Les mutations du capitalisme contemporain
« Dans tout danger, croît ce qui sauve », avait écrit le poète Hölderlin. C´est exactement l´objet de ce numéro de Sens Public, association et revue ayant un fonctionnement autonome. Le capitalisme est ainsi analysé à partir d´une perspective réellement interdisciplinaire, entre la philosophie, le théâtre, l´anthropologie politique et l´économie. L´essai d´anthropologie politique de Philippe Dujardin ouvre le numéro sur un questionnement fulgurant autour de la notion de contemporanéité : comment penser et qualifier l´époque dans laquelle nous vivons ? Quelles sont les relations d´équivalence entre les êtres ? Au nom de quels principes, de quels concepts et de quels schèmes font-ils société ? Philippe Dujardin opère une véritable réflexion interdisciplinaire en se référant à la fois à l´histoire, à la science politique, à la linguistique et à la philosophie. Au fond, l´anthropologie politique est déjà une certaine forme de pratique interdisciplinaire, et elle nous rappelle à bien des égards la manière dont Cornélius Castoriadis évoquait, dans une perspective holiste, les significations imaginaires sociales. Le reste des contributions du numéro s´interroge sur la création culturelle à l´ère d´un capitalisme mondial destructeur. Si la culture dépasse l´optique des politiques publiques définies par l´État et les acteurs économiques dominants, Joëlle Zask montre comment une politique culturelle efficace passe par une ouverture aux diverses formes d´individuation susceptibles de faire évoluer la collectivité humaine. Edelyn Dorismond rappelle que la créolisation définie par Édouard Glissant passe par une revalorisation de la diversité culturelle et par l´absence d´une compréhension uniforme des modes de vie. Pas plus que l´hégémonie coloniale, le système capitaliste mondial ne pourra imposer une cohérence des modes de vie autour d´une forme sociale et économique obsolète et injuste. D´autres contributions font apparaître le capitalisme comme un système de déjection : la valeur des produits change constamment et le système pousse à inventer de nouveaux besoins, de nouveaux marchés pour pouvoir survivre. Michel Vinaver, qui a dirigé une multinationale, s´est investi dans l´écriture théâtrale en travaillant autour de ce paradoxe. Plus le capitalisme évolue, plus il est fragile et moins il devient tenable en tant que système. C´est par les marges que le capitalisme sera dépassé, c´est-à-dire par l´ensemble des forces culturelles autonomes susceptibles de produire de nouvelles idées sociales. Nous sommes en cela les contemporains d´un véritable espoir de construction culturelle et sociale inédite et c´est ce dont voulait témoigner ces Cahiers Sens Public.Étienne Beaudoux |
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| La nuit sécuritaire : le manifeste des 39 |
| revue Sud-Nord n° 23, éditions Érès, 2009, 19€ |
Soigner ou normaliser ?
Cet ouvrage donne la parole aux psychiatres réunis autour des 39 signataires de la pétition « Le manifeste des 39 » récusant le discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 2 décembre 2008 à l'hôpital psychiatrique d'Antony, et reprend le discours des participants au rassemblement « La nuit sécuritaire », qui s’est tenu le 7 février à Montreuil devant 1 500 personnes. Ils y dénoncent un usage sécuritaire et idéologique de la psychiatrie, la transformant en un des outils du contrôle social. En effet, il leur paraît que la normalisation des professionnels n’est finalement que le prélude à une normalisation des populations. Cet ouvrage montre une lutte contre le retour à une psychiatrie d'ordre public, à une psychiatrie normative, contre l’approche de considération du sujet au travers de ses symptômes et ses syndromes, contre une politique de la peur, du management et de la rentabilité qui dégrade un peu plus le système de soin général… Bref, une lutte contre « une machine technico-gestionnaire épouvantable, tapie au sein d’une idéologie d’enfermement, d’exclusion et de stigmatisation de la maladie mentale », comme l’écrit le psychiatre Hervé Bokobza. Refusant de faire de la psychiatrie une discipline d’enfermement et d’exclusion, les communications reprises dans cet ouvrage rappellent la place du sujet, la veillance et bienveillance envers lui, l’importance de la créativité, la nécessaire articulation avec le social, et en appellent à la résistance. Brigitte Bouquet |
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| mars 2010 |
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| Les associations face aux mutations du monde rural |
| revue Pour, Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr), n° 201, coordonné par Jean-François Ayats, Sophie Rouault, Serge Cordellier, Jacqueline Mengin et Christophe Jamet, octobre 2009, 176 pages, 20€ |
Retrouver une dynamique rurale
En ces temps de débats sur l’avenir des territoires ruraux et de risques d’asphyxie financière de certaines associations, ce dossier de la revue Pour donne à la fois des rappels historiques et des pistes pour l’avenir. Christophe Jamet, dans « Voyage au pays de la diversification rurale » et Jean Claude Bontron dans « Transformation du monde rural et champ du travail associatif » décortiquent les changements du monde rural et ses conséquences pour le champ associatif. Dans un article utile aussi bien aux anciens qu’aux jeunes n’ayant pas connu ces époques innovantes, « Les associations agricoles et rurales, l’État et les politiques publiques », Serge Cordellier et Jacqueline Mengin, dont on connaît le rôle actif dans cette histoire, retracent les racines du mouvement associatif en milieu rural (la Jac, les réseaux laïques : Foyers ruraux, Civam et autres groupes de développement agricole et rural) et du mouvement du développement local qui déboucha sur les états généraux des Pays en 1982 à Mâcon, jusqu’à l’émergence, plus récente, d’associations à vocation environnementaliste. Ils soulignent à quel point les pouvoirs publics et les associations ont été longtemps imbriqués pour agir, ainsi que le fait « qu’aujourd’hui, dans le domaine agricole et rural, les ruptures dans les logiques de financementsdes conventions pluriannuelles d’objectifs par des appels à projet… avec la tendance à transformer les associations en simples sous-traitantes des politiques publiques ». Peut on espérer que le Réseau rural français mis en place dans le cadre européen (www.reseaurural.fr) pourra combler ces insuffisances ? C’est l’objet d’un débat entre plusieurs personnalités, dont la conclusion évoque la création d’une « instance gouvernementale dédiée à la ruralité, à l’image de la délégation interministérielle à la Ville ». Dans une seconde partie, Samuel Féret laisse entrevoir, dans le cadre de l’évolution de la Pac, des perspectives en faveur du développement des territoires. Jean François Ayats note les nouvelles attentes des populations à l’égard des réseaux associatifs et les obligations croissantes de rendre compte à l’État qui demande la justification de leur utilité sociale aux associations, lesquelles n’ont pas l’habitude de l’évaluation (particulièrement quantitative). Un article de Nadine Richez-Battesti, Francesca Petrella, Ekaterina Melnik et Thomas Guérin rapporte une tentative d’analyse de la qualité de l’emploi dans le secteur de l’économie sociale et solidaire en région Paca qui donne quelques pistes. Rappelons au lecteur que sur cette question, aujourd’hui centrale, de l’évaluation des associations et de leurs activités, des travaux ont été réalisés au niveau par exemple de la Conférence permanente des coordinations associatives. La troisième partie donne la parole à « des associations diverses, de secteurs d’intervention variés ». Annie More, présente l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural) et Thierry Damien présente Familles rurales. Jean-Luc Pineau illustre avec le jardin de cocagne d’Angers l’insertion par l’emploi accompagné ; Vincent Favrelière présente une démarche pour aider au démarrage d’un projet d’installation agricole. Serge Rondepierre présente Terre de liens pour l’accès collectif au foncier. Un article de Patrick Mundler, fondé sur une enquête, est consacré aux Associations pour la maintien de l’agriculture paysanne et, enfin, Yves Raibaud nous relate une histoire de développement local dans le Pays de l’Entre deux mers, centrée sur les activités culturelles, par ailleurs très absentes de ce dossier. On pourra également regretter le fait que quelques articles se limitent à une présentation institutionnelle de tel ou tel réseau, relevant d’une politique de communication assez pauvre. Ainsi, le grand intérêt de ce dossier est d’illustrer les changements dans le monde rural, les nouvelles attentes et attitudes des nouveaux ruraux par rapport aux associations. On aurait pu s’attendre à des illustrations plus novatrices dans la dernière partie et, à ce propos, on peut rappeler le grand intérêt de l’émission « Carnets de campagne » de Philippe Bertrand, sur France inter le midi, dont beaucoup d’expériences mises en valeur auraient leur place dans ce dossier. Enfin, les temps ont changé (au niveau des territoires et dans les pratiques de l’État), l’article historique de Cordellier / Mengin le montre bien et de nouveaux rapports doivent se créer au niveau des territoires de vie, entre anciens et nouveaux habitants, dans la cadre d’associations renouvelées. À ce propos, nous renvoyons aussi à l’article de Yves Gorgeu dans le Territoires de février 2010 (n° 505), avec des propositions pour un meilleur dialogue urbain-rural, qui éclaire des champs du possible. Étienne Beaudoux
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| Comment les électeurs font-ils leur choix. Le panel électoral français 2007 |
| sous la direction de Bruno Cautrès et d’Anne Muxel, Presses de Sciences Po, 2009, 385 pages, 28€ |
Est-ce ainsi que les hommes votent ?
Voici a priori un ouvrage réservé aux spécialistes ou férus de sciences politiques. Pourtant, une fois plongé dedans, même le néophyte aura du mal à décrocher. De là à dire que les auteurs de l’ouvrage jouent sur les mêmes ressorts que les auteurs de polar, il y a un pas que l’on sera ici tenté de franchir : les chercheurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cévipof) s’efforcent de débusquer les mobiles du vote et nous en dévoilent toute la mécanique. La méthode d’enquête électorale utilisée par le Cévipof est celle du panel. Elle consiste à réinterroger à quatre reprises un même échantillon de 1 846 d’individus au cours d’une période recouvrant l’élection présidentielle et les législatives de 2007. Cette méthode, restée jusque-là très marginale en France, présente l’avantage, par rapport aux enquêtes postélectorales classiques, de suivre dans la durée le comportement des électeurs. L’enquête se concentre sur le temps de la campagne électorale, mais en le faisant dialoguer avec le temps plus long durant lequel se construisent les habitudes de vote et les comportements politiques, ce qui permet de cerner les facteurs sociaux, politiques, psychologiques, les effets de conjoncture et tous les ressorts complexes qui interviennent dans le processus de décision. La méthode du panel a pour principal atout, selon les auteurs, de comprendre l’interaction entre les trois « temporalités du vote » que sont « l’ensemble des prédispositions fixées sur le long terme, la confirmation ou la défection de ces prédispositions sur le cours terme du temps de la campagne, et le moment de cristallisation du choix final ». Cette analyse des dynamiques de formation des jugements et des choix politiques fournit des clés de lecture permettant de mieux comprendre le mouvement d’une élection, particulièrement intéressantes dans le cadre de la présidentielle de 2007, qui a présenté nombre de spécificités : une suspension temporaire de la crise de la représentation avec un regain de la participation, l’arrivée au pouvoir d’un homme de la majorité sortante, un premier rôle joué pour la première fois par une femme, un renouvellement de l’offre politique, l’instrumentalisation de la personnalisation des candidats, l’absence d’enjeu de politique publique qui se soit imposé de façon stable et saillante. La méthode par panel permet de cerner la façon dont les individus évoluent individuellement, mais aussi de comprendre comment se structurent les grands électorats : comment, pendant la présidentielle, éclate l’électorat du Front national et se construit celui de François Bayrou, et comment les législatives ont marqué le retour à un ordre des choses constaté avant la parenthèse de la présidentielle. L’étude confirme par ailleurs que l’électeur d’aujourd’hui n’est plus le même qu’hier. Bruno Cautrès et Anne Muxel soulignent ainsi qu’il est devenu « acteur au cœur d’un système en évolution constante, il n’a plus les mêmes fidélités et engagements de long terme que par le passé. Il compose, réagit, s’adapte et s’émancipe ainsi partiellement de ses enracinements idéologiques, culturels et sociaux. Il aborde l’élection d’une façon peut-être plus réflexive. » . Sabrina Costanzo |
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| 3 euros par jour |
| Nelly Zin, Albin Michel, 2010, 15€ |
In vivo, minima
Le sous-titre met tout de suite dans l’ambiance : « 27 ans, 2 enfants, 3 euros par jour pour nourrir sa famille ». Ce livre, écrit avec la collaboration de la journaliste de Paris Match, Caroline Fontaine, s’avale vite. Il est direct, écrit simplement, sans emphase ni figure de style. Avec un minimum de recul et d’introspection. On pourrait se croire en train de lire un roman de Zola décrivant une ouvrière en France au 19e siècle, du Jack London décrivant une femme pauvre du début du 20e ou Steinbeck une femme pauvre des États-Unis dans les années 20. Pourtant, c’est une autobiographie d’une femme de la banlieue parisienne du début des années 2000, en France. Il décrit les phases de la descente d’une femme avec deux jeunes enfants, embourbée dans d’incessants problèmes d’argent. S’identifier à l’auteure est aisé et partagé : elle n’est pas suffisamment pauvre pour ne pas avoir de logement (au prix de démarche et de frais conséquents), elle travaille de temps à autre, a deux jeunes enfants, un peu de famille et quelques amis. Elle n’est pas SDF, n’a pas de problème grave de santé et cherche régulièrement à concilier ses vies de femme, de mère et de travailleuse. On la voit confrontée aux services publics, souvent démunis. Elle décrit l’étiolement progressif de son couple, ses envies de consommation, somme toute assez modestes. Elle montre aussi ses phases de découragement face aux critiques, aux remarques de l’entourage (sa mère, la maîtresse d’une de ses filles, son assistante sociale…). On la voit se dépatouiller au milieu d’une administration « sociale » qu’elle ne comprend pas. L’auteure ne s’apitoie pas sur son sort, décrivant aussi ses faiblesses, ses erreurs, en toute lucidité. À travers tout le livre, on remarque avec effarement le constat d’absence de toute réflexion politique, la quasi inexistence de ce champs, à l’exception d’un élu clientéliste qui appuie une demande de service. On voit, par le détail, les ravages des crédits à la consommation accordés sans sourciller par des établissements bancaires qui, ensuite, encaissent de généreux frais d’impayés et entraînent des personnes vers le surendettement, avec une plus ou moins grande insouciance des personnes concernées. Il serait intéressant d’avoir les situations décrites dans ce livre vues par plusieurs regards : son ex compagnon, sa mère, son assistante sociale, la directrice d’école, le personnel de la Caf, son banquier, les employés et élus municipaux qui suppriment l’accès de l’une de ses filles au centre de loisirs… On aimerait lire la suite de ce livre : la remontée (mais ce livre en fait sûrement partie !). Rien que pour avoir le plaisir de lire cette suite dans quelques années, achetez ce livre (afin que l’auteure touche des droits) et parlez-en autour de vous. Il décrit la crise in vivo. Mathieu Glaymann |
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| Jules des chantiers |
| Frédérique Jacquet et Sébastien Vassant, collection L’Histoire sensible, Les éditions de l’atelier, 2008, 108 pages, 18€ |
Des civelles à l’amiante
Tous ceux qui ont aimé Jeanne de la zone (Frédérique Jacquet et Etienne Davodeau, l’Atelier, 2009) auront grand plaisir à retrouver Jules, nouveau personnage dans le Saint-Nazaire des années 50. Il s’agit du deuxième album de la collection « L’Histoire sensible » des éditions de l’Atelier, une collection qui ambitionne de donner vie à un enfant d’hier, dans son milieu. Jules nous apparaît, sous la plume de Frédérique Jacquet, avec le vocabulaire rude des chantiers Penhoët, fleuri et odorant de son quartier du Marais. Les illustrations dans lesquelles on aimerait parfois un peu de couleur sont de Sébastien Vassant. Même s’il n’a pas de maman, il y a tellement beaucoup d’amour autour de Jules ; il y a aussi de l’amitié et des attentions chaudes avec Gustin le conteur, Jojo le charbonnier, Gégé qui apprend à faire en cachette des divisions compliquées pour essayer de décrocher une promotion au chantier, et tous les autres au Marais ou dans le quartier des chantiers de Penhoët. Et puis il y a Soizick qui sait si bien ranger les verres ballon au café Tranquille. La vie au quartier, c’est la débrouille, pêche aux civelles et bricole généralisée. Une vie au son du marteau pilon des chantiers, qui frappe et refrappe sans répit jusque dans la ville endormie, sur fond de grèves ouvrières et de guerre d’Algérie. Et sur fonds de solidarité entre ceux qui vendent l’Huma et Témoignage chrétien. Dans une seconde partie de l’ouvrage, de type dictionnaire spécialisé (qu’on aimerait peut être thématique et non alphabétique), connaisseurs et non connaisseurs de Saint-Nazaire apprendront tout sur les blockhaus, la « cariquelle » les métiers spécialisés (chaudronnier, riveur, traceur de coques...), la « grand-mère » (la célèbre grue des chantiers) et bien entendu le « France », honneur des chantiers en 1961. Nous avions été séduits par les photos d’Atget dans Jeanne de la zone. Certaines ont là aussi du caractère. Dans la troisième partie, Jules a vieilli et joue à « l’art d’être grand père ». Il dévoile plusieurs secrets à sa petite fille, notamment le drame de l’amiante pour beaucoup d’anciens du chantier. Il faut remarquer les nombreuses personnes et institutions remerciées à la fin de l’ouvrage, ce qui témoigne d’un travail d’appui sur la mémoire locale qui respire dans le texte. Une piste de travail applicable dans beaucoup de territoires. Après cette lecture, faisons le vœu de nombreux frères et sœurs à Jules et Jeanne.Étienne Beaudoux |
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| Antimanuel d’écologie |
| Yves Cochet, éditions Bréal, 2009, 310 pages, 21€ |
Choisir avant le chaos
Avec le titre de l’ouvrage que nous propose Yves Cochet, Antimanuel d’écologie, il était normal de s’attendre à une présentation nouvelle et différente des questions environnementales. À la lecture, on constate que toute la première partie du livre, jusqu’au chapitre 10, adopte une logique descriptive sur le mode catastrophiste des enjeux écologiques de la planète (la crise laisse place au « désastre écologique »). L’auteur montre comment tout se tient et comment nos modes de production (agriculture intensive, transport énergivore, société de consommation, OGM...) et nos modes de vie dans les pays hautement industrialisés n'ont aucun avenir et nous précipiteront dans le chaos, dès que la pénurie de matières premières attisera les tensions et les conflits. Cet Antimanuel apparaît bien pédagogique, des illustrations bien choisies et un style simple et précis se trouvent néanmoins en rupture avec nombre d’extraits d’auteurs pour lesquels il vaut mieux être expert plutôt qu’apprenti. À partir du 11e chapitre, Yves Cochet passe du constat à des propositions politiques axées sur la sobriété, la relocalisation de l'économie, la solidarité et le partage, seuls capables d'empêcher le pire d'arriver. Pour lui, la décroissance est inéluctable : « mieux vaut la décroissance choisie, démocratique et solidaire, que la décroissance subie actuelle. » La logique semble implacable, la démonstration prend toute sa pertinence et le livre tout son sens. David Pélage |
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| L’affranchie du périphérique |
| Didier Daeninckx, L’Atelier, 2009, 100 pages, 15,5€ |
Balade en banlieue
Les éditions de l’Atelier publient leur première fiction, et ont la bonne idée de commencer par Didier Daeninckx. Le prolixe touche-à-tout, habitué de la série noire mais surtout défenseur de la banlieue et de la culture populaire, livre un texte entre roman et nouvelle, qui se déroule entre La Villette et Aubervilliers. Le long du canal, une étrange maison, aussi vivante qu’abandonnée, sert d’objet de quête à l’héroïne, dont on ne saura pas grand chose. Car l’essentiel est ailleurs, de l’autre côté du périphérique, mais aussi de l’autre côté du temps, dans lequel elle remonte pour tracer le passé de cette maison bleue. Didier Daeninckx parle avec douceur, malice et toute sa connaissance de ces lieux, de ces temps si loin et si proches. Il nous balade de la guerre d’Espagne à Twitter, d’un procès italien à une exposition de peinture Suisse, de la Résistance à la haute couture, sans jamais se perdre, sourire aux lèvres, vélo au vent. Aucune raison donc de décliner l’invitation. Nicolas Leblanc |
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| fevrier 2010 |
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| DVD Conférence de citoyens sur les services publics locaux, octobre 2008 - mars 2009 |
| Organisée par l´Institut de la gestion déléguée, l´Association des maires de France et le Comité des partenaires. Pour l’obtenir : pvdev@fondation-igd.org ou 01 44 39 27 00 |
Les conférences de citoyens, un outil pour la participation
La conférence de citoyens n´est pas un instrument nouveau. Pourtant, l´idée de filmer les séances et les synthèses des délibérations est une valeur ajoutée aux études sur la démocratie participative car cela permet au spectateur de se représenter concrètement le déroulement de la procédure. Les différentes étapes de la conférence (voyage des citoyens tirés au sort dans plusieurs villes, organisation de plusieurs week-ends de formation) sont minutieusement détaillées. Le film restitue la maturation du processus : les citoyens sont un peu désorientés et circonspects au début, puis entrent petit à petit dans les débats et se forgent une opinion éclairée et collective. La maîtrise du sujet (« comment les citoyens usagers pourraient-ils prendre part à l´amélioration des services publics locaux ? »), la convivialité des échanges et l´animation du groupe démontrent l´utilité de ce type de démarche. La conférence intervient sur trois lieux différents (Nantes, Nice et Dijon) et a lieu pendant les week-ends. Les citoyens assistent à des exposés de représentants d’associations, de sociologues, d’élus locaux et de responsables de services publics locaux, à la fois pour cerner la problématique de la question et donner des pistes de réflexion. Filmer les processus de délibération permet incontestablement de renforcer les études sur les interactions des acteurs et sur leur manière de s´approprier le thème du débat. La caméra ne doit néanmoins pas perturber le jeu des acteurs, mais l´ausculter par petites touches. L’objectif d´une telle démarche est de permettre aux personnes désireuses de se lancer dans une telle aventure d’avoir une idée de l’évolution possible de la conférence. Le film retrace les débats (synthèse, auditions) mais aussi les frustrations (incompréhension de certains exposés) rencontrées tout au long du processus. Il existe un avis citoyen construit sur les services publics locaux : la participation est l´organisation d´un débat construit avec la proposition d´une opinion collective. À l´avenir, elle est appelée à transformer l´esprit de l´action publique. Christophe Premat
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| Un climat d'injustice. Crise et inégalités écologiques |
| revue Mouvements des idées et des luttes, n° 60, octobre - décembre 2009 |
Vers le chaos écologique
Le dossier du dernier numéro de Mouvements, plaisamment intitulé « un climat d'injustice », encadre, au travers d’une riche série d'articles, la notion d'inégalités écologiques. Celles qui naissent du partage discriminant de l'accès aux ressources naturelles ou de l'exposition aux risques, celles aussi qui naissent des politiques écologiques elles-mêmes. L'ensemble donne une approche multicritères de la notion, dont il est un peu compliqué de tirer une conclusion synthétique, mais la complexité n'est-elle pas consubstantielle de l'écologie ? Quelques articles font saillie, à l’instar de l'interview de la vice-présidente de Bretagne, porteuse d'une charte pour la gestion intégrée des zones côtières, et qui évoque l'épouvantable situation des pêcheurs sénégalais dont les barques ne trouvent plus de poissons, chassés par le réchauffement climatique, et servant au transport de malheureux fuyards... Fabrice Flipo navigue lui dans la notion d'inégalité écologique et sociale au filtre des théories de la justice. Il conclut en signalant la montée de mouvements comme le sociétalisme. Il décortique avec Jean-Paul Gaudillière les paradoxes des utopies technocratiques comme la croissance verte confrontées à une décroissance sélective entre le Nord et le Sud, à une sobriété qui se structure sur le trop, et non sur le manque… Un autre article évoque la divergence technologique, autre alternative à la croissance ou la rupture. Les pauvres s'organisent, comme le montre l'histoire du mouvement des sans-terre, ou la participation croissante des pays du Sud aux négociations climatiques au point d'en faire le lieu principal où l'on parle de développement. Mais le mythe des éco-villes chinoises est mis à mal dans un des articles. Le salut ne viendra pas de là, donc, ni de technologies dématérialisées dont l'impact environnemental est considérable. Et, même hors dossier, le vernis écologiste du président brésilien Lula se fissure, ce que la démission de sa charismatique ministre de l'environnement, Marina Silva, a fait apparaître. Peu de perspectives sont donc ouvertes pour sortir de ces inégalités écologiques. Sombre 21e siècle! Signalons hors dossier deux articles divergents et donc stimulants sur l'évaluation des universitaires. Michel Wilson |
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| L’affaire des affaires. L’enquête. Tome 2/3 |
| scénario de de Denis Robert et dessins de Laurent Astier, Dargaud, 2009, 208 pages, 22€ |
En plein dans le milliard
Le tome 1 de ce docu-roman graphique nous avait laissés groggy alors que Denis Robert était perdu dans les développement imprévus de ses enquêtes sur les affaires politico-financières. L’homme, le journaliste et l’enquêteur avaient été balancés sans autre forme de procès dans le grand cirque des révélations et des contre-feux. C’est justement sur un procès que le second tome s’ouvre : celui de la « deuxième affaire » Clearstream, celle des manipulations politiques entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Mais, ni Denis Robert, ni Laurent Astier (qui assure ici un trait de très haute tenue sans jamais relâcher la tension) ne s’embourbe dans cette affaire dans l’affaire, car c’est bien « l’affaire des affaires » qui les intéresse. Celle de savoir par quel nœud passe la majorité des transactions financières frauduleuses de la planète ; celle qui révèle l’outil de dissimulation dont se servent à la fois les corrompus, les mafias, et tous les adeptes de la main basse. Très largement abordable, instructif, et globalement saisissant. N. L. |
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| Petit dictionnaire des mots de la crise |
| de Philippe Frémeaux illustré par Gérard Mathieu, éditions Les petits matins / Alternatives économiques, 2009, 140 pages, 12€ |
Noël et crise en retards
Nous avions (quelle erreur !), oublié de vous signaler la possibilité d’un cadeau de Noël aussi peu coûteux que fort goûteux : le dernier livre (illustré) de notre confrère Philippe Frémeaux, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Ce qui pourrait n’être qu’un exercice de style devient très vite un tour de force : allier pédagogie et humour. L’auteur, aidé par les dessins de Gérard Mathieu, nous fait franchement rire à chaque détour de page, mais à aucun moment ne se perd dans des formules faciles qui nous feraient oublier que le but premier du journaliste Frémeaux est de nous faire comprendre dans quelle panade néolibérale nous sommes – et grâce à qui. Côté savoir, vous allez enfin découvrir le sens des mots « assureurs monoline », « stabilisateurs automatiques », « volatilité » ou « désintermédiation ». Côté humour, nous ne retiendrons, exercice cruel, qu’une seule phrase, tirée de la définition de « Marini (Philippe) », auteur d’un amendement à la loi de finances 2008 permettant aux actionnaires de déduire de leur revenu imposable les pertes subies en bourse : « L’idée était tellement choquante sur le plan éthique, stupide au plan économique et irresponsable au plan politique qu’elle fut immédiatement jugée séduisante par Jean-François Copé. » Délicieux.N. L. |
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| La fièvre de l’or |
| documentaire d’Olivier Weber, éditions France Télévisions, octobre 2008, 91 minutes |
Du désastre écologique à l’état pur
À la croisée des conséquences désastreuses de la mondialisation débridée et de la sale habitude humaine de flinguer la nature à tout-va pour quelques billets, le scandale de l’orpaillage en Amazonie représente un exemple et un combat hallucinants. Dans ce Far West entre Brésil et Guyane française, les réseaux de trafiquants font rentrer des quantités industrielles de mercure et s’adonnent à la traite des femmes et au blanchiment d’argent, pour mieux extirper les lingots du sol de cette forêt incroyable qu’ils défrichent impunément. Le Film d’Olivier Weber, sortie en salles l’année dernière, constitue un support de débats, d’informations et de mobilisations autant sur la provenance de l’or que nous achetons, sur la rapide dégradation du « poumon vert » de notre planète ou sur le sort des Amérindiens, le réalisateur filmant les Wayanas, côté Guyane française, pollués dans leur chair par le mercure nécessaire à l’or. Un des grands atouts du film est de montrer, de manière très directe, le point de vue des « chercheurs d’or », voire même de ceux qui osent légitimer le taux de malformations dans les populations autochtones. Un film coup de poing, dans un gant d’or. N. L. |
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| Les Garçons Ramponeau. Biographie populaire |
| réalisé par Patrice Spadoni, production Canal Marches, Coffret de 4 DVD, 19 ? À commander sur : www.paroles-et-memoires.org ou www.canalmarches.org |
Mémoire de quartier
« Belleville est un village d’immigrés », rappelle Étienne Raczymow, né en 1925 « au 27 rue des Couronnes » dans le 20e arrondissement de Paris. Il se souvient, avec ses amis et voisins octogénaires Gaston Largeault et Jacob Szmulewicz, dans ce film-document Les Garçons Ramponeau, réalisé par Patrice Spadoni, du Belleville d’autrefois, de ce Paris disparu. Tous trois allaient à l’école Ramponeau, l’école des garçons, pour la moitié enfants d’immigrés, « pas méchants, mais bien voyous ». Chenapans en culotte courte, ils nous content leurs 400 coups et se remémorent leur terrain de jeux qu’était le Belleville d’antan ; des voitures à chevaux, des marchands de chiffons, de l’ouvreur aveugle du cinéma de quartier l’Épatant, des films de gangsters et des westerns… De la traque hebdomadaire des clandestins organisée en bas de la rue de Belleville par les forces de police. Des artistes en quête de célébrité qui, lançant la chansonnette sur un bout de trottoir ; ainsi, Étienne croisa Édith Piaf, au détour d’une rue... Les trois amis ont parcouru les événements du siècle dernier : les grandes manifestations de 1936, la seconde guerre mondiale, la clandestinité puis l’entrée dans la Résistance pour Jacob et Étienne, tous deux issus de familles juives venues de Pologne, le service du travail obligatoire (STO) pour Gaston. À la fin de la guerre, viendra le temps de l’attente et de l’espoir de voir revenir ceux qui ne reviendront pas. Puis l’indispensable retour au quotidien, à la vie et à d’autres luttes. Premier opus d’une série, qui en compte dix, intitulée « biographies populaires », projet soutenu par la région Île-de-France, les Garçons Ramponeau nous ramènent à des temps révolus, mais permet aussi la comparaison entre le nord-est parisien des années 20 et celui d’aujourd’hui, comme le fait Jacob : « Ma femme râle contre les jeunes qui restent en bas, je lui dis que nous aussi on le faisait. Aujourd’hui, les jeunes ont des désirs beaucoup trop grands. Je ne les condamne pas car le désir c’est naturel. Avant, il y avait le racisme anti-juif, maintenant c’est le racisme anti-musulman (...). Pour s’en sortir, il faut du temps. » En plus du film, le spectateur pourra retrouver sur les trois DVD inclus dans le coffret l’intégral des entretiens menés avec les trois protagonistes. Mathilde Azerot |
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| janvier 2010 |
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| L’eau, pour une culture de la responsabilité |
| Antoine Frérot, Autrement, 2009, 193 pages, 20€ |
Une face de l'eau
L’ouvrage d’Antoine Frérot, ciblé sur les services de l’eau et de l’assainissement, comporte trois parties, la première présentant classiquement les grands défis (démographie, urbanisation, pollutions des eaux, etc..) qui feront du 21e siècle « le siècle de l’eau », la seconde stigmatisant avec adresse « les faux amis de l’eau » (catastrophisme climatique, gratuité de l’eau, opposition simpliste privé / public, etc.) qui conduisent à des postures stériles, et la troisième proposant « les nouveaux modèles » (nouvelles ressources en eau, nouveaux modèles financiers, solidarités renforcées, nouvelle gouvernance) qui permettront de surmonter ces défis et d’assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, au Nord comme au Sud. Le propos est adroit. Il fait, bien sûr, la part belle aux références de Veolia, dont Antoine Frérot est désormais le directeur général (la plus grande usine de dessalement par membranes, en Israël, la formidable réduction des pertes d’eau du réseau parisien sous la gestion de Veolia, un partenariat public / privé innovant à Atlanta, etc.) et tout cela est de bonne guerre. En revanche, on aurait espéré un examen minimal du marché de l’eau en France, un examen critique des contrats d’affermage et de leurs effets pervers (étrangement absent alors que l’auteur reprend longuement la critique de la rémunération des opérateurs selon les m3 vendus…), et quelques mots tout de même sur « l’oligopole de l’eau », même si l’auteur a beau jeu de disqualifier des discours de dénonciation parfois manichéens (auxquels l’article « L’eau sous pression citoyenne et politique », paru en décembre 2007 dans Territoires, avait accordé une très large place…). Décevant car il ne suffit pas de disqualifier la disqualification simpliste du marché, il faut aussi qualifier les différentes formes de recours au marché, et analyser les dérives du modèle français, ce que l’auteur ne fait pas. Une interrogation enfin : l’auteur plaide avec force pour la transparence, la participation des usagers et de la société civile à la « nouvelle gouvernance » de l’eau. Souhaitons que ces propos se traduisent par une ouverture effective des informations des opérateurs lorsque la démocratie participative s’emparera enfin de la question de l’eau. Pascal Arnac
L’atlas mondial de l’eau, de David Blanchon, Autrement, 2009, 79 pages, 15€
À lire aussi L’atlas mondial de l’eau, de David Blanchon, qui traite de façon condensée, claire et très visuelle bien sûr, de l’ensemble des problématiques liées à l’eau ; problématiques environnementales, sociales ou économiques. Ouvrage de synthèse et de vulgarisation, il permet une approche globale et efficace avant d’aborder des approches plus ciblées. Un petit étonnement : la très faible place accordée au réchauffement climatique et à ses conséquences pour l’eau. P. A. |
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| Une société de surveillance ? L’état des droits de l’Homme en France |
| Ligue des droits de l’Homme, édition 2009, 126 pages,10€ |
La liberté en moins, la sécurité en plus
« Ne souriez pas trop vite, vous êtes filmés », telle pourrait être la devise du rapport 2009 de la Ligue des droits de l’Homme portant sur l’augmentation alarmante des dispositifs de surveillance au sein des sociétés occidentales. En s´appuyant sur un certain nombre de faits et de principes, ce livre rend compte des instruments déployés pour contrôler et surveiller l’action des citoyens. Une forme de mondialisation surveillée est en train de se mettre en place, avec une circulation de bases de données dans tous les sens sans que l’on ait de garantie effective sur la préservation de la liberté des citoyens. C’est au nom de cette dernière que la Ligue des droits de l’Homme a publié son rapport afin de dénoncer le sacrifice de la liberté sur l’autel de la sécurité, devenu un dogme fondamental des sociétés contemporaines. Il se trouve que l´ensemble des techniques de fichage (biométrie, nanotechnologies, vidéosurveillance) répondent davantage à un sentiment d’insécurité et demeurent détournées de leurs objectifs : là où le pouvoir politique prétend préserver la liberté des citoyens, il la fragilise en construisant des techniques de surveillance de plus en plus fortes. En France, il existe une dérive sécuritaire certaine, due à une quasi absence de contrôle de l’usage des fichiers de données : Edvige, tests ADN, listes d’élèves scolarisées, toutes ces bases servent davantage à dépister les citoyens jugés déviants et non-conformes à l´idéologie ambiante. On retrouve dans cet ouvrage l’inspiration de Michel Foucault avec l’idée que l’emprise de la norme est devenue de plus en plus forte dans une société à caractère liberticide. En s’appuyant sur les rapports de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, le livre dénonce la circulation de bases de données clandestines à l’instar du système de traitement des infractions constatées (Stic) et du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). Certes, ces pratiques ne sont pas nouvelles, les États-Unis avaient d’ores et déjà créé des dispositifs de surveillance pendant la guerre froide (système Échelon surveillant les télécommunications) ainsi qu’après (logiciel Carnivore permettant l’accès aux courriels jugés sensibles, dépistage des informations sur les passagers aériens depuis les attentats du 11 septembre 2001 avec le système PNR, Passenger name record). Ce livre invite à une prise de conscience vis-à-vis du despotisme doux en train de s’installer dans nos sociétés, justifiant des politiques de plus en plus sécuritaires et inévitablement xénophobes (rejet des Roms, traque des immigrés clandestins). Si la surveillance s’insère en permanence dans notre quotidien, nous avons néanmoins les moyens de résister en instituant des réseaux de vigilance citoyenne. Christophe Premat |
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| Les missions du possible - Avec et pour les jeunes en parcours d’insertion |
| Anne Le Bissonnais, Apogée, collection « Les panseurs sociaux », 2009, 192 pages, 18 € |
Les jeux de l’insertion
Voilà un ouvrage qui donne de l’énergie et des idées pour accompagner les jeunes en parcours d’insertion. L’auteure s’appuie sur son expérience en mission locale dans le Sud de l’Essonne, à Étampes, pendant dix ans, pour relayer le vécu de jeunes en insertion (y compris les jeunes ruraux dont on parle rarement), donner à voir le travail des missions locales et contribuer à la réflexion prospective sur les politiques d’insertion. La première partie de l’ouvrage, intitulée « Des jeunes, de galère en "insertion" », est un état des lieux : 19 % des jeunes actifs de moins de 25 ans sont chômeurs. Les jeunes sans diplôme sont plus pénalisés que les autres, et les jeunes ruraux cumulent les handicaps. Le permis de conduire est pour eux un sésame vital. Mais les obstacles sont multiples : le logement, l’isolement, les difficultés familiales, le manque de vie culturelle, les discriminations expliquent autant leur situation que des systèmes de formation inadaptés pour ceux qui ne « rentrent pas dans le moule » de l’enseignement. La seconde partie, « Les missions locales : une approche globale et territoriale, des outils pour accompagner les jeunes dans leurs parcours », définit l’action de ces structures, enfantées par Bernard Schwartz. Les missions locales ont une double fonction : d’une part, accueillir, écouter et accompagner les jeunes et, d’autre part, contribuer à la construction de réponses adaptées dans les territoires. L’accès durable à l’emploi ou à l’activité nécessite d’agir sur les autres déterminants. L’auteure illustre la multiplicité des interventions au cas par cas. Et pour impulser des dispositifs performants pour l’accompagnement (en « jouant » avec l’accumulation de mesures qui s’empilent rarement de façon harmonieuse), deux clefs sont pointées : une connaissance fine de son territoire et le développement des partenariats publics, privés et associatifs. La troisième partie, « Les missions locales dans les politiques publiques d’insertion : une place à consolider », retrace la construction du dispositif des missions locales et les risques actuels d’un recentrage exclusif sur « la mise à l’emploi ». L’auteure fait appel à plusieurs voix du milieu des missions locales, ou au-delà, pour marteler l’intérêt prouvé par l’expérience de conserver l’approche globale de l’accompagnement et sa territorialité. Publié dans la collection « Les panseurs sociaux », cet ouvrage ne se limite pourtant pas à panser les plaies sociales, il rappelle, avec raison, des pistes politiques pour construire des dispositifs appropriés dans les territoires. Au-delà du public des jeunes en difficulté, des pistes peuvent être utiles à des accompagnateurs d’autres publics (personnes âgées, agriculteurs en difficulté, migrants retraités…). Et la démarche peut certainement être utile au-delà de notre Hexagone. Remarquons que l’auteure travaille actuellement avec les jeunes de Niamey (Niger). Pour tous ceux qui veulent agir dans leur territoire, un ouvrage accessible et de référence. Étienne Beaudoux |
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| Territoire et développement durable. Diagnostic |
| François Besancenot, L’Harmattan, 2009, 472 pages, 39€ |
Triste potasse
La recherche d'une méthode diagnostic étayée par des indicateurs de développement durable appliquée à un territoire aussi identifiable que le bassin potassique d'Alsace promettait beaucoup. Je me permets d'afficher une certaine déception, produite par la défaite du lecteur face à un ouvrage qui accumule les problématiques, pour reporter les propositions de solution... à des études ultérieures. L'identité du territoire, marqué un siècle durant par l'exploitation minière de la potasse, est décrite abondamment, de manière souvent intéressante. Puis, une longue partie reproduit les positionnements doctrinaux autour de la notion de développement durable, puis de celle de diagnostic. L'auteur propose une méthode « DPEIR : force directive - pression - état - impact - réponse », que le praticien territorial est curieux de voir appliquer au territoire décrit. L'attente est déçue. La troisième partie compare l'agenda 21 initial élaboré par la communauté de communes du bassin potassique qui a géré le territoire avant d'intégrer la communauté d'agglomération Mulhouse sud-Alsace (Camsa). L'auteur constate que l'agenda 21 de la Camsa est plus global que le premier, et que les actions inscrites dans ces documents correspondent essentiellement aux compétences des deux institutions... Il conclut, ainsi, que « plusieurs domaines restent à approfondir » en listant une série de questions... lesquelles sont justement celles qu'on espérait voir traiter au sein d’un ouvrage de 400 pages. Rester ainsi sur sa faim après un menu aussi copieux est une expérience troublante. La rigueur et l'exhaustivité du chercheur peuvent fréquemment, pour peu qu'une bonne coopération s'établisse avec les praticiens, faire apparaître des aspects instructifs de l'action publique. Ce n'est pas ce qui m'est apparu à la lecture de cet ouvrage. Michel Wilson |
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| Notre usine est un roman |
| Sylvain Rossignol, La Découverte poche, 2009, 12€ |
Il était une dernière fois...
En 2004, ce sont 660 emplois qui sont supprimés de l’usine pharmaceutique Roussel-Uclaf (devenu Sanofi-Aventis), de Romainville (93). « Il faut que les gens sachent ce qui se passe ici depuis des mois… comment nos vies sont changées à jamais, comment les décisions prises par les dirigeants meurtrissent. » Parce qu’elle entend les salariés répéter en boucle ces mêmes mots, Annick Lacour, représentante CGT, décide, en 2005, de créer une association de salariés baptisée RU, pour Roussel-Uclaf (mais aussi en allusion à la RU 486, nom de la pilule du lendemain qui fut inventée à Romainville), dont l’objectif est de donner naissance à un livre qui relaterait l’histoire de « leur » usine. En 2006, les membres de l’association choisissent de confier à l’écrivain Sylvain Rossignol cette mission. Après plus de six mois d’entretiens avec les salariés, le jeune romancier décide de ne pas s’en tenir à un récit en forme de simples témoignages et compose une fresque polyphonique, courant de 1967 à 2006, dans laquelle s’incarnent des vies ordinaires et dignes, chargées d’une subtile émotion. Un livre où s'entremêlent histoires intime et collective, sociale et politique, à lire d'une traite ! A. C. |
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| La démocratie participative |
| sous la direction d’Yves Sintomer, la Documentation française, coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 259, avril 2009, 9,90€ |
Démocratie participative : ce qu’il faut savoir
Sous la direction d’Yves Sintomer – bien connu des lecteurs de Territoires et intervenant régulier de l’Adels –, la Documentation française, dans sa revue Problèmes politiques et sociaux d’avril 2009, nous livre un intéressant panorama des réflexions sur la démocratie participative – approches, outils et enjeux – face à la démocratie représentative. Intéressant par son gabarit caractéristique entre revue de recherche et dossier de synthèse ; intéressant par l’accessibilité des différentes contributions, ailleurs parfois plus ardues ; intéressant par le panorama réalisé entre approches les plus pertinentes des sciences politiques et analyses des outils. Sur le plan des approches, on trouvera une contribution de Pierre Rosanvallon sur le terme même de démocratie. Ensuite deux contributions « vivaces » issues de chercheurs référence : Jacques Rancière (La haine de la démocratie) sur le « paradoxe de la démocratie » et Bernard Manin avec une instructive adresse sur « les limites de la dimension démocratique du gouvernement représentatif ». Une pensée que l’on souhaiterait percevoir plus souvent chez certains élus, « absolutistes-élitistes » de la représentation. Marie-Hélène Bacqué, Alain Rey et Yves Sintomer actualisent leur réflexion sur la démocratie participative comme « complément ou inflexion de la démocratie représentative », Marie-Hélène Bacqué revenant sur l’idée d’empowerment et Loïc Blondiaux sur celle de « l’idéal participatif ». On trouvera enfin les signatures de Catherine Neveu – de l’habitant au citoyen – ainsi que celles de Carsten Herzberg et Anja Röcke sur une cartographie des modèles participatifs. Sur le plan des outils, l’ouvrage visite le débat public, les jurys citoyens, les conseils de quartier, les budgets participatifs, les forums hybrides, les assemblées citoyennes… tout cela dans des lieux parfois méconnus, comme la Colombie britannique par exemple. Même mise en appétit sur le chapitre « enjeux » entre la portée politique des dispositifs délibératifs, le piège de la proximité ou la place de la société civile dans la production de savoir (Christophe Bonneuil), la formation des préférences individuelles (Julien Talpin) ou enfin « l’enjeu de faire émerger un contre-pouvoir coopératif » (Archon Fung et Erik Olin Wright)… Cette juxtaposition éclairée de contributions de ceux qui pensent aujourd’hui la démocratie est un ouvrage idéal pour professionnels, élus et militants qui souhaitent faire un premier pas dans une démarche d’approfondissement. Quitte à aller ensuite dans les ouvrages initiaux des auteurs et lire les fondamentaux développés. Jacques Picard |
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| decembre 2009 |
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| Walter, retour en résistance |
| documentaire de Gilles Perret, DVD 22€ |
Le travail sans protection ?
À 76 ans, Robert Castel continue inlassablement, depuis La Gestion des Risques (Minuit, 1981) et surtout les magistrales Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995), à approfondir la nouvelle question sociale. Le présent ouvrage regroupe une somme d’articles parus entre 1995 et 2008 plus ou moins réécrits. Dans la première partie, l’auteur s’élève contre l’idée reçue d’un droit du travail faisant obstacle à la fluidité du marché. L’histoire démontre l’inverse : à mesure que le droit du travail se constitue, le marché progresse. Castel approuve la thèse de Gorz [1] : l’impersonnalité du travail salarié lui confère son caractère libératoire. D’où une tension : le travail contraint le travailleur, mais constitue le socle qui lui permet la reconnaissance, en devenant support de droits. La société salariale culmine dans les années 70, avec le mariage heureux entre économique et social. Mais ce compromis ne peut se maintenir avec la fin du capitalisme industriel. Car l’emploi perd sa consistance, mais non son importance. Justement, sa fragilisation ou sa plus grande rareté lui confère une plus grande centralité encore. Il ne s’agit pas de la « fin du travail » (Rifkin, 1995) ou d’une « valeur en voie de disparition » (Meda, 1995), mais bien plutôt d’un « effritement » de la société salariale qui développe un « second marché » de l’emploi, invalidant une part croissante de la main-d’œuvre. D’où les risques de découplage travail / protections sociales, ayant pour conséquence de faire passer une partie de la population d’une « précarité » provisoire à une situation durablement installée dans le « précariat ». La deuxième partie du livre pose la question de la reconfiguration possible des protections face à cette nouvelle donne. Castel réfute la connotation négative d’« État providence » pour caractériser la période qui s’achève, préférant la notion d’« État social » réducteur d’insécurité. Progressivement, depuis les années 70, on quitte la visée universaliste de l’État social avec des « droits », pour des prestations « sous conditions », avec la multiplication de situations particulières et l’exigence croissante de contreparties (comme l’insertion pour le RMI). Or, l’individualisation des protections exigerait non pas « un moins », mais « un plus » de protection. La troisième partie dépeint un tableau assez sombre des « désafilliés » de toutes sortes, figures assez différentes du « pauvre » traditionnel. Car ces personnes n’ont d’autre problème que d’être en surnombre, employables, mais invalidées par la conjoncture. On assiste à la multiplication de situations de travail « en deçà » du droit, avec le développement de la concurrence entre égaux. Cette désaffiliation s’exacerbe bien sûr dans le cas des populations d’origine immigrée et des jeunes de banlieue. Dans sa conclusion, Castel se refuse à être optimiste, tout autant que pessimiste. Les garanties du droit et de la protection sociale ne peuvent plus s’accrocher uniquement au travail stable : articuler la flexibilité avec la protection des travailleurs, tel est le défi que nous devons relever. Au total, une fresque magistrale, qui s’éloigne des images toutes faites sur la fin du travail, ou du mirage d’une « société de pleine activité » à n’importe quelles conditions. Un regret : qu’un livre aussi fouillé n’ait pas du tout abordé la question du genre, comme si la construction des protections sociales s’était faite indifféremment pour les hommes et pour les femmes. Nicolas Leblanc
Ma mondialisation, de Gilles Perret, Mécanos production et La vaka, distribué par Les films du paradoxe, DVD 19,5€
Profitez-en pour voir ou revoir
Ma mondialisation, le précédent film de Gilles Perret sorti en salles en 2006. L’histoire invraisemblable d’un patron de l’industrie du décolletage, savoyard, employant 300 personnes en France et 700 à l’étranger (République Tchèque, Chine). Un décryptage limpide et effrayant d’une vallée industrielle qui joue le jeu débridé de la mondialisation, et qui s’y brûle les ailes après avoir beaucoup gagné. Passionnant. N. L. |
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| Comprendre le monde. Introduction à l’analyse des systèmes-monde |
| Immanuel Wallerstein, La Découverte Poche, 2009, 173 pages, 8 € |
Le monde selon Immanuel
Aux heures de pointe dans le métro, il y a un petit côté gênant à sortir Comprendre le monde de son sac. Ce n’est pas seulement que ce titre d’éditeur manque quelque peu de retenue ; c’est surtout que, serré au milieu d’une rame surpeuplée, on se sent un peu comme un martien en train de lire son manuel d’apprentissage du fonctionnement de la planète Terre. C’est d’ailleurs peut-être là une bonne manière de résumer la démarche d’Immanuel Wallerstein, qui nous propose une « introduction à l’analyse des systèmes-monde » ; approche dont il est le fondateur et qui a fait de lui un théoricien important pour les courants altermondialistes. L’ambition est donc ici de fournir une explication globale des mécanismes régissant nos sociétés modernes, en s’affranchissant de l’État-nation comme cadre d’analyse. En s’attachant à expliquer « l’économie-monde capitaliste » de manière relativement accessible, l’auteur nous offre, entre autres choses, une interprétation très éclairante de la « mondialisation » en montrant qu’elle n’est pas un phénomène nouveau, mais cyclique. Signalons aussi, en fin d’ouvrage, un glossaire très bien fait, qui n’a rien d’accessoire. Un bémol toutefois : il faudra plus ou moins croire Wallerstein sur parole. On souhaiterait que son discours s’appuie plus systématiquement sur des références historiques clairement identifiables. Nul doute que l’impact sur le lecteur n’en serait que plus fort. Mais l’auteur nous avait prévenu dès le début que l’analyse des systèmes-monde assume de ne pas faire reposer ses théories uniquement sur des données « falsifiables ». En refermant cet ouvrage, on n’aura donc peut-être pas complètement compris le monde, mais on aura au moins une idée précise de ce qu’en pense Wallerstein. Largement suffisant pour justifier un achat. Mathieu Derrien |
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| La République antiparticipative : les obstacles à la participation des citoyens à la vie locale |
| Jean Tournon, L’Harmattan, 2009, 176 pages, 17 € |
Pourquoi ça ne marche pas ?
La vie associative doit-elle s’intéresser aux mille et une inventions de la démocratie participative locale ou se préoccuper des obstacles structurels à la participation citoyenne et aux moyens de les réduire ? Jean Tournon, directeur de recherche honoraire de la Fondation nationale des sciences politiques, actuellement responsable pour les Unions de quartier grenobloise d’une commission « démocratie locale et participation », a résolument choisi d’attaquer les causes qui freinent l’action citoyenne plutôt que de s’intéresser aux palliatifs. L’ouvrage propose donc une dizaine d’articles pour, non pas fustiger la démocratie représentative ou critiquer une fausse démocratie participative s’appuyant sur des groupes restreints (des lobbies), mais bien pour examiner, dans nos fonctionnements républicains, les multiples obstacles à la mise en place de processus démocratiques impliquant largement les citoyens. Souvent iconoclastes, les auteurs explorent toutes les facettes de cette résistance que la République met en œuvre, à tous les niveaux, pour limiter la participation des citoyens, et s’offrent quelques comparaisons avec des situations de pays plus ou moins proches : Italie, Suisse, Japon ou encore au Québec. François Hollard |
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| Alias Caracalla |
| Daniel Cordier, Gallimard, 2009, 944 pages, 32€ |
Une histoire de la résistance
Daniel Cordier est désormais un vieux monsieur très digne, un de ceux que les moins de 70 ans n’ont pas pu connaître jeune, mais qui peut, néanmoins, intéresser les moins de vingt ans, car son livre est précieux. Alias Caracalla est un journal qui relate, au jour le jour, les trois années les plus intenses de sa longue vie, du 17 juin 1940 au 23 juin 1943, quelques jours après l’arrestation de son « patron », Rex alias Jean Moulin, dont Cordier a été le secrétaire une année durant. Voici un parcours atypique. L’homme vient de l’extrême-droite royaliste maurassienne et antisémite, milite à l’Action française et s’engage en politique autour de ces idées. Il décide de rejoindre la résistance gaulliste dès le 17 juin 1940, d’abord, « pour ne pas être l’esclave des Boches », ensuite, par refus de l’armistice. Petit à petit, il va « dériver politiquement » en devenant l’apôtre du général de Gaulle, puis en s’engageant à gauche, liant la lutte contre le nazisme aux projets de justice sociale pour la Libération. Il est très intéressant de voir l’évolution de sa pensée, qui ne masque rien de ses doutes, de ses sentiments confus dans une période pour le moins troublée. À Lyon puis à Paris, Cordier va être le « secrétaire » de Rex-Moulin, dont il ne connaîtra la véritable identité qu’après la guerre. On découvre avec quel acharnement Jean Moulin chercha, souvent contre leur volonté, à unifier les mouvements de la Résistance, les partis politiques et les groupes isolés contre le régime hitlérien et contre Vichy. On voit toute la fatuité d’Henri Frenay et d’autres dirigeants de mouvements de résistance. On lit – avec délectation – les manigances, les coups, les arguments des différents mouvements de résistance et / ou politiques. Alias Caracalla – dernier lauréat du prix Renaudot-Essai – est complémentaire des précédents ouvrages de l’auteur, (Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon (trois volumes parus de 1989 à 1993 chez Jean-Claude Lattès) et Jean Moulin, la République des catacombes (Gallimard, 1999), lesquels étaient très documentés et essentiellement basés sur des écrits et des recherches historiques. Cet ouvrage est, quant à lui, presque exclusivement basé sur ses souvenirs. À lire pour Jean Moulin et pour les quelques similitudes – toutes proportions gardées – que l’on peut relever avec les coups bas politiques actuels et les résistances aux tendances populistes d’aujourd’hui en France et ailleurs dans le monde. Mathieu Glaymann |
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| Éco-quartiers en Europe |
| Philippe Bovet, Terre vivante, 149 pages, 29 € |
La société contre le néolibéralisme
L’expression « développement durable » est partout. Demain, pour les mêmes raisons, le mot « éco-quartier » connaîtra - vraisemblablement - la même fortune. Le moindre bâtiment affublé de quelques panneaux solaires sera célébré pour sa contribution éminente au sauvetage de la planète. Alors, comment s’y retrouver et démêler le « vrai » du « faux » ? Un conseil : commencez par lire l’ouvrage de Philippe Bovet. Clair, d’une lecture agréable, bien illustré et ponctué de références précises, ce livre est rafraîchissant et va à l’essentiel. Surtout, il pose correctement les défis qui nous attendent : concilier le développement urbain et l’écologie et créer l’habitat du futur dont nous avons besoin. Comme l’urbanisme est une affaire toujours singulière avec, à chaque fois, une histoire spécifique, un contexte particulier, des acteurs qui ont leurs particularités et des contraintes locales qui pèsent lourd, l’auteur a fait le choix de nous faire visiter douze réalisations en Europe. Histoire de prendre la mesure de la diversité des expériences. Mais, chemin faisant, on se rend vite compte qu’au-delà des différences, les mêmes questions se posent partout en des termes identiques, car il s’agit de faire face aux mêmes défis en créant une dynamique sociale. Le cas de l’éco-Zac de Rungis est exemplaire sur ce plan : partout se pose le problème de la participation. Une éco-Zac commence (presque) toujours par un projet des élus et des urbanistes. Faut-il se contenter de nos méthodes habituelles de participation ? Une éco-Zac est-elle un produit de consommation classique ? La lecture de l’histoire de l’éco-Zac de Rungis est conseillée à tous et, tout spécialement, aux élus. Ils pourront également apprendre que l’éco-quartier de Vauban (Fribourg-en-Brisgau) est devenu un haut lieu des énergies alternatives après qu’il y a eu, à cet endroit précis, une mobilisation intense et victorieuse contre un projet d’usine nucléaire. Les éco-quartiers ont toujours une histoire…Je vous recommande aussi de lire et de relire l’interview d’Hubert Burdenski, que chacun considère comme le « pape» des baugruppen. De quoi s’agit-il ? Les baugrappen, pour « groupes de projet en constitution » en allemand, font d’abord penser à nos coopératives, à la différence qu’ils se réfèrent spécifiquement à la notion de construction. Des personnes qui ont un projet se regroupent et déposent leur projet avec l’aide d’un architecte, en respectant, bien sûr, le cahier des charges de l’éco-quartier. Il peut en résulter jusqu’à 15 % d’économie, de quoi payer les surcoûts énergétiques et, surtout, une garantie d’avoir des futurs habitants, acteurs de l’éco-quartier. En prime, l’aménageur y verra le moyen efficace de contourner les promoteurs peu coopératifs. Enfin, cerise sur le gâteau, ce livre nous parle de Culemborg aux Pays-Bas, « l’un des éco-quartiers les plus aboutis d’Europe ». Pourquoi ? Parce qu’un éco-quartier est d’abord un acte d’urbanisme. Il ne s’agit pas seulement de construire des bâtiments passifs, des espaces verts, de penser des circulations douces. Tout cela est bien, mais il faut surtout les penser ensemble, de façon intégrée. Un quartier n’est pas l’addition des exploits de quelques architectes, fussent-ils géniaux. Car le but d’un éco-quartier est de générer une autre façon de vivre, plus économe, plus respectueuse de l’environnement, plus conviviale… Utopie ? Mais en avons-nous seulement le choix . Hervé Vouillot |
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| Nauru, l’île dévastée |
| Comment la civilisation capitaliste a anéanti le pays le plus riche du monde, La Découverte, 2009, 152 pages, 12€ |
Micro-état, méga-tragédie
C’est à Nauru – prononcez Naourou –, la plus petite république de notre planète, située au cœur de l’océan Pacifique que Luc Folliet, journaliste indépendant, a mené une enquête des plus contemporaines. Car cet îlot de 21 km2, peuplé de 9 000 habitants, victime d’un désastre écologique, économique et social pourrait symboliser, à lui seul, toutes les dérives du système capitaliste dont souffre aujourd’hui à des degrés divers l’ensemble de notre village planétaire. Tout commence au 19e siècle quand un navigateur australien découvre, sur cette minuscule île, du phosphate. Très vite, Nauru, qui ne vit plus que par et pour l’exploitation de ce minerai, connaît un développement rapide et intensif d’un mode de vie « à l’occidental » et voit, petit à petit, ses paysages se ravager. Jusqu’à ce que la précieuse ressource vienne à s’épuiser dans les années 90. Depuis, c’est le déclin : devenu un des États les plus pauvres de la planète, Nauru n’intéresse plus que les banques offshore ou l’Australie, qui loue ses terres pour y établir des camps de rétention pour les immigrés et connaît le taux d’obésité le plus élevé du monde (78,5 % de sa population). Un ratage total. Aline Chambras |
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| novembre 2009 |
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| La Montée des incertitudes. Travail, protection, statut de l’individu |
| Robert Castel, Seuil, 2009, 457 pages, 23€ |
Le travail sans protection ?
À 76 ans, Robert Castel continue inlassablement, depuis La Gestion des Risques (Minuit, 1981) et surtout les magistrales Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995), à approfondir la nouvelle question sociale. Le présent ouvrage regroupe une somme d’articles parus entre 1995 et 2008 plus ou moins réécrits. Dans la première partie, l’auteur s’élève contre l’idée reçue d’un droit du travail faisant obstacle à la fluidité du marché. L’histoire démontre l’inverse : à mesure que le droit du travail se constitue, le marché progresse. Castel approuve la thèse de Gorz [1] : l’impersonnalité du travail salarié lui confère son caractère libératoire. D’où une tension : le travail contraint le travailleur, mais constitue le socle qui lui permet la reconnaissance, en devenant support de droits. La société salariale culmine dans les années 70, avec le mariage heureux entre économique et social. Mais ce compromis ne peut se maintenir avec la fin du capitalisme industriel. Car l’emploi perd sa consistance, mais non son importance. Justement, sa fragilisation ou sa plus grande rareté lui confère une plus grande centralité encore. Il ne s’agit pas de la « fin du travail » (Rifkin, 1995) ou d’une « valeur en voie de disparition » (Meda, 1995), mais bien plutôt d’un « effritement » de la société salariale qui développe un « second marché » de l’emploi, invalidant une part croissante de la main-d’œuvre. D’où les risques de découplage travail / protections sociales, ayant pour conséquence de faire passer une partie de la population d’une « précarité » provisoire à une situation durablement installée dans le « précariat ». La deuxième partie du livre pose la question de la reconfiguration possible des protections face à cette nouvelle donne. Castel réfute la connotation négative d’« État providence » pour caractériser la période qui s’achève, préférant la notion d’« État social » réducteur d’insécurité. Progressivement, depuis les années 70, on quitte la visée universaliste de l’État social avec des « droits », pour des prestations « sous conditions », avec la multiplication de situations particulières et l’exigence croissante de contreparties (comme l’insertion pour le RMI). Or, l’individualisation des protections exigerait non pas « un moins », mais « un plus » de protection. La troisième partie dépeint un tableau assez sombre des « désafilliés » de toutes sortes, figures assez différentes du « pauvre » traditionnel. Car ces personnes n’ont d’autre problème que d’être en surnombre, employables, mais invalidées par la conjoncture. On assiste à la multiplication de situations de travail « en deçà » du droit, avec le développement de la concurrence entre égaux. Cette désaffiliation s’exacerbe bien sûr dans le cas des populations d’origine immigrée et des jeunes de banlieue. Dans sa conclusion, Castel se refuse à être optimiste, tout autant que pessimiste. Les garanties du droit et de la protection sociale ne peuvent plus s’accrocher uniquement au travail stable : articuler la flexibilité avec la protection des travailleurs, tel est le défi que nous devons relever. Au total, une fresque magistrale, qui s’éloigne des images toutes faites sur la fin du travail, ou du mirage d’une « société de pleine activité » à n’importe quelles conditions. Un regret : qu’un livre aussi fouillé n’ait pas du tout abordé la question du genre, comme si la construction des protections sociales s’était faite indifféremment pour les hommes et pour les femmes. Jacqueline Lorthiois
1 « Revenu minimum de citoyenneté, droit au travail et droit au revenu », André Gorz, dans Futuribles, février 1994.! |
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| Les pratiques émancipatrices. Actualités de Paulo Freire |
| sous la coordination de Françoise Garibay et Michel Séguier, éditions Syllepses et Nouveaux regards, 2009, 277 pages, 20€ |
L’héritage de Paulo Freire
Cet ouvrage est un jalon important dans l’action (forcément collective et de longue haleine) initiée par le grand pédagogue et militant de l’éducation populaire, le Brésilien Paulo Freire (1921-1997). Il retrace et éclaire les principes fondateurs de l’éducation émancipatrice, telle que l’a conçue et mise en pratique l’auteur de La pédagogie des opprimés. Il rassemble aussi une diversité d’expériences qui s’en inspirent, les croise et les discute avec le souci d’expliquer et de diffuser ces méthodes qui ont valeur autant politique que pédagogique. Un certain nombre de chercheurs et praticiens, dont certains avaient travaillé avec Paulo Freire, ont décidé, en effet, de faire fructifier son œuvre. Ils ont organisé un premier séminaire à Recife en 2002, puis à Paris, avec l’appui de l’Unesco. Ils se sont constitués en « cercle des pédagogies émancipatrices » avec le dessein de construire ensemble des connaissances utiles à l’action, d’interconnecter et de renforcer les réseaux qui en font l’expérience. Recherche-action, participation citoyenne, capacitation ou empowerment, échange de savoirs, travail en réseau : les mots-clés de ces démarches émancipatrices ne nous sont généralement pas étrangers. Mais en avons-nous tiré toutes les richesses ? Aucune pédagogie, nous dit Freire, n’est neutre : soit elle contribue à renforcer la domestication des individus, soit elle est outil d’émancipation. Celle-ci se bâtit dans la vie réelle. Elle doit se fonder sur un nouveau rapport, fait de réciprocité, entre l’enseignant et l’apprenant. L’éducation, au sens de Freire, est le refus de l’homme abstrait, coupé du monde et des autres. Le refus du prêt à penser, de « l’éducation bancaire », comme il est dit dans l’ouvrage. En amenant les personnes à problématiser leurs expériences concrètes, les formations-actions leur permettent de développer une vision critique qui, s’appuyant sur le collectif, débouchera sur la volonté de transformer le monde plutôt que de l’accepter tel qu’il est. L’appropriation des savoirs par les acteurs (les opprimés) eux-mêmes va bien au-delà des parcours individuels. La pédagogie est au cœur d’un mouvement tout à la fois radical et pacifique (car fondé sur le dialogue) de transformation de la société. Ce livre en révèle l’intelligence ; mieux, il donne ou redonne envie de se joindre au mouvement. Gérard Léval |
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| Gouverner les métropoles |
| Christian Lefèvre, éditions Lextenso en partenariat avec LGDJ et Dexia, 2009, 115 pages, 9,50€ |
La métropole cherche sa place
Cet ouvrage synthétique livre une explication structurée et illustrée du développement chaotique des organisations métropolitaines. En se basant sur une définition purement fonctionnelle de la métropole, l’auteur expose les grands tiraillements du comment gouverner les métropoles. Institutionnalisée par les politiques de décentralisation, théorisée par les courants de pensée politique, expérimentée à l’aide d’outils de gouvernance ou encore bousculée par l’essor d’une démocratie locale, la métropole reste perpétuellement en quête d’une cohérence existentielle. Efficace et pertinent, cet ouvrage, de par sa concision, laisse tout de même un peu sur sa faim. Mais n’est-ce pas là paradoxalement sa qualité principale ? Structurer la pensée du lecteur pour le pousser à approfondir ses connaissances sur le sujet. En concluant son travail sur une mise en exergue du risque de morcellement des territoires métropolitains, l’auteur donne finalement le coup d’envoi aux recherches et aux réflexions personnelles du lecteur. Emmanuel Marx |
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| Repères pour un développement humain et solidaire |
| Paul Houée, éditions de l’Atelier et éditions ouvrières, 2009, 254 pages, 22 € |
Le développement d’hier et de demain
Voilà, en 250 pages et trois parties, un voyage dans l’histoire du développement depuis les Trente glorieuses jusqu’aux temps incertains actuels. Paul Houée, en homme de savoir, d’observation et de terrain, analyse la situation présente et envisage les incertitudes de demain. « Tu ne connais pas ce qu’il y a de l’autre côté, mais tu nous encourages à passer… Tu es passeur de nuit et accoucheur d’aurore », note dans la préface Elena Lasida, maître de conférence à l’Institut catholique de Paris. La première partie brosse le tableau des changements sur notre planète et les défis multiples du moment (écologiques, politiques, économiques, etc.). Le développement est en panne et les conséquences peuvent être graves ! La seconde partie éclaire sur les diverses références intellectuelles et spirituelles (dont la « pensée sociale de l’Église ») pour refonder le développement. Il pointe aussi les approches empiriques participatives qui vont de l’expérience du Mené, pour laquelle Paul Houée a été acteur, jusqu’à l’engagement de nouveaux leaders, comme Mamadou Cissoko en Afrique de l’Ouest. La troisième partie donne des pistes pour un développement social et solidaire, participatif et durable, local et global. Paul Houée, en fils spirituel du Père Lebret, ne cache pas les tempêtes, mais invite à « ouvrir un horizon de sens aux mille petits pas de l’espoir et de la solidarité ». Une lecture utile en ces temps d’incertitude. Étienne Beaudoux |
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| La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale |
| Pierre Dardot et Christian Laval, La Découverte, 2009, 504 pages, 26€ |
La société contre le néolibéralisme
Le néolibéralisme est la cible de critiques récurrentes parmi les altermondialistes et les mouvances idéologiques de gauche qui s’insurgent contre l’émergence d’une société de marché. Le livre de Pierre Dardot et de Christian Laval va bien au-delà des slogans idéologiques pour préciser les fondements philosophiques du néolibéralisme. Le néolibéralisme est une rupture profonde au sein de la doctrine libérale classique. Conçu à la fin des années 30, au sein de cercles intellectuels restreints (colloque Walter Lippmann tenu à Paris les 26 et 30 août 1938), le néolibéralisme vise l’intervention de l’État au service du marché. En l’occurrence, les politiques publiques sont délivrées grâce au concours de la puissance publique et des forces du marché. La liberté individuelle n’est plus protégée dans la mesure où la commande publique se substitue à la main invisible du marché défendue naguère par un penseur tel qu’Adam Smith. Le néolibéralisme, en tant que doctrine fondée sur l’idée d’une société de marché où toutes les sphères de l’existence sociale (santé, éducation) sont indexées sur les échanges économiques, a pour précurseur l’ordolibéralisme élaboré par des économistes tels que Walter Eucken (1891-1950) et des juristes comme Franz Böhm (1895-1977) où l’ordre constitutionnel garantit les principes de la concurrence (cette conception a prévalu dans l’Allemagne fédérale après la Seconde guerre mondiale). La rationalité néolibérale a favorisé l’apparition d´un nouveau sujet se caractérisant par l’intériorisation d’un modèle de performance étendu à toutes les institutions sociales. L’individu néolibéral est sujet à des souffrances psychiques importantes, l’emprise de cette norme devenant difficilement soutenable. Le néolibéralisme n’est pas l’institution d´un marché libre, mais la rationalisation et la mise en place d’un contrôle social de plus en plus fort. In fine, la politique elle-même est menacée par cette idéologie, qui contredit les principes du débat public. Christophe Premat |
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| octobre 2009 |
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| Les enragés du football, l’autre mai 68 |
| Faouzi Mahjoub, Alain Leiblang et François-René Simon, Calmann-Lévy, avril 2008, 12€ |
Un autre football est possible
Dans un an se tiendra la Coupe de monde de football en Afrique du Sud, la première sur le continent africain. Nous serons tous largement abreuvés d’informations au fil de ces prochains mois. Que vous aimiez le foot ou non, que vous ayez une proximité avec les valeurs majoritairement portées par Mai 68 ou non, que vous critiquiez les sommes investies, la soumission à la publicité, la transformation de clubs en quasi multinationales, le nationalisme ou le chauvinisme qui structurent largement le football actuel : ce livre est pour vous. Il montre la révolte de joueurs qui ont aussi « fait leur Mai 68 » en occupant le sacro-saint siège de la Fédération française de football. Des joueurs révoltés par leurs conditions de travail. À cette époque-là, les joueurs étaient propriété à vie de leur club et de leurs dirigeants, les salaires étaient misèreux, les journalistes sportifs avaient l’esprit critique et faisaient véritablement leur travail en n’ayant pas peur d’ébranler des institutions intouchables. Les supporters avaient un esprit «club sain» et non raciste, chauvin ou violent. L’esprit qui existe encore à Lens ou à Lille aujourd’hui prévalait partout. On retrouve dans le livre de nombreux questionnements qui ont agité les autres mouvements de Mai 68, la même société « du haut » incapable d’écouter et bardée de certitudes, les mêmes dialogues de sourds entre syndicats de joueurs ou de journalistes et patrons de clubs ou de journaux. Un esprit de remise à plat, de liberté, de discussions, de revendications précises (structurées dans un vrai cahier de doléances), d’intelligence collective a animé ce groupe qui comporte quelques « vedettes » de l’époque ou futures. Ne manque que la critique du machisme pour en faire un vrai livre complet. À offrir à Ken Loach ou à vos ami-e-s altermondialistes pour montrer qu’un autre football est possible (mais qu’il reste du boulot…) ! Mathieu Glaymann |
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| Le travail – une nouvelle question politique |
| Jean-Louis Laville, collection « solidarité et société » dirigée par l’auteur, Desclée de Brouwer, 2008, 233 pages, 23€ |
Travailler oui, mais raisonnablement
Le sociologue Jean-Louis Laville, spécialiste de l’économie solidaire et des questions sociales, propose une version augmentée et actualisée de son ouvrage paru en 1999 sous le titre Une troisième voie pour le travail. Si le travail a été remis sur le devant de la scène avec la désormais célèbre maxime « travailler plus pour gagner plus », Jean-Louis Laville a pris soin de replacer la notion de travail dans l’histoire des sociétés, de l’économie sociale et des relations humaines. Le débat sur le travail (ré)apparaît comme question politique avec les turbulences que connaît le salariat dans les années 70. Le salariat « traditionnel » est voué à la disparition au profit d’une position de prestataire extérieur, d’une nouvelle organisation du travail. La question des 35 heures, largement développée, entraîne celle du temps libre, de l’allocation universelle ainsi que du secteur quaternaire : « Retrouver d’autres activités plus gratifiantes que l’emploi pour ne pas sombrer dans une société de travailleurs sans travail », dixit Hannah Arendt. Le temps libéré par le travail doit servir à la société via les associations, l’économie sociale et solidaire, sous la forme d’un engagement renouvelé à l’aune de la notion de service public. « Après les Trente glorieuses, les trente piteuses », prédit l’essayiste Nicolas Baverez que l’auteur reprend pour constater l’augmentation des inégalités et surtout des inégalités face au temps libéré par le travail… alors que la philosophe Dominique Méda avance le « travailler moins pour vivre mieux ». Mais que proposer pour avancer sur cette question politique ? On pourra regretter que l’auteur ne semble jurer que par l’économie sociale et solidaire et ne se positionne pas totalement dans le débat sur l’impératif et la sacralisation de la croissance, ainsi que sur le mythe (entretenu également par les sociaux-démocrates avec la redistribution) selon lequel seul l’essor de l’économie de marché pourrait résorber le chômage. David Pélage |
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| Extensions urbaines : la suite dans les idées |
| CAUE Haute-Garonne, Éditions Loubatières, 2009, 87 pages, 19€ |
Expérimenter l’agglomération de demain
Cette brochure du Conseil d’architecture, urbanisme et environnement (CAUE) de la Haute-Garonne se veut être un outil pour la construction collective de la ville de demain en rendant compte d’une démarche expérimentale. Elle part du constat d’une croissance effrénée de l’agglomération toulousaine, qui détient le plus fort taux annuel français des métropoles comparables pour la construction et l’étalement : en cinquante ans, le nombre de logements a été multiplié par cinq quand l’aire urbaine compte à peine 1,1 logement par hectare contre 4,9 à Lille, par exemple. Pour initier une démarche de qualité urbaine, six communes (du petit village de cinquante-cinq habitants à la ville de banlieue ou la bastide de sept mille habitants) ayant un projet d’extension, ont été choisies. Au programme : visites de sites remarquables, « ateliers des maires » et exposition des projets d’extension devant un comité de pilotage (composé, entre autres, du CAUE 31, de l’association des maires de Haute-Garonne, d’organismes HLM, de laboratoires de recherche, d’une école d’architecture et du conseil général). Dans le cadre du concours d’idées, des équipes « pluridisciplinaires » (bien que la seule ouverture hors architectes et urbanistes ne se limite aux ingénieurs horticoles…) ont alors proposé leur projet qui a été débattu en comité de pilotage et conseil municipal, voire plus largement. Cette méthode, séduisante car totalement ouverte pour la participation des habitants, a ses limites, les équipes ne pouvant pas concourir sur le marché et risquant de perdre leur propriété intellectuelle. En outre, on reste sur sa faim car, tant la méthodologie que les processus de participation ne sont pas clairement détaillés, et c’est pourtant cela qui semblait le plus utile. Béatrice Janiaud |
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| La ville autrement |
| Alternatives économiques, hors-série n° 39, juin 2009, 144 pages, 9,50€ |
L’urbanisme au service de la démocratie
Ce hors-série du mensuel Alternatives économiques tente d’expliquer comment concevoir et appliquer un urbanisme écologique. En France, dans les vingt-cinq années à venir, plus d’un million et demi de personnes viendront s’installer dans les zones urbaines, une densification qui se renforcera partout, plus encore dans les pays émergents. Plus de trente textes figurent dans ce document judicieusement découpé en cinq parties : « changer la ville », « état des lieux », « la ville durable en pratique(s) », « la ville durable en question(s) » et « la ville durable vue d’ailleurs ». Tous sont complétés d’une bibliographie, d’un lexique et d’un index. Face aux anciens modèles d’urbanisme désormais obsolètes, le modèle émergent semble être celui lié au concept du développement durable avec les appellations « agenda 21 local ». Ces documents comprennent souvent deux volets : une partie stratégique et des plans d’actions adaptés au territoire en question. Ils ne peuvent, à la différence des anciens modèles, qu’être élaborés de manière démocratique entre les différents élus, responsables et membres de la société civile. L’application, l’évaluation et l’actualisation sont faites également avec ces différents acteurs et le sérieux des travaux n’étant obtenu qu’avec un engagement constant des élus. La connaissance et l’appropriation des travaux favoriseront les changements des comportements et donc notre démocratie, toujours fragile, tant en France qu’ailleurs. Ce hors-série contribue en partie à ces éclaircissements. Jacques Tolédano |
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| Crise écologique ou crise sociale ? Vivre ensemble autrement |
| François Plassard et Florence Jullion, Ovadia, 2009, 194 pages, 14€ |
Pour un nouveau contrat social
Ce livre, préfacé par Albert Jacquard, nous propose d’ « ouvrir le chemin d’une nouvelle constitution… ». Constat amer et désormais assez bien partagé : en ce début de siècle, et après trois cents ans de capitalisme de marché qui n’a pas permis l’accès à la richesse matérielle pour tous, la crise écologique est à nos portes. Le produit intérieur brut ne peut aucunement être l’indicateur global adapté, puisqu’il masque, notamment, la multiplication endémique des échanges virtuels, instantanés et planétaires, non régulés. L’homme « libéré » des sociétés démocratiques n’est plus qu’une marchandise. Et pourtant, les populations, par des révolutions silencieuses, s’opposent de plus en plus à leurs dirigeants. Les déçus de la démocratie représentative se font de plus en plus nombreux… Pour sortir de cette « barbarie », l’individu et les sociétés ont besoin de reconsidérer leurs rapports au collectif. Voici donc un essai sur les nécessaires métamorphoses qui favoriseraient l’émergence de fondements autour d’un « nouveau contrat social » (représenté par un tryptique fraternité / équité / liberté) entre les peuples européens et, si possible, entre les peuples de la planète. Cela passe notamment par une réappropriation du territoire, de la politique et l’avènement d’une « monnaie de convivialité ». Un plaidoyer pour que la société sorte de son adolescence et pour éviter le suicide collectif (« un effondrement »). La société néolibérale actuelle consacre en effet des dépenses inimaginables : mille deux cents milliards de dollars pour l’armement, cinq cents pour la drogue, autant pour la publicité, etc., quand le nécessaire et l’utile ne représentent que cent dix-sept milliards... Il est donc urgent de lire cet ouvrage et d’en étudier ses propositions. Jacques Tolédano |
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| Monnaies régionales, de nouvelles voies vers une prospérité durable |
| Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, éditions Charles Léopold Meyer, 2008, 20€ |
Penser une monnaie du développement
Un livre passionnant et très complet, préfacé par Michel Rocard, se penche sur un sujet peu connu. De tout temps des monnaies locales ont coexisté avec des monnaies centrales, même si ces dernières ont parfois tenté de les détruire. Aujourd’hui, nous en manions tous, des tickets restaurants aux Miles de notre carte « grand voyageur ». De grands spécialistes de la monnaie comme Bernard Lietaer ou Toshiharu Kato, ex-dirigeant au sein du Miti (ancien ministère de l’économie japonais) théorisent le déploiement de monnaies régionales, et y contribuent activement. Pour Lietaer, par exemple, le Wir suisse, créé au lendemain de la crise de 1929, est un excellent exemple d’outil à promouvoir pour permettre un développement endogène, capable de limiter les problèmes de liquidités bancaires des petites entreprises. Le Japon, les länders allemands, les États-Unis fourmillent d’exemples de monnaies locales. Autant d’instruments de développement territorial, le plus souvent administrés de manière plus démocratique et transparente. En France, le Sol, déployé sur une idée de l’économiste Patrick Viveret, avec le soutien de quatre poids lourds de l’économie sociale (Macif, Maif, Crédit Coopératif et Chèque déjeuner), est expérimenté dans cinq régions. Puisse ce livre contribuer à multiplier d’autres expériences ! Michel Wilson |
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| septembre 2009 |
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| Essai sur l´œconomie |
| Pierre Calame, éditions Charles-Léopold Mayer, 2009, 588 pages, 25€ |
Les atouts de la nouvelle œconomie
« L´œconomie est une branche de la gouvernance. Elle a pour objet de créer des acteurs et des agencements institutionnels, des processus et des règles visant à organiser la production, la répartition et l´utilisation des biens et des services en vue d´assurer à l´humanité tout le bien-être possible en tirant le meilleur parti des capacités techniques et de la créativité humaine, dans un souci constant de préservation et d´enrichissement de la biosphère, de conservation des intérêts, des droits et des capacités d´initiative des générations futures et dans des conditions de responsabilité et d´équité suscitant l´adhésion de tous. » (p. 189). Pierre Calame a forgé ce concept d´œconomie pour rappeler le sens étymologique de l´économie consistant à gérer les affaires de la maison. L´œconomie ne se réduit pas à la chrématistique (calculs des profits et des gains d´argent), mais consiste en une nouvelle forme de répartition des échanges. Pierre Calame ne partage ni la vision des apôtres du néolibéralisme, ni celle des altermondialistes. L´œconomie s´appuie sur les énergies territoriales et les initiatives locales (accès au savoir, diagnostic partagé, participation des citoyens aux enjeux scientifiques et climatiques) ; elle est une vision élargie de l´économie, de la monnaie et des échanges de biens et de services. Penser le renouvellement de la répartition des biens et des services, telle est sa tâche principale. En réalité, l´auteur classe les biens en plusieurs catégories : les biens de catégorie 1 qui sont indivisibles (biodiversité, patrimoine), les biens de catégorie 2 qui se trouvent en quantité limitée (eau, minerai, charbon, pétrole) ; les biens de catégorie 3 concernent les biens industriels et les services à la personne, tandis que ceux de catégorie 4 sont éminemment partageables (accès à la connaissance, à la culture et aux nouvelles technologies). In fine, l´œconomie élabore pour chaque catégorie des agencements institutionnels spécifiques : la vision d´ensemble implique de prendre en considération l´imbrication de ces différentes catégories. La réduction de l´économie à la sphère marchande est un contresens sur la nature des échanges et des biens. En ce sens, la mondialisation est une chance si elle permet à une forme d´intelligence collective de prendre la mesure de ces nouveaux mécanismes institutionnels à inventer : une agence œconomique territoriale prenant en compte les ressources de chaque territoire par rapport aux quatre biens, des contrats reposant sur la définition de normes comme dans le cas des normes internationales Iso ainsi que des institutions permettant de gérer des problèmes de gouvernance concrète (comme le cas de l´Association mondiale des villes créée en 2005), les entreprises d´intérêt général. Le livre de Pierre Calame est un vrai régal pour ceux qui souhaitent des outils concrets d´action, il mobilise le partage des connaissances et est truffé de références à l´encyclopédie numérique Wikipedia. Christophe Premat |
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| Manuel de l'animateur urbain. Les bases du métier |
| Émilie Barrau, avec la collaboration de l'équipe du PMRU-Congo, éditions du Gret, Fonds Européen de développement, 2008, 184 pages, 10€ |
Kit de survie en animation urbaine
Ce livre ose. Il cherche à saisir la complexité de l'animation d'un processus participatif, s'inquiète de ses différentes composantes et rassure sur les difficultés des projets collectifs. Il ose redire les principes de base, cherche à toucher l'essentiel, reprend ce que l'on ne se risque plus à exposer de crainte de passer pour naïf ou technos, de se tromper, de schématiser, de jargonner, de radoter.... Il ose nous proposer de retrouver une attitude philosophique, au sens de chercher ce qui est juste et non ce qui est vrai, sur des questions fondamentales : pourquoi réaliser une étude de milieu ? Pour connaître, comprendre, communiquer, mettre en relation... Qu'est-ce qu'une médiation ? « Anticiper en identifiant les situations conflictuelles éventuelles et en impliquant dans la démarche les potentiels facteurs de blocage... » Émilie Barrau rappelle que le métier d'animateur urbain est constitué de savoir-faire mais aussi de « savoir-être », et c'est surtout le positionnement des acteurs qu'interroge ce texte fluide et agrémenté d'encadrés présentant des précisions techniques ou des obstacles vécus, souvent drôles. Un aide-mémoire tout à fait transposable à tous les projets autres que des micro réalisations en Afrique. Dans « Maîtriser les techniques de base de l'animation sociale », chaque sujet expose les nécessités de la tâche, ses incontournables, les écueils fréquents. « Connaître le milieu », « animer une réunion », « rédiger un rapport » rappellent notamment les besoins de distinguer les enjeux et les rôles de chacun, d'adapter l'animation au contexte, de lever les malentendus... La seconde partie, « accompagner la réalisation d'un projet », donne les éclaircissements de base pour le montage et l'accompagnement d'un projet, sur les étapes de la conception et du chantier, sur les risques à négliger le fonctionnement ultérieur... Cet ouvrage sera utile à tout acteur de l'intelligence collective pour préparer le déroulement d'un projet, voire surtout pour convaincre ses partenaires de la nécessité de ne pas « remplacer l'élan vers l'avenir par des projets » prétendument urgents, comme le disait Pierre Sansot. Anne Cordier |
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| Itinéraire d’une femme française - Clamart, Bab El-Oued, Epinay-sur-Seine |
| Hamida Ben Sadia, Bourin éditeur, 2008, 240 pages, 19€ |
Itinéraire d’une enfant pas gâtée
Ce livre est un mélange de dureté, d’engagement et d’optimisme. Qu’une femme militante de gauche raconte son parcours en révélant toute une partie de sa vie personnelle est déjà un choix audacieux, une forme de résilience. La dureté parcourt tout le livre, des moments difficiles d’une famille populaire au mariage arrangé et aux années passées dans une Algérie confrontée à une violence institutionnelle et politique très forte. La dureté est aussi dans les rapports familiaux même si, de la part de l’auteure, une compréhension du point de vue de l’autre est toujours présente en contrepoint à son propre jugement. Ce qui en fait un livre passionnant, c’est aussi le parcours d’une jeune femme d’origine immigrée qui devient militante puis cadre de la gauche française (sans attache à une sensibilité, sinon féministe, antiraciste et internationaliste). Et ce qui frappe dans ce récit de vie parcouru d’embûches et de drames, c’est l’optimisme qui le traverse. Malgré toutes les heures noires qu’elle a connues, Hamida Ben Sadia reste accrochée à quelques valeurs ou principes qui la portent, y compris dans les moments les plus douloureux. Deux petits regrets : une étonnante absence de recul lorsqu’elle décrit ses rapports avec d’autres femmes d’origine immigrée alors qu’elle est « professionnelle de la politique de la ville », et l’absence d’analyse de son poste de porte-parole de José Bové lors de la campagne présidentielle de 2007 qui la mit en lumière. En tous cas, la gauche (au contraire de la droite pour laquelle diversité = méritocratie) serait bien inspirée de mettre en avant ce type de militante endurcie. Après la lecture de ce livre très bien écrit, en 2010, on préfèrerait plutôt la voir candidate à Épinay (ou ailleurs en Île-de-France qu’elle connaît très bien) qu’à Bab el Oued. Mathieu Glaymann |
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| Dieu n’est pas un paysan |
| Mamadou Cissokho, Présence Africaine / Grad, 2009, 296 pages, 20€ |
Pour une agriculture familiale et africaine
« Dieu n’est pas un paysan », et même s’il est grand, il ne fait pas tout… et les paysans doivent aussi mettre la main à la pâte ! Mamadou Cissokho, Sénégalais et leader de la société civile agricole africaine, le sait d’expérience. Dans Dieu n’est pas un paysan, essai détaillé et vivant, il rapporte son témoignage personnel et collectif depuis 1974. À partir de son action menée à Bamba Thialène, village du Sénégal oriental, il raconte la construction progressive du mouvement paysan sénégalais devenu aujourd’hui autonome et incontournable. Il insiste sur l’importance de l’ancrage local pour construire du durable : le respect – sans en être prisonnier – de la culture et des traditions, la prise en compte de l’exploitation familiale et l’importance de la formation par l’exercice des responsabilités. Il décrit aussi l’avènement d’un mouvement paysan : de groupements locaux fédérés, allant, dans le cas sénégalais, jusqu’à l’organisation d’un comité de concertation des ruraux du Sénégal (CNCR). Ce comité devint l’interlocuteur des pouvoirs publics sénégalais et le fer de lance de la construction d’un mouvement au niveau de l’Afrique de l’ouest : le réseau des organisations paysannes et des producteurs d’Afrique de l’ouest (Roppa). Mamadou Cissokho retrace les stratégies mises en œuvre pour lutter contre la pauvreté, les alliances (avec les élus locaux, avec des techniciens externes, y compris au sein de la Banque mondiale), les essais, les succès (reconnaissance de la représentation des paysans), mais aussi les échecs (spécialement pour les actions de commercialisation des produits agricoles et l’approvisionnement). Une histoire de vie, mais aussi une réflexion sur la contribution de cette histoire, individuelle et familiale, à un projet de société. Étienne Beaudoux |
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| Départements ou Régions, les réformes territoriales de Fénelon à Jacques Attali |
| Maud Bazoche, L'Harmattan, 2008, 357 pages, 33€ |
Le jeu très politique du découpage territorial
C’est un jeu qui fait fureur depuis plus de deux siècles : découper la France en communes plus ou moins nombreuses, en départements plus ou moins grands, en régions plus ou moins puissantes, en circonscriptions administratives plus ou moins complexes. Le réforme territoriale qui s’annonce, sous la conduite du président Sarkozy, nous incite à un retour en arrière sur les innombrables propositions de divisions territoriales qui ont ponctué la vie politique française depuis la Révolution. Le grand mérite du livre de Maud Bazoche est de nous faire découvrir, méthodiquement, pas moins d’une cinquantaine de projets, cartes à l’appui si nécessaire. Jetons un regard sur les treize grandes régions proposées en 1864 par l’économiste libéral Fréderic Le Play, ou sur les vingt-cinq régions de Charles Beauquier, ce député de gauche qui proposa, en 1890, des conseils régionaux élus dans un cadre cantonal. Observons aussi le découpage des dix-huit régions préfectorales imposé par le régime de Vichy, ou encore le périmètre des dix-neuf régions du rapport de 1949 de Jean-François Gravier, auteur de Paris et le désert français. On pourrait presque croire que le découpage régional actuel est l’aboutissement logique de ses innombrables propositions. Mais non, l’ouvrage nous rappelle qu’un découpage territorial est d’abord le fruit des rapports de pouvoir du moment. Le découpage départemental a longtemps été défendu par les républicains contre les projets régionalistes des monarchistes attachés au retour des provinces de l’Ancien Régime. Mais c’est la gauche d’après-guerre, convertie aux nécessités du développement régional, qui fondera les régions. Le pouvoir communal est d’abord défendu par les notables de la bourgeoisie rurale du 19e siècle, avant de l’être par les socialistes du 20e qui imaginaient que dans les villes, le socialisme municipal pouvait contrer les libéraux qui régnaient sur l’État et sur l’économie. Il n’y a donc pas de bon découpage, semble nous dire cet ouvrage, en nous les faisant découvrir si nombreux. Et l’on comprend mieux que les projets d’aujourd’hui sont largement le résultat d’un discours conjoncturel sur la rationalisation des dépenses publiques et d’une volonté de reprise en main politique des régions. Voilà deux siècles que la France réforme son organisation locale, et cela ne semble donc pas terminé. Bernard Deljarrie |
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| Faire des hommes libres, Boimondau et les communautés de travail à Valence (1941-1982) |
| Michel Chaudy, collection Pratiques utopiques, éditions Repas 2008, 171 pages, 15 € |
Utopistes de tous les siècles…
À l’heure des liquidations d’usines insuffisamment rentables pour les financeurs, il est utile de revenir aux vraies valeurs du travail et de la communauté de vie dans nos territoires ! Faire des hommes libres nous en donne l’occasion, reprenant le titre d’un fascicule de Marcel Barbu qui, en 1946, présente un projet de loi pour la transformation des entreprises anciennes en communautés de travail. Ce livre retrace, autour de la vie des personnages-clés que sont Marcel Barbu, Marcel Mermoz et beaucoup d’autres compagnons, l’expérience des « boîtiers de montres en Dauphiné » (Boimondau). De Besançon à Valence, ces utopistes, chrétien social pour le premier et libertaire marxisant pour le second, diffusèrent l’idée de communautés de travail et de vie dans la continuité des fourieristes et autres coopérativistes qui inspirèrent encore des expériences autogestionnaires plus contemporaines (Lip). D’ailleurs, Charles Piaget préface ce petit ouvrage. Notons que ce recueil de pratiques (surtout celles de Marcel Barbu) s’inscrit dans une collection (Pratiques utopiques) au sein de laquelle figure Godin, inventeur de l’économie sociale, à propos du Familistère de Guise. Étienne Beaudoux |
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| juin 2009 |
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| Une vie pour… Ici et là-bas, solidaire |
| Alain Desjardin, Le Petit Pavé, 2008, 405 pages, 26€ |
Une vie à cultiver la militance
Ce livre est une incroyable chevauchée dans l’histoire associative, syndicale et politique du 20e siècle. À travers le récit de vie d’Alain Desjardin, le lecteur va vivre de l’intérieur une partie des grandes luttes de ce siècle. Né dans une famille ouvrière de la Somme au milieu des années 30, l’enfant fait d’abord l’expérience des privations de la seconde guerre mondiale puis du rude travail de la terre, tout en lisant en cachette. Mais, à l’instar de toute une génération, c’est la guerre d’Algérie, « un véritable séisme dans ma vie » dit-il, avec la découverte de la violence, de l’injustice et du fait colonial, qui va cristalliser une vie d’engagements, celle d’un militant syndical à la CFDT et de l’éducation populaire dans le Nord. Il vivra mai 68 dans l’effervescence des entreprises en grève vers Roubaix et Tourcoing. Permanent syndical puis politique au Parti socialiste unifié, il n’aura de cesse de dénoncer le décalage entre « ce qu’il voit et vit sur le terrain – mépris, précarité, peur – et l’organisation déconnectée des appareils nationaux des partis et des syndicats ». Au milieu des années 70, il sera une cheville ouvrière de la lutte des Lip – une expérimentation de l’autogestion ouvrière – et de nouvelles formes de la solidarité internationale pour les Kanaks, les Palestiniens et les victimes du secret d’État nucléaire en Polynésie. Et, enfin, le Larzac, qui devient une terre d’adoption et le cadre d’un retour au rural, qui engendrera de nouveaux engagements à la Confédération paysanne, puis à l’association Accueil Paysan qui lui vaut d’être aujourd’hui président de l’union Peuple et culture. Une vie d’engagement pour la dignité qui va intégrer les valeurs de l’écologie politique, une urgence dit-il « pour d’autres pratiques de l’Homme au sein de la nature et de la cité », et déboucher sur son engagement chez les Verts. C’est finalement l’expérience rapidement avortée de maire de La Couvertoirade (Aveyron) qui reste la plus amère : l’expérience d’une gestion innovante qui se heurte à des situations acquises et des intérêts particuliers. L’exercice du pouvoir local est une suite de compromis : Alain Desjardin n’en avait peut-être pas la patience. Le récit de sa vie est pour sa génération la preuve que la révolte des sixties n’a pas été inutile ; que le cynisme n’a pas remplacé l’idéal ni la volonté de chercher, d’agir en collectif et de changer le monde. Les plus jeunes y puiseront l’idée que l’émancipation individuelle et collective reste un objectif noble et que l’engagement des femmes et des hommes n’est pas vain. Jacques Picard |
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| La régulation des pauvres |
| Serge Paugam et Nicolas Duvoux, Puf, novembre 2008, 128 pages, 10€ |
RMI et RSA, même aveux d’impuissance ?
Voici un livre construit sur un entretien entre deux sociologues qui ont soutenu une thèse sur la question de la pauvreté avec vingt ans d’écart : un auteur confirmé (Serge Paugam) qui a déjà beaucoup écrit sur le thème et un jeune (Nicolas Duvoux) dont la thèse a été supervisée par le premier. En toile de fond, deux dates charnières : 1988 / 89, avec la mise en place du RMI par Michel Rocard, et 2008, avec le nouveau système du RSA proposé par Martin Hirsch. L’introduction (« À quoi servent les pauvres ? ») dénonce l’hypocrisie sous-jacente de la société qui oscille entre empathie et mauvaise conscience et utilise les pauvres pour conserver un statu quo social et disculper les « bienfaiteurs ». Le premier chapitre donne une définition de la pauvreté d’après Samuel : « ceux qui reçoivent assistance », et précise la mesure de cette pauvreté, qui reste très monétaire : « 50% en dessous du salaire médian ». Depuis 1970, les chiffres montrent une nette diminution de la pauvreté, de 15 % de la population en 1970 à 6 % en 2000, même si la tendance récente repart à la hausse. Mais cette analyse quantitative traduit insuffisamment la question, abordée dans le chapitre 2, de la « disqualification sociale » des personnes et une transformation de la catégorie, avec une « nouvelle pauvreté » liée au chômage des moins qualifiés. Serge Paugam distingue ainsi trois sous-ensembles : les « fragiles » aidés ponctuellement ; les « assistés » en dépendance régulière et les « marginaux » en rupture par rapport à la société. Le chapitre suivant passe les dispositifs en revue. La société balance entre deux explications : l’injustice et la paresse. L’histoire montre un renforcement progressif de la responsabilisation des populations : l’autonomie devient la norme face à l’usure de la compassion. Par rapport à la montée des travailleurs pauvres, les assistés commencent à faire figure de privilégiés. De plus en plus est reportée sur les individus la responsabilité de l’échec collectif d’intégration. Et l’ambiguïté grandit à propos des bénéficiaires : pour pouvoir être aidés, il faudrait être autonomes… Mais en responsabilisant les pauvres, ne dédouane-t-on pas trop facilement la société ? Puis vient un chapitre qui intéresse particulièrement notre revue : la question des « territoires de la solidarité ». La décentralisation, avec la dissociation entre l’économique (région) et le social (département), paraît peu cohérente. De plus en plus, il y a désengagement de l’État, voire des départements et report sur les communautés locales. Mais la notion de « destin collectif » se perd au sein des habitants d’un même territoire. Insidieusement, la précarité de l’emploi (protection sociale dans le rapport à l’employeur) dérive vers la précarité du travail (du point de vue du travailleur : postes pénibles ou peu valorisants). En conclusion, les deux sociologues portent un même regard désenchanté sur notre société et se rejoignent sur le constat de son injustice et de sa cruauté grandissantes, en « régulant ses pauvres » dans une « précarité assistée », faute de pouvoir les intégrer. Jacqueline Lorthiois |
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| Les écoquartiers |
| Pierre Lefèvre et Michel Sabard, éditions Apogée, 261 pages, 21€ |
L’explosion des éco-quartiers
L’urbanisme, en France, a beaucoup à se faire pardonner. Non seulement il n’arrive pas à donner un toit à tous ses enfants mais, en plus, il gaspille à tout va (terre, énergie, paysage). Il est responsable de plus de 50 % des émissions de gaz à effet de serre et tout indique que cela s’aggrave chaque année… Pas étonnant dans ces conditions que les élus, les urbanistes, et… les citoyens s’inquiètent, voire s’affolent au point de renier ce qu’ils ont (souvent) adoré : le tout maison individuelle et les lotissements à perte de vue. Il en résulte une floraison d’initiatives… et de livres. Celui de Pierre Lefèvre et Michel Sabard se situe dans ce contexte et traite d’un mot emblématique de cette recherche d’un « nouvel urbanisme » : les éco-quartiers. Un nouveau concept apparu récemment en France, mais aujourd’hui en croissance exponentielle. Qu’on en juge : en 2008 aucun éco-quartier n’était réalisé dans notre pays, seuls deux étaient en début de chantier à Lille et à Angers. À l’automne de la même année, les auteurs de notre livre recensent quatorze projets.
Le gouvernement lance un concours en 2008 : 160 dossiers de candidatures sont déposés ! On connaîtra les lauréats fin juin 2009. Le Grenelle de l’environnement a placé la barre très haut ; il demande explicitement de réaliser ces nouveaux quartiers dans toutes les agglomérations ! La France était à la traîne, et entend rattraper son retard. Mais pour faire quoi ? Les auteurs s’attachent à préciser la définition officielle, voire ministérielle, du concept : rude affaire car la définition est complexe et vite technique. On saura (sans doute) vite les choix réels quand l’État choisira les lauréats du premier concours qu’il vient de lancer. Les éco-quartiers seront-ils une vraie avancée pour la société ? Les logements seront-ils plus économes en énergie ? Vont-ils générer moins de déplacements ? Le droit au logement y trouvera-t-il son compte ? Le deuxième intérêt du livre est de resituer les quatorze éco-quartiers recensés dans la ville ou l’agglomération qui les ont programmés. Dans cette optique, ce livre est un précieux outil de documentation. Certains diront que de nombreux maires font déjà des écoquartiers sans le savoir. Pas sûr, car les éco-quartiers doivent être les « briques de la ville durable à construire », selon la belle formule de La revue durable. Tous les élus et aménageurs sont invités à y réfléchir et, pourquoi pas, à s’inspirer des exemples réussis déjà fonctionnels qui, pour le moment, ne se trouvent qu’à l’étranger. À la fin du livre, une phrase mériterait d’être écrite en lettres d’or : « L’éco-quartier, conçu comme simple produit de consommation, court à l’échec ». Tellement vrai, mais dommage que les auteurs ne nous en disent pas plus. Hervé Vouillot |
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| mai 2009 |
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| L’affaire des affaires. Tome 1 : L’argent invisible |
| Denis Robert, Yan lindingre, Laurent Astier, Dargaud, 2009, 206 pages, 22€ |
Sous les valises
Ils sont tous là, dans une dramaturgie qui se met doucement en place, même si l’album s’ouvre sur la période de la « révélation », dans les médias, des rebondissements les plus chauds de l’affaire Clearstream version Villepin - Sarkozy. Les connus, Sarko donc, Chirac, Van Ruymbeke, mais aussi Jean-Marie Cavada au détour d’une page, les symboliques, comme le « spectre corrupteur », et la foule des anonymes. Si L’affaire des affaires est une vraie réussite, c’est justement parce que ce n’est pas un projet pédago-militant, ce qui était le pire danger guettant un tel sujet, mais un vrai roman graphique, où Denis Robert joue son rôle. Un rôle présenté sous un jour particulier. Ce n’est plus la piste d’un journaliste chevronné, hyper spécialiste et reconnu (malgré toutes les campagnes de dénigrements) que nous suivons dans les arcanes des affaires politico financières internationales ; c’est le cheminement intérieur – et domestique – d’un trentenaire (il a 50 ans, Denis Robert, mais le trait généreux de Laurent Astier lui fait bien gagner deux décennies !) utopiste, bricoleur, et tourmenté. Dans cet optique, une interview télévisée est avant tout un choix à faire entre un dîner en famille et une soirée sur Paris ; une enquête qui s’ouvre est en concurrence avec un roman à écrire. Mais conter cela, est-ce le dessous du dessous des affaires, la plus petite des lorgnettes, ou une des seules qui compte vraiment : celle de la vie ? Et comme, au passage, l’intrigue de cette histoire vraie contemporaine est tout de même de la plus brûlante des actualités, celle de l’argent roi… Dargaud annonce une série en trois tomes : le second est attendu avec impatience. Nicolas Leblanc |
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| Bonheur national brut |
| film de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Fokus 21, 2009, 68 minutes, 20 € |
Aux petits bonheurs
Le documentaire des deux fondateurs de l’association Fokus 21 se base sur une idée séduisante : en allant directement interroger trois acteurs pionniers représentatifs de formes installées ou émergentes d’alternatives économiques, il s’agit de construire, par résonances, une image d’un nouveau monde économique possible. L’initiative est d’autant plus la bienvenue qu’elle advient, en ce début 2009, en plein dans une période où l’interrogation des limites du système économique dominant est plus que jamais d’actualité. Sur l’éco-centre du Périgord, centre de sensibilisation et de formation à l’éco-construction, à la coopérative Ardelaine, en Ardèche, pionnière incontestée du développement solidaire local, et sur les terres de la première Amap de France, aux Olivades, en Provence, les deux réalisateurs laissent traîner leur caméra. On peut peut-être regretter le manque de contextualisation, une volonté de mélanger les images qui ne sert pas toujours la clarté du propos, l’absence de présentation des personnages… Pourtant la passion de ceux qui rentrent dans le champ de l’objectif est bien palpable. Un peu brut, mais indispensable. N. L. |
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| Pour sauver la planète, sortez du capitalisme |
| Hervé Kempf, Seuil, 2009, 160 pages, 14 € |
Les ravages de la « profitation »
S’il faut ne garder qu’un livre sur la question du « capitalisme » en ce début 2009, c’est celui d’Hervé Kempf. Poursuivant sa chasse aux prédations des oligarchies qui dirigent la planète, il en tire la conclusion tonique ; « sortez du capitalisme », « racket légitime organisé par la classe dominante », selon Al Capone… Le capitalisme, comme la rafflésie, immense fleur putride de Sumatra, n’est-il pas voué à une prochaine extinction ? Au moins ses perversions et ses impasses nous conduisent-elles dans le mur : il nous reste sept années selon Sajendra Pachaudri pour contenir la hausse moyenne de 2° C sur notre planète en 2100, au-delà de laquelle les climatologues renoncent à la prévision. Après trente années de productivité soutenue, de financiarisation massive, de corruption généralisée, d’inégalités sociales croissantes, la biosphère et l’humanité sont dans une crise majeure. Au point que les géologues britanniques écrivent que nous avons quitté l’holocène, commencé avec le néolithique, pour entrer dans l’anthropocène qui voit se modifier en profondeur par l’action humaine les sédiments, l’atmosphère, les eaux, les espèces… Pas plus les « bons gestes pour la planète » que les technologies innovantes ni la « croissance verte » ne sauront sauver le capitalisme. Quel est le prix à payer pour la vie des générations futures ? L’économie et le surréaliste débat entre Stern et Nordhaus ne nous donnent pas la réponse : il s’agit d’un choix éthique, et politique. C’est l’éthique qui devra guider « les hommes et les femmes de cœur » auxquels en appelle Hervé Kempf, pour aller vers l’après capitalisme. Il en trace l’itinéraire : économies et frugalité, notamment énergétique, taxation des riches, baisse du temps de travail, relocalisation de l’agriculture, entreprises coopératives, marchés régulés, nouveaux indicateurs… Quels dirigeants sauront prendre ce chemin ? Au prix de quelles secousses ? « Je ne sais pas », avoue l’auteur. Partager le diagnostic permet peut-être d’avancer vers la solution… Michel Wilson |
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| Avril 2009 |
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| Rénovation urbaine. Les leçons américaines |
| Thomas Kirszbaum, Presses universitaires de France, collection La ville en débat, 2008, 86 pages, 8€ |
Exemple nord-américain
À l’heure où l’on dresse en France un bilan très mitigé des opérations de renouvellement urbain et plus particulièrement du Programme national de rénovation urbaine (PNRU), le détour outre-Atlantique que propose ce petit livre vient à point nommé stimuler et enrichir la réflexion. Si l’auteur, Thomas Kirszbaum, démontre que les politiques publiques ont joué un rôle essentiel dans la diversification urbaine et les phénomènes de déségrégation sociale qui l’ont accompagnée, il invite par ailleurs, à l’aide du « miroir grossissant » américain, à considérer la rénovation urbaine à la fois comme une opportunité et un risque plutôt qu’une simple finalité. Il commence par remettre en cause la vision dualiste de la ville américaine, et explique que le modèle de la segmentation raciale (villes chocolat / banlieues vanille) a laissé place à une organisation spatiale en patchwork plus complexe . Puis il passe en revue les stratégies urbaines qui se sont succédé depuis les années 50. Tandis que l’urban renewal des premiers jours privilégiait une stratégie de dispersion spatiale des populations noires avec pour conséquence une exacerbation des divisions raciales, l’approche bottom-up du développement communautaire des années 70-80 encouragea la mixité endogène consistant à provoquer une « dilution » sociale interne aux quartiers, grâce à l’élévation socio-économique d’une partie de ses habitants. La troisième voie, celle sur laquelle s’attarde Kirzbaum, cherche à concilier les logiques place et people. En effet, le programme Hope VI, introduit en 1992 par l’agence fédérale du logement et de l’urbanisme (le US Department of housing and urban development) s’appuie sur les préceptes du New Urbanism (préconisé entres autres par l’urbaniste américain Peter Katz) qui visent à rendre la ville aux habitants en conjuguant métamorphose physique et recomposition sociale des quartiers dévastés. Même si le programme Hope VI a souffert de nombreuses lacunes, il n’en reste pas moins riche en enseignements dont le PNRU, méthodologiquement plus rigide, gagnerait à s’inspirer. Corinne Nativel |
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| Rejet des exilés, le grand retournement du droit de l´asile |
| Jérôme Valluy, éditions du Croquant, 2009, 382 pages, 22€ |
La bureaucratie de l’exil
Le droit de l´asile contemporain est guidé par une idéologie national-sécuritaire propre à envisager le demandeur d´asile comme une menace potentielle, un étranger indésirable. Par national-sécuritaire, Jérôme Valluy entend le fait que les principes des conventions de Genève sur les réfugiés politiques passent après la raison des États qui entendent protéger leurs frontières d´une immigration massive. Grâce à un travail méticuleux de recherche alliant entretiens et travail d´archives, l´auteur a judicieusement montré comment, depuis la fin des années 70, il y a eu un retournement du droit de l´asile contre les exilés au nom d´un impératif de contrôle des flux migratoires dicté par les gouvernements des pays européens. Ces politiques n´ont pas été instituées en raison d´une vague de xénophobie populaire se traduisant par la montée des thèses d´extrême-droite ; elles sont plutôt dues à une réaction des administrations aux conséquences de la décolonisation et à ses effets politiques. Dès la fin des années 60, les personnels administratifs travaillant antérieurement dans les colonies, se retrouvent réintégrés au ministère de l´Intérieur. Ils contribuent alors activement à la mise en place d´un jugement défavorable à l´exil et à l´immigration en général. L´auteur a été recruté comme juge à la Commission des recours aux réfugiés et s´appuie en partie sur son expérience autobiographique pour montrer comment des institutions internationales telles que le Haut commissariat pour les réfugiés ont été gagnées par ce jugement technocratique. Le gouvernement de l´exil désigne l´ensemble des politiques publiques ayant pour fonction de freiner l´immigration, Jérôme Valluy dénonçant la mise en forme d´une xénophobie gouvernementale dans les pays européens. En France, la décision de la fermeture des frontières prise par le conseil des ministres le 3 juillet 1974 n´est pas une rupture dans l´histoire migratoire, mais le signe du renforcement de ces thèses en vogue au sein des élites politiques et administratives. Le fait migratoire est devenu l´objet d´une bureaucratie spécifique s´attelant à mettre en application les dispositifs de rejet des exilés. Christophe Premat |
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| Savoirs en débat : Perspectives franco-allemandes |
| sous la direction de Sezin Topçu, Cécile Cuny et Kathia Serrano-Velarde, L’Harmattan, 2008, 276 pages, 26,50€ |
Mieux comprendre les savoirs citoyens
Cet ouvrage propose une analyse critique des notions de « société de savoir », « société de la connaissance » et « savoirs citoyens ». De plus en plus mobilisées dans les discours politiques, universitaires et militants, ces expressions restent souvent dans un flou conceptuel que tentent de clarifier les contributions réunies dans cet ouvrage, à la suite des journées d’études « Société de la connaissance et démocratie en Europe » co-organisées par le CSU, l’Université Humboldt de Berlin et le centre Koyre en 2005-2006. La démarche est originale car elle croise des travaux de jeunes chercheurs s’inscrivant dans deux traditions scientifiques (la sociologie politique et la sociologie des sciences) et deux contextes nationaux (français et allemand). Une première partie théorique revient sur les catégories utilisées pour analyser la place du savoir dans les sociétés occidentales contemporaines, qui prennent des sens différents en France et en Allemagne. La « société du savoir » est, par exemple, davantage mobilisée dans les débats politiques outre-Rhin. Une deuxième partie rassemble des études empiriques sur les savoirs élaborés au sein de dispositifs participatifs et de mobilisations sociales dans des contextes diversifiés, des budgets participatifs à l’écriture d’une encyclopédie en ligne, en passant par les mouvements sur le nucléaire. Si la troisième partie, portant sur la construction du rôle d’expert dans l’espace politique, médiatique et scientifique est plus classique, cet ouvrage apporte à l’évidence une nouvelle pierre à l’édifice d’une meilleure compréhension des savoirs citoyens. Héloïse Nez |
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| Comment démarrer en mutualisation |
| ouvrage collectif de l’AMI (Ateliers mutualisés pour un usage social de l’information), 2008, 129 pages, 12€ |
Innover en mutualisant
L’ouvrage livre tout d’abord une réflexion générale sur les pratiques de la mutualisation au sein de l’économie sociale et solidaire (ÉSS), en les comparant et en les opposant aux pratiques d’alliances en œuvre au sein du secteur capitaliste marchand. Puis il propose, au travers de douze monographies, l’approfondissement de la réflexion, en mettant en exergue douze principes de la mutualisation (construire des liens, innover, fédérer, etc.), et en montrant leur mise en application par douze structures sociales et solidaires (Sél de Paris, Max Havelaar, Aligre FM, ...). Enfin, dans leurs conclusions, les auteurs s’efforcent de mettre en évidence les potentiels de la mutualisation pour la consolidation et le développement de l’ÉSS, avec une reprise de réflexions croisées sur la sphère capitaliste marchande et la sphère publique. Un regret cependant : malgré ces dernières réflexions, on a le sentiment que les auteurs n’ont pas vraiment tenté d’ouvrir des pistes de réflexion pour bousculer les frontières entre l’ÉSS et ces deux autres sphères économiques. Ainsi, à titre d’exemple, l’ouvrage cite très rapidement le mouvement des logiciels libres, en soulignant à juste titre l’exemplarité et la proximité avec la mutualisation telle que pratiquée par les structures de l’ÉSS. Mais ce mouvement révèle justement l’une des voies possibles pour permettre à l’ÉSS une démarche plus offensive vis-à-vis du marché, celle des connaissances ouvertes. Il est dommage que la réflexion n’ait pas été engagée dans cette direction, en lieu et place d’une rapide citation. Un intéressant carnet de route et une réflexion utile qui gagnerait à sortir des limites de l’ÉSS. Pascal Arnac |
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| mars 2009 |
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| Le retour à la terre, tome 5 Les révolutions |
| Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, 2008, 48 pages, 10,40 € |
Manu et Manu dans un pré
« Depuis que Mariette a repris la Fac, je sais pas ce que j’ai, c’est bizarre, avant j’étais plutôt serein... Maintenant je m’interroge, j’ai les boules, ça va
de mal en pis… Merde !!! C’est sûrement un signe… » Dès l’ouverture du 5e tome du Retour à la terre, le lecteur est mis au jus : Manu Larssinet (le héro de la BD, pas Larcenet, l’auteur !), parti vivre à la campagne dans le tome 1, déprime dans son sweet à rayures ringard et dans sa nouvelle situation d’homme au foyer, sa copine Mariette poursuivant loin ses études. Seul avantage de la situation, Capucine, sa petite fille qu’il garde la journée, fait évoluer son style de dessinateur BD en sautant sur ses genoux. Car on l’aura compris, Le retour à la terre jongle en permanence avec l’autobiographie : Manu Larcenet, lui aussi parti vivre à la campagne, va même jusqu’à inviter son pote Ferri (le vrai, le même dans la vie et dans la BD, c'est-à-dire le co-auteur) pour lui tenir compagnie et trouver auprès de lui des réponses à ses questions existentielles.
Larcenet et Ferri, auteurs et héros, n’hésitent jamais à tourner leur situation en dérision : pour se reprendre en main, Manu bricole une chatière pour un chat qui s’en fout, mais qui permet à Capucine de faire sa première fugue, ou encore essaie de troquer son sweet contre un poncho de la ligne Florent Pagny pour homme garantie 100 % commerce équitable… sans succès. Les situations cocasses, mais toujours au final attendrissantes, s’enchaînent au rythme
des strips d’une demi-page. Mais l’humour, omniprésent et décalé, se met naturellement au service d’un récit profond, intimiste, mêlant introspection et caricature légère du milieu rural : Les Ravenelles sont en pleine campagne électorale et entre complots politiques ruraux et pots de vin, Manu met ses talents de blogueur au service de Monsieur Loupiot, l’épicier en lutte contre Krachdiscount (« un hypermarché aux Ravenelles, vous n’y pensez pas… »).
De la bulle fine et de société, à n’en pas douter. Sabrina Costanzo |
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| La France a peur de Nic Oumouk, |
| Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, avril 2007, 48 pages, 10,40 € |
Banlieue dessinée
« La France a peur », brocarde le journaliste qui ouvre l’album en ressassant les plus éculés des préjugés véhiculés lors des émeutes de banlieues de 2005 et de celles de moindre ampleur qui ont pu se dérouler depuis. Pendant ce temps, Nic(olas) Oumouk, lui, contemple les voitures qui brûlent de la fenêtre de sa chambre et rêve « d’aller faire peur à la France avec les copains ». Car sa mère veille : « Pas d’émeutes, surtout la veille des contrôles de biologie. » Mais son rêve va devenir réalité bien malgré lui.
Alors que Nic contemple une bagnole qui flambe et y lance une canette de coca en scandant « je suis un barbare, la France a peur », il se voit confier un sac de cocktails Molotov par les (vrais) émeutiers et se fait pincer par les flics. Et le voilà propulsé chez André Grimbeyroux à Rallerolles-Pamoisan pour y effectuer une peine d’intérêt général. Il y découvre le best-seller local, le kebab bio (avec du poisson, « sacrilège ») qui commence à perdre des parts de marché face à son principal concurrent : l’Alterkebab de Montsang.inc. Avant d’aider Msieur André à ne pas se faire « alterniquer » par la firme internationale, et de déjouer un complot mondial forcément ultra secret, Nic doit d’abord affronter des poules acariâtres (il jure que pour se venger, il mangera des nuggets au fast-food), et se familiariser avec les mots et travaux de la ferme.
La banlieue et la campagne : les deux obsessions de Manu Larcenet sont ici réunies dans cet album. Le récit prend le prétexte d’aventures plus ou moins loufoques pour lancer la réflexion sur la situation des banlieues et sur les OGM. Manu Larcenet ne juge pas, mais soulève les interrogations avec sensibilité et intelligence, tout comme il ne caricature pas non plus les personnages mais se moque tendrement d’eux : Nic et son pote Jambonneau envisagent de revoir leur poignée de main, car l’actuelle les fait arriver en retard au collège tous les matins.
Avec Le retour à la terre (voir ci-dessus), ou encore Le combat ordinaire, dont le Tome 4 Planter des clous est à ne rater sous aucun prétexte, Manu Larcenet creuse le sillon d’une BD engagée, ouverte et intelligente, qui réussi le tour de force d’être drôle sans être parisianniste, touchante sans à aucun moment se déconnecter de la réalité. S. C. |
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| L’empreinte écologique |
| Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, Repères La Découverte, 2009, 128 pages, 9,05 € |
Empreintes de funambules
L’idée d’empreinte écologique tient beaucoup aux travaux du club de Rome qui, étude à l’appui, a ouvert la conscience du 20e siècle en démontrant qu’une croissance infinie était aussi irréaliste que suicidaire. Mais Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, dans une introduction qui place parfaitement l’enjeu de cet indicateur alternatif, remonte en fait jusqu’à la chute de l’Île de Pâques pour démontrer tout l’intérêt de l’empreinte. Les habitants de l’île, en effet, fondateurs d’une société prospère, ont lentement déclinés en surexploitant leur milieu naturel, insulairement clos, et notamment le bois, jusqu’à précipiter la chute brutale de leur civilisation, faute de matière première naturelle pour alimenter leur économie locale. Leur empreinte écologique était désastreuse et, surtout, ce qui les différencie de notre société actuelle, ils n’avaient pas les moyens d’exporter leurs nuisances ou d’importer les ressources naturelles d’autres territoires. Expérimentant le monde fini, ils illustrent l’échec d’une exploitation aveugle. Or, c’est bien pour que nos modes de vie et de production ne soient plus aveugles que l’empreinte écologique, qui compare les ressources naturelles mondiales disponibles aux ressources utilisées par l’homme, a été mise sur pied, et tente de s’imposer comme un indice composite – à l’image d’un PIB en économie – universel. Outre l’histoire de l’empreinte, ce petit livre explique avec beaucoup de pédagogie comment celle-ci peut être calculée nation par nation, et analyse les derniers résultats connus. Édifiant. Nicolas Leblanc |
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| Discriminer pour mieux régner. Enquête sur la diversité dans les partis politiques |
| Vincent Geisser et El Yamine Soum, Les éditions de l’atelier, 240 pages, 2008, 18,50 € |
Apartheid à la française
Au moment, historique, où Barack Obama est investi à Washington, on se demande si une telle révolution est possible en France. Lire l’étude de Vincent Geisser et El Yamine Soum ne rend pas très optimiste. La barrière culturelle de notre histoire coloniale serait-elle plus haute encore que celle de l’esclavage ? Les statistiques sont implacables : partis, institutions, équipes d’hommes et de femmes sollicitant un mandat pour la gestion de nos territoires, toutes ces organisations demeurent gauloises. Plus encore, nos représentations, nos justifications de toutes sortes, avouées ou non, conscientes ou pas, témoignent au mieux d’un aveuglement collectif terrifiant, au pire d’un cynisme répugnant. Un apartheid entretenu et silencieux que nous nommons pudiquement diversité (pour ne pas dire discrimination, stigmatisation, déni de droit) et qui masquerait la « lutte des races ». Les auteurs font dialoguer interviews de personnalités issues des minorités visibles et extraits de discours de dirigeants de la démocratie représentative. Dirait-on d’un cadre supérieur de Neuilly cotisant à l’ISF qu’il fait partie de la minorité visible ? Leur argumentaire vient donner du poids à la rumeur – insistante de nos jours autant que dérangeante – selon laquelle la participation est un enterrement de la « lutte des classes ». De quoi réfléchir. François Hannoyer |
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| fevrier 2009 |
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| J’étais un chef de gang, Lamence Madzou, suivi de Voyage dans le monde des bandes, Marie-Hélène Bacqué |
| La Découverte, 2008, 241 pages, 17 € |
La sociologie est un sport de cité
J’étais chef de gang est un ouvrage fort et atypique. Son originalité tient au fait qu’il présente une démarche autobiographique et une recherche sociologique qui s’alimentent mutuellement.
L’autobiographie est le récit de la vie déjà bien remplie de Lamence Mazdou, jeune homme âgé aujourd’hui de 35 ans. Né au Congo, il arrive en France à l’âge de cinq ans. Résidant à la cité de Montconseil à Corbeil-Essonnes, il se retrouve à la fin des années 80, alors encore adolescent, à la tête d’une bande de jeunes organisée, les Fight Boys. Ce gang, comme il le nomme lui-même, va mener de 1988 à 1991 une guerre violente aux autres bandes franciliennes, afin de s’assurer le contrôle de la région et une tranquillité territoriale pour mener un business lucratif (racket, escroquerie, deal, cambriolage, protection et chantage, notamment) dans une relative impunité. Du moins jusqu’à ce que Serge Dassault, maire de Corbeil, désirant acheter la « paix sociale », « lâche » le quartier de Montconseil au profit de la cité voisine, les Tarterêts. Lamence Madzou est alors arrêté et expulsé vers le Congo, en plein conflit entre les troupes présidentielles de Pascal Lissouba et celles de l’ancien président Sassou Nguesso. Lamence Mazdou s’engagera dans cette guerre avant de revenir en France et de retrouver ses papiers grâce à un vice de forme. Le livre aurait pu s’arrêter là.
Mais tel n’est pas le sens qu’ont voulu lui donner Lamence Madzou et Marie-Hélène Bacqué. Ce qui nous est livré est un véritable travail sociologique. Tout d’abord par la mise à disposition du corpus d’analyse, un récit fruit de longues heures d’entretiens entre la sociologue et son sujet, qui permet à tout un chacun de se construire une vision de ce parcours de vie. S’ensuit, dans la seconde partie, une analyse fouillée et argumentée, qui repose sur le récit lui-même, mais également sur des entretiens réalisés auprès d’autres acteurs impliqués dans l’histoire de Lamence Madzou. Sa lecture nous aide à objectiver et à mieux interpréter ce qui se joue derrière cette trajectoire, en décortiquant les modes de vie, les relations entre les acteurs (famille, police, justice et politique), les constructions identitaires et les références (rap et gangs nord-américains) qui sous tendent la constitution progressive des bandes des cités. Ainsi, le récit ne se conçoit pas sans l’étude, et réciproquement.
L’ouvrage met ainsi en cause pas mal d’idées reçues sur la banlieue, et notamment celle d’une violence cantonnée aux franges reléguées des villes. On découvre ainsi la forte mobilité des jeunes des cités qui raisonnent à l’échelle de la métropole : contrôle des axes du RER et des lignes de métro « stratégiques » afin de se préserver des attaques extérieures, par exemple. Ainsi, les violences sont loin d’être exclusives aux cités et se déplacent sur les terrains ennemis, parfois localisés dans les centres urbains : le 19e, les Halles, La gare du Nord. Comme le souligne Marie-Hélène Bacqué, loin de renvoyer à une coupure entre les cités et le reste de la ville, c’est dans la ville elle-même que se jouent les pouvoirs et les rivalités territoriales. De même, si la précarité, le chômage et la fragilisation sociale contribuent à alimenter la violence, ils n’en constituent pas les causes exclusives, qui apparaissent bien plus complexes. S’y mêlent des formes de répression larvées, où les ambiguïtés du jeu politique désireux de contrôler une paix sociale favorisent une cité sur une autre selon des règles clientélistes obscures et dangereuses pour la démocratie locale.
Cet ouvrage vient à point nommé pour faire contrepoids aux essais généralistes et peu documentés sur la ville et sa banlieue. Dans le droit fil d’une sociologie de terrain qui plonge au plus près des milieux qu’elle étudie, il éclaire d’un jour nouveau la violence urbaine, mais aussi la vie quotidienne des quartiers populaires, sans a priori ni compromission, sans fascination ni diabolisation. Il présente tout simplement une œuvre sociologique qui joue pleinement son rôle sociétal : « Celui de donner à voir l’existence de différents mondes, le regard des acteurs qui les constituent, aussi dérangeant soient-ils. »
Jean-Pierre Lévy |
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| La politique culturelle à Rennes, 1977-2008, Mémoires et réflexions |
| Martial Gabillard, Éditions Apogée, 704 pages, 2008, 25 € |
Une histoire rennaise
Martial Gabillard a été l’adjoint d’Edmond Hervé à la mairie de Rennes de 1977 à 2008, avec la responsabilité de la culture jusqu’en 2001. Bien qu’historien de formation, il raconte minutieusement l’histoire de l’action culturelle de Rennes comme « un acteur engagé ». Encore qu’elle soit passionnante pour les Rennais et pour les Bretons, l’intérêt de cette abondante monographie dépasse de beaucoup son cadre géographique. Alors qu’on dit trop souvent les pouvoirs locaux impuissants, on mesure très bien ici le rôle du volontarisme politique dans l’action culturelle locale, ainsi que le rôle de la culture dans la transformation urbaine. Cette action publique s’effectue aussi bien au travers des initiatives prises par le pouvoir communal qu’au travers de la constante et efficace reconnaissance par le pouvoir communal des initiatives culturelles issues de la société civile. C’est cette rencontre fructueuse entre l’ascendant et le descendant qui fait tout l’intérêt de la démarche culturelle rennaise. On voit là également les évolutions des actions culturelles municipales. Autrefois, le rôle des communes se réduisait souvent à la construction d’équipements culturels, centraux ou de quartier. Aujourd’hui, les élus attachent une importance croissante à la programmation dans et, de plus en plus, hors des murs des équipements. On est passé d’une préoccupation exclusive relative aux contenants à un engagement raisonné relatif aux contenus. On saisit aussi comment Rennes, sous l’impulsion de Martial Gabillard, a su donner et maintenir son véritable sens à la décentralisation culturelle. « Le surgissement territorial des collectivités locales » est patent, comme le dit l’auteur qui illustre la manière dont les communes « sont devenues majeures, conscientes, prospectives » dans le domaine de la culture. Comme, à Rennes du moins, cette action a été menée dans la durée, on évalue mieux l’importante marge de manœuvre locale, alors que les politiques nationales ont tellement fluctué durant cette époque. Passant de Malraux à Jack Lang et à la triste période actuelle d’effacement et de paupérisation de l’État, il est passionnant de voir comment la ville continue de déployer son projet au-delà des modes et des contraintes extérieures. On s’aperçoit alors que les élus locaux « ont été les premiers à étendre le champ des politiques culturelles sur le terrain qu’avaient défriché les fédérations d’éducation populaire, les premiers à reconnaître comme culturelles les expressions multiples et diverses de la population ». C’est là que l’histoire rennaise croise un temps celle de l’Adels. Au sein de l’association, vers 1977-1978, a fonctionné un groupe de réflexion sur l’évolution des politiques culturelles locales. En interactivité avec notamment les expériences de Rennes (Martial Gabillard) et de Grenoble (René Rizzardo), et de quelques autres, l’Adels avait publié alors une revue, Les cahiers de l’Atelier, sorte d’annexe culturelle de Correspondance Municipale, qui cherchait à rendre compte de ce courant et à l’animer. Des experts comme Pierre Moulinier, Claude Domenach, Bernard Pingaud, Bernard Faivre-d’Arcier (qui devait, plus tard, prendre en charge le festival d’Avignon) participaient à cette réflexion, dont il faudrait mesurer l’impact dans les politiques culturelles municipales d’aujourd’hui. Georges Gontcharoff |
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| Habitat groupé : écologie, participation, convivialité |
| Christian La Grange, Terre vivante, 2008, 144 pages, 27 € |
Restons groupés
Les éditions Terre Vivante publient un très beau petit livre en forme de manuel destiné aux porteurs d’un projet d’habitat collectif. En ces temps où les crises financière, écologique et économique vont encore accroître les difficultés pour se loger, les pratiques d’autoproduction collective en réponse à nos besoins de base sont certainement une solution à sérieusement envisager.
L’auteur, Christian La Grange, est architecte d’intérieur. Il vit aujourd’hui dans un éco-village des Cévennes, après des expériences successives d’habitat collectif en ville et à la campagne. Il partage de manière très concrète ses expériences, en tirant des méthodes pour réaliser de tels projets, sur les plans financier, juridique, technique, mais aussi pour savoir vivre ensemble… Le livre est illustré de photos aguichantes (il fait toujours beau quand on vit groupé, et on fait souvent la fête !), de superbes dessins au trait, et de schémas de montage technique. Vous apprendrez au passage à réaliser un puits canadien, un cabanon, un four à pain, etc.
Le mouvement est parti du Danemark, puis a essaimé dans les pays scandinaves et anglo-saxons. Aujourd’hui souvent baptisées éco-villages, ces expériences de vie collective dépassent le simple habitat. Elles intègrent le plus souvent une certaine forme de décroissance, de simplicité volontaire. Des démarches de partage de tâches, d’outillage ou de matériel s’y intègrent fréquemment, comme des activités de production. L’auteur suggère de ne pas se limiter à un seul projet commun, mais d’agréger plusieurs projets à géométrie et participation variables. Une maison commune est un élément fort, permettant le partage d’activités collectives, et éventuellement des services communs (laverie, atelier…). En outre, la salle ou maison commune permet d’économiser de l’espace et donc de l’argent dans les parties privatives.
Une autre condition à la réussite d’un tel projet est l’attention portée à la constitution du groupe. L’auteur suggère de formaliser l’adhésion et le retrait, d’éviter les personnes trop fragiles émotionnellement. Prendre son temps, s’imprégner progressivement de l’évidence du projet. Ne pas dépasser dix participants (les Danois vont jusqu’à trente, les Néerlandais jusqu’à cinquante, les Suédois jusqu’à 200 !), clarifier les questions de relations financières, avec une préférence pour une participation de chacun. Les formes juridiques permettant d’encadrer de telles expériences sont variées : la copropriété, la société civile coopérative, très répandue, qui sépare le fait de gérer son habitat et la propriété, la simple association… Un bon notaire est alors utile ! Ainsi qu’une charte commune, dont l’auteur fournit un modèle, décroissant et non-violent.
Pour terminer, le livre ouvre quelques pistes d’extension de ces expériences : dans la vie de quartier, par exemple, ou en direction des publics précarisés ; la « cabanisation spontanée », observée ici ou là peut s’organiser en éco-village, comme le montre l’exemple du quartier de la Baraque à Louvain-la-Neuve (Belgique). L’habitat groupé peut enfin constituer un mode adapté pour anticiper sur le vieillissement, parce que « mieux vaut vivre solidaire que solitaire ». Pour « reprendre la main » sur nos vies, le retour au groupe, à la communauté et la sortie de l’individualisme s’imposent. Michel Wilson |
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| Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy |
| sous la direction de Adame Ba Konaré, La Découverte, 2008, 348 pages, 22 € |
Guaino-Sarko, y’a pas bon du tout
Nul n’a oublié les vives réactions qu’a suscitées le discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh-Anta-Diop. L’auteur du discours, le conseiller spécial Henri Guaino, aurait remis son texte au Président juste avant son allocution sans que le chef de l’État ne le relise (paraît-il), et aurait affirmé, dans le Nouvel économiste du 11 décembre : « un discours pose un jalon dans un monde de l’éphémère » ! Cet ouvrage collectif d’une vingtaine d’intellectuels, historiens et écrivains principalement africains, fait une remise au point argumentée et imparable de tous les a priori, contre-vérités et poncifs post colonialistes déversés à cette occasion et livre une passionnante restitution des grandes étapes de l’histoire de l’Afrique. Les quatre parties du livre s’attachent à remettre en cause l’idée saugrenue selon laquelle l’Afrique n’aurait pas d’histoire et serait un continent éternellement enlisé ; à comprendre pourquoi subsistent en France encore tant de préjugés et stéréotypes au sujet de l’Afrique ; et s’interroge sur le mythe de la France bienfaitrice et de sa mission civilisatrice en Afrique qui se heurte à la démonstration éclatante de la perversité et de l’aliénation de la colonisation durant plus d’un siècle, faisant suite à la période de l’esclavage et de ses ravages humains, économiques, sociaux et culturels pendant 400 ans. Enfin, une dernière partie démonte les pistes d’avenir proposées en leur opposant les solutions que les Africains eux-mêmes imaginent. David Pélage |
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| Janvier 2009 |
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| La folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ? |
| Thierry Paquot, Bourin éditeur, 240 pages, 2008, 19€ |
Les tours phalliques se refusent à la ville
Thierry Paquot, « philosophe de l’urbain », comme il se présente lui-même, publie une sorte de pamphlet contre la mode internationale et désormais parisienne des tours. Mais son livre, d’une ébouriffante érudition, est beaucoup plus que cela. Il est aussi une réflexion sur les rapports entre l’homme et la ville, une leçon sur les professions trop séparées d’architecte et d’urbaniste, un plaidoyer très convaincant pour une « ville habitable », « un urbanisme de l’accueillance » permettant aux citadins d’être à la fois autonomes et solidaires. Fourmillant d’idées très stimulantes pour l’esprit, il prône « un éco-urbanisme ». Son actualité est liée à la pression « d’un petit groupe de personnalités branchées, surfant sur un phénomène de mode » qui a réussi à convaincre le maire de Paris et sa première adjointe que « l’image d’une ville moderne est nécessairement associée à la présence de tours ». Dix-sept sites sont proposés par dix architectes de renom qui voient dans la construction de tours « l’acmé de leur carrière ». Elles devraient être édifiées à la frontière entre Paris et ses banlieues, notamment porte de la Chapelle, porte de Bercy ou porte d’Ivry. Thierry Paquot développe d’abord un panorama historique et géographique des tours dans le monde et de leur explosion actuelle : « Elles naissent du désir de quelques capitaines d’industrie de manifester leur puissance économique », ce qui explique qu’elles soient « phalliques et phallocratiques ». L’auteur fait ensuite le bilan assez décevant des tours existant actuellement à Paris et dans la proche banlieue (Jussieu, Montparnasse, avenue d’Italie, Front de Seine, porte Maillot – le cas de la Défense étant à part). Leur pauvreté architecturale s’accroît : « portées au début par une" avant-garde" architecturale, les tours sont dorénavant abandonnées à une" arrière-garde" », l’avant-garde étant maintenant tournée vers les éco-quartiers et l’architecture durable. Thierry Paquot démonte ensuite les trois principaux arguments des pro-tours. Contrairement aux idées reçues, les tours n’augmentent pas la densité urbaine, elles n’assurent pas la mixité sociale, et quelles que soient les techniques de pointe employées, elles sont formidablement énergivores. De plus, elles sont traumatisantes pour leurs occupants. (« Les stars de l’architecture ne se préoccupent jamais vraiment de la vie ordinaire des gens qui habitent les tours ou qui y travaillent »). Les tours constituent l’antithèse de la ville, elles « se refusent à la ville » et à la rue, « elles se ferment comme une huître » ; elles constituent « des lieux d’enfermement, de repli sur soi, de contrôle excessif » ; « les vigiles y sont les maîtres ». Par conséquent, « elles ne créent pas les conditions d’une véritable urbanité ». Georges Gontcharoff |
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| Jeanne de la Zone, |
| Étienne Davodeau et Frédérique Jacquet, collection histoire sensible, L’Atelier, 2008, 108 pages, 18 € |
Jeanne, Yann, Mamadou et autres de la zone
En 1900, Jeanne habite la zone derrière les fortifications de Paris, entre ville et campagne. Elle vit dans un cabanon construit par Baptiste, son père chiffonnier. Entre gens de la zone « on se dit bonjour et on se cause ». Jeanne a un ami, Luigi, l’immigré italien, abîmé par le travail dans une usine de produits chimiques. La vie de Jeanne se déroule entre odeurs et fracas des usines, et les événements de la vie quotidienne avec Rosalie, la blanchisseuse, et l’oncle Édouard, qui croit « au grand soir ». Jeanne de la zone est le premier volume d’une nouvelle collection, « L’histoire sensible », aux éditions de l’Atelier, qui ambitionne de donner vie à l’histoire d’un enfant d’hier. Ici, c’est réussi : Jeanne prend vie, sous la plume de Frédérique Jacquet, l’auteure du texte Douce banlieue, écrit avec Gérard Mordillat. Elle prend vie aussi grâce aux illustrations en noir et blanc d’Étienne Davodeau, qui nous a habitués au réalisme social avec Les mauvaises gens. L’ouvrage comprend en deuxième partie un abécédaire en mots et en images, dictionnaire du monde de Jeanne : bicoque, chiffonnier, terrain vague… des mots de la zone. L’envie nous prend d’enrichir ce dictionnaire, illustré de photos d’Eugène Atget. La troisième partie met en scène les descendants de l’héroïne de l’histoire. La fille de Jeanne et sa petite-fille, Camille, mettent en commun leur « mémoire d’amour de Jeanne ». Un bout de vie de gens que l’on voudrait voir reproduire avec d’autres « Jeanne » qui pourraient s’appeler Yann, Mireille ou Mamadou, dans d’autres territoires de vie d’hier et d’aujourd’hui. À lire et à faire lire, cette histoire sociale pour les enfants de 10 à 100 ans. Étienne Beaudoux |
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| Les trois cosmonautes et autres contes |
| Eugenio Carmi et Umberto Eco, Grasset jeunesse, 2008, 96 pages, 17,90€ |
Il était une fois…
En alliant leur art (celui du « fabricant de mots » pour Umberto Eco ; celui du « fabricant d’images » pour Eugenio Carmi), les deux célèbres Italiens réussissent à ressusciter le conte à l’aune des problématiques contemporaines en proposant trois fables (La bombe du général, Les trois cosmonautes et Les gnomes de gnou), à lire dès 3 ans. Illustrés avec brio et douceur, écrits avec simplicité et justesse, ces trois contes abordent les questions de la pollution ou de l’impérialisme avec subtilité et ironie, permettant ainsi aux plus jeunes de découvrir tout à la fois philosophie, écologie et poésie ! Entre l’utopie de la « république spatiale » ou la révolution des « atomes en colère », c’est avec une grande sensibilité que les deux hommes évoquent leur époque, ses contradictions et ses travers. Un livre intelligent pour les enfants comme pour leurs parents. Aline Chambras |
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| Acteurs et territoires du Sahel. Rôle des mises en relation dans la recomposition des territoires |
| Abdoul Hameth Ba, ENS éditions, 2007, 16€ |
Les ONG fleurissent au Sahel
Géographe, migrant lui-même et responsable d’une association de solidarité internationale, Abdoul Hameth Ba tente d’analyser les recompositions territoriales à l’œuvre dans le bassin du fleuve Sénégal à l’aune des actions de développement des ONG étrangères et sénégalaises, des associations d’émigrés et villageoises locales qui ont vu leur nombre et leur poids largement augmenter ces trente dernières années. Sous l’effet cumulé des plans d’ajustement structurels, des lois de décentralisation et de la formation d’une véritable diaspora très fortement liée au pays d’origine, l’auteur décrit une nouvelle économie de la coopération, du développement et de la migration qui remodèle progressivement les structures sociales locales et dans laquelle il veut voir, malgré ses aspects pervers, une « responsabilisation » des populations et l’expérimentation d’une « citoyenneté active ». Une nouvelle ère en somme, en matière de gestion des territoires et du développement local, dans un contexte où l’État est quasi absent. L’étude est d’un indiscutable bon sens et très riche en éléments factuels. Elle sera utile à ceux qui chercheront une présentation générale des acteurs et des dynamiques en cours dans l’espace rural sahélien. Elle perd malheureusement de sa valeur explicative à vouloir trop embrasser. Les typologies un peu fastidieuses et le cadre théorique assez flou font rêver le lecteur à des études de cas moins nombreuses mais plus fouillées, sur un sujet d’un intérêt majeur. Thomas Perrot |
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| Cuisine bio pour fruits de saison |
| Terre vivante, 2008, 160 pages, 16 € |
Soigner ses papilles
Une fois n’est pas coutume, Territoires vous présente un recueil de recettes salées et sucrées autour des fruits pour stimuler votre imagination culinaire au fil des saisons. Ce petit livre propose 130 idées pour cuisiner vingt-trois fruits qu’on trouve communément en France et incite à consommer des produits locaux, bio de préférence, mais sans prosélytisme. On trouvera des informations sur l’origine, les variétés et les valeurs nutritives des fruits, ainsi que des propositions pour préparer ces fruits de façon rapide, souvent peu coûteuse, à l’aide de nombreuses épices pour tenter de nouvelles associations. Une incitation forte pour (re)découvrir des variétés anciennes, des goûts, des saveurs, des textures, en sortant du circuit de l’agriculture intensive qui menace la biodiversité et en réduisant la consommation effrénée de produits fades venant du bout du monde. Blanche Caussanel |
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| decembre 2008 |
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| Les guerres de mémoires. La France et son histoire. |
| sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, La Découverte, 2008, 335 pages, 20 € |
La mémoire, une histoire de pouvoir
À une époque où l’idée d’imposer aux élèves du primaire la mémoire d’un enfant des camps de la mort a été envisagée, et où la tendance est à légiférer en matière de faits historiques, la question de la concurrence des mémoires devient un enjeu emblématique de notre société.
Les guerres de mémoires, ouvrage dirigé par un historien spécialiste du fait colonial, Pascal Blanchard, et par une sociologue des médias, Isabelle Veyrat-Masson, regroupe les contributions d’historiens, sociologues, politologues et anthropologues pour qui la réminiscence des revendications mémorielles (l’histoire des groupes particuliers) va de pair avec une absence de projet politique. Les auteurs tentent de mettre au jour le rôle de l’État et des médias dans le façonnage de l’histoire. Pourquoi un événement prévaut-il sur un autre ? Comment cette hiérarchie se met-elle en place et par qui ? Pourquoi mai 68 a-t-il occulté l’événement fondateur que fut mai 58 et l’avènement de la Ve République ? Et, toujours, quelle frontière entre histoire et mémoire ? Préfaçant l’ouvrage, Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’Algérie, écrit ainsi que « le voyage perpétuel vers un passé personnel signale une crise du futur et que « le travail historique aide à sortir de ce dilemme entre trop-plein et absence de mémoire ». Permettre au lecteur de saisir les enjeux politiques, historiques mais aussi les conditions socio-économiques dans lesquelles s’inscrivent ces « guerres de mémoires », qui elles aussi ont une histoire, est l’objectif de cet ouvrage complexe, à lire crayon en main. Mathilde Azerot |
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| Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration |
| Alexis Spire, Raisons d’agir, 2008, 124 pages, 7 € |
De l’autre côté du guichet
Qui sont ces hommes et ces femmes chargés au quotidien du traitement « ordinaire » de l’immigration ? Ceux-là mêmes qui décident de délivrer ou non des papiers aux migrants ? Le sociologue Alexis Spire a mené l’enquête de 2003 à 2007 au sein des préfectures, consulats et autres services d’attribution des visas. Dans Accueillir ou reconduire, il analyse ce qu’il nomme la « politique des guichets ». On découvre que ces services, qui emploient un personnel peu diplômé, sont relégués au bas de l’échelle administrative. Qu’une grande partie des agents y sont eux-mêmes issus de l’immigration, que les femmes y sont surreprésentées et que l’immense majorité est originaire du monde ouvrier. Alexis Spire montre comment l’application de la loi est très largement laissée à la seule interprétation des agents qui, par ailleurs, ne reçoivent aucune formation juridique, croulent sous les dossiers et jouissent d’une importante autonomie vis-à-vis de leur hiérarchie. Comment, au final, le gouvernement, tiraillé entre, d’une part son devoir de garantir les droits de l’Homme et, d’autre part, ses priorités plus comptables, délègue aux fractions subalternes de l’administration la mission de donner corps à la notion d’« immigration choisie ». À lire absolument. M. A |
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| Le profane en politique : Compétences et engagements du citoyen |
| sous la direction de Thomas Fromentin et Stéphanie Wojcik, L’Harmattan, 2008, 314 pages, 28,50€ |
Vers le profane expert ?
Cet ouvrage collectif, coordonné par deux jeunes chercheurs en droit public et science politique, résulte d’une journée d’étude organisée en 2005 sur les « rhétoriques et pratiques scientifiques et sociales du profane ». Il interroge la pertinence et les limites de la notion de « profane » (c’est-à-dire « l’habitant », le « citoyen lambda », etc.), de plus en plus utilisée tant par les acteurs des dispositifs de participation que par les chercheurs les analysant. Si cette expression est contestable, étant donnée la diversité des savoirs que mobilisent les citoyens dans ces processus participatifs, elle prend tout son sens lorsque les habitants, sortant de leur rôle de citoyens « ordinaires » en cherchant à se faire reconnaître en experts du sujet débattu, sont remis à leur place de « profanes » par les élus. Le livre montre ainsi que l’opposition entre profanes et initiés est l’enjeu et le résultat de luttes. Il présente l’intérêt de croiser des réflexions théoriques sur le rôle et le sens du profane en politique, notamment de Loïc Blondiaux et Daniel Gaxie, et des travaux empiriques de jeunes chercheurs qui interrogent la mobilisation de cette notion dans différents contextes, en France et en Europe, dans une grande diversité de domaines (la justice, la télévision, le nucléaire, la culture, etc.) et de dispositifs participatifs (budgets participatifs, conférences citoyennes, jurys de citoyens, etc.). Au-delà du statut du profane, les auteurs questionnent la nature des savoirs citoyens, les échanges de savoirs entre acteurs et l’impact de la participation citoyenne dans la décision publique. Autant de bonnes questions ! Héloïse Nez |
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| Une démocratie asphyxiée, L’état des droits de l’Homme en France édition 2008 |
| Ligue des droits de l’Homme, La Découverte – Sur le vif, 2008, 120 pages, 10 € |
Rama rame-t-elle pour rien ?
Allez, c’est le dernier mois pour pouvoir encore vous présenter l’édition 2008 de l’État des droits de l’Homme en France, titrée avec bonhomie Une démocratie asphyxiée…
Derrière l’écran de fumée de l’implosion du Parti socialiste et l’écran de feu, réel celui-là, des crises financières et économiques, on en oublierait presque (c’est évidemment une formule, il y a des choses que, heureusement, on n’oublie pas) le traitement à coups de masse que le régime sarkozyste a choisi pour réformer les libertés individuelles depuis la dernière élection présidentielle. Jamais gagnants, mais toujours bien placés (pour prendre des coups), les étrangers en terre de France sont au premier rang de la révolution culturelle actuelle, et le bon ministre Hortefeux compte et recompte en ce moment ses expulsions pour boucler son bilan annuel. Mais, ce qui est passionnant (et ce qui est effrayant) dans ce livre, c’est que la Ligue des droits de l’Homme ne s’arrête pas au seul « tout sécuritaire » et livre en 110 pages une analyse bien plus globale du système dans lequel nous vivons : celui du bridage du parlement et de la justice, de la société du contrôle et du fichage, de l’ADN et des charters bien sûr, mais aussi de la réforme du droit du travail, de la séparation entre les honnêtes gens qui en font « plus » et la « glandouille » version Amara, ou encore des liens diplomatiques avec la Libye, le Chine et la Russie où la valeur « contrats » a remplacé les principes et les droits de l’Homme. « Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, l’agitation frénétique de l’acteur principal du jeu politique oblige, pour y voir clair, à prendre un peu de recul. L’art du bateleur étant de détourner sans cesse l’attention, il est important, pour ne pas se laisser vendre n’importe quoi, de ne pas perdre la mémoire et de prendre le temps de la réflexion », ainsi commence avec beaucoup de justesse l’introduction de Jean-Pierre Dubois. L’exercice est salutaire et, au final, si le livre n’est pas franchement joyeux sur la longueur, il est vraiment bien construit, et à lire d’urgence… En espérant que l’édition 2009 ne soit pas pire. Nicolas Leblanc |
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| novembre 2008 |
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| Cultivons la terre. Pour une agriculture durable, innovante et sans OGM |
| Honorine Perino, produit par Rés’OGM Info, DVD 1h30, 15€ pour les particuliers ; associations et collectivités : contacter Rés’OGM au 04 78 42 95 37 |
Film 100 % naturel
Les OGM ont quelquefois l’inconvénient, en tant qu’objet de lutte, de focaliser les débats quand on parle d’agriculture, et de les rendre vindicatifs voire ennuyeux. Mais pas de cela ici. Honorine Perino réussit le tour de force de proposer une heure et demie de film agréable, fluide et tout à fait accessible sur l’agriculture durable, en n’utilisant les OGM que comme un fil rouge, qui sait se faire discret pour laisser la vedette à ces paysans et ces chercheurs qui construisent une agriculture en adéquation avec leurs valeurs. On se promène le long de ces onze courts chapitres pour aborder la variété quasi infinie des blondes tiges de blé, la lutte biologique ou le voyage de ces paysans rhône-alpins partis en Syrie pour discuter de sélection participative des semis. On est interpellé par le mouvement général de l’agriculture qui perd ses savoirs et son autonomie de pensée, ce qui rend d’autant plus porteur d’espoir les visites de ces fermes qui ont choisi de recommencer à réfléchir par elles-mêmes. On y croise un éleveur de vaches laitières qui a remis ses ruminants aux pâturages, ou un fermier qui utilise des insectes auxiliaires pour se débarrasser des parasites du maïs. Et, partout, on comprend que les OGM ne sont que la face émergée de l’iceberg d’une normalisation dramatique des modes de cultures, qui ravage les sols et ne voit la nature que comme une source de nuisances à dompter. Le film a été sélectionné au Festival pariscience et aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Nicolas Leblanc |
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Africa Trek 1, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Cap au Kilimandjaro
Africa Trek 2, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Kilimandjaro au lac de Tibériade |
| Sonia et Alexandre Poussin, 571 et 762 pages, Pocket, 2007, 7,7 € chacun |
Voyage alternatif en Afrique
Avec ces deux volumes d’Africa Trek, Sonia et Alexandre Poussin nous livrent un récit de voyage passionnant et un témoignage vivant de l’Afrique de l’Est contemporaine. Le parcours de ce jeune couple d’aventuriers est aussi peu commun que la nature de leur périple africain : tandis qu’elle a travaillé dans l’humanitaire au Népal, au Vietnam et en Irak, lui est écrivain voyageur et a raconté ses aventures avec Sylvain Tesson dans deux précédents ouvrages : un tour du monde en bicyclette en un an et une marche de 5 000 km sur le toit du monde. En 2001, ils s’élancent dans une folle marche à pied à travers le continent africain, sans aucune autre assistance que la générosité de leurs hôtes de passage. La lecture de leurs trois années de pérégrinations le long de la vallée du Rift, du cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud au lac de Tibériade en Israël, est étonnante. On peut regretter certains passages un peu moralisateurs, mais l’ensemble est très bien écrit et agrémenté de belles photos. Au-delà de la justification initiale de la marche – refaire symboliquement le voyage du premier homme, de l’australopithèque à l’homme moderne – et de l’incontestable exploit sportif, on retient surtout de cet ouvrage une expérience humaine hors du commun et un nouveau regard posé sur le continent africain. Une invitation à voyager autrement, loin du tourisme de masse et au plus près des populations locales. Héloïse Nez |
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| Le manuel de l'antitourisme |
| Rodolphe Christin, éditions Yago, 2008, 126 pages, 15€ |
Savoir voyager
Le 20 juin1936 signa l’avènement d’une révolution: les congés payés. Mais aussi, pour certains, l’avènement d’un fléau : le tourisme. C’est en substance le propos du sociologue Rodolphe Christin qui fustige, dans son Manuel de l’antitourisme, les effets pervers du tourisme de masse. Tandis que le secteur figure au premier rang de l'activité économique mondiale (733 milliards de dollars de recettes en 2006), l’auteur montre qu’à la démocratisation des vacances et des loisirs s’est substituée l’obsession de combler tout temps « mort ». Ou comment le réel a laissé place au virtuel, via une arme redoutable : le management, qui par souci de « développement » (entendez « profits ») va parfois jusqu’à ravager des territoires entiers, détruire des cultures et finalement banaliser, « occidentaliser » tout paysage. Et de dénoncer le low cost, le règne de l’avion, responsables de la surconsommation de voyage – par la réduction des distances – mais aussi de l’aggravation de l’effet de serre. Si le ton emprunté par l’auteur peut agacer, (le touriste est qualifié d’« idiot du voyage », mais qu’est-on dès lors que l’on voyage ?) son dessein est cependant louable : réhabiliter le hasard, les imprévus, les détours, les petites galères aussi. En bref : l’immersion en terre inconnue. Une manière d’interroger notre vision du monde et de reposer l’éternelle question : pourquoi partons-nous ? Mathilde Azerot |
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| octobre 2008 |
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| Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial |
| Lester R.Brown, Calmann Lévy / Souffle Court éditions. 2007, 400 pages, 20€ |
L’autre plan B
Agronome de formation, Lester Brown dirige depuis 2001 l’organisme de recherche interdisciplinaire Earth policy institute à Washington. Son dernier livre, dont la version française est préfacée par Nicolas Hulot, applique à notre civilisation le diagnostic porté sur les crises des civilisations passées par Jared Diamond et Ronald Wright, notamment (Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Jared Diamond, Gallimard, 2006, Territoires n° 479 ; La fin du progrès, Ronald Wright, Naïve éditions, 2006, Territoires n° 490). La moitié de son livre dresse un inventaire implacable des menaces qui pèsent sur l’humanité et la biosphère. L’autre moitié, le fameux « plan B », propose une mobilisation internationale, tant des dirigeants que des individus pour transformer cette urgence écologique en opportunités. Cinq grands signaux, parmi beaucoup d’autres, montrent à l’évidence que la civilisation humaine court à son déclin, voire pire encore. La déplétion pétrolière a commencé à la priver du carburant qui a alimenté sa croissance depuis cent cinquante ans. La pénurie d’eau frappe désormais toutes les zones de la planète. Les températures globales – mais aussi locales – augmentent rapidement et inexorablement, avec le niveau des mers. La disparition de certaines des zones les plus fertiles du globe et les plus peuplées commence à engendrer des exodes climatiques massifs. La disparition des ressources naturelles (sols, forêts, espèces, ressources halieutiques, ressources minières, désertification, pollutions, etc.) renvoie tout aussi directement aux causes de disparition des nombreuses civilisations passées. L’optimisme de Lester Brown pour nous sortir d’affaire prête parfois à sourire : 161 milliards de dollars annuels bien employés pour de massifs projets sociaux et environnementaux devraient suffire. On peut partager cet optimisme, très américain,
et penser que l’élection de Barack Obama pourrait donner un des signaux forts au lancement de ce plan B. On peut craindre pourtant que les mécanismes et systèmes qui nous propulsent dans le mur ne s’inversent pas simplement par une bonne volonté partagée. En corollaire,l’impasse du système capitaliste et la difficulté d’imaginer ensemble un système de gestion et de gouvernance alternatif pour la planète n’est pas évoquée par notre grand écologiste anglo-saxon. Mais il s’agit certainement du scepticisme culturel inhérent aux vieilles nations européennes… Une chose est sûre : les solutions évoquées figurent parmi celles qu’il nous faudra mettre en œuvre, à défaut de se résigner à disparaître. Michel Wilson |
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Le monde selon Monsanto :
de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien |
| Marie-Monique Robin, La Découverte / Arte Editions, 2008, 370 pages, 20 €. Le DVD est disponible sur www.arteboutique.fr et chez Nature & Découvertes. |
Le procès de Monsanto
Monsanto se présente comme une « entreprise agricole » cherchant à « aider les paysans du monde à produire des aliments plus sains, tout en réduisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement ». Mais qui est réellement le premier semencier de la planète, détenteur de 90 % des OGM cultivés dans le monde ? Dans une enquête minutieuse, diffusée sous la forme d’un ouvrage et d’un documentaire, Marie-Monique Robin signe un réquisitoire percutant contre la multinationale. Elle revient d’abord sur le passé chimique de la firme, pour savoir « si on peut lui faire confiance sur les OGM », et découvre l’histoire d’une des entreprises les plus controversées de l’ère industrielle. Les PCB, la dioxine, l’agent orange, les hormones de croissance laitière et bovine, le désherbant Roundup : la liste est longue des produits dangereux dont la firme a caché la toxicité afin de garantir ses profits. La journaliste s’intéresse ensuite aux OGM, en sillonnant la toile et la planète à la recherche d’archives et de témoignages, et dévoile les stratégies de la firme pour imposer sa loi et contrôler à terme la production de la nourriture du monde. Les conséquences environnementales et sociales de cette entreprise économique basée sur le brevetage du vivant sont dramatiques. Un signal d’alarme contre une multinationale qui a entre ses mains l’avenir de l’humanité. Héloïse Nez |
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| Comment la France a perdu l’Afrique |
| Antoine Glaser et Stephen Smith, Hachette Littératures Pluriel actuel, 2006, 280 pages, 8,40€ |
Coup de pompe Afrique
On ne s’éternisera pas sur l’identité du coauteur de cet ouvrage pédagogique qu’est le journaliste Stephen Smith. Accusé d’« afro-pessimisme » par ceux qui n’ont pas aimé son livre Négrologie de 2003 ou mis en cause dans ses analyses du génocide rwandais (un génocide n’est guère un événement propice aux discussions dépassionnées), il n’en reste pas moins un des rares journalistes qui s’entête à analyser les évènements africains contemporains. Dans Comment la France a perdu l’Afrique, le propos se resserre sur une composante essentielle de la politique extérieure de la France au 20e siècle : sa politique africaine. L’Empire « françafricain » a été une clé de compréhension centrale de la position de la France dans le monde, mais qui le décrit comme tel aujourd’hui ? Qui débat de la stratégie géopolitique actuelle de la France en Afrique ? Peut-être, comme c’est l’hypothèse de ce livre, la France ne connaît-elle plus l’Afrique, n’y a plus aucun projet ? En effet, les palais de l’empire sont vides, sillonnés seulement par quelques mercenaires, des dictateurs ou des «conseillers » qui n’ont plus réactualisé leurs dossiers depuis vingt ans. Un livre, à la vérité, passionnant, et bien plus franco-pessimiste qu’afro-pessimiste. Nicolas Leblanc |
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| Chantier ouvert au public, le Viel Audon, village coopératif |
| édition Repas, collection pratiques utopiques, 2008, 194 pages, 15€, |
La révolution des grains de sable
Que l’on connaisse le lieu, le Viel Audon, et l’ouvrage se dévorera comme un bon roman dont le fait de connaître la fin ne gâche pas le plaisir de la lecture. Que l’on lise le livre et l’on finira forcément un jour par emprunter le chemin muletier pour se rendre au hameau de Balazuc, et voir. Voir comment ce « nulle part » où Gérard Barras a conduit trois de ses amis, un jour de novembre 1970, est passé de l’état de ruine à celui de hameau pluriactif conjuguant aujourd’hui des activités agricoles, d’accueil, de formation (pour le réseau Repas, entre autres), de chantiers de jeunes, de vente de produits locaux, d’éducation à l’environnement… allant même jusqu’à proposer les très à la mode cours de cuisine, mais version gastronomie des plantes (testé et conseillé !). Au fil des pages, parsemées de témoignages, le Viel Audon se livre, sous la plume de Béatrice Barras, membre de la première heure de cette épopée communautaire. Elle nous raconte comment cette bande de jeunes, dans une atmosphère post mai 68, « sous les pavés… » a trouvé une ruine qu’elle retape grâce aux chantiers de jeunes qui se sont succédés et se succèdent encore. Avec, dès le départ, l’intuition que le Viel Audon a pour vocation de « construire lui-même sa propre histoire à travers ceux qui s’y investissent ». Puis, comme un seul pari fou ne suffisait pas, voilà que parallèlement se greffe le projet de remet en activités une ancienne filature de laine. Les différentes étapes qui voient le hameau et le projet prendre forme sont naturellement jalonnées de traversées du désert et de sursauts salvateurs. Avec, en toile de fond, la difficulté de mener plusieurs vies de front : l’une consacrée à gagner malgré tout sa croûte et l’autre à redonner vie à un village et à une filature en ruine. Mais avec toujours la même force de conviction, qui fait qu’aujourd’hui encore le Viel Audon réussit à résister aux pressions sécuritaro-administratives et demeure inaccessible en voiture. Une particularité qui donne au Viel Audon toute son âme, et ses vertus pédagogiques : chaque geste doit en conséquence être réfléchi, simplifié pour limiter les déchets, les transports… Et qui est à l’origine d’une institution vieille de trente-cinq années de chantiers : la chaîne humaine. Une chaîne pour transporter les sacs de ciment, symbole de solidarité, et de transmission qui, comme en témoigne « un ancien » des chantiers, « construit quelque chose de différent sans pour autant faire la révolution. Ou alors c’est la révolution des grains de sable. » Sabrina Costanzo |
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| Septembre 2008 |
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Participations citadines et action publique :
Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa, |
| sous la direction d’Olivier Legros, coédition Adels/Yves Michel, 2008, 209 pages, 22€ |
« Tactiques » participatives au Sud
Si les expériences participatives européennes et latino-américaines sont bien connues, ayant fait l’objet de nombreuses recherches, c’est loin d’être le cas de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient. La participation y constitue pourtant un nouveau cadre de référence de l’action publique en milieu urbain, imposé par les bailleurs internationaux à partir des années 90. Dans cet ouvrage collectif, urbanistes, sociologues et géographes analysent les réactions des acteurs du Sud face à cette « injonction participative ». En élargissant leur réflexion aux actions collectives en milieu urbain, ils mettent en avant les « tactiques » des collectifs citadins : s’ils adhèrent au « prêt-à-porter gestionnaire » de l’aide internationale, c’est pour faire valoir leurs intérêts, tout en continuant à agir en marge des actions publiques. Comme le montre la remarquable contribution sur la banlieue dakaroise, loin d’encadrer leurs modes de mobilisation, les dispositifs participatifs contribuent à élargir leur répertoire d’action collective. Certes, le décalage reste fort entre les discours et les pratiques, dans des pays où l’aménagement urbain est confisqué par les classes dirigeantes déniant toute compétence aux citoyens dans la production et la gestion de la ville. Or, si les citoyens réussissent rarement à remettre en cause la totalité d’un projet urbain, ils trouvent dans les dispositifs participatifs institutionnels une nouvelle voie d’expression et de contestation pour en négocier certains éléments. Héloïse Nez
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| Le goût du pouvoir |
| Jacques de Courson, L’Harmattan, 2008, 117 pages, 12,5 |
Le dégoût des élus
La présentation de l’ouvrage, par l’auteur, sur la quatrième de couverture, aurait dû suffire à m’avertir : « Ma thèse », expose Jacques de Courson, « est qu’au-delà de leur ambition de servir leurs contemporains, les élus locaux sont à la fois des brutes et des petits marquis, fascinés par le pouvoir sur les êtres et les situations ». Mais la forme de l’ouvrage (douze nouvelles tirés de souvenirs ou d’histoires vraies racontées à l’auteur) était attrayante : ascensions politiques, batailles à la Clochemerle, anecdotes de cabinets… De même que la personnalité de l’auteur, président de l’association Urbanistes du monde et auteur d’un essai sur la prospective urbaine. Malheureusement, tout dans ce livre n’est qu’aveuglement, et sous couvert de perspicacité et de clins d’œil complices, Jacques de Courson se trompe sur toute la ligne. Il couvre « les élus locaux » de ridicule, mais confond le demi million de représentants politiques avec les 40 000 chefs d’exécutifs (maires, présidents de conseil…). Ensuite, il tente des généralisations à tout bout de champ en utilisant la petite histoire et le récit. Enfin, il accuse les élus locaux de tous les maux (sauf peut-être de la cupidité : ses pauvres personnages ne sont « que » rongés par des ego surdimensionnés, l’avidité du pouvoir, la compétition, mais ils ne connaissent pas la corruption… ouf !), tout en les défendant : n’importe qui ferait pareil, car il présente la conquête du pouvoir et son affirmation sur les êtres qui vous entourent comme… « un plaisir ». Chacun voit le plaisir où il peut… Nicolas Leblanc |
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| L’immigration de A à Z |
| Mohsen Dridi, publication de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, 2007, 437 pages, 15 € |
Immigration, nom féminin
Des « Accords de Schengen » aux « Zones d’éducation prioritaires », Moshen Dridi, membre fondateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) et figure reconnue du mouvement associatif issu de l’immigration, décline, en près de 673 mots, la question de l’immigration. Exhaustif et précis, ce mémento recense toute l’histoire politique et sociale des migrations, en égrenant et décryptant les noms d’associations, d’administrations, de films, les textes de loi, les expressions, les dates marquantes, etc., utilisés ou nés dans le champ des flux migratoires. Un outil pratique et symbolique qui permet de rendre palpable le vécu des migrants, caché derrière chaque vocable. Aline Chambras |
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| La fin du progrès |
| Ronald Wright, Naïve Editions, 2006, 136 pages, 16 €, |
| Un éternel recommencement ?
L’ouvrage de l’archéologue canadien et auteur à succès, Ronald Wright, nous invite à déduire le sort de notre civilisation postmoderne de celui de quelques civilisations passées. Si certaines comme à Sumer ou sur l’Île de Pâques ont disparu, d’autres comme les empires maya ou romain ont laissé une descendance. Les crises connues par ces civilisations, que l’auteur définit comme « des sociétés importantes et complexes, fondées sur la domestication des végétaux, des animaux et des êtres humains », sont à chaque fois liées à un déséquilibre irréversible entre pression environnementale et démographie. À une certaine « sagesse » initiale dans le mode d’occupation de l’espace se substitue, via le goût du pouvoir et l’appropriation oligarchique des productions, une surcharge autodestructrice, qui amène la chute soudaine mais prédictible des civilisations. L’image du Pascuan, habitant de l’Île de Pâques, qui abattit le dernier arbre est frappante. L’auteur voit dans l’histoire d’Homo sapiens une aptitude innée à l’autodestruction, depuis le génocide probable des néanderthaliens (« les bons n’ont pas gagné »), en passant par la surchasse puis, pour sortir de la pénurie de gibier, l’invention de l’agriculture, source de la civilisation mondiale. Cette civilisation mondiale est, elle aussi, menacée de collapsus : nombreuses sont les voix avisées qui l’annoncent depuis la fin du 19e siècle. Pour l’auteur, « notre meilleure chance d’éviter le sort des sociétés passées, c’est que nous connaissons leur histoire. C’est maintenant notre dernière chance d’assurer l’avenir ». À condition de ne pas vivre dans l’espoir que la solution viendra d’elle-même... Michel Wilson |
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| juin 2008 |
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| Altermondialiste, moi ? |
| nouvelle édition augmentée, Ritimo,
Artisans du monde et Crid, 2008, 108 pages, 6 € |
Dis, c’est quoi
être altermondialiste ?
Savez-vous, qui sont les altermondialistes ? Connaissez-vous,
leurs combats, leurs propositions ? Ce livre répond à
toutes ces questions sur un ton bien trouvé : il faut
informer, expliquer, mais surtout ne pas culpabiliser. Ici,
pas de blabla, ni de long développement soporifique,
bien au contraire, les textes sont concis, bien écrits,
des propositions de pistes pour prolonger les réflexions
sont proposées à chaque sujet traité (santé,
faim, circulation, etc.) dans chacune des quatre parties, en
commençant par " Comment va le monde ". Certes,
la longue liste des plaies dont souffre le monde est toujours
aussi insupportable, mais ce livre a au moins le mérite
de donner quelques explications sur les mécanismes qui
les provoquent. Bien entendu, le fonctionnement de nombreuses
organisations internationales, comme la Banque mondiale, le
FMI, l’Onu, est savamment critiqué, et c’était
prévisible. Toutefois, les nombreux sujets sont abordés
avec simplicité. Si vous ne vous sentez pas encore prêts
pour manifester au prochain sommet du G8, ce guide donne aussi
quelques conseils pour transformer ses comportements, et apporter
son grain de sable pour changer le monde. Rien que ça
! Bien sûr, cette brochure réalisée par
des organisations altermondialistes défend leur cause,
mais c’est aussi un appel à la citoyenneté
quand il montre que l’action, la mobilisation peuvent
fonctionner, et surtout qu’il n’y a pas qu’une
seule forme d’engagement. Cette brochure, réellement
pédagogique, souhaite promouvoir une autre image de la
mondialisation, plus humaine. Après sa lecture, on s’interroge
: " un autre monde est-il possible ? ". Si vous ne
pouvez pas répondre, vous aurez au moins lu qu’ils
sont nombreux à y croire, et maintenant vous savez pourquoi.
Sterenn Duigou |
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| Recettes d’hier et d’ailleurs.
Besançon et les cuisines du monde |
| CCAS de Besançon, Néo éditions,
112 pages, 20 ?, livret de cuisine en ligne sur www.migrations.besancon.fr |
Envie de se lécher
les babines ?
Qu’y a t-il de commun entre l’Oumek Houria et l’Adass
Polo ? Tous deux sont des plats d’ici et d’ailleurs,
à retrouver dans le livre de recettes colorées
édité par le Centre communal d’action sociale
de Besançon. Souhaitant valoriser la diversité
culturelle et l’échange intergénérationnel
sur son territoire, le CCAS a soutenu cette initiative originale
comme une passerelle pour les promouvoir. C’est aussi
une aventure humaine née, au départ, de la rencontre
de femmes d’origines diverses dans les espaces solidaires.
Grâce à Jocelyne Lotz-Choquart, cuisinière,
ces créateurs de saveurs révèlent leur
secret culinaire. L’histoire de ces recettes et de leurs
origines rend le propos encore plus délicieux. Les non-cuisiniers
apprécieront ces explications, les plus enhardis essaieront
de les réaliser. À chaque page, ses saveurs, à
chaque plat son " chef ". De la cuisine citoyenne
! S. D. |
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| Le tourisme autrement |
| hors-série pratique d’Alternatives
économiques, mars 2008, 9,50 € |
Voyage, voyage…
Les Français aiment voyager. Mais, à l’heure
de la crise pétrolière, du réchauffement
climatique et du creusement des inégalités internationales,
l’essor du tourisme pose de nombreuses questions économiques,
sociales et environnementales. Des dilemmes auxquels la rédaction
d’Alternatives économiques tente de répondre
dans son dernier hors-série, en évitant le piège
de la culpabilisation ! Car, comme les auteurs le rappellent
" le développement du tourisme est aussi le fruit
de l’émancipation du salariat ". Donc pas
question de regretter la démocratisation du tourisme
! Néanmoins, pas question non plus de " bronzer
idiot ". Aussi ce guide propose une analyse très
fine des impacts du tourisme et, surtout, il recense et jauge
les acteurs du " tourisme autrement " (tourisme rural,
tourisme solidaire, tourisme social) en plein développement.
Un seul bémol : l’insistance sur l’impact
des déplacements en avion a un léger effet agaçant
quand on aime que vacances puissent rimer avec bout du monde.
Aline Chambras |
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| Ne rien oublier en partant (2006, 40’)
et Quartiers en devenir (2008, 26’) |
| Films de Corinne Marie, Vipère au poing
productions, www.vipereaupoingproductions.fr |
Émotion en barres
Deux films pour une même démarche, celle de faire
parler les locataires d’immeubles condamnés à
la démolition dans le cadre d’opérations
de renouvellement urbain. " Opération ", "
renouvellement " et " urbain ", voilà
bien des mots que l’on n’entend guère dans
la bouche des personnages filmés par Corinne Marie. Ils
nous parlent de leurs souvenirs, liés à leur logement,
à leur allée, à leur quartier ; ils nous
parlent de leurs voisins, de leurs amis ; ils nous parlent un
peu de l’Opac, qui les logent et les dé-logent
" comme des pions sur un jeu d’échec "
; ils nous parlent de leur vie, filmée de manière
minimaliste, assis sur leur canapé ou au pied de leur
ex-tour. Quasiment tous sont choqués, attristés,
nostalgiques quand ils évoquent la démolition,
passée ou à venir de leur appartement. Et semblent
apprécier d’être écoutés, que
leur témoignages soient enregistrés, pris en considération…
L’exercice, nécessaire, laisse pourtant le visionneur
sur sa faim, et des questions restent sans réponse :
l’omniprésence de l’émotionnel, voire
du pathos, de la nostalgie n’est-elle pas un leurre, un
biais dans lequel sont tombés filmés et réalisatrice
? Pourquoi les questions que posent les habitants, à
l’Opac, à la mairie, sur la crise du logement ou
la rénovation urbaine ne sont-elles pas posées
aux acteurs concernés, avec plus de force, par le film
? Face à des habitants si unanimes pour encenser le passé,
mais si impuissants à se sentir acteurs au présent,
on aurait aimé que le projet – militant –
de Corinne Marie se face plus pédagogue, voire s’engage
dans une forme de médiation. Qu’il desserre le
cadre. Nicolas Leblanc |
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| mai 2008 |
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| Ingrid |
| Sergio Coronado, Fayard, 2008, 284 pages, 18
€ |
Hommage à Ingrid
B.
Le livre de Sergio Coronado consacré à Ingrid
Betancourt, devenue emblématique en France, est très
documenté. Il retrace le parcours politique de cette
femme engagée, cocktail de multiples rencontres et combats
en Colombie et ailleurs dans le monde. Il montre la cohérence
politique du projet de cette militante, que la lutte contre
les corruptions a conduit à critiquer l’organisation
sociale inégalitaire de son pays – les propriétaires
et bon nombre de riches industriels étant mêlés
aux responsables politiques libéraux, conservateurs ou
paramilitaires. Puis l’auteur relie ces deux axes à
l’écologie politique populaire (ce sont les mêmes
qui sont corrompus et qui exploitent les populations et les
ressources naturelles). Il décrit quatre qualités
principales de l’action d’Ingrid Betancourt : son
internationalisme, sa puissance de travail et sa pugnacité,
son courage intellectuel et physique qui l’amènent,
dans un pays qui concentre une très grande violence et
80 % des otages de la planète, à pourfendre la
corruption et les petits arrangements entre amis et, enfin,
son pragmatisme associé à une direction très
politique de son mouvement. Le livre est très accessible.
On y sourit en lisant le côté ridicule des Verts
mexicains lors d’un rassemblement international. On y
croise des personnages très attachants, notamment Eduardo
Chavez, ancien militant du M19, Marelby Nubia, la comptable
de la campagne présidentielle, Angelica Lozano ou Clara
Rojas, qui, enlevée en même temps que sa candidate
et amie, a été otage environ cinq ans. Mathieu
Glaymann |
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| Identités de l’individu
contemporain |
| sous la direction de Claude Calame, Textuel,
coll. La Discorde, 2008, 159 pages, 18€ |
Un individu en crise
?
Dans ce petit ouvrage coordonné par Claude Calame, édité
avec le soutien du Conseil scientifique d’Attac, une dizaine
de sociologues, d’anthropologues et de philosophes se
penchent sur le statut de l’individualisme contemporain
et ses rapports avec la démocratie et le capitalisme.
Depuis l’avènement d’une société
néolibérale où le profit est roi, l’individu-consommateur
a-t-il définitivement relayé l’individu-citoyen
du siècle des Lumières ? Quelles sont les brèches
dans la conception hégémonique d’un "
individu abstrait réduit à la seule liberté
du commerce " ? Ce sujet complexe et très actuel
est ici abordé d’un point de vue théorique.
Certaines contributions sont ainsi denses et difficiles à
appréhender pour des non spécialistes de la philosophie
politique. Mais d’autres sont plus accessibles, comme
celle d’Alain Caillé, qui remet en cause le lien
entre consécration de l’individu et triomphe de
la démocratie, et détecte dans la promotion de
l’individualisme une forme de décomposition de
la démocratie. En dépassant le stade de la critique,
Albert Richez s’interroge sur les conditions de la métamorphose
de l’" individu atomisé " en citoyen
engagé. Le désintérêt apparent des
citoyens pour la politique ne serait pas lié à
leur retrait dans la sphère marchande mais " au
fait qu’ils ne se sentent pas concernés par des
enjeux qui les dépassent ". Les perspectives d’un
nouvel engagement citoyen et politique résident ainsi
dans le développement d’une démocratie plus
participative. Héloïse
Nez |
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| Paroles sans papiers |
| ouvrage dirigé par Alfred et David Chauvel,
Delcourt, 2007, 72 pages, 14,95€ |
Résistances
animées
Parce que la chasse aux sans-papiers fait de plus en plus tristement
la une de l’actualité, les éditions Delcourt
ont demandé à neuf auteurs (dont Joann Sfar, Gipi,
Kokor ou encore Lorenzo Mattotti) de mettre en bande dessinée
neuf témoignages de sans-papiers. Chaque parcours ainsi
retracé, que ce soit celui de Martine la Congolaise,
de Serge l’Ivoirien, de Raissa la Tchétchène,
de Joao le Brésilien ou de Brahim le Marocain, montre
de manière
édifiante les conditions absurdes et inhumaines dans
lesquelles sont plongés les immigrés clandestins,
entre fuite, errance, misère, honte ou traque. Réalisée
avec l’aide des associations Cimade et Migreurop, préfacée
par Emmanuelle Béart, cette BD engagée propose
également une " petite histoire récente des
sans-papiers ", depuis les lois Pasqua de 1993 et l’occupation
de l’église Saint-Bernard à Paris, en 1996.
Aline Chambras |
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| Les politiques de l’immigration
en France et au Royaume-Uni, perspectives historiques et contemporaines |
| sous la direction de Lucienne Germain et Didier
Lassalle, L’Harmattan, 2006, 217 pages, 19,5€ |
Histoire politique
de l’immigration
Au cours du vingtième siècle, la question de l’immigration
a souvent fait débat en France et au Royaume-Uni. Cet
ouvrage collectif s’attache à analyser l’évolution
des lois sur l’immigration et des statuts des migrants
dans ces États. Avec clarté et précision,
ce livre revient sur les contextes historiques et les atmosphères
nationales dans lesquelles ces politiques d’immigration
ont été mises en œuvre. L’introduction,
d’ailleurs, présente une étude comparative
de l’évolution législative dans les deux
pays. L’analyse du processus de fermeture de Sangatte
illustre, sans conteste, la coopération entre le Royaume-Uni
et la France dans une commune volonté de contrôler
les flux migratoires au-delà des frontières nationales,
et pose la question des statuts des migrants, notamment autour
de l’évolution du droit d’asile. Riche d’enseignements,
ce livre, en analysant l’histoire, souligne simplement
et intelligemment que l’immigration sans visage restera
un sujet de débat, qui se réglera de plus en plus
sur la scène européenne. Sterenn
Duigou |
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| Avril 2008 |
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| Le nouvel esprit de la démocratie |
| Loïc Blondiaux, Le Seuil, La République
des idées, 2008, 112 pages 10,5 € |
Plaidoyer pour la démocratie
participative
L’objet du livre est l’étude des dispositifs
qui visent à institutionnaliser la participation des
citoyens. Dans cet ouvrage, tout en affirmant qu’une meilleure
participation des citoyens à la chose publique vaut la
peine, l’auteur fait le constat de nombreuses difficultés
dans sa mise en œuvre. L’ouvrage est porté
par deux ambitions, d’abord descriptive, puis politique
et critique. On y trouve notamment les explications du retour
du courant d’idées pour une participation citoyenne
à la politique, un inventaire des dispositifs existants,
en France et à l’étranger. L’auteur
s’interroge ensuite sur la nature des changements que
l’on en attend. Il pose les limites, les contradictions,
parfois même le retournement de la démocratie participative
contre les objectifs dont elle se réclame. En présentant
les effet politiques de la diffusion de ce " nouvel esprit
" de la démocratie, ses résultats et finalités,
en montrant des logiques de maintien des structures de domination
politique traditionnelles d’une part, et en donnant d’autres
exemples qui sont des motifs d’espérance, dans
la transformation des démocraties représentatives
existantes, Loïc Blondiaux propose un ouvrage accessible
et éclairant. Un travail de clarification qui manquait
à ce jour, à conseiller à tous ceux, citoyens,
techniciens et élus, qui cherchent de nouvelles voies
de transformation démocratique pour une société
plus égalitaire. Blanche Caussanel |
| |
| Dico Sarko |
| Charb, éditions 12 bis, 2008, 80 pages,
10,5 € |
Jeux de mots
Caustique et cruel, le dictionnaire concocté par le dessinateur
Charb a l’immense mérite de rappeler que les mots
ont un sens. Sens que Nicolas Sarkozy, comme les grands médias,
semblent prendre un malin plaisir à déformer.
Ainsi, comme s’en délecte Charb, le suicide est
aujourd’hui " le moyen par lequel un employé
sabote l’image de son entreprise ", partager consiste
à " renoncer à avoir tout et accepter la
dictature communiste ", la souffrance naît du fait
que " la peinture de (son) 4x4 a été rayée
" et un discours est un " texte écrit par un
autre, qu’un homme politique, qui ne le comprend pas,
lit à des gens qui s’en foutent ". En montrant
par l’excès combien ces mots sont aujourd’hui
détournés de leur sens, quand ils n’en sont
pas vidés (comme c’est le cas du mot réforme),
Charb dresse un tableau désopilant de notre langage et
par-là de notre pensée… Drôle et inquiétant
! Aline Chambras |
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| Altermondes "Seine- Saint-Denis,
arrêt sur images" |
| hors-série n°4, hiver 2007, 51 pages
5 € |
Le 9.3. à l’honneur
Parce que le journaliste est avant tout " un passeur d’informations
" et non " un faiseur d’actualités ",
la jeune et fraîche revue trimestrielle de solidarité
internationale, Altermondes, a choisi de consacrer son dernier
hors-série au département de la Seine-Saint-Denis,
le bien connu " 9.3. " Histoire de rappeler que, contrairement
à ce que les tenants de la mode du sensationnalisme voudraient
nous faire croire, les banlieues ne sont pas ces zones "
informes " où de jeunes encagoulés passent
leur temps à incendier les voitures de leurs voisins.
Ainsi, ce sont douze jeunes Séquano-Dionysiens en personne
qui, aidés par des journalistes professionnels, écrivent
sur leur département, via des angles d’approches,
tels que l’écologie, l’ethnopsychiatrie,
la citoyenneté ou la santé. Bref, bien loin des
clichés habituels sur les trafics, la délinquance
ou la montée des intégrismes, ce département,
qui fête cette année ses quarante ans d’existence
administrative – le 93 est en effet né en 1968
– acquiert un nouveau visage, humain et complexe. Un vrai
visage finalement, et non un masque figé par les préjugés.
Illustré par de très belles photographies de Camille
Millerand, ce hors-série donne enfin la part belle à
un département encore bien trop souvent mis au ban…
A. C. |
| |
| Sommes nous des paresseux ? ... Et 30
autres questions sur la France et les Français |
| Guillaume Duval, Le Seuil, 2008, 225 pages,
15 € |
Réponse à
tout
La première qualité de ce livre est sans conteste
son extrême clarté. À travers trente questions
qui font bien souvent le lit des préjugés et des
conversations de bistrot, Guillaume Duval, rédacteur
en chef à Alternatives économiques, nous livre
un traité de pédagogies économique, démographique,
sociologique et politique de première importance. Non
pas qu’il prétende au prix Nobel d’économie
avec ce nouvel ouvrage, mais il nous livre là 225 pages
utiles comme un livre de recettes de cuisine de famille, l’annuaire
de La Poste ou le guide du jardinage biologique. Car chacune
des questions qu’il décortique et auxquelles il
apporte des réponses franches et argumentées peut
ressortir à tout moment dans une conversation entre amis,
collègues, connaissances : " Les Français
sont-ils des paresseux ? ", bien sûr, mais aussi
" L’école réduit-elle les inégalités
? ", " Y a-t-il trop d’immigrés en France
? ", " Pourquoi est-il si difficile de se loger ?
", " Les Français paient-ils trop d’impôts
? ", " Pourquoi l’État français
n’est-il pas plus efficace ? " ou encore " Est-ce
la faute de Bruxelles si la France va mal ? "… Foin
des fantasmes et autres approximations, Guillaume Duval nous
donne les chiffres, les explications des chiffres et le dessous
des explications des chiffres ; il y ajoute les comparaisons
internationales et les évolutions dans le temps. Bref,
tout le panel des bonnes réponses pour tordre le coup
à la pensée unique, libérale, chauvine,
ou simplement ignorante. Un régal. Nicolas
Leblanc |
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| Mars 2008 |
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| Décentraliser d'accord, démocratiser
d'abord, le gouvernement local en question |
| Marion Paoletti, La Découverte, collection
Sur le vif, 2007, 154 pages, 12€ |
Oser la participation
Le livre de Marion Paoletti est salutaire, à plusieurs
titres : dans cette période d'élections municipales,
de rapports divers et variés sur la nécessaire
et sempiternelle question de la réforme de nos institutions
représentatives, il rappelle comment et pourquoi s'est
constitué au cours de notre Ve République ce "
mille-feuille " de collectivités territoriales,
avec des compétences croisées, enchevêtrées
et dans lequel le citoyen a peu de place... Il démontre
avec une conviction dans laquelle l'Adels se reconnaîtra,
comment l'architecture de la décentralisation telle qu'elle
se construit depuis maintenant presque trente ans est le résultat
de compromis bancals entre divers corporatismes d'élus
: entre les niveaux historiques que sont la commune, le département,
l'État-nation et les niveaux plus récents constitués
par l'agglomération, la région et l'Europe, aucun
choix stratégique n'a été fait par nos
représentants parlementaires. Ajoutée à
cela, l'incapacité à favoriser la discussion et
la décision collectives au sein des assemblées
élues, le constat est accablant pour le citoyen et la
réelle possibilité qui lui est donnée par
les textes de peser sur la décision publique. Marion
Paoletti reprend les propositions chères à la
convention pour la VIe République : non-cumul des mandats,
séparation des pouvoirs exécutif et délibératif
au sein du pouvoir municipal, élection au suffrage universel
des élus intercommunaux, etc., pour exprimer à
quel point la mise en œuvre d'une démocratie participative
doit reposer sur un système représentatif renouvelé
dans sa conception et sa culture pour tendre vers ce qu'elle
appelle " un idéal délibératif ".
Pour montrer que c'est possible, que les élus "
n'ont rien à perdre à une participation crédible
des populations, articulée aux décisions finales
", elle donne des pistes : réforme constitutionnelle
mais aussi instauration de règles participatives débattues
et fixées collectivement en début de mandat...
Gageons que les nouvelles équipes en place se saisiront
de ces propositions pour, à leur niveau, faire évoluer
encore davantage leurs pratiques et réclamer en même
temps la démocratisation de nos institutions locales.
Céline Braillon |
| |
| Cultures et pratiques participatives
: perspectives comparatives |
| sous la direction de Catherine Neveu, L’Harmattan,
Logiques politiques, 2007, 396 pages, 32€ |
Diversité des
cultures participatives
Cet ouvrage collectif coordonné par Catherine Neveu illustre
particulièrement bien la polysémie de la notion
de démocratie participative et la diversité des
expériences qui se sont multipliées ces dernières
années dans des contextes très variés.
La succession d’analyses de dispositifs participatifs
au Mali et en République Tchèque, dans une île
du Pacifique Sud et au Kirghizstan, en Amérique latine
et en Europe, par des anthropologues et des politistes, dresse
un tableau comparatif des pratiques et des cultures participatives,
et des manières de les observer. Une pluralité
de conditions sociales et culturelles explique ainsi l’émergence
de nouveaux modes d’action politique.
Si certaines expériences nous sont déjà
familières, on découvre avec curiosité
la spécificité des modes de prise de parole en
public dans les cultures polynésiennes ou le rôle
joué par les ONG internationales dans la transformation
des rapports de pouvoir dans la société kirghize.
L’intérêt de cet ouvrage, qui nous invite
à dépasser une vision ethnocentrique de la participation,
réside également dans son approche généalogique.
L’analyse des trajectoires historiques des dispositifs
participatifs, pointant des éléments de continuité
avec des techniques de prise de décision politique expérimentées
dans le passé, montre que la diversité des modalités
de participation provient des nécessaires adaptations
aux contextes, aux traditions et aux représentations
politiques. Héloïse Nez |
| |
| La République et ses territoires,
la circulation invisible des richesses |
| Laurent Davezies, Le Seuil, La République
des idées, 2008, 96 pages, 10,50€ |
Divorce consommé
Dans son dernier ouvrage, Laurent Davezies, professeur de développement
territorial à l’université Paris 12 Val-de-Marne,
déconstruit certaines idées reçues en matière
d’économie et de géographie, en démontrant
scientifiquement que, de nos jours, c’est paradoxalement
dans les régions les plus riches que la pauvreté
augmente le plus. En d’autres termes, les territoires
où sont concentrées le plus de forces productives
et où la croissance économique semble la plus
forte ne sont pourtant pas ceux qui connaissent le plus grand
bien-être social. Une nouveauté inhérente
à la mondialisation qui contredit bon nombre de discours
faisant de la croissance à tout crin le garant du développement.
A. C. |
| |
| Pour un nouvel urbanisme, la ville au
cœur du développement durable |
| Denis Clerc, Claude Chalon, Gérard Magnin
et Hervé Vouillot, Coédition Adels et Yves Michel,
2008, 160 pages, 15€ |
C'est beau une ville
durable
Connaissez-vous le point commun entre la barre HLM de Corviale
(un kilomètre de long) à Rome, et la ligne Maginot
? Vous l’apprendrez à la lecture de cet essai écrit
à huit mains, mutualisant l’économie, l’urbanisme,
l’écologie pour porter un regard simple et direct
sur la ville de demain. Les auteurs déconstruisent quelques
idées reçues. Ils nous apprennent à porter
un regard critique sur les choix urbains d’hier et d’aujourd’hui.
L’extension de l’urbain par la périphérie
est une erreur fondamentale parce qu’elle signifie débauche
d’énergie, accroissement de la pollution, perte
de qualité de vie, marquage social. Ou encore sur les
constructions collectives : voit-on qu’elles économisent
de l’espace qui devient disponible pour créer des
commerces, des services, des jardins publics ? Le développement
durable est une clé pour entrer dans un urbanisme radicalement
différent : il oblige à une vision globale qui
déconcerte pendant un temps : au milieu de l’ouvrage,
on se dit " c’est foutu, on n’y arrivera jamais
". Mais la pédagogie patiente et pragmatique des
auteurs ouvre un chemin qui conduit vers l’urbanisme zéro
énergie, socialement acceptable. Ce que nombre de citoyens
et d’élus considèrent encore comme des injonctions
idéologiques abstraites s’érige ici, concrètement,
en projet de ville soutenable. F. H.
Pour en savoir plus sur cet ouvrage |
| |
| février 2008 |
| |
| Changer la vie ? Les classes moyennes
et l’héritage de mai 68 |
| Marie-Hélène Bacqué et
Stéphanie Vermeersch, éditions de l’Atelier,
octobre 2007, 176 pages, 18 € |
Moyennes couches
" Il faut liquider l’héritage de Mai 68 "
: cette saillie de l’actuel chef de l’État
alors en campagne, inscrite dans une idéologie de l’autorité,
n’est que la pointe émergée de la complainte
conservatrice entendue sur un large spectre du champ politique
et intellectuel. L’intérêt de cet ouvrage
est d’entrer dans ce débat par le prisme des classes
moyennes. Considérées comme audacieuses (des aventuriers
du quotidien) et porteuses d’innovation sociale en mai
68 et dans les années 70 (le pari de changer la vie pour
changer la société), les classes moyennes ascendantes
de l’époque sont aujourd’hui plutôt
décrites dans un vocabulaire " décliniste
" : déstabilisées ou à la dérive,
en voie de paupérisation, repliées sur elles-mêmes
ou sécessionnistes, la génération des baby
boomers contre celle des baby loosers, etc. Un vocabulaire inapte,
disent nos auteurs, pour décrire la réalité
de ces couches moyennes et leurs modes d’identification
et de construction. C’est à travers une recherche
sur un habitat autogéré de dix-sept logements
de la région angevine (Habitat différent) que
l’ouvrage donne un éclairage sur " l’état
des rêves " de ces couches moyennes. Comment ce groupe,
porteur d’une utopie collective, a-t-il évolué
face à l’individualisation des comportements et
des valeurs ? ; que lit-on à travers ce groupe de l’évolution
des modes d’engagement ?
Les réponses sortent notre débat du simplisme
et de la caricature et font apparaître des couches moyennes
aujourd’hui très segmentées. Après
une première partie très ramassée consacrée
à la métamorphose des classes moyennes de 1968
à 2000, l’ouvrage décrit la construction
du collectif dans le milieu des années 70, les pratiques
et représentations qui y sont partagées. Le projet
angevin se construit dans un contexte local d’alternance
politique (la gauche y arrive au pouvoir en 1977) et d’effervescence
de groupes alternatifs issus de la gauche contestataire et anti-étatiste
qui installent à Angers toute une série de pratiques
nouvelles : librairies, radios, coopératives… Le
collectif sera soutenu sans excès par la toute nouvelle
municipalité d’Angers. On croise au long de l’ouvrage,
dans une ville marquée par une forte empreinte catholique
et par l’autogestion, les figures de mouvements d’éducation
populaire, de la future confédération paysanne,
de la CFDT… Nos lecteurs cinquantenaires y retrouveront
trace d’un vocabulaire, d’élans qu’ils
ont pu connaître. Les plus jeunes découvriront
pourquoi certains de leurs aînés sont nostalgiques.
Tous nourriront leur propre réflexion sur la liquidation
supposée impérative de mai 1968 à partir
de l’itinéraire d’un groupe d’expérimentateurs
qui est interrogé et s’interroge sur sa dépolitisation.
Mais des expérimentateurs qui auront aussi largement
influencé les politiques publiques. Une très utile
bulle d’air dans une époque un peu plombée.
Jacques Picard |
| |
| Huit villes à découvrir
en Île-de-France. Plaine Commune (Saint-Denis, Villetaneuse,
Stains, Aubervilliers, La Courneuve, L’Île-Saint-Denis,
Épinay-sur-Seine, Pierrefitte-sur-Seine) |
| Jacques Grossard, vendredi treize éditions,
collection Urban’s guide, 2007, 96 pages, 9,9 € |
Saint-Denis, contre
image
Un week-end dans le Luberon ? Un saut à Cancale ? Trois
jours à Bruxelles ? Le francilien cherche souvent une
destination à ses heures perdues que l’on nomme
encore vacances. Nous nous représentons souvent nos flâneries
dans le cœur des grandes villes européennes, sur
le littoral ou encore dans les bucoliques campagnes. Et pourtant,
Jacques Grossard, passionné par son territoire, guide
intarissable et plein d’esprit, nous emmène pour
une balade attachante là où on ne s’y attendait
pas. On navigue avec lui entre Thiers, le périph et Charles
VII, les choux des maraîchers, les perdrix et le métro,
Max et les ferrailleurs, Jean de Florette et Hélène
et les garçons, Grand corps malade, Marie la boyaudière
et Christofle, ou encore Paul Éluard, Francisque Poulbot
ou Didier Daeninckx. Bref, il nous fait visiter Plaine Commune,
cette agglomération autour de Saint-Denis qui, non, ne
rassemble pas que le Stade de France, la Basilique de Saint-Denis
et des HLM à perte de vue. L’ouvrage présente
au contraire un équilibre parfait entre valorisation
de l’histoire du territoire, nostalgie du passé
ouvrier, et vraie découverte de trésors contemporains.
Cent pages à la contre image des préjugés
qui collent à cette banlieue ; cent pages qui donnent
sérieusement envie d’aller y passer un week-end.
Une gageure ! N. L. |
| |
| Paysans, un tour de France de l’agriculture
durable |
| Frédéric Gana et Tifenn Hervouët,
éditions Transboréal, 2007, 128 pages, 20 €
www.transboreal.fr |
Éloge de la
paysannerie
En France, une exploitation agricole disparaît tous les
quarts d’heure. Et avec elle des savoir-faire, des rites,
des gestes, des saveurs, des odeurs. Pour rendre hommage à
ces artisans de la terre menacés par les industriels
de l’agro-alimentaire, Frédéric Gana, gourmet
et photographe et Tifenn Hervouët, comédienne et
gastronome, ont sillonné, de mars à septembre
2005, la France des maraîchers, des céréaliers,
des fromagers, des vignerons, des boulangers, allant à
la rencontrede tous ceux pour qui la terre nourricière
est restée sacrée. Agrémenté de
superbes photos, ce livre donne à voir une France paysanne
que l’on aurait pu croire disparue. Mais qui résiste.
Qui plus est, avec le sourire. À la fin de ce périple,
Tifenn Hervouët et Frédéric Gana, jusque-là
citadins, se sont établis sous une yourte en Corrèze, chez une des paysannes qu’ils ont rencontrées.
A. C. |
| |
| Prendre place dans la cité :
jeunes et politiques municipales |
| Véronique Bordes, L’Harmattan
- Injep, collection Débats jeunesses, décembre
2007, 253 pages, 19 € |
Place des jeunes dans
la cité et institution locale
Les ouvrages traitant de la jeunesse des périphéries
urbaines sont peu centrés sur les pratiques des professionnels.
C’est tout le mérite de cet ouvrage écrit
par Véronique Bordes, docteure en sciences de l’éducation
et chargée de recherches à l’université
Paris X Nanterre, que de nous emmener au cœur d’un
service municipal de la Jeunesse, celui de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Pendant près de trois ans, la chercheuse, qui avait animé
pour l’Adels le séminaire national de formation
sur les politiques locales de la Jeunesse, a effectué
une observation socio-ethnographique du rapport entre professionnels
et " usagers " du service jeunesse, posant comme hypothèse
que les rapports entre jeunesse et institutions locales sont
au cœur de la construction de la cité de demain.
Ce livre, et c’est sa force, est donc un témoignage
sur le quotidien d’un service jeunesse dans une ville
de banlieue. Il montre le positionnement des jeunes dans ce
service à travers leurs usages, leurs revendications,
et leur intervention dans leur recherche d’une place sociale
mieux reconnue. Comment cette jeunesse peut-elle prendre la
parole et s’inscrire comme acteurs dans l’espace
social de la commune ? La politique locale de la jeunesse d’un
territoire naît, et surtout évolue grâce
à des interactions qui existent entre les jeunes et l’institution
municipale. Véronique Bordes nous décrit le quotidien
de ces interactions et présente le conflit comme un mal
nécessaire, une étape à franchir pour que
la jeunesse rencontre l’institution. Nombre de professionnels
y trouveront des mots posés sur leurs difficultés,
leurs espoirs et leurs pratiques toujours fragiles. Ils trouveront
des réflexions sur le rôle de " police des
jeunes " qui leur est officieusement attribué. Un
ouvrage qui se situe dans la conception d’une politique
locale où la jeunesse est considérée comme
une ressource. J. P. |
| |
| janvier 2008 |
| |
| Le temps des HLM 1945-1975, La saga
urbaine des Trente Glorieuses |
| Thibault Tellier, Autrement, collection Mémoires
/ culture, 2007, 224 pages, 20€ |
Le miroir aux HLM
Quelles conséquences les grands ensembles, HLM, Zup et
autres constructions qu’on ne sait pas toujours désigner,
ont-elles eu sur l’évolution sociale et
culturelle de la période 1945-1975 ? En croisant l’histoire
urbaine avec les champs culturels et sociaux, Thibault Tellier,
spécialiste de l’histoire urbaine, contribue à
combler les lacunes concernant cette époque en mettant
en évidence l’influence de ces constructions sur
la société actuelle. L’étude historique
remet très vite en cause le discours qui consiste à
dire " c’était le bonheur, les gens étaient
heureux d’avoir un logement neuf et propre avec l’eau
courante et le chauffage central "...
En effet, il apparaît que les problèmes d’isolement
dus à la mobilité ont rapidement eu des conséquences
sur la qualité de vie de ces quartiers. D’autre
part, le rêve de la maison individuelle et sa représentation
d’une ascension sociale était déjà
très présent dans les esprits et a vite réduit
les grands ensembles à une étape dans le parcours
résidentiel des habitants. Le sentiment de relégation
est apparu très tôt ; les exemples tirés
des enquêtes d’opinion réalisées dès
1960 montrent que les HLM ont été rapidement décriées
par leurs habitants. De plus, les médias ont diffusé
une image très négative et ont largement influencé
l’opinion de la population française de l’époque.
Il est intéressant et rare de mettre en avant ces constats
qui sont, la plupart du temps, attribués à la
seule époque contemporaine.
À l’heure où la restructuration des grands
ensembles est un des thèmes majeurs de l’actualité
urbaine, ce livre permet d’aborder la question en tenant
compte de la forme certes, mais aussi du fond. En effet, en
revenant sur l’impact qu’ont eu les grands ensembles
dès leur origine sur la société, l’auteur
donne une importance justifiée à cette forme urbaine
dans l’histoire de la société contemporaine.
En la prenant en compte, il remet en cause l’idée,
souvent avancée, du caractère pathologique de
ces constructions qui justifie bien des démolitions,
leur prêtant plutôt la qualité d’avoir
contribué à la mise en place de la politique de
la ville et à la prise de conscience de nouveaux modes
de vie. Charlotte Lurat |
| |
| L’État et les quartiers.
Genèse d’une catégorie de l’action
publique |
| Sylvie Tissot, éditions du Seuil, collection
Liber, 2007, 300 pages, 22€ |
Un autre regard sur
les banlieues
À travers une enquête sociologique menée
auprès des " réformateurs " de
la politique de la ville, à Montreuil notamment, Sylvie
Tissot tord le cou à l’idée communément
admise selon laquelle l’action publique centrée
sur les " quartiers sensibles " s’expliquerait
uniquement par l’urgence et la gravité des problèmes
que connaissent ces territoires. En retraçant la genèse
de la catégorie de " quartier sensible ", de
1985 à 1995, la sociologue montre que son apparition,
puis son institutionnalisation, n’est pas le simple reflet
d’une situation " objective ", mais résulte
de choix politiques : " Ce qui est nouveau, ce n’est
pas tant le "problème des banlieues" en soi
que la manière de comprendre les problèmes sociaux
constituée à partir de l’objet "banlieue".
" Cette nouvelle manière de penser et de traiter
les " problèmes sociaux ", à partir
de la situation de territoires spécifiques, est à
l’origine d’une redéfinition des politiques
sociales. L’interprétation de la " question
sociale " en termes de conflits de classes et de rapports
de domination laisse place au paradigme de l’" exclusion
". En résultent de nouvelles formes d’intervention
sociale, réduites au traitement local et individuel du
" délitement du lien social ". Sylvie Tissot
porte ici un regard critique sur la réforme des quartiers
qui, en dépolitisant la " question sociale ",
a construit un cadre d’analyse dont s’emparent aujourd’hui
les partisans de l’approche sécuritaire dans les
banlieues. Héloïse Nez |
| |
| Un petit tour chez les Français |
| Raphaël Krafft, Bleu autour, 2007, 258
pages, 17 € |
La petite reine de
la présidentielle
Pour Raphaël Krafft, journaliste à Radio France,
la dernière campagne présidentielle aura servi
de prétexte pour sillonner la France à vélo.
En s'invitant chez des gens ordinnaire, dont la parole n’est
pas souvent sollicitée, le jeune homme rencontre Jacky
à Saint-Dizier, puis un facteur du Limousin qui n'a pas
la même appréciation du service public que sa hiérarchie.
Il passe ensuite à Saint-Pierre-de-Colombier, en Ardèche,
pour comprendre pourquoi Philippe de Villiers a recueilli 25
% des voix au premier tour et se retrouve au Puy-en-Velay, au
côté de partisans de Ségolène, le
6 mai... Il raconte l'accueil reçu, les discussions,
ses impressions, livre ses hypothèses sur l'influence
du climat, de la géographie et de l'histoire sur le caractère
des peuples... Une autre manière de regarder la France
et ses habitants, d’appréhender le réel,
de (re)faire du journalisme. Pauline
Bureau |
| |
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| retourner au
classement par thèmes |
| |
| decembre 2007 |
| |
| Cinq siècles de pensée
française |
Hors-série spécial n°6 de
la revue Sciences Humaines, octobre - novembre 2007,
116 pages, 7,90 € |
Cinq siècles
de machisme français
Lorsque j’ai reçu, il y a quelques jours, un courriel
racoleur vantant les mérites du dernier numéro
spécial de la revue Sciences humaines intitulé
" Cinq siècles de pensée française
", j’ai cherché à en savoir plus. C’est
alors que je suis tombée de haut : un édifiant
sommaire proposait pas moins de cinquante " penseurs "
: quarante-neuf hommes et… Simone de Beauvoir. Révoltée
par un tel sexisme ordinaire (il ne serait pas étonnant
que le comité de rédaction ne se soit même
pas rendu compte d’une telle absence), j’ai décidé
de boycotter ce numéro. D’où la présente
fiche de " non-lecture " de ce numéro spécial,
que je vous invite à ne pas lire avec moi. Mais au préalable,
une question me plonge dans un abîme de méditation
: pourquoi l’auteure du Deuxième sexe a-t-elle
échappé à cette éviction généralisée
? D’où cette interrogation qui me poursuit : Simone
est-elle un homme ? Certes, Jean-Paul Sartre, dans ses Carnets
de la drôle de guerre se demandait, en 1939, si "
sa peur nauséeuse " de l’amitié masculine
ne traduisait pas " une pédérastie larvée
et barrée " ?… N’était-ce pas
là l’explication subliminale à ce qualificatif
dont il affublait Simone dans leur correspondance : force est
de reconnaître qu’il n’y pas de féminin
à " mon cher Castor… ".
De là, toutes sortes d’autres interrogations ont
afflué en moi. Faut-il aussi masculiniser Olympe de Gouges
et sa " Déclaration des droits de la femme ",
dont elle a payé de sa vie cette parole sensée
: " Puisque les hommes et les femmes sont égaux
devant la guillotine, il n’y a aucune raison qu’ils
ne soient pas égaux devant le droit de vote… "
Raccourcie pour ces belles paroles, j’ai l’impression
que l’oubli de son importance dans la Révolution
la guillotine une seconde fois. George Sand avait pris, certes,
un prénom d’homme et portait culotte, mais ses
lettres d’amour à Musset ne semblent guère
être équivoques quant à sa féminité.
Elle aurait mérité d’être citée,
si la naissance du féminisme faisait partie de l’"
invention des sciences de l’Homme ", mais ici, visiblement,
c’est avec un petit " h ". Au 19e et 20e siècles,
pas la moindre femme politique (pardon Louise Michel), ni de
philosophe (pardon Simone Weil)… ? Quant aux historiennes,
je crois qu’on ne peut qu’être d’accord
avec l’ouvrage de Michelle Perrot, cette grande chercheuse
qui a écrit un ouvrage sur Les Femmes ou les silences
de l’Histoire, déclarant " entre fugacité
des traces et océan de l’oubli, ils sont étroits
les chemins de la mémoire des femmes… " Il
est bien regrettable que Sciences Humaines reproduise des archétypes
sans faire l’effort de s’affranchir des visions
classiques habituelles. J’attends vite un numéro
" réparateur ", qui ferait la place à
une pensée féminine et me réconcilierait
avec cette parution. Jacqueline Lorthiois |
| |
| Qui a peur du postcolonial ? Dénis
et controverses |
| revue Mouvements, septembre-octobre 2007, 176
pages, 15€ |
Le regard " post
colonial " dérange encore
Issue de quelques historiens et sociologues dans les années
80, l’approche " post-coloniale " recherche
l’empreinte des rapports de force coloniaux sur les rapports
sociaux actuels, et propose de réfléchir à
la continuité des structures mentales et des imaginaires
associés à la domination coloniale. Mais pourquoi,
en 2007, le regard post-colonial dérange-t-il encore
? C’est à cette question que la revue Mouvements
consacre son dossier de septembre-octobre 2007, qui sort à
point : deux ans après l’ouvrage emblématique
de Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, La fracture coloniale
(Territoires de mars 2006) et près de trente ans (1978)
après la publication de l’ouvrage fondateur d’Edouard
Saïd, L’Orientalisme, qui déconstruisait les
représentations occidentales de l’autre, ouvrant
la voie aux études anglo-saxonnes sur ce thème.
À point aussi deux ans après la violente polémique
suscitée par l’Appel " Nous sommes les indigènes
de la République ", dans un contexte de remontée
conflictuelle des mémoires et de production de lois de
mémoire (loi Taubira en 2001, journée de l’esclavage
en 2006). À point encore alors que la polémique
engagée par la loi du 4 février 2005 sur les rapatriés,
demandant d’enseigner les aspects positifs de la colonisation,
est loin d’être éteinte. À point,
enfin, après le discours incroyablement stéréotypé
du président de la République à Dakar,
sur une Afrique se mettant d’elle-même en marge
de l’histoire ! L’occasion d’interroger le
modèle républicain français qui, dans ses
énonciations les plus rigides et dogmatiques, tend à
occulter les rapports de domination en décourageant un
traitement sérieux du problème des discriminations.
Jacques Picard |
| |
| Émeutes en banlieue, lectures
d’un événement |
| revue Espaces et société n°
128-129, éditions Érès, 265 pages, 28 € |
De Clichy à
Villiers-le-Bel
Les rapports économiques modèlent l’espace
en autant de parcelles qui reflètent les tensions et
les contradictions culturelles de la société.
En leur sein, et entre ces territoires, les rapports sociaux
s’expriment comme un retour sur investissement, et ces
retours sont parfois des retours de flamme. Vouloir réguler
le conflit par la seule intervention sur l’espace, à
l’instar de la rénovation urbaine, c’est
poser un pansement sur une jambe de bois. Investir dans le développement
social des quartiers ? Un leurre qui, seul, pérennise
la stigmatisation des populations visées. Aucune de ces
mesures ne peut réduire à elle seule les fractures
à l’œuvre. Les événements de
l’hiver 2005 sont un signe : la société
est une réalité toujours mouvante. Pour comprendre
l’histoire qui se joue, le regard scientifique, distancié,
est nécessaire, autant que le travail de la société
sur elle-même " en termes d’insertions sociale
et professionnelle, de participation à la vie politique
". Ni seulement sociale, ni seulement urbaine, la voie
est dans la démocratie participative, pensée comme
levier de changement politique. Telle est la leçon de
cet ouvrage dont le dossier central (et quelques contributions
hors dossier) propose une lecture des émeutes en banlieue
par différentes portes d’entrée : science
politique, travail social, sociologie, histoire, anthropologie.
Des témoignages et deux récits venant d’Allemagne
et d’Angleterre éclairent le débat. François
Hannoyer |
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| Huis clos pour un quartier |
| de Serge Steyer, Mille et une Films, DVD de
52 minutes, 18 € pour les particuliers. Institutions, se
renseigner : 02 23 44 03 59 |
Contre la marée
pavillonnaire
Comment poussent les champs de maisons ? Par lâcheté.
Voilà ce que nous démontre en 52 minutes, et avec
beaucoup de bonheur, le film de Serge Steyer, Huis clos pour
un quartier. À Auray, petite ville de Bretagne, il y
a justement une colline qui est vouée à se couvrir
de pavillons et de " petits collectifs ", comme on
en voit partout ailleurs. Une forme naturelle, habituelle, logique,
incontournable, indiscutable : du pavillon standard en milieu
de parcelle, des flots de places de parking de chaque côté
d’artères rectilignes comme des cartes bleues de
promoteur, des espaces publics inexistants, des zones délimitées
pour le social, l’accession, et le standing. Un, deux,
trois, signez là messieurs les élus, l’affaire
est faite. Cela arrive tous les jours, et Serge Steyer nous
rappelle d’ailleurs que, tous les cinq ans, un million
de maisons individuelles sortent de terre en France. Exceptionnellement
pour le meilleur, massivement pour le pire. Sauf que, cette
fois-ci, deux jeunes urbanistes vont batailler, avec les élus,
les promoteurs, et un architecte particulièrement obtus,
méprisant et borné, pour imposer une autre vision
de la péri-urbanité. Pour créer un nouveau
morceau de ville, où il ferait bon vivre et où
l’urbanisme se mettrait véritablement au service
d’un développement durable. Si le reportage ne
cache rien des limites et des contraintes de l’engagement
des acteurs dans cette aventure, il nous fait toucher du doigt
ce que écologie urbaine et politique d’urbanisme
peut vouloir dire. Un excellent film pour une soirée
- débat sur le sujet ! Nicolas
Leblanc |
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| Imaginaires de l’eau, imaginaire
du monde, dix regards sur l’eau et sa symbolique dans
les sociétés humaines |
| ouvrage coordonné par Hana Aubry, La
Dispute, 2007, 250 pages, 6,10 € |
Histoires d’eau
Autrefois sacralisée, respectée, crainte,
bénie, qu’est devenue l’eau dans nos imaginaires
contemporains ? Un élément banal, souterrain,
quotidien, qui nous parvient, quand bon nous semble, au gré
du robinet… Pourtant, l’eau reste aussi cette ressource
multiforme et vitale, autour de laquelle chaque société
se construit et s’organise. Aussi les auteurs de cet ouvrage
collectif cherchent-ils à rendre à l’eau
sa dimension symbolique, en retraçant l’histoire
de celle sans qui l’humanité n’aurait pu
exister. Entre mythes et histoires, les auteurs savent également
ancrer ce court essai dans l’actualité, en gardant
toujours en vue qu’une gestion raisonnée et solidaire
de l’eau est indispensable à la préservation
de ce bien commun mondial. À lire sans modération.
Aline Chambras |
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| novembre 2007 |
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| Où est passée la gauche
? |
| revue Mouvements, La Découverte, n°
50, juin-août 2007, 183 pages, 15€ |
| Les droites au pouvoir |
| revue Manière de voir, Le Monde Diplomatique,
n° 95, octobre-novembre 2007, 98 pages, 7€ |
Une droite décomplexée,
une gauche naufragée ?
" La droite a gagné triomphalement en étant
de droite, la gauche a perdu spectaculairement en n’étant
plus clairement de gauche ". Dans un dossier coordonné
par Marie-Hélène Bacqué, Jean-Paul Gaudillière
et Hugues Jallon, la revue Mouvements revient sur la troisième
défaite consécutive du Parti Socialiste à
la présidentielle. Pourquoi la gauche a-t-elle fait,
toutes tendances confondues, son plus mauvais score au premier
tour depuis trois décennies ? La crise de la gauche française,
dont les trajectoires de mouvements et de partis sont ici analysées
pour la décennie 1997-2007, réside notamment dans
la perte progressive de ses liens avec les catégories
populaires.
Le numéro de Manière de voir sur " Les droites
au pouvoir ", coordonné par Serge Halimi, rappelle
que cette crise de la gauche n’est pas une spécificité
française. La sélection d’articles parus
dans Le Monde diplomatique depuis trente ans, dans une perspective
internationale, révèle les dessous de la "
contre-révolution conservatrice " lancée
par Ronald Reagan et Margaret Thatcher dans les années
quatre-vingts. La reconquête du pouvoir par la droite,
restée sur la défensive pendant les " Trente
Glorieuses ", fut méthodique : " Une grève,
ça se brise ; la "mondialisation", ça
s’organise ; l’individualisme, ça s’encourage.
" S’inscrivant dans cette " ère des restaurations
", l’élection de Nicolas Sarkozy a ainsi permis
à la droite française de réaffirmer son
identité et ses valeurs.
Ce retour de la droite n’a pas toujours fait bon ménage
avec la démocratie, comme en témoigne l’article
de Claude Julien datant de 1976, à propos d’une
étude réalisée par un groupe d’experts
conservateurs de la " commission trilatérale "
sur la crise de la démocratie. Ces derniers estimaient
que la démocratie est " ingouvernable " dès
lors que chaque groupe social souhaite devenir aussi actif que
la bourgeoisie : " Le fonctionnement effectif du système
politique démocratique requiert habituellement une certaine
mesure d’apathie et de non-participation de la part de
quelques individus et groupes. "
On peut voir dans cette crainte d’un " excès
de démocratie ", comme dans les réactions
suscitées en France par les " jurys citoyens "
de Ségolène Royal, un symptôme d’une
" haine de la démocratie " persistante chez
les élites politiques et intellectuelles. C’est
ce que constate Loïc Blondiaux, dans un article intitulé
" La démocratie participative sous conditions et
malgré tout : un plaidoyer paradoxal en faveur de l’innovation
démocratique ". Au terme d’un exposé
clair et synthétique, le politiste estime que "
si la suspicion est légitime et les raisons de se méfier
innombrables, la gauche aurait tort de ne pas chercher dans
cette direction aussi, en parallèle avec une réflexion
plus classique sur la réforme des institutions, les leviers
d’une transformation de nos pratiques politiques. "
Le dossier de Mouvements propose ainsi des pistes pour sortir
la gauche française de son rôle " d’éternelle
vaincue ". À commencer par une alliance entre ses
diverses composantes : " Puisqu’il faut co-exister
avec le PS, la gauche radicale serait bien inspirée de
dépasser le Congrès de Tours et la période
de la guerre froide et de développer une pratique gestionnaire
là où les conditions en sont réunies, à
commencer par le niveau local. " Cet appel fait écho
à un article de Manière de voir sur la droite
américaine des années soixante-dix, qui "
constituait des majorités " pendant que la gauche
" cultivait ses différences ". Héloïse
Nez |
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| Parias urbains, ghetto, banlieues, État |
| Loïc Wacquant, La Découverte, 2007,
336 pages, 12,5 € |
Entre banlieues et
ghettos : une sociologie nuancée
Pour faire taire ceux qui parlent trop, à son goût,
d’une " américanisation ", forcément
inquiétante des banlieues françaises, le sociologue
Loïc Wacquant a choisi de confronter dans son dernier ouvrage
l’univers de la cité des 4 000 de La Courneuve
en Seine-Saint-Denis, à celui du ghetto sud de Chicago,
aux États-Unis. Mêlant approche ethnographique
et analyse sociologique pure et dure, le chercheur parvient
à dresser un constat implacable : non, les quartiers
périphériques (" l’ex-ceinture rouge
" en France, " la ceinture noire " aux États-Unis),
bien qu’ils soient des deux cotés de l’Atlantique
tout autant stigmatisés dans les médias, ne recouvrent
pas les mêmes réalités. Et, surtout, ne
résultent pas des mêmes processus historiques,
économiques et politiques. Car les " effets de lieux
", comme le souligne Loïc Wacquant, " s’avèrent
être essentiellement des effets d’État projetés
sur la ville ". Or, c’est justement au niveau du
rôle de l’État que la différence reste
– jusqu’à présent – encore majeure
entre France et États-Unis. Quand les banlieues du "
Vieux continent " subissent de plein fouet désindustrialisation,
paupérisation et brassage ethnique, celles du "
Nouveau monde " paient le prix d’une politique de
ségrégation raciale et d’abandon urbain.
Pour autant, dans les deux cas, la précarité et
la marginalisation avancées qui règnent dans ces
quartiers sont les signaux clairs d’un dysfonctionnement
politique et social, dangereux pour le vivre ensemble. Aline
Chambras |
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