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Le livre noir de la RGPP, Collectif, 2011, 136 pages, disponible en PDF sur www.force-ouvriere.fr
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Remue-ménage dans la sous-traitance, Un DVD de Ivora Cusack, 70 minutes, Collectif 360° et même plus, 2008, 10 €
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Une monnaie nationale complémentaire, Philippe Deruder et André-Jacques Holbecq, Yves Michel 2011, 180 pages, 12 €
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Le temps des grâces, Dominique Marchais, 2011, DVD de 2 h 03, Capricci (www.capricci.fr), 16 €
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La France surendettée ?, Hervé Morel, Les petits matins, 2011, 224 pages, 16 €
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Services en milieu rural : nouvelles attentes, nouvelles réponses, Coordonné par Jean-Claude Bontron, Odile Plan, Jean-François Ayats et Maurice Guéneau, Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (Grep), n° 208, janvier 2011, 20 €
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Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Jean Gadrey, éditions Alternatives économiques, 192 pages, 15 €, Voir aussi le blog de l’auteur : www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey
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Indices, Documentaire de Vincent Glenn, 2010, 81 mn, en salles le 2 mars, disponible en DVD à cooperative@d-h-r.org dans quelques mois
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Solutions locales pour un désordre global, Un film de Coline Serreau, DVD de 113 min, éditions Montparnasse, 2010, 20€
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La tôle et la peau, Documentaire de Claude Hirsch, Lieux fictifs éditions, 2010, DVD de 52 minutes. www.lieuxfictifs.org, 12 €
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La formation et l'accompagnement au service de la création et de la reprise d'entreprises, Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr) n° 204, 2010, coordonné par Nelly Schutz-Stephan et Joseph Gautier, ? pages, 20 €
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Quarante ans d’urbanisme. Clés pour le présent, Patrick Criqui, Benoît Faraco, Julien Damon et Michel Micheau, L’Aube, 2010, 240 pages, 20€
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Total impunité – Les dessous d’une multinationale au dessus de tout soupçon, Jean-Philippe Demont-Pierot, Respublica éditeur, 2010, 260 pages, 18,9€
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Les associations face aux mutations du monde rural, revue Pour, Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr), n° 201, coordonné par Jean-François Ayats, Sophie Rouault, Serge Cordellier, Jacqueline Mengin et Christophe Jamet, octobre 2009, 176 pages, 20€
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Petit dictionnaire des mots de la crise, de Philippe Frémeaux illustré par Gérard Mathieu, éditions Les petits matins / Alternatives économiques, 2009, 140 pages, 12€
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Notre usine est un roman, Sylvain Rossignol, La Découverte poche, 2009, 12 €
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Nauru, l’île dévastée, Comment la civilisation capitaliste a anéanti le pays le plus riche du monde, La Découverte, 2009, 152 pages, 12 €
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Ma mondialisation, de Gilles Perret, Mécanos production et La vaka, distribué par Les films du paradoxe, DVD 19,5 €
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La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale, Pierre Dardot et Christian Laval, La Découverte, 2009, 504 pages, 26 €
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Monnaies régionales, de nouvelles voies vers une prospérité durable, Bernard Lietaer et Margrit Kennedy, éditions Charles-Léopold Mayer, 2008, 20 €
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Essai sur l'oeconomie, Pierre Calame, éditions Charles-Léopold Mayer, 2009, 588 pages 25 €
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Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf, Seuil, 2009, 160 pages, 14 €
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Bonheur national brut, film de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Fokus 21, 2009, 68 minutes, 20€
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Comment démarrer en mutualisation, ouvrage collectif de l’AMI (Ateliers mutualisés pour un usage social de l’information), 2008, 129 pages, 12 €
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La folie des hauteurs. Pourquoi s’obstiner à construire des tours ?, Thierry Paquot, Bourin éditeur, 240 pages, 2008, 19€ Lire
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La République et ses territoires,
la circulation invisible des richesses, Laurent
Davezies, Le Seuil, La République des idées,
2008, 96 pages, 10,50 €
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L’argent caché de l’Élysée,
René Dosière, Le
Seuil, 2007, 178 pages, 17 €
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Les banques coopératives en France, le défi
de la performance et de la solidarité, Patrick
Gianfaldoni, Nadine Richez-Battesti, L’Harmattan,
2006, 294 pages, 25 €
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Le bizness, une économie souterraine, Nasser
Tafferant, Presses universitaires de France, 2007, 180
pages, 22 €
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La concertation dans les projets de pôles d’échange,
Cértu, 2006, 44 pages,
20 €
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Antimanuel d’économie, tome 2 Les cigales,
Bernard Maris, 2006, éditions
Bréal, 384 pages, 21 €
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La consommation citoyenne, hors-série
d’Alternatives économiques, 2006, 175 pages,
9,5 €
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Le don, une solution ?, Ritimo,
Cap Humanitaire et Peuples solidaires, 2006, 96 pages,
6 €
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Dictionnaire de l’autre économie,
sous la direction de Jean-louis
Laville et Antonio David Cattani, édition mise
à jour et augmentée, Folio, 2006, 720 pages,
10,9 €
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Guide de la consommation responsable et solidaire en Paca,
Apéas, 2005, 114 pages,
8 €
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Acteurs et initiatives solidaires. 1er annuaire de la
Haute Vallée de l’Aude
Base Sud Audois, 2005,
5€
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Évolution de l’accueil du jeune enfant.
La valeur ajoutée de l’économie sociale
et solidaire, recueil d’expériences
Chambres régionales
de l’économie sociale Bretagne, Pays de la
Loire et Poitou-Charentes, 2004, 190 pages, 10 €
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Comment s’éduquer à une économie
plus solidaire ?
Mouvement pour le développement
solidaire (MDS), 2005, 48 pages, 4 € port compris
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Alter-éco… économie plurielle et travail
social
coordonné par Évelyne
Piednoir, Le Sociographe n° 16, janvier 2005, 125
pages, 10 € Lire
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Catalogue des exposants du 3e Forum régional pour
l'économie sociale et solidaire (3 - 4 octobre
2003)
édité par
l’Adepés (Agence pour le développement
et la promotion de l'économie solidaire en Midi-Pyrénées),
2003, 8,48 € (frais de port compris)
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Du Larzac à Bruxelles, José Bové, entretiens avec Jean Quatremer, Le Cherche Midi, 2011,
170 pages, 13,5 €
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Yves Lacoste – La géopolitique et le géographe,Entretiens avec Pascal Lorot, Choiseul éditions, 2010, 270 pages, 20€
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Agathe,Christophe Vadon et Pat Masioni, tome 1 : Agent S.I., tome 2 : Chargée de mission C.I., Grad 2011, 48 pages, 13,5 €
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Guidebook to Direct Democracy,Bruno Kaufmann, Rolf Büchi, Nadja Braun, Initiative and Referendum Institute Europe, 2010, 275 pages, www.iri-europe.org (lecture en ligne, téléchargeable, ou sur commande 20 € pour l’édition papier)
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Les migrations subsahariennes,Revue Hommes et Migrations Juillet - octobre 2010, coordonné par Patrick Gonin, 319 pages, 10 €
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Révolutionnaires du nouveau monde,Michel Cordillot, édition Lux, 216 pages, 12,35€
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Les députés européens et leur rôle,Julien Navarro, éditions de l´Université de Bruxelles, 2009, 296 pages, 25€
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Reconstruire l’Afrique,Ousmane Sy, éditions Charles Léopold Meyer, avec les éditions Jamana et l’institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG), 2010, 220 pages, 19€
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France, Europe : quels regards sur la jeunesse ?,Les Cahiers de Profession Banlieue, 2010, 166 p, 13,5 €
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Une tombe au creux des nuages – Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui, Jorge Semprún, Flammarion, collection Climats, 2010, 328 pages, 19 €
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Torturer made in USA, Marie-Monique Robin
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Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main, Joaquim Melo , avec Elodie Becu et Carlos de Freitas, éditions Michel Lafon, 2009, 284 pages, 17,95 €
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Comprendre le monde. Introduction à l’analyse des systèmes-monde,Immanuel Wallerstein, La Découverte Poche, 2009, 173 pages, 8 €
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Repères pour un développement humain et solidaire,Paul Houée, éditions de l’Atelier et éditions ouvrières, 2009, 254 pages, 22€
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Dieu n'est pas un paysan, Mamadou Cissokho, Présence africaine / Grad, 2009, 296 pages348 pages, 20 €
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Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, sous la direction de Adame Ba Konaré, La Découverte, 2008, 348 pages, 22 €
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Acteurs et territoires du Sahel. Rôle des mises en relation dans la recomposition des territoires, Abdoul Hameth Ba, ENS éditions, 2007, 16 €
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Manuel de l’antitourisme, Rodolphe Christin, éditions Yago, 2008, 126 pages, 15€
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Africa Trek 1, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Cap au Kilimandjaro et Africa Trek 2, 14 000 kilomètres dans les pas de l'Homme, du Kilimandjaro au lac de Tibériade, Sonia et Alexandre Poussin, 571 et 762 pages, Pocket, 2007, 7,7 € chacun
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Comment la France a perdu l’Afrique, Antoine Glaser et Stephen Smith, Hachette Littératures Pluriel actuel, 2006, 280 pages, 8,40€
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Participations citadines et action publique : Dakar, Rabat, Cotonou, Tunis, Jérusalem, Sanaa, sous la direction d'Olivier Legros, coédition Adels/Yves Michel, 2008, 209 pages 22€
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Altermondialiste, moi ?, nouvelle
édition augmentée, Ritimo, Artisans du
monde et Crid, 2008, 108 pages, 6€
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Ingrid, Sergio Coronado,
Fayard, 2008, 284 pages, 18 €
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Le petit alter, dictionnaire
altermondialiste, Attac,
éditions Mille et une nuits, 2006, 396 pages,
20 €
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La place des habitants dans les politiques urbaines
en Europe, Actes de
la rencontre du 21 Juin 2005, Profession Banlieue, 2007,
89 pages, 18,50 €
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Effondrement. Comment les sociétés décident
de leur disparition ou de leur survie, Jared
Diamond, Gallimard, NRF Essais, 2006, 640 pages, 29,50
€
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Démocratie participative en Europe,
dossier coordonné
par Stefan Bratosin avec la collaboration de Jean-Thierry
Julia, revue Sciences de la société, n°
69, 2006, Presses universitaires du Mirail, 228 pages,
20€
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Le modèle suédois. Santé, services
publics, environnement : ce qui attend les Français,
Magnus Falkehed, La
petite bibliothèque Payot, 2005, 208 pages, 8
€
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100 propositions du Forum social mondial,
Arnaud Blin, Larbi Bouguerra,
Antonio David Cattani, Estelle Granet, Pierre-Yves Guihéneuf,
Yves Hardy, Andreas Hernandez, Véronique Kleck,
Caroline MacKenzie, Paulo Vizentini et Marco Weissheimer,
éditions Charles Léopold Mayer, 2006,
18 €
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Gestion de proximité et démocratie participative.
Une perspective comparative,
sous la direction de
Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey
et Yves Sintomer, , La Découverte, Coll. Recherches,
2005, 314 pages, 28,50€
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Dépression sur le Sud Caucase, Voyage entre guerre
et paix
Bernard Dréano,
éditions Paris Méditerranée, 2003,
180 pages, 15 €
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Pouvoirs, revue internationale Sud/Nord folies &
cultures n°20
éditions érès,
190 pages, 19 €
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Clés pour une éducation au développement
durable
Bruno Riondet, Hachette
éducation-CRDP Poitou Charentes, 2004, 142 pages,
11,45€
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Fils de novembre. Témoignage pour le cinquantenaire
du 1er novembre 1954
Smaïl Goumeziane,
Paris-Méditerranée / Edif 2000, 2004,
350 pages, 20€
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Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie
Marion Gret et Yves Sintomer, nouvelle édition, La Découverte,
2005, 140 pages, 7,5 €
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Journal de guerre d'un pacifiste, Bouclier humain à
Bagdad
Nadir Dendoune, préface
de Stéphane Hessel, 100 pages, 15 €, 2004,
CFD-éditeur, Le patio éditeur
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Dynamiques locales et mondialisation
coordonné par
Michel Rautenberg, Cahiers lillois d’économie
et de sociologie, L’Harmattan, 2003 200 pages,
16,8 €
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Le mouvement altermondialiste
Eddy Fougier, revue
Problèmes économiques et sociaux, n°897,
février 2004, 110 pages, 9 €
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L’asile en France et en Europe.
État des lieux
2004, IVe rapport annuel de Forum réfugiés,
juillet 2004, 165 pages, 13 €
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discriminations, interculturel |
Soignants Chanteurs, Association Grand’air et p’tits bonheurs, préface de Jean-Pierre Olive, éditions Repas, 2011, 137 pages + un DVD, 16 €
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Fin de concession, Un DVD de Pierre Carles, 128 minutes, C-P Productions, 20 €
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Projets culturels et participation citoyenne, Coordonné par Françoise Liot, L’Harmattan, 225 pages, 2010, 21,5 €
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La terre qui meurt, Françoise Choay, Fayard, 2011, 100 pages, 12 €
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Horizons alimentaires, Cyril Andrès et Damien Lagrnge, Bleue comme une orange et Escales productions, DVD de 66’, 18 €www.bleuecommeuneorange.org
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Village toxique, Grégory Jarry et Otto T., éditions FLBLB et Le nombril du monde, 2010, 60 pages, 13€
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La centrale, Elisabeth Filhol, POL, 2010, 141 pages 14,5 €
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93 la belle rebelle, Un film de Jean-Pierre Thorn, 73’, sortie le 26 janvier 2011, www.adr-production.fr
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Mainstream. Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde, Frédéric Martel, Flammarion, 2010, 464 pages, 22,5€
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Requiem pour un thon, Romain Chabrol, Les petits matins, 222 pages, 2010, 15€
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La décroissance. 10 questions pour comprendre et débattre, Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, La Découverte, 2010, 235 pages, 15€
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Philosophie du rock, Roger Pouivet, Puf, 2010, 260 pages, 23 €
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Itinéraire d’un militant écologiste, Jean-Pierre Morichaud, Marie Delarbre éditions, 2009, 117 pages, 9 €
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Les pionniers de la ville durable, Yvette Veyret et Jacqueline Jalta, éditions Autrement, 2010, 235 pages, 22 €
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Développements durables : tous les enjeux en 12 leçons, Ruth Stegassy et Cyria Emelianoff, éditions Autrement, 2010, 294 pages, 25€
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La fabrique du patrimoine, Nathalie Heinich, éditions de la Maison des sciences de l’Homme, 2009, 288 pages, 21€
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Les transports, la planète et le citoyen, Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon, Rue de l’échiquier, 2010, 192 pages, 12€
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Les États et le carbone, Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, Puf, 2009, 330 pages, 15€
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Antimanuel d’écologie, Yves Cochet, éditions Bréal, 2009, 310 pages, 21€
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èvre de l’or, documentaire d’Olivier Weber, éditions France Télévisions, octobre 2008, 91 minutes
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Un climat d'injustice. Crise et inégalités écologiques, revue Mouvements des idées et des luttes, n° 60, octobre - décembre 2009
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Territoire et développement durable. Diagnostic, François Besancenot, L’Harmattan, 2009, 472 pages, 39 €
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L’atlas mondial de l’eau, David Blanchon, Autrement, 2009, 79 pages, 15 €
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L’eau, pour une culture de la responsabilité, Antoine Frérot, Autrement, 2009, 193 pages, 20 €
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Éco-quartiers en Europe, Philippe Bovet, Terre vivante, 149 pages, 29 €
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La ville autrement, Alternatives économiques, hors-série n°39, juin 2009, 144 pages, 9,5 €
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Les écoquartiers, Pierre Lefèvre et Michel Sabard, éditions Apogée, 261 pages, 21€
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L’empreinte écologique, Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, Repères La Découverte, 2009, 128 pages, 9,05 €
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Le retour à la terre, tome 5 Les révolutions, Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, 2008, 48 pages, 10,40 €
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Habitat groupé : écologie, participation, convivialité, Christian La Grange, Terre vivante, 2008, 144 pages, 27 €
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La politique culturelle à Rennes, 1977-2008, Mémoires et réflexions, Martial Gabillard, Éditions Apogée, 704 pages, 2008, 25 €
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Les trois cosmonautes et autres contes, Eugenio Carmi et Umberto Eco, Grasset jeunesse, 2008, 96 pages, 17,90 €
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Cuisine bio pour fruits de saison, Terre vivante, 2008, 160 pages, 16 €
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Les guerres de mémoires. La France et son histoire, sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, La Découverte, 2008, 335 pages, 20 €
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Honorine Perino, produit par Rés’OGM Info, DVD 1h30, 15 € pour les particuliers ; associations et collectivités : contacter Rés’OGM au 04 78 42 95 37
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Le monde selon Monsanto : de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Marie-Monique Robin, La Découverte / Arte Editions, 2008, 370 pages, 20 €. Le DVD est disponible sur www.arteboutique.fr et chez Nature & Découvertes
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Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial, Lester R.Brown, Calmann Lévy / Souffle Court éditions. 2007, 400 pages, 20€
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La fin du progrès, Ronald Wright, Naïve éditions, 2006, 136 pages 16 €
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Le tourisme autrement, hors-série
pratique d’Alternatives économiques, mars
2008, 9,50,€
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Pour un nouvel urbanisme, la ville au cœur du développement
durable, Denis Clerc,
Claude Chalon, Gérard Magnin et Hervé Vouillot,
Coédition Adels et Yves Michel, 2008, 160 pages,
15 €
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Paysans, un tour de France de l’agriculture durable,
Jacques Grossard, vendredi
treize éditions, collection Urban’s guide,
2007, 96 pages, 9,9 € ,
www.transboreal.fr
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Huit villes à découvrir en Île-de-France.
Plaine Commune (Saint-Denis, Villetaneuse, Stains, Aubervilliers,
La Courneuve, L’Île-Saint-Denis, Épinay-sur-Seine,
Pierrefitte-sur-Seine), Jacques
Grossard, vendredi treize éditions, collection
Urban’s guide, 2007, 96 pages, 9,9 €
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Changer la vie ? Les classes moyennes et l’héritage
de mai 68, Marie-Hélène
Bacqué et Stéphanie Vermeersch, éditions
de l’Atelier, octobre 2007, 176 pages, 18 €
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Imaginaires de l’eau, imaginaire du monde, dix regards
sur l’eau et sa symbolique dans les sociétés
humaines, ouvrage coordonné
par Hana Aubry, La Dispute, 2007, 250 pages, 6,10 €
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Media Crisis, Peter Watkins, Homnisphères,
nouvelle édition 2007, 240 pages, 12
€
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La femme du ministre, Gérard
Delteil, L'Archipel, 2007, 362 pages, 20,95€
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Amiante, chronique d’un crime social, collectif,
Septième choc éditions,
2005, 15€ (10 % du prix est reversé à
l’association de défense des victimes de
l’amiante : bdamiante@yahoo.fr)
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L’économie verte expliquée à
ceux qui n’y croient pas, Pascal
Canfin, préface de Dominique Voynet, Les petits
matins, 2007, 152 pages, 14
€
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Devenons des médias alternatifs !, Esteban,
éditions Le p’tit gavroche, 2006, 366 pages,
10 €,
www.guidaltern.org
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Jouer le conflit, d’Yves
Guerre, L’Harmattan, 2006, 200 pages, 17,5 €
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Un drap sur le Kilimandjaro, Chroniques vertes et vagabondes,
de Pascal Dessaint, Rivages,
2005, 5 €
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Les figures de l’écologie politique, revue
Écorev n° 21, décembre 2005, 112 pages,
8€
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Le développement soutenable
Franck-Dominique Vivien,
collection Repères, La Découverte, 2005,
120 pages, 8,5 €
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Objectif développement
durable : comprendre agir sur son territoire
Réseau des agences
régionales de l’énergie et de l’environnement,
2005, 105 pages, gratuit
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Achats et développement
durable : enjeux, méthodologie et initiatives
Comité 21, Afnor,
2005, 175 pages, 30 €
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Pétrole apocalypse
Yves Cochet, Fayard, 288
pages, 19 €
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Almanach du développement
durable
présenté
par les parcs naturels régionaux de France, Dakota
/ Dexia éditions, août 2005, 140 pages, 18,5
€
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Échos de Résonance
Jean-Michel Delage, Association
de visu, 2005, 50 mn DVD : 20 € port compris
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2011
Gérard Delteil,
L'Archipel, 2005,
408 pages, 20,95 €
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Pratiquer la formation réciproque
à l'école
Sous la direction de Claire
Héber-Suffrin, éd. Chronique sociale, collection
pédagogie / formation, 2005, 220 pages, 18,5 €
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L’école,
lieu de citoyenneté
François Galichet, esf éditeur, collection
pratiques et enjeux pédagogiques, 2005,
125 pages, 14 €
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Réseaux de santé : la qualité en
pratique. Contributions à une démarche collaborative
d’amélioration de la qualité de santé
Didier Ménard,
Laurent Konopinski, Éric Drahi, Coordination nationale
des réseaux de santé, 2005, 160 pages, gratuit.
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Quels atouts et quels obstacles pour des politiques locales
de santé ?
Actes de la Xe université
de l’Institut Renaudot, Les publications de l’Institut
Renaudot, 2004, 90 pages, 10 €
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Urgentiste
Patrice Pelloux, éd.
Fayard, avril 2004, 257 pages, 18 €
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Planète attitude. Les gestes écologiques
au quotidien
Gaëlle Bouttier-Guérive
et Thierry Thouvenot, éd. Seuil pratique et WWF,
2004, 15 €
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L’exil et l’accueil en médecine, revue
Pratiques n°26, juillet
2004, 96 pages, 12,2 €
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San-Antonio au bercail
septembre 2003, 1,50 €
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Décrocheurs d’école : redonner l’envie
d’apprendre aux adolescents qui craquent
Gilbert Longhi et Nathalie
Guibert, éditions de La Martinière, 2003,
250 pages, 15 €
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Sociologie de Lyon, Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Mallon et Marie Vogel, La Découverte, 2010, 128 pages, 9,5 €
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Laïcité, mode d’emploi. Cadre légal et solutions pratiques : 42 études de cas, Dounia Bouzar, Eyrolles éditions d’organisation, 2011, 175 pages, 19 €
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Les internés du ghetto. Ethnographie des confrontations violentes dans une cité impopulaire, Manuel Boucher, préface de Didier Lapeyronnie, L’Harmattan, 2010, 424 pages, 38€
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Roms de France, Roms en France, Coordonné par Jean-Pierre Dacheux et Bernard Delemotte, édition Cédis, 2010, 103 pages, 10 €
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Requiem pour un émeutier, Christian Cogné, Actes Sud, 2010, 230 pages, 20 €
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Le Travail Social à l'épreuve du Néo-Libéralisme, Raymond Curie, L’harmattan, 2010, 15
Itinéraire d’un militant écologiste2 pages, 15€
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Le mariage est une mauvaise action, Voltairine de Cleyre, ouvrage traduit et annoté par Yves Coleman, éditions du Sextant, 2009, 64 pages, 7€
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Migrer au féminin, Laurence Roulleau-Berger, Puf, 2010, 192 pages, 15€
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Jules des chantiers, Frédérique Jacquet et Sébastien Vassant, collection L’Histoire sensible, Les éditions de l’atelier, 2008, 108 pages, 18€
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Les Garçons Ramponeau. Biographie populaire, réalisé par Patrice Spadoni, production Canal Marches, Coffret de 4 DVD, 19 € À commander sur : www.paroles-et-memoires.org ou www.canalmarches.org
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Les missions du possible - Avec et pour les jeunes en parcours d’insertion, Anne Le Bissonnais, Apogée, collection « Les panseurs sociaux », 2009, 192 pages, 18 €
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Les pratiques émancipatrices. Actualités de Paulo Freire, sous la coordination de Françoise Garibay et Michel Séguier, éditions Syllepses et Nouveaux regards, 2009, 277 pages, 20 €
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Rejet des exilés, le grand retournement du droit de l´asile, Jérôme Valluy, éditions du Croquant, 2009, 382 pages, 22 €
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Rénovation urbaine. Les leçons américaines, Thomas Kirszbaum, Presses universitaires de France, collection La ville en débat, 2008, 86 pages, 8 €
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Discriminer pour mieux régner. Enquête sur la diversité dans les partis politiques, Vincent Geisser et El Yamine Soum, Les éditions de l’atelier, 240 pages, 2008, 18,50 €
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J’étais un chef de gang, Lamence Madzou, suivi de Voyage dans le monde des bandes, Marie-Hélène Bacqué, La Découverte, 2008, 241 pages, 17€
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Jeanne de la Zone, Étienne Davodeau et Frédérique Jacquet, collection histoire sensible, L’Atelier, 2008, 108 pages, 18 €
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Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration, Alexis Spire, Raisons d’agir, 2008, 124 pages, 7€
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L'immigration de A à Z, Mohsen Dridi, publication de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, 2007, 437 pages, 15€
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Ne rien oublier en partant (2006, 40’) et Quartiers
en devenir (2008, 26’),Films
de Corinne Marie, Vipère au poing productions (www.vipereaupoingproductions.fr)
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Les politiques de l’immigration en France et au
Royaume-Uni, perspectives historiques et contemporaines,
sous la direction de Lucienne
Germain et Didier Lassalle, L’Harmattan, 2006, 217
pages, 19,5€
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Paroles sans papiers, ouvrage
dirigé par Alfred et David Chauvel, Delcourt, 2007,
72 pages, 14,95€
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Altermondes, "Seine Saint Denis, arrêt sur
images", hors-série
n°4, hiver 2007, 51 pages 5€
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Prendre place dans la cité : jeunes et politiques
municipales, Véronique
Bordes, L’Harmattan - Injep, collection Débats
jeunesses, décembre 2007, 253 pages, 19
€
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L’État et les quartiers. Genèse d’une
catégorie de l’action publique, Sylvie
Tissot, éditions du Seuil, collection Liber, 2007,
300 pages, 22 €
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Le temps des HLM 1945-1975, La saga urbaine des Trente
Glorieuses, Thibault Tellier,
Autrement, collection Mémoires / culture, 2007,
224 pages, 20 €
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Émeutes en banlieue, lectures d’un événement,
revue Espaces et société
n° 128-129, éditions Érès, 265
pages, 28 €
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Qui a peur du postcolonial ? Dénis et controverses,
revue Mouvements, septembre-octobre 2007, 176 pages, 15
€
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Histoire(s) de relogement. Paroles d’habitants,
regards de professionnels, Catherine
Payen et Ryma Prost-Romand, L’Harmattan, 2007, 144
pages, 14,50 €
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Parias urbains, ghetto, banlieues, État,
Loïc Wacquant, La Découverte,
2007, 336 pages, 12,5 €
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De la parole à l’écriture, ateliers
d’écriture en France, au Portugal et au Maroc,
Françoise Sérandour, L’Harmattan,
2007, 335 pages, 29,50
€
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Oui à une société avec les jeunes
des cités !, Joëlle
Bordet, éditions de l’Atelier, 2007,
207 pages, 18 €
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Le bon, la douce et la caillera, Diaby
Doucouré, préface de Faïza Guène,
photos de Camille Millerand, L’Harmattan, 180 pages,
14 €
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Brosses et Malais, quartier sensible ?, Luc
Blanchard, Studio Graph, 95 pages, 12€
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marianne & allah. Les politiques français face
à la " question musulmane ", Vincent
Geisser et Aziz Zemouri, La Découverte, 2007, 297
pages, 20 €
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Nouvelles pratiques sociales, volume
18, n° 2, printemps 2006, Presses de l’université
du Québec, 13 €
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Repenser la solidarité : l’apport des sciences
sociales, sous la direction
de Serge Paugam, Presses universitaires de France, 992
pages, 2007, 49 €
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Les recompositions culturelles. Sociologie des dynamiques
sociales en situation migratoires,
Abdelhafid Hammouche, Presses universitaires de Strasbourg,
2007, 224 pages, 16€
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Religion, identité et espace public, Profession
Banlieue, 2006, 80 pages, 15 €
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La France invisible, sous
la direction de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux
et Jade Lindgaard, La Découverte, 2006, 647 pages,
26€
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Eux et nous, de Joël
Roman, Hachette, collection
Tapage, 2006, 150 pages, 10
€
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Les classes moyennes à la dérive,
Louis Chauvel, Le Seuil, 2006, 112 pages, 10,5 €
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L’indépendance au présent,
de Paul Néaoutyne, avec Jean-François Corral
et André Némia,
préface de Didier Daeninckx, Syllepse, 2005, 200
pages, 20€
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Ville, quartiers, banlieues, Les ressources des habitants,
revue Économie & Humanisme
n° 376, 120 pages, 13 €
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Jeunes des quartiers populaires Construction de l’identité
image et autonomie, Les
cahiers de Profession banlieue, 2005, 130 pages, 13,5
€
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L’islam imaginaire. La construction médiatique
de l’islamophobie en France - 1975-2005, Thomas
Deltombe, La Découverte, 2005, 380 pages, 22
€
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La fracture coloniale
- La société française au prisme
de l’héritage colonial
n° 67, décembre 2005,
sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel
et Sandrine Lemaire, La Découverte, 2005, 310 pages,
20 €
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Bonne année ensemble,
Espace 19, 2006, 24 pages, 4
€
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La sous représentation des Français d’origine
étrangère. Crise du système représentatif
ou discrimination politique ?
coordonné par Adda
Bekkouche, L’Harmattan, 2005, 150 pages, 14 €
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Gouverner la ville. Les voies urbaines de la démocratie
moderne
Thierry Oblet, Puf 2005,
306 pages, 28 €
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Si la ville m’était
contée…
Gilles Rabin et Luc Gwiazdzinski,
Eyrolles, 2005, 250 pages, 14,9 €
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La société des voisins
sous la direction de Bernard
Haumont et Alain Morel, direction de l'architecture et
du patrimoine, éditions de la Maison des sciences
de l'Homme, collection Ethnologie de la France, 2005,
335 pages, 23 €
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Tsiganes à l’école : pédagogie
interculturelle pour l’accès aux apprentissages
CRDP de l’académie
de Versailles, 2003, 109 pages + CD-Rom, 12 €
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L'impasse
Pierre Dubuys, coll. L'églantine,
éditions Sansonnet, 2004, 95 pages, 7 €
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Pour une décentralisation solidaire : aux acteurs
de s’en saisir, à l’État d’assurer
l’égalité de traitement
n° 172, décembre
2003 d’Union sociale, 35 pages, 5,8 €
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De la citoyenneté locale
sous la direction de Rémy
Leveau, Catherine Withol de Wenden et Khadija Mohsen-Finan,
Institut français des relations internationales,
2003, 160 pages, 15 € (diffusion La Documentation
française) Lire la fiche
Identités & démocratie, diversité
culturelle et mondialisation : repenser la démocratie
sous la direction de Ronon
Le Coadic, Presses universitaires de Rennes, 410 pages,
20€
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démocratie
locale,
initiatives locales |
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décentralisation,
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Je jardine ma ville,Échange de Sylvie Cachin avec Sylvie Ligny, préface de Gilles clément, Conversations écologiques, éditions Rue de l’échiquier, 2011, 96 pages, 12 €
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L’insertion professionnelle et sociale des jeunes,Philippe Labbé, avec Michel Abhervé, collection Les panseurs sociaux, éditions Apogée, 220 pages, 19 €
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Initiatives des jeunes dans les espaces ruraux, Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective, revue Pour, n° 211, septembre 2011, 20 e, www.grep.fr
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Les nouveaux collectifs citoyens, Ivan Maltcheff, préface de Patrick Viveret, Yves Michel, 2011, 170 pages, 11€
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Être « développeur » de territoire, Marc Vandewynckele et Joseph Licata, association Conforte, Chronique sociale, 2010, 11,90 €
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Gérer ensemble les territoires, vers une démocratie coopérative, Jean-Eudes Beuret, Anne Cadoret, éditions Charles Léopold Mayer, 2010, 228 pages, 18 €
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Jeunes mineurs en associations. Quels impact sur leurs parcours ?, Stéphanie Rizet, cahiers de l’Injép n° 28, 2010, 12 €
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La démocratie délibérative - anthologie de textes fondamentaux, Charles Girard et Alice Le Goff, Hermann éditeurs, 2010, 550 pages, 32 €
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és populaires de parents - Des parents acteurs, chercheurs, citoyens, Sous la direction d’Emmanuelle Murcier et Michelle Clausier, Chronique sociale, 2010, 192 pages, 16,5 €
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La démocratie internet Promesses et limites, Dominique Cardon, La République des idées / Seuil, 2010, 11,5 €
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Non au Mac Drive, documentaire de Frédéric Chignac, 95 minutes, disponible auprès du réalisateur : frederic.chignac@club-internet.fr
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État d’élue, film français de Luc Decaster, 1h34, sortie le 10 mars 2010, distribué par contre-allée : contre-allée@hotmail.fr, 0142462742
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DVD Conférence de citoyens sur les services publics locaux, octobre 2008 - mars 2009, organisée par l´Institut de la gestion déléguée, l´Association des maires de France et le Comité des partenaires. Pour l’obtenir : pvdev@fondation-igd.org ou 01 44 39 27 00,
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La démocratie participative, sous la direction d’Yves Sintomer, la Documentation française, coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 259, avril 2009, 9,90€,
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La République antiparticipative : les obstacles à la participation des citoyens à la vie locale,Jean Tournon, L’Harmattan, 2009, 176 pages, 17 €,
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Extensions urbaines : lasuite dans les idées, CAUE Haute-Garonne, Éditions Loubatières, 2009, 87 pages, 19€,
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Faire des hommes libres, Boimondau et les communautés de travail à Valence (1941-1982), Michel Chaudy, collection Pratiques utopiques, éditions repas 2008, 171 pages, 15€,
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Manuel de l'animateur urbain, les bases du métier, Émlie Barrau, avec la collaboration de l'équipe du PMRU-Congo, éditions du Gret, Fonds européen de développement, 2008, 184 pages, 10€,
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Une vie pour… Ici et là-bas, solidaire, Alain Desjardin, Le Petit Pavé, 2008, 405 pages, 26€,
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Savoirs en débat : Perspectives franco-allemandes, sous la direction de Sezin Topçu, Cécile Cuny et Kathia Serrano-Velarde, L’Harmattan, 2008, 276 pages, 26,50 €,
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Chantier ouvert au public, le Viel Audon, village coopératif, édition Repas, collection pratiques utopiques, 2008, 194 pages, 15€,
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Recettes d’hier et d’ailleurs. Besançon
et les cuisines du monde, CCAS
de Besançon, Néo éditions, 112
pages, 20 €,
livret de cuisine en ligne: www.migrations.besancon.fr
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Le nouvel esprit de la démocratie, actualité
de la démocratie participative, Loïc
Blondiaux, Le Seuil, La République des idées,
2008, 112 pages, 10,5€
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Cultures et pratiques participatives : perspectives
comparatives, sous la
direction de Catherine Neveu, L’Harmattan, Logiques
politiques, 2007, 396 pages, 32€
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Huis clos pour un quartier, de
Serge Steyer, Mille et une Films, DVD de 52 minutes,
18 € pour les particuliers. Institutions, se renseigner
: 02 23 44 03 59.
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La démocratie participative, de Jean-Pierre Gaudin,
Armand Colin, 2007, 121 pages, 9
€
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Le pouvoir au peuple, Jurys citoyens, tirage au sort
et démocratie participative, Yves
Sintomer, La Découverte, 2007, 13 €
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Une mauvaise maire, Jacques
Jouet, POL, 2007, 125 pages, 12 €
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Une histoire de l’éducation populaire,
Jean-Marie Mignon, La
Découverte, collection Alternatives sociales,
2007, 264 pages, 24€
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Télé Millevaches,
Samuel Deléron, Michel
Luleck et Guy Pineau, éditions Repas, 2006, 164
pages, 15 €
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La participation politique : crise ou mutation ?, dossier
réalisé par Bruno Denis, Problèmes
politiques et sociaux n° 927, La Documentation française,
2006, 120 pages, 9,20 €
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Nous, femmes sans frontière, Thierry
Maricourt, Licorne/L’Harmattan, 2006, 17€
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la fiche
Ville, action " citoyenne " et débat
public, revue Espaces
et sociétés n° 123, éditions
Érès, 2005, 200 pages, 25 €
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Le pouvoir local ou la démocratie improbable,
Michel Koebel, éditions
du Croquant, coll. Savoir / agir, 2006, 10 €
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la fiche et l'interview de l'auteur
L’association, image de la société.
Carnet de voyage d’un militant invétéré,
de Michel Adam, préface
d’Henry Noguès, l’Harmattan, 2005,
255 pages, 23 €
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Évaluation et démocratie participative
Auteurs ? méthodes ? buts ?
sous la direction de
Jean-Claude Boual et Philippe Brachet, L’Harmattan,
2004, 250 pages, 22 €
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Les jeunes et les associations, entre participation
et engagement
Colas Grollemund et
Rémy Le Floch, Crefad documents, 2004, 115 pages,
10 €
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La raison démocratique aujourd’hui. Le
principe de puissance un. Débats et combats.
Patrick Braibant, L’Harmattan,
questions contemporaines, 230 pages, 21 €
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Quand la démocratie locale se professionnalise
actes de la rencontre
du 23 octobre 2003, Profession banlieue, 185 pages,
18,5 €
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Les nouvelles dimensions de la citoyenneté
sous la direction de
Philippe Tronquoy, Cahiers français n° 316,
septembre / octobre 2003, La Documentation française,
95 pages, 9 €
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La démocratie participative, promesses et ambiguïtés
Michel Falise, L’Aube
essai, 2003, 200 pages, 17,8 €
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La démocratie en débat, les citoyens face
à l'action publique
Sandrine Rui, éditions
Armand Colin, collection Sociétales, 2004, 263
pages,
21,5 €
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Les missions de l’agent de développement
local, spécificités et apports d’une
nouvelle profession dans la dynamique des territoires
Actes, Institut de psychologie
et sociologie appliquée, 2004, 45 pages, 5 €
port compris
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Pour une démocratie participative
Antoine Bevort, Presse
de sciences Po, La bibliothèque du citoyen, septembre
2002, 130 pages, 12 €
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La participation des usagers / clients / citoyens au
service public
France qualité
publique / La Documentation française, 2004,
132 pages, 25 €
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Associations de proximité et pouvoirs publics,
quels partenariats pour quelle participation à
la vie publique ?
n°164, décembre
2003, de La Tribune Fonda, numéro spécial
Fonda Paca, 100 pages, 11,6 €
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Participation, débat public, internet et multimédia,
quel accompagnement local ?
décembre 2003,
Observatoire des télécommunications dans
la ville, 85 pages, 30 €
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Pourquoi la démocratie est en panne. Construire
la démocratie participative.
éd. La Découverte,
2003, 236 pages, 17 €
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Rond-point,Pierre Goetschel, 52’, Candela productions et L’œil sauvage, 20 €
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Dictionnaire des politiques territoriales, sous la direction de Romain Pasquier, Sébastien Guigner et Alistair Cole, presses de Sciences Po, 2011, 590 pages, 25 €
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Petits départements et grandes régions, Loeiz Laurent, L’Harmattan, 2011, 185 pages, 17,50 €
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Dans la tourmente, un DVD de Franck et Marie-Laurence Delaunay, 55 minutes, Candela productions et TV Rennes 35, avec la participation de Public Sénat, 20€
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Design des politiques publiques, La 27e région, la Documentation Française, 2010, 164 pages, 18€
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Formation professionnelle : nouvelle gouvernance et sécurisation des parcours, Revue Pour n° 207, octobre 2010, 20 €
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L´intercommunalité en campagne. Rhétoriques et usages de la thématique intercommunale dans les élections municipales de 2008, sous la direction de Rémy Le Saout, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 200 pages, 16 €
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Gouverner les métropoles, Christian Lefèvre, éditions Lextenso en partenariat avec LGDJ et Dexia, 2009, 115 pages, 9,50 €
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Départements ou régions, les réformes territoriales de Fénelon à Jacques Attali, Maud Bazoche, l'Harmatta, 2008, 357 pages, 12 €
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Décentraliser d'accord, démocratiser d'abord,
le gouvernement local en question, Marion
Paoletti, La Découverte, collection Sur le vif,
2007, 154 pages, 12 €
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Les Règles du jeu urbain, entre droit et confiance,
sous la direction d’Alain
Bourdin, Marie Lefeuvre et Patrice Melé, Descartes
et Cie, 316 pages, 18
€
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La machine France. Le centralisme ou la démocratie,
Jean Ollivro, éditions
du Temps, 2006, 252 pages, 17€
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Périphéries, un voyage à pied autour
de Paris, Luc Gwiazdzinski
et Gilles Rabin, L’Harmattan, 2007, 262 pages,
22 €
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La délégation des services publics locaux.
Yves Delaire, éditions
Berger-Levrault, 364 pages, 45€
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Le quartier, enjeux
scientifiques, actions politiques et pratiques sociales,
sous la direction de Jean-Yves Authier, Marie-Hélène
Bacqué et France Guérin-Pace, La Découverte,
2007, 304 pages, 26 €
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Pour un vrai Sénat des territoires, revue
Pouvoirs locaux n° 67, décembre 2005, Institut
de la Décentralisation, 150 pages, 12,20
€
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Conférences de citoyens, mode d’emploi,
par Daniel Boy et Dominique
Bourg, éditions Charles Léopold Mayer,
2005, 100 pages, 18 €
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Les services publics : les défendre ?, les démocratiser
?, sous la direction
de Philippe Brachet, Publisud, 2005, 320 pages, 25 €
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La décentralisation depuis 1945
Robert Delbo, LGDJ –
Dexia, 118 pages, 9,5
€
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fiche
Pourquoi ça ne va pas plus mal ?
Patrick Viveret, éd.
De l’Aube, 264 pages, 18 €
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fiche
Démocratie contre capitalisme
Thomas Coutrot, La dispute,
2005, 235 pages, 20 €
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Les effets de l'intercommunalité
sous la direction de
Rémy Le Saout et François Madoré,
Presses universitaires de Rennes, 2004, 225 pages, 19
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Identités et gouvernance urbaine des villes nouvelles
face aux nouveaux enjeux de l’intercommunalité.
Le cas de Cergy-Pontoise et Saint Quentin-en-Yveline
Anne Sauvayre et Didier
Vanoni, revue Recherche sociale n° 170, juin 2004,
115 pages, 11 €
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Pour un urbanisme rural
Didier Boutet, L’Harmattan,
230 pages, 20 €
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Citoyens d’Europe, des étrangers qui votent,
sous la direction de
Bernard Delemotte, avec Henri Del Pup, Serge Depaquit,
Paul Oriol et Audrey Vizuete, collection Villes plurielles,
éd. Licorne / L’Harmattan,
2004, 215 pages, 17 €
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Démocratie et télésurveillance
Stéphane Callens,
Les savoirs mieux, Presses universitaires du Septentrion,
Villeneuve-d’Ascq, 2002, 180 pages, 13,5 €
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Les nouveaux principes de l'urbanisme
François Ascher,
2001 et 2004 pour le format poche aux éditions
de l'Aube, 109 pages,
12,50 € Lire
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La capacité politique des régions, une
comparaison France / Espagne
Romain Pasquier, col.
Res Publica, Presses universitaires de Rennes, 2004,
230 pages, 16 €
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M. Carignon : un corrompu de retour aux affaires ?
Association démocratie
écologie solidarité, Grenoble 2003, 80
pages, 5 €
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Demain, la décentralisation
Les cahiers de Profession
banlieue, 2003, 130 pages, 13,5 €
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La vie rurale, enjeu écologique et de société,
propositions altermondialistes
François Plassard,
éditions Yves Michel, 2003, 140 pages, 13 €
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sécurité |
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politique, social |
Médiations, les ateliers silencieux de la démocratie, Jacques Faget, Toulouse, éditions Érès, 2010, 304 pages, 25€
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La nuit sécuritaire : le manifeste des 39, revue Sud-Nord n° 23, éditions Érès, 2009, 19 €
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L’affaire des affaires. L’enquête. Tome 2/3, scénario de de Denis Robert et dessins de Laurent Astier, Dargaud, 2009, 208 pages, 22 €
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Une société de surveillance ? L’état des droits de l’Homme en France, Ligue des droits de l’Homme, édition 2009, 126 pages,10€
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L’affaire des affaires. Tome 1 : L’argent invisible, Denis Robert, Yan lindingre, Laurent Astier, Dargaud, 2009, 206 pages, 22 €
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La France a peur de Nic Oumouk,
Manu Larcenet, Dargaud collection Poisson Pilote, avril 2007, 48 pages, 10,40 €
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Une démocratie asphyxiée, L’état des droits de l’Homme en France édition 2008,
Ligue des droits de l’Homme, La Découverte – Sur le vif, 2008, 120 pages, 10 €
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Sarkozy dans le texte, connaître
pour mieux combattre,
Réformistes et
solidaires, 2005, 140 pages, 7€ Lire
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L’illusion de l’ordre. Incivilités
et violences urbaines : tolérance zéro ?
Bernard Harcourt, Descartes
& Cie, 2006, 140 pages, 20 € Lire
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PolitiquesLes damnés de Nanterre
Chantal Montellier, Denoël
Graphic, février 2005, 88 pages, 20 € Lire
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La vérité sur Cesare Battisti
éditions Viviane
Hamy, collection Bis, 2004
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Émergences culturelles et jeunesse populaire.
Turbulences ou médiations ?
sous la direction de
Manuel Boucher et Alain Vulbeau, éditions L'Harmattan,
collection Débats jeunesses, 2003, 360 pages,
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Tous au Larzac, Film (1h58) réalisé par Christian Rouaud, sortie en salles le 23 novembre 2011
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Après la gauche,Jérémy Forni, DVD de 90 min, Compagnie des Phares & Balises, 2011, 20€
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Les vérités du matin, Francette Lazard et René Piquet, les éditions de l’atelier, 2011, 236 pages, 20€
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L'horreur managériale, Étienne Rodin, L´échappée, 2011, 126 pages, 10€
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Pendant qu’ils comptent les morts, Marin Ledun et Brigitte Font Le Bret, La Tengo éditions, 2010, 165 pages, 15 €
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La pire espèce, Agathe André, Richard Malka et Ptiluc, Grasset / Vents d’Ouest, 2010, 96 pages, 15 €
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Les aventures de Sarkozix, Guy Delcourt, Wilfrid Lupano, Bruno Bazile et Jérôme Maffre, éditions Delcourt, 48 pages, tome 1 (2010), 9,95 euros, et tome 2 (2011), 10,5 €
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Les éditocrates, Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle, Mathias Reymond, Pocket – La Découverte, 2009, 190 pages, 6,6 €
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L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie, Hervé Kempf, Le Seuil, 2011, 192 pages, 14 €
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Vieillir dans la pauvreté, Sous la direction de Didier Gelot et de Jean-Pierre Bultez, La documentation française, Problèmes économiques n° 977, octobre 2010, 104 pages, 9,9 €
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Les places et les chances. Repenser la justice sociale, François Dubet, Seuil / La république des idées, 2010, 119 pages, 11,5 €
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Graine d’ananar - Pierre-Joseph Proudhon, Ouvrage collectif réalisé par l’Urrafa, éditions du Monde Libertaire, 2009, 80 pages, 5 €
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Une vraie retraite à 60 ans c’est possible, Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, éditions Jean-Jacques Gawsewitch, 2010, 222 pages 18,90 €
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Quai d’Orsay, Abel Lanzac et Christophe Blain, Dargaud, Tome 1, 2010, 15,5 €
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Indignez-vous !, Stéphane Hessel, Indigène éditions, 2010, 22 pages, 3 €
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Construire des actions collectives, Bernard Dumas, Michel Séguier, éditions Chronique sociale, 4e édition, 2010, 232 pages, 19,30€
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Qu’ils s’en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne, Jean-Luc Mélenchon, Flammarion, 2010, 142 pages, 10€
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Le Mai 68 des historiens. Entre identités narratives et histoire orale, Sous la direction d’Agnès Callu, Presses universitaires du Septentrion, 2010, 312 pages accompagnées d’un CD de témoignages audiovisuels, 25€
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Ce qui tue le travail, Francis Gainsburger, Michalon, 2010, 192 pages, 17 €
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« Si ça vous amuse », chronique de mes faits et méfaits,Flammarion, 2010, 578 pages, 21 €
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Les jours heureux, Association citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, La Découverte, mars 2010, 14 €
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Cas de conscience, Pierre Joxe, éditions Labor et Fides, 2010, 248 pages, 19,5 €
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Le Quai de Ouistreham, Florence Aubenas, L’Olivier, 2010, 270 pages, 19€
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Le trotsko et la coco. Reconstruisons la gauche, volume 1, Christian Piquet et Marie-Pierre Vieu, entretiens avec Sylvia Zappi, éditions Arcane 17, mars 2010, 132 pages, 14 €
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La France Libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Folio histoire, 2001, tome 1 : 848 pages ; tome 2 : 688 pages, 11,40 €
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Au coeur des luttes des années 60. Les étudiants du PSU, Publisud, 2010, 32 €
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Maire Vert en banlieue, entretien de Michel Bourgain avec Évelyne Perrin, éditions Les Petits matins, 2010, 296 pages, 10 €
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69, année politique, de Francis Zamponi, Roman noir, Seuil, 2009, 325 pages, 21€
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Apartés, Cécile Duflot avec Guy Sitbon, Les petits matins, 2010, 220 pages, 15 €
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Cahiers Sens Public, nº 11-12, « Malaise dans le capitalisme, de quoi sommes-nous contemporains ? », octobre 2009, Lyon, éditions Sens Public, 296 pages, 20€
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L’affranchie du périphérique, Didier Daeninckx, L’Atelier, 2009, 100 pages, 15,5€
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3 euros par jour, Nelly Zin, Albin Michel, 2010, 15€
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Comment les électeurs font-ils leur choix. Le panel électoral français 2007, sous la direction de Bruno Cautrès et d’Anne Muxel, Presses de Sciences Po, 2009, 385 pages, 28€
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Alias Caracalla, Daniel Cordier, Gallimard, 2009, 944 pages, 32 €
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Walter, retour en résistance, documentaire de Gilles Perret, DVD 22 €
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La Montée des incertitudes. Travail, protection, statut de l’individu, Robert Castel, Seuil, 2009, 457 pages, 23 €
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Crise écologique ou crise sociale ? Vivre ensemble autrement, François Plassard et Florence Jullion, Ovadia 2009, 194 pages, 14 €
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Le travail-une nouvelle question politique, Jean-Louis Laville, collection "solidarité et société dirigée par l'auteur, Desclée de Brouwer, 2008, 233 pages, 23 €
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Les enragés du football, l'autre mai 68, Faouzi Mahjoub, Alain Leiblang et François-René Simon, Calmann-Lévy, 2008, 12 €
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Itinéraire d'une femme française - Clamart, Bab
El-Oued, Epinay-sur-Seine, Hamida Ben Sadia, Bourin éditeur, 2008, 240 pages, 19 €
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La régulation des pauvres, Serge Paugam et Nicolas Duvoux, Puf, novembre 2008, 128 pages, 10 €
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Le profane en politique : Compétences et engagements du citoyen, sous la direction de Thomas Fromentin et Stéphanie Wojcik, L’Harmattan, 2008, 314 pages, 28,50 €
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Le goût du pouvoir, Jacques de Courson, L'Harmattan, 2008, 117 pages, 15 €
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Identités de l’individu
contemporain, sous la
direction de Claude Calame, Textuel, coll. La Discorde,
2008, 159 pages, 18 €
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Dico Sarko, l'indispensable manuel de survie en Sarkozie,
Charb, éditions 12 bis,
2008, 80 pages, 10,5 €
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Sommes-nous des paresseux?... Et 30 autres questions sur
la France et les Français, Guillaume
Duval, Le Seuil, 2008, 225 pages, 15€
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Un petit tour chez les Français, Raphaël
Krafft, Bleu autour, 2007, 258 pages, 17 €
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" Où est passée la gauche ? ",
revue Mouvements, La Découverte, n° 50, juin-août
2007, 183 pages, 15 €
" Les droites au pouvoir.
", revue Manière
de voir, Le Monde Diplomatique, n° 95, octobre-novembre
2007, 98 pages, 7€
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Cinq siècles de pensée
française, Hors-série
spécial n°6 de la revue Sciences Humaines,
octobre - novembre 2007, 116 pages, 7,90 €
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Contribution au débat
politique. Comment rendre au politique le pouvoir d’agir
?, Bernard Debry, éditions
Connaissances et savoirs, 2007, 10 €
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Quelle démocratie voulons-nous
? Pièces pour un débat, sous
la direction d’Alain Caillé, La Découverte,
2006, 144 pages , 8€
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L’Autre campagne, 80 propositions
à débattre d’urgence, ouvrage
coordonné par Georges Debrégeas et Thomas
Lacoste, préface de Lucie et Raymond Aubrac, La
Découverte, 2007, 300 pages, 14 €
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La Contre-Démocratie,
Pierre Rosanvallon, Seuil, 346 pages, 21€
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Pour en finir avec la démocratie, François
Amanrich, 2006, éditions Papyrus, 172 pages, 22
€
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| Initiatives des jeunes dans les espaces ruraux |
| Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective, revue Pour, n° 211, septembre 2011, 20 e, www.grep.fr |
| En 1995, la revue Pour avait proposé un dossier « les jeunes ruraux en quête de territoires vivants » et acteurs d’actions collectives. Le présent numéro met davantage l’accent sur les initiatives individuelles des jeunes, ce qui est plus dans l’air du temps. Une première partie, « Nature des initiatives », est centrée sur la diversité des initiatives, rapportant des exemples de jeunes autour d’un Foyer rural dans le Vaucluse, ou les stratégies d’installation de jeunes ingénieurs comme exploitants, et Philippe Sahuc retrouve des jeunes du temps de sa vie de facteur rural. Marie-Odile Nouvelot-Gueroult note, à propos des jeunes : « Certains d’entre eux, notamment ceux qui sont en difficulté, ont tendance à privilégier la constitution de groupes informels, hors contrainte, à durée de vie limitée…, mais ils peuvent aussi contracter avec une structure sur la base de leur projet personnel. » Une seconde partie, « Cadres d’émergence des initiatives », recense des dispositifs d’appui et d’accompagnement, avec la difficulté pour les structures institutionnelles de respecter la spécificité des initiatives de jeunes. Cette seconde partie rapporte de nombreux programmes et actions en faveur de l’initiative des jeunes, tant au niveau de l’État, des collectivités locales et autres institutions : projets d’appui aux jeunes soutenus par des caisses d’allocations familiales, les Foyers ruraux et le service civique, le rôle du MRJC comme structure d’émergence et d’appui aux jeunes, mais aussi des initiatives plus nouvelles comme les « free parties » en Bretagne, obligeant à des négociations d’un type nouveau entre jeunes et moins jeunes ! La troisième partie, « Diversité du monde rural et des jeunesses », diversités des parcours d’accès à l’autonomie : les jeunes s’installant en zone de montagne, ceux qui ont la chance de succéder à des parents installés et ceux qui n’ont pas cette chance, et avec des éclairages sur les jeunes hors de notre hexagone, en Irlande, au Paraguay et en Tunisie. Etienne Beaudoux |
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| Soignants Chanteurs |
| Association Grand’air et p’tits bonheurs, préface de Jean-Pierre Olive, éditions Repas, 2011, 137 pages + un DVD, 16 € |
| Soignants Chanteurs, retrace la rencontre de deux mondes, où la technicité des soins côtoie la technicité des arts. Des hospitaliers, des bénévoles et des artistes ont tous été à l’initiative de la création d’ateliers et d’œuvres collectives. Ils se sont formés et ont formé à leur tour, pour améliorer le quotidien des malades et de leur famille. Ils ont ainsi, par leurs actions créatives, remis à leur juste place la considération de l’individu et les mots « empathie », « dignité », « respect » et « partage », qui prennent alors tout leur sens. Et ont aussi enfin permis d’introduire les mots « plaisir » et « bonheur » au sein d’un environnement parfois très difficile, aussi bien pour les soignants que pour les patients. Par leur travail, tous ont tissé des liens sociaux forts, luttant ainsi contre le sentiment d’isolement. Les « soignants chanteurs » ont révélé des grands talents et permis à certains de se dépasser et d’apaiser leurs souffrances. Par la transmission de leur savoir et de leur expérience, ils permettent de lutter contre un univers administratif et comptable parfois impitoyable au vue de notre actualité en crise et dominée par les chiffres et la rentabilité... Pour citer Jean-Pierre Olives, ces « assoifés d’azur » nous donnent une belle leçon d’humanité. Ils nous apportent un grand soleil en nous ouvrant les bras de leur association « Grand air et p’tits bonheurs ». Nous voici plongés avec eux, à Toulouse à la fin des années 90, quand tout commence suite à leur rencontre avec un chanteur lyrique. Les éditions Repas ont le mérite d’avoir mis en lumière ces hommes et ces femmes, leur courage et leur innovation... Leur approche de l’art, comme tuteur aux soins, suscitera d’autres vocations. Cet ouvrage fait partie de la collection Pratiques utopiques, avec pour ambition de montrer qu’il y a toujours place pour des réalisations libres et solidaires. Tout en se donnant d’autres priorités que le profit : une autre vision du monde. Corinne Augustin |
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| Tous au Larzac |
| Film (1h58) réalisé par Christian Rouaud, sorti en salles le 23 novembre 2011 |
| Après avoir retracé en 2007 l’histoire des Lip, Christian Rouaud raconte dix ans de mobilisations face à l’extension du camp militaire du Larzac, à partir de 1971. Le plateau semblait désert au ministre Michel Debré qui reconnaît seulement l’existence que de « quelques vieux qui élevaient vaguement quelques moutons dans des conditions moyenâgeuses ». Les 103 familles pourtant présentes risquent alors de perdre leurs terres au profit de l’idéologie militariste. Année après année, rassemblement après rassemblement, cette opposition dépasse son seul impact local en attirant antimilitaristes, maoïstes et d’autres contestataires, comme en témoigne la diversité de composition des comités de soutien. L’union libre entre les hippies et les paysans est très bien illustrée par les difficultés de la construction d’une nouvelle bergerie, ou l’occupation de nouveaux terrains achetés par l’armée. On rit beaucoup et on comprend mieux comment ce symbole de désobéissance civile a pu émerger, sans doute suite à un double quiproquo entre paysans et nouveaux arrivants autour des pratiques non-violentes. Malgré le blocage des terrains par la déclaration d’utilité publique, ils décident de passer outre et de s’étendre pour continuer à vivre. Le documentaire suit avec beaucoup d’humanité les acteurs d’un Larzac rayonnant sur toute la France avec ses brebis. Si les militants ont la parole, seules les images d’archives montrent l’autre côté de la barrière avec des militaires qui montent la garde face à cet étrange ennemi intérieur. Sans rien ignorer de l’impact des combats sur la production agricole ou sur la vie de famille, la caméra tâche de retranscrire aux plus jeunes générations l’ambiance qui reignait. Le mouvement deviendra logiquement, en 2003, une terre d’accueil des luttes altermondialistes jusqu’aux combats récents contre l’exploitation du gaz de schiste. Gilles Pradeau |
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| L’insertion professionnelle et sociale des jeunes |
| Philippe Labbé, avec Michel Abhervé, collection Les panseurs sociaux, éditions Apogée, 220 pages, 19 € |
| Nous avions présenté un ouvrage de la collection « les panseurs sociaux » (Territoires janvier 2010), livre de Anne Le Bissonnais à propos d’une mission locale à Etampes (Éssonne). Cet ouvrage de Philippe Labbé, responsable de la collection, brosse un bilan complet des missions locales en actualisant une publication de 2005. Les missions locales, filles des propositions de Bertrand Schwartz en vue de mettre l’accent sur la qualification professionnelle des jeunes, mais aussi sur leur insertion sociale. « Les missions -locales sont une synthèse très originale du double mouvement qui, depuis trente ans, caractérise l’évolution de nos institutions, au carrefour de la décentralisation, constituée par des responsabilités accrues confiées aux élus des différentes collectivités territoriales et de la déconcentration des services de l’Etat, rapprochant du terrain les lieux de décisions. » Et l’auteur note avec amusement un rapport récent très louangeur de l’Inspection des finances, à propos du « modèle, mission locale ». La notion « d’insertion des jeunes » est rappelée, autour de quatre champs : la personne (santé, gestion de l’espace privé), la sociabilité (le vivre ensemble), le sociétal (normes sociales, citoyenneté), et l’économique (emploi et revenus). Les enjeux majeurs d’avenir du dispositif sont proposés : améliorer la relation aux entreprises, qui assimilent trop souvent les missions locales à un service social, améliorer la participation des jeunes par des dispositifs institutionnalisés, promouvoir des politiques de « qualité intelligente ». Voilà des pistes pour les missions locales qui sont également valables pour bien d’autres dispositifs d’accompagnement économique, social, culturel. Cet ouvrage sera utile à tous ceux qui veulent « penser / panser » l’avenir des jeunes de leur territoire et, plus largement, à tous ceux qui veulent alimenter le débat pour des propositions de dispositifs d’action au -niveau de leur territoire. Étienne Beaudoux |
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| Je jardine ma ville |
| Échange de Sylvie Cachin avec Sylvie Ligny, préface de Gilles clément, Conversations écologiques, éditions Rue de l’échiquier, 2011, 96 pages, 12 € |
| Sylvie Cachin, paysagiste, raconte avec passion comment elle a fleuri des villes avec ses habitants. L’intérêt de son récit, c’est la simplicité de l’expérience. À sa lecture, chacun peut se dire que c’est possible et, surtout, que c’est génial : alors pourquoi pas s’y mettre de suite ?! Il suffisait d’oser le mettre en place, d’en parler avec des élus, de bien travailler la question avec les jardiniers de la ville et de mobiliser des habitants et les riverains des rues à fleurir. Elle apporte une méthode, un calendrier, des exemples et montre l’intérêt de l’expérience. Chacun y voit sa place confortée et de nouveaux liens se développer. Ensemble, de nouveaux jardins poussent. De nouveaux paysages urbains. Plantes vivaces, économies d’eau, exposition au soleil, entretien assuré par les riverains sont les nouveaux principes d’organisation. Ils inaugurent d’une ville pensée à taille humaine, avec la force de la convivialité, de l’entraide et de l’engagement. L’entretien entre Sylvie Cachin et Sylvie Ligny, cependant, est trop long. La collection gagnerait sans doute à réduire de moitié les textes des entretiens proposés et à en éditer deux par livre. Cet échange est préfacé par Gilles Clément, qui s’interroge : « Et si, au lieu de tenir à distance cette nature profuse, nous la placions au cœur de notre vie, n’aurions-nous pas quelques surprises heureuses ? » Le fleurissement et la réinstallation de la nature dans les villes, ainsi que la biodiversité, sont des enjeux nouveaux, mais déjà ancrés dans les indispensables pour repenser l’urbain. Pauline Bureau. |
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| novembre 2011 |
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| Rond-point |
| Pierre Goetschel, 52’, Candela productions et L’œil sauvage, 20€ |
| Avouons-le, le DVD est resté plusieurs semaines sur mon bureau avant que je le glisse dans l’ordinateur. 52 minutes sur le thème du rond-point, avec juste l’assurance de la maison de production que ce n’était pas un film technique, et qu’il pourrait m’intéresser. C’était faible. Mais suffisamment intriguant pour que le visionnage ait quand même lieu. Rond-point n’est pas un documentaire ; même s’il est mis en scène, ce n’est pas plus une œuvre de -fiction. C’est un véritable essai sur la complexité et la circularité du monde contemporain, guidé, traversé, nourri, percuté par l’objet giratoire autour duquel nous tournons sans guère y prêter attention. On y parle d’aménagement du territoire, de fluidité de la ville, de périurbanité, de transports ; mais on y parle aussi de poésie, de philosophie, de spiritualité, d’esthétisme. Les points de vue, prises de parole, expériences visuelles, témoignages se succèdent, se chevauchent et réussissent à nous surprendre à tous les coups. C’est la force du film, qui s’appuie, outre sur une image sensible au montage intelligent, sur une humilité et une simplicité assumée ; le réalisateur ne cantonne pas les intervenants dans leurs stéréotypes. Le joueur de vielle à roue donne son sentiment sur la marche du monde, alors que le théoricien fini par se taire et nous offrir l’image de son désarroi (après avoir dénoncé l’avènement d’« un monde où tout serait possible, mais où rien ne sera possible »). L’élu local, lui, commanditaire de ronds-points s’il en est, n’a finalement pas grand chose à dire (Jean-Marc Ayrault, « jouant » son propre rôle de guest star est, sur ce point, caricatural). La voix off, qui tutoie le spectateur, le personnage -principal, un Jacques Tati sans chapeau ni pipe, les images de dizaines de ronds-points de France ou les scènes de négociations financières entre un paysagiste et des élus locaux, rendent ce film légèrement (et délicieusement, pour les amateurs du genre) surréaliste. Et parfaitement adapté à une réflexion sensible sur la ville et ses paysages -habités. Nicolas Leblanc |
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| L´horreur managériale |
| Étienne Rodin, L´échappée, 2011, 126 pages, 10 € |
Augmenter la -productivité à moindre coût. Pour celui qui n´est pas convaincu de l´absurdité de l´impératif managérial, le livre d´Étienne Rodin est un grand bonheur. Il ne s´agit pas seulement d´un pamphlet politique, mais d´une véritable déconstruction de l´idéologie managériale avec laquelle nous fonctionnons tous les jours. Jeu des étiquettes, carrières bureaucratisées verticales, -développement des référentiels de qualité, valorisation des compétences, culte mental de la discipline managériale, telles sont les bêtises de la soi-disant philosophie du management qui dévitalise les collectifs. Accepter de manière béate l´idéologie néolibérale en faisant du marché un horizon indépassable de notre temps, telle serait notre condition selon Étienne Rodin. Le diagnostic est sans faille, il montre comment le système capitaliste récupère les tentatives d´alternatives au moyen de l´idolâtrie managériale. La démocratie participative est un trompe-l´œil masquant en réalité un dressage plus subtil des consciences aux normes inhumaines de l´absolu financier. Cette affirmation mériterait des nuances, dans la mesure où la diversité des pratiques participatives plaiderait davantage pour une forme réelle d´innovation dans les politiques publiques à mener. La responsabilité sociale des entreprises, l´illusion -autonome sont autant de déclinaisons des stratégies de récupération qui étouffent la créativité et l´intelligence -collective. L´hystérie managériale n´améliore pas les relations humaines et se révèle contre-productive, elle illustre le devenir des sociétés occidentales de plus en plus bureaucratisées. Certes, le livre en reste au diagnostic sans explorer les possibilités de résistance à cette soft-idéologie à l´intérieur des entreprises. La critique devrait permettre de questionner en profondeur les manières d´échapper ou de contourner ce système de normes. L´horreur managériale fait suite à L´horreur économique, publié quinze ans plus tôt par Viviane Forrester et qui avait eu une influence profonde sur le mouvement altermondialiste. Un ouvrage à conseiller pour déconstruire les méthodes managériales au service du capitalisme financier. Christophe Premat |
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| Les vérités du matin |
| Francette Lazard et René Piquet, les éditions de l’atelier, 2011, 236 pages, 20€ |
| Deux surprises à la -lecture de ce livre : une première quant à son objet sur le double témoignage d’anciens responsables du PCF n’ayant ni quitté sur la pointe des pieds, ni avec fracas le Parti (avec un grand P) ; et une deuxième surprise quant à la technique de production de cet ouvrage, fait à partir d’échanges de longs courriers électroniques entre les auteurs écrivant ainsi à quatre mains. Sur cet aspect original, disons que la technique entraine parfois des redites et apparents désordres, mais que cela donne de la vie. Tous deux ont vécu de -l’intérieur la grande époque du Parti, René Piquet, fils de paysan solognot, responsable du PCF en Loir-et-Cher et au bureau politique jusqu’en 1994, et Francette Lazard, née dans le monde de la finance, membre de la direction de France Nouvelle et de l’Humanité et au bureau politique jusqu’en 1997. Tous deux sont des « engagés » qui racontent leur envie de changer la société au-delà de leur adhésion à une organisation. On croise dans ce témoignage Waldeck Rochet, Jacques Duclos, Maurice Thorez et Benoît Frachon, sans oublier Georges Marchais. René Piquet ne cache pas son désarroi face à l’invasion de Prague par les chars soviétiques en 1968, Francette Lazard avoue être passée à côté du « féminisme » et on perçoit derrière leur témoignage les contraintes conscientes de la ligne du Parti. Après de longues années en responsabilité, l’un et l’autre font part des limites entre engagement personnel et encadrement du Parti. C’est un exercice de mémoire et de réflexion -philosophique et politique, de l’intérieur du Parti, mené avec lucidité et franche retenue. À lire et à faire lire à ceux qu’intéresse l’histoire du PCF, et à ceux que -questionne l’adhésion à une organisation « sans chercher à reproduire un modèle usé ». « Il n’y a ni modèle, ni précédent. Ni formule clef en main. Tout un nouvel art de la politique, du combat politique reste à découvrir, dans une perspective de dépassement du capitalisme. » Étienne Beaudoux |
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| Être « développeur » de territoire |
| Marc Vandewynckele et Joseph Licata, association Conforte, Chronique sociale, 2010, 11,90€ |
| Pour les nombreux praticiens, lecteurs de Territoires, cet ouvrage sera peu accrocheur dans une première approche. Le développement des territoires et les méthodes de recherche-action-participative ont fait l’objet de nombreux ouvrages ou communications depuis plusieurs décennies, plus opérationnels que cet ouvrage. Les auteurs se réfèrent fortement à Itamar Gassel (1926-1996), concepteur d’une approche de recherche action participative et à Paolo Freire, plus connu par ses approches de conscientisation. Si on dépasse l’impression initiale, on pourra puiser dans la première partie beaucoup de rappels utiles sur l’observation initiale au niveau des territoires de vie, ou territoires de fonction (école) ou de développement ; également sur la démarche participante avec les habitants-acteurs dynamiques avec des exemples belges et savoyards, sur l’importance du « transfrontalier », non seulement géographique mais mental, sur le passage du local au global pour éviter l’enfermement. La deuxième partie de l’ouvrage est un abécédaire à consommer au gré des envies : « c » comme conscientisation, « e » comme « empowerment » ou évaluation, « r » comme restitution, « t » comme transfrontalier, etc. Chacune des définitions pouvant être goûtée isolément mais étant constitutive de la démarche globale proposée par les auteurs. Cet ouvrage n’est pas le document de synthèse qu’on souhaiterait sur la recherche-action-participative pour acteurs de développement local, urbain ou rural. Mais il y contribue. Étienne Beaudoux |
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| Après la gauche |
| Jérémy Forni, DVD de 90 min, Compagnie des Phares & Balises, 2011, 20 € |
| Un hangar désaffecté où une série d´hommes, entre 60 et 85 ans, passent des entretiens individuels : tel est le décor proposé pour nous faire entrer dans une réflexion sur le sens de la gauche après la chute du mur de Berlin. Bernard Stiegler, Edwy Plenel, Christophe Aguiton, Albert Jacquard, Toni Negri, Lionel Jospin et d´autres commentent les défis posés à la gauche à l´ère néolibérale. Certains, à l´instar de Bernard Stiegler, se demandent si être de gauche a un sens vu que les partis institutionnels acceptent les principales lois de l´économie libérale. Le documentaire frôle l´auto-analyse des intellectuels et des anciens responsables politiques, car l´objectif est de comprendre ce qui se joue à partir du début des années 90. Quelles sont les nouvelles idées à investir, comment la gauche de demain peut-elle s´inspirer à bon escient des combats d´hier ? Le documentaire insiste en filigrane sur l´héritage des traditions de gauche dans les pays occidentaux : quelles luttes peut-on transmettre aux nouvelles générations face à l´apathie et à la brutalité des rapports sociaux de l´époque néolibérale ? Être de gauche, c´est être éternellement dans une posture de lutte, c´est certainement cette attitude qui perdure et qui ne disparaîtra pas. Nous sommes dans une phase de transition où il faudra recomposer des arènes collectives au-delà des mouvements sociaux ponctuels. L´hyperindividualisme touche à sa fin, il importe par conséquent de proposer des solutions collectives concrètes. Albert Jacquard se demande tout haut si la notion de propriété privée a un sens à l´heure où les ressources de la Terre sont épuisées : la Terre appartient à l´humanité et à aucun individu particulier, voilà l´exemple de contrat écologique à réinventer. Ce documentaire s´achève sur cette éternelle espérance démocratique des individus et des collectifs dominés, cette fibre « Spartacus », comme la nomme si bien Edwy Plenel. Christophe Premat. |
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| Les nouveaux collectifs citoyens |
| Ivan Maltcheff, préface de Patrick Viveret, Yves Michel, 2011, 170 pages, 11€ |
| Un petit bouquin court, et particulièrement utile à tous ceux qui pensent que l’action collective est encore la seule voie vers le changement de société, sort chez notre co-éditeur régulier, Yves Michel. Il s’agit du livre d’Ivan Maltcheff, préfacé par notre chroniqueur Patrick Viveret. En deux grandes parties, toujours très imagées et concrètes, il raconte comment les collectifs citoyens, ces groupes que nous connaissons tous et que, pour beaucoup, nous fréquentons régulièrement, inventent des solutions pour rendre le monde plus pérenne et plus solidaire. Seul problème : ces groupes sont quelquefois eux-mêmes invivables et hautement fragiles. C’est tout l’enjeu de la pensée d’Ivan Maltcheff : que les nouveaux collectifs citoyens vivent et se développent sur le modèle de la société qu’ils souhaitent bâtir : démocratiques, respectueux de l’individu, ouverts à la créativité, intuitifs, soignants et reliants. Force est de constater qu’il y a du travail ! S’appuyant sur forces exemples, l’auteur nous décrypte d’abord les maux qui rongent nos organisations associatives, coopératives ou informelles, puis nous proposent de nombreuses solutions alliant transformations personnelles et transformations collectives. Avec deux moteurs essentiels de la transformation du mode : la joie, et le plaisir. Mais attention, il ne suffira pas de dire « chiche » : il faut partager cet objectif, en comprendre sa portée complète, et se donner les moyens et les outils pour l’atteindre. Si dépasser les enjeux de pouvoir dans les associations, par exemple, était facile, il ne serait pas si indispensable de lire et de faire lire ce livre. N. L |
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| octobre 2011 |
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| Du Larzac à Bruxelles |
| José Bové, entretiens avec Jean Quatremer, Le Cherche Midi, 2011, 170 pages, 13,5 € |
Quand un opposant au Traité constitutionnel européen rencontre un tenant du oui... L’affiche des entretiens de José Bové avec le journaliste et blogueur sur les affaires européens au quotidien Libération Jean Quatremer était prometteuse. De son parcours militant à son engagement au sein d’Europe Écologie, en passant par sa campagne référendaire menée après des années à critiquer la politique agricole commune comme porte-parole de la Confédération paysanne ou au sein de Via Campesina, le livre donne beaucoup de clarifications sur la personne de José Bové. Pour ceux qui en doutaient, la page du référendum est donc tournée, car Bové défendait déjà en 2005 un projet positif d’une Europe citoyenne et fédérale. Si on se souvient de la Taxe Tobin, il est logique pour Bové d’estimer que l’Union est un « nain budgétaire en plus d’être un nain politique », alors qu’il faudrait avancer dans le dépassement de l’État-nation.
Cependant, au-delà de la réflexion intéressante sur la gauche européenne, on en saura peu des premiers combats menés au sein du Parlement Européen. Le livre ne consacre d’ailleurs qu’une vingtaine de pages sur une certaine idée de l’agriculture, ou du monde rural. Les co-auteurs ont fait le choix de ne pas rentrer dans le vif du sujet, alors même que Bové est, au Parlement, vice-président de la commission sur l’agriculture et que son premier rapport est destiné à assurer un salaire équitable aux agriculteurs. Le livre reste donc aux portes du Parlement Européen, malgré son titre. Il faudra attendre encore quelques années pour connaître l’analyse de la marge de manœuvre de l’ex-altermondialiste au sein du Parlement, face à une majorité conservatrice et, surtout, face la Commission et au Conseil européen.
À quel point la prochaine Pac protégera-t-elle les paysans et le Larzac, fief que José Bové rejoint chaque fin de semaine après son travail bruxellois ? C’est ce que nous suivrons dans les mois qui viennent.. Camille Pesnel |
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Les aventures de Sarkozix |
| Guy Delcourt, Wilfrid Lupano, Bruno Bazile et Jérôme Maffre, éditions Delcourt, 48 pages, tome 1 (2010), 9,95 euros, et tome 2 (2011), 10,5 € |
La déferlante de BD satirico-politiques est en route et devrait aller en s’accélérant dans les semaines qui viennent. Personnage incontournable, caricatural par nature, notre président de la République est pain bénit pour les auteurs de bande dessinée. Avec les Aventures de Sarkozix, c’est Guy Delcourt en personne, le patron de la maison d’édition éponyme, qui s’est mis au travail avec deux scénaristes et un dessinateur. Deux tomes, Tout pour ma gaule et Et ils coulèrent des jours heureux (le tome 3, N’en jetez plus, est annoncé pour novembre 2011), nous font remonter le temps, participant au passage à la célébration du 350 millionnième album d’Astérix vendu. Mais ici, il s’agit donc de Sarkozix, gérant avec son équipe – Fillius, Alliomarix, Hortefix et cie – la Gaulle qu’il vient de conquérir. Au travers de gags d’une à deux planches, les auteurs essaient de pousser le plus loin possible la ressemblance avec les événements de la saga Sarkozy : la fête au Foutriquet’s, le casse-toi pauv’con, ou encore la rencontre avec Carlabrunix. Une manière légère de revivre les nombreux éléments marquants du quinquennat. Le tout est presque drôle. « Presque », parce que se replonger en permanence dans les frasques et la conduite de l’État façon Sarkozy fait au final difficilement rire. Mais aussi parce que, si certains gags sont bien pensés (le coup du « bouclier » – entendu au sens propre, avec porteurs et tout et tout – fiscal, ou le zèle d’Adopix), on fini par se lasser assez vite des noms en « ix », « us » et autre consonance latine. Ne s’improvise pas Goscinny qui veut et l’on est loin de la finesse que le créateur d’Astérix mettait (à l’époque dorée des premiers albums) dans les noms de ses personnages et dans ses gags, et nous faisait attendre avec impatience la prochaine aventure. Sabrina Costanzo |
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| La pire espèce |
| Agathe André, Richard Malka et Ptiluc, Grasset / Vents d’Ouest, 2010, 96 pages, 15 € |
| Un groupe d’animaux victimes du décrochage de la barge qui les liait à l’Arche de Noé échouent sur une île mystérieuse. Seuls au monde, ils y organisent une société, qui a bien entendu méchamment tendance à compiler tous les travers de la nôtre. Voici un album ouvertement politiquement incorrect, où l’on retrouve avec grand plaisir la patte prédominante de Ptiluc – l’auteur de Pacush blues et Rat’s –, tant sur le plan graphique -(animaux malpropres aux yeux exorbités, évoluant dans une ambiance assez gore), que dans sa façon de mettre en scène avec un humour noir des personnages aussi déjantés que décadents. L’intrigue n’a pour fonction que de nous faire visiter cette l’île, qui fait cohabiter le quartier de la « Fabrique de la rumeur », bordé par le rivage de « L’ondit », avec « Fric city », le « Festival des vieilles bourriques et des bons sentiments », ou encore le « Refuge de la raison ». C’est là que vivent des peuplades d’animaux savoureuses, décrites comme autant de tribu socio-politiques : les ânes gauchistes, qui peuvent être têtus comme des mules ; les hyènes de garde ; les pitbulls fachos ; les oiseaux journalistes (c’est-à-dire autant les pigeons qui se font manipuler par leurs sources que les perroquets qui répètent sans vérifier), etc. L’intérêt, c’est que chacun en prend pour son grade, sans préséance ni favoritisme. Pour paraphraser le slogan de feu Hara-Kiri, qui ne renierait pas cette satire animalière, c’est « bêtes » et méchant. S. C. |
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| Le livre noir de la RGPP |
| Collectif, 2011, 136 pages, disponible en PDF sur www.force-ouvriere.fr |
| En éditant son Livre noir de la RGPP, et aujourd’hui en le réactualisant, Force ouvrière ne s’est pas enfermé dans un exercice technique et abscon, car le sujet va bien au-delà de cet acronyme (RGPP pour Réforme générale des politiques publique) : il s’agit fondamentalement de l’état et de l’avenir des services publics ; de tous les services publics. Cet ouvrage très complet, rassemble de nombreuses micro-luttes sectorielles, auxquelles la centrale syndicale donne un sens global, et notamment politique : « Jamais concertées, jamais débattues, ni au Parlement, ni avec les élus locaux, ni avec les organisations syndicales, ni avec les ministères, 561 mesures de la RGPP ont été élaborées entre 2007 et 2011 en catimini par le Comité de modernisation des politiques publiques (CMPP) : quelques préfets et hauts dirigeants du ministère du budget ainsi que des acteurs du secteur privé intéressés directement à la privatisation de missions publiques du fait de l’activité de leurs sociétés. Chaque mesure est, de fait, source de conflits d’intérêts. » Une perspective troublante qui ouvre le bal des réductions de postes et de moyens à donner le tournis : une quarantaine d’exemples concrets sont traités, rangés dans onze thèmes touchant la vie courante : se déplacer, travailler, se former, s’informer, être en sécurité, se nourrir, se cultiver, se loger, se soigner, consommer, avoir des loisirs. Que du futile ! 140 pages qui font certes froid dans le dos, mais qui ont l’immense mérite d’être très claires et lisibles… et qui donnent envie de changer les choses, en 2012 ? Nicolas Leblanc |
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| Dictionnaire des politiques territoriales |
| Sous la direction de Romain Pasquier, Sébastien Guigner et Alistair Cole, presses de Sciences Po, 2011, 590 pages, 25 € |
84 entrées réparties sur 19 lettres et rédigées par 81 auteurs (dont au moins seize ayant fait des apparitions récentes dans les colonnes de Territoires, ce qui nous laisse une belle marge de progression !) :
ce dictionnaire des politiques territoriales se présente en premier lieu aux yeux du lecteur potentiel comme une somme à l’usage des acteurs locaux (dans la collection « références » des presses de Sciences Po !). Mais il ne faut pas y voir pour autant une compilation de données techniques assommant des étudiants en droit public par la dissection des quelques 168 sigles et acronymes (tout de même) placés le long des 590 pages de cet édifice savant. Chaque article, court, clair, accompagné de quelques repères bibliographiques, représente un exercice de synthèse passionnant sur des notions qui ne sont pas toujours prises en compte à leur juste valeur : de « action publique territoriale » à « ville (politique de la ville) », ce dico passe par les cases « approche socio-historique », « cumul des mandats », « demande sociale », « fédéralisme », « inégalités territoriales », « mixité sociale », « patrimoine », « référendum local » ou « usagers », sans oublier les démocraties « locale » et « participatives ». Si ces deux derniers articles (signés respectivement par Rémi Lefebvre et Guillaume Gourgues) penchent par moment du côté de l’épistémologie, ils ont l’immense intérêt de proposer une objectivation en 2011 de ces deux notions, et en moins de six pages chacune ! La chose n’est pas si courante pour que l’on se permette d’en faire l’impasse. Au final, si l’ouvrage porte mal son titre (il ne s’agit pas d’un dictionnaire des politiques territoriales au sens strict, mais des notions qui structurent et traversent les politiques territoriales, ce qui est bien plus passionnant), il est bien plus abordable que son profil pourrait le laisser croire, et constitue une lecture critique et d’une grande richesse des politiques locales que l’on veut trop souvent faire passer pour techniques et rébarbatives. N. L. |
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| Pendant qu’ils comptent les morts |
| Marin Ledun et Brigitte Font Le Bret, La Tengo éditions, 2010, 165 pages, 15 € |
| L’ouvrage date de 2010 mais reste d’une brûlante actualité : il n’a malheureusement, pas pris une ride. S’appuyant sur l’expérience de France Télécom, il décrit et décrypte la souffrance au travail vécue par les salariés de cet ex bastion du service public qui va connaître, de janvier 2008 à décembre 2009, un pic de 32 suicides. Ce petit livre est construit sur la conversation entre un sociologue, ex salarié de France Télécom, et une psychiatre, médecin du travail, qui a suivi de nombreuses personnes en situations de stress et de souffrance. Les deux auteurs partagent leurs expériences respectives, et s’aident mutuellement à comprendre une actualité qui n’a, pour eux, rien d’extérieure. Ainsi quand Brigitte Font Le Bret fait le récit de cet ingénieur qui lui raconte par le détail comment il compte liquider, balistiquement parlant, ses deux supérieurs pour se libérer de la pression que ceux-ci lui impose. Ou encore quand son patient l’appelle sur son portable, accroché à son balcon, prêt à sauter. Sur cette « matière », il aurait été facile de tomber dans le pathos, et la révolte sensationnaliste. Au contraire, les deux auteurs discutant tentent de poser avec mesure leur vécu comme leurs questionnements, soulignant la complexité, pour les individus, de se sortir du système globalisant de ce que Bernard Floris, chercheur à Grenoble, appelle dans une postface absolument éclairante le « management par la menace » : « Le management par la menace constitue un système enfermant consistant à soumettre les salariés à une domination totale avec l’apparence de leur consentement. Son dispositif a pour redoutable effet de transférer le conflit d’intérêts indépassable entre le capital et le travail en conflit psychique de chaque individu avec lui-même ou contre ses proches, et en crainte paralysante. Il transforme la promesse émancipatrice du travail en assujettissement de soi par soi, au prix de souffrances pathogènes et destructrices. » Le livre se concluant sur cette interrogation teintée d’indignation : « Quand refuserons-nous de vivre et travailler ainsi ? » N. L. |
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| septembre 2011 |
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| Remue-ménage dans la sous-traitance |
| Un DVD de Ivora Cusack, 70 minutes, Collectif 360° et même plus, 2008, 10 € |
| Des tracts qui volent dans le hall d’un hôtel luxueux, un pique-nique dressé au pied de la réception au son de l’harmonica, des femmes qui tapent sur des casseroles sous le regard interloqué, compatissant, parfois méprisant des clients… C’est un sacré remue-ménage auquel nous assistons dans ce documentaire au long cours d’Ivora Cusack, tourné pendant quatre ans. Car la lutte des femmes de chambre parisiennes fut longue. En mars 2002, trente-cinq femmes, d’origine africaine pour la plupart, employées par la société Arcade pour travailler dans les hôtels du groupe Accor, se mettent en grève. Leurs revendications : obtenir la rémunération de toutes les heures travaillées et dénoncer les cadences de travail – une chambre toutes les 17 minutes pour 1,63 e. Un rythme auquel on finit par s’habituer tôt ou tard, avance à demi-mot la direction d’Arcade, essentiellement représentée au travers d’images d’archives du journal télévisé. Après un an de lutte, ces femmes engagées obtiennent une première victoire. Mais, quelques mois plus tard, Mayan Faty, la déléguée syndicale, est licenciée après treize ans dans l’entreprise. La lutte reprend alors.
Alternant témoignages des grévistes et scènes de manifestation, Remue-ménage dans la sous-traitance s’attache à montrer l’apprentissage de la mobilisation par ces femmes, pour la plupart engagée pour la première fois dans une lutte – et parfois contre l’avis de leur mari – afin de faire reconnaître leurs droits. Au rythme du slogan « Arcade pourri, Accor complice ! » que scandent ces femmes, le film témoigne en creux des dérives de la sous-traitance, où la raison économique prime sur les considérations humaines. Mais le plus frappant reste le manque de solidarité et de compassion de la part des employés et directeurs d’hôtels, auquel répond l’aide du comité de soutien et de l’intersyndicale dans la lutte menée par ces femmes pour retrouver leur dignité. Un bel exemple de solidarité. Camille Pesnel |
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| Dans la tourmente |
| Un DVD de Franck et Marie-Laurence Delaunay, 55 minutes, Candela productions et TV Rennes 35, avec la participation de Public Sénat, 20 € |
2004. Le nouveau président (PS) du conseil général d’Ille-et-Vilaine annonce la volonté de sa nouvelle majorité politique de réorganiser l’institution départementale pour la territorialiser dans sept agences départementales. Alors, forcément, les grandes manœuvres s’annoncent : les 2 000 agents concernés entrent de plain-pied dans quatre années d’un plan stratégique qui doit les amener à changer de poste, de lieu de travail, de collègues… Installés à Rennes, ils vont devoir partir à Saint-Malo, Fougères, Montfort, Bain-de-Bretagne, Vitré, Redon… ou rester. Entre réflexions personnelles et négociations collectives, le film est l’histoire de ce changement, vécu au niveau de l’institution mais surtout au niveau de chaque personne concernée. Si l’on peut regretter de ne pas suffisamment entrer dans la mécanique de précision qu’est la conduite du changement – qui semble assez efficacement menée par l’équipe de direction du département –, Marie Laurence et Franck Delaunay, les réalisateurs, interrogent un panel d’agents dans des postes divers tout au long du processus pour comprendre comment ils réagissent à ce bouleversement professionnel. Les phases de négociations avec les syndicats sont également filmées, ce qui constitue d’ailleurs quelques scènes fortes du film. Une réflexion sur la territorialisation de l’action publique du point de vue des usagers aurait pu présenter une autre facette du problème, mais le film fait quasiment l’impasse sur ce sujet. Reste que l’ensemble montre que le changement, même assez radical, n’est pas en soi repoussé par les fonctionnaires territoriaux, mais que sa conduite demande une très forte écoute et un accompagnement extrêmement cohérent, car le changement reste un élément perturbateur qui peut dégénérer rapidement en stress et en souffrance. Nicolas Leblanc |
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| Yves Lacoste – La géopolitique et le géographe |
| Entretiens avec Pascal Lorot, Choiseul éditions, 2010, 270 pages, 20 € |
| À 82 ans, Yves Lacoste est un mandarin, un baron de la géographie, statut qui ne semble d’ailleurs guère le gêner, bien au contraire. Ce n’est pas qu’il ait besoin de reconnaissance par ses pairs, auprès desquels le fondateur de la revue Hérodote est bien reconnu comme le chef de file de l’école française de géopolitique et un géographe qui compte dans le paysage. Mais c’est sans doute que la géographie reste la moins comprise des sciences humaines. Alors que le terme « géopolitique » court les colonnes des journaux pour désigner à peu près tout et n’importe quoi (de la géopolitique du pétrole à la géopolitique du golf…), Yves Lacoste, avec l’aide avisée de Pascal Lorot, qui dirige les revues Géoéconomie et Sécurité globale, reprend la notion à la base et replace son parcours dans l’Histoire du siècle. De la géopolitique allemande de l’entre-deux guerres à la naissance, puis au développement d’une école française, Yves Lacoste explique la singularité de la pensée des conflits territoriaux. Sans rien simplifier, le professeur et son interlocuteur expliquent, décortiquent avec une grande clarté, sans jamais jargonner et, surtout, racontent le parcours de celui qui s’est rendu célèbre par le titre d’un de ses livre paru au milieu des années 70 : La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre. On y découvre le cheminement d’Yves Lacoste qui nous emmène aussi bien à la découverte de la gestion du Maroc avant son indépendance que dans une analyse passionnante de la révolution castriste à Cuba. On le suit également dans une descente en règle (et en flammes) des limites de la géographie de Roger Brunet (la chorématique), l’inventeur de la « banane bleue », qui a, elle aussi, connue son heure de gloire. Le livre devient (sur une partie finale assez courte) plus sujet à débat quand Yves Lacoste – que certains géographes traitent encore de « gauchiste » ! – revient sur son ouvrage de 1998, Vive la nation !, et sur ses analyse de la question postcoloniale dans les banlieues françaises. N. L. |
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| Fin de concession |
| Un DVD de Pierre Carles, 128 minutes, C-P Productions, 20 € |
| En 128 minutes, on découvre le documentariste Pierre Carles (Pas vu, pas pris ; Enfin pris), toujours décidé à dénoncer la collusion des mondes politique, économique et médiatique, dans lequel il a évolué professionnellement avant de devenir persona non grata. Il commence sa démonstration par le scandale médiatique qu’est la privatisation de la première chaîne de télévision au profit du groupe Bouygues, qui a vu sa concession renouvelée au bout de dix ans alors que ses engagements de « mieux-disant culturel » n’ont pas été tenus (mais fallait-il y croire ?). On (re)voit des moments savoureux de l’histoire du Paf comme le média-training orchestré par Bernard Tapie pour ses amis du groupe Bouygues, dans lequel on découvre déjà les talents d’acteur que le personnage saura mettre en pratique une fois ses actions exercées dans le monde politico-financier remerciées. Et comment Bouygues, décrochant la timbale, met en œuvre sa ligne éditoriale de « temps de cerveau disponible », comme l’explique Patrick Le Lay, l’ancien PDG de TF1. L’enquête, laborieuse, menée par un Pierre Carles qui s’acharne à vouloir piéger ceux qui sont dans ce système (journalistes, hommes politiques ou patrons de chaîne) et à leur faire reconnaître qu’ils ont trahi leurs engagements, voire leur déontologie, patine un peu. Pas facile de faire avouer quoi que ce soit à ce genre de personnage, rompu aux médias et plutôt hostile à leur intervieweur. Le résultat pourrait décevoir, ou décourager, si l’auteur n’avait pas ajouté sa part de doute et de questionnement. S’acharnerait-il sur la sphère qui l’a rejetée quelques années auparavant ? Quels modes d’actions nouveaux sont à inventer ? Si le film n’apporte pas de réponse, il participe au devoir de mémoire. Les jeunes générations promptes à s’indigner ont vu le jour alors que TF1 appartenait déjà au privé. Leur rappeler que les ondes sont un patrimoine collectif qu’il est possible de revendiquer est une étape pour aller vers une information citoyenne. À ceux qui souhaitent changer la donne de faire preuve de créativité, comme ces Polonais qui, en 1981, promenaient leur télévision en poussette pour protester contre la propagande du bulletin officiel d’information. Blanche Caussanel |
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| Les éditocrates |
| Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle, Mathias Reymond, Pocket – La Découverte, 2009, 190 pages, 6,6 € |
| L’été passé, pourquoi ne pas prolonger le plaisir par un petit « poche » qui va nous ramener doucement sur l’écume de l’actualité, l’humour en plus ? L’ouvrage, sous-titré « Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi », donne le ton. Dans une sorte de mise à jour illustrée des Nouveaux chiens de gardes (Serge Halimi, Liber-Raisons d’agir, 1997), les quatre auteurs – trois journalistes et Mathias Reymond, un économiste – dressent le portrait (forcément) au vitriol de neuf éditorialistes multicartes du paysage médiatique français (l’édition originale à La Découverte compte dix portraits, Jacques Marseille ayant disparu dans l’édition poche, pour une raison qui nous est inconnue). Il s’agit de la crème de la crème de ces intellos-journalistes qui se portent garant du sérieux abyssal de leur propre pensée, et de la nullité crasse et immature de ceux qui les attaquent : Alain Duhamel (dit Le Cardinal) ; BHL, le traficoteur de vérités vues / pas vues ; Christophe Barbier et Nicolas Baverez, les « plus libéral que moi tu meurs » ; Jacques Attali, ou le David Copperfield de la pensée ; Alexandre Adler, le débusqueur d’antisémites ; Ivan Rioufol, le Mac Carthy du vendredi ; Laurent Joffrin, le capitaliste de gauche ; et Philippe Val, l’arriviste arrivé. Chaque éditocrate se fait tailler un costard sur mesure, basé sur ses prises de parole et ses positions : erreurs, revirements, outrances, caricatures, plagiats et accusations à tort et à travers s’enchaînent avec rythme. Les auteurs ont manifestement pris un certain plaisir à taper fort – plaisir qu’ils savent faire partager –, mais le tout dresse un tableau qui n’est pas dénué de sens : celui d’un paysage médiatique assez clairement libéral, où la recherche d’ennemis extérieurs (trotsko-gaucho-communistes, antisémites, islamistes, tout est bon et rien n’est très précis) tient lieu d’argument massue dans les éditoriaux de salon. Drôle et édifiant. N. L. |
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| Petits départements et grandes régions |
| Loeiz Laurent, L’Harmattan, 2011, 185 pages, 17,50 € |
| Loeiz Laurent, ancien chercheur à l’Inséé est, depuis toujours, un militant du développement local et des Pays, principalement en Bretagne. Avec ce nouveau livre, il donne une fois de plus la preuve de l’originalité féconde de sa pensée en proposant une autre voie pour la réforme des collectivités territoriales que celle qui est mise en place par la loi du 16 décembre 2010, qu’il analyse et critique méticuleusement, ainsi que les rapports qui l’ont précédée. La force de sa démonstration repose sur l’étude détaillée d’une trajectoire historique : comment sont nées les communes, les départements, les régions ? ; quels rôles jouent ces structures dans le cadre des deux premiers actes de la décentralisation ? ; comment la situation actuelle résulte de compromis entre des thèses opposées traversant la classe politique et la haute administration. Loeiz Laurent déplore particulièrement l’effondrement de la vision analytique, prospective et planificatrice que représentait le défunt Commissariat au Plan et, encore plus, l’effacement d’une conception opérationnelle de l’aménagement du territoire, avec la présence fantomatique d’une nouvelle Datar qui n’est plus qu’une ombre de l’ancienne. Puis vient la thèse. La restructuration du maillage communal est nécessaire, mais il ne peut être imposé d’en-haut. Elle doit être l’œuvre des communes elles-mêmes. Si les départements veulent survivre, ils doivent être beaucoup plus proches du terrain, c’est-à-dire beaucoup plus nombreux, à l’échelle des arrondissements qui coïncident souvent avec celle des Pays. Les régions sont trop étriquées et nombreuses. Entre 12 et 15 grandes régions correspondrait mieux à leur vocation stratégique. Des « métropoles-départements » peuvent coexister avec des espaces ruraux polarisés par des villes moyennes… Beaucoup d’autres idées fortement argumentées fouettent la réflexion. Georges Gontcharoff |
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| juin 2011 |
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| Gérer ensemble les territoires, vers une démocratie coopérative |
| Jean-Eudes Beuret, Anne Cadoret, éditions Charles Léopold Mayer, 2010, 228 pages, 18 € |
| En 1997, la Fondation de France a lancé le programme « Ensemble pour gérer les territoires » qui a donné lieu à 600 projets. Dix ans après, elle a confié son évaluation aux deux chercheurs Jean-Eudes Beuret et Anne Cadoret. Cet ouvrage analyse et valorise la diversité de près de 300 initiatives locales de concertation et 47 projets autour de l’environnement et du développement durable. En ressortent les caractéristiques d’une gouvernance territoriale endogène : rurbanisation des campagnes ; dialogues entre agriculteurs et ostréiculteurs au sujet de la qualité de l'eau ; mise en association pour gérer des alpages, des marais, des espaces verts ; débats autour de la gestion d'un espace naturel ou de l'aménagement d'un quartier, etc. Les acteurs locaux, pour répondre à une situation problématique donnée, introduisent une nouvelle façon de vivre la participation démocratique indispensable à la dynamique des territoires. Ils analysent ensuite les impacts de ces projets et la place qu’ils occupent, entre démocraties représentative et participative. Plus des deux tiers des cas analysés constituent de véritables projets de gestion concertée, et bon nombre viennent compléter voire corriger l’action publique, qui paraît mal armée pour appuyer un processus décentralisé dynamique et multiforme. Alors que l’État se repose fréquemment sur les découpages territoriaux existants pour proposer une concertation, l’étude des initiatives locales montre qu’elles peuvent, soit conforter ces découpages, soit les mettre en cause et les redéfinir. Nombreuses, novatrices, ces initiatives méritent d'être mieux reconnues et soutenues afin de créer plus de synergies entre la gestion territoriale de l'environnement et les pouvoirs publics. Les auteurs plaident pour une meilleure prise en compte de ces initiatives par les pouvoirs publics, au sein d’une démocratie « coopérative », afin que démocraties participative et représentative se complètent plus harmonieusement et soient en synergie. La création d‘espaces de dialogue, producteurs de lien social, représente un enjeu majeur. Aussi, les auteurs suggèrent d’aller voir les nouvelles expériences publiques d’intervention qui ont lieu dans d’autres domaines – et qui sont caractérisées par la mise en réseau des acteurs, une formation de ceux-ci, l’audit et l’évaluation de la concertation, l’acquisition d’une audience – en mettant en lumière les passerelles entre les diverses approches. Brigitte Bouquet |
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| Le temps des grâces |
| Dominique Marchais, 2011, DVD de 2 h 03, Capricci (www.capricci.fr), 16 € |
Sorti en janvier 2011 en DVD, vous avez peut-être raté le film de Dominique Marchais. Pour combler cette lacune, courrez vous le procurer pour une diffusion entre amis ou entre voisins ! En deux heures et trois minutes, l’auteur réussit à concilier une réflexion très profonde sur le rapport de notre civilisation à la terre, l’état de l’agriculture française et l’histoire de son évolution, ainsi qu’une poésie évidente, dans les images comme dans le choix de certains témoignages. Formellement très soigné, construit de manière à ne pas lasser par de trop longues séquences d’interview ou des propos trop techniques, Le temps des grâces réussit la synthèse entre le documentaire militant et le film grand public. Le couple Bourguignon y explique la désolation des sols, Henri Baron prouve que l’on peut être et avoir été, Matthieu Calame incarne un mixte surprenant entre la tête et les jambes, Pierre Bergouniou fait sonner ses origines terrestres… Et les territoires cadrés par la caméra de Dominique Marchais collent toutes ces paroles en un tout qui nous ouvre les sens sur ce que nous voyons tous les jours, sans ne plus le comprendre. Avec deux messages qui servent de fil rouge : l’avenir de l’agriculture appartient à tous, et pas seulement aux paysans ; mais si nous ne les comprenons pas, seule l’impuissance sera partagée. Un film à voir et à labourer. À noter que les bonus, avec les débats des présentations en salle du film, forment une continuité intéressante.
Nicolas Leblanc |
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| Projets culturels et participation citoyenne |
| Coordonné par Françoise Liot, L’Harmattan, 225 pages, 2010, 21,5 € |
| La culture a longtemps été assimilée à une préoccupation d’élites, que quelques représentants (comme André Malraux) eurent le louable souci de rendre accessible aux gens ordinaires. Pendant longtemps, « action culturelle » a été identifiée à « équipements culturels » et « animation culturelle », d’ailleurs assez dévalorisée par les érudits. Au-delà de ces césures anciennes, les auteurs tentent de démonter les approches des publics spécifiques et de proposer une approche de la diversité culturelle comme outil de citoyenneté. Les contributions réunies dans cet ouvrage proviennent d’universitaires et de praticiens. Le livre rend compte de pratiques (mais davantage du point de vue d’universitaires que des praticiens eux mêmes), qui ont pour point commun d’engager la participation des populations : pratiques d’installations photographiques à Bordeaux, commandes à des artistes sous l’égide de la Fondation de France, promotion de pratiques culturelles en hôpital, résidences d’artistes avec implication de la population locale au Blanc-Mesnil, maison des civilisations à la Réunion. Plusieurs textes rendent compte des pratiques anciennes, de l’éducation populaire aux initiatives urbaines d’aujourd’hui. Ainsi, cet ouvrage rapporte des expérimentations d’implication de populations, rendues actrices de moments culturels, et véritables supports de transformation sociale et politique. Quatre questions structurent tous ces textes : quelles représentations et quelles politiques de la culture ? Quels modes d’appropriation de la culture sont-ils possibles ? Quelle place pour la participation dans les projets culturels ? Comment prendre en compte la diversité culturelle ? Malheureusement, certains articles sont moins faciles à lire que d’autres. Au total, un dossier utile pour tous les acteurs soucieux de participation citoyenne dans l’élaboration et la mise en œuvre de projets culturels. Étienne Beaudoux |
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| La France surendettée ? |
| Hervé Morel, Les petits matins, 2011, 224 pages, 16 € |
| Et si des modèles et solutions libéraux et keynésiens – ces choix économiques qui ne font qu'accentuer la dette que supporteront les prochaines générations – nous faisions table rase ? Hervé Morel, dans La France surendettée ?, fait ressortir les paradoxes de la pensée économique actuelle avec humour et pédagogie. Cet essai est peuplé des personnages des fables de la Fontaine : Perrette, son pot de lait et Jacquot, l'Huître et les Plaideurs... Mais aussi Bob Dylan et l'Avare de Molière. Grâce à des exemples réels et à des histoires, l'auteur explique, pose des questions et nous permet de comprendre les mécanismes et le vocabulaire de la finance et de l'économie. Le lecteur peut aussi vérifier ses acquis grâce aux points-clés à retenir à la fin de chaque chapitre. Un ouvrage pédagogique, donc, mais aussi de convictions pour sortir de l'impasse de l'endettement du pays. Lorsque l'État engage des dépenses non légitimées par la population (qu'il ne peut donc pas faire financer par des augmentations d'impôts) ou bien qui ne rapportent aucun revenu dans le futur, il emprunte et accentue ainsi la dette publique. Seul l'État a la possibilité de le faire sans devoir équilibrer son budget de fonctionnement (à la différence des collectivités locales). Ce qui lui permet de passer outre le refus des citoyens. L'endettement de la France montre en creux la crise de la démocratie. La réponse écologiste à la dette que propose l'auteur implique de penser les ressources en termes de stocks et non de flux (les ressources naturelles sont limitées et il faut gérer les déchets produits), « d'enchâsser l'économie dans un cadre moral » et de reconstruire du dialogue démocratique. Une réflexion et des propositions enthousiasmantes, qui montrent que les écologistes ont franchi une étape importante dans leur capacité à proposer un programme écologique, social et éthique pour 2012. Pauline Bureau |
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| Agathe |
| Christophe Vadon et Pat Masioni, tome 1 : Agent S.I., tome 2 : Chargée de mission C.I., Grad 2011, 48 pages, 13,5 € |
| Agathe, étudiante en fin d’études, est curieuse de la planète et de ses habitants. Le tsunami fut pour elle un événement déclencheur qui l’a conduite à s’intéresser aux actions soutenues par des ONG ou des acteurs de coopération décentralisée. Création d’une crèche au Brésil, installation d’un dispensaire, projets de production maraîchère de groupements de femmes au Burkina Faso et mobilisation des pêcheurs pauvres du Sri Lanka : ce sont les différentes facettes d’actions de solidarité et de coopération internationale dans lesquelles elle s’implique avec son ami Cédric. Et la multitude des acteurs rencontrés en Europe et dans les pays du Sud sont présents dans les planches : militants associatifs, volontaires, organisations non gouvernementales, élus et agents des administrations. C’est un pari difficile de vouloir allier démarches ludiques et didactiques sur les thèmes de la solidarité internationale (tome 1 de la série) et de la coopération (tome 2). Certains ont déjà relevé ce défi dans le cadre de « l’éducation au développement », mais rarement de façon synthétique comme dans ces deux albums. Beaucoup d’informations (trop sans doute pour les moins concernés) sont diffusées à travers un dessin agréable et deux types de renvois : en fin de volume on trouve des lexiques sur quelques éléments clef du contexte (les acteurs de coopération, les types d’aide, les bailleurs de fonds, l’aide publique au développement, etc.) ; et sur le site du Groupe de réalisations et d’animation pour le développement figurent des développements supplémentaires. Les deux albums parus seront complétés par un troisième Agathe agissant ici, sans oublier là bas c'est-à-dire les pays du Sud. Pour les jeunes intéressés par les initiatives de solidarité / coopération et pour les moins jeunes tout autant concernés par la coopération décentralisée et le travail des ONG, deux bandes dessinées à lire et à faire lire. Étienne Beaudoux |
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| Une monnaie nationale complémentaire |
| Philippe Deruder et André-Jacques Holbecq, Yves Michel 2011, 180 pages, 12 € |
| Suite utile au dossier de Territoires sur les monnaies complémentaires locales (n° 515), l’ouvrage propose la mise en place d’un projet de monnaie complémentaire nationale, appelé Espace économique complémentaire sociétal (ECS). Bien sûr, parler monnaie fait toujours peur : domaine réservé aux économistes, voire même domaine réservé… aux seuls Dieux et autres mains invisibles, du marché comme d’opérette. Pourtant, comme nous l’avons souvent défendu ici, et comme de nombreux citoyens le répètent de plus en plus, il est urgent de se réapproprier les débats sur les systèmes monétaires. Tout apport allant en ce sens est bienvenu, surtout quand, comme dans cet ouvrage, il fait l’effort pédagogique d’être accessible au plus grand nombre, et adopte un point de vue politique enthousiasmant. Il s’agit avant tout d’un exercice mental consistant à casser du dogme économique comme d’autres fendent du bois pour se défouler. Non, l’argent ne manque pas sur Terre. Non, l’économie n’est pas « naturellement » productrice de pauvreté et d’inégalités. Non, il n’est pas interdit de penser par soi-même et d’inventer des modèles complémentaires dont on contrôle enfin les finalités, les objectifs et les moyens d’actions, par une revivification de la démocratie qui trouverait, enfin, par ce système, de nouveaux champs de délibérations véritablement porteurs d’enjeux. Un livre qui vaut plus que son prix en euros. N. L. |
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| Mai 2011 |
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| Guidebook to Direct Democracy |
| Bruno Kaufmann, Rolf Büchi, Nadja Braun, Initiative and Referendum Institute Europe, 2010, 275 pages, www.iri-europe.org (lecture en ligne, téléchargeable, ou sur commande 20 € pour l’édition papier) |
| Cela peut paraître paradoxal de proposer un guide d´utilisation de la démocratie directe, mais ce livre répond avant tout à un déficit de connaissances sur le sujet. La démocratie directe est encore trop réduite à une forme de pulsion de démocratie inadaptée aux enjeux politiques contemporains et reste cantonnée à l´exotisme d´un petit pays, la Suisse. Ce livre montre au contraire que l´histoire de la démocratie directe en Suisse est liée à la mise en place d´une culture politique du compromis et de la discussion. Il commence par décrire le quotidien d´une zürichoise, et montre comment cette citoyenne, qui sans être une professionnelle de la politique, est très impliquée par sa citoyenneté « active » : votations, élections et campagnes référendaires font partie de ses préoccupations et tiennent une place importante dans sa vie. On apprend également que l´outil a besoin d´être perfectionné et qu´une procédure a des chances d´être efficace si elle est bien préparée et si le sujet est bien posé. Toutes les questions sont abordées, sans aucun tabou : si la démocratie a un coût, celui-ci est pondéré par l´amélioration de l´efficacité économique, car les décisions prises démocratiquement à l´issue d´un débat permettent de faire émerger les enjeux de telle ou telle question. Les limites de la démocratie directe sont également abordées avec, en particulier, les types de votes discriminants : la Constitution a ainsi un rôle fondamental dans la protection des droits individuels et dans le calibrage de ces procédures. Le citoyen n´est pas incompétent lorsqu´il peut voter sur un sujet qui affecte son quotidien, il est au contraire capable de faire progresser le débat public et de s´organiser pour faire prévaloir son avis. Ce guide 2010, qui est réédité et enrichi de version en version, a le mérite d´éclairer toutes les personnes intéressées et engagées dans la participation citoyenne. Très utile, au moment où le traité de Lisbonne ouvre une possibilité inédite de démocratie participative au niveau européen. Et si la démocratie directe constituait l´avenir de nos oligarchies politiques fatiguées ? Christophe Premat |
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| Services en milieu rural : nouvelles attentes, nouvelles réponses |
| Coordonné par Jean-Claude Bontron, Odile Plan, Jean-François Ayats et Maurice Guéneau, Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (Grep), n° 208, janvier 2011, 20€ |
| En ces temps de mobilisation pour la défense des services dans les territoires ruraux, cette livraison de Pour place le projecteur sur quelques tendances fortes des évolutions à l’œuvre en milieu rural : l’élargissement du territoire local d’appartenance, le glissement de la notion de service public vers celle de services au public, apportés par des acteurs publics et privés (marchands et d’économie sociale). La première partie consacrée à « l’accès aux services, facteur d’équité sociale et territoriale » évoque la culture dans les campagnes, la fin de la justice accessible à tous, et l’école en milieu rural, maintenue grâce à la mobilité (transports scolaires) et à la réorganisation du maillage scolaire, avec un effet de « dissémination » caractéristique des territoires ruraux actuels. Les législations européennes, à l’œuvre derrière toutes ces évolutions, sont décortiquées. La seconde partie traite des « services, facteurs d’attractivité et de compétitivité », avec des leviers pour agir : une approche globale, la valorisation de l’existant, l’innovation, l’utilisation des nouvelles technologies d’information, le partenariat public-privé et les secteurs d’économie solidaire. À noter d’utiles fiches-expériences à travers la France. La troisième partie porte sur « les services, champs d’innovation sociale ». Des illustrations variées : la mutualisation des services dans la communauté du Val-de-Drôme, les régies de quartier et de territoire, le dernier café du village, le transport à la demande avec l’exemple du Soissonnais. Et l’introduction d’une réflexion stimulante sur la construction d’interventions articulées. La quatrième partie porte sur « les services, nouveaux gisements d’activités et d’emplois ». L’article « Les innovations d’une agriculture durable pluriactive, associée à des services émergents » débusque six gisements d’activités à fort potentiel d’emplois : les mesures agro-environnementales, la relance du cheval de trait, les animaux de compagnie, les attractions touristiques, les activités de nature, les produits agro-naturels. Ce numéro pourra servir aux élus et citoyens-acteurs pour faire un bilan des services dans « leur » milieu rural et à initier un effort d’imagination créatrice. Étienne Beaudoux |
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| Vieillir dans la pauvreté |
| Sous la direction de Didier Gelot et de Jean-Pierre Bultez, La documentation française, Problèmes économiques n° 977, octobre 2010, 104 pages, 9,9 € |
| Ce numéro de Problèmes économiques est un recueil d'articles qui fait le point sur ce sujet crucial. On a beaucoup parlé de la pauvreté des jeunes, justifiant des mesures d'extension du revenu minimum. On a évoqué aussi les jeunes ménages (notamment les familles monoparentales) avec enfants, dont un sur cinq est en dessous du seuil de pauvreté. Par rapport à ces classes d'âge, les seniors partant à la retraite apparaissaient comme privilégiés, avec un départ idyllique pour une nouvelle vie, avec du temps, des revenus appréciables et une bonne santé... Un formidable progrès par rapport aux années 60, où la part des vieux « économiquement faibles » était de 30 %. Sous l'effet conjugué de l'investissement massif du marché du travail par les femmes et de l'amélioration des droits à la retraite, les 60 ans et plus ont atteint dans les années 2000 un niveau de revenu presque égal à celui des actifs. Mais ces acquis sont fragiles et apparaissent aujourd'hui menacés, comme le signalent les associations caritatives qui voient arriver aux côtés des publics habituels de nouvelles catégories de précaires, de plus en plus nombreuses, cantonnées dans la survie... La réforme des retraites de 2003 (loi Fillon) produit ses premiers effets sur la baisse des revenus des retraités, avec une accentuation particulière pour quatre catégories : les femmes, notamment les familles monoparentales ; les plus de 75 ans qui entrent progressivement dans la dépendance ; les immigrés vieillissants, dans un habitat indigne et privés d'accès aux soins ; les habitants des zones rurales. L'amélioration du niveau de vie des personnes âgées a cessé de progresser depuis 2004 et régresse aujourd'hui : en quelques années, la proportion qui était passée de 7 % en dessous du seuil de pauvreté (1984) puis stabilisée, est remontée à 10 %. On voit aussi s'effriter les solidarités intergénérationnelles, car les seniors ne peuvent plus aider leurs enfants comme autrefois. L'augmentation de la durée de vie n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le grand âge. Une véritable régression sociale qui fait craindre une paupérisation massive et le retour de la grande précarité chez les plus de 60 ans. Un ouvrage utile et fort bien fait, qui plaide une fois de plus contre la réforme des retraites de 2010 et ses effets désastreux sur la fin de vie de nos aînés, notamment les plus fragiles. Jacqueline Lorthiois |
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| Horizons alimentaires |
| Cyril Andrès et Damien Lagrnge, Bleue comme une orange et Escales productions, DVD de 66’, 18€ www.bleucommeuneorange.org |
| Cinq reportages à la suite, d’une dizaine de minutes chacun, forment ce film tout en simplicité révolutionnaire. Le fil rouge est on ne peut plus intime, et à la fois tout ce qu’il y a de plus collectif, de plus citoyen, de plus politique : l’alimentation. Sa grande valeur est de montrer des expériences qui donnent réellement envie, parce qu’elles ne paraissent pas hors de portée, tout en repoussant nos barrières habituelles. L’itinéraire commence sur un espace test agricole, un « germoir » où des candidats à l’installation agricole se testent, grandeur nature, et sont accompagnés dans leurs projets non conventionnels. L’urgence de renforcer l’éclosion de ce type de projets, la simplicité des moyens utilisés questionnent : pourquoi n’y a-t-il pas des « germoirs » dans tous les départements ? Cette interrogation sur la généralisation des expériences présentées est présente tout au long du film, que ce soit dans la séquence suivante, sur les jardins partagés, ou dans la très belle initiative d’« ateliers cuisine » au sein d’une entreprise d’insertion, Le Chênelet. Viennent ensuite une séquence qui prouve que le bio local dans les cantines, même rurales, c’est autant souhaitable que possible, et une autre présentant le compostage citoyen, ultime étape d’une alimentation enfin reliée à la terre. Assurément un très bon support de débat et / ou de mobilisation autour de projets, les pieds sur terre. Nicolas Leblanc |
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| L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie |
| Hervé Kempf, Le Seuil, 2011, 192 pages, 14 € |
| Hervé Kempf continue à pointer la responsabilité des riches et des puissants dans l'impasse où nous sommes. Dans le capitalisme finissant, ils ont intérêt à faire croire au peuple qu'il vit en démocratie. En réalité, quelques-uns décident pour tous. Beaucoup, même certains écologistes (Hulot, Lovelock...) expriment leur méfiance à l'égard d'une démocratie décidément pas à la hauteur des enjeux. Le système qui s’installe a un nom, l'oligarchie, et les oligarques sont les riches, qu'on peut aussi nommer ploutocrates ; les 1 % qui, dans tous les pays riches, ont vu en vingt ans leur fortune doubler. Warren Buffet déclare que si lutte de classes il y a, c'est la classe des riches qui la gagne... Les clubs, Trilatérale, groupe Bilderberg, etc. concertent ces puissants, sans que les journalistes s'en préoccupent. Leur stratégie pour « gagner plein de fric » (dixit Dominique Strauss-Kahn), suppose avoir la virtuosité de passer du public au privé, de préférence dans des entreprises qu'on a suivies dans les cabinets... Suit un vertigineux palmarès où se côtoient diverses tendances politiques. Marchandisation générale de la sphère publique, financiarisation accélérée de l'économie dans le même temps, assèchement des budgets publics, concurrence privée favorisée, les lobbyistes qui font les lois, la télévision qui « paralyse le jugement »... Pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Ce constat sans issue coïncide avec celui d'une catastrophe écologique, un « effondrement », que la sacro-sainte « croissance » ne fera qu'accélérer. Kempf démontre que si l'on s'en tient au problème climatique, l'objectif d’une élévation de température limitée à 2°C ne sera tenu qu'en maintenant le revenu moyen en 2050 à son niveau actuel. Seule solution, la baisse des revenus des plus riches : « L'appauvrissement matériel des occidentaux est le nouvel horizon de la politique mondiale. » Refusant tout pessimisme, l'auteur pronostique que l'ampleur même des risques et des changements à entreprendre entraîne ipso facto vers une démocratie planétaire. Les références à Hérodote ou Périclès, les exemples de petites ou grandes victoires acquises en résistant donnent envie de croire que la catastrophe est évitable. Kempf ne donne pas de recettes, seulement des pistes, et nous renvoie à notre responsabilité collective. Et à un retour à la vertu, « ce sentiment d'une droiture humaine tournée vers les autres »... Michel Wilson |
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| La terre qui meurt |
| Françoise Choay, Fayard, 2011, 100 pages, 12€ |
| Françoise Choay est philosophe et historienne des théories et des formes urbaines et architecturales. Autrement dit, elle porte un regard aussi rare que précieux sur notre monde. La terre qui meurt est un rapprochement bref et saisissant de deux textes de l’auteur, le premier, Espacement, ayant été publié pour la première fois en 1969, et le second, Patrimoine, quel enjeu de société, est inédit et contemporain. Si le premier est un parcours dans l’évolution de l’aménagement urbain vu comme fondement des sociétés humaines, le deuxième se penche sur la place du monument, puis du patrimoine dans le lien de ces mêmes sociétés humaines avec leur environnement, et au final avec leur propre dimension humaine. Autant dire que ce court ouvrage, totalement inclassable, et surtout sa seconde partie, relève les défis à la fois de « synthétiser » quarante ans de travaux de l’auteure (et de nombreux autres penseurs cités) en quelques pages, ce que l’ego de nombreux chercheurs pousse souvent à rendre purement impossible ; et en même temps de nous amener à une réflexion (certes esquissée, notamment concernant la révolution « électro-télématique ») sur le futur de l’Homme à partir d’un point de vue épistémologique restreint : l’étude des établissements urbains, voire les seules notions de « monument », « monument historique » et « patrimoine ». Un cri d’alarme qui ne convaincra peut être pas tous les lecteurs, mais qui a la force d’une pensée érudite, transversale et qui a laissé le temps long remplir sa « fonction créatrice ». N. L. |
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| Sociologie de Lyon |
| Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Mallon et Marie Vogel, La Découverte, 2010, 128 pages, 9,5€ |
| Lyon, troisième ville de France, ancienne capitale des Gaules, est associée à des images contradictoires : bourgeoise ou populaire, catholique ou franc-maçonne, industrieuse ou épicurienne, repliée sur elle-même ou ouverte…, qui sont autant de constructions sociales qui ont participé à la construction de son identité au cours de son histoire. Mais c’est aussi une ville qui change : de la « colline qui prie » (Fourvière) à celle qui « travaille » (la Croix-rousse), pour reprendre la formule de Michelet, elle a déplacé son centre de gravité et s’étend aujourd’hui sur la « Presqu’île », et vers l’agglomération. Les politiques volontaristes de ces dernières décennies ont permis d’intégrer des quartiers à forte identité dans une entité plus large, et les grands chantiers ont quelque peu modifié la forme de la ville et les pratiques de ses habitants. Elles ont contribué à sa transformation par la tertiarisation et la diversification de l’économie, par l’ouverture sur la société des savoirs via, entre autres, un investissement sur la recherche, et par un fort développement culturel. Celui-ci intègre valorisation du patrimoine et ouverture sur la création contemporaine et impacte la fréquentation touristique en donnant l’image d’une ville plus jeune, plus dynamique et qui acquiert peu à peu un statut international ; qui reste cependant à conforter. D’où aussi une certaine gentrification de la ville. Mais les inégalités socio-spatiales y persistent et, malgré une communauté urbaine puissante et dynamique, l’identité de la ville-centre reste forte et ne rejaillit pas sur les périphéries. Ce sont là quelques-uns des défis à relever. Bernard Bier |
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| avril 2011 |
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| Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire |
| Jean Gadrey, éditions Alternatives économiques, 192 pages, 15 € |
| Après les décroissants Latouche et Ariès et le stimulant Tim Jackson, Jean Gadrey synthétise à son tour sa vision d’une société sans croissance. Le PIB et sa croissance comptabilisent le « beaucoup produire » d’une société, mais divergent du bien-être du peuple, et sont antagonistes du respect de l’environnement. Le système de production contemporain n’est « pas fait pour répondre à des besoins mais pour produire des désirs à des fins lucratives, (il) est particulièrement nocif pour les pauvres ». Construire une société post croissance peut être désirable. Face à la chute des gains de productivité, elle répondra par plus de qualité. Gadrey a d’ailleurs un verdict sans appel sur les Trente Glorieuses, dont « les externalités écologiques et sociales nous retombent dessus et vont continuer de le faire pendant très longtemps ». La production « durable » est riche en travail de qualité : elle représenterait 300 à 400 000 emplois de plus dans une agriculture écologique, le solde positif de 600 0000 emplois du scénario Négawatt, sans compter les emplois liés à un commerce relocalisé et à une offre de transports en commun accrue ? Sur ces points, Gadrey s’oppose aux décroissants. Alors, quelles solutions ? Celles qui existent déjà ! Pour sortir de la crise écologique, il faut s’attaquer à la crise sociale. Gadrey souhaite définir concrètement l’amélioration du bien-être pour tous dans une trajectoire sans croissance. À commencer par une efficace redistribution : 10 % prélevés sur les 10 % les plus riches amélioreraient le sort des 20 % du bas de l’échelle. Et pour les pays pauvres, le « bien vivre » peut venir d’une croissance verte, mais pas de celle du PIB. Loin de la « fin de l’histoire », des acteurs construisent des alternatives : la société civile, ses collectifs et associations, l’économie sociale et solidaire, les militants de la gratuité des monnaies locales ; certains relais institutionnels attentifs. À court terme, les moyens financiers mieux redistribués peuvent alimenter ce projet de société : socialiser la finance est donc une urgence absolue. Une lecture tonique, porteuse d’espoir. Puisse-t-elle inspirer les rédacteurs des programmes politiques de la période qui vient ! Michel Wilson |
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| Jeunes mineurs en associations. Quels impact sur leurs parcours ? |
| Stéphanie Rizet, cahiers de l’Injép n° 28, 2010, 12 € |
| Comment traduire et accompagner les mineurs dans cette « injonction à participation » si commune dans nos politiques publiques locales ? Stéphanie Rizet, par sa recherche, attire notre attention sur une initiative peu connue : celle des Juniors associations, qui ont concerné 30 000 jeunes depuis dix ans. Les jeunes manquent d’expérience ? Donnons-leur l’occasion d’en avoir avant 18 ans en s’impliquant – avec l’accompagnement d’un référent local et l’adhésion à un réseau national – dans des structures parrainées par des « adultes » et concernant ce « no man’s land » des 13-18 ans. On peut voir dans les grands réseaux d’éducation populaire (comme la Ligue de l’enseignement) et Défis jeunes (puis Envie d’agir) autant de parrains possibles. Le travail de Stéphanie Rizet ne s’arrête pas à la présentation de ce dispositif ; le cœur de son projet, c’est de nous montrer les effets que la participation à l’animation de ces Juniors associations a eu sur les parcours de ces jeunes gens. Si l’expérience commune prend souvent fin avec le bac, Rizet relève des effets durables sur l’engagement citoyen… et le rôle majeur des tuteurs : « Monique, elle ne faisait pas tout, elle était là, pas loin ». En permettant à ces milliers de jeunes d’inventer leurs réponses, la démarche Juniors initiatives analysée de façon fine et convaincante par Stéphanie Rizet nous apprend beaucoup sur l’implication citoyenne à tous les âges et sur les manières multiformes dont se constituent et se reconstituent les réseaux sociaux de la jeunesse. Philippe Tizon |
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| Graine d’ananar - Pierre-Joseph Proudhon |
| Ouvrage collectif réalisé par l’Urrafa, éditions du Monde Libertaire, 2009, 80 pages, 5 € |
| Toujours s’efforcer de distinguer une œuvre de son auteur, voilà un réflexe qui devrait nous éviter bien des écueils ! Parfois, néanmoins, il peut arriver que ce ne soit pas tout à fait l’auteur en lui-même qui nous révulse mais, plutôt, certains aspects de son œuvre. La vie de Pierre-Joseph Proudhon, par exemple, n’hérisse que rarement ceux qui trouvent la force de supporter son épouvantable style. Par contre, qu’il se mette à proférer quelques propos peu amènes à l’égard de la gente féminine, « certains, jouant les blasés ou les puristes, [n’hésiteront] guère à jeter aux orties l’ensemble de l’œuvre proudhonienne en se contentant de quelques arguments rapides, notamment sur son phallocratisme », malheureusement bien réel, comme en témoignent les 10e et 11e études de son ouvrage majeur : De la justice dans la Révolution et dans l’Église. Faut-il mettre à l’index l’œuvre de Proudhon au motif qu’il avait une conception plutôt rétrograde du rôle de la femme et voulait, par ailleurs, déclarer légalement excusable le meurtre, par le premier venu, d’un pédéraste pris en flagrant « délit de sodomie » ? Si nous ne devons pas hésiter à critiquer durement certains aspects de sa réflexion, nous devons aussi être conscients de ce que le Bisontin a apporté à la pensée. En effet, « ce n’est certainement pas perdre son temps que de se replonger dans les écrits de Proudhon, auteur d’une rare finesse politique et qui fut assurément un grand novateur ». Cela, l’ouvrage bien emmené d’un collectif d’anars rhône-alpins nous en convainc aisément. Grâce à eux, la pensée de Proudhon, pourtant difficile à résumer, n’a bientôt plus guère de secrets pour le lecteur, qui n’oubliera pas, s’il veut en savoir plus, de se reporter aux ouvrages du Franc-comtois, pour la plupart en ligne sur gallica.fr. Samuel Bon |
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| Laïcité, mode d’emploi. Cadre légal et solutions pratiques : 42 études de cas |
| Dounia Bouzar, Eyrolles éditions d’organisation, 2011, 175 pages, 19 € |
| Des revendications religieuses viennent perturber de plus en plus fréquemment le bon fonctionnement des écoles, des structures sociales ou d’animation, des hôpitaux ou encore des entreprises, et provoquent parfois un malaise de l’ensemble des personnels ou usagers, laissant leurs responsables souvent très démunis. C’est à ce besoin que répond l’ouvrage de Dounia Bouzar, ancienne éducatrice PJJ, docteure en anthropologie du fait religieux et aujourd’hui consultante. Elle ne vise pas ici à entrer dans des débats théoriques autour de la laïcité, mais d’étudier très concrètement des situations-problèmes. Il ne s’agira surtout pas de mobiliser des arguments théologiques sur ce que seraient de « bonnes » pratiques religieuses (l’auteure insiste à juste titre sur ce point), mais de se référer à la loi (exigence de laïcité qui impose le respect et le droit de chacun à l’exercice de sa religion) et à des objectifs de bon fonctionnement de l’organisation concernée.À partir d’études de cas tirés de champs professionnels variés, relevant du service public (financement politique et associations religieuses, statut de fonctionnaire et neutralité, gestion des activités proposées par les structures municipales, gestion des élèves à l’école et au collège, gestion des usagers de l’hôpital) ou de l’entreprise (gestion d’un comportement, des pratiques religieuses, des signes religieux), elle clarifie à chaque fois la problématique, définit les éléments clés du débat, rappelle ce que disent la loi et la jurisprudence, avant de proposer systématiquement des réponses pragmatiques, conformes à la laïcité et à une éthique politique et éducative. Ce livre se révèle un vade mecum utile, mieux, indispensable aussi bien pour les acteurs de politiques publiques (État, collectivités ou associations) que pour les responsables de ressources humaines en entreprises. Bernard Bier |
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| Les places et les chances. Repenser la justice sociale |
| François Dubet, Seuil / La république des idées, 2010, 119 pages, 11,5 € |
| Voici un ouvrage important, qui pose les bases d’une reconceptualisation de la justice sociale à gauche, préalable indispensable, aux yeux de François Dubet, à la mise en œuvre d’une offre programmatique progressiste, cohérente et convaincante. L’ouvrage distingue de façon didactique deux conceptions de la justice sociale, en présentant leurs avantages et limites respectifs. L’égalité des chances, aujourd’hui dominante, propose de créer les conditions permettant à chaque individu de partir à égalité sur la ligne de départ de la compétition sociale, les hiérarchies en découlant n’étant dès lors plus que le reflet du mérite de chacun. Si une telle approche est séduisante, elle supposerait des transformations radicales, comme l’abolition de la famille (pour éviter toute transmission culturelle susceptible de fausser le jeu social) ou celle de l’héritage, alors que la baisse des droits de succession rencontre aujourd’hui un fort assentiment au sein de la population. Mais l’argument central de Dubet contre l’égalité des chances est que l’idéologie du mérite risque (tel qu’on l’observe depuis trente ans avec le déclin de l’État - providence) d’accroître les inégalités : puisque toutes les positions sociales sont le fruit du mérite individuel, les inégalités seraient désormais justes. L’auteur met en garde cependant contre une vision trop caricaturale de l’égalité des chances, qui n’y verrait que la traduction idéologique du tournant néo-libéral, puisque l’idéologie du mérite est également au cœur du fonctionnement de l’école républicaine, avec tous les travers qu’il a pu démontrer dans ses ouvrages précédents. Compte tenu de ces limites, Dubet prend position pour l’égalité des places, qu’il définit comme la volonté de limiter les écarts entre positions sociales, revenus ou statuts : « Il s’agit moins de promettre aux enfants d’ouvriers qu’ils auront autant de chances que les enfants de cadres de devenir cadres eux-mêmes, que de réduire l’écart des conditions de vie et de travail entre les ouvriers et les cadres. » L’idéal-type de ce modèle n’est autre que l’État - providence à son apogée, caractérisé par de puissantes politiques redistributives. Mais pourquoi prendre une position qui pourrait paraître archaïque, en défendant un modèle qui semble avoir fait faillite ? Dubet avance ici deux arguments convaincants. Tout d’abord, un système social marqué par de moins grands écarts entre les places est meilleur pour tout le monde, riches comme pauvres. Il souligne en particulier les effets négatifs en termes de santé physique et psychique des systèmes les plus inégalitaires, où le stress et la peur du déclassement sont décuplés du fait que chacun a toujours beaucoup à gagner ou beaucoup à perdre compte-tenu de l’écart entre les places (La peur du déclassement. Une sociologie des récessions, Éric Maurin, La république des idées, 2009). Mais, surtout, l’égalité des places serait plus favorable à la mobilité sociale que l’égalité des chances. Avec cette dernière, en effet, les perdants de la compétition sociale sont tellement exclus que leurs enfants n’ont que très peu de chances de ne pas reproduire la position de leurs parents. À l’inverse, quand les places sont plus resserrées, les plus démunis ne sont jamais suffisamment exclus pour perdre toute chance d’ascension sociale. Si la démonstration de Dubet est convaincante, le lecteur reste néanmoins sur sa faim quand aux conditions permettant de restaurer une égalité des places efficace, même si l’auteur évoque le modèle danois de la « Flex-sécurité ». Si on peut imaginer qu’une révolution fiscale (Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle, Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, La république des idées, 2011) rendant l’imposition réellement progressive pourrait aider, les déclinaisons précises d’une nouvelle égalité des places restent à définir, sous peine de faire de cet ouvrage un simple plaidoyer posthume pour un État-providence à bout de souffle, qui n’arrive plus à assurer sa fonction d’égalisation des conditions dans un contexte de mondialisation. Julien Talpin |
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| Village toxique |
| Grégory Jarry et Otto T., éditions FLBLB et Le nombril du monde, 2010, 60 pages, 13 € |
20 février 1987. Maires et conseillers généraux de neuf communes des cantons de Moncoutant et Secondigny sont informés que le sol granitique des Deux-Sèvres est en course pour obtenir l’installation d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires. Village toxique raconte la suite, c’est-à-dire les trois années de lutte des acteurs locaux opposés au projet.
Un travail très bien documenté qui repose sur les témoignages d’acteurs recueillis par le scénariste Grégory Jarry, recoupés et complétés par les informations parues dans la presse locale de l’époque. Un album de BD qui a été réalisé en parallèle avec la mise en scène, en 2010, d’une pièce du même nom, à l’initiative du Nombril du monde, association basée à Pougne-Hérisson (Territoires n° 454) qui organise un festival du même nom et des projets culturels à l’année. Contrairement aux codes habituels de la bande-dessinée, point de bulle, mais un texte assez dense appuyé par des dessins minimalistes qui complètent la narration.
On apprécie la valeur informative et pédagogique de ce récit (narré par Yves Mourousi !), particulièrement les premières pages qui retracent l’histoire de la production de l’énergie nucléaire et de ses institutions. Les amateurs d’humour au second degré y trouveront leur compte, les autres se lasseront plus vite d’un texte faussement candide, générateur de décalages quelquefois à double tranchant. Mais l’intérêt majeur de Village toxique est avant tout de mettre l’accent sur l’engagement des populations locales, sur le sens du combat citoyen mené jusqu’au bout. Sabrina Costanzo |
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| mars 2011 |
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| Quai d’Orsay |
| Abel Lanzac et Christophe Blain, Dargaud, Tome 1, 2010, 15,5 € |
| Arthur Vlamink, jeune doctorant étiqueté à gauche, est engagé au cabinet de Dominique de Villepin, pardon d’Alexandre Taillard de Worms (toute ressemblance entre les deux personnages n’est nullement fortuite), ministre des Affaires étrangères, comme chargé du « langage », c'est-à-dire de la rédaction des discours. Scénario inhabituel pour une BD de Christophe Blain plutôt habitué à manier les récits d’aventure avec Isaac le pirate ou Gus le cow-boy. Mais qui fait une entrée très remarquée et brillamment réussie dans le monde des récits égratignant le monde politique. Contrairement à toutes les BD parodiques ou satiriques qui ont Nicolas Sarkozy en ligne de mire ou qui jouent souvent sur la théorie du complot, le récit d’Abel Lanzac et de Christophe Blain ne se cantonne pas à la raillerie mais s’ouvre à la description en finesse du quotidien d’un cabinet ministériel et de la personnalité d’un ministre. Rien n’est d’ailleurs épargné à Taillard de Worms et à son cabinet : discours officiels, négociations internationales et gestion de crises inopinées s’enchaînent à un rythme effréné, que la très théâtrale mise en scène de Blain contribue à renforcer. Les grandes envolées lyriques du ministre, qui le rendent à la fois brillant et ridicule, prennent toute leur saveur grâce au dessin vif et hyper expressif de Blain. Ministre versatile et influençable, crise internationale dénouée en sous-main… : on imagine que si toutes les décisions ne sont pas prises tel que décrit par Blain et Lanzac, on n’est pas très loin de la vérité, l’actualité nous l’ayant montré à maintes reprises. Ce qui explique que l’on rit en lisant Quai d’Orsay tout en se disant que l’on a du souci à se faire. Sabrina Costanzo |
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| Formation professionnelle : nouvelle gouvernance et sécurisation des parcours |
| Revue Pour n° 207, octobre 2010, 20 € |
| La formation tout au long de la vie est devenue un credo porteur pour répondre à la fois au problème du décrochage scolaire et à la demande de requalification professionnelle. La revue Pour a très tôt affirmé la nécessité d´une éducation permanente pour la formation des individus et leur évolution sur le marché du travail. Certes, si la formation continue et la mobilité professionnelle vont de pair, elles peuvent s´accompagner dans le même temps d´une forme d´insécurité sociale. S´agil-il de construire ce paradigme uniquement en fonction des besoins du marché ou, au contraire, pour éviter que les reproductions des inégalités sociales impactent définitivement le destin professionnel des individus ? C´est clairement la deuxième option qui est défendue, grâce à l´intervention de spécialistes et de politiques en charge de la formation professionnelle (Yann Auvray, directeur pédagogique de l´Institut national de formation et d´application, Pascale Gérard, vice-présidente de la région Paca déléguée à la Formation professionnelle, Jean-Paul Denanot, président du conseil régional du Limousin et de la commission formation professionnelle et apprentissage de l´Association des régions de France, David Mazurelle, directeur général du Fongecif Île-de-France). Les régions ont toute leur place dans cette démarche d´accompagnement des stratégies de requalification professionnelle aux côtés de l´État qui, après une longue absence, s´est réinvesti dans cette thématique à travers la loi du 24 novembre 2009. Une fois le tableau brossé et l´importance des collectivités locales soulignée, nous aurions aimé avoir une synthèse plus forte avec des objectifs concrets à atteindre. Les directeurs de ressources humaines des entreprises gagneraient davantage à être sensibilisés à cet aspect : la gestion des compétences pourrait être une manière de revaloriser les compétences et de participer à l´effort de requalification professionnelle des employés. Si les collectivités locales et les acteurs de l´emploi arrivent à énoncer clairement les principes de la mobilité professionnelle de demain dans l´optique de la formation continue, alors nous aurions peut-être une véritable politique de l´emploi non dépendante des besoins immédiats du marché. Christophe Premat |
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| Design des politiques publiques |
| La 27e région, la Documentation Française, 2010, 164 pages, 18 € |
| L'imagination au pouvoir, voilà l'ambition du programme de la 27e région. En portant haut l'idée d'innovation sociale, la première session de l’appel à projets de ce cabinet a permis d'accompagner « des microprojets expérimentaux mobilisant la participation des communautés locales pour simuler, tester des idées et déboguer des problèmes ». Durant deux ans, ce sont onze territoires qui ont reçu des équipes pluridisciplinaires (designer, sociologue...) en résidence pour qu'ils travaillent durant trois mois avec les utilisateurs pour coconstruire des services publics innovants. Car l'un des principes de ces expérimentations repose sur le fait qu'il faut remettre l'utilisateur au centre de la conception en se basant sur sa propre expérience, et les designers savent inventer des outils pour dialoguer et tester rapidement ces innovations après une période d'immersion. Que deviennent ces expériences après le départ des équipes ? Parfois, les idées sont oubliées, faute d'accompagnement, mais bien souvent les projets continuent de se transformer, car les participants une fois mobilisés savent profiter de cet interstice pour continuer d'innover. Le pari de réouvrir des zones de test semble tellement réussi qu'un nouveau programme va bientôt voir le jour ; il consistera à accompagner des régions pour une autre façon de concevoir l'action publique, basée sur la recherche et le développement. Gilles Pradeau |
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| La centrale |
| Elisabeth Filhol, POL, 2010, 141 pages 14,5 € |
| Yann, le narrateur du roman, est ce que l’on appelle un DATR (« directement affecté aux travaux sous rayonnements »), un « nomade du nucléaire », nom retenu par la presse pour désigner ces ouvriers contraints de se déplacer parmi les dix-neuf centrales qui alimentent le réseau ÉDF, « afin que tout un chacun puisse consommer, sans rationnement, sans même y penser, d’un simple geste ». Concrètement, le métier de Yann consiste à nettoyer les réacteurs lors « des arrêts de tranches » afin que soient effectués une maintenance du réacteur et un rechargement en combustible. Le monde principalement masculin des DATR, habitués à travailler dans des conditions qui laissent songeur, se divise en deux grandes catégories : celle des « gars valables qui jouent à se détruire à petit feu, tu ne sais pas pourquoi » et celle de ceux qui travaillent pour vivre en vendant leur corps au prix du kilo de « viande à Rem », l’ancienne unité de mesure des radiations sur un organisme, devenue le Sievert. Pour les premiers, ce qui compte, « c’est le danger, la certitude tous les jours de pouvoir se mettre en danger, qui n’est pas à la portée de n’importe quelle tâche dans une industrie quelconque ». Pour les seconds, il s’agit surtout de ne pas « recevoir la dose de trop, celle qui va vous mettre hors jeu jusqu’à la saison prochaine » : « vingt millisieverts, la dose maximale d’irradiation autorisée sur douze mois glissants. » Et lorsque cela arrive, qu’ils deviennent « le cas sur lequel on déroule la procédure » tout s’effondre : « douze mois ferme » sans pouvoir travailler. Dans tous les cas, et même si la question du logement ne cesse jamais de se poser – trouver « quelque chose de correct à un prix raisonnable » –, les premiers comme les seconds trouvent facilement du travail : les agences d’intérim, « qui poussent autour des centrales comme des champignons », les accueillent à bras ouverts. Ne reste plus, après, pour certains, qu’à trouver le moyen de satisfaire ce besoin essentiel de « se mettre en roue libre de la pensée », pour que « les mauvaises pensées ne reviennent pas en force » et prévenir « un engagement massif de tout le corps contre la volonté ». Le moyen, en quelques mots, de trouver le courage de perdre sa vie à la gagner, soit une triste perspective dont Elisabeth Filhol sait nous faire partager tout le sens tragique. Samuel Bon |
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| Une vraie retraite à 60 ans c’est possible |
| Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, éditions Jean-Jacques Gawsewitch, 2010, 222 pages 18,90 € |
| À l’automne dernier, la question des retraites défrayait encore la chronique pendant que de nombreuses manifestations drainaient des millions de Français dans les rues des principales villes de l’Hexagone. Depuis, c’est vrai, le soufflé est légèrement retombé. Cela ne doit néanmoins pas nous dissuader de lire Une vraie retraite à 60 ans c’est possible, de Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche, tous deux rédacteurs de la très intéressante revue Démocratie & Socialisme (http://www.democratie-socialisme.org). Car, ne nous y trompons pas, les retraites n’ont pas fini de faire couler de l’encre. L’offensive visant à en finir avec le régime de retraite par répartition mis sur pied au lendemain de la seconde guerre mondiale n’ayant pas encore atteint son but, la loi portant réforme des retraites du 10 novembre 2010 n’ayant très certainement rien réglé, la partie, en effet, n’est jamais que remise. Ainsi, lorsque le moment sera enfin venu, vaudra-t-il mieux se trouver prêt, ce que le bouquin de Chavigné et Filoche permet très largement. Pourquoi cela ? Pour au moins trois bonnes raisons. D’abord parce qu’« En dix questions - dix réponses, ce livre nous apprend, de façon simple et chiffrée, pourquoi et comment se révolter et défendre son droit à un bon salaire, à une sécurité sociale de haut niveau et à une vraie retraite ». Parce qu’en conséquence il propose, sans éluder la question redoutable de son financement, une véritable alternative aux « réformes » encore à venir. Parce qu’enfin, il contient, en annexe, un remarquable glossaire de tous ces termes et concepts indispensables à la compréhension des problèmes liés aux retraites, que les média traditionnels ne prennent malheureusement jamais la peine de définir ou expliciter. Samuel Bon |
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| Indices |
| Documentaire de Vincent Glenn, 2010, 81 mn, en salles le 2 mars, disponible en DVD à cooperative@d-h-r.org dans quelques mois |
| Le documentariste Vincent Glenn a choisi de s'attaquer à un mythe économique : le PIB. En s'appuyant sur les interventions éclairantes de spécialistes, il explique comment cet indicateur est devenu tout-puissant dans les dernières décennies. En résumé : dans la logique d’après-guerre, le couple reconstruction / production est associé à une prospérité à retrouver… Mesurer la croissance économique a un sens. Aujourd’hui, le modèle de société de consommation des années 50 s'essouffle. Ce n'est pas la pénurie qu'il faut gérer mais la surproduction, et mieux répartir les richesses. Le PIB, érigé comme seul baromètre de bien-être, apparaît bien obsolète. Il est absurde de l’associer unilatéralement à la mesure de la bonne santé de la société : comme si produire était automatiquement bénéfique, aux hommes et à la démocratie ! Ainsi, les dommages environnementaux qui entraînent des coûts et des profits sont comptabilisés dans le PIB, tandis que le bénévolat ne l’est pas… Au fil des interventions de Patrick Viveret, Jean Gadrey, Aminata Traoré, Joseph Stiglitz et bien d'autres encore, les notions même de richesse, de croissance, sont réinterrogées. La sociologue Dominique Méda décrypte les raisons historiques qui nous ont conduit à ce système de pensée qui associe PIB, croissance et bien-être. Depuis le 18e siècle, l’idée selon laquelle l’opulence profite à tout le monde, y compris à la démocratie, est prééminente. Exhiber sa croissance est un signe de puissance. Au 19e siècle, le progrès humain affirme sa supériorité sur la nature qu’il doit transformer, voire anéantir. Au 21e siècle, alors que l’objectif d’anéantissement de l’environnement est en passe d’être atteint, il est temps d’adopter de nouveaux indicateurs : indice de développement humain, produit intérieur doux québécois, empreinte écologique. Déconstruire un tel mythe pour proposer des alternatives encore peu connues, rendre le sujet attractif pour le grand public, relevait de la performance. Vincent Glenn s’y est employé, avec très peu de moyens, en captant des notes d’humour et d’émotion parmi les personnes dont il a rassemblé les interventions. Le résultat donne un documentaire très instructif, un peu brut, qui sera un bon support pour ouvrir des espaces de débat. Blanche Caussanel |
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| La démocratie délibérative - anthologie de textes fondamentaux |
| Charles Girard et Alice Le Goff, Hermann éditeurs, 2010, 550 pages, 32 € |
| Le champ de la démocratie délibérative s´est imposé en sciences politiques et sociales depuis la fin des années 80. Outre l´étude et la comparaison des différentes pratiques, il importait de présenter au lecteur les grands textes théoriques qui ont influencé les recherches en ce domaine et dont certains ont été écrits bien avant l´ancrage du paradigme délibératif au sein de la théorie politique. Cette anthologie répond sans aucun doute à cette exigence. Ces textes montrent que les pratiques délibératives modifient les perceptions de l´espace public et viennent compléter l´architecture des régimes représentatifs. Le célèbre texte de Jon Elster (1986) caractérise l´exercice de délibération qui ne se réduit pas à une simple agrégation de préférences individuelles tandis que Jürgen Habermas (1989) propose un cadre normatif à cette théorie : la souveraineté populaire s´exerce dans l´activation d´une raison communicationnelle et la mise en place d´une éthique de la discussion. James Bohman (1995) montre que la délibération est une prescription morale pour que des groupes socioculturels différenciés puissent être en mesure de s´accorder sur des principes communs. Maeve Cooke (2000) met en évidence plusieurs avantages de la démocratie délibérative : elle favorise l´éducation, la cohésion sociale, l´équité des décisions démocratiques et la rationalité pratique des décisions démocratiques. Cass Sunstein (2000) analyse les risques de polarisation des groupes dans les exercices délibératifs. Cette préoccupation est partagée par Bruce Ackerman et James Fishkin (2002) qui étudient le passage d´une opinion publique brute à l´état dispersé à une opinion publique délibérative. Le rapprochement de ces textes permet de synthétiser les débats théoriques portant sur la notion de délibération. In fine, ce livre sera un outil incontournable pour tous les acteurs travaillant dans ce domaine. Christophe Premat |
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| Fevrier 2011 |
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| Indignez-vous ! |
| Stéphane Hessel, Indigène éditions, 2010, 22 pages, 3 € |
| Les éditions Indigène, basées à Montpellier, publient d’habitude des textes sur les « savoirs et les arts des cultures non industrielles ». Avec cet ouvrage, dans la collection au très beau nom de « ceux qui marchent contre le vent » (nom emprunté aux Omahas, peuple indien rattaché à la famille des Sioux), elles sortent de leur terrain habituel, avec des textes militants « en faveur d’une révolution des consciences ». Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ont eu du nez… éditorial. Le livre de Stéphane Hessel s’est déjà vendu à des centaines de milliers d’exemplaires (déjà 850 000 exemplaires tirés !, numéro 1 des ventes en France pour 2010). Essayons de comprendre. D’abord, le livre n’est pas cher : 3 ?. Quasiment cadeau. Il s’est trouvé à côté de la caisse de quasiment toutes les librairies de France et de Navarre, avec un bon bouche à oreille des libraires et des lecteurs. Même les grandes surfaces culturelles ont cédé à cette mode. Car quasiment personne ne peut attaquer Stéphane Hessel. À 93 ans, c’est un très vieux monsieur qui s’indigne. Et qui invite chacun à s’indigner pour au moins une cause importante. Ce livre est aussi très court, avec 22 pages (gageons qu’il sera vite dans la liste des auteurs du 21e siècle lus pour le bac ou en cours de philo !). Le titre, Indignez-vous !, est un régal pour tout-e français-e qui se respecte : ce peuple aime s’énerver pour un oui ou pour un non, et surtout pour un non. Et Stéphane Hessel a des arguments. À 24 ans, comme il le dit sans forfanterie, il était à Londres « où j’avais rejoint le général de Gaulle en mars 1941 ». Il a été résistant, torturé, envoyé à Buchenwald. Au lendemain de la guerre, Hessel est diplomate, en particulier ambassadeur de France aux Nations unies. À ce titre, il sera l’un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Ensuite, il a milité avec bruit pour l’indépendance de l’Algérie. En 1996, on le retrouve parmi les médiateurs des sans-papiers de Saint-Bernard, et en 2006, il signe l’appel contre « cette agression abominable menée au nom d’Israël contre des Libanais et des Palestiniens, agression paranoïaque qui provoque en retour des tirs meurtriers contre des civils israéliens ». Il prône alors le boycott. Ici, il montre en quoi l’indignation est un moteur individuel et collectif. Indignez-vous ! est un ouvrage à offrir aux jeunes générations. J’en profite pour conseiller de (re)lire Matin brun, de Franck Pavloff aux éditions Cheyne, livre à 1 ? vendu à 1 600 000 exemplaires depuis 1998 et réédité pour la 12e fois ! Mathieu Glaymann |
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| Les migrations subsahariennes |
| Revue Hommes et Migrations Juillet - octobre 2010, coordonné par Patrick Gonin, 319 pages, 10€ |
| Ce dossier de la revue Hommes et migrations aborde les migrations subsahariennes sous trois angles : la diversité des flux et leur évolution en Afrique de l’ouest, la présence des populations d’origine africaine sur le territoire français et les effets de ces migrations sur les territoires d’origine. Plusieurs travaux dans le dossier retracent l’histoire des migrations, et les changements liés au renouvellement des générations de migrants devenus, pour beaucoup, citoyens français. Dans la seconde partie, un article décrit le quartier de la Goutte- d’Or à Paris, succursale de l’entrepreneuriat sénégalais. Dans un autre, l’évolution des consommations alimentaires et cosmétiques est décryptée. Cela donne une vision diversifiée des tentatives d’intégration en conservant l’héritage du pays d’origine. Sur les relations des migrants subsahariens avec leurs territoires d’origine, le dossier revient sur le rôle majeur des migrants, non seulement pour la (sur)vie quotidienne des familles au pays, mais aussi pour le développement local. Dans ce domaine, avec la décentralisation et l’émergence des communes aussi bien au Mali qu’en Mauritanie, et plus anciennement au Sénégal, le rôle des associations de ressortissants sur lesquelles ont longtemps reposé les équipements collectifs (puits, centre de santé…) évoluent. Ces associations sont dans certains cas acteurs dans les communes, entre populations locales et autorités publiques. Un dernier article rend compte du durcissement, en France, des politiques publiques de contrôle des flux migratoires et des ambigüités du « développement solidaire », ce à quoi il aurait été utile d’ajouter des partenariats novateurs d’associations de ressortissants avec leurs collectivités publiques françaises d’appartenance. Étienne Beaudoux |
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| Mainstream. Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde |
| Frédéric Martel, Flammarion, 2010, 464 pages, 22,5 € |
| Cet essai se lit quasiment comme un roman, parfois comme un polar. Il traite de la culture mainstream, ou « grand public », dominante, populaire. L’auteur montre comment elle est construite, comment se forgent les « armes » pour une guerre des esprits, pour une vraie « guerre culturelle ». Il se lit aussi comme un manuel de politique de Machiavel ou de guérilla du Che. Tout acteur local devrait lire cet ouvrage pour comprendre ce qu’il a en face de lui. Mais surtout pas de quoi il doit s’inspirer. Car si l’objectif est ici la maîtrise des esprits, on s’éloigne grandement d’un travail citoyen qui vise à développer l’esprit critique et à ne pas brider la création. Dans Mainstream, Frédéric Martel (à qui l’on doit un bon Le Rose et le Noir, les Homosexuels en France depuis 1968, au Seuil 1996) circule à travers le monde. Il nous rappelle que les États-Unis ont longtemps été les rois de la culture dominante avant d’être rejoints, voire dépassés dans certaines industries culturelles. Aujourd’hui, nos influences et plus encore celles de nos enfants sont complètement mondialisées. Ce livre nous fait comprendre pourquoi. Il nous fait voyager dans les principaux lieux de production culturelle de masse. L’expression mot même d’industrie culturelle était bannie il y a vingt ans dans la vieille Europe. Quand on lit ce livre, on comprend comment ce mot est devenu d’actualité. Les chapitres sur la montée de Bollywood ou les attentes de la Turquie vis-à-vis de l’Europe entre États-Unis et islam sont particulièrement remarquables. Après la lecture de Mainstream, allez dans une salle d’art et essai, enfermez-vous bien au chaud en lisant un bouquin d’un éditeur artisanal, écoutez un concert live dans votre café préféré, visitez un lieu remarquable connu seulement de vous ou chantez une chanson de votre patrimoine ancestral à vos proches. M. G. |
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| L’aventure des mots de la ville à travers le temps, les langues, les sociétés |
| Sous la direction de Christian Topalov, Laurent Coudroy de Lille, Jean-Charles Depaule et Brigitte Marin, Robert Laffont, 2010, 1 568 pages, 39 € |
| Ce livre – qui n’est pas un dictionnaire, comme le précise le titre de l’article introductif de Christian Topalov – est une invitation à écouter la ville et ses mots de tous les jours dans huit langues différentes (sept langues européennes et l’arabe) et autant de sociétés urbaines aux interactions multiples. Le travail de recherche des 160 auteurs ayant participé à l’aventure présente 264 articles traitant trente à quarante entrées pour chaque langue. C’est un guide pour voyager dans l'espace, dans le temps et dans les langues, à travers les mots utilisés pour parler aujourd’hui des villes. Ce travail part de la conviction que ce sont les mots de tous les jours qui font exister la ville : ils constituent la vie urbaine en la qualifiant, en décrivant ses usages, en la hiérarchisant et en lui donnant de la valeur. Les mots dans leur usage ainsi que dans les emprunts aux autres langues, leur apparition dans un registre spécifique ou les variations dans leur signification au sein d’une même langue interrogent le territoire urbain, sa morphologie, les moyens de s'y mouvoir et les façons de partager l'espace. Ainsi, à titre d’exemple, la navigation entre les mots cidade, cité, città, city, cuidad… ou bien entre villa et fillâ (en arabe) fait découvrir de manière étonnante les découpages à différentes échelles de la réalité urbaine et spatiale en fonction des langues. Les auteurs invitent le lecteur à faire son propre cheminement comparatif pour comprendre comment chacune des langues organise les mêmes ensembles d’objets urbains. Les mots, placés au centre de l’enquête des chercheurs, se réfèrent à des entitées matérielles qui seraient « déjà là avant qu’on les nomme » et qui sont des produits de l’histoire. La connaissance des luttes et des processus qui ont conduit à la nomination et au classement des choses et des gens devient un moyen de comprendre l’histoire sociale et matérielle des villes, et donne des outils pour agir sur le monde ! Sawsan Awada |
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| 93 la belle rebelle |
| Un film de Jean-Pierre Thorn, 73’, sortie le 26 janvier 2011, www.adr-production.fr |
| C’est l’histoire d’un documentaire qu’on aurait aimé adorer. D’abord par son sujet : comment, depuis 50 ans, la créativité de la jeunesse de Seine-Saint-Denis transcende une situation sociale et politique violemment stigmatisante. C’est l’irruption du rock n’roll dans les années 60, le punk, le hip hop, le rap et le slam, mais aussi le folk jazz d’un Marc Péronne, enfant du canal. On aimerait trouver ce film génial, quand il nous donne des nouvelles de Loran, ex chanteur des Béruriers noirs (aujourd’hui à la tête des Ramoneurs de menhirs), groupe punk mythique qui a rythmé – sous le bonnet – les walkmen des collégiens des années 80 et les manifs anti FN allant avec ; quand il nous ressort de savoureuses images d’un clip de NTM, version 91, avec Joey Star et Kool Schen à peine descendus de leurs BMX, ou quand il nous fait découvrir l’alliance puissante de la guitare de Serge Teyssot-Gay (ex-Noir Désir, désormais Zone libre) avec le flow de Casey. Pourtant, quelques étincelles manquent pour mettre le feu à la pellicule. D’abord le mixage, pourtant élément central du travail d’un personnage tel DJ Dee Nasty présenté dans le film, est trop linéaire pour restituer l’énergie créatrice que Jean-Pierre Thorn veut nous faire partager. Ensuite, le choix de ne suivre que cinq artistes et de les questionner sur leur parcours personnel et sur leur rapport intime à la banlieue peine à brosser l’épopée, la fresque du bouillonnement culturel du 9-3. Enfin, si le réalisateur, dans le dossier de presse, souligne combien il souhaite montrer la beauté « à couper le souffle » de ces territoires de banlieue, entre architecture exubérante, friches industrielles, percées de rails et de voies rapides et de nature qui reconquiert le moindre espace, il ne le réussit qu’à de trop rares occasions. Au final, 93 la belle rebelle reste un documentaire à voir, un voyage elliptique mais qui donne du sens aux irruptions sonores qui franchissent le périph’, côté Est. Nicolas Leblanc |
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| Universités populaires de parents - Des parents acteurs, chercheurs, citoyens |
| Sous la direction d’Emmanuelle Murcier et Michelle Clausier, Chronique sociale, 2010, 192 pages, 16,5 €, www.chroniquesociale.com |
| Voici un petit ouvrage qui (re)donne espoir, dans ces temps de stigmatisation des parents dits démissionnaires. Son objet est de présenter la démarche des Universités populaires de parents, (www.upp-acepp.com) promue par l’association des collectifs enfants, parents, professionnels (Acepp, www.acepp.asso.fr). Il s’agit d’une démarche de recherche-action, permettant à un groupe de parents de mener une recherche sur la parentalité. Le travail se base sur un réseau d’animateurs, avec l’appui d’un universitaire garant de la méthodologie pratiquée. L’Université populaire de parents vise à donner la parole aux parents, non comme objets d’étude, mais comme acteurs, producteurs de savoir. Beaucoup de témoignages permettent de comprendre la force de l’expérience. L’ouvrage présente cinq cas de « recherches des parents » : dans un bassin minier sur la transmission des valeurs d’autorité et de respect ; dans le Pas-de-Calais sur la cohérence éducative entre parents et autres adultes en contact avec les enfants ; à Pau sur le projet éducatif des parents et son évolution ; aux Minguettes sur la transmission des valeurs familiales par rapport à celles de la société ; à Pierre-Bénite et Saint-Genis-Laval sur le décrochage scolaire des enfants des milieux populaires. C’est une démarche de mise en mouvement de ceux qui, souvent, sont loin des institutions du savoir. Les auteurs évoquent d’ailleurs des similitudes de pratiques avec ATD Quart Monde. L’intérêt de cet ouvrage est donc double : il alimente la réflexion sur le rôle des parents avec les autres acteurs et donne des pistes sur des pratiques méthodologiques autonomisantes.É. B. |
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| janvier 2011 |
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| La tôle et la peau |
| Documentaire de Claude Hirsch, Lieux fictifs éditions, 2010, DVD de 52 minutes. www.lieuxfictifs.org, 12€ |
| Le film de Claude Hirsch donne tort à ceux qui affirment que la classe ouvrière n´existe plus, ou qu´elle a changé de nature : grâce à une série d´entretiens in situ, les ouvriers racontent leur quotidien, rythmé par des cadences infernales, des pauses déjeuner très rapides et un univers centré sur la production de biens matériels. Pas de nom d´entreprise, pas de lieux reconnaissables, le film montre une forme de permanence : malgré les évolutions technologiques et l´explosion des services, la condition ouvrière ressemble à celle de l´époque du fordisme. Nous entendons dans le film le terme d´OS (ouvriers spécialisés) et retrouvons la distinction entre main d´œuvre qualifiée et main d´œuvre non qualifiée. Il y a même en filigrane presque comme un clin d´œil au film de Chris Marker, Joli Mai (1963), qui s´appuyait entre autres sur des témoignages similaires d´ouvriers au début des années 60. Mais nous ne trouverons pas de trace d´une réflexion politique sur les conditions d´organisation d´une émancipation ouvrière. Cette galerie de portraits vient nous rappeler que nos sociétés dites postindustrielles, toujours centrées sur les postulats de la croissance illimitée et de la productivité, ont besoin d´une main d´œuvre anonyme. Formellement, le spectateur est installé dans le temps subjectif de la condition ouvrière : l´usine se transforme en décor de théâtre et les ouvriers deviennent les acteurs de leur propre vie. Le spectateur peut regretter que cette série de rôles fige quelque peu le film, mais c´est précisément l´intention du réalisateur : le film apparaît monotone, tout comme l´est la condition de ceux qui travaillent dans ces usines, entourés par la tôle et un monde hostile. À l´heure où d´aucuns estiment que le prolétariat a disparu, ce film vient rappeler au contraire que nos sociétés continuent à privilégier ce mode de fonctionnement. Christophe Premat. |
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| Qu’ils s’en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne |
| Jean-Luc Mélenchon, Flammarion, 2010, 142 pages, 10€ |
| Jean-Luc Mélenchon est, depuis longtemps, un brillant orateur. Il a gardé un côté beau parleur qui fleure bon la IIIe République. À un moment, on a pu croire qu’il s’était assagi, lorsqu’au lendemain du cataclysme politique du 21 avril 2002, son ex-compère Julien Dray a rejoint François Hollande à la direction du PS de l’époque. Mais non. Il est considéré, y compris par ses ennemis politiques, comme un vrai penseur en politique, diplômé qu’il est en philosophie. Il a d’ailleurs écrit un livre de théorie politique appliquée au réel avec À la conquête du chaos (Denoël, 1991), qui reste l’un des rares livres politiques de ces vingt dernières années qui soit un vrai essai de qualité. Dans ce nouvel ouvrage, la construction elle-même est intéressante. Jean-Luc Mélenchon articule l’ensemble de ses idées autour de sa « révolution citoyenne ». Il passe sous ce prisme différents domaines de l’action politique et donne des « coups de poings » contre la résignation. On comprend bien qu’il cherche à convaincre la partie de la population inscrite sur les listes électorales qui ne croit plus en la politique et qu’il vise à la ramener aux urnes. On peut apprécier que le modèle de son projet politique soit celui de certains pays latino-américains, mais moins aimer la critique systématique de la construction européenne. Même si elle est en partie pertinente, aucune alternative réelle n’est proposée sur ce sujet. Mélenchon énerve beaucoup de monde, y compris par son positionnement populiste. Mais c’est un choix assumé pour refuser l’inaction béate et la langue de bois tiède de nombreux responsables politiques. Il veut redonner l’espoir et le sens de la lutte aux catégories populaires, et on ne peut qu’applaudir. D’un point de vue éditorial, ça marche, avec 20 à 25 000 livres déjà vendus. D’un point de vue électoral, la suite est à voir en 2012. Il a au moins réussi à créer un mouvement qui n’est pas mort-né et qui rééquilibre la gauche sur sa gauche plutôt que sur son centre. Mathieu Glaymann. |
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| Solutions locales pour un désordre global |
| Un film de Coline Serreau, DVD de 113 min, éditions Montparnasse, 2010, 20€ |
| Coline Serreau est une grande réalisatrice, que l’on sait politiquement engagée. La sortie de Solutions locales pour un désordre global avait bénéficié d’un bon bouche à oreille, et le film, pas forcément taillé pour un succès en salle, avait eu un certain retentissement. Sa sortie en DVD est une occasion pour ceux qui l’avaient loupé de se rattraper, mais surtout pour regarder ce film intelligent en groupe dans le cadre d’une réflexion collective sur l’alimentation et l’agriculture. La thèse en est assez simple : la « révolution verte », qui a industrialisé les agricultures mondiales au début du 20e siècle pour développer les rendements et multiplier les bénéfices de l’industrie qui y est liée, est une des plus grandes catastrophes que nous ayons enclenchée. Elle a engendré pauvreté, exode rural, appauvrissement des sols, empoisonnement de l’eau et maintenant suicides des paysans indiens, surendettement, et mainmise mondiale sur les semences par quelques grands groupes particulièrement mal intentionnés. Le premier tiers du film explique ce « complot » de l’industrie et de la finance contre l’agriculture vivrière. Le reste est consacré aux résistances locales et aux solutions inventées : les Amap, la réintroduction de semences paysannes, le bio, la culture sans labour… Le tout est passionnant (Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes de la microbiologie des sols, sont définitivement savoureux et savent tenir leur auditoire, alors que l’éco-féministe indienne Vandana Shiva est passionnante), même si la forme, une succession de tronçons d’entretiens, est assez monotone. L’ensemble est particulièrement instructif, et l’accent donné aux solutions locales fait de ce film un outil de mobilisation particulièrement constructif. Nicolas Leblanc |
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| Les internés du ghetto. Ethnographie des confrontations violentes dans une cité impopulaire |
| Manuel Boucher, préface de Didier Lapeyronnie, L’Harmattan, 2010, 424 pages, 38€ |
| Ghetto ou pas ghetto. Longtemps la sociologie résista à cette appellation appliquée à la réalité des banlieues dites difficiles ou populaires (selon la grille de lecture). À la suite de Didier Lapeyronnie (Le ghetto urbain, Robert Laffont, 2008), Manuel Boucher choisit de garder ce terme qui lui semble rendre compte d’une réalité de certains quartiers « impopulaires », à la fois lieux de relégation, qui cumulent les handicaps et la stigmatisation, et lieux vécus comme protecteurs et « naturalisés » par des populations juvéniles fragilisées. Cet ouvrage se veut « sociologie des turbulences » et approche ethnographique de « la cité des enfants perdus », quartier d’habitat social de 12 000 habitants d’une ville moyenne de 51 000 habitants du sud-ouest de la France. L’auteur va suivre trois types de populations, les « jeunes turbulents », les « pacificateurs indigènes » (c’est-à-dire les habitants investis de leur fait et par les autorités d’une fonction de régulation sociale), enfin les « forces de sécurisation », tous « internés du ghetto », chacune de ces catégories étant d’ailleurs composite et dont il fera ressortir les représentations et les logiques d’acteurs. Passionnante enquête dans les quartiers d’exil, qui nous donne à voir des jeunes désespérés, entre ennui et violence ludique, entraînés dans une confrontation permanente avec des forces de l’ordre de plus en plus inquiètes des nouvelles formes d’affrontement, les uns et les autres mobilisant un « capital guerrier » et une volonté de ne pas perdre la face. L’abandon par le gouvernement de la police de proximité rend impuissante la police municipale, et transforme les autres forces de l’ordre en quasi force d’occupation. L’ensemble des habitants de la cité est ethnicisé, instrumentalisé par les forces politiques locales adverses qui cherchent à la fois leur base sociale et à pacifier la situation. Les « pacificateurs indigènes » se retrouvent alors pris dans une double contrainte, entre désir de reconnaissance et assignation à un rôle de régulateurs ethnicisés. Pire : ces populations sont « réifiées », « déshumanisées », dans un contexte d’abandon de l’« État social » au profit de l’« État pénal ». Seule une politique touchant aux racines sociales du mal et permettant aux populations de se reconstituer comme sujets politiques permettra, selon Manuel Boucher, d’inverser une dynamique qui ne peut conduire qu’à des explosions encore plus dures que celles de décembre 2005. Bernard Bier |
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| Requiem pour un thon |
| Romain Chabrol, Les petits matins, 222 pages, 2010, 15€ |
| Le polar écolo est en vogue. Ce premier roman, de Romain Chabrol présenté par son éditeur comme « consultant pour des ONG écologistes » et ancien « enquêteur en généalogie successorale et journaliste », ce qui est pour le moins original, aurait pu n’être qu’un essai de lier militance verte et romance noire. C’est en partie cela, mais Requiem pousse le bouchon un peu plus loin, grâce à son écriture précise et à l’ambiance qu’il dégage. D’abord parce qu’on y apprend beaucoup de choses, sur l’aviation civile comme sur la pêche au thon (principalement sur la pêche au thon !), mais aussi parce que l’atmosphère de légalité relative d’un secteur aussi lucratif que celui des thoniers en méditerranée est assez bien sentie, en tout cas le lecteur y croit. L’intrigue, elle, se tient, crédible et ménageant de belles surprises. On attend la seconde pêche. Nicolas Leblanc |
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| Construire des actions collectives |
| Bernard Dumas, Michel Séguier, éditions Chronique sociale, 4e édition, 2010, 232 pages, 19,30€ |
| Cet ouvrage entend montrer que l’action collective des groupes sociaux marginalisés est possible. Il propose une théorie de la pratique qui soit autant opérationnelle qu’explicative, un support de réflexion critique et un moyen de réalisations collectives. Après avoir donné des éléments de problématique sur la nécessité de l’intégration sociale pour lutter contre l’exclusion ; après avoir expliqué les actions et les dynamiques collectives de changement et montré les différents modèles et mécanismes, les auteurs proposent des matrices à prendre en compte. S’appuyant sur un triple processus d’action collective caractérisé par la conscientisation, l’organisation et la mobilisation, ils situent dans les dimensions, les pôles d’action interne et externe, les orientations d’action pédagogique et politique, les formes d’action offensives et défensives. Ils défendent la dynamique du projet émancipateur comportant une dimension existentielle de créativité et d’innovation et transformant l’intérêt personnel en communauté d’intérêt, ainsi que l’éthique du développement solidaire qui a pour rôle d’entretenir l’espoir, de stimuler des capacités d’espérance. Cet ouvrage – qui comporte 54 tableaux – fournit des repères, des outils d’analyse, des méthodologies et des démarches pédagogiques pour promouvoir une démarche de développement solidaire. Ainsi, malgré les problèmes et obstacles sociaux considérables, les auteurs développent une démarche alternative concrète visant une volonté de transformation sociale, la promotion de la citoyenneté pour tous, et le développement des solidarités. Le seul regret, dans cette 4e édition, est que la bibliographie ne soit pas à jour. Brigitte Bouquet |
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| decembre 2010 |
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| Requiem pour un émeutier |
| Christian Cogné, Actes Sud, 2010, 230 pages, 20€ |
| Un peu comme La journée de la jupe a brillamment levé le rideau sur la situation désastreuse des relations hommes / femmes, professeurs / élèves, élèves / enseignement dans certains établissements secondaires de banlieue délabrés, l’ouvrage de Christian Cogné a le mérite de secouer les esprits. Difficile de lâcher ce Requiem tant, à chaque page, on se prend une nouvelle claque. On a même parfois du mal à se relever. Surtout que Christian Cogné n’a, hélas, pas eu besoin d’inventer, au fil des chapitres, de sordides anecdotes pour malmener son lecteur : le livre est le témoignage sidérant, poignant, glaçant d’un professeur non-titularisé en vagabondage dans les lycées professionnels d’Île-de-France. De directeurs d’établissement en désertion ou en dépression ; de professeurs abandonnés, désavoués, désabusés, dépassés ; d’élèves illettrés, mal orientés, ultra-violents, désinvoltes, se révélant être parfois de véritables criminels… on se demande ce qui le fait tenir, aujourd’hui encore, devant ses élèves. Il ne nous épargne ni les nuits d’insomnies, ni les tournantes, ni les rackets, ni les violences qu’il a subi, les humiliations, aussi, nombreuses de la part du corps professoral, cette fois parce qu’il n’est pas professeur en titre. Il dénonce les rouages d’un enseignement professionnel véritable voie de garage pour jeunes sans avenir. Requiem pour un émeutier est un scénario chaotique qui résonne comme la défaite de l’enseignement professionnel. Pourtant, l’auteur s’accroche à son métier, justifiant un engagement permanent presque obsessionnel et détaillant ses petites victoires. Il raconte son cheminement intellectuel pour réussir à transmettre quelque chose à ses classes : un mot nouveau, une attitude parfois. Quand il explique son positionnement pédagogique, le plus beau métier du monde prend un nouveau coup. Ce livre est l’analyse d’un soldat de l’éducation qui vit sa vocation comme un chemin de croix. On l’admire beaucoup, on le déteste parfois, on apprend aussi surtout. Ça n’arrive pas si souvent. Sterenn Duigou |
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| « Si ça vous amuse », chronique de mes faits et méfaits |
| Flammarion, 2010, 578 pages, 21€ |
| Michel Rocard vient de sortir un nouveau bouquin. À vrai dire, j’avais la sensibilité à vif après sa participation aux petites manœuvres de Sarkozy sur la taxe carbone et le grand emprunt. Ça ne m’amusait pas de le lire, mais je voulais comprendre… L’agacement a fonctionné dès les premières pages, notamment dans la délectation qu’il met à présenter des sujets compliqués, comme l’opportunité de breveter ou non les logiciels, expliquer le problème corse ou proposer en deux pages trois évidences et six pistes pour l’art de gouverner ! Mais devant l’accumulation de tant d’expériences, de convictions, de réflexions, on se dit qu’à plus de 80 ans, Michel Rocard a encore des choses à partager pour éclairer notre propre action. D’abord, il ressort que l’action publique est un équilibre improbable entre éthique, symbolisme et technique, entre responsabilité personnelle et action collective, entre discussion interculturelle et conception personnelle de l’efficacité et de la morale. Mais, à chacun d’y réfléchir. Ensuite, il éclaire quelques grands dossiers. Surtout, il plaide pour des solutions radicalement nouvelles à la crise actuelle et propose des pistes de réflexion sur quelques grands enjeux transversaux : l’art de la paix n’est pas la victoire mais la prise en compte de ce qui est acceptable par chacun au nom du bien commun ; l’art de gouverner renvoie à une très grande attention portée à la manière de résoudre les problèmes locaux, et de remobiliser les citoyens ; l’ambition d’une organisation mondiale peut s’appuyer sur les projets de déclaration universelle d’interdépendance et de charte pour une gouvernance mondiale ; la perte de confiance dans l’action publique s’explique par la difficulté à situer le faible pouvoir de l’État, le poids des médias, le refoulement de l’écrit et le triomphe du spectaculaire. Tout ceci souligne en filigrane l’importance du combat culturel et de la transmission du savoir, mais aussi de la discussion collective sur le fond des problèmes. Pierre Simon |
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| Ce qui tue le travail, |
| Francis Gainsburger, Michalon, 2010, 192 pages, 17€ |
| Spécialisée sur le champ « travail - emploi », croisé avec la question du territoire, j'ai ouvert le livre de Francis Gainsburger avec une certaine appréhension : avait-il quelque chose de neuf à dire sur le sujet, au moment où le slogan présidentiel « travailler plus pour gagner plus » a perdu toute crédibilité politique ? Aux dires de l'auteur, ce livre aurait pu s'appeler Essai sur la perversité de la gestion. L'idée centrale est simple : les catégories de gestion qui permettent de transformer le complexe en « gérable » fournissent à nos dirigeants un prêt à penser qui échappe au long terme et se retourne contre les humains. Thèse qui n'est pas sans rappeler le livre La société malade de la gestion, de Vincent de Gaulejac (Seuil, 2005). Les indicateurs de productivité tiennent lieu d'efficacité, le délai raccourci remplace la qualité de service : ces politiques du chiffre gagnent le service public. Depuis 30 ans, l'emploi a été envisagé comme un problème en soi et les politiques se sont cantonnées à sa relance par l'offre ou la demande. Le travail, réduit à ce qu'il coûte à l'employeur et à ce qu'il rapporte au salarié, devient une simple valeur d'échange. Le livre évoque la tentative louable de Francis Gainsburger de ne plus se prêter à la mascarade de l'expert convoqué à la rescousse lors d'un projet de fermeture de site, caution d'une mort annoncée, justifiée par des considérants gestionnaires, où les syndicats perdants d'avance tentent eux-mêmes d'en retirer le maximum d'avantages financiers. Le refus d'une intervention qui ne soit pas doublement mandatée patronat-syndicats permet de prendre un peu de hauteur et de quitter une discussion réduite aux acquêts quantitatifs, avant séparation définitive. Au total, le livre est stimulant, et incite à ouvrir les yeux sur une tentation gestionnaire sans âme et une contamination généralisée qui, comme dirait Patrick Viveret, a tout oublié du facteur humain. Jacqueline Lorthiois |
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| Roms de France, Roms en France |
| Coordonné par Jean-Pierre Dacheux et Bernard Delemotte, édition Cédis, 2010, 103 pages, 10€ |
| Qui sont-ils ? Quelles situations vivent-ils en France ? Quel est leur passé ? Cet ouvrage propose de comprendre nos stéréotypes sur les Roms pour pouvoir les dépasser, en apportant des pistes de réflexion et des réponses concrètes. Il s’adresse aux élus, aux citoyens, à tous ceux qui souhaitent dépasser les discours – gouvernementaux, mais pas seulement ! – ambiants, pour comprendre comment des migrations vieilles de plusieurs siècles posent toujours question au pays accueillant. Un exercice bien mené, où l’on revient sur l’origine étymologique du mot Roms, qui détaille des réalités complexes autour d’un peuple qui se décline en communautés éparpillées sur plusieurs continents et qui ne se définissent pas comme un ensemble. Il revient aussi sur une histoire douloureuse liée depuis plusieurs siècles au génocide, aux diasporas, aux législations restrictives, aux impositions étatiques à des normes de vie, etc. Il propose également de découvrir nos modes de vie du point de vue des peuples du voyage. Cette interrogation propose une réflexion élargie sur le rapport à la terre, à la propriété, à la consommation aussi. Il interroge sur les concepts de liberté, d’égalité et de citoyenneté. Le statut des gens du voyage, plus largement des Roms en France, soulève beaucoup d’interrogations, de l’indignation aussi. Cet ouvrage revient sur les législations en vigueur et peut s’utiliser comme un guide pratique, facile d’accès, qui a le mérite de proposer une vision pédagogique d’enjeux (l’altérité, le rapport à « l’étranger ») qui dépassent les frontières des questionnements autour des peuples du voyage. S. D. |
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| Le Mai 68 des historiens. Entre identités narratives et histoire orale |
| Sous la direction d’Agnès Callu, Presses universitaires du Septentrion, 2010, 312 pages accompagnées d’un CD de témoignages audiovisuels, 25€ |
| Il ne s’agit pas là d’un ouvrage de plus sur Mai 68, entre légende et réalité, entre hagiographie, rejet ou reniement. Il s’agit d’un ouvrage d’historiographie beaucoup plus ambitieux : à l’origine, un travail suivi d’un colloque sur l’histoire orale qui, pour des raisons d’opportunité de calendrier, a pris pour objet Mai 68. Comment des historiens (une soixantaine, parmi lesquels Agulhon, Le Goff, Perrot, Rémond…), certains exerçant à l’époque, chercheurs ou enseignants, universitaires ou chartistes, d’autres achevant leurs études, ont-ils vécu les « événements » ? Comment ont-ils été perçus et en quoi ont-ils pu infléchir leur parcours professionnel ? En quoi la formation disciplinaire a-t-elle impacté la lecture politique de l’événement en cours ? Et quid de la lecture rétrospective portée aujourd’hui sur ce qui reste un marqueur générationnel ? Les contributeurs nous offrent de fait une sociologie des institutions, une sociologie d’une profession, une sociologie de l’engagement politique, professionnel et une ouverture sur les imaginaires sociaux. Quel que soit leur niveau de participation, de sympathie ou d’antipathie, Mai 68 a été marquant, générateur de prise de conscience, mais aussi parfois de traumatisme. La discipline historique ne les préparait guère à anticiper sur l’événement, mais elle a permis à la plupart de prendre une certaine distance face à l’illusion de la nouveauté radicale ; et elle a été aussi parfois un obstacle à l’identification de ce qui se passait d’inédit. Il apparaît en fin de compte que, plus que l’année ou le mois de mai 68, ce sont les années 60 et 70, dont Mai 68 n’est qu’une manifestation, qui ont vu l’émergence de problématiques ou d’objets de recherche, d’une réflexion méthodologique et épistémologique, voire de pratiques (on pense à l’histoire du quotidien, à l’histoire des femmes) qui allaient transformer le champ de la recherche historique. Cet ouvrage collectif se révèle un passionnant moment d’histoire culturelle. Bernard Bier |
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| La décroissance. 10 questions pour comprendre et débattre |
| Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, La Découverte, 2010, 235 pages, 15€ |
| Dans le débat très actuel qui va monter jusqu’à la présidentielle de 2012 sur la place de l’écologie politique dans une perspective de renouvellement de la pensée à gauche, cet ouvrage apporte une contribution aussi pédagogique que fondamentale. Voulant éclairer le lecteur en se faisant les avocats du diable sur la crédibilité de la « décroissance » comme concept politique pour sauver ce qui est encore possible de l’être, les auteurs donnent un sacré coup de pouce à ceux qui souhaitent expliquer que l’on peut être progressiste et rejeter, sans aucune ambiguïté, la croissance comme dogme économique. En dix questions simples et efficaces (« Que signifie "décroissance" », « Pourquoi la décroissance et pas le développement durable », « la décroissance, une vieille idée réactionnaire ? », « la décroissance est-elle malthusienne ? », « la décroissance, c’est la fin de l’économie de marché ? » ou encore « La décroissance n’implique-t-elle pas une vision autoritaire de la politique ? »…), Bayon, Flipo et Schneider nous offrent une démonstration, certes subjective, mais très argumentée, toujours claire, et richement référencée que les objecteurs de croissance sont définitivement sortis de la case « mouvement d’excités » où la pensée unique a trop longtemps voulu les cantonner. Nicolas Leblanc |
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| novembre 2010 |
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| Cas de conscience |
| Pierre Joxe, éditions Labor et Fides, 2010, 248 pages, 19,5 € |
| C’est un homme politique particulier. Tout au long de sa carrière, il a été une « conscience ». Avec des grands principes anticolonialistes, une grande probité sur les relations entre vie publique et argent et des principes progressistes exigeants sur le travail ou sur la morale en politique. Cela ne l’a pas empêché d’être un proche de François Mitterrand au sein de la Convention des institutions républicaines, puis de le suivre au Parti socialiste lors du congrès fondateur d'Épinay, et ainsi d’intégrer le comité directeur dès 1971. Il a ensuite eu des responsabilités au sein du PS, puis est devenu député et président du groupe PS à l’Assemblée nationale après l’élection de Mitterrand, entre 1981 et 1984 puis de 1986 à 1988. Il a été ministre de l’Intérieur puis de la Défense, premier président de la Cour des comptes et membre du Conseil constitutionnel de 2001 à 2010. Ce livre est rare car c’est la première fois qu’un membre du Conseil constitutionnel français en exercice publie une « opinion différente ». En Espagne, en Allemagne, aux États-Unis, cette pratique est intégrée à la Cour elle-même : il s’agit d’exprimer une opinion qui diverge de la majorité du Conseil. Pierre Joxe était en 2010 le seul membre du Conseil encore nommé par un dirigeant de gauche. Il se livre à cet exercice sur la question des médias. Il montre que, sur plusieurs projets de loi, lui, Jean-Claude Colliard (autre membre nommé par la gauche, mais qui a quitté le Conseil constitutionnel en 2007) et même, sur certains sujets, d’autres membres de la majorité actuelle ont eu des opinions différentes. Et, à cette occasion, il remonte le temps et nous montre différents « cas de conscience » qu’il a eu à traiter, professionnellement (avec une forte dose de politique), ou politiquement. C’est assez éclairant car, on pourrait tous faire l’exercice à un moment plus ou moins avancé de notre existence de voir les choix que l’on regrette et les cas où l’on a pas forcément eu l’occasion – ou le cran – de tenir jusqu’au bout. Deux parties sont particulièrement à relever : la première sur le bétonnage du Languedoc-Roussillon, parce qu’elle est complètement inconnue, sauf des spécialistes ou des personnes qui l’ont vécu ; la seconde sur quelques dossiers traités par le Conseil constitutionnel, parce que l’on rentre un peu par le trou de la serrure dans cette institution essentielle de notre démocratie et que ce qui s’y passe est là aussi très largement méconnu. Tout le livre est un vrai plaidoyer pour que chacun-e, politique ou non, ait un « contrat de conscience ». Mathieu Glayman |
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| La démocratie internet Promesses et limites |
| Dominique Cardon, La République des idées / Seuil, 2010, 11,5€ |
| L’espace public traditionnel s'est transformé avec l'arrivée d'internet et c'est précisément ce qu'étudie Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs. En permettant à chaque lecteur d'être aussi contributeur à égalité avec les autres, la liberté d'expression prend son envol. Les porte-parole traditionnels ont plus de difficultés à trier et organiser les informations disponibles pour le public. L'auteur arrive à retracer ce que fait le web à la démocratie en se concentrant avec nuance sur les vertus de la libération de cette parole dans l'espace public : « Internet permet donc d'enrichir la discussion politique des citoyens. Mais il creuse aussi la fracture entre ceux qui lisent, s'affichent et discutent de politique, et ceux qui, moins politisés, informés par les seuls médias télévisés, n'entrent pas dans la conversation numérique. » Les autres facettes de l'e-démocratie sont très rapidement esquissées dans cette synthèse efficace pour le lecteur, quel que soit son usage des nouvelles technologies. On aurait aimé de plus amples développements, comme dans les autres ouvrages de cette collection. Gilles Pradeau. |
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| Les jours heureux |
| Association citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, La Découverte, mars 2010, 14€ |
| Encore récemment, le gouvernement actuel, disait situer sa loi sur les retraites dans le sillon du gaullisme. Du gaullisme social, serait-on tenter d’ajouter. Pourtant, ce livre permet de bien démontrer, en une centaine de pages, que le pouvoir actuel est à l’opposé complet du projet gaulliste. Sans le savoir et sans forcément en prendre la mesure, notre système social et, pour partie, politique, bancaire, industriel et médiatique, est hérité des combats que le Conseil national de la résistance a inscrits dans son programme en 1944 et mis en pratique juste après la Libération du pays. Ce livre salutaire montre bien la genèse de ce texte fondateur très fort. Il en rappelle les débats et les décisions. Et c’est un étonnement pour quiconque observe ou agit dans la politique actuelle de constater que les discussions d’alors ont grosso modo lieu dans un espace démocrate de gauche alors que depuis, et notamment aujourd’hui, le curseur s’est largement déplacé à droite. Le livre balaie l’ensemble des réformes qui ont suivi la période collaborationniste de Pétain. Une Libération vécue par le personnel politique avec une vraie inventivité et une capacité à quasiment repartir d’une feuille blanche pour porter au pouvoir des réalisations très importantes comme la sécurité sociale, le vote des femmes, les nationalisations du service bancaire et industriel, parmi de très nombreuses autres mesures. Tout un système qui a peu ou prou fonctionné jusqu’en 1986. Année où un premier ministre, se réclamant de de Gaulle, a commencé à détricoter ces mesures. Une casse qui s’est accélérée avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy, le premier président de la République non gaulliste dans les faits (Giscard ne l’était pas mais se situe plus modestement dans sa lignée). Un livre à relire. Et dont la gauche devra s’inspirer si elle revient au pouvoir et qu’il lui prend l’envie de réellement mettre en place le care. Mathieu Glaymann |
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| Médiations, les ateliers silencieux de la démocratie |
| Jacques Faget, Toulouse, éditions Érès, 2010, 304 pages, 25€ |
| Ce livre offre une synthèse inédite et critique sur les pratiques de médiation qui ont émergé au 16e siècle au sein de mouvements anabaptistes. Depuis les années 70, la médiation est devenue une référence et participe à de nouvelles formes de régulation politique. Elle s´enracine dans une critique de l´abstraction judiciaire (critical legal studies) et une volonté interactionniste où les acteurs concernés élaborent ensemble les solutions aux problèmes posés. Outre la promotion de la démocratie participative, la médiation est sous-tendue par un ensemble de valeurs éthiques : l´égalité, l´harmonie sociale et la reconnaissance des identités individuelles en souffrance. Le livre de Jacques Faget va bien au-delà de la célébration de ces pratiques et de leur récupération institutionnelle pour envisager les cultures de la médiation au sein des différents champs (politique, environnemental, judiciaire, familial, communautaire, scolaire, économique et sanitaire). Le développement de la médiation se traduit par la création de méthodologies, de filières académiques et de bureaux de consultants, d´où la nécessité de réfléchir et d´exercer un regard critique sur ces pratiques aux effets inégaux selon les contextes politiques porteurs. On aurait tort d´identifier la médiation à une simple méthode de résolution de conflits (problem solving) : les méthodologies divergent entre celles qui traitent séparément le différend et les personnes, celles qui se centrent sur les intérêts et non sur les positions et celles qui envisagent le bénéfice mutuel. La position des médiateurs est fondamentale car elle a une influence indéniable sur le résultat du processus. Jacques Faget analyse par exemple le modèle transformatif initié par les américains R. Barush Bush et Joseph Folger où la procédure est centrée sur les souhaits et les attentes des acteurs engagés concernant le futur. Le livre passe en revue les différents modèles de médiation (transformatif, narratif, négociation raisonnée, problem solving) et montre qu´il n´existe pas une définition universelle de la médiation si ce n´est qu´elle rassemble toutes les manières de dépasser les situations conflictuelles. Le livre de Jacques Faget est une invitation à poursuivre les recherches sur les effets de la médiation, à la fois sur la participation des acteurs concernés et sur les diverses formes de régulation produites. Christophe Premat |
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| Le Travail Social à l'épreuve du Néo-Libéralisme |
| Raymond Curie, L’harmattan, 2010, 152 pages, 15 € |
| Avec une approche synthétique, cet ouvrage analyse les effets de l’évolution des politiques sociales « libérales » depuis les années 70 sur le travail social, montre et dénonce le développement de l’utilitarisme et la rentabilité néo-libérale. Selon l’auteur, cela engendre deux logiques différentes qui s’opposent, celles de l’intervention sociale et du travail social. La logique d’intervention sociale accompagne les nouvelles politiques sociales. Avec une vision économique, elle est basée sur la compétence, le court terme, le suivi, la logique de service, et tend à n’intervenir que sur les symptômes des problèmes. La logique du travail social, quant à elle, défend les finalités du travail social, se base sur la qualification, le long terme, l’accompagnement, la relation d’aide articulant l’individuel et le collectif, la recherche des causes des problèmes. Les politiques néo-libérales entraînent donc chez les professionnels des positionnements qui s’échelonnent entre l’implication critique et la résignation de circonstance en passant par de nombreuses interrogations. L’auteur pose donc la question de s’adapter au libéralisme et aux nouveaux modèles ou, à l’inverse, d’y résister, d’établir des priorités, de prendre des initiatives, de construire des alternatives. Se plaçant dans cette seconde position, il défend la régulation de l’État, l’intérêt d’un projet global, l’opposabilité, l’interculturalité, la qualification, le recours à l’aspect militant. Brigitte Bouquet |
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| Philosophie du rock |
| Roger Pouivet, Puf, 2010, 260 pages, 23€ |
| Non, Philippe Manœuvre n’a pas décidé de se lancer brusquement dans un ouvrage enivrant sur la philosophie du rock. Ici le rock n’est pas étudié comme mouvement musical. Non, il devient un objet d’étude esthétique… Enfin « objet esthétique » sont-ils les mots exacts ? Et bien, c’est un peu ça le problème avec cet ouvrage, la crainte, par la suite, de ne pas être sur d’avoir bien tout compris. Car dans ce livre, l’auteur, Roger Pouivet professeur de philosophie à l’université de Nancy 2 défend une thèse : « Le rock a commencé le 26 mars 1951. Ce jour-là sort l’enregistrement par le guitariste Les Paul et la chanteuse Mary Ford de How Hight the Moon. (…) Le rock consiste à la création d’œuvres musicales en tant qu’enregistrements dans le cadre des arts de masse. » Tout le texte découle comme un développement audacieux pour défendre cette affirmation. Audacieux par la nature même de l’objet étudié qui n’est finalement pas le rock comme musique mais qui correspond davantage à son support d’enregistrement et de diffusion, le disque, qui selon lui participe activement à sa définition. Cet ouvrage fera sans doute sortir de leur blouson de cuir les rockeurs, purs et durs, parce que le raisonnement très scientifique de l’auteur dans sa démonstration fait presque oublier l’enchantement d’un live de Jimmy Hendrix sur la scène de Woodstock. Je dis bien presque, car le professeur sème au gré des chapitres des petites descriptions enflammées de certains morceaux d’anthologie. Cependant, ici, pas question de revenir sur les racines du rock, laissez tomber les analyses ethnologiques des générations sex drugs and rock’n’roll, l’ouvrage offre la découverte de concepts philosophiques abordés de façon assez pédagogique, même si il faut être patient pour essayer d’en assimiler certains. Allez, il faudra bien un petit Chuck Berry pour digérer ces infos. Sterenn Duigou |
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| octobre 2010 |
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| Développements durables : tous les enjeux en 12 leçons |
| Yvette Veyret et Jacqueline Jalta, éditions Autrement, 2010, 235 pages, 22€ |
| Ce livre est une introduction aux enjeux du développement durable. Le néophyte y trouvera son bonheur grâce à des explications claires et bien illustrées. Il lira avec plaisir les fausses évidences des débuts de chapitre comme, par exemple, « Le développement durable luxe de riche » ou « la pauvreté est dûe aux méfaits et aux insuffisances de la nature ». L'expert sera plus difficilement rassasié, il mettra à profit les exemples de fin de chapitre, certains étant très bien développés. Ainsi, les questions de développement durable en Chine nous apportent un regard intéressant sur les défis colossaux que va devoir relever la république populaire. Le chapitre sur le quartier de Bedzed, près de Londres, un endroit où la communication en termes d’« écoquartier » semble plus importante que les réalisations concrètes en matière de durabilité, est particulièrement pertinent. Ressemblant à un manuel de géographie pour lycéens, à qui il semble s'adresser tant certains développements sont simplifiés, il aborde les questions d'éducation ou de pauvreté qui ne sont pas toujours rattachées par le grand public aux réflexions globales sur le développement durable. Il nous rappelle que beaucoup de ces questions sont avant tout des problèmes économiques, politiques et sociaux avant d'être liées aux ressources naturelles. Jacqueline Jalta, une des auteures, agrégée de géographie, écrit aussi des manuels scolaires. Les cartes sont ainsi joliment illustrées ce qui rend le tout particulièrement abordable. Au passage, on saluera la maison d'édition Autrement pour sa collection sur le développement durable, et notamment son Atlas des développements durables de la même auteure, Yvette Veyret.
Janoé Vulbeau |
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| Les pionniers de la ville durable |
| Ruth Stegassy et Cyria Emelianoff, éditions Autrement, 2010, 294 pages, 25€ |
| Ce livre est un concentré de bonnes idées. Il ne délivre pas la recette pour construire une ville durable, mais développe beaucoup d’initiatives. À travers leur voyage européen, Cyria Emelianoff et Ruth Stegassy présentent des villes dites « pionnières », des acteurs et des réseaux œuvrant pour le développement durable. Les deux auteures conjuguent une vision de spécialistes avec l’ambition de rendre accessibles des questions d’urbanisme parfois pointues. Cyria Emelianoff est maître de conférence à l’université du Maine, spécialisée dans l’urbanisme durable ; Ruth Stegassy est journaliste, elle anime l’émission « Terre à Terre » sur France culture. Un panorama de dix-huit villes présente différentes manières de répondre aux problématiques du développement durable. Certains chapitres se concentrent sur l’élaboration d’agendas 21, tandis que d’autres privilégient la mise en réseau ou encore la requalification urbaine. La présentation des initiatives ne dépasse pas quatre pages, ce qui permet d’évoquer les principaux points sans entrer dans une trop grande technicité. La force de cet ouvrage est de laisser la parole aux maîtres d’œuvre. Ainsi, l’interview permet aux acteurs de préciser leur point de vue et leur engagement en faveur des villes durables. Certains sont des hommes politiques, d’autres travaillent dans l’administration. On est bien souvent impressionné par leur capacité à avoir une vue politique de long terme et de pouvoir associer un maximum d’acteurs sur des projets dont les bénéfices ne sont pas toujours évidents à court terme. Ainsi, la mairie de Växjö, en Suède, a su associer les pouvoirs publics, les universités et les entreprises, notamment automobiles, pour la réduction des émissions de Co2. Cette initiative réalisée par un maire de droite, prouve que tous les bords politiques peuvent agir pour l’environnement. On citera dans cette capacité à travailler en réseau la deputation de Barcelone qui, contre un engagement humain des villes catalanes, apporte un diagnostic environnemental et un appui financier pour la mise en place de leur agenda 21. Si le mouvement des villes durables est en marche, il reste encore trop marginal. Promouvoir les bonnes initiatives, comme le fait ce livre, ne peut donc être que positif. J. V. |
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| La France Libre |
| Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Folio histoire, 2001, tome 1 : 848 pages ; tome 2 : 688 pages, 11,40€ |
| Après la commémoration cet été du 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, c’est le moment de ressortir ce livre, en deux tomes, qui retrace en 1 500 pages toute l’histoire de la France Libre ! Cet ouvrage balaie tous les aspects de la Résistance de l’extérieur, puis de l’intérieur. Il retrace les discussions entre courants politiques pour favoriser la meilleure stratégie afin de libérer la France du joug nazi et de faire tomber le gouvernement collaborationniste de Pétain. Les relations entre de Gaulle et Churchill sont développées, ainsi que l’histoire des centaines de réseaux qui s’organisent, petit à petit, dans le monde entier. Le combat se construit parfois de manière symbolique, autour de l’autorité politique des colonies. Ce livre est passionnant, car il détaille tous les enjeux, dont certains restent méconnus comme le financement complexe des réseaux de résistants, la question de la place des femmes, l’importance de la mission de Jean Moulin ou, encore, le rôle de la radio et des journaux. En revanche, deux faiblesses sont à relever dans cette œuvre : l’absence totale de toute référence au débat – qui fût important et symbolique – sur le droit de vote des femmes, et l’analyse très faible sur les questions liées à la décolonisation, avec l’évacuation de tout débat sur les massacres de Sétif de1945. L’idéologie de l’auteur y est peut-être pour quelque chose. Le livre a été écrit par un gaulliste historique qui, après s’être engagé dans l’armée française, a été fait prisonnier en Allemagne d’où il s’est échappé, puis a été refait prisonnier lorsqu’il a voulu passer par l’URSS pour rejoindre de Gaulle. À partir de 1942, il deviendra secrétaire du comité exécutif de la propagande et chef du service de diffusion clandestine de la France libre, entre 1942 et 1944. Il sera l’une des voix de Radio Londres. Qui a dit que l’histoire n’était pas politique ? Mathieu Glaymann |
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| Le mariage est une mauvaise action |
| Voltairine de Cleyre, ouvrage traduit et annoté par Yves Coleman, éditions du Sextant, 2009, 64 pages, 7€ |
| Son père, un artisan libre penseur et socialiste, admirait Voltaire. C’est la raison pour laquelle il a appelé sa fille Voltairine, prénom hors du commun, comme celle qui le portera jusqu’à sa mort, en 1912. Contrairement à l’homme au « hideux sourire », cette dernière croira en la capacité de tous de se libérer des multiples chaînes qui les retiennent au sol. Et elle le répétera inlassablement jusqu’à son dernier souffle, lors de moult conférences, comme celle qu’elle prononcera le 28 avril 1907 dans les locaux de la Radical liberal league, et qui donne son nom à cet ouvrage que les éditions du Sextant ont publié récemment, agrémenté d’une biographie de son auteure. Anarchiste, Voltairine de Cleyre n’aura pas peu fait, selon son biographe Chris Crass, pour faire progresser la question féminine. Elle aura, en tout cas, « toute sa vie, (…) combattu le système de la domination masculine ». Était-ce en raison de son séjour de trois ans et demi dans un couvent, « de la façon dont la traitèrent la plupart des hommes qui partagèrent sa vie, [c'est-à-dire] comme un objet sexuel, une reproductrice ou une domestique » ? La plupart de nos révoltes provenant bien souvent des nos expériences personnelles, ce n’est pas impossible. On comprendrait en tout cas que la vie de cette femme contrainte d’avoir un enfant alors qu’elle n’avait jamais eu l’intention d’être mère et ne voulait pas en élever ait pu avoir quelque incidence sur ses réflexions. Mais, au fond, cela n’importe pas beaucoup. Bien moins, en tout cas, que la façon magistrale dont Voltairine de Cleyre s’y prend dans cet ouvrage pour avancer une thèse qui restera encore longtemps controversée, à savoir que « le moyen le plus facile, le plus sûr et le plus répandu de tuer l’amour est le mariage », entendu comme « relation permanente entre un homme et une femme ». Bien moins, surtout, que l’actualité du propos que nous délivre celle qui fut l’une des toutes premières féministes et qui, malheureusement, demeure bien moins connue que certains de ses épigones actuels, dont par charité nous ne citerons pas les noms, mais qui gagneraient certainement à relire Voltairine de Cleyre. Samuel Bon |
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| Le trotsko et la coco. Reconstruisons la gauche, volume 1 |
| Christian Piquet et Marie-Pierre Vieu, entretiens avec Sylvia Zappi, éditions Arcane 17, mars 2010, 132 pages, 14€ |
| L’idée de cette collection de la toute jeune maison d’éditions Arcane 17, créée par Marie-Pierre Vieu, est intéressante : faire dialoguer entre eux plusieurs dirigeant-e-s de gauche issus de parcours et de générations différentes. Christian Piquet est un vieux liguard (de l’ex-Ligue communiste révolutionnaire, LCR) devenu l’un des animateurs du Front de Gauche avec sa « Gauche unitaire » ; il est élu régional en Midi-Pyrénées depuis mars dernier. Marie-Pierre Vieu est une jeune dirigeante du PCF, notamment membre du collège national exécutif du parti communiste depuis 2000, conseillère régionale et vice-présidente de la région Midi-Pyrénées en charge de l'économie sociale et solidaire entre 2004 et 2010... En reposant le livre, on se demande ce que l’on a lu d’intéressant dans ce dialogue. Pourtant, les questions posées par la journaliste du Monde, Sylvia Zappi, sont pertinentes, rythment bien l’ouvrage. Mais quasiment rien ne vient. Pas une idée nouvelle, pas une analyse originale, pas une esquisse de quelque chose de neuf. Sur la crise écologique, on ne lit rien. Pas un mot sur les alternatives générales possibles, ni dans la doctrine, ni dans le concret. Pas un exemple de mobilisation citoyenne, politique, syndicale, sociale qui donne envie. On est un peu atterré. Et pas un mot non plus sur des exemples de recomposition réussie à l’étranger, sur les exemples, à gauche, venus d’Amérique latine. On n’attendait pas forcément un livre -programme ou un grand sommet intellectuel, mais les deux acteurs qui dialoguent sont des personnages politiques plutôt intéressants. Mais, ici, très vides. Et leur « espace politique » en pleine recomposition mérite mieux. Cela ne nous empêchera pas de lire la suite de cette collection ; mais, pour cet opus, gagnez du temps, épargnez-vous-en la lecture. M. G. |
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| Le Quai de Ouistreham |
| Florence Aubenas, L’Olivier, 2010, 270 pages, 19 € |
| Florence Aubenas est une grande journaliste. Sa célébrité, bien involontaire, suite à son séjour prolongé et souterrain en Irak, ne doit en aucun cas masquer cette réalité incontestable. Le quai de Ouistream est une plongée sidérante dans les faubourgs de notre monde économique. Ce n’est pas l’étendue de l’exploitation des « petites gens » par un marché du travail sans pitié et totalement déshumanisé qui laisse le plus bouche bée. Et pourtant, certaines pages sont sur ce point d’anthologie. Non, ce qui effraye le plus, c’est la faculté de ces chômeuses, de ces femmes de ménages, de ces partenaires d’infortune temporaire de l’auteure d’intégrer leur rang, inférieur, forcément inférieur, dans la société soi disant moderne. Si quelques-unes d’entre elles sont carrément lumineuses, la plupart se sont résignées (depuis l’enfance ?) à avoir une vie petite, difficile, soumise à des volontés qui les dépassent et qu’il convient de suivre à la lettre, fusse en égratignant une solidarité de classe déjà largement anémique. Pourtant, une question rôde : est-ce bien le rôle d’une enquête journalistique d’être sidérante ? Ne devrait-elle pas plutôt être édifiante ? Florence Aubenas, pour décrire ce monde de sous-prolétaires du plumeau, se glisse dans la peau de l’une d’entre elles, et nous conte au jour le jour son combat pour décrocher un travail à temps plein. Or, cette aventure, dont on ne doute pas un instant qu’elle soit vraie, est un roman, dans le sens où la narratrice est un personnage : celui dans lequel la journaliste s’est glissé. À aucun moment elle ne laisse percer ses ressources intellectuelles, son capital culturel, son expérience de vie pour réagir aux situations qu’elle croise ; la voir totalement affolée devant un formateur en conduite de cireuse électrique qui veut lui faire essayer l’engin laisse songeur, quand on connaît son passé de grande reporter. Soit c’est un tour de force : celui d’avoir vraiment réussi à devenir quelqu’un d’autre, soit c’est un effet de style, en l’occurrence une forme de tromperie. De même, on aurait aimé que la journaliste éclaire son récit de données sociales, économiques, politiques, qui aurait donné plus de force à ce Quai de Ouistream, qui ressemble au final à un long métrage d’un reportage de Strip-tease : tellement sidérant, qu’on ne sait plus si on doit y croire. Nicolas Leblanc |
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| Itinéraire d’un militant écologiste |
| Jean-Pierre Morichaud, Marie Delarbre éditions, 2009, 117 pages, 9€ |
| Jean-Pierre Morichaud, militant écologiste et anti-nucléaire, notamment à la fédération Rhône-Alpes des associations de protection de la nature (Frapna), installé dans la moyenne vallée du Rhône, une des zones les plus nucléarisées d’Europe, nous donne avec ce petit livre à la fois un témoignage de vie, et des messages d’engagement et de vigilance. Un militant écologiste, c’est ce redoutable échantillon d’humanité, fait de compétences techniques, d’aptitude au courage et à la dissidence, et de ténacité. Jean Pierre Morichaud nous détaille certaines luttes en cours : l’identification par enquête épidémiologique d’éventuelles causes de cancers induites autour de nos centrales nucléaires, le danger que fait courir la prolongation de vie de centrales vieillissantes, dont on sous-traite l’entretien. Mais aussi des cultures énergétiques adaptées à un petit village malien ! Un irréductible citoyen du monde, à découvrir. Michel Wilson |
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| septembre 2010 |
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| Reconstruire l’Afrique |
| Ousmane Sy, éditions Charles Léopold Meyer, avec les éditions Jamana et l’institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG), 2010, 220 pages, 19€ |
Tous ceux qui, ces dernières années, ont suivi l’avancée de la décentralisation au Mali ou dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest, seront particulièrement intéressés par cet ouvrage. Il éclaire le projet de l’artisan moteur de l’émergence des communes maliennes : Ousmane Sy. Fort de sa démarche permanente de retour au terrain, il développe tôt son intérêt pour « la chose publique ». En matière de développement rural, qui fut son premier champ d’action, il prône le « cousu sur mesure » contre les programmes de « prêt à développer ». Dans son livre, il rapporte son expérience motrice dans le modelage du paysage institutionnel et administratif malien. Ousmane Sy a mené, à différents postes de responsabilité, la « mission de décentralisation » qu’il considère comme « le retour de l’administration à la maison ». Il évoque Joseph Ki-Zerbo, disant que « l’Afrique doit tisser sa propre natte », car « si nous ne sommes pas de chez nous, nous ne sommes pas du monde ». Aussi, Ousman Sy décrit son implication des années 2000 ; mais l’expérience est trop récente et les moyens mobilisés sans doute insuffisants pour en faire le bilan. Le propos reste, cependant, clair sur le projet de construction du Mali nouveau avec ses 703 communes, mais nous restons sur notre faim en ce qui concerne la pérennité de l’exercice. Dans la deuxième partie de l’ouvrage, il traite de l’Afrique et au-delà. Ousmane Sy plaide à la fois pour un pouvoir central qui respecte les entités locales et un pouvoir local qui puisse prendre en compte les autorités coutumières. Derrière cette question, c’est tout le modèle de décentralisation qui est en jeu et le référentiel occidental de gouvernance promu par les organisations internationales. Mais il avoue que, face à l’urgence de l’intervention pour la décentralisation au Mali, ces questions ne lui sont venues qu’après. Après son plaidoyer pour construire un modèle démocratique s’appuyant sur les références nationales et les vécus des populations africaines, Ousmane Sy élargit son propos aux États africains post coloniaux, émiettés depuis la conférence de Berlin (1884-1885) et enfermés dans le carcan du modèle administratif jacobin. À la lecture d’un tel témoignage, après celui de Mamadou Cissokho (Dieu n’est pas un paysan, Grad - Présence Africaine, 2009, voir Territoires n° 500), on peut dire, au-delà de tous les afro-pessimistes, que l’Afrique est en marche.
Étienne Beaudoux |
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| Les députés européens et leur rôle |
| Julien Navarro, éditions de l´Université de Bruxelles, 2009, 296 pages, 25 € |
| L´ouvrage de Julien Navarro apporte un éclairage complémentaire aux études empiriques de la représentation politique et du fonctionnement du Parlement européen. En se fondant sur des entretiens semi-directifs auprès de parlementaires européens de la législature 1999-2004, l´auteur ancre sa démarche dans une sociologie des rôles permettant d´analyser la manière dont les députés européens conçoivent leur fonction et agissent au sein de l´arène parlementaire (mesure de leur travail législatif via un certain nombre d´indicateurs, tels que le nombre de rapports rédigés, la participation à des commissions et à la rédaction de résolutions, la formulation de questions écrites). L´auteur présente une recherche inédite et fructueuse portant sur la subjectivité des acteurs (les parlementaires européens) selon leur situation politique et leur provenance sociale. L´originalité du travail tient à sa méthodologie, avec un choix assumé de croiser une approche qualitative (78 entretiens auprès de parlementaires) et une approche quantitative pour analyser le comportement politique des parlementaires européens qui ont vu l´Europe s´élargir pendant leur mandat. Il ressort de cette étude une typologie classant les parlementaires en cinq catégories selon leur perception de leur travail et de leur action au sein du Parlement européen : l´animateur qui délivre un message général et intellectuel, le spécialiste qui s´attache davantage à la dimension pratique des textes (impact sur les politiques publiques) et effectue un travail législatif très pointu, l´intermédiaire qui privilégie le mandat et la relation entre les représentants et les représentés, le contestataire qui a un rôle essentiellement critique et le dilettante qui fréquente plus rarement le Parlement en raison d´autres fonctions (responsabilité politique locale). Grâce à une série de variables sociologiques (situation professionnelle, cosmopolitisme), l´ouvrage en vient à décrire les motivations des personnes à endosser le rôle de député. Outre l´aspect gratifiant d´une telle fonction, le mode de scrutin a un impact sur la sélection des députés qui sont choisis en raison d´une certaine loyauté envers le parti politique national. Les députés ont des perspectives de carrière assez intéressantes après leur mandat. Les motivations des députés sont finalement le reflet d´une intégration européenne et d´une forme de normalisation des institutions européennes. La diversité des comportements des députés européens montre que le Parlement européen est un espace en construction d´un agir tout à fait nouveau et non cloisonné. Christophe Premat |
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| Révolutionnaires du nouveau monde |
| Michel Cordillot, édition Lux, 216 pages, 12,35€ |
| Tout le monde ne le sait pas forcément, il y eut jadis, aux États-Unis, un candidat socialiste qui se présenta à de nombreuses reprises aux élections présidentielles américaines : Eugen Victor Debs (1855-1926), longtemps président du Parti socialiste d’Amérique, qu’il avait largement contribué à fonder en 1901. L’ouvrage de Michel Cordillot, professeur d’histoire à l’université Paris 8, insiste sur le rôle essentiel que furent amenés à jouer, lors de sa campagne de 1908, les militants socialistes francophones. Il le rappelle d’emblée, ce qui constitue l’un des deux grands mérites du livre. L’autre consistant à faire découvrir au lecteur le « rôle aussi important que méconnu » de « ces drôles de Français d’Amérique », à propos desquels les travaux historiques, généralement bien informés sur le rôle joué dans l’histoire sociale des États-Unis par les immigrés de diverses origines, restaient désespérément muets. Car il y eut effectivement, aux States, des « partageux » de langue française. Et parmi ces derniers un être d’exception, l’autodidacte Louis Goaziou, qui, à en croire la très convaincante démonstration de Cordillot, fit « exister durant près d’un quart de siècle une presse révolutionnaire d’exception », dont on dévore les pages qui lui sont dédiées. Plus particulièrement celles consacrées à l’Union des travailleurs, journal qui, tout en concrétisant l’aboutissement des conceptions journalistiques de son fondateur, su « trouver – et surtout préserver – un équilibre entre les quatre fonctions principales que son fondateur entendait lui assigner simultanément : défendre une ligne politique déterminée, informer, éduquer et, enfin, créer du lien social avec et entre les lecteurs ». Cela dit, et malgré le scoop, découvrir qu’il y eut des « partageux » aux USA n’est peut-être pas le principal intérêt de ce livre, qui est plutôt de proposer au lecteur des pistes de réflexions sur un phénomène social constitutif de l’identité américaine : l’immigration. On ne perdra pas, en tout cas, son temps en lisant cette histoire oubliée d’une minorité au sein de la minorité que constitua, entre 1885 et 1922, l’ensemble des « socialisants » aux États-Unis. Samuel Bon |
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| Au coeur des luttes des années 60. Les étudiants du PSU |
| Publisud, 2010, 32€ |
| Nous vivons dans un monde, non seulement en crise, mais en pleine accélération du temps des mutations, d'où des difficultés à intégrer celles-ci dans un récit riche des apports du passé et générateur d'une vision prospective porteuse de sens. Pourtant, les instruments existent et l'histoire du Parti socialiste unifié (PSU) en fournit pour sa part un exemple pertinent et peut-être plus parlant lorsque l'on s'attache à l'histoire des étudiants du PSU dans la période 1960-1971. On voit alors apparaître les éléments d'une nouvelle donne culturelle et sociale, dont les prolongements se retrouvent bien souvent dans nos questionnements actuels. Mai 68 fût, évidemment, l'instant phare de cette période, mais on en perdrait le sens si on ne s'appropriait pas la part essentielle des actions, débats et réflexions qui ont mûri durant toute la période des années 60 pour aboutir à cette explosion de l'imaginaire collectif. Les étudiants du PSU, parce qu'ils étaient impliqués dans les luttes politiques de ces années, en étroite liaison avec l'Union nationale des étudiants de France (Unef), acteur majeur des mobilisations étudiantes de la guerre d'Algérie à Mai 68, ont pu se retrouver au cœur des évolutions du mouvement étudiant. D'où l'intérêt de cet ouvrage collectif rédigé par un ensemble d'anciens étudiants du PSU, qui ont ainsi tenu à conserver une part de mémoire sans doute indispensable à la construction d'une approche collective des temps de la politique. Ils l'ont fait en restant fidèles à leurs idéaux de jeunesse, car ils croient toujours « qu'un autre monde est possible ». Cet ouvrage de 400 pages de contributions, rédigé par une vingtaine d'auteurs, résulte du travail collectif d'une centaine de participants à des réunions, qui ont rythmé un travail de dix-huit mois pendant lesquels les projets de témoignages et d'articles étaient librement débattus. En cette année 2010, qui marque le cinquantième anniversaire de la création du PSU, ce livre contribue à rappeler que ce parti, disparu depuis vingt ans, a joué un rôle essentiel dans le renouveau du socialisme en France. Serge Depaquit |
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| La fabrique du patrimoine |
| Nathalie Heinich, éditions de la Maison des sciences de l’Homme, 2009, 288 pages, 21€ |
| Le patrimoine ? Comment l’identifier, le conserver, le valoriser ? Voilà des questions sur lesquelles la sociologue du CNRS, Nathalie Heinich, nous éclaire dans un livre rigoureux, savant en plus d’être accessible. Depuis Prosper Mérimée, inventeur des fiches d’identification du patrimoine, jusqu’à André Malraux soucieux de faire un inventaire national, des possesseurs d’un bien historique jusqu’aux militants basiques du petit patrimoine local, il existe une multitude d’experts, de curieux, d’amateurs, de défenseurs, mais aussi d'opposants… Et tout ce monde manie des concepts que ce livre décortique en s’appuyant sur un travail de terrain, permettant de voir la diversité, sans cesse élargie, des patrimoines. Ainsi, l’inventaire général du patrimoine et l’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques sont des procédures classiques rappelées par l’auteure, mais aux critères méconnus pour les non initiés. L’auteure développe : « C’est l’alliance de l’authentique et du singulier qui fait l’excellence, digne d’étude approfondie tandis que l’alliance de l’authentique et du commun fait simplement le repérable » ; ce qui d’ailleurs n’a rien à voir avec le beau ! La borne Michelin, la petite cuillère ancienne, pourvue d’un poinçon, en matériau précieux et avec une ornementation exceptionnelle peuvent faire partie intégrante du patrimoine du fait de leur authenticité. Avec son identification au patrimoine, « un bien privé devient, sinon public, du moins soustrait à la libre possession de son propriétaire, puisque désormais l’État exercera un droit de regard sur son aspect, ses abords, son statut juridique, voir son usage ». Ceci n’est d’ailleurs pas toujours du goût des propriétaires ! L’auteure ne cache pas les querelles d’expert : l’école du « maintien à l’identique », ou l’école du « respect des traces du temps ». Débats qui dépassent le commun des curieux de patrimoine. Ce livre contribue à rendre plus visibles les démarches de spécialistes, et à ce titre peut servir utilement les élus, agents de développement et militants associatifs pour que le patrimoine reste l’affaire de tous. Étienne Beaudoux |
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| Migrer au féminin |
| Laurence Roulleau-Berger, Puf, 2010, 192 pages, 15€ |
| Longtemps, la migration fut masculine, de travail et pendulaire. Cela changea lorsque la fermeture des frontières en Europe transforma l’immigration de travail en une immigration familiale. Nous sommes, dorénavant, dans une autre phase : les migrations sont de plus en plus diversifiées, multipolaires et… féminines, comme le souligne Laurence Roulleau-Berger. Aujourd’hui, un migrant sur deux est une migrante, phénomène largement ignoré et peu étudié. Autant dire déjà que cet ouvrage vient combler un manque. De cette migration, l’auteure esquisse les grands traits en s’appuyant sur des entretiens auprès de femmes actuellement en France, mais venant du monde entier. Il s’agit autant d’une immigration de passage que d’installation – ces notions tendent à se diluer comme s’estompent les frontières entre migrations politiques et économiques, catégorisations anciennes ne rendant pas compte des intrications entre les deux champs. Ce qui ressort, c’est la « cosmopolitisation » des biographies et la hiérarchisation mondiale des espaces économiques. L’auteure dessine une typologie de ces femmes : la nouvelle élite féminine bourgeoise et cosmopolite ; les femmes pauvres, reléguées dans les métiers du soin aux personnes ; et les femmes hobos (Le hobo, sociologie des sans-abri, Anderson N., Nathan, 2003), « nouvelles surnuméraires de la globalisation », sans papiers et déracinées. Sur le plan personnel, c’est l’individualisation des parcours et des stratégies. Ces situations de migrations s’accompagnent de brouillage des « ordres normatifs » et de développement de compétences adaptatives (un « capital spatial »). Avec, à chaque « bifurcation », recomposition des places, des statuts et reconfigurations identitaires. Mais ces migrations sont pour le plus grand nombre l’épreuve de la disqualification : si pèse le capital social antérieur, nombre de femmes se retrouvent dans des emplois sous qualifiées par rapport à leur situation d’origine. Aux plus aisées, la pluri-activité, l’« autonomisation revendiquée », aux autres l’« autonomisation contrainte » et la mono-activité.Cet ouvrage brillant, dont certains pourront regretter qu’il ne nous donne pas à voir les « coulisses » de l’enquête sociologique, s’appuie sur les avancées conceptuelles les plus récentes et participe à rendre visible ces « migrations au féminin », en montrant aussi qu’elles sont un analyseur des évolutions sociales et politiques d’une « société-monde ». Bernard Bier |
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| juin 2010 |
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| L´intercommunalité en campagne. Rhétoriques et usages de la thématique intercommunale dans les élections municipales de 2008 |
| sous la direction de Rémy Le Saout, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 200 pages, 16€ |
Le fait intercommunal pèse-t-il en France ?
Cette série de monographies s´attache à étudier le traitement du fait intercommunal lors de la campagne des élections municipales de 2008 en France. Grâce à des entretiens semi-directifs menés auprès des acteurs de cette campagne et à une analyse minutieuse de la profession de foi des candidats, le livre montre que l´intercommunalité est effacée dans les discours de campagne, quelles que soient la taille et l´influence de la structure intercommunale (communauté de communes, communauté d´agglomération ou communauté urbaine). Les réalisations intercommunales ne sont pas valorisées, les candidats adoptent un style de campagne communo-centré. Si l´intercommunalité ne fait pas partie des ressources de légitimation du discours politique, c´est parce que son fonctionnement est complexe et est perçu comme extérieur aux enjeux principaux de la politique municipale. Rares sont donc les communes qui affirment l´importance des structures intercommunales dans la concrétisation d´un certain nombre de politiques locales. Les études de cas en viennent à comprendre les raisons de l´effacement du fait intercommunal lors d´une campagne où les enjeux locaux ont pourtant été prédominants. La prudence des candidats tient au système même de l´intercommunalité, puisque le profil politique de la structure intercommunale dépend du résultat des élections municipales dans toutes les communes appartenant à cette structure : un maire élu sur une liste dans une commune peut ainsi être en minorité politique au sein de l´assemblée intercommunale lors du troisième tour communautaire, où les conseils municipaux élisent les membres des assemblées intercommunales. Il est donc risqué pour un candidat d´utiliser l´intercommunalité comme ressource principale du discours politique (sauf lorsque l´intercommunalité est récupérée au profit d´un renouveau politique local), alors même que les principaux défis de la politique locale dépendent de plus en plus de ces structures (plus de 85 % des communes sont intégrées à un ensemble intercommunal). L´ignorance volontaire de la thématique intercommunale lors de ces élections illustre en réalité le déficit démocratique de ces institutions, où le mode de suffrage diffère de celui des élections municipales. Nous sommes encore dans une phase de transition, où le manque de visibilité des structures intercommunales reflète la recomposition en cours de la carte territoriale française. Christophe Premat |
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| Maire Vert en banlieue |
| Entretien de Michel Bourgain avec Évelyne Perrin, éditions Les Petits matins, 2010, 296 pages, 10€ |
Maire Vert en ex-banlieue Rouge
Pour qui a travaillé avec ou côtoyé Michel Bourgain en tant que maire de l’Île-Saint-Denis, ce livre a l’immense mérite, de rendre accessible à tout lecteur qui s’intéresse à la politique réelle, à la politique locale : il montre, dans le détail, l’enchaînement – parfois bousculé par la « vraie vie » – de l’action politique : repérage d’un problème, réflexion, mise en place d’un dispositif ou d’une action, réaction, analyse. Le livre d’entretien avec la sociologue Évelyne Perrin décortique, par les mots, l’action politique. Il souligne bien le long enracinement d’un élu de terrain, le travail collectif d’une liste municipale, la lente maturation d’un projet, les opportunités possibles ou non, les reculs, les doutes et les avancées. Il a l’intérêt de tenter d’intellectualiser l’action politique qui ne l’est pas forcément toujours à première vue. Il pose des principes, des enjeux, des mesures et les décline en actions réelles. Il n’esquive pas les questions gênantes et les inévitables ratés. Ce n’est ni un livre à charge, ni à décharge. Il est comme une auscultation d’un projet politique dans une ville pauvre financièrement, riche culturellement, socialement et très vivante sur le plan politique comme sur le plan du projet d’écologie populaire. Comme pour d’autres livres politiques, on aimerait lire les points de vue croisés de plusieurs acteurs, sur la plupart des sujets abordés. À lire, pour débattre, argumenter et ne pas se (laisser) désespérer par l’état du monde, ni trop atteindre par le « chagrin politique ». Mathieu Glaymann |
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| Les transports, la planète et le citoyen |
| Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier Razemon, Rue de l’échiquier, 2010, 192 pages, 12€ |
Chasse au carbone et aux fausses bonnes idées
Les auteurs, observateurs et praticiens avisés de la mobilité durable nous offrent un petit manuel du bien décider en la matière. Notamment en multipliant les exemples de choix aberrants faits de plus ou moins bonne foi par des responsables, mais aussi par chacun d'entre nous. Citons pêle-mêle la ligne B du RER, la ligne 13 du métro parisien, le bilan carbone réel des véhicules « propres ». C'est que la mobilité est le fait d'une multitude de microdécisions que des macropolitiques prétendent organiser. Avec des succès très mitigés, et beaucoup d’échecs nets. Cet ouvrage est clair, pédagogique, raisonnablement ambitieux (avec dix propositions aptes à réduire les déplacements polluants de 3 %, le résultat peut être appréciable...). Chiffres, exemples positifs et négatifs abondent, par exemple, sur les expériences de lutte contre la « mobilité précaire » (Nantes, La Ciotat, Royan). Les auteurs font notamment la chasse aux fausses bonnes idées, même et surtout quand elles sont « dans l’air du temps ». Cet excellent petit livre est à mettre d'urgence entre toutes les mains, les nôtres et celles des décideurs, pour enfin réduire les terribles conséquences de tant d'inconséquence ! Michel Wilson |
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| Quarante ans d’urbanisme. Clés pour le présent |
| Patrick Criqui, Benoît Faraco, Julien Damon et Michel Micheau, L’Aube, 2010, 240 pages, 20€ |
Quarante ans d’urbanisme
Les quarante ans de l’urbanisme à Sciences Po Paris sont un bon prétexte pour la réalisation de cet ouvrage collectif qui propose un retour sur quarante ans de pratiques et d’analyses de l’urbanisme. Ce livre propose les articles de neuf auteurs spécialistes de la question mais aux regards différents : praticiens, chercheurs ou encore enseignants. Dans cet ouvrage, les différentes analyses traitent aussi bien des politiques, du droit et des jeux d’acteurs de l’urbanisme en France ; des pratiques et des réflexions de l’aménagement du territoire en Île-de-France ; des politiques et des marchés fonciers ; des politiques de la ville et du logement ; ainsi que de théories basées sur des perspectives étrangères. L’un des constats réalisé et développé ici permet de comprendre les défis majeurs de l’urbanisme dans le futur : avec une population mondiale urbaine devenue majoritaire et des enjeux écologiques évidents, les nouveaux défis de l’urbanisme sont colossaux. L’ouvrage est pédagogique. Il intéressera particulièrement celles et ceux qui sont concernés par les politiques de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme... Car on ne trouve pas ici uniquement une histoire de la discipline, mais aussi des perspectives pour ceux qui s’intéressent à la transformation de ces activités. Pour penser et pour produire, notamment dans les zones urbaines actuelles, des villes durables adaptées aux défis « brûlants » des ressources énergétiques, des changements climatiques. Des défis véritables au cœur de la civilisation du « bien-vivre » des différentes sociétés humaines. Jacques Tolédano |
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| La formation et l'accompagnement au service de la création et de la reprise d'entreprises |
| Pour, revue du Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr) n° 204, 2010, coordonné par Nelly Schutz-Stephan et Joseph Gautier, 200 pages, 20€ |
Les Français peu motivés pour entreprendre ?
Ce dossier spécial de la revue Pour part du constat de la faible propension des Français à entreprendre, même si l’engouement récent pour le statut d’auto-entrepreneur peut faire illusion. La première partie du dossier, intitulée « contexte économique et entrepreneuriat » brosse le contexte. « Quand le chômage menace l’emploi salarié et fragilise les secteurs d’activités classiquement porteurs d’emplois, de nouvelles organisations pour le maintien de l’emploi apparaissent, ainsi que de nouvelles formes d’emploi ». Une étude statistique analyse la dynamique de création d’entreprises dans l’espace rural français. Une seconde partie consacrée à « l’enseignement supérieur et la création d’entreprises » pointe la nécessité de développer l’esprit d’entreprise, en premier lieu, chez les étudiants. Une étude compare des étudiants brésiliens et français, et montre la moindre motivation de ces derniers pour la démarche entrepreneuriale. S’appuyant spécialement sur des initiatives des universités de Franche-Comté et de Bourgogne, le dossier fait la place à plusieurs initiatives de formation / accompagnement d’étudiants, futurs créateurs. La troisième partie, « entrepreneuriat et création d’emplois » met l’accent sur des réalisations de terrain. On connait le système français d’empilement des dispositifs d’appui aux candidats à la création souvent décrié. Une réponse novatrice est présentée : « un espace collaboratif dédié aux entreprises et aux réseaux d’accompagnement à la création et la reprise d’entreprise en Bourgogne », c’est le programme « j’entreprends en Bourgogne » qui « préfigure une méthode centrée sur la coordination effective des services en direction des usagers, tout en conservant les compétences et les missions de chacun ». Ce dossier sera utile pour ceux qui cherchent les façons d’être acteur dans leur territoire. Mais ils devront aller glaner dans les multiples informations de ce dossier qui aurait mérité un traitement plus ordonnée, pour nous faciliter la tâche. À noter dans l’introduction, la réflexion d’Etienne Marest sur l’intercommunalité et le manifeste Fonda / Adels : « Ancrer la démocratie dans les territoires » Étienne Beaudoux |
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| mai 2010 |
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| Non au Mac Drive |
| documentaire de Frédéric Chignac, 95 minutes, disponible auprès du réalisateur : frederic.chignac@club-internet.fr |
La machine à faire perdre la politique
Frédéric Chignac, qui vient de faire tourner Stéphane Guillon au cinéma dans Le temps de la kermesse est terminé, est également l’auteur de ce que l’on pourrait appeler un « documentaire de proximité ». Adoptant une forme ostensiblement bricolo-détendue-didactique, il nous balade dans son quartier bordelais d’adoption, la Barrière de Toulouse, à la découverte d’une association de quartier en lutte contre l’implantation d’un Mac drive. Lutte contre la mal bouffe ? Rejet de l’impérialisme américain ? Que nenni : le combat bovétiste de Millau est loin. Ce qui pose le plus problème à ces citoyens attentifs et combatifs, c’est une modification de la circulation induite par la construction nouvelle : un « tourne à gauche » réduisant la fluidité d’une artère déjà fort encombrée. Un peu de concertation, la recherche d’une solution intelligente et l’analyse froide de l’intérêt général (même si le débat sur la place de la bagnole en ville et de la consommation « drive » ne doit pas être éludé) aurait dû venir à bout de cette crispation, en quelques mois. Mais sauf que non. Et c’est exactement là que le film prend toute sa puissance : immédiatement, la machine à gâcher l’énergie citoyenne et à dégoûter de la participation se met en route, avec une force implacable. Tout y passe : les élus qui se retranchent derrière un savoir technique si indiscutable qu’il n’y a nul besoin d’en parler (et encore moins de le rendre public) ; le discours qui assimile les associations citoyennes aux pires conservateurs qui refusent tout projet en bloc ; la désinvolture de la non-réponse ; la manipulation d’un commerçant pour faire contre-feu ; jusqu’à l’agressivité juridique. Et tout ça pour quoi ? Pour la défense d’une solution technique ? Parce qu’il est simplement insupportable pour ces élus d’être contredits ? Par réflexe culturo-politique ? Voir l’ampleur (l’affaire va jusqu’au conseil d’État et est ici filmé sur quatre ans de batailles ! ) que prend la mobilisation contre ce Mac drive est à la fois passionnante, grâce à la forme de la narration, et instructive quant à l’engagement citoyen dans une démocratie représentative qui « octroie » de la participation quand ça l’arrange, si ça l’arrange. Nicolas Leblanc |
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| Torture made in USA |
| Marie-Monique Robin |
Busherie, et tellement pire
Il ne faut en aucun cas en douter, Marie-Monique Robin (Le monde selon Monsanto) fait partie de ceux qui rendent leurs armes de noblesses à la profession de journaliste. Avec son dernier documentaire, Torture made in USA, elle démontre comment le gouvernement Bush a rendu légal un des plus innommable, et hélas répandu, crime de guerre. L’enquêtrice propose d’essayer de comprendre le pernicieux mécanisme étatique qui a réussi, en peu de temps, à institutionnaliser la torture, au nom de la guerre du renseignement. Alors que le débat sur ce sujet se poursuit aux États-Unis, cette investigation met en perspective les discours des hauts responsables politiques américains depuis les attentats du 11 septembre 2001 et les déclarations des personnes auditionnées par les commissions d'enquête du Sénat mises en place après les scandales des photos d’Abou Ghraib. L’enquête, à charge, souligne aussi comment, jusqu’à ce que le scandale soit révélé aux yeux du monde, des personnalités politiques ont endormi les consciences en tentant de rendre tolérable la pratique de la torture. Les témoignages s’additionnent au lourd travail de documentation jusqu’à cette déclaration finale qui scelle l’enquête : « Je reconnais très clairement que nous avons torturé », avoue non sans repentir, le général Ricardo Sanchez, commandant de la force multinationale en Irak entre 2003 et 2004, face à la caméra. Torture made in USA est un documentaire à ne pas rater. La journaliste a, d’ailleurs, obtenu le prix Olivier Quemener / Reporters sans frontières au festival international du grand reportage d’actualité du Touquet-Paris-Plage, en mars dernier. Pour des raisons confuses de conflits entre auteur, producteur et diffuseur, ce documentaire n’est, pour l’instant, ni édité en DVD, ni diffusé à la télé et il n’y a pas de sortie salles de programmée. Un temps disponible en ligne sur le site internet Mediapart en partenariat avec ACAT-France, Amnesty international et Human rights watch, il faut désormais le dénicher sur une plateforme d’échanges vidéos. Ubuesque ! S.D. |
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| Apartés |
| Cécile Duflot avec Guy Sitbon, Les petits matins, 2010, 220 pages, 15€ |
Vert claire
« Pourquoi est-ce que tu vas te pourrir la vie dans la politique ? Je serais ton père, je serais pas content… » La première question posée par le journaliste Guy Sitbon à Cécile Duflot pose le ton de ce livre d’entretien : lui sera « cash » ; elle « nature ». Lui se positionne style vieille gauche « après moi le déluge », elle défend l’écologie politique contre ce même déluge. Dans les deux cas le discours est clair, direct, quelque fois presque naïf pour ce qui est de la secrétaire nationale des Verts, leader d’Europe Écologie et nouvelle conseillère régionale d’Île-de-France. Mais qui n’échangerait pas deux barils de cynisme contre un de (toute relative) naïveté ? En tout cas, la discussion au fil de ces 215 pages – écrits gros – est largement instructive, par moment passionnante quand la jeune responsable politique raconte son basculement de citoyenne à militante, puis à responsable de parti. Un itinéraire en accéléré qui offre une vision singulière, à hauteur d’épaule, de l’engagement politique d’une femme, jeune, mère, travaillant dans le privé et ayant milité tard. N.L. |
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| Une tombe au creux des nuages – Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui |
| Jorge Semprún, Flammarion, collection Climats, 2010, 328 pages, 19€ |
Besoin d'Europe
Pour faire court, il dit parfois répondre qu'il est « en premier lieu et avant tout un ex-déporté du camp de Buchenwald ». Et c'est le plus souvent de par cette terrible et fondamentale spécificité d'« ex-déporté » que Jorge Semprún a été invité à participer à nombre de colloques, conférences, cérémonies commémoratives ou honorant son (époustouflante) œuvre littéraire. Une tombe au creux des nuages, dont le titre emprunte à un poème (prémonitoire) de Paul Celan, n'est pas un nouveau roman, mais un recueil d'interventions sur « l'Europe d'hier et d'aujourd'hui », s'échelonnant entre 1986 et 2005. Franco, Hitler, Staline, trois noms dont l'évocation suffit à elle seule à rappeler, qu'il y a peu, l'Europe était à feu et à sang. L'Europe d'aujourd'hui, explique Semprún à Weimar, en 1999, « est née en premier lieu de la lutte contre le nazisme, et en second lieu de la résistance au totalitarisme soviétique ». Plus de dix ans auparavant, lors des Colloques du Römerberg, il démontre que « c'est la démocratisation qui est à l'origine de la paix, quoi qu'en pensent certains. La paix – du moins sous sa forme perverse d'apaisement – peut même être à l'origine de la guerre ». Or, la démocratie, complète-t-il à Vienne, en 2005, « par son essence pluraliste et tolérante, parce qu'elle admet, et même postule, que le conflit civique d'opinions et de projets politiques se situe à la racine même de sa dynamique, pour toutes ces raisons, nous ne savons que trop que la démocratie est extrêmement fragile ». Parce que la démocratie est fragile, l'Europe l'est aussi. Et au regard du passé, il convient d'être vigilant. Il convient d'imaginer comment aller au-delà des « dictats du commerce » et de « la lutte perpétuelle entre les pouvoirs » qui, malgré tout, relient les nations, comme l'expliquait avant lui Husserl, philosophe allemand cité à maintes reprises au fil des interventions. Il convient de construire l'unité « supranationale » de l'Europe, qui trouve racine, non dans un périmètre territorial, mais dans « une tradition de pensée », dans son « histoire culturelle ». Notre histoire. Brigitte Gaborit |
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| Les États et le carbone |
| Patrick Criqui, Benoît Faraco, Alain Grandjean, Puf, 2009, 330 pages, 15€ |
Carbone central
Publié dans la collection « développement durable et innovation institutionnelle », ce livre offre une somme d’informations précieuses sur ce qu’on peut dire de la situation climatique et énergétique, sur les efforts internationaux pour réguler les émissions de carbone et les outils disponibles en la matière. L’inventaire des instruments présentés, en particulier, paraît complet, ce qui sort de l’alternative trop souvent donnée pour incontournable entre taxe et marché carbone. Au contraire, les auteurs font apparaître les complémentarités entre tous les outils, même s’ils privilégient par trop les acteurs étatiques, dans leur capacité à mener des politiques nationales d’une part et des négociations internationales d’autre part. Par cette limite, l’ouvrage rédigé avant Copenhague laisse au final une impression d’incertitude quant à la suite, après l’échec du sommet. Face à l’incapacité de la plupart des États à orchestrer des mesures de préservation du climat efficace sur leur territoire, et plus encore à fédérer leurs approches au niveau planétaire, ne peut-on s’appuyer aussi sur d’autres acteurs ? En additionnant les impacts potentiels des acteurs locaux, des organisations non gouvernementales, des acteurs économiques les plus éclairés et même des différents groupes de population ne peut-on accélérer la sortie de l’impasse climatique ? Et le « système climat » décrit efficacement par les auteurs doit il être abordé séparément des systèmes « consommation » ou « biosphère » qui l’englobent ? L’ingéniosité des mécanismes imaginés pour limiter les atteintes humaines sur le climat bute sur le modèle global de surexploitation et de surconsommation. Peut on « administrer la planète » ? Michel Wilson |
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| 69, année politique |
| de Francis Zamponi, Roman noir, Seuil, 2009, 325 pages, 21€ |
1969 : rumeurs à droite
1969 ne fût pas qu’une année érotique. Mais, en France, l’année 69 fût aussi politique. Avec une élection présidentielle qui se profile, depuis que l’icône De Gaulle a quasiment perdu la main, au moins quelques jours, laissant penser, en mai 68, qu’il pourrait quitter le pouvoir, et même la France. Alors, ça grenouille sec dans l’ancêtre de l’UMP. Chacun (car on est dans un milieu quasiment exclusivement masculin) a son favori pour d’autres lendemains : Pompidou ou Poher. D’autres veulent prolonger le « mythe » De Gaulle en lui déconseillant d’organiser un référendum dont tout le monde voit qu’il risque de lui revenir en boomerang, et de le faire sortir de la scène politique. Pompidou est suspect d’on ne sait trop quoi, un peu d’être trop moderne, de former un couple trop glamour pour l’électorat traditionnel, d’accointances avec l’URSS, de quasi collaboration avec l’ennemi communisto-cégétiste en ayant piloté et fait aboutir les accords de Grenelle au lendemain des évènements du « joli mois de mai ». Se monte alors un complot, appuyé par des rumeurs sur la bonne moralité dont, décidément, la droite se fait une spécialité depuis plus de quarante ans. Avec une autre de ses spécialités : avoir deux candidats, en gros d’accord sur l’essentiel au plan politique, mais avec deux personnalités si différentes que leurs entourages en font des points de clivages et sont prêts à tout pour écraser le concurrent. Le scénario de 69, année politique, avec un peu de Sac, un peu de people et des barbouzes, en fait un très bon polar politique, rythmé par des lettres de prison et des procès-verbaux d’auditions. À lire, que l’on aime le polar, la politique, la droite des années 60, l’ambiance blancho-venturo-lefebvro-blierenne des « tontons flingueurs », ou un peu tout ça à la fois. Mathieu Glaymann |
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| avril 2010 |
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| État d’élue |
| film français de Luc Decaster, 1h34, sortie le 10 mars 2010, distribué par contre-allée : contre-allee@hotmail.fr, 0142462742 |
Confidences d’une élue (presque) comme les autres
Luc Decaster nous permet de suivre pendant une année au jour le jour la vie d’une élue, Françoise Verchère, maire de Bouguenais (Loire-Atlantique) et, à ce titre, membre de la communauté urbaine nantaise. Le moment choisi est la période où, après deux mandats, elle décide de passer la main à la mairie : celle qui lui succède est élue avec le plein des voix du conseil municipal. On la voit également en campagne, distribuer des tracts ou discuter sur les marchés, pour l’élection au conseil général, croyant à ce qu’elle fait mais sans illusion sur la relation qui la lie aux électeurs : elle se présente sans étiquette après avoir quitté un parti dont les représentants nationaux trahissent les valeurs qui l’animent. On la voit dans les assemblées prendre la parole sans langue de bois. Elle abandonne la délégation de l’environnement au conseil général après avoir été mise en minorité sur les précautions à prendre avant de décider la création d’un aéroport international à Notre-dame-des-Landes, négation des choix de développement durable affirmés à longueur de discours. On la voit dans des manifestations qu’elle soutient (contre les OGM), dans les discussions avec les services techniques, mais aussi faire face à ceux qui ne veulent pas supporter le coût de l’assainissement, à ceux qui ne veulent pas d’un centre d’enfouissement des déchets ou d’éoliennes près de chez eux. Au long des réunions, des contacts téléphoniques incessants, des déplacements qui rythme sa vie d’élue, elle se livre avec beaucoup de vérité et de liberté : elle garde le sourire malgré tout, malgré la solitude ressentie après le décès de son compagnon, malgré le sentiment que le combat d’une vie pour l’intérêt général se heurte sans cesse aux intérêts particuliers. Luc Decaster parvient à nous faire entrer dans cet « état » d’élue, en alternant évènements, confidences, silences, notes de musiques, mais aussi en nous montrant les paysages de cette région nantaise. Au moment où la démocratie de délégation apparaît plus que jamais en crise, ce témoignage d’une élue locale parvient à nous convaincre. Sa pratique responsable lui confère une réelle légitimité, tout en nous montrant les limites de sa liberté vis-à-vis des jeux et enjeux de pouvoirs. Gérard Logié
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| Total impunité – Les dessous d’une multinationale au dessus de tout soupçon |
| Jean-Philippe Demont-Pierot, Respublica éditeur, 2010, 260 pages, 18,9€ |
Quand les profits broient les Hommes
L’enquête de Jean-Philippe Demont-Pierot a le mérite de n’être guère tortueuse ; elle s’appuie en grande partie sur des éléments judiciaires ou officiels qui ne portent guère à discussion. En cela, elle ne délivre pas de gros « scoop », et pourrait laisser le lecteur trop avide de nouvelles explosives sur sa faim. Sauf que ce livre a une vertu journalistique précise : elle relie tous les éléments du puzzle, les met en perspective, et leur donne sens, ce que la communication de Total s’évertue à déconstruire au fil de l’actualité de cette multinationale, trop souvent liée à son goût à ce qui fait la « Une » des quotidiens. D’une suite de ce qui est présenté par la firme comme des accidents malheureux et des polémiques « droits-de-l’Hommiste » ou écolos, Jean-Philippe Demont-Pierot fait un portrait complet et précis d’un groupe industriel contrôlé par des hommes de l’ombre (notamment deux actionnaires ayant une minorité de blocage, les milliardaires Paul Desmarais et Albert Frère), en lien étroit avec des forces politiques (on y retrouve en bonne place Nicolas Sarkosy), à l’éthique minimaliste, aux casseroles nombreuses et à la stratégie industrielle hasardeuse. AZF, l’Érika, le financement de la junte militaire Birmane, les affaires en Irak et en Iran, les sables bitumineux canadiens et les projets catastrophiques au Kazakhstan, ou encore le scandale absolu des torchères de gaz dans le delta du Niger : le Total de Demont-Pierrot n’a pas grand chose à envier au Monsanto de Marie-Monique Robin. Une différence existe tout de même : l’auteur démontre, en effet, combien la stratégie industrielle de Total, à long terme, paraît hasardeuse, voire rétrograde, ce qui pour un industriel n’est pas souvent bon signe, surtout quand il intervient dans un secteur à l’aube de mutations gigantesques, comme c’est le cas pour l’énergie. Un des points passionnant du livre est en effet de montrer comment Total pourrait, si son système de gouvernance était différent et si ses dirigeants ouvraient les yeux sur le monde qui les entoure, devenir une force de progrès au service de la société, au lieu d’être le profiteur aveugle et irresponsable ici décrit. N. L. |
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| Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main |
| Joaquim Melo , avec Elodie Becu et Carlos de Freitas, éditions Michel Lafon, 2009, 284 pages, 17,95€ |
De l’espoir par bidons entiers
Une banque alternative dans une favela brésilienne, une réalité contre la résignation pour que la production et la consommation du quartier facilitent le développement local… Le Conjunto palmeiras était un bidonville à vingt kilomètres de la ville touristique de Fortaleza, au nord du Brésil, dont les habitants avaient été expulsés pour réaliser hôtels de luxe et immeubles de standing au bord de la mer. Aujourd'hui, c’est un quartier. Les habitants se sont battus depuis les années 70, affrontant la dictature, les blocages administratifs et les catastrophes climatiques pour relier le bidonville aux services de la ville, en particulier pour obtenir l’eau potable, l’assainissement, et des transports collectifs corrects. Joaquim Melo témoigne avec émotion de son engagement dans ce combat collectif contre la pauvreté. Après de nombreuses batailles, ils ont aussi créé la Banque Palmas et une monnaie spécifique, qui a fini par être acceptée avec une parité avec le réal (la monnaie brésilienne officielle) par la Banque du Brésil. Depuis, les habitants gèrent une enveloppe de près de deux millions de reals (plus de 50 000 euros), et quarante-six banques communautaires ont vu le jour sur ce modèle en Amérique du Sud. Chaque habitant dispose d'une « carte de crédit » mensuelle à taux gratuit, de 20 palmas (la monnaie créée par la banque, environ 8 euros) pour consommer dans le quartier, le commerçant lui faisant une ristourne de 5 % sur ses achats. L'entrepreneur peut obtenir un prêt, sur la garantie de la viabilité de son projet et d’une solvabilité estimée sur son présent, et non sur son passé (prison, interdit bancaire, etc.) en réals, ce qui lui permet d'acheter ses fournitures et de payer une partie des salaires de ses employés. Du coup, l'entrepreneur peut réaliser son projet, et sa clientèle potentielle est incitée à se fournir chez lui. Avec les auteurs de ce livre, on suit Joaquim et ses voisins, pas à pas, dans ce récit tout simple, qui est une bonne bouffée d’espoir. Anne Cordier |
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| Cahiers Sens Public, nº 11-12, « Malaise dans le capitalisme, de quoi sommes-nous contemporains ? » |
| octobre 2009, Lyon, éditions Sens Public, 296 pages, 20€ |
Les mutations du capitalisme contemporain
« Dans tout danger, croît ce qui sauve », avait écrit le poète Hölderlin. C´est exactement l´objet de ce numéro de Sens Public, association et revue ayant un fonctionnement autonome. Le capitalisme est ainsi analysé à partir d´une perspective réellement interdisciplinaire, entre la philosophie, le théâtre, l´anthropologie politique et l´économie. L´essai d´anthropologie politique de Philippe Dujardin ouvre le numéro sur un questionnement fulgurant autour de la notion de contemporanéité : comment penser et qualifier l´époque dans laquelle nous vivons ? Quelles sont les relations d´équivalence entre les êtres ? Au nom de quels principes, de quels concepts et de quels schèmes font-ils société ? Philippe Dujardin opère une véritable réflexion interdisciplinaire en se référant à la fois à l´histoire, à la science politique, à la linguistique et à la philosophie. Au fond, l´anthropologie politique est déjà une certaine forme de pratique interdisciplinaire, et elle nous rappelle à bien des égards la manière dont Cornélius Castoriadis évoquait, dans une perspective holiste, les significations imaginaires sociales. Le reste des contributions du numéro s´interroge sur la création culturelle à l´ère d´un capitalisme mondial destructeur. Si la culture dépasse l´optique des politiques publiques définies par l´État et les acteurs économiques dominants, Joëlle Zask montre comment une politique culturelle efficace passe par une ouverture aux diverses formes d´individuation susceptibles de faire évoluer la collectivité humaine. Edelyn Dorismond rappelle que la créolisation définie par Édouard Glissant passe par une revalorisation de la diversité culturelle et par l´absence d´une compréhension uniforme des modes de vie. Pas plus que l´hégémonie coloniale, le système capitaliste mondial ne pourra imposer une cohérence des modes de vie autour d´une forme sociale et économique obsolète et injuste. D´autres contributions font apparaître le capitalisme comme un système de déjection : la valeur des produits change constamment et le système pousse à inventer de nouveaux besoins, de nouveaux marchés pour pouvoir survivre. Michel Vinaver, qui a dirigé une multinationale, s´est investi dans l´écriture théâtrale en travaillant autour de ce paradoxe. Plus le capitalisme évolue, plus il est fragile et moins il devient tenable en tant que système. C´est par les marges que le capitalisme sera dépassé, c´est-à-dire par l´ensemble des forces culturelles autonomes susceptibles de produire de nouvelles idées sociales. Nous sommes en cela les contemporains d´un véritable espoir de construction culturelle et sociale inédite et c´est ce dont voulait témoigner ces Cahiers Sens Public.Étienne Beaudoux |
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| La nuit sécuritaire : le manifeste des 39 |
| revue Sud-Nord n° 23, éditions Érès, 2009, 19€ |
Soigner ou normaliser ?
Cet ouvrage donne la parole aux psychiatres réunis autour des 39 signataires de la pétition « Le manifeste des 39 » récusant le discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 2 décembre 2008 à l'hôpital psychiatrique d'Antony, et reprend le discours des participants au rassemblement « La nuit sécuritaire », qui s’est tenu le 7 février à Montreuil devant 1 500 personnes. Ils y dénoncent un usage sécuritaire et idéologique de la psychiatrie, la transformant en un des outils du contrôle social. En effet, il leur paraît que la normalisation des professionnels n’est finalement que le prélude à une normalisation des populations. Cet ouvrage montre une lutte contre le retour à une psychiatrie d'ordre public, à une psychiatrie normative, contre l’approche de considération du sujet au travers de ses symptômes et ses syndromes, contre une politique de la peur, du management et de la rentabilité qui dégrade un peu plus le système de soin général… Bref, une lutte contre « une machine technico-gestionnaire épouvantable, tapie au sein d’une idéologie d’enfermement, d’exclusion et de stigmatisation de la maladie mentale », comme l’écrit le psychiatre Hervé Bokobza. Refusant de faire de la psychiatrie une discipline d’enfermement et d’exclusion, les communications reprises dans cet ouvrage rappellent la place du sujet, la veillance et bienveillance envers lui, l’importance de la créativité, la nécessaire articulation avec le social, et en appellent à la résistance. Brigitte Bouquet |
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| mars 2010 |
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| Les associations face aux mutations du monde rural |
| revue Pour, Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (www.grep.fr), n° 201, coordonné par Jean-François Ayats, Sophie Rouault, Serge Cordellier, Jacqueline Mengin et Christophe Jamet, octobre 2009, 176 pages, 20€ |
Retrouver une dynamique rurale
En ces temps de débats sur l’avenir des territoires ruraux et de risques d’asphyxie financière de certaines associations, ce dossier de la revue Pour donne à la fois des rappels historiques et des pistes pour l’avenir. Christophe Jamet, dans « Voyage au pays de la diversification rurale » et Jean Claude Bontron dans « Transformation du monde rural et champ du travail associatif » décortiquent les changements du monde rural et ses conséquences pour le champ associatif. Dans un article utile aussi bien aux anciens qu’aux jeunes n’ayant pas connu ces époques innovantes, « Les associations agricoles et rurales, l’État et les politiques publiques », Serge Cordellier et Jacqueline Mengin, dont on connaît le rôle actif dans cette histoire, retracent les racines du mouvement associatif en milieu rural (la Jac, les réseaux laïques : Foyers ruraux, Civam et autres groupes de développement agricole et rural) et du mouvement du développement local qui déboucha sur les états généraux des Pays en 1982 à Mâcon, jusqu’à l’émergence, plus récente, d’associations à vocation environnementaliste. Ils soulignent à quel point les pouvoirs publics et les associations ont été longtemps imbriqués pour agir, ainsi que le fait « qu’aujourd’hui, dans le domaine agricole et rural, les ruptures dans les logiques de financementsdes conventions pluriannuelles d’objectifs par des appels à projet… avec la tendance à transformer les associations en simples sous-traitantes des politiques publiques ». Peut on espérer que le Réseau rural français mis en place dans le cadre européen (www.reseaurural.fr) pourra combler ces insuffisances ? C’est l’objet d’un débat entre plusieurs personnalités, dont la conclusion évoque la création d’une « instance gouvernementale dédiée à la ruralité, à l’image de la délégation interministérielle à la Ville ». Dans une seconde partie, Samuel Féret laisse entrevoir, dans le cadre de l’évolution de la Pac, des perspectives en faveur du développement des territoires. Jean François Ayats note les nouvelles attentes des populations à l’égard des réseaux associatifs et les obligations croissantes de rendre compte à l’État qui demande la justification de leur utilité sociale aux associations, lesquelles n’ont pas l’habitude de l’évaluation (particulièrement quantitative). Un article de Nadine Richez-Battesti, Francesca Petrella, Ekaterina Melnik et Thomas Guérin rapporte une tentative d’analyse de la qualité de l’emploi dans le secteur de l’économie sociale et solidaire en région Paca qui donne quelques pistes. Rappelons au lecteur que sur cette question, aujourd’hui centrale, de l’évaluation des associations et de leurs activités, des travaux ont été réalisés au niveau par exemple de la Conférence permanente des coordinations associatives. La troisième partie donne la parole à « des associations diverses, de secteurs d’intervention variés ». Annie More, présente l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural) et Thierry Damien présente Familles rurales. Jean-Luc Pineau illustre avec le jardin de cocagne d’Angers l’insertion par l’emploi accompagné ; Vincent Favrelière présente une démarche pour aider au démarrage d’un projet d’installation agricole. Serge Rondepierre présente Terre de liens pour l’accès collectif au foncier. Un article de Patrick Mundler, fondé sur une enquête, est consacré aux Associations pour la maintien de l’agriculture paysanne et, enfin, Yves Raibaud nous relate une histoire de développement local dans le Pays de l’Entre deux mers, centrée sur les activités culturelles, par ailleurs très absentes de ce dossier. On pourra également regretter le fait que quelques articles se limitent à une présentation institutionnelle de tel ou tel réseau, relevant d’une politique de communication assez pauvre. Ainsi, le grand intérêt de ce dossier est d’illustrer les changements dans le monde rural, les nouvelles attentes et attitudes des nouveaux ruraux par rapport aux associations. On aurait pu s’attendre à des illustrations plus novatrices dans la dernière partie et, à ce propos, on peut rappeler le grand intérêt de l’émission « Carnets de campagne » de Philippe Bertrand, sur France inter le midi, dont beaucoup d’expériences mises en valeur auraient leur place dans ce dossier. Enfin, les temps ont changé (au niveau des territoires et dans les pratiques de l’État), l’article historique de Cordellier / Mengin le montre bien et de nouveaux rapports doivent se créer au niveau des territoires de vie, entre anciens et nouveaux habitants, dans la cadre d’associations renouvelées. À ce propos, nous renvoyons aussi à l’article de Yves Gorgeu dans le Territoires de février 2010 (n° 505), avec des propositions pour un meilleur dialogue urbain-rural, qui éclaire des champs du possible. Étienne Beaudoux
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| Comment les électeurs font-ils leur choix. Le panel électoral français 2007 |
| sous la direction de Bruno Cautrès et d’Anne Muxel, Presses de Sciences Po, 2009, 385 pages, 28€ |
Est-ce ainsi que les hommes votent ?
Voici a priori un ouvrage réservé aux spécialistes ou férus de sciences politiques. Pourtant, une fois plongé dedans, même le néophyte aura du mal à décrocher. De là à dire que les auteurs de l’ouvrage jouent sur les mêmes ressorts que les auteurs de polar, il y a un pas que l’on sera ici tenté de franchir : les chercheurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cévipof) s’efforcent de débusquer les mobiles du vote et nous en dévoilent toute la mécanique. La méthode d’enquête électorale utilisée par le Cévipof est celle du panel. Elle consiste à réinterroger à quatre reprises un même échantillon de 1 846 d’individus au cours d’une période recouvrant l’élection présidentielle et les législatives de 2007. Cette méthode, restée jusque-là très marginale en France, présente l’avantage, par rapport aux enquêtes postélectorales classiques, de suivre dans la durée le comportement des électeurs. L’enquête se concentre sur le temps de la campagne électorale, mais en le faisant dialoguer avec le temps plus long durant lequel se construisent les habitudes de vote et les comportements politiques, ce qui permet de cerner les facteurs sociaux, politiques, psychologiques, les effets de conjoncture et tous les ressorts complexes qui interviennent dans le processus de décision. La méthode du panel a pour principal atout, selon les auteurs, de comprendre l’interaction entre les trois « temporalités du vote » que sont « l’ensemble des prédispositions fixées sur le long terme, la confirmation ou la défection de ces prédispositions sur le cours terme du temps de la campagne, et le moment de cristallisation du choix final ». Cette analyse des dynamiques de formation des jugements et des choix politiques fournit des clés de lecture permettant de mieux comprendre le mouvement d’une élection, particulièrement intéressantes dans le cadre de la présidentielle de 2007, qui a présenté nombre de spécificités : une suspension temporaire de la crise de la représentation avec un regain de la participation, l’arrivée au pouvoir d’un homme de la majorité sortante, un premier rôle joué pour la première fois par une femme, un renouvellement de l’offre politique, l’instrumentalisation de la personnalisation des candidats, l’absence d’enjeu de politique publique qui se soit imposé de façon stable et saillante. La méthode par panel permet de cerner la façon dont les individus évoluent individuellement, mais aussi de comprendre comment se structurent les grands électorats : comment, pendant la présidentielle, éclate l’électorat du Front national et se construit celui de François Bayrou, et comment les législatives ont marqué le retour à un ordre des choses constaté avant la parenthèse de la présidentielle. L’étude confirme par ailleurs que l’électeur d’aujourd’hui n’est plus le même qu’hier. Bruno Cautrès et Anne Muxel soulignent ainsi qu’il est devenu « acteur au cœur d’un système en évolution constante, il n’a plus les mêmes fidélités et engagements de long terme que par le passé. Il compose, réagit, s’adapte et s’émancipe ainsi partiellement de ses enracinements idéologiques, culturels et sociaux. Il aborde l’élection d’une façon peut-être plus réflexive. » . Sabrina Costanzo |
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| 3 euros par jour |
| Nelly Zin, Albin Michel, 2010, 15€ |
In vivo, minima
Le sous-titre met tout de suite dans l’ambiance : « 27 ans, 2 enfants, 3 euros par jour pour nourrir sa famille ». Ce livre, écrit avec la collaboration de la journaliste de Paris Match, Caroline Fontaine, s’avale vite. Il est direct, écrit simplement, sans emphase ni figure de style. Avec un minimum de recul et d’introspection. On pourrait se croire en train de lire un roman de Zola décrivant une ouvrière en France au 19e siècle, du Jack London décrivant une femme pauvre du début du 20e ou Steinbeck une femme pauvre des États-Unis dans les années 20. Pourtant, c’est une autobiographie d’une femme de la banlieue parisienne du début des années 2000, en France. Il décrit les phases de la descente d’une femme avec deux jeunes enfants, embourbée dans d’incessants problèmes d’argent. S’identifier à l’auteure est aisé et partagé : elle n’est pas suffisamment pauvre pour ne pas avoir de logement (au prix de démarche et de frais conséquents), elle travaille de temps à autre, a deux jeunes enfants, un peu de famille et quelques amis. Elle n’est pas SDF, n’a pas de problème grave de santé et cherche régulièrement à concilier ses vies de femme, de mère et de travailleuse. On la voit confrontée aux services publics, souvent démunis. Elle décrit l’étiolement progressif de son couple, ses envies de consommation, somme toute assez modestes. Elle montre aussi ses phases de découragement face aux critiques, aux remarques de l’entourage (sa mère, la maîtresse d’une de ses filles, son assistante sociale…). On la voit se dépatouiller au milieu d’une administration « sociale » qu’elle ne comprend pas. L’auteure ne s’apitoie pas sur son sort, décrivant aussi ses faiblesses, ses erreurs, en toute lucidité. À travers tout le livre, on remarque avec effarement le constat d’absence de toute réflexion politique, la quasi inexistence de ce champs, à l’exception d’un élu clientéliste qui appuie une demande de service. On voit, par le détail, les ravages des crédits à la consommation accordés sans sourciller par des établissements bancaires qui, ensuite, encaissent de généreux frais d’impayés et entraînent des personnes vers le surendettement, avec une plus ou moins grande insouciance des personnes concernées. Il serait intéressant d’avoir les situations décrites dans ce livre vues par plusieurs regards : son ex compagnon, sa mère, son assistante sociale, la directrice d’école, le personnel de la Caf, son banquier, les employés et élus municipaux qui suppriment l’accès de l’une de ses filles au centre de loisirs… On aimerait lire la suite de ce livre : la remontée (mais ce livre en fait sûrement partie !). Rien que pour avoir le plaisir de lire cette suite dans quelques années, achetez ce livre (afin que l’auteure touche des droits) et parlez-en autour de vous. Il décrit la crise in vivo. Mathieu Glaymann |
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| Jules des chantiers |
| Frédérique Jacquet et Sébastien Vassant, collection L’Histoire sensible, Les éditions de l’atelier, 2008, 108 pages, 18€ |
Des civelles à l’amiante
Tous ceux qui ont aimé Jeanne de la zone (Frédérique Jacquet et Etienne Davodeau, l’Atelier, 2009) auront grand plaisir à retrouver Jules, nouveau personnage dans le Saint-Nazaire des années 50. Il s’agit du deuxième album de la collection « L’Histoire sensible » des éditions de l’Atelier, une collection qui ambitionne de donner vie à un enfant d’hier, dans son milieu. Jules nous apparaît, sous la plume de Frédérique Jacquet, avec le vocabulaire rude des chantiers Penhoët, fleuri et odorant de son quartier du Marais. Les illustrations dans lesquelles on aimerait parfois un peu de couleur sont de Sébastien Vassant. Même s’il n’a pas de maman, il y a tellement beaucoup d’amour autour de Jules ; il y a aussi de l’amitié et des attentions chaudes avec Gustin le conteur, Jojo le charbonnier, Gégé qui apprend à faire en cachette des divisions compliquées pour essayer de décrocher une promotion au chantier, et tous les autres au Marais ou dans le quartier des chantiers de Penhoët. Et puis il y a Soizick qui sait si bien ranger les verres ballon au café Tranquille. La vie au quartier, c’est la débrouille, pêche aux civelles et bricole généralisée. Une vie au son du marteau pilon des chantiers, qui frappe et refrappe sans répit jusque dans la ville endormie, sur fond de grèves ouvrières et de guerre d’Algérie. Et sur fonds de solidarité entre ceux qui vendent l’Huma et Témoignage chrétien. Dans une seconde partie de l’ouvrage, de type dictionnaire spécialisé (qu’on aimerait peut être thématique et non alphabétique), connaisseurs et non connaisseurs de Saint-Nazaire apprendront tout sur les blockhaus, la « cariquelle » les métiers spécialisés (chaudronnier, riveur, traceur de coques...), la « grand-mère » (la célèbre grue des chantiers) et bien entendu le « France », honneur des chantiers en 1961. Nous avions été séduits par les photos d’Atget dans Jeanne de la zone. Certaines ont là aussi du caractère. Dans la troisième partie, Jules a vieilli et joue à « l’art d’être grand père ». Il dévoile plusieurs secrets à sa petite fille, notamment le drame de l’amiante pour beaucoup d’anciens du chantier. Il faut remarquer les nombreuses personnes et institutions remerciées à la fin de l’ouvrage, ce qui témoigne d’un travail d’appui sur la mémoire locale qui respire dans le texte. Une piste de travail applicable dans beaucoup de territoires. Après cette lecture, faisons le vœu de nombreux frères et sœurs à Jules et Jeanne.Étienne Beaudoux |
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| Antimanuel d’écologie |
| Yves Cochet, éditions Bréal, 2009, 310 pages, 21€ |
Choisir avant le chaos
Avec le titre de l’ouvrage que nous propose Yves Cochet, Antimanuel d’écologie, il était normal de s’attendre à une présentation nouvelle et différente des questions environnementales. À la lecture, on constate que toute la première partie du livre, jusqu’au chapitre 10, adopte une logique descriptive sur le mode catastrophiste des enjeux écologiques de la planète (la crise laisse place au « désastre écologique »). L’auteur montre comment tout se tient et comment nos modes de production (agriculture intensive, transport énergivore, société de consommation, OGM...) et nos modes de vie dans les pays hautement industrialisés n'ont aucun avenir et nous précipiteront dans le chaos, dès que la pénurie de matières premières attisera les tensions et les conflits. Cet Antimanuel apparaît bien pédagogique, des illustrations bien choisies et un style simple et précis se trouvent néanmoins en rupture avec nombre d’extraits d’auteurs pour lesquels il vaut mieux être expert plutôt qu’apprenti. À partir du 11e chapitre, Yves Cochet passe du constat à des propositions politiques axées sur la sobriété, la relocalisation de l'économie, la solidarité et le partage, seuls capables d'empêcher le pire d'arriver. Pour lui, la décroissance est inéluctable : « mieux vaut la décroissance choisie, démocratique et solidaire, que la décroissance subie actuelle. » La logique semble implacable, la démonstration prend toute sa pertinence et le livre tout son sens. David Pélage |
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| L’affranchie du périphérique |
| Didier Daeninckx, L’Atelier, 2009, 100 pages, 15,5€ |
Balade en banlieue
Les éditions de l’Atelier publient leur première fiction, et ont la bonne idée de commencer par Didier Daeninckx. Le prolixe touche-à-tout, habitué de la série noire mais surtout défenseur de la banlieue et de la culture populaire, livre un texte entre roman et nouvelle, qui se déroule entre La Villette et Aubervilliers. Le long du canal, une étrange maison, aussi vivante qu’abandonnée, sert d’objet de quête à l’héroïne, dont on ne saura pas grand chose. Car l’essentiel est ailleurs, de l’autre côté du périphérique, mais aussi de l’autre côté du temps, dans lequel elle remonte pour tracer le passé de cette maison bleue. Didier Daeninckx parle avec douceur, malice et toute sa connaissance de ces lieux, de ces temps si loin et si proches. Il nous balade de la guerre d’Espagne à Twitter, d’un procès italien à une exposition de peinture Suisse, de la Résistance à la haute couture, sans jamais se perdre, sourire aux lèvres, vélo au vent. Aucune raison donc de décliner l’invitation. Nicolas Leblanc |
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| fevrier 2010 |
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| DVD Conférence de citoyens sur les services publics locaux, octobre 2008 - mars 2009 |
| Organisée par l´Institut de la gestion déléguée, l´Association des maires de France et le Comité des partenaires. Pour l’obtenir : pvdev@fondation-igd.org ou 01 44 39 27 00 |
Les conférences de citoyens, un outil pour la participation
La conférence de citoyens n´est pas un instrument nouveau. Pourtant, l´idée de filmer les séances et les synthèses des délibérations est une valeur ajoutée aux études sur la démocratie participative car cela permet au spectateur de se représenter concrètement le déroulement de la procédure. Les différentes étapes de la conférence (voyage des citoyens tirés au sort dans plusieurs villes, organisation de plusieurs week-ends de formation) sont minutieusement détaillées. Le film restitue la maturation du processus : les citoyens sont un peu désorientés et circonspects au début, puis entrent petit à petit dans les débats et se forgent une opinion éclairée et collective. La maîtrise du sujet (« comment les citoyens usagers pourraient-ils prendre part à l´amélioration des services publics locaux ? »), la convivialité des échanges et l´animation du groupe démontrent l´utilité de ce type de démarche. La conférence intervient sur trois lieux différents (Nantes, Nice et Dijon) et a lieu pendant les week-ends. Les citoyens assistent à des exposés de représentants d’associations, de sociologues, d’élus locaux et de responsables de services publics locaux, à la fois pour cerner la problématique de la question et donner des pistes de réflexion. Filmer les processus de délibération permet incontestablement de renforcer les études sur les interactions des acteurs et sur leur manière de s´approprier le thème du débat. La caméra ne doit néanmoins pas perturber le jeu des acteurs, mais l´ausculter par petites touches. L’objectif d´une telle démarche est de permettre aux personnes désireuses de se lancer dans une telle aventure d’avoir une idée de l’évolution possible de la conférence. Le film retrace les débats (synthèse, auditions) mais aussi les frustrations (incompréhension de certains exposés) rencontrées tout au long du processus. Il existe un avis citoyen construit sur les services publics locaux : la participation est l´organisation d´un débat construit avec la proposition d´une opinion collective. À l´avenir, elle est appelée à transformer l´esprit de l´action publique. Christophe Premat
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| Un climat d'injustice. Crise et inégalités écologiques |
| revue Mouvements des idées et des luttes, n° 60, octobre - décembre 2009 |
Vers le chaos écologique
Le dossier du dernier numéro de Mouvements, plaisamment intitulé « un climat d'injustice », encadre, au travers d’une riche série d'articles, la notion d'inégalités écologiques. Celles qui naissent du partage discriminant de l'accès aux ressources naturelles ou de l'exposition aux risques, celles aussi qui naissent des politiques écologiques elles-mêmes. L'ensemble donne une approche multicritères de la notion, dont il est un peu compliqué de tirer une conclusion synthétique, mais la complexité n'est-elle pas consubstantielle de l'écologie ? Quelques articles font saillie, à l’instar de l'interview de la vice-présidente de Bretagne, porteuse d'une charte pour la gestion intégrée des zones côtières, et qui évoque l'épouvantable situation des pêcheurs sénégalais dont les barques ne trouvent plus de poissons, chassés par le réchauffement climatique, et servant au transport de malheureux fuyards... Fabrice Flipo navigue lui dans la notion d'inégalité écologique et sociale au filtre des théories de la justice. Il conclut en signalant la montée de mouvements comme le sociétalisme. Il décortique avec Jean-Paul Gaudillière les paradoxes des utopies technocratiques comme la croissance verte confrontées à une décroissance sélective entre le Nord et le Sud, à une sobriété qui se structure sur le trop, et non sur le manque… Un autre article évoque la divergence technologique, autre alternative à la croissance ou la rupture. Les pauvres s'organisent, comme le montre l'histoire du mouvement des sans-terre, ou la participation croissante des pays du Sud aux négociations climatiques au point d'en faire le lieu principal où l'on parle de développement. Mais le mythe des éco-villes chinoises est mis à mal dans un des articles. Le salut ne viendra pas de là, donc, ni de technologies dématérialisées dont l'impact environnemental est considérable. Et, même hors dossier, le vernis écologiste du président brésilien Lula se fissure, ce que la démission de sa charismatique ministre de l'environnement, Marina Silva, a fait apparaître. Peu de perspectives sont donc ouvertes pour sortir de ces inégalités écologiques. Sombre 21e siècle! Signalons hors dossier deux articles divergents et donc stimulants sur l'évaluation des universitaires. Michel Wilson |
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| L’affaire des affaires. L’enquête. Tome 2/3 |
| scénario de de Denis Robert et dessins de Laurent Astier, Dargaud, 2009, 208 pages, 22€ |
En plein dans le milliard
Le tome 1 de ce docu-roman graphique nous avait laissés groggy alors que Denis Robert était perdu dans les développement imprévus de ses enquêtes sur les affaires politico-financières. L’homme, le journaliste et l’enquêteur avaient été balancés sans autre forme de procès dans le grand cirque des révélations et des contre-feux. C’est justement sur un procès que le second tome s’ouvre : celui de la « deuxième affaire » Clearstream, celle des manipulations politiques entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Mais, ni Denis Robert, ni Laurent Astier (qui assure ici un trait de très haute tenue sans jamais relâcher la tension) ne s’embourbe dans cette affaire dans l’affaire, car c’est bien « l’affaire des affaires » qui les intéresse. Celle de savoir par quel nœud passe la majorité des transactions financières frauduleuses de la planète ; celle qui révèle l’outil de dissimulation dont se servent à la fois les corrompus, les mafias, et tous les adeptes de la main basse. Très largement abordable, instructif, et globalement saisissant. N. L. |
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| Petit dictionnaire des mots de la crise |
| de Philippe Frémeaux illustré par Gérard Mathieu, éditions Les petits matins / Alternatives économiques, 2009, 140 pages, 12€ |
Noël et crise en retards
Nous avions (quelle erreur !), oublié de vous signaler la possibilité d’un cadeau de Noël aussi peu coûteux que fort goûteux : le dernier livre (illustré) de notre confrère Philippe Frémeaux, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Ce qui pourrait n’être qu’un exercice de style devient très vite un tour de force : allier pédagogie et humour. L’auteur, aidé par les dessins de Gérard Mathieu, nous fait franchement rire à chaque détour de page, mais à aucun moment ne se perd dans des formules faciles qui nous feraient oublier que le but premier du journaliste Frémeaux est de nous faire comprendre dans quelle panade néolibérale nous sommes – et grâce à qui. Côté savoir, vous allez enfin découvrir le sens des mots « assureurs monoline », « stabilisateurs automatiques », « volatilité » ou « désintermédiation ». Côté humour, nous ne retiendrons, exercice cruel, qu’une seule phrase, tirée de la définition de « Marini (Philippe) », auteur d’un amendement à la loi de finances 2008 permettant aux actionnaires de déduire de leur revenu imposable les pertes subies en bourse : « L’idée était tellement choquante sur le plan éthique, stupide au plan économique et irresponsable au plan politique qu’elle fut immédiatement jugée séduisante par Jean-François Copé. » Délicieux.N. L. |
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| La fièvre de l’or |
| documentaire d’Olivier Weber, éditions France Télévisions, octobre 2008, 91 minutes |
Du désastre écologique à l’état pur
À la croisée des conséquences désastreuses de la mondialisation débridée et de la sale habitude humaine de flinguer la nature à tout-va pour quelques billets, le scandale de l’orpaillage en Amazonie représente un exemple et un combat hallucinants. Dans ce Far West entre Brésil et Guyane française, les réseaux de trafiquants font rentrer des quantités industrielles de mercure et s’adonnent à la traite des femmes et au blanchiment d’argent, pour mieux extirper les lingots du sol de cette forêt incroyable qu’ils défrichent impunément. Le Film d’Olivier Weber, sortie en salles l’année dernière, constitue un support de débats, d’informations et de mobilisations autant sur la provenance de l’or que nous achetons, sur la rapide dégradation du « poumon vert » de notre planète ou sur le sort des Amérindiens, le réalisateur filmant les Wayanas, côté Guyane française, pollués dans leur chair par le mercure nécessaire à l’or. Un des grands atouts du film est de montrer, de manière très directe, le point de vue des « chercheurs d’or », voire même de ceux qui osent légitimer le taux de malformations dans les populations autochtones. Un film coup de poing, dans un gant d’or. N. L. |
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| Les Garçons Ramponeau. Biographie populaire |
| réalisé par Patrice Spadoni, production Canal Marches, Coffret de 4 DVD, 19 ? À commander sur : www.paroles-et-memoires.org ou www.canalmarches.org |
Mémoire de quartier
« Belleville est un village d’immigrés », rappelle Étienne Raczymow, né en 1925 « au 27 rue des Couronnes » dans le 20e arrondissement de Paris. Il se souvient, avec ses amis et voisins octogénaires Gaston Largeault et Jacob Szmulewicz, dans ce film-document Les Garçons Ramponeau, réalisé par Patrice Spadoni, du Belleville d’autrefois, de ce Paris disparu. Tous trois allaient à l’école Ramponeau, l’école des garçons, pour la moitié enfants d’immigrés, « pas méchants, mais bien voyous ». Chenapans en culotte courte, ils nous content leurs 400 coups et se remémorent leur terrain de jeux qu’était le Belleville d’antan ; des voitures à chevaux, des marchands de chiffons, de l’ouvreur aveugle du cinéma de quartier l’Épatant, des films de gangsters et des westerns… De la traque hebdomadaire des clandestins organisée en bas de la rue de Belleville par les forces de police. Des artistes en quête de célébrité qui, lançant la chansonnette sur un bout de trottoir ; ainsi, Étienne croisa Édith Piaf, au détour d’une rue... Les trois amis ont parcouru les événements du siècle dernier : les grandes manifestations de 1936, la seconde guerre mondiale, la clandestinité puis l’entrée dans la Résistance pour Jacob et Étienne, tous deux issus de familles juives venues de Pologne, le service du travail obligatoire (STO) pour Gaston. À la fin de la guerre, viendra le temps de l’attente et de l’espoir de voir revenir ceux qui ne reviendront pas. Puis l’indispensable retour au quotidien, à la vie et à d’autres luttes. Premier opus d’une série, qui en compte dix, intitulée « biographies populaires », projet soutenu par la région Île-de-France, les Garçons Ramponeau nous ramènent à des temps révolus, mais permet aussi la comparaison entre le nord-est parisien des années 20 et celui d’aujourd’hui, comme le fait Jacob : « Ma femme râle contre les jeunes qui restent en bas, je lui dis que nous aussi on le faisait. Aujourd’hui, les jeunes ont des désirs beaucoup trop grands. Je ne les condamne pas car le désir c’est naturel. Avant, il y avait le racisme anti-juif, maintenant c’est le racisme anti-musulman (...). Pour s’en sortir, il faut du temps. » En plus du film, le spectateur pourra retrouver sur les trois DVD inclus dans le coffret l’intégral des entretiens menés avec les trois protagonistes. Mathilde Azerot |
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| janvier 2010 |
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| L’eau, pour une culture de la responsabilité |
| Antoine Frérot, Autrement, 2009, 193 pages, 20€ |
Une face de l'eau
L’ouvrage d’Antoine Frérot, ciblé sur les services de l’eau et de l’assainissement, comporte trois parties, la première présentant classiquement les grands défis (démographie, urbanisation, pollutions des eaux, etc..) qui feront du 21e siècle « le siècle de l’eau », la seconde stigmatisant avec adresse « les faux amis de l’eau » (catastrophisme climatique, gratuité de l’eau, opposition simpliste privé / public, etc.) qui conduisent à des postures stériles, et la troisième proposant « les nouveaux modèles » (nouvelles ressources en eau, nouveaux modèles financiers, solidarités renforcées, nouvelle gouvernance) qui permettront de surmonter ces défis et d’assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, au Nord comme au Sud. Le propos est adroit. Il fait, bien sûr, la part belle aux références de Veolia, dont Antoine Frérot est désormais le directeur général (la plus grande usine de dessalement par membranes, en Israël, la formidable réduction des pertes d’eau du réseau parisien sous la gestion de Veolia, un partenariat public / privé innovant à Atlanta, etc.) et tout cela est de bonne guerre. En revanche, on aurait espéré un examen minimal du marché de l’eau en France, un examen critique des contrats d’affermage et de leurs effets pervers (étrangement absent alors que l’auteur reprend longuement la critique de la rémunération des opérateurs selon les m3 vendus…), et quelques mots tout de même sur « l’oligopole de l’eau », même si l’auteur a beau jeu de disqualifier des discours de dénonciation parfois manichéens (auxquels l’article « L’eau sous pression citoyenne et politique », paru en décembre 2007 dans Territoires, avait accordé une très large place…). Décevant car il ne suffit pas de disqualifier la disqualification simpliste du marché, il faut aussi qualifier les différentes formes de recours au marché, et analyser les dérives du modèle français, ce que l’auteur ne fait pas. Une interrogation enfin : l’auteur plaide avec force pour la transparence, la participation des usagers et de la société civile à la « nouvelle gouvernance » de l’eau. Souhaitons que ces propos se traduisent par une ouverture effective des informations des opérateurs lorsque la démocratie participative s’emparera enfin de la question de l’eau. Pascal Arnac
L’atlas mondial de l’eau, de David Blanchon, Autrement, 2009, 79 pages, 15€
À lire aussi L’atlas mondial de l’eau, de David Blanchon, qui traite de façon condensée, claire et très visuelle bien sûr, de l’ensemble des problématiques liées à l’eau ; problématiques environnementales, sociales ou économiques. Ouvrage de synthèse et de vulgarisation, il permet une approche globale et efficace avant d’aborder des approches plus ciblées. Un petit étonnement : la très faible place accordée au réchauffement climatique et à ses conséquences pour l’eau. P. A. |
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| Une société de surveillance ? L’état des droits de l’Homme en France |
| Ligue des droits de l’Homme, édition 2009, 126 pages,10€ |
La liberté en moins, la sécurité en plus
« Ne souriez pas trop vite, vous êtes filmés », telle pourrait être la devise du rapport 2009 de la Ligue des droits de l’Homme portant sur l’augmentation alarmante des dispositifs de surveillance au sein des sociétés occidentales. En s´appuyant sur un certain nombre de faits et de principes, ce livre rend compte des instruments déployés pour contrôler et surveiller l’action des citoyens. Une forme de mondialisation surveillée est en train de se mettre en place, avec une circulation de bases de données dans tous les sens sans que l’on ait de garantie effective sur la préservation de la liberté des citoyens. C’est au nom de cette dernière que la Ligue des droits de l’Homme a publié son rapport afin de dénoncer le sacrifice de la liberté sur l’autel de la sécurité, devenu un dogme fondamental des sociétés contemporaines. Il se trouve que l´ensemble des techniques de fichage (biométrie, nanotechnologies, vidéosurveillance) répondent davantage à un sentiment d’insécurité et demeurent détournées de leurs objectifs : là où le pouvoir politique prétend préserver la liberté des citoyens, il la fragilise en construisant des techniques de surveillance de plus en plus fortes. En France, il existe une dérive sécuritaire certaine, due à une quasi absence de contrôle de l’usage des fichiers de données : Edvige, tests ADN, listes d’élèves scolarisées, toutes ces bases servent davantage à dépister les citoyens jugés déviants et non-conformes à l´idéologie ambiante. On retrouve dans cet ouvrage l’inspiration de Michel Foucault avec l’idée que l’emprise de la norme est devenue de plus en plus forte dans une société à caractère liberticide. En s’appuyant sur les rapports de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, le livre dénonce la circulation de bases de données clandestines à l’instar du système de traitement des infractions constatées (Stic) et du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). Certes, ces pratiques ne sont pas nouvelles, les États-Unis avaient d’ores et déjà créé des dispositifs de surveillance pendant la guerre froide (système Échelon surveillant les télécommunications) ainsi qu’après (logiciel Carnivore permettant l’accès aux courriels jugés sensibles, dépistage des informations sur les passagers aériens depuis les attentats du 11 septembre 2001 avec le système PNR, Passenger name record). Ce livre invite à une prise de conscience vis-à-vis du despotisme doux en train de s’installer dans nos sociétés, justifiant des politiques de plus en plus sécuritaires et inévitablement xénophobes (rejet des Roms, traque des immigrés clandestins). Si la surveillance s’insère en permanence dans notre quotidien, nous avons néanmoins les moyens de résister en instituant des réseaux de vigilance citoyenne. Christophe Premat |
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| Les missions du possible - Avec et pour les jeunes en parcours d’insertion |
| Anne Le Bissonnais, Apogée, collection « Les panseurs sociaux », 2009, 192 pages, 18 € |
Les jeux de l’insertion
Voilà un ouvrage qui donne de l’énergie et des idées pour accompagner les jeunes en parcours d’insertion. L’auteure s’appuie sur son expérience en mission locale dans le Sud de l’Essonne, à Étampes, pendant dix ans, pour relayer le vécu de jeunes en insertion (y compris les jeunes ruraux dont on parle rarement), donner à voir le travail des missions locales et contribuer à la réflexion prospective sur les politiques d’insertion. La première partie de l’ouvrage, intitulée « Des jeunes, de galère en "insertion" », est un état des lieux : 19 % des jeunes actifs de moins de 25 ans sont chômeurs. Les jeunes sans diplôme sont plus pénalisés que les autres, et les jeunes ruraux cumulent les handicaps. Le permis de conduire est pour eux un sésame vital. Mais les obstacles sont multiples : le logement, l’isolement, les difficultés familiales, le manque de vie culturelle, les discriminations expliquent autant leur situation que des systèmes de formation inadaptés pour ceux qui ne « rentrent pas dans le moule » de l’enseignement. La seconde partie, « Les missions locales : une approche globale et territoriale, des outils pour accompagner les jeunes dans leurs parcours », définit l’action de ces structures, enfantées par Bernard Schwartz. Les missions locales ont une double fonction : d’une part, accueillir, écouter et accompagner les jeunes et, d’autre part, contribuer à la construction de réponses adaptées dans les territoires. L’accès durable à l’emploi ou à l’activité nécessite d’agir sur les autres déterminants. L’auteure illustre la multiplicité des interventions au cas par cas. Et pour impulser des dispositifs performants pour l’accompagnement (en « jouant » avec l’accumulation de mesures qui s’empilent rarement de façon harmonieuse), deux clefs sont pointées : une connaissance fine de son territoire et le développement des partenariats publics, privés et associatifs. La troisième partie, « Les missions locales dans les politiques publiques d’insertion : une place à consolider », retrace la construction du dispositif des missions locales et les risques actuels d’un recentrage exclusif sur « la mise à l’emploi ». L’auteure fait appel à plusieurs voix du milieu des missions locales, ou au-delà, pour marteler l’intérêt prouvé par l’expérience de conserver l’approche globale de l’accompagnement et sa territorialité. Publié dans la collection « Les panseurs sociaux », cet ouvrage ne se limite pourtant pas à panser les plaies sociales, il rappelle, avec raison, des pistes politiques pour construire des dispositifs appropriés dans les territoires. Au-delà du public des jeunes en difficulté, des pistes peuvent être utiles à des accompagnateurs d’autres publics (personnes âgées, agriculteurs en difficulté, migrants retraités…). Et la démarche peut certainement être utile au-delà de notre Hexagone. Remarquons que l’auteure travaille actuellement avec les jeunes de Niamey (Niger). Pour tous ceux qui veulent agir dans leur territoire, un ouvrage accessible et de référence. Étienne Beaudoux |
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| Territoire et développement durable. Diagnostic |
| François Besancenot, L’Harmattan, 2009, 472 pages, 39€ |
Triste potasse
La recherche d'une méthode diagnostic étayée par des indicateurs de développement durable appliquée à un territoire aussi identifiable que le bassin potassique d'Alsace promettait beaucoup. Je me permets d'afficher une certaine déception, produite par la défaite du lecteur face à un ouvrage qui accumule les problématiques, pour reporter les propositions de solution... à des études ultérieures. L'identité du territoire, marqué un siècle durant par l'exploitation minière de la potasse, est décrite abondamment, de manière souvent intéressante. Puis, une longue partie reproduit les positionnements doctrinaux autour de la notion de développement durable, puis de celle de diagnostic. L'auteur propose une méthode « DPEIR : force directive - pression - état - impact - réponse », que le praticien territorial est curieux de voir appliquer au territoire décrit. L'attente est déçue. La troisième partie compare l'agenda 21 initial élaboré par la communauté de communes du bassin potassique qui a géré le territoire avant d'intégrer la communauté d'agglomération Mulhouse sud-Alsace (Camsa). L'auteur constate que l'agenda 21 de la Camsa est plus global que le premier, et que les actions inscrites dans ces documents correspondent essentiellement aux compétences des deux institutions... Il conclut, ainsi, que « plusieurs domaines restent à approfondir » en listant une série de questions... lesquelles sont justement celles qu'on espérait voir traiter au sein d’un ouvrage de 400 pages. Rester ainsi sur sa faim après un menu aussi copieux est une expérience troublante. La rigueur et l'exhaustivité du chercheur peuvent fréquemment, pour peu qu'une bonne coopération s'établisse avec les praticiens, faire apparaître des aspects instructifs de l'action publique. Ce n'est pas ce qui m'est apparu à la lecture de cet ouvrage. Michel Wilson |
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| Notre usine est un roman |
| Sylvain Rossignol, La Découverte poche, 2009, 12€ |
Il était une dernière fois...
En 2004, ce sont 660 emplois qui sont supprimés de l’usine pharmaceutique Roussel-Uclaf (devenu Sanofi-Aventis), de Romainville (93). « Il faut que les gens sachent ce qui se passe ici depuis des mois… comment nos vies sont changées à jamais, comment les décisions prises par les dirigeants meurtrissent. » Parce qu’elle entend les salariés répéter en boucle ces mêmes mots, Annick Lacour, représentante CGT, décide, en 2005, de créer une association de salariés baptisée RU, pour Roussel-Uclaf (mais aussi en allusion à la RU 486, nom de la pilule du lendemain qui fut inventée à Romainville), dont l’objectif est de donner naissance à un livre qui relaterait l’histoire de « leur » usine. En 2006, les membres de l’association choisissent de confier à l’écrivain Sylvain Rossignol cette mission. Après plus de six mois d’entretiens avec les salariés, le jeune romancier décide de ne pas s’en tenir à un récit en forme de simples témoignages et compose une fresque polyphonique, courant de 1967 à 2006, dans laquelle s’incarnent des vies ordinaires et dignes, chargées d’une subtile émotion. Un livre où s'entremêlent histoires intime et collective, sociale et politique, à lire d'une traite ! A. C. |
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| La démocratie participative |
| sous la direction d’Yves Sintomer, la Documentation française, coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 259, avril 2009, 9,90€ |
Démocratie participative : ce qu’il faut savoir
Sous la direction d’Yves Sintomer – bien connu des lecteurs de Territoires et intervenant régulier de l’Adels –, la Documentation française, dans sa revue Problèmes politiques et sociaux d’avril 2009, nous livre un intéressant panorama des réflexions sur la démocratie participative – approches, outils et enjeux – face à la démocratie représentative. Intéressant par son gabarit caractéristique entre revue de recherche et dossier de synthèse ; intéressant par l’accessibilité des différentes contributions, ailleurs parfois plus ardues ; intéressant par le panorama réalisé entre approches les plus pertinentes des sciences politiques et analyses des outils. Sur le plan des approches, on trouvera une contribution de Pierre Rosanvallon sur le terme même de démocratie. Ensuite deux contributions « vivaces » issues de chercheurs référence : Jacques Rancière (La haine de la démocratie) sur le « paradoxe de la démocratie » et Bernard Manin avec une instructive adresse sur « les limites de la dimension démocratique du gouvernement représentatif ». Une pensée que l’on souhaiterait percevoir plus souvent chez certains élus, « absolutistes-élitistes » de la représentation. Marie-Hélène Bacqué, Alain Rey et Yves Sintomer actualisent leur réflexion sur la démocratie participative comme « complément ou inflexion de la démocratie représentative », Marie-Hélène Bacqué revenant sur l’idée d’empowerment et Loïc Blondiaux sur celle de « l’idéal participatif ». On trouvera enfin les signatures de Catherine Neveu – de l’habitant au citoyen – ainsi que celles de Carsten Herzberg et Anja Röcke sur une cartographie des modèles participatifs. Sur le plan des outils, l’ouvrage visite le débat public, les jurys citoyens, les conseils de quartier, les budgets participatifs, les forums hybrides, les assemblées citoyennes… tout cela dans des lieux parfois méconnus, comme la Colombie britannique par exemple. Même mise en appétit sur le chapitre « enjeux » entre la portée politique des dispositifs délibératifs, le piège de la proximité ou la place de la société civile dans la production de savoir (Christophe Bonneuil), la formation des préférences individuelles (Julien Talpin) ou enfin « l’enjeu de faire émerger un contre-pouvoir coopératif » (Archon Fung et Erik Olin Wright)… Cette juxtaposition éclairée de contributions de ceux qui pensent aujourd’hui la démocratie est un ouvrage idéal pour professionnels, élus et militants qui souhaitent faire un premier pas dans une démarche d’approfondissement. Quitte à aller ensuite dans les ouvrages initiaux des auteurs et lire les fondamentaux développés. Jacques Picard |
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| decembre 2009 |
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| Walter, retour en résistance |
| documentaire de Gilles Perret, DVD 22€ |
Le travail sans protection ?
À 76 ans, Robert Castel continue inlassablement, depuis La Gestion des Risques (Minuit, 1981) et surtout les magistrales Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995), à approfondir la nouvelle question sociale. Le présent ouvrage regroupe une somme d’articles parus entre 1995 et 2008 plus ou moins réécrits. Dans la première partie, l’auteur s’élève contre l’idée reçue d’un droit du travail faisant obstacle à la fluidité du marché. L’histoire démontre l’inverse : à mesure que le droit du travail se constitue, le marché progresse. Castel approuve la thèse de Gorz [1] : l’impersonnalité du travail salarié lui confère son caractère libératoire. D’où une tension : le travail contraint le travailleur, mais constitue le socle qui lui permet la reconnaissance, en devenant support de droits. La société salariale culmine dans les années 70, avec le mariage heureux entre économique et social. Mais ce compromis ne peut se maintenir avec la fin du capitalisme industriel. Car l’emploi perd sa consistance, mais non son importance. Justement, sa fragilisation ou sa plus grande rareté lui confère une plus grande centralité encore. Il ne s’agit pas de la « fin du travail » (Rifkin, 1995) ou d’une « valeur en voie de disparition » (Meda, 1995), mais bien plutôt d’un « effritement » de la société salariale qui développe un « second marché » de l’emploi, invalidant une part croissante de la main-d’œuvre. D’où les risques de découplage travail / protections sociales, ayant pour conséquence de faire passer une partie de la population d’une « précarité » provisoire à une situation durablement installée dans le « précariat ». La deuxième partie du livre pose la question de la reconfiguration possible des protections face à cette nouvelle donne. Castel réfute la connotation négative d’« État providence » pour caractériser la période qui s’achève, préférant la notion d’« État social » réducteur d’insécurité. Progressivement, depuis les années 70, on quitte la visée universaliste de l’État social avec des « droits », pour des prestations « sous conditions », avec la
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