le second séminaire national
" politiques locales de la jeunesse"
organisé par l'Adels et l'INjep
De la jeunesse comme problème
à la jeunesse comme ressource :
postures, politiques et pratiques d'acteurs
Élus locaux, militant associatif, animateur,
responsable de service, en responsabilité ou impliqué
dans le domaine de la jeunesse... participent à un séminaire
de réflexion et de mutualisation des expériences
qui s'est ouvert le 15 juin et se tiendra durant l'année
2006 sur 6 séances à raison d'une journée
par mois.Les modalités techniques
et le contenu du séminaire sont pour une part élaborés
par les participants eux-mêmes, autour de la proposition
initiale présentée ci-dessous.
Pour tout renseignement contactez à
l'Adels Jacques
Picard 01 43 55 40 05 et à l'Injep Bernard
Bier 01 39 17 27 59.
Jeunes partout, jeunes
nulle part
L’omniprésence des jeunes dans les discours des
acteurs locaux en même temps que leur totale absence dans
les conseils de quartier : voilà qui est confondant.
Publics cibles de mesures spécifiques, on évite
pourtant de les nommer. Et quand on parle d'eux, parle-t-on
des jeunes en général ou d'un groupe spécifique
? Ces errements mettent en lumière notre incapacité
collective à dire les fondements et les buts d’une
politique locale de la jeunesse inexistante.
C’est parce que l’Adels entend les acteurs locaux
regretter l’absence de jeunes dans les instances participatives
et les lieux où s’élaborent des projets
de territoires que l’association a décidé
d’ouvrir en partenariat avec l'INJEP, un séminaire
consacré aux politiques locales de la jeunesse. Il regroupera
bientôt élus, chefs de services, cadres bénévoles
ou salariés d’associations. Avec l’apport
de spécialistes qui éclaireront leurs questions
et leurs expériences, le groupe proposera un diagnostic
de cette présence / absence des jeunes dans la société,
la vie urbaine et rurale, les institutions et les associations
qui maillent les relations sociales. Est-ce ambitieux de leur
proposer d’essayer de nommer le conflit, pour peut-être
le dépasser et envisager des pistes d’action ?
Les récentes propositions gouvernementales visant à
assujettir les travailleurs sociaux et à les transformer
en auxiliaires de police montrent en tout cas qu’il y
a urgence. La non-politique crée des vides que ne tardent
pas à combler d’autres énergies, consacrées
au délitement du corps social, au renoncement à
co-produire de l’intelligence collective, quitte à
détruire brutalement ce que des professionnels ont patiemment
entrepris depuis que l’idée de prévention
prévaut sur celle de répression institutionnelle. Bernard Deljarrie,
président de l’Adels
Un enjeu essentiel pour l'action publique
La question de la jeunesse apparaît comme un enjeu essentiel
pour l'action publique, d'autant qu'on assiste aujourd'hui à
une aggravation de la fracture générationnelle,
renforcée par la "crise" dont les jeunes sont
particulièrement victimes. La tentation peut être
grande alors de voir se renforcer dans ce contexte une image
de la jeunesse comme danger.
Il apparaît à l'INJEP que sur fond de recompositions
territoriales et politiques, parallèlement au rôle
de l'Etat, c'est sur les territoires que peuvent se mettre en
place des dynamiques mobilisatrices où les acteurs expérimentent
d'autres manières de penser le développement des
territoires, non seulement en direction des jeunes mais avec
les jeunes – le rôle de ces derniers cessant d'être
celui de bénéficiaire ou d'usager : une place
légitime d'acteurs des politiques de jeunesse leur étant
reconnue.
Les professionnels comme les bénévoles sont confrontés
à des évolutions constantes et rapides d'identité
de métier qui modifient leur posture d'acteur. La mise
en place de moyens, d'outils théoriques et de démarches
méthodologiques appropriées devient nécessaire
à l'analyse du territoire et des publics, à la
conception des politiques de jeunesse.
Ces dynamiques ne peuvent prendre sens que si les élus
sont partie prenante voire ont un rôle moteur dans ces
évolutions.
C'est pourquoi il a semblé pertinent à l'INJEP,
parallèlement à ses autres formations ou interventions
(www.injep.fr), dans une logique de mobilisation des acteurs
et dans une logique participative, d'engager un partenariat
au travers de ce séminaire avec l'ADELS pour contribuer
à ces évolutions. Jean-Claude Richez
responsable de l'Unité de la Recherche, des Etudes
et de la Formation de l'INJEP
Fondements du séminaire
Des jeunes absents des lieux et des "offres de participation"
Les partenaires associatifs et institutionnels de l'Adels et
de l'INJEP - élus, fonctionnaires d'Etat ou territoriaux,
professionnels et bénévoles, animateurs d’instances
participatives de quartier et d’équipements de
proximité - sont nombreux à constater que les
jeunes sont absents de ces lieux et ne se retrouvent pas, en
général, dans les "offres de participation"
construites pour eux sur les différents champs des politiques
publiques locales.
De la stigmatisation à l'abandon
Les dysfonctionnements constatés, en termes de participation,
de dialogue, de vie sociale, de stigmatisation de la jeunesse
ou de certains groupes de cette jeunesse, outre les mal-être
et la crise profonde qu'ils révèlent, conduisent,
aujourd'hui, certains à théoriser l'idée
qu'une génération, pour la première fois,
a peur de ses enfants. En découlent parfois des choix
politiques, explicites ou implicites, qui confinent à
l'abandon volontaire de catégories de jeunes. L’inadaptation
des politiques publiques aux problématiques de la jeunesse,
parfois leur inexistence, sont avérées.
Un déficit de citoyenneté ?
Déficit de citoyenneté d'une partie de la population
? Manque de capacité à se projeter dans l'avenir,
dans la société, dans des projets communs ou collectifs
? Angoisse diffuse et représentations d'une jeunesse
qui génèrent aujourd'hui la peur voire "l'effroi",
mais dont les nouveaux modes de socialisation sont peu interrogés
?
Les jeunes : une ressource indispensable des territoires, à
mobiliser
Le simple examen des conditions dans lesquelles ces questions
émergent est déjà porteur de sens. Faut-il
retourner la question et chercher à comprendre en quoi
les jeunes sont une ressource indispensable pour nos territoires,
une ressource qu'il faut chercher à mobiliser ? En quoi,
lorsqu'on écoute attentivement la perception qu'ils ont
du territoire, peuvent-ils participer à son développement
?
Le séminaire "politiques
locales de la jeunesse" est basé sur un triple constat
* Un fond de souffrance et de désarroi des professionnels,
pris en étau entre règles professionnelles, commandes
institutionnelles et difficultés d'une maîtrise
du quotidien ;
* La nécessité de substituer aux approches en
termes d'ordre social qui orientent souvent de manière
univoque l'action publique en direction des jeunes, une approche
en termes d'accès à l'autonomie et de reconnaissance
dans les politiques locales de la jeunesse.
* Un fond peu analysé et peu accompagné de pratiques
nouvelles, mis en place en silence par les élus et professionnels
qui ne se résignent pas à la "dualisation",
la stigmatisation, voire la relégation d'une partie de
la jeunesse.
Les séminaires Conseils de quartier
Consultez le site dédié aux
conseils de quartiers, réalisé par la Ville
de Brest et l'Adels : >
www.conseils-quartiers.net
Depuis 2002, à la demande de villes construisant leur
dispositif Conseils de quartiers, l'Adels a animé un
séminaire de réflexion et d'échange.
Pour l'année 2002/2003, dix villes se sont réunies
pour partager leurs expériences : Angers, Bagnolet,
Blanquefort, Brest, Evry, Fougères, Lanester, Niort,
Rochefort, Tourcoing.
Pour l'année 2003/2004, ce sont 10 autres villes qui
se sont engagées : Bourgoin jallieu (Isère),
Bures Sur Yvette (Essonne), Chambéry (Savoie), Cherbourg-Octeville
(Manche), Dijon (Côte d'Or), Fontaine (Isère),
Pantin (Seine Saint-Denis), Poitiers (Vienne), Villeneuve
d'Ascsq (Nord), Villeurbanne (Rhône).
Forte de ces expériences, l'Adels a lancé un troisième
séminaire en septembre 2005. Pour tous renseignements,
contactez Jacques Picard au 01 43 55 40 05 ou par mél
adels@adels.org