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Territoires n°498 - mai 2009

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Le sommaire

Les articles en ligne :

Crise économique : les élus, en première ligne, par Aline Chambras.

Nouveaux services au quotidien, par Sabrina Costanzo.


 
Sommaire
 
Initiatives locales
 
Brèves : Un référentiel pour la démocratie participative ; Un festival intersquats ;  Laverie pour couches vertes....
Gueule de blogosphère : La Belle Époque...
chronique de Gérard Leray, blogmaster de la Piquouse de rappel (http://lapiquouse.info)
Portrait d'André Barthélémy : Vol 19.68 pour Sarkozie
Pays en chantier : Et les Pays, c’est du poulet ?
chronique de Stéphane Loukianoff, Unadel
 
Actualités
 
L'événement : Crise économique : les élus, en première ligne
L’ébulition de M'ric
Brèves : Une opposition divisée face à la loi Bachelot ; Surmenage dans les Caf ; Une typologie des «petits» agriculteurs ; Plongée en eaux usées ; L'État se concentre en région
Syn-chronique : Une revue, une démarche, un réseau
Les 50 dernières années vues à travers les pages de Correspondance municipale, puis de Territoires
La terre vue du fiel : Ca ne rentre pas dans les cases
par Jean-Stéphane Devisse et Christophe Beurois, Médiation et environnement
Parlons droit : Lutte contre les discriminations dans les marchés publics
Point de vue : «On ne demande pas à une institution de se réformer elle-même», Patrick Marest, délégué général de l'Observatoire international des prisons
 
2010-2050 Les territoires face aux défis de l'âge
 
Les territoires du vieillissement
Jean Ollivro, géographe
 
Comment vivre et vieillir ensemble ?
Dominique Argoud, sociologue
 
« L’inventivité viendra des acteurs locaux »
Interview de Jérôme Guedj, vice-président chargé des Solidarités et de l’Innovation sociale au conseil général de l’Essonne
 
Des maisons dernière génération
 
Nouveaux services au quotidien
 
Pour des liens de solidarité entre les générations
 
Reportage Aglomération lilloise. Des messages plein les fenêtres
 
International Union Européenne. Aux lisières de l'Europe
Vues d'Europe : À la frontière greco-turque...
Par le programme européen de mobilité d'Échanges et partenariats
 
Analyses
Généralisation du RSA : une occasion d'approfondir les démarches participatives
Économie sociale et économie solidaire : travailler ensemble pour répondre à la crise
 
Et aussi ...
 
Lectures, forum des lecteurs, Adels info, Autres voix
 
 
 
Les articles en ligne
 
Crise économique : les élus en première ligne
Par Aline Chambras
 
Aucune région n’est épargnée par la vague actuelle de licenciements. Et partout, les réactions de colère, d’indignation… et de solidarité sont vives. Sur le terrain, les élus locaux se retrouvent face à une situation sans précédent. Entre réponses à court-terme et projets plus ambitieux, ils cherchent à éteindre une crise économique d'une rare violence. Un retour, local, du politique ?


C'est la crise. Sony à Pontonx-sur-l'Adour, Continental à Clairoix, Marty à Fumel, Heuliez à Cerizay, Flodor à Péronne, Arcelor à Gandrange, Amora à Dijon, La Camif à Niort, Motorola à Rennes, Ford à Blanquefort, Faurecia à Saint-Nicolas-de-Redon, Manitowoc à La Clayette, Kerry Aptunion à Apt, Copéport Scop à Port-en-Bessin, Plastic Omnium à Saint-Romain-de-Colbosc, Akzo Nobel Nippon Paint à Montataire, Michelin à Tours, etc. ; partout les licenciements succèdent aux fermetures d’usines, les plans sociaux aux restructurations. Et cette liste pourtant déjà longue n’est hélas pas exhaustive : la crise frappe tous les territoires, toutes les industries. Ainsi, l’Ille-et-Vilaine compte 2 400 chômeurs de plus entre février et avril 2009, 20 000 salariés au chômage partiel depuis janvier ; la Haute-Normandie enregistre une hausse du chômage de 4 % en février, et de 30 % en un an pour les moins de 25 ans… Au niveau national, la France devrait connaître entre 375 000 et 454 000 chômeurs supplémentaires d’ici la fin 2009, selon les chiffres de l’assurance-chômage, entre 500 000 et 800 000 selon les syndicats. Une catastrophe sociale et économique qui ne laisse aucun élu local indifférent. Sur le terrain, en plein cœur de la crise, les élus, qu'ils soient maires, conseillers généraux ou régionaux, bien souvent interpellés par les salariés, tentent de réagir. Mais que peuvent-ils faire face à une crise, dont on dit qu’elle a pour origine l’effondrement du système capitaliste ? Chacun à leur manière, selon le contexte local et selon leurs convictions aussi, affiche leur soutien, tente d’intercéder en faveur des victimes de la crise auprès des représentants nationaux ou des directions d’entreprises, engage l’économie locale dans des mesures anti-crise ou, même, se lance dans la lutte sociale au côté des salariés. Des réactions de proximité qui montrent aussi bien la gravité et l’urgence de la situation que le désarroi qu’elle peut susciter.

Solidarité et symboles
À Évreux, dans le département de l’Eure, la municipalité a décidé d’afficher sur le fronton de la mairie une banderole de soutien aux salariés menacés de perdre leur emploi : un signe, que le maire, Michel Champredon, explique par la volonté des élus de la Ville « d’afficher qu’ils seront aux côtés des salariés dans leur combat ». Cet engagement de la Ville, certes surtout symbolique, démontre cependant que les pouvoirs publics locaux ont choisi leur camp. « Tout ce qui peut participer de la défense des salariés doit être entrepris », explique Michel Champredon, avant de rappeler que les élus locaux sont présents à chaque piquet de grève devant les sites menacés, comme l’usine pharmaceutique Glaxo Smith Kline qui devrait voir 798 de ses salariés licenciés (soit la moitié du personnel actuel). Mais, comme le rappelle le maire, « le mot d’ordre n’est ni démagogie, ni défaitisme : les élus sont conscients du caractère limité des capacités d’action des pouvoirs publics, comme ils savent que la mobilisation des représentants du peuple est un signe fort adressé aux représentants de l’État ou à la direction britannique de Glaxo ». Cette position de soutien avec le monde des salariés s’accompagne aussi de soutiens matériels, comme la distribution de nourriture ou le prêt de tentes lors des grèves. À Niort, où la filiale de vente aux particuliers de la Camif a été liquidée en octobre dernier avec ses 785 salariés, la mairie a décidé d’héberger gracieusement l’association des anciens salariés de cette entreprise. Là encore, le geste est symbolique, mais fort puisqu’il place au cœur de la vie politique locale (la mairie) les désastres du monde socio-économiques : une manière de refuser le divorce de ces deux univers ? De la même manière, la mode des élus en écharpe dans les cortèges de salariés en colère s’est répandu dans les territoires : en mars dernier, Arnaud Montebourg, député et président PS du conseil général de Saône-et-Loire, défilait aux côtés des ouvriers de Manitowoc à La Clayette, le leader mondial des grues de chantier, qui prévoit plus de 300 suppressions d'emplois. La solidarité entre élus locaux et salariés victimes de la crise passe aussi beaucoup par des aides financières, précieuses en ces périodes de vache maigre. Ainsi, le conseil général de l’Oise, département touché de plein fouet par les licenciements avec notamment la menace de la fermeture de l’usine Continental à Clairoix, a décidé de débloquer 50 000 euros au bénéfice du comité d’établissement de la société, afin de soutenir les besoins de conseil et d’assistance juridique des syndicats dans le cadre de leurs démarches. En Gironde, c’est la communauté d’agglomérations du Sud-Bassin (Cobas) qui est en train de mettre en place une cellule solidarité axée sur l’emploi, l’alimentaire, le logement et le transport et destinée à l’ensemble des salariés menacés des quatre communes concernées. « Nous allons élaborer une plaquette d’information à l’intention des intéressés afin de leur présenter des différents dispositifs concernant l’emploi, que beaucoup ne connaissent pas », ajoute le président de la Cobas, Yves Foulon. À Port-en-Bessin, dans le Calvados, c’est le conseil régional qui a tenté à la mi-mars de sauver la Scop Copéport (où 31 des 72 salariés sont en instance de licenciement) en se portant garant de crédit suite à la décision du tribunal de commerce de Caen de chercher un repreneur. Mais cela n’a pas suffi et l’affaire est aujourd’hui en suspens…

Des plans anti-crise… aux plans de relance locale
Aux solutions spontanées au coup par coup, qui laissent dire aux syndicats que les élus se contentent de jouer les pompiers un peu tard, certains territoires ont mis en route, dès les premiers signes du marasme, des plans ancrés dans un temps plus long et censés contrer – ou du moins diminuer – les conséquences de la crise. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, le conseil général a adopté au mois de mars un budget « anti-crise », axé sur le développement économique et la protection de l’emploi, notamment des moins de 25 ans. Ce budget prévoit l’accompagnement de 100 jeunes durant neuf mois dans leur recherche d’emploi et plusieurs entreprises se sont associées au projet. « Un parcours de mobilisation » grâce auquel Claude Bartolone, président du conseil général et député de la Seine-Saint-Denis, veut « démontrer que les collectivités peuvent non seulement aider au maintien de l’emploi mais, aussi, contribuer à la création d’emplois bénéficiant aux jeunes, bien souvent éloignés du marché du travail ». En Poitou-Charentes, une conférence sociale régionale pour l’emploi s’était tenue dès le mois de décembre 2008, alors que les premières difficultés économiques se faisaient déjà sentir dans les bassins d’emplois de la région. Mettant sur pied un plan structurel de lutte en faveur de l’emploi, cette conférence a été suivie en janvier 2009 d’un plan régional de soutien à la filière automobile et d’un plan régional pour l’emploi. Dans le premier cas, la Région s’est engagée à verser deux millions d’euros supplémentaires afin de financer un plan de formation pour les salariés licenciés. Dans le second, Ségolène Royal, la présidente de la Région, a annoncé, notamment, le versement de 83 millions d’euros d’investissement pour le soutien à l’activité économique, soutien soumis à l’éco-conditionnalité des aides, ce qui peut laisser croire que les entreprises ainsi « subventionnées » porteront une vraie dynamique de développement du territoire. Même si le cas Heuliez, producteur de voitures électriques, un marché porteur, souligne que la crise n’épargne personne et se moque de la portée sociale et écologique des entreprises qu’elle peut frapper. Ce qui laisse dire aux mauvaises langues que ces mesures ne sont que des saupoudrages dont les effets seront imperceptibles.

Réajuster l’économie locale
En Loire-Atlantique, dans le Pays de Redon, l’annonce des plans sociaux n’a pas vraiment étonné. Dans un territoire où se sont installés de nombreux sous-traitants du secteur automobile, les élus ont assez tôt eu conscience que cette manne n’allait pas durer éternellement : « Nous avions commencé à réfléchir au Redon de demain avant que la crise s’abatte sur nous et nous savions que nous devions à la fois tenter de garder notre tissu industriel, mais aussi le diversifier. Car près de 29 % des salariés d’ici travaillent dans l’industrie, nous devons donc assurer leur reconversion », explique Jean-Louis Fougère, président de la communauté de communes du Pays de Redon et maire de Saint-Nicolas-de-Redon, commune qui accueille une usine Faurecia dont la direction a annoncé en 2008 la fermeture pour 2011. 265 personnes y sont employées actuellement. « Même si nous prenons comme tout le monde la crise de plein fouet, notre réflexion en amont sur notre bassin d’emploi nous permet d’être plus réactif », précise l’édile. « Notre priorité étant de trouver des solutions adaptées à nos savoir-faire et à nos territoires. » Ainsi, envisage-t-il de développer les éco-activités (énergies renouvelables, valorisation des déchets, éco-matériaux, éco-construction, etc.) : « Je pense que cela correspond aux besoins de demain et, au risque de me tromper, j’anticipe ». À l’automne 2009, ces pistes de réflexion devraient aboutir aux États généraux de la mutation industrielle du territoire de Redon. De la même manière, le conseil régional d'Aquitaine a décidé de créer en mars dernier, un fonds public de co-investissement abondé à parts égales par la Région et les fonds Feder, à destination des entreprises innovantes et de l'économie sociale et solidaire : « Notre objectif est de combler une défaillance du marché par un levier décisif auprès des fonds privés d'investissement », explique Alain Rousset, le président du conseil régional, « la crise ne doit pas nous détourner de notre stratégie de diversification de l'activité économique ».

Changer de système
En Seine-Maritime, département lui aussi fortement touché par la crise du marché automobile, les élus communistes et républicains ont réussi à obtenir la mise en place d’une commission d’enquête régionale sur l’industrie automobile et la tenue d’un forum sous l’égide de la région Normandie avec l’audition, entre autres, de toutes les parties concernées. Objectif final : « mettre sur la place publique la situation réelle des difficultés rencontrées, les solutions préconisées et éclairer les collectivités sur la nécessité ou non d’apporter à nouveau des aides publiques à cette filière, certes fragilisée par la concurrence mondialisée, mais où des dividendes conséquents sont versés aux actionnaires. » En d’autres termes, et comme l’a exprimé Véronique Blondel, conseillère régionale de la région du Havre, « avec la crise du système capitaliste, les difficultés que soulèvent aujourd’hui les choix du groupe Renault sont l’occasion de mettre à plat les bases d’un nouveau système économique s’appuyant sur les besoins de production réels. Un nouveau système où le politique, garant de l’intérêt général, reprendrait la main. »

À corps et à cris
Et puis il y a les élus, plus rares, qui ont directement rejoints la lutte au coeur des usines. Ainsi, deux députés-maires du Béarn, David Habib et Martine Lignières-Cassou, ont accepté de prendre part à la grève de la faim tournante organisée par les 354 salariés de l'usine Celanese, dont le groupe a annoncé la fermeture le 21 janvier. Ils ont passé la nuit du 12 avril à jeûner dans le local syndical de l'entreprise à Pardies. Comme il le déclare dans le quotidien régional Sud-Ouest daté du 14 avril 2009, si David Habib a accepté de passer à l'action, c’est « pour permettre une polarisation sur le combat des Celanese. Ce sont les salariés qui nous l'ont proposé, nous n'avons pas été candidats, mais nous avons accepté tout de suite. » Dans le Sud-Ouest encore, dans la région de Fumel, violemment touchée par la crise, les élus penchent pour la ligne dure et certains envisagent de mettre leur écharpe sur la table des négociations. Mais, là comme ailleurs, la question reste la même, et toujours sans réponse : dans la balance, combien pèse une écharpe ? Aline Chambras
 
Nouveaux services au quotidien
Par Sabrina Costanzo
 
Des territoires choisissent de dépasser le cadre de la traditionnelle « prise en charge », sociale ou médicale, pour se positionner sur l’enjeu plus global des nouveaux services à mettre en place pour améliorer le quotidien des personnes âgées.

Le constat du décalage entre une région qui est confrontée au vieillissement de sa population et la faible attention que les collectivités locales accordent à cette évolution a poussé le conseil de développement du Pôle Azur Provence, dans les Alpes-Maritimes, à mettre en place, début 2009, une démarche visant à mieux comprendre le « phénomène du vieillissement et ses impacts probables sur son territoire ». « Il s’agit de favoriser l’anticipation des politiques publiques quant à la prise en compte des besoins émergents des personnes âgées. Le manque d’anticipation du phénomène est lié à l’absence de représentations collectives du vieillissement : que font les personnes âgées, où sont-elles, qui sont-elles ? », explique Jean-Pierre Daure, coordonnateur du conseil de développement. « Alors que la plupart des réflexions et des actions engagées sur le territoire concernent le logement et la santé, nous avons voulu axer nos travaux sur d’autres besoins, plus centrés sur la qualité de vie. Comment les politiques publiques peuvent-elles prendre en considération cette population, non plus sous l’angle unique de la prise en charge, mais de ses attentes en matière de culture, loisirs, rencontres, solidarité, etc. ? » Le conseil de développement, qui bénéficie dans sa démarche de l’accompagnement de l’Association régionale pour le développement local Paca (ARDL), du Collège coopératif et de l’Association nationale des clubs partenaires pour agir, s’est donné comme objectif de rendre « les territoires apprenants au regard de la problématique du vieillissement », de construire une connaissance commune aux différentes familles d’acteurs et de travailler sur l’évolution des représentations de l’ensemble des acteurs, et des élus en particulier. « À terme, il s’agit pour nous d’émettre un avis et de formuler des orientations stratégiques, des pistes concrètes d’actions afin de faire évoluer la façon dont les politiques publiques des collectivités territoriales abordent le phénomène du vieillissement », précise Jean-Pierre Daure. Pour réaliser ce projet, un travail préparatoire sera effectué : collecte de données démographiques et politiques, enquête sur les représentations de la vieillesse, identification des acteurs et des actions menées sur le territoire doivent contribuer à établir un diagnostic de la situation du territoire au regard du vieillissement. Des entretiens individuels avec les principaux acteurs (associations, citoyens…) lanceront la démarche à partir de mai 2009.

Mobilité, animations, rencontres
Cette démarche de réflexion / action que le conseil de développement du Pôle Azur Provence mène au niveau de l’agglomération, présentée comme « le niveau pertinent » (avec les Pays) pour prendre en compte le phénomène du vieillissement et qu’il a l’intention de diffuser par le biais de colloques aux niveaux départemental et régional, est innovante de par l’étendue du territoire concerné. Si d’autres collectivités territoriales ou structures jugent aussi nécessaire de commencer par un diagnostic global des besoins et des attentes pour adapter au mieux l’offre de services, c’est plus généralement au niveau communal, d’un quartier, ou au sein d’un centre social. Les services qui visent à améliorer la vie quotidienne et que l’on voit émerger petit à petit concernent le plus souvent la mobilité, les temps de loisirs et la mise en place de visites à domicile. Afin de faciliter le déplacement des personnes âgées éloignées des centres urbains et isolées au sein de territoires ruraux, des services de transports individuel, ou semi-collectif, (en minibus), à la demande ou à jour fixe (navettes), sont mis en place par des CCAS ou des associations. Au-delà du simple transport, ils permettent la rencontre entre usagers au cours des déplacements, ainsi que l’écoute et l’échange avec le conducteur, souvent bénévole d’une association ou en contrat d’insertion. Ce type de service favorise la participation à la vie sociale et à des activités de loisirs (activités conviviales, ludiques, culturelles) qui sont parfois proposées par des centres socioculturels ou par des associations d’animation locale dans des espaces mis à disposition par les mairies. Les temps d’animation peuvent être collectifs, mais aussi individuels. Les personnes isolées qui ne reçoivent souvent que la visite de l’aide soignante et / ou ménagère peuvent parfois bénéficier de la présence de visiteurs à domicile, qui décident avec les personnes âgées quelles activités elles souhaitent faire : lecture du journal, conversation, promenade. Ce type de service s’organise souvent en réseau (les correspondants itinérants sont alors encadrés par un animateur). Outre l’animation, les visiteurs peuvent avoir des missions d’information, d’aide dans les démarches administratives ou rendre toute sorte de menus services (bricolage, courses, etc.). Mobilité, animations, rencontres constituent trois domaines d’action prioritaires qui permettent aux personnes âgées de rester actrices de leur vie le plus longtemps possible. Sabrina Costanzo

Encadré
Des aînés sur la toile

« Poser la main sur la souris, pour certains, c’est toute une aventure », raconte Claire Giard, directrice du logement foyer pour personnes âgées (LFPA) Maurice Thorez, à Échirolles. Depuis un an, elle a créé un blog et dépense son énergie sans compter pour l’animer et diffuser tout ce qui s’y écrit à l’ensemble des pensionnaires. Sur les 76 résidents, 25 participent quotidiennement au blog, écrivent leurs textes sur papier pour les donner à Claire Giard qui les tape et les met ensuite en ligne. Les personnes âgées ne tapotent pas elles-mêmes sur le clavier, mais cet outil leur permet de raconter leur vie, leur histoire au LFPA. « Je leur demande de raconter le plus possible ce qu’elles font au logement foyer, ça entretient leur envie d’écrire. C’est aussi une manière de garder le lien avec les familles souvent éloignées », indique Claire Giard. « Et puis elles ont découvert le fonctionnement des nouvelles technologies. On a pris tout le temps qu’il fallait pour bien leur expliquer ce qu’est l’informatique, en quoi consiste internet. » Le LFPA dispose d’un ordinateur mis à disposition par l’association des résidents, d’un appareil photo numérique et d’un vidéo projecteur. « Relié à l’ordinateur, le vidéo projecteur diffuse le blog sur grand écran et permet à tout le monde de le voir et d’aller visiter les sites des personnes qui ont laissé des messages. Dans le même esprit, je fais aussi une sortie papier du blog », se félicite la directrice. « Les résidents aiment se voir en photo, commentent les articles et c’est toujours une belle surprise pour eux de voir que des gens qu’ils ne connaissent pas leur écrivent. » Le blog permet de tisser des liens entre les résidents, « ce qui n’est pas toujours évident, même au sein d’un logement foyer où chaque résident possède son propre studio de 35 m2 et donc son indépendance. Chacun a son petit caractère et la cohabitation n’est pas toujours aisée », explique Claire Giard. « Les personnes âgées perdent souvent confiance en leurs capacités. Des initiatives comme ce blog contribuent à leur donner envie de prendre leur projet de vie en main. » S.C.