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Territoires n°471 - octobre 2006

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  Journal de Territoires
n°471 - octobre
2006


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Dossier de Territoires
n°471 - octobre 2006


Initiatives citoyennes en Bourgogne

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Dossier de Territoires n° 471 - octobre 2006
 
> LE SOMMAIRE
 
Territoires culturels
 
Squat des Tanneries
Une zone d’autonomie… qui dure
Aline Chambras, journaliste
 
Cinoche en péril
Aline Chambras
 
Théâtr’éprouvète
Artistes territoriaux patatoïdes
Sabrina Costanzo, journaliste
 
Territoires solidaires
 
Zutique production
À l’unisson des quartiers
Sabrina Costanzo
 
Apprendre l’écoute des usagers
Sabrina Costanzo
 
Coopération décentralisée
Former les associations
Sabrina Costanzo
 
Territoires politiques
 
Quetigny
Du village rebelle à la ville laboratoire
Hervé Vouillot, ancien maire de Quetigny
 
Auxerre
Des jardins pour s’approprier son quartier
Sabrina Costanzo
 
Montsauche les Settons
Les sillons de la participation
Sabrina Costanzo
 
Territoires politiques
 
La paille et le bois au service du nucléaire
Sabrina Costanzo
 
Écodomaine des Gilats
Labo écolo
Aline Chambras
 
Aménagement du territoire
La bourgogne vue du ciel
Mohamed Hilal, géographe
 
Montsauche les Settons
Les sillons de la participation
Sabrina Costanzo
 
Parlons droit
Le nouveau code des marchés publics
Raphaëlle Cadet, avocate
 
Pour aller plus loin : Où débattre en bourgogne ?
Glossaire
 
Conférences
 
Du savoir d’usage au métier de citoyen ?
Yves Sintomer
 
> L'ARTICLE DU MOIS
 
Montsauche les Settons
Les sillons de la participation
Sabrina Costanzo
 
Grâce au comité de territoire des Grands lacs du Morvan, le canton de Montsauche les Settons dispose d’un projet d’animation de son territoire et expérimente la concertation entre acteurs locaux.

Un territoire vierge d’industries, des champs vallonnés à perte de vue avec des vaches qui paissent paisiblement… mais sans s’adonner à leur supposé passe-temps favori : regarder passer les trains. Car, ici, au cœur du Morvan, le train s’arrête à Montbard. Et pour rejoindre Saulieu, puis les communes jouxtant le lac des Settons, les routes sinueuses constituent le passage obligatoire. Le manque d’axes de communication est un des principaux soucis du canton de Montsauche les Settons, territoire classé zone montagne. Ses 3 700 habitants et une densité comprise entre onze et treize habitants au km2 révèlent une autre difficulté, celle de répondre au plus près aux besoins de la population. Les morvandiaux de souche sont aussi, pour la plupart, peu enclins à participer à l’animation de leur territoire, car encore très ancrés dans leurs traditions, un trait renforcé par l’habitat majoritairement composé de fermes isolées et de petites bourgades. " On a du mal à faire participer la population ", constate Sylvie Marmiez, animatrice du centre social. " Ils ont tendance à dire qu’ils ne sont pas concernés. Un des enjeux du projet de territoire est de les convaincre du contraire. " Une population à l’âme d’autant moins participative qu’elle n’a jamais vraiment été incitée à le faire par ses élus. L’esprit de François Mitterrand, maire de Château-Chinon et conseiller général du canton de Montsauche les Settons, soucieux de préserver l’authenticité du Morvan et dont la culture politique allait plus à la centralisation du pouvoir qu’à son partage, guide encore beaucoup d’édiles locaux. L’action du comité de territoire du canton de Montsauche les Settons, association qui œuvre à dynamiser le territoire en favorisant la participation et qui a mis en place, en 2004, un projet de territoire essaie d’aller, non sans difficultés, à contre-courant des coutumes locales.

Aller à l’encontre de l’esprit de clocher

Le comité de territoire est né en 2003 d’une scission. En 2001, la communauté de communes du Haut Morvan, qui réunit deux cantons, Montsauche les Settons et Château-Chinon, se lance dans la rédaction d’un projet de développement dans le cadre d’une convention passée avec le conseil général, suite à la loi Voynet de 1999 sur les pays. Un comité de territoire est créé à cet effet, composé d’élus des deux cantons et de représentants de la société civile. Mais une fois le projet finalisé, des voies se prononcent pour sa dissolution. Les représentants du canton de Montsauche les Settons et de la société civile s’y opposent et font perdurer le comité de territoire, dont ils recentrent l’activité sur leur canton. En parallèle, les élus entament une réflexion sur l’opportunité de créer une nouvelle communauté de communes. La communauté de commune des Grands lacs du Morvan voit ainsi le jour en 2004. " Avec l’ancienne communauté de communes, les méthodes de travail étaient plutôt à l’heure de la centralisation autour de Château-Chinon. La communauté de communes des Grands lacs est jeune et les élus ont encore l’esprit de clocher. Même si l’intérêt collectif est perçu, il n’est pas porté dans les faits ", explique Jean-Claude Lamalle, président du comité de territoire.

Brain storming géant

Le comité est une sorte de laboratoire informel d’initiation à la concertation entre élus et à la participation de la population. En 2003, il reprend le projet de territoire, défini à l’origine pour les deux cantons mais qui n’a jamais pris effet, et le recentre sur Montsauche les Settons. L’état des lieux, photographie économique et sociale du territoire en 2003, est réactualisé à l’aide de cinq commissions thématiques : logement, santé et personnes âgées ; culture, sports et loisirs ; développement économique et touristique ; agriculture, environnement et aménagement de l’espace ; enfance, jeunesse et formation. Au total, les commissions ont rassemblé près de deux cents personnes, élus et acteurs du territoire, qui ont travaillé pendant douze à dix-huit mois. " Ici, on n’est pas habitués au travail en commun, qui plus est entre élus et habitants. Le comité permet aux élus de travailler ensemble hors des structures officielles. Il s’est défini comme une interface. C’est une initiative de vie politique partagée ", explique Jean-Claude Lamalle. Afin de déterminer les enjeux de développement du territoire, chaque commission a fait émerger ses priorités. " Après un brain storming géant croisant les priorités de chaque thématique, le retour sur terre s’est fait naturellement. Les participants ont vite ressenti les besoins immédiats et pris conscience des priorités transversales ", se souvient Marie-Line Sallat, agent de développement. Parmi les priorités déterminées par les commissions, on trouve la nécessité de favoriser l’accueil des nouvelles populations et d’améliorer les conditions de résidence ; de rendre plus accessibles les services à la population et d’adapter leur offre aux besoins de la population ; de soutenir le développement économique à travers la valorisation des ressources locales.

" Sans le relationnel, les projets capotent "

Les priorités ont ensuite été hiérarchisées et certaines ont fait l’objet d’actions prioritaires. Le tourisme a ainsi été au centre des attentions. Deux sites doivent être aménagés pour favoriser l’accueil des visiteurs : la cascade du saut de Gouloux et la presqu’île de Blaizy. Miser sur le tourisme comme axe de développement sur un territoire à dominante agricole peut être pertinent économiquement mais difficile à faire accepter socialement, comme le remarque Stéphane Loubatier, président du club omnisport des grands lacs du Morvan : " Le loisir est parfois ressenti ici comme négatif : la culture paysanne est contre le temps de loisir. " De nouveaux services ont été proposés à la population. Mais Marie-Line Sallat constate que " si le portage des repas et les transports collectifs à la demande appartiennent aux besoins exprimés, ils fonctionnent en fait assez peu ". Le portage de repas à domicile, action impulsée par le comité de territoire et le centre social, s’adresse plus particulièrement aux personnes âgées. " Mis en place alors qu’il n’existait aucun service de ce type, il est aujourd’hui en concurrence avec un prestataire privé qui travaille sur la communauté de communes voisine. Or, les gens se tournent d’avantage vers lui, parce qu’il achemine des repas chauds, ce que nous ne pouvons faire pour des soucis réglementaires ", explique, non sans rancœur, Jean-Claude Lamalle, qui pose la question de la viabilité financière du service. " Mais il a quand même permis d’éviter la fermeture de la classe unique de l’école de Saint-Brisson et Gouloux, en faisant office de cantine. " " On arrive à monter des projet mais, le plus difficile, c’est de faire vivre la réalisation ", constate Stéphane Loubatier. " Ici, l’aspect relationnel est primordial. Il faut être aux côtés de la population et ne pas lui donner l’impression de lui imposer les choses. Sans le relationnel, les meilleurs projets peuvent capoter. "

Re-motiver la population sur le projet


La phase de concrétisation des actions s’est accompagnée d’une diminution de la participation. " Contrairement à l’état des lieux et à la définition des enjeux, la phase de réalisation est technique et comporte des lourdeurs administratives. Autant de délais et de contraintes difficiles à assumer pour tout un chacun. On peut aussi mettre ça sur le compte d’un déficit de communication. L’enjeu du second projet de territoire sera notamment de communiquer de façon plus lisible sur ce qui se passe ", explique le président du comité de territoire. Un constat qui s’inscrit dans la phase d’évaluation entamée depuis juillet par le bureau du comité, dans l’optique d’un renouvellement de la contractualisation avec le conseil général en avril 2007. " Nous comptons profiter de cette nouvelle phase pour re-motiver la population et la faire participer à la réflexion sur le nouveau projet ", explique Marie-Line Sallat. Confortée par Jean-Claude Lamalle qui ajoute : " Nous voulons réaliser une synergie entre les différents acteurs du territoire pour qu’ils se sentent partie prenante du projet collectif. " Un souhait qui, ici plus qu’ailleurs, ressemble à un défi. Sabrina Costanzo

Comité de territoire des Grands lacs du Morvan
03 86 84 57 40
 
> POUR ALLER PLUS LOIN : Où débattre en bourgogne
 

Cafés-débats, cafés littéraires, cafés philos, cafés citoyens……

Le Capricorne
5 rue St Germain – Auxerre, 03 86 46 90 09
Café littéraire tous les deux mois.

Le Maison Fort
10 rue Fourier – Auxerre, 03 86 52 91 58
Café-débat-philo tous les deux mois,
généralement le vendredi (20h - 22h30).

Librairie Le Cyprès
17 rue Pont Cizeau – Nevers, 03 86 57 53 36
Réunions ouvertes du groupe philosophique Skole tous les deuxièmes vendredi du mois (19h - 21h). Thème pour 2006 / 2007 : le temps.

Maison de la culture de Nevers et de la Nièvre (MCNN)
2, bd Pierre de Coubertin – Nevers,
Érick Seinandre : 03 86 93 09 09
Bar des sciences et société de la Nièvre, une fois par trimestre, au restaurant Acte II scène IV.
Les débats se font autour d’un conférencier, un pot est offert à la fin, l’accès est libre et gratuit.

Bar Perrusset
99 Grande Rue – La Coupée, Charnay-les-Mâcon Michel Simier : 03 85 34 88 27
Bistrot citoyen tous les deux mois.

Librairie le Cadran Lunaire
27 rue Franche – Mâcon, 03 85 38 85 27
" La comète a rendez-vous avec la lune " :
tous les 3e vendredi du mois (18h30 - 19h30),
un comédien du Théâtre sur la comète lit des extraits du livre coup de cœur du libraire.
La lecture est suivi d’un débat.

Association La Buissonnière
120 rue St Antoine – Mâcon, 03 85 38 93 64
Cafés-rencontres trois à quatre fois par an dans cette association d’éducation populaire.

MJC Chenôve - la maison du citoyen
7, rue de longvic – Chenôve
Bistrots philosophiques une fois par mois,
souvent le vendredi (20h), entrée libre et gratuite.

O Kil
1, rue Auguste Perdrix – Dijon, 03 80 30 02 48
Tous les mardis, café polyglotte à partir de 19h30 : débats sur un thème, par " table de langue " (anglais, espagnol, allemand, japonais, français, selon les volontés des participants)…

Brasserie Au Bureau
22 avenue du Maréchal Foch – Dijon,
03 80 43 58 33
Tous les 1er mardis du mois, 20h30 - 22h30 : le Bar des sciences, discussion avec des " spécialistes " (pensez à réserver, c’est presque toujours plein).

Le Nid du Geai
11 grande rue, La Borde – St-Martin-sur-Oreuse (proche Sens), 03 86 97 69 45
Café philo un dimanche après-midi par mois, avec buffet sucré (entrée 5 euros).

L’Argentic café
14 place de l’hôtel de ville – Chalon-sur-Saône,
03 85 94 06 11, www.argentic-cafe.com
Un café touche à tout à la programmation ambitieuse : huit cafés-débats par an avec l’université pour tous de Bourgogne (deux cafés-philo, deux cafés-citoyens, deux cafés-scientifiques, deux cafés-littéraires), un débat par trimestre avec un ou des photographe(s) exposé(s) sur le lieu, enfin un atelier nutrition par trimestre, avec recette faite en commun puis débat avec un médecin nutritionniste. Plus quelques dîners lectures au cours de l’année…

 
Journal de TERRITOIRES n° 471 - octobre 2006
 
> L'ARTICLE DU MOIS
 
Les désastreuses conséquences de la privatisation du rail malien
Par Aline Chambras, journaliste
 
Depuis la privatisation du chemin de fer malien en 2003, certaines
régions rurales se retrouvent complètement enclavées, sans espoir de développement.


Avec la vente de la Régie du chemin de fer du Mali (RCFM) à un consortium franco-canadien (Canac-Getma), le 1er octobre 2003, les deux tiers des gares, soit vingt-six sur trente-six, jalonnant l’unique ligne de chemin de fer, ont été fermées. L’actuel président de Transrail (nom donné à la nouvelle compagnie du rail), contacté par la rédaction, a préféré ne pas s’exprimer. Pourtant, en 2004, le directeur général de l’époque de Transrail SA, Daniel Masse, expliquait dans le journal malien L’Essor (20 septembre 2004) : " Ces petites gares engendraient plus de charges que de recettes. " Un argument financier qui a malheureusement mis à mal toute l’organisation économique, sociale et culturelle des bourgades situées le long de la ligne et au-delà, notamment dans la province de Kayes, très isolée. En effet, de nombreux habitants (et plus spécialement les femmes et les jeunes) des villes riveraines des rails vivaient de la vente, via le train, des produits locaux. Notons que le Mali, qui compte parmi les pays les plus pauvres de la planète, connaît de gros problèmes de transport dus au très mauvais état de ses routes, quand elles existent, et à des voies de communication principalement constituées de sentiers, pistes et autres chemins. De plus, sans frontière maritime, le Mali est dépendant de son voisin, le Sénégal, pour ses échanges par bateau avec l’international. La ligne de chemin de fer reliant Dakar, au Sénégal, à Koulikoro, sur le fleuve Niger au Mali, construite en 1904 (pour satisfaire l’économie coloniale), longue de 1228 kilomètres était donc très vite apparue, à la décolonisation, comme le mode de communication et d’échanges le plus performant.

Quand le train ne siffle plus…

Dans les localités situées sur le tracé du chemin de fer, une véritable économie, rythmée par l’arrivée et le départ des trains, s’était mise en place, permettant à de nombreuses familles de survivre. Le micro-crédit commençait même à se développer. C’est ce qu’explique dans L’Essor une habitante de Badinko, localité de cinq mille habitants, à quinze kilomètres de Bamako : " Je cueillais des jujubes et je les vendais aux passagers du train durant leur halte. Avec l’argent gagné, je pouvais acheter à manger pour ma famille et même faire quelques économies en vue d’acheter une brebis ou une génisse. " Mais, avec la fermeture de la gare de Badinko, comme de celle de Golumbo, Kouliboro, Tienfala, Sébécoro, etc., l’espoir de mener à bien ces projets de développement a été anéanti. Et ces bourgades, destituées de leur gare, font aujourd’hui figure de villes mortes. Ainsi, à Sébécoro, les fruits pourrissent dans les champs, faute d’acheteur.
À Fangala, ce sont les pêcheurs qui ne trouvent plus de client pour leurs poissons et nombre d’entre eux ont dû quitter leur village ou se reconvertir en bûcheron. Comble du paradoxe : malgré ce genre de surproduction locale, ces villes manquent cruellement de produits de première nécessité habituellement acheminés par le train. Quant aux adeptes des petits boulots nés avec l’arrivée du train – porteurs, pousseurs de pousse-pousse, vendeurs d’eau fraîche, etc. –, ils figurent eux aussi dans la longue liste des dommages collatéraux de la privatisation. Tout comme la multiplication des malades décédés sans avoir pu atteindre à temps un centre de santé ou des femmes mortes en couche, indique là encore à quel point les conséquences de la fermeture de ces petites gares sont désastreuses.

Neuf heures de marche

" On a créé la misère de toutes pièces et on nous vole notre espoir de voir nos conditions de vie s’améliorer ", s’indigne Tiécoura Traoré, cheminot à la RCFM, puis à Transrail, et président-fondateur du Collectif citoyen pour la reconstitution et le développement intégré du rail malien (Cocidirail), créé en 2003. Selon lui, " l’impératif du développement des zones rurales demandait un assouplissement des logiques purement commerciales ". Conscients de la dégradation de leur quotidien suite à la privatisation, de nombreux Maliens ont choisi d’intégrer le Cocidirail en créant des comités locaux dans les villes situées le long des rails. Une longue marche de protestation de neuf heures a également été organisée par le Collectif, le 27 mars dernier. Mais la direction de Transrail ne semble pas se préoccuper du mouvement de protestation. Elle s’est même offert le licenciement, sans prime ni indemnité, de Tiécoura Traoré, le 11 octobre 2004. (Déjà, en 2003, plus de six cents cheminots avaient été licenciés à la veille du transfert de la RFCM à Transrail). Enfin, et cela malgré l’obligation qui lui a été faite de maintenir le service voyageur, déficitaire, l’entreprise semble se concentrer exclusivement sur le transport de marchandises, qui a été multiplié par six depuis 2003. Une expansion faite au détriment du service voyageur, de moins en moins sûr : les accidents ferroviaires se multiplient (deux morts le 18 février 2006, trois morts le mois suivant). Quant à la sécurité horaire, elle n’est plus du tout assurée : pour rallier Kayes à Bamako (soit cinq cents kilomètres), il faut souvent prévoir vingt-quatre heures ! Autant dire que certaines zones du Mali sont devenues quasi inaccessibles. Aline Chambras / www.cocidirail.infos