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Une co-édition Adels/Cêtre
 
 
La ville contre les grands ensembles
L'expérience de Quetigny :
d'une ville pionnière aux villes durables

"La ville contre les grands ensembles",
Hervé Vouillot, Adels, 155 pages
14 euros (port compris)
     
On en parle dans la pressse : Hervé Vouillot, observateur éclairé de l'urbanisme, article paru dans l'édition du 4 novembre du Bien public
 
Dire qu’il y a une crise du logement en France relève aujourd’hui de l’euphémisme : on estime que près d’un million de logements manquent à l’appel. Pire : c’est la ville entière qui est en crise. Ses banlieues se révoltent, pendant que les centres-villes se transforment en galeries commerciales géantes, délaissant les habitants. Ceux d’entre eux qui le peuvent participent à une course vers le pavillonnaire, grignotant toujours plus les espaces périurbains, et inscrivant l’urbanisme contemporain dans une non-durabilité hallucinante. à l’heure de la crise énergétique, nous fondons sans sourciller des villes tentaculaires, sans centre, sans densité, sans sens politique.
" Impossible de maîtriser le mouvement ", plaident certains élus locaux, qui savent pourtant, quand ils le souhaitent, faire barrage à la construction de logements sociaux sur le territoire de leur commune ! C’est ici que l’expérience de Quetigny, ville nouvelle autoconstruite de l’agglomération de Dijon, nous est utile : elle illustre que l’urbanisme peut se mettre au service d’un projet politique, et même d’un projet de société. Quetigny, le contre-exemple d’un urbanisme techniciste ou privatisé, nous montre comment penser la ville peut construire la ville.

L'auteur, Hervé Vouillot, né en 1943, originaire du Doubs, a fait ses études à Besançon et à Dijon. Licencié en Droit, agrégé en techniques économiques de gestion, il a occupé divers mandats politiques : conseiller général, conseiller régional, député. élu au conseil municipal de Quetigny en 1971, il en sera maire de 1984 à 2003. Vice-président de la communauté d’agglomération dijonnaise jusqu’en 2005, il est par ailleurs président fondateur de l’établissement public foncier local de Côte-d’Or.

 
Avant-propos
 
La question du logement reste pour beaucoup d’habitants de notre pays un problème majeur. Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis le premier appel de l’Abbé Pierre... Le pays s’est considérablement enrichi. Le pouvoir d’achat moyen par ménage a été multiplié par quatre, il a été construit davantage de logements qu’il n’en existait en 1954. Mais beaucoup reste à faire pour loger dignement l’ensemble des habitants.
Ce n’est pas seulement une question quantitative. C’est aussi une façon de concevoir l’urbanisme. Les grands ensembles, construits principalement dans les années 1960 et 1970, ont produit ce qu’il faut bien appeler un désastre : des milliers de logements entassés verticalement, dans le minimum d’assise au sol, pour économiser du terrain et des matériaux, ont engendré des cités sans vie, mais pas sans conflits. Aujourd’hui, avec l’habitat pavillonnaire, de nouveaux mirages sont proposés aux Français. La ville s’étend démesurément, dans des zones résidentielles composées de maisons toutes identiques, éloignées de tout : commerces, lieux de travail, transports urbains, équipements collectifs. Ce développement en tache d’huile n’est pas plus durable que la folie des grands ensembles, bien que ce soit pour d’autres raisons.
Fatalité ? Non pas, l’histoire de Quetigny nous le montre. En quatre décennies un petit village situé aux portes de Dijon, la capitale bourguignonne, est devenu une ville de 10 000 habitants. Cette explosion
démographique n’est évidemment pas une originalité : toutes les communes rurales situées en périphérie des villes ont connu une expansion similaire, souvent d’ailleurs d’une ampleur encore plus grande, au fur et à mesure que l’urbanisation progressait.
Mais la commune de Quetigny a mené, dans le domaine de l’urbanisme, une politique innovante et rigoureuse pour devenir une ville, et pas une zone résidentielle ou une banlieue. En 46 ans, des élections de 1959 à celles de 2001, huit équipes municipales se sont succédé. Elles ont été dirigées par Roger Rémond de 1959 à 1984, par moi-même de 1984 à 2003 et aujourd’hui par Michel Bachelard. Le trait commun de ces équipes municipales a été de faire preuve d’originalité et de détermination pour sortir des sentiers battus et innover.
Le 9 mars 1959, le conseil municipal de Quetigny, nouvellement élu, décide de rompre avec le passé et d’inventer sa propre voie vers le progrès. C’est un village rebelle qui refuse de se voir imposer les solutions imaginées depuis Dijon, la capitale régionale si proche et si puissante. Une poignée d’hommes autour de Roger Rémond vont révolutionner leur village et inventer un projet à contre-courant des idées de l’époque. Ils veulent faire de leur commune une vraie ville, le contre-modèle des grands ensembles qui se multiplient à l’époque partout. Cette ville " à la campagne " a même l’ambition de devenir une " ville pour tous ". Ce petit poucet prétend organiser seul son développement et parle " d’autogestion " et de " municipalisation des sols ". Et il imagine des solutions pour maîtriser le développement, la maîtrise du foncier, surmonter les difficultés initiales.
La décision du ministère de l’Agriculture d’installer un complexe d’enseignement agricole a beaucoup aidé, on le verra. Six ans plus tard, j’ai eu la chance de rejoindre l’aventure humaine et collective de la création de Quetigny. Le village rebelle de 1959 ne s’était pas assagi, ses capacités d’innovation n’étaient pas épuisées. Après avoir été une ville laboratoire en matière de développement, Quetigny va témoigner d’un dynamisme créateur en matière d’urbanisme, en matière sociale, et sur le plan environnemental.
Ce livre s’efforce de rapporter fidèlement les " choix fondateurs " de la ville, ses histoires urbaines, et ses innovations sociales. Une cinquantaine d’années après qu’a été donnée l’impulsion initiale, la preuve a été faite qu’il était possible de mêler harmonieusement habitat social et accession à la propriété, de concevoir des logements de qualité accessibles à tous, de mettre à la disposition des habitants des équipements collectifs conformes à leurs besoins et de faire vivre la cité aussi bien dans le domaine démocratique que dans le domaine économique. L’expérience de Quetigny n’a rien de miraculeux. Elle nous donne quelques clefs pour comprendre et agir. Dont d’autres communes, d’autres équipes municipales, d’autres citoyens décidés pourront s’inspirer.
Il ne s’agit pas, le lecteur l’aura deviné, de raconter l’histoire de Quetigny, mais d’utiliser cet exemple pour montrer que l’actuelle crise urbaine n’est pas une fatalité. Qu’il est possible de loger tout le monde dans des villes où il fait bon vivre.
Innover c’est souvent aller à contre-courant de l’opinion dominante et de la pensée unique. A Quetigny, l’innovation a fait bon ménage avec le suffrage universel. Quarante ans de continuité politique contredisent bien des idées reçues. Puisse ce livre donner de fortes raisons d’agir à tous ceux qui rejettent la démagogie ou le populisme comme principe d’action.
Ce livre évoque, pour finir, les problèmes actuels de l’urbanisme dans notre pays. 50 ans après le lancement des grands ensembles et surtout depuis la crise des banlieues de l’automne 2005, ceux-ci font l’objet d’un rejet unanime et sans appel. Faut-il pour autant tomber dans un autre extrême et recouvrir le territoire de pavillons à perte de vue ?
La crise du logement était une réalité en 1960. Aujourd’hui, elle s’est aggravée, alors même que la richesse par habitant a triplé et que les clefs de l’urbanisme ont été remises aux élus. Les maires et les élus du suffrage universel sont-ils sourds aux besoins de leurs concitoyens ? Le développement durable est aujourd’hui partie intégrante de notre vocabulaire, mais la crise de l’énergie s’aggrave chaque jour et notre urbanisme l’ignore superbement. L’urbanisme de l’après-pétrole reste à inventer.
Peut-on concilier le droit au logement et un vrai développement durable ? Ce n’est pas impossible. Cela dépend de nous... et de nous seuls. Il n’est pas trop tard, mais il n’y a plus de temps à perdre.

Hervé Vouillot
 
Sommaire
Préface

Avant propos


Un village se réveille aux portes de la ville
La révolution des campagnes
Quetigny en 1959
Un changement de génération
La révolution silencieuse

Les folles années de l’urbanisme
Toujours plus grand, toujours plus haut !
Le " succès " de Billardon
Un modèle qui se généralise
Les Zup, ou le triomphe de la pensée unique
La marche vers l’Est

Un village décide de devenir une ville
Le temps de la modernisation (1959-1961)
Le temps des interrogations...
et des opportunités (1961-1962)
Le tournant : de l’automne 1962 à juin 1963
Le temps des bâtisseurs (1964-1965)
Le projet politique des élus
Le projet d’urbanisme
Les trois cercles de la cité
Le défi financier

La municipalisation des sols
Un pari insensé
Au pied du mur : les propositions communales
Actualité des problèmes fonciers

La régie municipale, un outil pour maîtriser le développement
Garder les clefs de l’opération
Les règles du jeu de la régie municipale
Clarté et efficacité
Les atouts de la régie
Le pari gagné

À la rencontre des nouveaux habitants
Des ouvriers, des employés,...
et des intellectuels
Une ville insolite
La ville à la campagne
L’irruption de mai 68
La municipalité explique son projet
Une liste pour " l’autogestion municipale "

Les choix fondateurs de la ville
L’acte de naissance des espaces publics
Le choix de la couleur dans la ville
Accueillir Carrefour sans détruire la ville
Une ville pour tous
Un cœur pour la ville
Environnement : la jurisprudence Quetigny

Sept histoires urbaines
La première expropriation
Le premier " collège ouvert " du département
Une expérience d’habitat autogéré
Un parc à la place d’un boulevard
Solidarité avec l’humanitaire local
Le premier guichet unique de Côte d’Or
Les aînés au cœur de la ville

Lutter contre la ville à deux vitesses
Une paupérisation rampante du parc social
Le refus du déclin, ou l’opération Cap Vert

Maîtrise, solidarité, démocratie, écologie : des principes urbains

La maîtrise de l’aménagement
Un toit pour tous
L’emploi au cœur de l’équilibre social
Les équipements collectifs, piliers du lien social
La démocratie participative
Avec l’écologie, la ville globale

L’urbanisme de l’après pétrole

Des millions de logements nécessaires
Le malthusianisme des communes
Le grand défi
Le tout pavillonnaire
Pour d’autres modèles urbains

Conclusion :
Pour un nouvel urbanisme
145
Urbanisme et société 147
Urbanisme et économie 148
Urbanisme et politique 150