Brèves : Le
futsal appelle à voter à Créteil, Allonnes
zone de justice sociale,
Pas vu pas Plu à Gagny.
En blogs pour 2008
: Poitiers 2008 : bâtir ensemble
un programme municipal chronique de Christophe Oléon,
blogmaster grenoblois www.greblog.net
Portrait Marion Paoletti
Pays en chantier : Que
je t'aimeuh... chronique d'Olivier Dulucq, délégué
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Actualités
L'événement
: Parité : il reste tant à
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L’ébulition de M'ric
Brèves : L'Anru
détruit beaucoup, mais construit-elle ?, Cantines scolaires
: les déboires de la gratuité, Juges de proximité
: plan de sauvetage.
Syn-chronique : L'information
pour une mairie : pourquoi et comment ? Les 50 dernières années
vues à travers les pages de Correspondance municipale,
puis de Territoires
La terre vue du fiel : La
grippe aviaire sous contrôle ? par Jean-Stéphane Devisse
et Christophe Beurois, Médiation et environnement
Interview : Georges
debrégeas, co-animateur de l'Autre campagne : "Sortir
de la langue de bois militante.
Parlons droit : Un
droit opposable ou effectif ?
Dossier : Systèmes d'information géographique
: une cartographie participative est-elle possible ?
Des plans pour résister par Pierre Mahey, urbaniste
Représenter l’espace sur un plan
reste une gageure. Pourtant, les citoyens ont intérêt
à s’approprier cet outil.
SIG et démocratie
participative : mythe ou réalité ?
par Carine Péribois, géographe
Aucune expérience sérieuse d’utilisation
participative de systèmes d’information géographique
n’est connue en France.
Ces SIG venus d'en haut par Sabrina Costanzo
Les SIG comme outil d'aide à la décision
pour les collectivités et surtout de communication.
Tour de France de carto participative par Pierre Mahey
À Échirolles, Fontaine, Grande-Synthe,
Montreuil... des citoyens dessinent la ville,
pour mieux la changer.
Malakoff 360 par Sabrina Costanzo
Des photos panoramiques, des cartes cliquables
et des habitants qui apprennent à mieux connaître
leur quartier.
Sites de référence
:
Conseil national de l'information géographique (CNIG)
Le CNIG a pour mission de conseiller le gouvernement sur toutes
les questions relatives au secteur de l’information géographique
et contribue à en stimuler le développement. www.cnig.gouv.fr
Association française pour l'information
géographique (Afigéo)
L’Afigéo rassemble la communauté d’intérêt
des acteurs et des professionnels privés et publics de
l’information géographique. www.afigeo.asso.fr
École nationale des sciences
géographiques (ENSG)
Propose des offres en matière de formation initiale,
professionnelle ou à distance ainsi qu’un centre
de documentation donnant accès à des références
bibliographiques sur les SIG. www.ensg.ign.fr
Le SIG de la DIV
Le SIG de la délégation interministérielle
à la ville permet l’accès aux données
du recensement de la population Inséé pour les
contrats de ville, communes et zones urbaines sensibles de plus
de 6 000 habitants, ainsi que l’accès aux données
ANPE sur les demandeurs d'emploi (1998, 2000 et 2002) pour les
contrats de ville, les communes et toutes les ZUS. www.ville.gouv.fr
Institut géographique national
(IGN)
Le géoportail de l'IGN est accessible depuis juin 2006.
Il permet à chacun de naviguer en 2D sur les photos aériennes
et les cartes IGN de la commune ou du lieu de son choix. La
balade en 3D sera opérationnelle courant 2007. www.ign.fr
Institut atlantique d'aménagement
des territoires (IAAT)
L’IAAT est un centre de ressources auprès des territoires
de Poitou-Charentes et des régions atlantiques, il produit
des données utiles à l’analyse des évolutions
des territoires, diffuse l’information sous forme cartographique,
et conçoit des outils de débat, des supports à
la mutualisation et au partage des données et informations.
Le site de l’IAAT propose
l'" AtelierC@rto ", outil de création cartographique
qui permet de consulter, de concevoir et de télécharger
sa propre carte à partir de données et indicateurs
régulièrement actualisés. www.iaat.org
Les figures du projet territorial. La Tour d’Aigues, Bernard
Debarbieux et Sylvie Lardon, éditions de l’Aube,
Datar, 2003, 270 p.
Ces territorialités qui se dessinent. La Tour d’Aigues,
Bernard Debarbieux et Martin Vanier, éditions de l’Aube,
DATAR, 2002, 267 p.
Représentations spatiales et développement territorial,
Sylvie Lardon, Pierre Maurel et Vincent Piveteau, Paris, Hermès,
2001, 437 p.
L’apport de l’information géographique à
la construction des intercommunalités : les défis
de la concertation en France et en Belgique, Carine Péribois
et Stéphane Roche, Les Annales de la Recherche Urbaine,
n° 99 Intercommunalité et intérêt général,
septembre 2005, p.84-92.
Aspects organisationnels des SIG, Stéphane Roche et Claude
Caron, éditions Hermès-Lavoisier, Traité
IGAT, Paris, 2004, 312 p.
Cartographie animée et interactive, Didier Josselin,
Sara Fabrikant, Revue internationale de géomatique volume
13 - n° 1, Hermès, 2003, 127 p.
La mise en oeuvre d'un système d'information géographique
dans une collectivité territoriale, Michel Essevaz-Roulet,
La Lettre du Cadre Territorial, 1999, 194 p.
Maîtrise d'ouvrage SIG, fiches techniques du Conseil national
de l’information géographique,
n° 0 à 70, CNIG, 1997 à 2003.
Par Brigitte Guigou, chargée d’études
à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme
de la région Île-de-France, enseignante à
l’Institut français d’urbanisme
Dans les sites en rénovation
urbaine, les acteurs locaux peuvent choisir entre quatre voies
de concertation avec les habitants : n’y mettre aucune
énergie, se concentrer sur la gestion urbaine, travailler
le rapport à l’espace public ou débattre
des choix politiques à l’œuvre.
Reprenant des orientations affichées dans le cadre de
la politique de la ville à la fin des années 90,
l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) fait
de l’amélioration de la gestion urbaine de proximité
un enjeu dans les quartiers en rénovation urbaine. L’Anru
souligne aussi la nécessité d'impliquer les habitants
dans ces démarches qui visent à améliorer
le quotidien par une gestion concertée entre les collectivités
locales et les bailleurs sociaux. Force est pourtant de constater
qu’il y a loin des intentions affichées à
la réalité des actions menées. Les expériences
d’implication des habitants dans la gestion urbaine sont
peu nombreuses, et le nombre d’habitants concerné
reste faible. Dans une majorité de sites, la relation
aux habitants s’organise principalement autour de l’information
sur les options du projet urbain, sur les démolitions
et les relogements. Dans ces sites, il s’agit d’abord
de négocier et d’accompagner les locataires dans
leur processus de relogement. Quelques sites font pourtant exception.
S’appuyant sur les changements ouverts par le projet de
rénovation urbaine, élus et techniciens travaillent
avec les habitants et leurs associations pour améliorer
la gestion quotidienne du quartier et anticiper sur la phase
d’après-chantier. Je fais ici le choix de "
zoomer " sur les lieux qui ont développé
les démarches les plus intéressantes, pour illustrer
la diversité des actions, des modes d’organisation
et des orientations qui fondent ces démarches. En effet,
les dispositifs d’implication des habitants s’appuient
sur des conceptions différentes de la place des habitants
des quartiers populaires dans la ville.
Déficit de concertation
La résidentialisation [1] apparaît, dans plusieurs
des sites étudiés [2], comme une opportunité
pour rattraper un déficit de concertation autour du projet
de rénovation urbaine. L’enjeu est de renouer ou
de renforcer un dialogue qui a pu être distendu, de dépasser
des conflits qui ont pu opposer élus, direction des organismes
bailleurs avec les habitants et leurs associations. De plus,
élus et techniciens sont souvent perplexes sur les choix
d’aménagement des espaces résidentialisés.
Les incertitudes sont nombreuses sur la taille des unités
résidentielles à créer, la localisation
des places de stationnement, l’intérêt de
proposer ou pas des aires de jeux et des espaces collectifs
pour les résidents (jardin, cour, local, etc.). Engager
une concertation permet, dans l’esprit des élus
et des techniciens, une programmation plus adaptée aux
usages et aux modes d’intervention des gestionnaires.
C’est ici l’expertise d’usage des habitants
qui est valorisée. L’implication repose alors sur
des modalités diverses : appel aux volontaires, repérage
d’habitants ressource, enquêtes usages, communication
(affiches, courrier, porte-à-porte, etc.). Elle s’accompagne
parfois d’un travail pédagogique à destination
de tous les acteurs (habitants, professionnels, élus),
par exemple sous la forme de visites d’opérations
de résidentialisation, ou d’échanges avec
des professionnels ayant expérimenté de telles
opérations. Il est évident que la réception
de cette offre de concertation dépend de l’histoire
des relations entre habitants, élus et techniciens. Lorsqu’il
y a des conflits autour des options du projet (démolitions,
prévisions d’évolution des loyers et des
charges…), l’espace ouvert pour la concertation
devient un lieu d’affrontement. De même, si la gestion
quotidienne du quartier est défaillante, si l’information
circule mal, si les nuisances liées au chantier sont
trop fortes, l’espace sera utilisé par les habitants
pour traiter ces enjeux. Quelles que soient leurs divergences,
élus, professionnels et habitants espèrent néanmoins
que le projet de rénovation urbaine apportera des améliorations
notables dans les relations entre résidents. Mais les
uns et les autres conçoivent cette influence du "
spatial " sur le lien social de façon différente.
Méfiance à l’égard
des espaces collectifs
La ville et les bailleurs sociaux espèrent que la résidentialisation
facilitera la gestion et améliorera les relations sociales.
Tous deux attendent une régulation des tensions et une
appropriation des espaces collectifs par les résidents.
Pour ceux-ci, la concertation ouvre un espace de dialogue. C’est
l’occasion de parler de l’ambiance, des tensions
entre voisins, des manquements à la règle. Confrontée
aux difficultés d’établir des normes entre
voisins sur la " bonne " manière d’utiliser
les parties communes, la majorité des habitants témoignent
d’une méfiance par rapport aux espaces collectifs.
La plupart n’ont aucun désir de s’approprier
des espaces partagés avec des voisins, notamment par
crainte des tensions qui pourraient s’y développer.
Ils aspirent d’abord à bénéficier
de lieux calmes, propres et bien gérés. La méfiance
des habitants est d’ailleurs d’autant plus forte
qu’il existe des dysfonctionnements dans les modes d’intervention
des gestionnaires, des attentes non satisfaites sur la propreté,
la tranquillité ou la gestion du peuplement… Dans
ce contexte, améliorer la gestion du quartier de façon
significative est indispensable. C’est une condition sine
qua non à l’implication des habitants. Le non respect
de cette condition explique l’essoufflement de démarches
qui sont lancées indépendamment de toute amélioration
concrète et visible de la propreté ou de la tranquillité
du quartier.
Pour autant, les sites qui appuient leur dispositif d’implication
sur de réelles avancées en matière de gestion
de proximité peuvent aussi avoir des conceptions divergentes.
Pour certains, un aménagement et une gestion de qualité
sont suffisants pour améliorer le fonctionnement des
unités résidentielles. La concertation est alors
centrée sur les aménagements et la gestion des
espaces. L’apport des habitants est conçu sous
l’angle d’une expertise d’usage. C’est
notamment le cas lorsqu’il n’y a pas de visée
politique qui sous-tend la concertation, ou lorsque les bailleurs
sociaux deviennent les principaux, voir les seuls interlocuteurs
des habitants. Cette option a plusieurs limites. D’une
part, il n’est pas évident que la concertation
avec les usagers aboutisse de façon mécanique
à un projet de meilleure qualité. Les évaluations
montrent la complexité et la multiplicité des
facteurs qui influent sur la perception de la qualité
dans l’habitat. D’autre part, elle enferme l’habitant
dans son rôle de locataire et la concertation dans un
dispositif technique, visant principalement à optimiser
les choix d’aménagement dans les espaces résidentiels.
Elle opère donc une coupure entre la sphère du
résidentiel et la sphère de l’espace public,
alors même que les deux sont intimement liés. Les
tensions ou dégradations dans l’un des espaces
ont nécessairement des répercussions sur l’autre
type d’espace.
Définir des règles communes
Pour d’autres, réaménagement et gestion
doivent s’accompagner d’un travail sur la régulation
des relations et sur l’appropriation des espaces collectifs.
Des réseaux d’habitants ressource et des chartes
de bon voisinage à l’échelle des unités
résidentielles sont par exemple mis en place. Ces chartes
ont pour objectif de définir des règles collectives
d’usage et de gestion des espaces partagés. Elles
ouvrent un dialogue sur les manières de vivre ensemble
et de régler des différents. L’élaboration
d’une charte, lorsqu’elle s’inscrit dans un
processus de travail pérenne, peut contribuer au renforcement
de la confiance des habitants dans leurs propres capacités
d’initiatives et dans celles des institutions. Dans un
site, la qualité des espaces résidentiels et publics,
l’amélioration de la gestion et l’ouverture
d’un dialogue a transformé en adhésion l’opposition
initiale des habitants vis-à-vis de l’option de
mise à disposition d’espaces partagés. D’un
site à l’autre, des différences existent
pourtant dans le poids donné aux institutions dans la
régulation des relations sociales : certains mettent
davantage l’accent sur la responsabilité individuelle
des habitants (les problèmes seraient d’abord dus
aux comportements des habitants qui ne respecteraient pas les
règles du vivre ensemble). D’autres donnent un
poids plus important aux institutions (les problèmes
ont d’abord pour cause des défaillances d’organisation,
de savoir-faire ou de légitimité des acteurs de
proximité). Ces deux conceptions vont conduire à
privilégier des interventions différentes (et
parfois complémentaires), dans le premier cas, par exemple,
l’appui sur des habitants ressource jouant un rôle
de médiateur, dans le second cas l’appui sur des
acteurs socio-éducatifs (travailleurs sociaux, éducateurs,
médiateurs, enseignants, police de proximité…).
Dans quelques sites, enfin, la concertation s’inscrit
aussi dans une visée politique. Face aux difficultés
de recrutement des amicales de locataires et au faible engagement
politique des habitants, la concertation sur la gestion du quartier
est conçue comme une opportunité pour amener les
habitants à s’investir dans la vie publique. Les
questions abordées dépassent alors le cadre de
la proximité ou, plus exactement, les problèmes
quotidiens de gestion sont utilisés pour débattre
des choix politiques. La gestion urbaine peut alors fonctionner
comme un support à la démocratie participative
et à la décentralisation de la gestion de la collectivité
locale. Pour les élus, l’enjeu est de donner aux
habitants les moyens d’analyser les dynamiques du quartier
en lien avec celles des échelons territoriaux de plus
grande taille. Il est aussi de leur donner les moyens d’avoir
individuellement et collectivement prise sur les décisions.
Des villes comme Grenoble dans les années 60 ou Nantes
au milieu des années 90 ont expérimenté
des démarches de ce type. Les élus engagés
dans les projets de rénovation urbaine ont-ils aujourd’hui
la capacité de soutenir durablement ces démarches
? Brigitte Guigou
1 La résidentialisation se traduit par la création
d’unités résidentielles dont les limites
avec l’espace public sont matérialisées,
et qui regroupent un ensemble de logements autour d’espaces
collectifs et des services à l’habitat.
2 Cet article s’appuie sur les travaux menés depuis
plusieurs années par l’Iaurif sur la gestion urbaine
de proximité. Pour en savoir plus : Fiches repères
pour la rénovation urbaine. Les démarches de gestion
urbaine de proximité, Anru, 2006, et Vers des projets
de rénovation urbaine pérennes ? L’apport
des démarches de gestion urbaine de proximité,
note rapide n° 421, décembre 2006, Iaurif.
À lire aussi : " Les incertitudes de la résidentialisation.
Transformation des espaces et régulation des usages ",
dans La société des voisins. Partager un habitat
collectif, sous la direction de Bernard Haumont et Alain Morel,
Maison des sciences de l’homme, 2005.
Paris - Porte Saint-Denis
Paradis. L’utilisation citoyenne des SIG se heurte au
problème de l’accès aux données.
Passé cet obstacle, les SIG permettent de donner corps
et de renforcer les propositions émanant des structures
participatives.
" Un exemplaire papier du plan parcellaire de Paris et
une boîte de crayons de couleur : voilà ce que
la mairie de Paris a donné aux conseils de quartier dans
le cadre de la concertation pour le renouvellement de son Plan
local d’urbanisme ", rappelle amusé René
Perier, membre de l’équipe d’animation du
conseil de quartier Porte Saint-Denis Paradis, situé
dans le 10e arrondissement parisien. Pour donner corps à
leurs propositions, les membres de ce conseil de quartier avaient
en effet envisagé d’utiliser les potentialités
des SIG. Mais, en tant que structure de participation, ils se
sont heurtés à l’obstacle de l’accès
aux données. La demande du conseil de quartier auprès
de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) de disposer
des données numériques n’a pas été
relayée par la mairie du 10e arrondissement. " L’Apur
était pourtant tout disposé à mettre à
disposition les informations ", relève René
Perier. " Cet exemple illustre un phénomène
assez général : les services ont du mal à
passer à une gestion de l’information à
l’aide de bases de données. Et lorsqu’ils
franchissent le cap, il leur est difficile de partager cette
information. Les services publics sont ainsi très souvent
réticents à mettre les données à
disposition. " L’utilisation citoyenne des SIG se
heurte aussi à l’impossibilité d’accéder
aux fonds de cartes numériques, (licences d’utilisation
des producteurs comme l’IGN) et au caractère onéreux
des logiciels informatiques (SIG) qui allient gestion de bases
de données et gestion de la cartographie. " Les
SIG n’ont d’intérêt qu’à
condition que les données et les produits finis soient
accessibles et échangeables ", insiste René
Perier. Car cet ancien expert géomètre et urbaniste,
aujourd’hui consultant, croit en la vertu des cartes et
de l’information géographique comme outil d’aide
à l’élaboration de projets. " Nous
avons besoin de la cartographie pour avoir un vrai débat
public. Elle permet de donner corps aux propositions citoyennes.
Les SIG sont des outils qui peuvent faciliter et renforcer le
dialogue et les complémentarités des conseils
de quartier et des structures participatives avec les services
techniques. "
Scanner les cartes
Le conseil de quartier, déterminé à aller
au bout de son ambition cartographique, a malgré tout
réussi, grâce à une bonne connaissance des
procédés teintée de débrouillardise
et d’une forte dose de mobilisation, à utiliser
les SIG, et à fournir cartes et plans numériques
pour présenter ses propositions, notamment dans le cadre
du Plu. " Pour le Plu, nous n’avons pas pu avoir
accès à une cartographie numérique et nous
avons dû scanner l’exemplaire papier qui nous a
été donné. Par ailleurs, nous avons pu
obtenir par nos propres moyens une photographie aérienne.
Nous avons en fait décliné localement l’excellent
travail d’analyse urbaine réalisé par l’Apur
au niveau de Paris." Le 10e arrondissement parisien compte
plus de 90 000 habitants et six conseils de quartier. Le conseil
de quartier Porte Saint-Denis Paradis dispose d’une équipe
d’animation " élargie " de dix-sept membres.
Pour le Plu, le conseil de quartier a lancé un appel
à participation. Près d’une cinquantaine
de personnes ont mené, par groupe de deux ou trois, des
enquêtes sur les dix-neuf îlots du quartier. Les
informations ont été classées par thème
et par îlot puis retranscrites en propositions sous forme
de cartes et de plans à l’aide d’un logiciel
de SIG. Le conseil de quartier a ainsi pu produire un plan numérique
simplifié du parcellaire et y affecter de l’information
sous forme de couches de données relatives à la
nature du bâti, aux espaces verts, cheminements doux,
parkings…, et le SIG leur a permis de croiser les données
et de produire des cartes thématiques en utilisant des
couleurs mettant par exemple en évidence la nature des
parcelles : blanc pour une co-propriété privée,
jaune pour une mono-propriété institutionnelle,
rouge pour une propriété publique. " Lorsqu’il
s’est agi de formuler des propositions dans le cadre du
Plu en matière de logements sociaux, cela nous a permis
de mettre rapidement en évidence les mono-propriétés,
les plus adaptées pour ce type de construction. Nous
souhaitions attirer l’attention sur la nécessaire
vigilance à assurer sur la mutabilité des quartiers
: il nous a été possible de croiser clairement
le type de propriété de la parcelle et sa qualité
", constate René Perier. Autre exemple : le conseil
de quartier a mis en place un " groupe verdir ". Composé
d’une dizaine de personnes, il planche sur un programme
de végétalisation du quartier et a formalisé
sur un plan les opérations de végétalisation
imaginables : à chaque objet (jardinière, etc.)
est affecté un symbole et chaque couleur correspond à
un projet d’aménagement. Tout un travail qui a
demandé un effort de synthèse des propositions
et de création de typologies mis à plat dans un
tableau synthétique réalisé en parallèle
à la cartographie.
Mobilisation des compétences
Preuve est faite que les compétences locales peuvent
être force de propositions partageables. Mais encore faut-il
savoir les mobiliser. " La compétence citoyenne
est éclatée. Sur les 15 000 habitants que compte
le quartier il y a plusieurs dizaines de cabinets d’architectes,
sans compter les paysagistes et les urbanistes ", constate
René Perier. L’Appel à idées lancé
par le conseil de quartier en mai 2006 pour le réaménagement
du cœur d’îlot Bonne nouvelle Échiquier
(Territoires n°471) a permis de recueillir quatorze proposions
dont la majorité ont été produites sous
format numérique. " La démocratie participative
trouve son intérêt lorsque les habitants qui ont
des compétences techniques trouvent des modalités
de diffusion de l’information qui puissent être
appréhendées par tous les habitants ", analyse
Xavier Boissarie, membre du conseil de quartier et développeur
d’applications 3D en temps réel. " La démocratisation
des données urbaines est moins liée à un
appauvrissement de ces données qui appelleraient à
être simplifiées qu’à un travail de
design sur la présentation de l’information. "
Du wiki appliqué aux SIG...
Traduire des systèmes de données urbaines complexes
en images partageables par tous, c’est ce que Xavier Boissarie,
fraîchement initié aux SIG, a essayé de
faire avec les membres du conseil de quartier en pensant le
site Parole publique, interactif et participatif, facile à
manipuler, offrant la possibilité pour les habitants
d’entrer eux- mêmes des données. " Il
n’existe pas encore de SIG participatifs permettant de
faire de la concertation en temps réel avec entrée
immédiate des données, du Wiki appliqué
aux SIG en quelque sorte. Mettre de tels outils entre les mains
des habitants permettrait d’aller plus loin dans la démocratie
participative ", estime Xavier Boissarie. Par manque de
moyens humains et financiers, le site Parole publique n’a
pu être développé. " Ce serait un atout
considérable si les compétences des professionnels
du quartier, associées aux compétences d’usage
des habitants et usagers du quartier, pouvaient être mises
à contribution en appui au travail des services techniques
et à celui des élus ", espère René
Perier. Mais ceux-ci ont encore du mal à admettre qu’il
existe une compétence des habitants. Le discours des
élus tombe encore très souvent dans le registre
du " pourquoi donner de tels outils aux habitants ? ",
ou du " c’est trop compliqué pour eux "…
Le tout teinté d’une certaine méfiance :
" Ils vont trop loin dans ce qu’on leur a demandé
dans le cadre du Plu. " " La mairie est d’accord
pour consulter les conseils de quartier, mais ne va pas jusqu’au
bout de la logique ", estime René Perier. "
Elle est un intermédiaire, et c’est normal, car
il est difficile pour les services centraux d’auditionner
l’ensemble des acteurs. Mais il aurait été
souhaitable que la ville ménage, en plus des séances
publiques d’information, des temps de dialogue et de travail
entre les conseils de quartier et les agents municipaux missionnés
pour le Plu. Nous avons ici, à tort, fait preuve de discipline,
et décidé de ne pas contourner la mairie d’arrondissement
. Mais dans le cadre de la concertation sur le Plan climat,
nous sommes déterminés à aller voir directement
la mission Plan climat ", ajoute René Perier, convaincu
que le rôle d’un conseil de quartier ou de toute
autre instance de démocratie participative n’est
pas seulement de permettre de recueillir l’avis des habitants
mais de faire en sorte qu’ils participent à la
préparation voire à la prise de décision.
" La démocratie participative c’est de la
mobilisation de compétences, elle doit permettre un apport
de données complémentaires aux données
publiques. Dans ce cas, les SIG prennent tout leur sens, car
ils sont indissociables de l’idée de mobilisation
de compétence." Sabrina
Costanzo