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Territoires n°502 - novembre 2009

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Le sommaire

Les articles en ligne :

"Une xénophobie institutionnalisée ", Jérôme Valluy, professeur de sociologie politique de l'action publique au Centre de recherches politiques de la Sorbonne.

Tous ensemble derrière la dernière enseigne, par Nicolas Leblanc.


 
Sommaire
 
Initiatives locales
 
Brèves : Des maux aux mots pour l’association Ne pas plier ; Drôme : le chaînon manquant de l'installation ; Haro sur l’insertion à Orléans ; À Ungersheim, le futurs habitants s'engagent dans leur éco-hameau...
Cult'urb : Villes et territoires ... sur le divan
chronique de Maud Le Floc'h, pOlau - pôle des arts urbains
Portrait de Fred Burguière : Le poète engageant
Pays en chantier : Sale temps pour la démocratie participative
chronique de Philippe Langevin, Ardl-Paca
Satire dans tous les coins : Estrosi restaure le comté de Nice ; Hérault : Malin l’horodateur...
Petite revue de presse de jourrnaux satiriques locaux
 
Actualités
 
L'événement : 1939-2009 : la trop longue route des migrants en France
Lire l'interview de Jérôme Valluy, professeur de sociologie politique de l'action publique au Centre de recherches politiques de la Sorbonne
L’ébulition de M'ric
Brèves : Un défenseur des droits qui fait table rase ? ; La guerre des écoles ; Extension du domaine de la banlieue ; La carte judiciaire truffée de recours...
La terre vue du fiel : Comment s'enrichir en saccageant (durablement) la planète
par Jean-Stéphane Devisse et Christophe Beurois, Médiation et environnement
Point de vue : Point de vue Anne Feray (FSU) « Retraite des femmes : la réforme Darcos ne préserve pas les droits »
Démoocratie participative - Modes d'emploi : Concertation : perdons-nous notre temps ?
par Laurence Faucon, directrice du développement des vies participatives à Niort
 
La reprise d'entreprise, un enjeu d'avenir pour les territoires ruraux
 
Transmettre pour avancer
 
Tout va disparaître … ou pas !
Guillaume Fleury secrétaire national à l’emploi au MRJC jusqu’en 2009.
 
Trois histoires de transmission, de main en main
 
La reprise d’entreprise : un processus complexe
Bérangère Deschamps, centre d’études et de recherches appliquées à la gestion de Grenoble, auteure avec Robert Paturel de Reprendre une entreprise : de l’intention à l’intégration (Dunod,
3e édition 2009).
 
Les élus, fantassins de l’aide publique à la transmission d’activité
 
Tous ensemble derrière la dernière enseigne
 
Reportage Tremblay-en-France. La Boutique au coeur du dédale
 
Analyses
Les pôles d’excellence rurale : un dispositif limité aux moyens réduits
Un apprentissage citoyen de la langue
 
Et aussi ...
 
Lectures, forum des lecteurs, Adels info, Autres voix
 
 
 
Les articles en ligne
 
« Une xénophobie institutionnalisée »
interview de Jérôme Valluy, professeur de sociologie politique de l'action publique au Centre de recherches politiques de la Sorbonne
 
Peut-on dire que la notion de droit d’asile est devenue obsolète ?

Non, dans le sens où il n’y a pas de force politique aujourd’hui qui soit explicitement hostile au droit d’asile, même à l’extrême droite de l’échiquier. Mais, et c’est là le paradoxe : ces trois dernières décennies, les demandes de droit d’asile sont de plus en plus souvent rejetées. Ainsi en Grèce en 2003, le taux de rejet des demandes de droit d’asile atteint 99,9 %. En France, il atteint 85 %. Des Afghans ou des Tchétchènes se voient déboutés de leur demande… Pourtant, il me semble que personne ne peut nier l’insécurité qui règne dans ces deux pays. Cela n’empêche pas certaines personnes de penser que des immigrés chercheraient à abuser du droit d’asile, en parlant de « faux réfugiés », sous-entendant ainsi que certains migrants demanderaient l’asile sans véritable raison. Tout le problème reste qu’il est très difficile de donner une réponse scientifique à ces accusations et que la hausse continuelle des taux de rejet entretient cette croyance du « faux réfugié »…

L’étranger serait-il devenu un suspect, voire un ennemi ?


Oui. L’Europe livre une véritable guerre aux migrants : avec l’agence Frontex (agence européenne pour la gestion opérationnelle aux frontières extérieures, NDLR), c’est tout un appareil militaire qui est mobilisé aux frontières européennes. Je pense ici aux avions et porte-avions qui surveillent la Méditerranée, les côtes sénégalaises ou aux drones détecteurs de chaleur qui survolent le Sahara. Au fond, il existe un consensus au niveau de la gouvernance européenne pour construire un mur, même symbolique, autour de l’Europe. Ce consensus s’alimente d’une construction culturelle et sociale collective faite au niveau de l’Europe : l’étranger y est vécu comme un risque, une menace dans un contexte d’institutionnalisation de la xénophobie. Cette institutionnalisation passe par la mise en œuvre de lois, de circulaires, par des discours qui rationalisent cette xénophobie, puisque l’étranger y est présenté comme un danger en dehors de tous dérapages racistes ou de propos haineux. En effet, il n’est pas question de différences de races, de biologie, mais bien d’un consensus autour de l’idée que l’étranger est un problème public, un problème de société. C’est donc bien une xénophobie sociale, et non une xénophobie individuelle et psychologique, qui est en train de se développer un peu partout en Europe. Xénophobie qui est aussi une islamophobie, même si elle n’est pas exclusivement cela.

L’Europe est pourtant née de la volonté d’éradiquer les nationalismes.

Oui. Nous assistons à un retournement paradoxal du projet européen en tant que projet fédéraliste tel qu’il était pensé par les pères fondateurs. Née de l’idée initiale d’intégration humaniste, l’Union européenne dérive vers une version d’intégration nationaliste. Au fond, aujourd’hui, l’unité européenne se nourrit des nationalismes qui viennent des États membres pour ériger un nationalisme européen et se refermer sur ses frontières. On peut aller jusqu’à dire que l’Europe produit exactement l’inverse de ce pourquoi elle a été créée à l’origine !

Êtes-vous inquiet ?

Oui. La question est de savoir ce qui va se passer sur le long terme. Tous les indicateurs nous montrent que le nationalisme politique redevient l’idéologie dominante dans tous les pays européens. De plus, la crise économique et financière n’arrange rien. Dans un tel contexte, qui rappelle d’autres époques très sombres, tout me paraît possible, y compris le pire. Propos recueillis par Aline Chambras
 
Tous ensemble derrière la dernière enseigne
Par Nicolas Leblanc
 
Anjou. Sauver le dernier commerce du village est une entreprise d’utilité publique. Et parfois, comme à Saint-Melaine-sur-Aubance ou à Rablay-sur-Layon, l’espoir et l’innovation viennent du collectif. Reportage.

C’est une histoire comme il en existe des milliers à travers la France, toujours la même, se répétant à l’envi. Soit un village, entre 400 et 2 000 habitants, qui voit son dernier commerce d’alimentation générale fermer. Pourquoi ? Les cas de figure sont variables. Ici le départ à la retraite de celui qui « incarnait » le commerce du bourg, là des successions en chaîne qui font décliner en pente douce le projet commercial. Le résultat reste le même : si les habitants ont le sentiment que la situation ne « peut rester en l’état », les acquéreurs du fonds de commerce ne se bousculent pas au portillon. Aux élus – ou à la vie associative, nous verrons cela – de se débrouiller ! Souvent volontaires, les édiles n’ont pas vraiment les clés, du moins pas à eux seuls. Il y a la recherche tous azimuts de repreneurs, que l’on couvre de promesses « d’aides », ou au moins de soutien moral, et il y a l’achat des murs (si la mairie ne les a pas déjà) et du fonds, pour placer un gérant. Et puis, il existe une troisième voie, où l’initiative collective s’adjoint à la somme des engagements individuels pour créer un statut hybride à ces derniers commerces de village, si
précieux, si fragiles.
Première étape de notre tour d’Anjou des épiceries pas comme les autres, Saint-Melaine-sur-Aubance. Le maire, Gabriel Halligon, nous reçoit à 8h30 dans son bureau, avant de partir travailler à Angers. Il a été élu aux dernières municipales notamment sur son projet de rouvrir l’épicerie du village, fermée alors depuis un an. Son idée : une épicerie coopérative, qui s’appuierait sur la demande des habitants et transformerait celle-ci en énergie très concrète pour faire vivre le commerce. « Nous avions une alimentation générale, qui faisait aussi le pain, dans un local un tout petit peu excentré de l’axe principal. Quand son propriétaire a jeté l’éponge, le fonds a été racheté par un boulanger, qui y a installé une boutique froide (sans production sur place, NDLR), avec quelques produits d’épicerie. Mais ça n’a pas marché, et en septembre 2007, la boutique fermait », explique le maire. L’autre commerce du village, un tabac-presse, ouvre alors un dépôt de pain, qu’il continue aujourd’hui à assurer. Pour l’ancien maire, battu en 2008, c’était au secteur privé de prendre en charge la réouverture d’un commerce. Pas pour l’équipe en place, qui a fait campagne sur un projet d’épicerie coopérative, sur le modèle de Savennières, la commune voisine (lire l’encadré page 35), qui a été inaugurée en avril 2009.

« Fusionnelle »
Dès fin 2007, un groupe de travail, d’une douzaine de personnes, majoritairement des élus, se met au travail, et monte un projet sur la base d’une société coopérative d’intérêt collectif (Scic, lire page 34). « La Scic permettait à la commune de jouer à plein sur l’effet levier : nous avons dit que nous prenions 6 600 euros de parts sur les 33 000 euros que nous voulions lever par la souscription, et cela a joué pour entraîner de nombreux souscripteurs », explique M. Halligon. Aujourd’hui, la Scic Saveurs d’Aubance compte quelque 280 coopérateurs, propriétaires d’une ou plusieurs parts de 30 euros chacune. « Cela nous a
permis de motiver directement la population : "on fait quelque chose, mais après il va falloir y aller dans cette épicerie !" » Ce qui semble fonctionner, même si l’expérience est encore trop jeune pour que des bilans comptables puissent être fournis. « Nous avons monté le projet avec comme objectif d’atteindre le point mort au bout de deux ans. Nous n’y sommes pas encore, mais le chiffre d’affaires est en constante progression, je suis donc raisonnablement confiant », pronostique le maire, qui se félicite « d’avoir réussi là un coup de maître ». Entre la Scic, dirigée par trois cogérants habitants - bénévoles, et la mairie, la relation est « fusionnelle », selon les propres mots de Gabriel Halligon et de Pierre Peltier, un des trois cogérants. Attablé à l’intérieur du local de l’épicerie de Saint-Melaine où il passe quotidiennement, le jeune retraité ne veut pas quantifier le temps qu’il donne à Saveurs d’Aubance, mais il finit par l’estimer à un tiers de son temps actif. Ses tâches sont diverses :
il regarde et paie les factures, s’est impliqué dans les relations avec la préfecture, la chambre de commerce, le démarchage et le suivi des fournisseurs, le recrutement du personnel, la comptabilité… et il « s’y colle » aussi pour aller chercher le pain le dimanche, ou les fruits chez tel fournisseur qui ne peut pas livrer. Mais que vient-il donc faire dans cette galère ? « J’ai tout de suite trouvé le projet intelligent. Et puis arrêter toute activité juste parce que c’est l’heure de la retraite, ça ne le faisait pas. » André Landais, 58 ans, lui non plus ne se voyait pas assigné à l’inactivité forcée. Souscripteur, puis bénévole, il est désormais l’un des deux salariés de la Scic, et il connaît le secret pour qu’elle vive longtemps : « Être disponible, et ne pas compter son temps ! » Sa motivation ? « Le plaisir ! La convivialité que l’on propose aux gens. Pour qu’ils viennent, il faut des produits de qualité, mais aussi du sourire, sans l’arrière-pensée de surveiller en permanence le chiffre d’affaires ! Et puis il y a l’esprit coopérateur : il y a quand même 280 personnes qui y ont cru, il ne faut pas les décevoir ! » Plus frêle qu’André et Pierre, Laure Halligon (la fille du maire), est la seconde salariée, elle aussi impliquée dans l’aventure bien avant sa première feuille de paie. Aujourd’hui, c’est elle qui porte le tablier vert d’épicière, accueillant les quelques clients de ce frais matin, mais aussi la livraison de primeurs d’un producteur local. « Il y a des bénévoles qui travaillent avec nous, nous aident pour le rangement, le nettoyage, les ventes-animation », explique la jeune femme. « Et puis les clients, coopérateurs ou non, peuvent dire ce qui leur plait ou pas, les produits qu’ils aimeraient trouver… Nous sommes à leur écoute, et c’est très important ! » Laure a 21 ans et dit avoir trouvé sa voie. « Finalement, si je n’avais pas postulé, aujourd’hui je le regretterais. »

Se prendre en main
Quelques kilomètres plus au sud de Saint-Melaine-sur-Aubance s’étendent les vignes du Layon. Autre terroir, autre village, petit… mais costaud : à Rablay-sur-Layon, les 750 habitants sont des « habitués » de l’engagement citoyen et du développement culturel local. Depuis 1987, une association (Le village d’artistes) a ouvert en plein cœur du bourg une galerie d’art contemporain, puis un magasin d’artisanat d’art et, depuis juin 2009, propose une artothèque (prêt d’œuvres). Rablay, c’est aussi un festival qui dépasse largement la taille de ce village de vignerons : musique, théâtre et chansons attirent depuis seize ans, jusqu’à 15 000 festivaliers sur un week-end pour la version 2009. Goût Layon, l’épicerie associative, ouverte depuis le 20 septembre 2008, s’ajoute désormais au beau tableau de chasse des militants locaux. Gérard Thareau, le maire de Rablay, soutient sans réserve ce nouveau commerce qui a redonné de la vie à la place du village. Pour autant, l’initiative en est bien associative, et compte le rester. François Fournigault, président intarissable de l’association Goût Layon, raconte comment une trentaine de personnes, de 23 à 65 ans et de centres d’intérêts assez divers, se sont retrouvées en novembre 2007 autour de la volonté de relancer un petit commerce dans le local municipal déserté depuis la dernière faillite. « Nous étions plusieurs à être investis dans une Amap : on recherchait déjà une forme de commerce différent. Pour l’épicerie, on s’est demandé pourquoi, après tout, on ne se prendrait pas en main. Dès décembre 2007, nous avons distribué, dans les boîtes aux lettres du village, un questionnaire pour savoir si les habitants nous suivraient si nous relancions un commerce, ce qu’ils souhaiteraient comme produits, etc. Comme les réponses étaient largement positives, nous nous sommes sentis plus ambitieux. Nous avons organisé une assemblée générale constitutive de l’association en mars 2008, avec soixante personnes, et affiché l’objectif : ouvrir le 20 septembre, sous le soleil. Ce qui fut le cas, avec deux cents personnes aux portes de l’épicerie !, même si certains murs sentaient encore un peu la peinture… »

Vin et disponibilité

Car entre mars et septembre, le travail a été intense : les épiciers bénévoles organisent un porte-à-porte pour transformer les encouragements de leurs concitoyens en souscriptions sonnantes et trébuchantes : entre avril et juin, 12 000 euros sont récoltés auprès des habitants ! Pour compléter le budget prévu pour l’ouverture, soit 25 000 euros, l’association tient un bar à jus et soupes au Festival de Rablay : 5 000 euros de bénéfices viennent s’ajouter à la cagnotte. Et comme les bénévoles de l’association n’ont pas les deux pieds dans le même tonneau de Layon, débrouille, coups de main et opérations spéciales règlent le problème financier sans passer par la case subvention. Reste (juste !) à trouver et à se mettre d’accord avec une soixantaine de fournisseurs, très largement locaux, et en partie bio ; à embaucher les bonnes personnes pour faire tourner la boutique (aujourd’hui trois salariés) ; puis à informatiser le stock, climatiser en urgence, faire de la pub, etc. « Cet été, c’est comme s’il avait eu deux plein temps », plaisante Gérard Thareau en parlant de François Fournigault. Aujourd’hui, la boutique est superbe, avec des rayons débordants non seulement des nectars de huit des douze vignerons de Rablay (vendus au prix cave !), mais aussi de produits locaux, bio, utiles et, la chose se voit très clairement, choisis avec une précieuse intelligence collective. « Nous attirons des clientèles différentes, ce qui fait une des forces de Goût Layon », explique François Fournigault. « Des gens des villages voisins, qui allaient acheter bio dans les magasins en périphérie d’Angers, des gens du village, qui se dépannent ou viennent pour nos produits locaux, des touristes aussi. » Saint-Melaine-sur-Aubance, Rablay-sur-Layon, Savennières, peut-être bientôt Pellouailles-les-Vignes (lire encadré ci-dessous)… l’Anjou présente une concentration étonnantes d’épiceries coopératives ou associatives, sauvées par des mobilisations collectives et volontaristes. Un hasard, la force de l’exemple ? Pierre Peltier, le cogérant de Saveurs d’Aubance, tente une explication : « Nous sommes dans une région viticole. Ici, les vignerons qui vous reçoivent dans leurs chais ne regardent pas leur montre. Les gens sont ouverts à la discussion, à la rencontre. » En prenant un dernier verre au petit bar aménagé au premier étage de la mairie de Rablay, on se dit qu’effectivement, le liquide doré servi par Gérard Thareau a peut-être quelque chose à voir avec tout ça. Nicolas Leblanc

ENCADRÉS

Saveurs d’Aubance en bref
Saveurs d’Aubance est une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), dont le capital social est formé par les parts de ses différents associés : les membres fondateurs et de soutien (les habitants), les « personnes associées » (dont les fournisseurs), les « personnes morales » (associations), la mairie de Saint-Melaine et les salariés de la Scic. Les collectivités publiques ne peuvent détenir plus de 20 % des parts d’une Scic. La Scic a été lancée avec un capital de 23 000 euros, et a contracté un emprunt de 10 000 euros pour compléter. La municipalité, propriétaire des murs, a investi 16 000 euros en travaux et aménagements en plus de ses parts sociales. L’épicerie embauche aujourd’hui deux personnes, correspondant à 1,6 temps plein, et est ouverte au public tous les jours sauf le lundi.

Savennières la pionnière et Pellouailles la future ?
L’Épicerie Saveurs, de Savennières, au sud de l’agglomération angevine, a été la pionnière : ouverte en décembre 2007 sous la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), elle venait combler le vide laissé depuis la fermeture de l’ancienne et dernière épicerie (lire Territoires n° 491). Le statut de la Scic présente plusieurs avantages : mobilisation des habitants, clients et fournisseurs locaux, soutien de la municipalité tout en gardant une large place à l’initiative citoyenne, possibilité d’intégrer le travail de bénévoles dans le quotidien du magasin, responsabilité limitée des gérants par rapport à une activité sous statut associatif… Là encore, les murs appartenaient déjà à la mairie, et quelque 200 souscripteurs ont parié sur Saveurs, en prenant une ou plusieurs parts de 50 euros chacune. De l’autre côté d’Angers, c’est Pellouailles-les-Vignes qui souhaite se joindre au réseau naissant d’épiceries coopératives. Martine Blégent, la maire du village, a créé une commission extramunicipale de dix-huit personnes dont quatre élus pour plancher sur le sujet. Ils ont bien sûr visité Saint-Melaine et Rablay, et ont opté pour la solution Scic. Le budget de départ estimé est proche de ceux de leurs voisins : 30 000 euros. La souscription, lancée avant l’été 2009, n’a pour l’instant pas rencontré le succès escompté, et Pellouailles est encore hésitante… Aura-t-elle son épicerie coopérative ?