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Territoires n°479 - juin 2007

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Le sommaire

Les articles en ligne :

"Les modes de scrutins actuels comportent des défauts théoriques" Par Antoinette Baujard, économiste et analyste du processus de vote.

Les verts sont-ils encore utiles ? (télécharger l'article pdf 152 Ko)

La démocrtie doit-elle avoir peur de la peur ?, par Georges Gontcharoff, conseiller de la rédaction de Territoires.

Les 21 questions pour comprendre et (ré)agir et les analyses complémentaires


 
Sommaire
 
Initiatives locales
 
Brèves : Animation en milieu rural dans le Parc régional de la Brenne, Des " enfants sauvages " dans la cité de Saint-Herblain, Quel développement pour le sud-ouest parisien ?
En blogs pour 2008 : La blogosphère bouscule la communication politique
chronique de Christophe Oléon, blogmaster grenoblois www.greblog.net
Portrait Henri Tamar, syndicaliste (CGT) à la municipalité de Drancy
Pays en chantier : Tous dépités !
chronique d'Olivier Dulucq, délégué général de l'Unadel
 
Actualités
 
L'événement : Les verts sont-ils encore utiles ? (télécharger l'article pdf 152 Ko)
L’ébulition de M'ric
Brèves : ÉDF, GDF, La Poste Énergie, courrier… la libéralisation est sur les rails, Insertion Les départements peinent à financer le RMI, Moi et mon quartier Des gênes très sociales
Syn-chronique : Les communes face à l’ordinateur
Les 50 dernières années vues à travers les pages de Correspondance municipale, puis de Territoires
La terre vue du fiel : Brigitte, ils sont devenus fou !
par Jean-Stéphane Devisse et Christophe Beurois, Médiation et environnement
Interview : Antoinette Baujard, économiste à l'université de Caen, et maître d'œuvre du projet d’expérimentation de nouveaux modes de scrutin : " Les modes de scrutins actuels comportent des défauts théoriques. "
Parlons droit : Réglementation européenne, les transports publics entre libre concurrence et libre administration
 
Dossier : Élections 2007 Les 21 questions pour comprendre et (ré)agir Cliquez ici
 
Délibérons, maintenant plus que jamais !
par Céline Braillon et François Hannoyer, présidente et directeur de l’Adels
La société civile a un nouveau rôle à jouer face à la tournure autoritaire que prend la gestion des affaires publiques.
 
La démocratie doit-elle avoir peur de la peur ?
par Georges Gontcharoff, conseiller de la rédaction de Territoires
Combattre la peur qui s’installe dans la société en la traitant par la racine.
 
Les 21 questions pour comprendre et (ré)agir
Synthèse des interrogations des adhérents de l’Adels au lendemain du 6 mai 2007.
Et tentatives de réponses...
 
Reste à inventer la télé
par Gilles Rousselot, militant associatif, Michel Garcin, journaliste et Pierre Mahey, urbaniste
Arrêter de mépriser la télévision pour la transformer en instrument de changement.
 
Reportage Albi : Douze quartiers pour concerter
 
International Espagne : Un budget participatif à l’européenne
 
Analyses
 
Le Code des marchés publics : un outil du développement social et environnemental
Par Sophie Szpirglas, secrétaire du Réseau d’expertise indépendante et solidaire (Résol)
 
De la diversité dans l’économie plurielle
Par Madeleine Hersent, sociologue et consultante. Fondatrice de l’Agence pour le développement de l’économie locale (www.adel.asso.fr) et co-présidente du Mouvement pour l’économie solidaire.
 
Débat : " Si, aujourd’hui, je veux aider l’Afrique… "
 
Et aussi ...
 
Lectures, forum des lecteurs, Adels info, le bloc-notes de l'Adels
 
 
 
Les articles en ligne
 
" Les modes de scrutins actuels comportent des défauts théoriques. "
Antoinette Baujard, économiste à l'université de Caen, et maître d'œuvre du projet d’expérimentation de nouveaux modes de scrutin.
 
Le 22 avril, les électeurs de trois communes – Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), Louvigny (Calvados) et Cigné (Mayenne) – ont pu participer à des votes expérimentaux, par " approbation " et par " note ". De quoi s’agit-il ?

Cette expérience est née de la rencontre de deux initiatives. Celle du centre d’analyse stratégique (Cas) qui mène, depuis un an, une enquête sur la geste électorale et a lancé, en 2006, un appel d’offres visant à expérimenter de nouveaux modes de scrutin. Et celle du groupe de chercheurs, économistes, politistes, sociologues, des universités de Caen, de Strasbourg et du CNRS, dont je fais partie, et qui travaillent sur ce qu’on appelle la théorie du vote qui questionne les propriétés des modes de scrutin. Des expériences de vote par note et de vote par approbation ont ainsi été mises en place. Ces deux modes de scrutin ont en commun d’être différents des scrutins traditionnellement utilisés en France. Certes, avec le vote par note ou par approbation, l’électeur ne choisit qu’un candidat, comme dans le scrutin uninominal, mais, il n’y a qu’un seul tour, afin de gagner en simplicité et en coût et, surtout, le scrutin est plurinominal. Ce qui signifie que les électeurs, même s’ils ne choisissent au final qu’un candidat, peuvent s’exprimer sur tous les prétendants. Avec le vote par note, l’électeur évalue chaque candidat en lui accordant la note 1, 2 ou 0. Le candidat qui réunit le plus de points (la somme de toutes les notes qui lui ont été attribuées) est élu. Dans le cas du vote par approbation, l’électeur, au lieu de noter tous les candidats, indique seulement ceux qu’il approuve, ceux qu’il souhaite soutenir et écarte les autres. Le candidat ayant réuni le plus grand nombre de soutiens ou d’approbations est élu. Dans les deux cas, le choix électoral peut être exprimé avec plus de nuances. Et le vote devient par conséquent moins silencieux, c’est-à-dire qu’il constitue une source d’information plus riche et rend l’analyse politique plus solide.

Est-ce à dire que le scrutin uninominal à deux tours ne permet pas d’exprimer correctement un choix électoral ?

Non, et ce n’est pas là notre objectif. En revanche, nous savons que le scrutin uninominal à deux tours comporte des défauts théoriques. Il favorise, encore plus que les autres, le vote utile, et ne permet pas toujours à l’électeur de voter par conviction. Son autre inconvénient est d’être très sensible à la moindre variation, notamment dans le cas de l’entrée en course de ce que l’on appelle les candidats " clones ". Ainsi, en 2002, si Christine Taubira n’avait pas été candidate, le résultat du premier tour aurait été complètement différent. Enfin, le dernier travers de ce mode de scrutin est de ne pas permettre d’élire le " vainqueur de Condorcet " qui désigne, dans notre jargon, le candidat qui l’aurait emporté dans tous les cas de duels possibles. En 2007, ce vainqueur de Condorcet aurait certainement été François Bayrou.

Ces votes expérimentaux ont-ils abouti à des résultats différents de ceux du scrutin officiel ?


Pas complètement, puisque, dans notre échantillon de quelque 2 836 bulletins, nous retrouvons, pour les deux modes de scrutin expérimentés, le même trio de finalistes : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Cela dit, leur, ordre d’arrivée est différent, puisque c’est le candidat centriste qui arrive en tête. Enfin, c’est pour les autres candidats que la différence de résultats, selon le mode de scrutin, est la plus visible : Olivier Besancenot et Dominique Voynet, par exemple, arrivent respectivement en quatrième et cinquième position, loin devant Jean-Marie Le Pen.

Quels enseignements ces résultats vous ont-ils permis de tirer ?

En permettant de s’exprimer plus, ces modes de scrutins offrent plus d’informations, ce qui permet par exemple de faire la part des choses entre le vote de conviction, le vote utile et le vote contre. Ainsi, nous pouvons en conclure que tous les votes ne sont pas des votes de conviction et que tous les non-votes ne sont pas non plus des expressions de désaccord. Avec ces votes expérimentaux, on peut en effet plus facilement mesurer la véritable adhésion des électeurs à une cause, que son représentant soit élu ou pas. Cela permet donc de relativiser le vote utile. Enfin, le fait que les électeurs aient bien accueilli l’idée de s’interroger sur les modes de scrutin, montre que cette expérience est susceptible de nourrir un débat informé sur les modes de scrutin. Propos recueillis par Aline Chambras
 
Élections 2007 : Les 21 questions pour comprendre et (ré)agir...
...ainsi que quelques contributions complémentaires
 
Comment comprendre la victoire du projet de Nicolas Sarkozy ? Certainement pas en le caricaturant, ce qui serait le meilleur moyen de ne tirer aucune leçon de ces élections 2007. Les 21 questions qui suivent représentent des pistes de débats pour continuer le débat localement.

Individu et société

1 Les résultats électoraux de 2007 représentent-ils l’échec de toutes les tentatives politiques, associatives et d’éducation populaire de construire du projet collectif contre l’hégémonie d’un modèle " individualiste " ?

2 Quels sont les facteurs d’évolution de la société que la gauche et les mouvements sociaux n’avaient pas suffisamment intégrés avant ces élections ?

3 La peur gouverne-t-elle notre société ?


Des convictions bousculées

4 Qu’est ce que la société civile ?

5 La société civile est-elle de gauche ? De droite ?

6 Le citoyen et la société civile ont-ils été mythifiés, couverts de vertus imaginaires ?

7 La démocratie d’opinion est-elle plus écoutée que la démocratie participative ?

8 Ségolène Royal aurait-elle mieux réussi sa campagne sans " la démocratie participative " ?

9 Le pouvoir réel ou supposé de subversion de la démocratie participative fait-il peur ?

10 Peut-on être confronté à une démocratie participative néo-libérale ?


La question sociale


11 La démocratie participative peut-elle répondre à la fracture sociale ?

12Les dispositifs de participation touchent-ils un nombre de personnes suffisant, dans toutes les couches sociales ?

13 Quels sont les lieux de débats aujourd’hui fréquentés par les classes sociales les plus fragiles?

14 Pour qui et pour quoi votent les classes sociales les plus fragiles ?

15 Le très faible taux d’abstention au scrutin présidentiel marque-t-il le début de la fin de la crise de la représentation ?


L’analyse du scrutin

16 Les territoires (centre-ville, périurbain, Zus, rural) présentent-ils une géographie du vote de plus en plus clivé droite / gauche ?

17 Est-ce que le vote très à droite des personnes de plus de 65 ans (entre 70 et 75 %) au second tour de la présidentielle est une nouveauté de ce scrutin ?

18 Quelles sont les nouvelles frontières du clivage gauche - droite dans les thèmes des débats politiques ?

19Le fait que le mouvement altermondialiste ait eu un candidat autoproclamé, avait-il un sens, politiquement et électoralement parlant ?

20Les résultats des élections de 2007 vont-ils conditionner les résultats des municipales de 2008?

21 Les médias ont-ils joué un rôle décisif pendant la campagne présidentielle, et les médias alternatifs ont-ils une place dans l’avenir ?
 
Quelques contributions complémentaires
 
Après la présidentielle, quelles perspectives pour la gauche ?, Forum de la gauche citoyenne (télécharger le texte en rtf 100 Ko, et voir aussi le dossier Élections 2007 du FGC)

Une société civile autonomisée, Gérard Logié, spécialiste du développement locale et administrateur de l'Adels (télécharger le texte en rtf 24 Ko)

Comment interpréter l’élection présidentielle ?, Didier Minot, du Réseau des écoles de citoyens (Récit) (télécharger le texte en rtf 68 Ko)

L'école du mépris, extrait de Le racisme républicain, Pierre Tévanian, L'esprit frappeur, 2002 (télécharger le texte en rtf 12 Ko)

Un regain démocratique à suivre, Pierre Zémor, ancien président de la Commission Nationale du Débat Public (télécharger le texte en rtf 24 Ko)
 
La démocratie doit-elle avoir peur de la peur ?
Par Georges Gontcharoff, conseiller de la rédaction de Territoires
 
La peur s’est installée sur la France. Les groupes qui composent la société ont peur les uns des autres, et chacun a peur de l’avenir. Cette angoisse généralisée engendre des comportements spécifiques qu’il faut combattre en reprenant la peur à la racine.

Il y a peu, au " jité " de France 2, est organisé un mini-débat à partir d’un rapport sur les maisons de retraite. Titre : " Faut-il avoir peur des maisons de retraite ? " Dans les semaines qui précèdent, un bus scolaire verse dans un fossé : " Faut-il avoir peur de confier vos enfants au service de ramassage scolaire ? " Des patients décèdent dans un hôpital public, à la suite d’une infection nosocomiale : " Faut-il avoir peur de l’hôpital ? "… Ainsi, l’orchestration de la peur, à tout moment, en toutes occasions et sur toutes les chaînes, fonctionne depuis des années. Les catastrophes lointaines sont aussi convoquées. Le tsunami frappe les rives de l’Océan Indien : " Faut-il avoir peur de vivre le long des côtes françaises ? " ; l’Etna se réveille avec force : " Faut- il craindre le voisinage des volcans d’Auvergne ? ". L’écologie, sur de justes diagnostics, est une occasion rêvée d’instiller des paniques : le réchauffement climatique et la montée des eaux, les OGM, les dangers du nucléaire… Et Yves Cochet écrit Pétrole apocalypse. Je ne parle pas du terrorisme. Quand il frappe à Londres ou à Madrid on se demande s’il va toucher le métro parisien. Et les patrouilles armées du plan Vigipirate, comme les conseils permanents de vigilance, omniprésents dans les transports en commun, me rappellent à tout instant que je vis dans un monde dangereux. Les grandes craintes sanitaires sont aussi des raisons de me faire trembler : le sida, la vache folle, la grippe aviaire, autant d’occasions de reportages terrifiants : " Quand le virus sera transmis d’homme à homme, ce sera dix millions de morts en Europe " (sic). Ajoutons, les craintes sociales réelles et légitimes. On montre les tentes le long du canal Saint-Martin : " Faut-il avoir peur de se retrouver un jour SDF ? " La précarité du travail, le démantèlement des acquis sociaux, l’inquiétude pour l’avenir de nos enfants, voilà d’autres aliments objectifs pour notre angoisse. Les études montrent que les femmes âgées de 70 ans et plus sont celles qui ont proportionnellement voté le plus à droite (lire pages 30-31). J'y vois une preuve de plus du rôle de la peur qui touche toute la population, mais qui s'accroît encore avec la fragilité de l'âge et du sexe, la crainte existentielle de la fin de vie et le besoin d'un soutien adéquat. Il faut avoir les nerfs solides et le jugement sûr pour résister à tout cela, pour rester raisonnablement optimiste et continuer d’agir.

Le laxisme de la gauche


J’habite dans une commune qui est passée, en 2001, entre les mains d’une droite dure, après six mandatures d’union de la gauche à direction communiste. Il y a eu beaucoup d’autres mairies perdues comme cela. La campagne s’est faite sur le laxisme de la gauche par rapport au problème de l’insécurité, sur la promesse de création d’une police municipale (que la gauche refusait) et sur l’installation de caméras de vidéo surveillance. Aujourd’hui, il y a quarante policiers municipaux et soixante caméras (400 000 en tout en France, dont 320 000 à Paris), pas beaucoup moins de délinquance (en dépit d’une communication forcenée sur des chiffres truqués), mais les enquêtes semblent montrer que les citoyens sont globalement satisfaits et en redemandent ! Ce sont les cités HLM qui ont voté le plus à droite, là où les petites gens de l’ancien " peuple de gauche " souffrent le plus des incivilités et des délinquances au quotidien.
Il faut analyser cette maladie profonde du corps social. Les Français sont les plus gros consommateurs au monde d’antidépresseurs et d’anxiolytiques : une fois et demie la consommation par habitant des nord-américains, pourtant déjà passablement shootés. La France est le pays d’Europe qui a le plus de policiers par habitant (et qui en veut encore plus) : quatre policiers et gendarmes pour mille habitants, soit cinquante fois plus qu’en Allemagne ou en Grande Bretagne, cent fois plus qu’en Finlande ou en Norvège. Les historiens " millénaristes ", qui ont étudié les peuples et les périodes des grandes peurs de l’humanité, ont dégagé les types de réactions collectives à la peur. La première est l’appétit de jouissance (" la danse sur le volcan "), la frénésie de consommation, la recherche sans limite du plaisir.
Il faut profiter au maximum de la vie avant la fin du monde. La seconde est le repli dans sa coquille supposée protectrice, sa famille, son clan, sa communauté, sa croyance. La peur du Jugement dernier alimente tous les fondamentalismes. La troisième est l’appel à un Sauveur entre les mains duquel on se remet. " Je vous protégerai ", dit-il, car il parle toujours à la première personne, et il tient toujours ses promesses, comme Dieu " qui ne vous abandonne pas ". La quatrième est la recherche d’un bouc émissaire, responsable de tous nos maux. Le juif médiéval provoquait la peste. Le complot judéo-maçonnique d’avant-guerre a été la cause de la défaite de la France. Les communistes rongeaient le pays, et les chars soviétiques étaient à deux heures et demie de Paris. Les émigrés mangent notre pain et déséquilibrent nos budgets sociaux. Les paresseux qui vivent d’allocations trop généreusement distribuées, dévalorisent la valeur travail, etc. C’est toujours la faute de l’autre qui, non seulement me fait peur, mais sape mes valeurs, et ma société, de l’intérieur.

Tâches messianiques

On ne voit pas pourquoi la fameuse " société civile ", dont nous nous sommes gargarisés, serait différente de la société tout court. Elle est aussi composite, multiclassiste, bourrée de contradictions, tremblante de peurs réelles et de peurs fantasmées, que la société tout entière. Nous avons surinvesti sur elle et nous l’avons dotée de la tâche simplement messianique de construire une contre-société : " un autre monde est possible ". Il va nous falloir décaper sérieusement ce concept, et nous demander, en effet, comment des mouvements sociaux peuvent construire, puis imposer, des alternatives au modèle dominant. Le vieux problème des rapports entre l’avant-garde consciente et organisée (les 2 % qui " participent ") et les masses d’individus apeurés que le Sauveur rassure, reste d’actualité. Pour rendre notre projet crédible, il faudra être plus réaliste à l’égard du citoyen réel, travaillé par la mise en scène permanente des peurs, spectateur passif, consommateur frénétique, " décérébré pour donner du pouvoir à Coca-Cola ", et que, pourtant, nous espérons entraîner dans une action collective, grâce à une pédagogie de la citoyenneté, par l’école et par l’éducation populaire. Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain, mais de prendre mieux conscience que notre tâche est à long terme et aléatoire et que notre échec est peut-être le fruit de notre impatience et de nos illusions, en particulier en ce qui concerne l’ampleur et les formes du militantisme et la nature des outils de la prise du pouvoir.