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Une co-édition Adels/Yves Michel
 
 
Pour un nouvel urbanisme
La ville au coeur du développement durable
"Pour un nouvel urbanisme",
Hervé Vouillot, Denis Clerc, Claude Chalon et Gérard Magnin, Adels/Yves Michel, 215 pages, mars 2008
15 euros (+ 2,18 euros de frais de port)
     
 
" Montrez-moi votre ville, je vous dirai qui vous êtes ", pourrait dire l’urbaniste-devin. L’exercice serait aujourd’hui cruel pour notre société : nos villes sont dispendieuses, étalées, éclatées, irresponsables. Elles sont colonisatrices et féroces avec les campagnes qui les entourent, dangereuses pour l’air et l’eau qui les traversent et dures avec les personnes qui les habitent. Le constat n’est pas tout à fait nouveau, mais les enjeux se précipitent : l’urgence écologique générale et le réchauffement climatique en particulier accélèrent la mutation de notre société vers un développement durable. Mais comment espérer y arriver à l’échelle planétaire si chacune de nos villes continue sur sa lancée ? Les auteurs s’attellent dans cet ouvrage à renouveler l’urbanisme à l’aune de ces nouvelles exigences. Équité sociale, gestion responsable des terres et des transports, révolution du bâti, fin du mitage et des " champs de pavillons ", ré-invention d’une proximité fonctionnelle… Des villes d’Europe montrent la voie. Ce livre les met en avant, et donne des pistes concrètes d’action et de réflexion pour changer nos villes, ici, maintenant.

Denis Clerc est conseiller de la rédaction d’Alternatives économiques, mensuel
qu’il a fondé et longtemps dirigé.
Claude Chalon est économiste et géographe, co-fondateur et directeur du
bureau d'études ACEIF.
Gérard Magnin est délégué général d’Énergie-Cités.
Hervé Vouillot a été maire de Quetigny de 1984 à 2003 et vice-président de
la communauté d’agglomération dijonnaise jusqu’en 2005. Il est l’auteur de
La ville contre les grands ensembles (Adels, 2006).

 
Introduction
 
Il y a plus d’une trentaine d’années que la question de la raréfaction des énergies fossiles, notamment des hydrocarbures, est posée. Jusqu’ici, la découverte de nouvelles ressources a toujours permis de faire face à la montée de la demande. Depuis le début de ce siècle, ce n’est plus le cas. Certes, nous sommes loin encore d’avoir découvert, et encore moins épuisé, toutes les ressources envisageables. Mais nous savons désormais que les années du pétrole (et du gaz) sont comptées et que, face à un divorce croissant entre offre et demande, les prix des hydrocarbures seront irréversiblement orientés à la hausse, ne serait-ce que pour permettre d’exploiter les ressources les plus difficiles à atteindre. L’énergie de l’avenir sera donc chère, et de plus en plus.
Nous savons surtout, depuis un peu moins de temps, que le réchauffement climatique fait peser une menace vitale sur la planète. Jusqu’ici, le recul et la diversité des analyses faisaient défaut pour permettre d’en être certain. Aujourd’hui, l’affaire est entendue, et les débats tranchés. Le dernier rapport du groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en février 2007, et qu’aucun gouvernement, ni aucune institution scientifique n’ont osé contester, a rendu son verdict.
Nous allons vivre, désormais, au rythme des nouvelles qui nous donneront des précisions sur la cadence des phénomènes annoncés (recul des glaciers, montée des eaux, baisse de la biodiversité, etc.), sur l’ampleur et la rapidité de l’évolution (hausse des températures... ou avancées des vendanges !). Nous aurons tous les jours la confirmation de ce qui a été longtemps contesté mais qui, hélas, se révèle exact. Ces informations ne nous lâcheront plus : mieux vaut regarder la réalité en face, même si elle est dérangeante. Surtout si elle est dérangeante.
Il est donc inutile de s’épuiser sur la réalité des risques qui nous menacent. Il faut faire face à une seule question : comment s’en sortir ? Nous sommes dans la situation d’un malade à qui l’on vient d’annoncer, au terme d’examens multiples et concordants, le risque mortel dont il est atteint. Pour enrayer le mal, les médecins sont formels : on peut y arriver, mais il faut changer toutes les mauvaises habitudes et, en particulier, le mode de consommation.
Pour la planète, le diagnostic est à peu près le même, et le remède n’est guère différent. Il faut diviser par quatre les émissions de CO2 avant 2050 (la base de référence est 1990) et se préparer à vivre avec moins d’énergie et plus d’énergies renouvelables. Pas facile, mais possible, à condition de changer les comportements en profondeur... La politique est souvent l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. Désormais, le nécessaire est vital, donc incontournable.
Un vrai débat est ouvert au coeur de la politique. Aux enjeux classiques (comment produire ? comment redistribuer avec justice les richesses ?...), bien loin d’être épuisés, s’ajoute désormais une nouvelle question : comment vivre ensemble sans retourner à la bougie, sans prôner une décroissance aveugle, mais en étant très économe en énergie, qu’elle soit fossile ou renouvelable ?
Le débat ne fait que commencer. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements du choix de la stratégie la plus efficace. Certains pensent qu’on peut s’en tirer en fermant plus vite le robinet. D’autres proposent de taxer davantage les carburants. Demain, on inventera peut être les tickets de rationnement pour avoir le droit de prendre l’avion et on proposera un corps d’inspecteurs assermentés venant vérifier au domicile de chacun de nous la conformité de la température du logement à la dernière norme définie par le dernier décret... Les idées ne manqueront pas, bonnes ou mauvaises, réalistes ou fantaisistes, policières ou démocratiques. Mais le temps presse, et toute année perdue rendra plus difficile le remède qui devra être efficace, réaliste et accepté par nos concitoyens, car nous sommes en démocratie et la démocratie est la condition de la réussite.
Nous pensons que l’urbanisme est l’un des éléments de cette solution d’ensemble. Aujourd’hui, au terme de plusieurs décennies de gaspillage, il est une des causes importantes des excès énergétiques, donc du réchauffement climatique. Il peut devenir demain l’un des éléments importants d’une solution efficace, qui préserve et même enrichisse la vie en société pour tous : c’est tout le sens de ce livre. Ouvrons les yeux. Non seulement notre urbanisme n’a pas su offrir un toit à tous les citoyens mais, en gaspillant l’espace et en accentuant le besoin de déplacements, il est à l’origine d ’un accroissement redoutable des rejets de CO2.
Pourtant, nous pensons qu’il est possible de concilier le droit au logement et un urbanisme durable. C’est le défi qui nous attend et auquel nous voulons aujourd’hui apporter notre contribution.
L’urbanisme, ce mal aimé de la politique, peut devenir le pilier du développement durable. Pour cela, il faut déjà prendre la mesure de l’état de notre urbanisme contemporain. Nous reviendrons sur cinquante ans d’errances, dont le médiocre bilan montre qu’il devient urgent de changer de modèle. L’avenir se prépare aujourd’hui. Le réchauffement climatique et la fin du pétrole bon marché vont affecter profondément nos conditions et modes de vie. Comment assurer à nos concitoyens la mobilité, c’est-à-dire l’accessibilité aux fonctions de la ville, sans dépendre totalement de la voiture individuelle ?
Mais il n’y a pas de solution d’ensemble efficace sans réforme significative et un peu dérangeante. Un autre monde urbain est possible, mais il suppose de revoir quelques raisonnements, certains privilèges, des habitudes désuètes, parmi lesquels une vision conservatrice de la décentralisation, et un véritable engagement des élus pour maîtriser l’espace et bien orienter le marché. Les conclusions du Grenelle de l’Environnement1 marquent un premier pas dans cette direction, au moins en termes d’engagements. Ce premier pas, timide tant qu’il n’est pas concrétisé par des décisions et des moyens, doit donc être confirmé et amplifié. La fin de cet ouvrage nous invite à agir sans attendre et évoque les actions les plus significatives, en France et en Europe. Car les politiques ne sont pas partout en retard sur l’opinion publique !
Il n’y aura pas de grand soir de l’urbanisme. Chacun, là où il est, peut agir, penser et construire des villes pour tous, économes en énergie. Voilà peut être, sûrement, le nouveau défi et la nouvelle frontière des élus et des militants de la démocratie locale.
 
Sommaire
La ville contemporaine, histoire d’un échec
Les transformations de la ville
Les grands ensembles : un fiasco social
La politique de la maison individuelle : antithèse de l’urbanisme
La dilatation urbaine : le piège se referme
Loi SRU : une tentative avortée

L’urbanisme, passage obligé du développement durable
Une nouvelle donne
La responsabilité de l’urbanisme
Réviser notre approche énergétique
Territoire, énergie et urbanisme
De l’urbanisme à la ville durable
La nécessaire maîtrise du marché

Les pistes pour un renouveau
Les conditions d’un urbanisme durable
Propositions pour un urbanisme durable
Des exemples d’urbanisme durable

Grenelle de l’Environnement et urbanisme durable : un pas en avant à confirmer
Les avancées de Grenelle
Un Grenelle de l’urbanisme reste à faire

L’urbanisme pour susciter du bonheur