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la vie associative
 
Novembre 2011
Développer le pouvoir d'agir
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°522, novembre 2011
C’était stimulant de partager, dans le cadre d’une soirée débat organisée par l’Adels, l’énergie tranquille et méthodique de Gudjon Mar Gudjonsson. Cet Islandais, chef d’entreprise, qui avec quelques autres a organisé la production par 1 500 islandais d’un socle de valeurs communes afin de redonner un sens commun à cette communauté qui s’est retrouvée KO debout au lendemain de la crise financière. Cette démarche bénévole a ensuite été reproduite, à la demande du Gouvernement, afin d’élaborer les bases de la réécriture de la constitution. Pour un déjà vieux militant de l’éducation populaire, l’organisation de la réflexion collective en petits groupes utilisant des post-it n’est certes pas un choc, et le constat que ça produit avec des gens ordinaires des résultats de grande qualité non plus ; mais c’est toujours rafraîchissant de voir ses convictions mises en œuvre grandeur nature. La capacité citoyenne à réfléchir sur les enjeux, sur les grandes questions de la vie collective est très développée ; encore faut-il y faire appel et s’en servir ! Les Islandais sont 320 000, la taille d’une grosse agglomération. On pourrait rêver de projets de territoires qui se fondent sur une démarche similaire. C’était motivant également d’écouter Yann Le Bossé de l’université de Laval (Québec) et promoteur des démarches de développement du pouvoir d’agir, présenter, lors d’une rencontre du collectif « Pouvoir d’Agir », dont l’Adels fait partie, les invariants qu’il observe partout dans le monde qui font que les gens s’engagent et gagnent en pouvoir sur leurs vies, leur environnement et les décisions qui les concernent. Partir des questions telles que les gens se les posent, considérer les habitants comme des ressources, ne pas présupposer les réponses, il y a là des clés… si l’on veut s’en servir. L’Adels poursuivra dans les mois à venir ses soirées-débats, entre autres sur cette thématique liée au « pouvoir d’agir », qui constitue un des axes prometteurs de la relance de nos démarches de démocratie locale, et qui résonne fortement avec l’actualité des peuples pris dans la tourmente de l’horreur économique.. Pascal Aubert
 
Octobre 2011
Décentraliser par le bas, démocratiser pour de vrai !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°521, octobre 2011
Les élus ont voté contre la réforme territoriale, pourtant adoptée il y a maintenant neuf mois ! Les élections sénatoriales incorporent, certes, les défaites récurrentes de la droite aux élections locales depuis une dizaine d’années, mais la bascule s’est amplifiée de manière évidente en s’appuyant sur l’exaspération des élus locaux face à un État recentralisateur, niant la pertinence des patientes constructions négociées par les acteurs locaux, culpabilisateur, menaçant l’autonomie des collectivités et autoritaire dans la mise en œuvre de la réforme. Réunis mi septembre à Nancy par l’Unadel en partenariat avec l’Adels, les acteurs du développement local étaient bien inspirés d’appeler de leurs vœux un acte 3 de la décentralisation, qui devra revenir sur les aberrations les plus criantes, mais qui doit, surtout, se nourrir de la remise en marche d’expérimentations qui impulsent la décentralisation par le bas. Il devra réaffirmer les principes d’autonomie, de subsidiarité et de coopérationpour une nouvelle étape décentralisatrice. Nous porterons cette proposition au cours de la campagne électorale, avec nos partenaires.L’autre affirmation destinée à alimenter une relance de la décentralisation peut se résumer par l’impératif suivant : démocratiser pour de vrai ! La démocratisation de la vie locale a été le parent pauvre de ces trente dernières années et elle tend à s’affaiblir, même là où une volonté forte a tenté de la développer. C’est dans cette perspective que l’Adels est partenaire des premières rencontres des professionnels des collectivités territoriales engagés dans l’animation des démarches participatives, organisées par le conseil général du Val-de-Marne les 17 et 18 novembre 2011. C’est un enjeu déterminant que de sensibiliser, qualifier, former les acteurs qui garantissent au quotidien la qualité des démarches participatives. Il s’agit de démocratiser par le bas, en quelque sorte. Pascal Aubert

Retrouvez les comptes rendus de l’Université d’été du développement local sur : decentralisonsautrement.fr
Le programme des Rencontres nationales des professionnels de la démocratie participative : participons.cg94.fr
 
Septembre 2011
Vingt ans !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°520, septembre 2011
La vie d’une association, comme celle d’une famille ou d’une génération, est marquée par des faits qui, avec plus ou moins de bonheurs ou de difficultés, ponctuent pas à pas sa marche en avant. Regarder vingt ans en arrière – le morceau de vie que j’aurai vécu aux côtés des militants et des salariés de l’Adels – est un moment rare et un peu bouleversant. Quelle période extraordinaire ! Nous aurons vu les premiers pas de l’intercommunalité, des Pays et des conseils de développement, et avec eux la transformation du monde « agricole » en monde rural, innervé de projets qui, comme des tuyas sur les dunes, maintiennent la vie et la solidarité entre habitants. Considérez l’émergence des conseils de quartier et autres outils de concertation, de l’économie solidaire, l’arrivée aussi d’acteurs nouveaux bousculant le ronron des partis traditionnels : mouvement écologiste, femmes, citoyens en capacité de changer le rapport entre politique et société ! D’autres combats restent à mener : le droit de vote des résidents étrangers reste une promesse non tenue et ce n’est pas acceptable. L’Adels aura porté sa pierre à l’édifice. En témoigne l’évolution éditoriale de Territoires, la création de son secteur édition, l’évolution des secteurs formation et études pour accompagner élus, services et associations dans leurs pratiques de coopération locale, les Rencontres de la démocratie locale... De la chute du mur de Berlin au renouveau démocratique dans les pays méditerranéens en passant par la Nouvelle-Calédonie et le Mali, l’association aura été aussi présente dans la coopération internationale. Bon vent à l’Adels, pour les vingt prochaines années !
François Hannoyer

francois.hannoyer@adels.org

01 43 55 40 05
 
Juin 2011
Deauville sur le Nil
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°519, juin 2011
Réuni à Deauville, le G8 a consacré une partie de ses travaux à l’octroi d’une aide financière aux pays de la rive sud de la Méditerranée. S’en faisant l’écho, l’éditorial du Monde (27/05) notait : « Il y a fort à parier (…) que l’empathie et la sympathie vis-à-vis de la société civile, trop longtemps considérée comme quantité négligeable, restent un facteur marginal dans le grand jeu en cours entre la soif de réformes et la chape de plomb des conservatismes. » Au même moment, l’Adels participait au Caire à un colloque consacré à la décentralisation. Son intervention était sollicitée sur le thème de la place de la société civile dans la gouvernance. L’approche générale des différentes tables rondes est restée plutôt « descendante ». Vice-ministres et généraux - gouverneurs (l’équivalent de nos préfets) situent la problématique davantage sous l’angle de la déconcentration de l’État. De société civile il a été peu question, moins encore des conseils populaires locaux élus, comme acteurs du développement local. La notion est pourtant au cœur des préoccupations exprimées par le ministre dont c’est la charge. Il n’appartient à aucun observateur de porter un jugement, de quelque nature, sur l’instant historique que vivent les pays du monde arabe. Parler avec les membres des instances provisoires de l’évolution de la gouvernance incite les représentants des institutions françaises à la modestie. Les relations entre Paris et « le désert français », entre préfets et  collectivités locales, ne laissent-elles pas, le plus souvent, les acteurs du développement local et la société civile à l’écart des diagnostics et des décisions ? À Deauville comme sur les bords du Nil, pour la destination de fonds internationaux comme pour la réflexion sur la redistribution des compétences et des moyens, les gouvernants apprendront-ils à se décentrer dans la définition des nouveaux jeux d’acteurs que visent les réformes ? C’est la raison d’être de la gouvernance démocratique.
François Hannoyer

francois.hannoyer@adels.org

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Mai 2011
L’État en émoi
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°518, mai 2011
L’Adels et l’Unadel ont invité Ousmane Sy, artisan de la décentralisation au Mali, pour témoigner de cette aventure et débattre des actuels bouleversements à l’œuvre dans les relations entre l’État français, les collectivités et les acteurs locaux. Une approche décentrée apporte toujours un éclairage édifiant sur nos réalités institutionnelles. En l’occurrence, elles ne sont pas glorieuses. On s’en aperçoit en écoutant, par exemple, à l’occasion d’une formation, les conseillers d’éducation populaire et de jeunesse dans les départements, où la réforme générale des politiques publiques brinquebale et malmène, étouffe ou noie des cultures, des métiers, des pratiques d’administrations regroupées de façon autoritaire et recomposées de bric et de broc. Ce ne sont que déqualifications de cadres qui se voient attribuer par les préfets des tâches subalternes, empilements de missions sur des champs de plus en plus vastes et hétérogènes, injonctions contradictoires, opérations obligatoires mais non financées, conflits de valeurs entre service public et partenaires privés, etc. La déconcentration de l’État est au carrefour de plaques tectoniques qui s’entrechoquent à des profondeurs abyssales, et qui ne tarderont pas à lever un tsunami dévastateur. L’Adels et l’Unadel incitent vivement les citoyens à s’informer, à réfléchir et à proposer, au moyen notamment du site decentralisonsautrement.fr Faut-il croire que la notion d’État est entrée en zone de turbulences ? Actuellement, dans le monde, un concert de troubles le laisserait croire, quand se jouent des partitions sur des registres différents touchant aux questions de déni de démocratie, de nationalisme exacerbé, de guerres de religions, d’inféodation à des idéologies économiques. Voilà quelques mois que les pays du Moyen Orient réfléchissent à se doter de nouvelles institutions, quelques semaines qu’on reparle d’un État palestinien, que Ouattara tente de rassembler nord et sud de la Côte d’Ivoire, que le Sri-Lanka est déchiré par les griffes des tigres, que le Sud-Soudan s’autonomise... Une pensée encore pour la Belgique (depuis un an sans gouvernement) et la Grande-Bretagne, où la monarchie a encore de beaux jours devant elle.
François Hannoyer

francois.hannoyer@adels.org

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Avril 2011
La France s’enrichit
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°517, avril 2011
En fermant la porte de la salle où quelques habitants étaient rassemblés pour un diagnostic des pratiques de démocratie locale, une dame me glisse, en aparté : « Ce n’est pas bien d’avoir fait cette réunion pendant la campagne (des cantonales). » - « Pourquoi ? » - « ça fait croire qu’on fait de la politique dans le conseil de quartier. » Et d’expliquer que cette question délicate ne pouvait être abordée pendant nos échanges en grand groupe, tant les crispations sont aiguës sur ce thème. On parle des aménagements des abords de la rivière, des patients de l’hôpital de jour, des jeunes et du sport. On ne parle pas de politique. Peut-on mieux illustrer le fossé entre la participation et la représentation ? Son canton, avec « seulement » 55 % d’abstention est mieux loti que cet autre où l’Adels intervient : là, l’abstention s’élève à 74 %. Sur 15 339 inscrits, 4 003 se sont déplacés, dont 933 pour déposer un bulletin blanc dans l’urne. Au total, le conseiller général est élu par 1 600 personnes. 10 % des inscrits (et combien de non inscrits ?). Dans l’esprit des gens, le canton est aussi éloigné qu’une province chinoise. Pourtant « la France s’enrichit d’un nouveau département », selon la formule du journaliste de France Inter qui note qu’à Mayotte aussi on va élire un conseil général. Certains s’offusquent, voyant dans le Maoré un RMaste en devenir. D’autres veulent voir un progrès dans l’installation d’une 101e administration locale qui devra être vigilante sur l’immigration, le reversement des allocations. Nous voyons un peuple, un territoire, des racines et des liens : une richesse, des atouts à faire valoir.
François Hannoyer
francois.hannoyer@adels.org
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Mars 2011
César, les hommes et les dieux
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°516, mars 2011
Il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et les hommes, alors ?
La polémique est mise sur la place publique par Nicolas Césarkozy, violente et insensée, quand il déclare : « Le multiculturalisme est un échec. » Certains exégètes lui répondent que l’idée républicaine et laïque se situe au-dessus des communautés que rassemblent nos cités. D’autres proposent de considérer l’appartenance culturelle, voire cultuelle, comme une racine essentielle, un ferment de citoyenneté. Ils prônent une reconnaissance explicite, même si elle est un combat difficile, plutôt que l’enfermement dans la stigmatisation ou le sectarisme. Certains sages, Michel Wievorka par exemple, tentent depuis de nombreuses années de sortir le débat des bourbiers de la caricature et de l’idéologie. L’opposition entre César et Dieu n’est pas neuve, elle est stérile et ne résout rien : aux hommes de prendre leur destin en main. C’est ce que font ceux qui n’ont pas le loisir d’assister en spectateurs à ce combat des chefs. À Montplaisir, Belle-Beille ou la Roseraie (quartiers d’Angers) comme ailleurs, les habitants veulent tisser des liens de reconnaissance, fabriquer de la solidarité quotidienne entre riches et pauvres, garçons et filles, blancs ou pas. C’est même l’utilité première qu’ils voient dans l’engouement actuel pour la démocratie locale, la première raison d’investir l’idée de participation. La démocratie, la citoyenneté, c’est d’abord dans le quotidien et la proximité qu’elle se trame, pour faire vivre la justice et organiser la solidarité. Un restaurant associatif ici, un atelier-théâtre là, des histoires de vie racontées aux voisins, un fonds de participation pour promouvoir leurs projets : le lien social est à la fois une philosophie politique profonde et un pouvoir d’agir résolu. Résolu, et traversé par des incertitudes, comme celles des moines de Tiberine.François Hannoyer francois.hannoyer@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Février 2011
De l’incertitude à l’indignation
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°515, fevrier 2011
L’Adels a souvent affirmé dans cette rubrique que la crise de la représentation est intimement liée à la crise sociale qui lamine notre société. C’est parce que nos concitoyens vivent dans l’incertitude qu’ils doutent que les dirigeants, et plus largement l’action collective, soient en capacité de penser les politiques nécessaires. C’est parce que les politiques peinent à organiser la participation des citoyens à la définition de l’intérêt général que les mesures qu’ils prennent ne sont pas toujours adaptées. On n’oublie pas le troisième acteur, l’économie de marché, sans laquelle le tableau serait incomplet. La révolution de Jasmin nous apprend que, bien au-delà de quelques tonnes d’or dissimulées dans les bagages de la coiffeuse de Carthage, plus grave même que les millions détournés par la famille Trabelsi, c’est la collusion entre les intérêts de quelques entreprises et le pouvoir qui doit être l’objet réel d’indignation. La France a exporté sa déclaration des droits de l’homme et son administration des services publics. Elle a aussi développé son économie : les entreprises françaises font la pluie et le beau temps dans le port d’Abidjan et ailleurs. C’est aussi et surtout contre ce modèle que la population de ces pays se lève. Face à cela, quel est le poids – économique ou culturel – de l’alternative que nous proposons ? Les projets coopératifs, le développement local, l’économie du bien-être, la décroissance, si nous constatons tous les jours qu’ils sont de nature à faire reculer l’incertitude et l’individualisme, sont-ils le levier pour passer de l’incertitude à l’indignation ?François Hannoyer francois.hannoyer@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Janvier 2011
2011 : la Réforme passera-t-elle chez vous ?
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°514, janvier 2011
La réforme des collectivités locales votée en fin d’année dernière va s’implanter dans les territoires et un léger clapotis trouble déjà les eaux institutionnelles, comme annonçant l’orage à venir. L’Adels, qui est intervenue sur ce thème à près de cinquante reprises ces derniers mois observe, ici et là, des réactions différentes. Les associations craignent que leur existence ne soit compromise, faute de crédits publics pour les financer. Les plus importantes font le délicat constat qu’elles sont coupées d’une base qu’elles souhaiteraient pourtant mobiliser face à l’adversité. Des élus locaux diagnostiquent que l’autonomie locale va prendre du plomb dans l’aile, très fortement restreinte par des ressources financières sous forme de dotations. Et d’en appeler à leurs bases citoyennes pour dénoncer une recentralisation qui ne dit pas son nom et une augmentation des impôts locaux à venir. D’autres, cumulards parmi lesquels on compte des députés qui ont voté la réforme à l’Assemblée nationale, la trouvent incongrue, le mot est faible : ils s’insurgent contre les découpages de circonscriptions, la répartition des sièges des futurs conseillers territoriaux… Pour analyser plus finement ce que la réforme va provoquer dans les territoires, au-delà des caricatures ci-dessus, l’Adels lance un séminaire itinérant sur la réforme des collectivités territoriales. Car les acteurs locaux disposent de quelques mois pour anticiper et adapter le texte à leurs réalités, plutôt que de le subir. Si ces formations, séances de travail, soirées débat vous intéressent, si vous souhaitez que le séminaire fasse étape sur votre territoire, appelez nous !
François Hannoyer, Gilles Pradeau 01 43 55 40 05,
francois.hannoyer@adels.org.
 
Décembre 2010
La ligne, l’aire et l’espace public
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°513, décembre 2010
Une nouvelle affaire de voile pose la délicate question des limites entre droits de l’Homme (en l’occurrence ceux de la Femme), espace public et sphère privée. La question est posée par le cas d’une femme qui porte un voile pendant son activité salariée dans une crèche associative. Licenciée, elle porte plainte pour discrimination avec l’appui, dans un premier temps, de la Halde. Le contentieux est délicat, parce qu’on ne sait pas sur quel terrain il se situe : relève-t-il du droit privé (entre l’employeur et l’employée) ? L’affaire concerne-t-elle l’espace public, celui dans lequel s’inscrit la délégation de service qui régit les relations entre la ville et l’opérateur associatif ? Faut-il évoquer le droit universel pour dire le droit de chacun à avoir des convictions religieuses ou, a contrario, craindre que cette femme entrave la liberté des bambins et de leurs familles ? La ligne séparant le monde en deux entités distinctes existe en géométrie, mais pas en vrai. Le périmètre des organisations ne rend pas celles-ci imperméables les unes aux autres. Les habitants peuplent et investissent des aires de vie très variables. De l’intime au mondial, en passant par le local, l’espace public est à dimensions multiples.  Il en est de même quand l’Adels anime un processus de diagnostic partagé par les acteurs d’un territoire sur leurs pratiques de démocratie locale. Faut-il orienter leurs travaux selon une approche globale, immanente et universelle en se référant à la chose politique ? On oublierait que celle-ci n’existe que si elle est partagée par tous. Faut-il écouter ceux qui se réfèrent aux lois qui structurent l’espace public ? Ils sont souvent ceux qui veulent ignorer que les lois peuvent évoluer. Donner raison aux gestionnaires des organisations qui clament leur légitimité en s’enfermant dans un rapport pouvoir / contre-pouvoir ? Cela ne fait guère avancer la coopération. En matière de justice comme dans les rapports humains et politiques, c’est en délibérant qu’on lève le doute sur l’autre, qu’on écarte le risque de violence institutionnelle et qu’on coopère à définir l’intérêt général. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Novembre 2010
Le pouvoir de représentation
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°512, novembre 2010
On connaît de nombreuses formes de représentation. Le VRP, l’artiste, le publicitaire, le journaliste, l’élu… nous proposent leur vision du monde et nous mettent face à un objet, des faits, des polémiques, des choix que chacun interprète à sa façon. La crise actuelle de la représentation est d’abord une crise de confiance envers ces représentants, une méfiance envers les idéologies ou les stratégies qui les animent ou, plus profondément encore, un doute sur la société elle-même. C’est une crise sociale. Dans les territoires sur lesquels elle est impliquée, l’Adels perçoit que la démocratie délibérative réclame autre chose qu’un rapport binaire opposant les individus ou les groupes entre eux, l’électeur et son représentant, un groupe social à la société. Il s’agit de collecter les pièces dispersées d’un puzzle, de chercher à comprendre ce que chacune révèle, dénonce, revendique, propose. Puis de tenter, collectivement, de mettre en lien les creux et les bosses, dans la vie des gens comme dans les territoires, d’agencer les pièces entre elles, de voir les manques apparaître et de chercher l’élément nouveau qui pourrait les combler. L’exercice de la délibération peut être conflictuel, comme le sont les manifestations et les grèves. Qu’il ne le soit pas est preuve d’un probable manque d’altérité trop souvent constaté dans les instances participatives locales dont une des raisons d’être est pourtant, par le lien social, la construction collective d’une représentation de l’intérêt général. Aujourd’hui, la société civile réclame que cette démarche délibérative soit indépendante de tous les pouvoirs de représentation, y compris celui des associations, des syndicats, des partis. Les habitants veulent parler entre eux, délimiter une pièce du puzzle qui leur ressemble avant de la proposer aux élus et aux techniciens. Or, les élus vivent mal cette revendication d’autonomie. C’est le paradoxe : ceux qui peuvent légitimer ce qu’elle représente en lui donnant les moyens d’exister sont les représentants du pouvoir lui-même. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Octobre 2010
De l’art de délibérer
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°511, octobre 2010
L’Adels animait un séminaire d’élus sur le thème de la démocratie participative, pour mettre à jour le sens des démarches et des instances qu’ils expérimentent et bâtir avec leurs partenaires une grille de critères permettant d’évaluer si les espoirs que tous fondent dans la participation sont atteints. Parmi les édiles, un prof de philo, drapé dans son savoir, prend la parole pour fustiger l’inculture des propos. Le groupe ne connait pas les thèses de Durkheim sur le lien social, la différence entre démocratie et république, de quoi sont faites les notions de légitimité et d’intérêt général. Et de quitter le séminaire pour ne plus réapparaître, un peu empêtré dans les plis de sa toge athénienne, happé par son mobile à des tâches plus importantes... que de parler avec ses pairs. Au même moment, la littérature savante nous alerte : travaillons ensemble le concept de démocratie « délibérative » plutôt que trop vaguement « participative » [1] ; distinguons entre la légitimité que l’élu acquiert par sa nomination – instituée par le vote – et celle de la décision, qui est un processus et non pas un statut, qui réclame d’être sans cesse débattue pour continuer d’être soutenable [2]. Philosophes et historiens éclairent utilement nos pratiques locales. Mais un linguiste apporte une autre dimension. Avant de lire son ouvrage, on est frappé par le titre : Parle à ceux que tu n’aimes pas [3], qui fait résonner profondément la notion d’altérité chère à quelques membres de l’Adels. Parler vaut mieux que la barbarie. L’injonction vaut-elle, au pied de la lettre, pour nos assemblées locales, nos conseils de quartier ? Quel dommage, alors, que, pour sortir du discours lénifiant de ceux qui savent et parlent aux ignorants, l’auteur n’ait pas titré Parle avec ceux que tu n’aimes pas. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05


1 L’avocat du diable, Charles Girard, éditions Hermann.
2 « Le pouvoir contre l’intérêt général », Pierre Rosanvallon, Le Monde du 21 septembre 2010.
3 Parle à ceux que tu n’aimes pas, Alain Bentolila, éditions Odile Jacob.
 
Septembre 2010
Etat de droit ou Etat de droite ?
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°510, septembre 2010
Dans le débat opposant l’État et la société civile sur la question des expulsions de Roms, il est frappant de constater combien les représentants du gouvernement ont usé de l’idée de Droit pour justifier leur geste. Après avoir assimilée le Rom au roumain, lequel est étranger, par suite délinquant et donc dans l’illégalité, restait à invoquer la séparation des pouvoirs pour se situer en exécutant de décisions du tribunal : c’est la plus simple définition de l’État de droit, qui, quand elle est ainsi précédée de préparatifs idéologiques, est pour le moins répugnante. La réplique des opposants n’est, souvent, pas plus glorieuse. Combien de ceux qui fustigeaient hier la scandaleuse instrumentalisation de l’Église par le chef de l’État (lors de son discours dit de Latran, par exemple) se sont félicités de la position de l’épiscopat français ? Pour les faire taire, le gouvernement a eu beau jeu de rappeler... la séparation de l’Église et de l’État ! Ces joutes, feux et contre-feux, sont un peu écœurantes. Outre que l’on oublie ainsi de parler sérieusement de l’essentiel – la situation des familles aux portes de nos cités –, on s’exonère d’avoir à penser ensemble les politiques territoriales, à définir les contours des institutions, les missions des administrations, les moyens aux associations pour réduire de telles fractures. Plutôt que le droit, c’est la justice qu’il faut invoquer pour initier un projet de développement qui unisse dans un même contrat les populations, les élus locaux, l’État et l’Europe.  Sans cette incarnation de la justice dans le quotidien réel des gens, l’idée de droit et, plus insidieusement, celle de politique devient immatérielle. Elle peut rapidement devenir incompréhensible, hypocrite et même révoltante. Dans cette situation, l’Adels a signé l’appel citoyen « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité ». Elle vous invite à en faire autant. http://nonalapolitiquedupilori.org
 
Juin 2010
Résistants d’hier et d’aujourd’hui !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°509, juin 2010
L'icône du résistant est magnifique quand les valeurs qu’il défend contre l’ennemi (intérieur ou extérieur) sont partagées par la majorité de ses congénères. Résistant rime alors avec fer de lance, élite populaire, avant-garde éclairée derrière laquelle le peuple peut soit rester silencieux,  soit se mobiliser. Son image de héros est plus ambiguë quand, seul contre tous, le résistant mène un combat dont peu saisissent la justesse. Il est alors voué aux gémonies, affublé d’un « iste » qui salit sa cause. Sa légitimité à intervenir dans le débat public est niée a priori. C’est que, des grandes causes mondiales aux relations entre acteurs locaux, du Plateau des Glières aux instances participatives de quartier, la position de résistant est délicate tant notre société hésite à changer ses systèmes de valeurs. Nous manquons de repères et de représentations collectives pour nous engager dans les voies de changement. Dans le doute, nous peinons à écouter les résistants qui, pourtant, peuvent donner un sens nouveau à notre aventure collective, proposer des orientations qui, dans quelques années, nous paraîtront de l’ordre du bon sens commun. La démocratie délibérative est ce lieu, rare, géré avec méthode, étayé par une volonté politique et sociale assez ferme pour autoriser chacun à voir, dans la contribution d’un résistant, non un conflit à éviter, mais plutôt une hypothèse à explorer ou, à tout le moins, une occasion de parler ensemble de l’intérêt général. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Mai 2010
Z’êtes en zone UD, circulez !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°508, mai 2010
Mesure-t-on l’ampleur des dégâts causés par la tempête Xynthia ? Témoignages poignants, images de destructions ou de détresse humaine ont inondé les écrans. Des cartes ont été déployées à des fins pédagogiques, pour prendre du recul. Elles montraient les limites des marées centennales, ou celles, plus récentes, des décisions administratives de zones non constructibles. Mais des tracés manquaient pour faire toute la lumière sur le désastre : ceux délimitant les négociations plus ou moins occultes opérées par les promoteurs pour libérer des zones qui, depuis toujours, sont jugées à risques. On aurait ainsi visualisé l’impact pervers de la pression économique sur l’élu et le technicien local ou sur le représentant de l’État, sur le consommateur aussi, lui qui a vite fait de mettre de côté son simple bons sens, attiré par les sirènes d’une retraite pavillonnaire bien méritée. La leçon sert-elle à quelque chose ? Les sinistrés se plaignent de décisions arbitraires, de l’absence de concertation, de l’opacité des critères retenus par les services de l’équipement. Mais entendez-nous bien : c’est l’annonce d’un plan de destruction après la catastrophe qu’ils dénoncent. Or, cet arbitraire, ces non-dits et cette opacité décrivent mieux encore la situation qui a prévalu avant la construction des lotissements incriminés. Manque de lisibilité du processus de zonage, absence de carte compréhensible, manque d’outils et de lieux de concertation : ces carences, la démocratie délibérative tente de les soigner. Elle est une méthode pour façonner et comprendre un intérêt général qui provoque l’adhésion des particuliers, un rempart d’instruction publique qui circonscrit les méfaits du marché, une décision politique qui s’impose parce qu’elle est comprise plutôt que jugée contraignante et supposée inique. S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, il y a des ratés particulièrement dramatiques. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Avril 2010
Un train peut en cacher un autre
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°507, avril 2010
Tous les usagers de la SNCF ont fait cette expérience : un train qui passe en gare sans s'arrêter provoque deux déflagrations. La première au passage de la locomotive est prévisible ; la seconde, quelques instants après le dernier wagon, peut surprendre. Il en est de même avec les élections régionales : la vague rose était annoncée et derrière la matrice, le train de quelques troubles dépressionnaires : remaniement ministériel, recomposition dans les appareils politiques, abrogations de décrets déclarés indispensables il y a quelques mois, mise au placard de mesures construites à la va-vite par stratégie de conquête partisane... On attend aussi une radicalisation sur quelques points idéologiques sensibles. Après les régionales vont venir les sénatoriales, dont on pourrait attendre qu’elles provoquent une deuxième déflagration, celle de l’abandon de la réforme des collectivités territoriales, de nature à déraciner tout ce qui est vivant dans le paysage de l’aménagement du territoire. Les participants aux différents séminaires animés par l’Adels et l’Unadel auront compris que la rationalisation, la simplification et l’économie, trois critères énoncés pour justifier ce train de mesures votées à l’envers du bon sens, ne sont que des effets de manche dans l’argumentaire du Gouvernement. Les conséquences néfastes à venir sont multiples. Un seul exemple : une fois supprimée la clause de compétence générale des régions, qui financera le soutien aux associations, aux initiatives de développement local, la solidarité envers les plus démunis, l’éducation populaire ? Si on ne peut pas craindre d’être décoiffé au passage d’un train... de sénateurs, resterons-nous pour autant sur le quai à regarder le convoi passer ? En mettant le sujet à l’ordre du jour des 12e Rencontres de la démocratie locale (à Grenoble et dans son agglomération, les 28 et 29 mai) l’Adels espère sensibiliser les acteurs locaux pour qu’ils organisent le lobbying auprès des « grands élus ». François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Mars 2010
Mais si, les régionales c’est vachement important !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°506, mars 2010
Je connais un ado qui répète à l’envie : « Je ne voterai pas tant que les transports publics ne sont pas gratuits »… L’expérience concrète de l’espace public ou familial est un véritable terreau pour revisiter l’idée de vote, de service public, de gratuité ou de coût réel, d’intérêt général, de compétences, de participation. Voire, en tentant de discerner l’imbroglio SNCF, Réseau ferré de France et autorité régionale, de fil en aiguille on aura tôt fait le tour de nos institutions économiques, territoriales et démocratiques. Essayez « développement économique local » pour mesurer combien nos préoccupations sont éloignées de ce qui vient à l’esprit de votre grande tante. « Heureusement », dirait-on cyniquement, les récentes offensives sur la fonction publique, le délitement des services publics, les délocalisations d’unités de production pourtant soutenues par les collectivités locales font percevoir que le monde de l’entreprise et le territoire sont tous les jours plus perméables l’un à l’autre. Si vous vous engagez sur le terrain de la culture ou de la formation, autres compétences régionales, les choses se gâtent. De la culture on connaît l’accès à l’œuvre artistique, on accepte l’idée de l’activité artistique par tous, mais la culture comme ciment et différenciation de nos identités ? De la formation, on connaît les CAP voies de garage, la précarité des apprentis… Que la région dispose de moyens financiers pour servir l’indispensable outil de promotion sociale et culturelle qu’est la loi sur la formation permanente de 1971 est souvent méconnue. Alors inversons les valeurs et demandons aux listes candidates d’exprimer leurs valeurs et leurs programmes sur ces sujets qui, pour être immatériels, sont, tout autant que les transports, le ciment très concret de nos identités plurielles régionales. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Février 2010
Pouvoirs centrifuges
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°505, février 2010
Copenhague a rendu visible une réalité universelle : conjuguer institutions et changement n’est pas chose aisée. Ainsi va le monde :  une fois atteint un niveau de développement réputé satisfaisant, les dirigeants des pays occidentaux déclarent (40 ans après les premiers avertissements du Club de Rome) qu’il s’agit d’un horizon fuyant et que la course au progrès est un leurre dangereux. Que font-ils alors ? Plutôt que d’en tirer des conclusions pour leurs propres systèmes économique et politique, ils aboient de façon autoritaire à l’adresse des pays du Sud, dénigrant un développement qu’ils ont promu et promeuvent encore (en prenant soin de délocaliser les nuisances) et enjoignant les autres à ne pas reproduire leurs erreurs. Ainsi vont nos institutions nationales et locales. Il est aisé (et souvent inopérant) de créer une commission Théodule pour définir et édicter des changements nécessaires. Beaucoup plus complexe (et durable) est la démarche qui consiste à créer les conditions d’une coconstruction de politiques publiques avec les principaux intéressés. L’actuel pacte de solidarité écologique (porté par Valérie Létard, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie) met en place une commission « mobilisation sociale » pour relever le défi de l’après-Grenelle : le développement durable est-il affaire de spécialistes ou notre affaire à tous, y compris les membres les plus fragiles de la communauté ? À l’instar des rapports Nord-Sud qu’on oublie d’envisager à contre-champ comme une coopération Sud-Nord, la notion de pacte commande de poser la question : comment les précaires énoncent-ils les critères d’évaluation et d’acceptabilité du développement durable ? Ainsi chacun est-il tenté d’exercer le pouvoir comme mû par une force centrifuge propulsant son énergie vers l’extérieur, tendant à imposer aux autres, plutôt qu’à s’engager soi-même dans une logique de changement. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Janvier 2010
Appel d’air
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°504, janvier 2010
Jusque-là, l'appel d'air était une bouffée d’oxygène. Quand la bise fut venue, un petit quart de tour de clef sur le tuyau et, hop, l'appel d'air faisait ronfler le vieux poêle à bois et jubiler les convives. Ou l'arrivée des jeunes enthousiastes dans la trop docte assemblée était l'appel d'air du renouveau, de la renaissance, du rebond qui ranime la flamme des militants. « On a vu que les régularisations dites massives ont systématiquement été un échec, au sens où elles ont créé un appel d'air et de nouvelles arrivées », dixit Éric Besson. Attention, ne vous méprenez pas, le sens des mots change et vous risquez, à ne pas vous mettre à la page, de commettre de graves contresens ! Désormais, l'appel d'air est l'un des principaux ennemis de notre République. Loin d'être porteur de renouveau ou de chaleur rassurante, il est indicateur d'une prochaine invasion qu'aucun rempart ne saura retenir. Calfeutrez-vous, rejoignez les zones de confinement, protégez-vous du vent mauvais qui, par tous les interstices, tente de s'infiltrer. Entendez-vous dans nos campagnes mugir ces féroces courants d'air qui viennent jusque dans vos bras, égorger vos fils, vos compagnes ?! Et bien le vocabulaire d'Eric Besson a vite été adopté par les gestionnaires de l'accueil d'urgence dans nos départements. L'hiver est là, la neige est de retour dans les rues de Grenoble, de Saint-Étienne ou de Lyon. Le plan hivernal est déclenché. Chaque soir des centaines de sans-abri tentent de se protéger du vent glacé, mais tous les lits d'accueil disponibles ne sont pas ouverts. Pourquoi donc ? Mais toujours à cause de l'appel d'air ! Si, par malheur, on arrivait à abriter tous ces précaires là, sûr qu'ils se passeraient le mot pour être encore plus nombreux ! Pierre Mahey, animateur d’arpenteurs, conseiller de la rédaction
 
Décembre 2009
Le libéralisme économique, judiciaire et moral
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°503, décembre 2009
On redoutait – et on redoute encore – que les idées néolibérales au pouvoir ne créent de fâcheuses collusions entre politique et économique. D’autres mélanges, plus préoccupants encore, s'opèrent en matière de justice ou d'ordre moral. Aucun député ne se souvient avoir voté l'impunité des sectes ? ! Honteux de leur inconséquence, ils vont rétablir l'article sur la capacité juridique des personnes morales. Mais ce retour à la loi sera opéré une fois clos le procès de la scientologie, autorisée donc à perpétuer ses activités douteuses. Autre exemple, plus pitoyable encore : ce député regrette une mauvaise touche (pour un escrimeur, l'aveu est désastreux) lors d'un vote donnant raison majoritaire à l'opposition. Il propose de rejouer le match. Accordé ! On se souvient de Nicolas Sarkozy déplorant l'entrée tardive des Africains dans l'Histoire. Pour ceux qui n'avaient pas compris que la formule signifiait « histoire de la civilisation occidentale », deux rappels à l’ordre cinglants. Le premier à l’attention de Marie Ndiaye : le prix Goncourt impose à l'artiste un droit de réserve et de la déférence pour l’élite culturelle qui l’octroie. Le second prend la forme d’un débat sur l’identité nationale qui flatte l’érection de frontières mentales à faire se retourner Lévi-Strauss dans sa tombe. C’est un déni du politique qui est à l'œuvre d'autant plus puissant que nous assistons en tant que spectateurs à ces événements, muselés par un sentiment de totale impuissance. Est-ce la fin de l’Histoire annoncée avec la chute du mur de Berlin, ou l’émergence d’une nouvelle citoyenneté politique refusant ces dérives totalitaires ?
François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Novembre 2009
La démocratie locale, l'État et la gouvernance
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°502, novembre 2009
Au moment où l'Adels reçoit une délégation d'élus locaux russes pour leur présenter la démocratie participative dans les institutions françaises, la presse nationale relate des faits illustrant cette question de diverses manières. Il est d'abord question de tension permanente, de critiques sur le manque de résultat qui cassent le moral de cadres à la fois essentiels et servant pourtant de boucs émissaires. Ce n'est pas au management de France Télécom que cet article du Monde du 13 octobre est consacré, mais.... aux préfets ! Ceux-là fondent un club pour partager leur souffrance au travail. Consternation chez les citoyens qui, en d’autres temps, furent envoyés aux arrêts de rigueur pour tentative de création de syndicat de soldats ! Il existe donc un espace de liberté de pensée (si ce n'est de parole) entre l'État – que la préfectorale représente dans nos territoires – et le Gouvernement que les préfets doivent apprendre à servir au risque d'être mis au placard ? Voyez encore ce billet de Laurent Batsch, président de l'université Paris-Dauphine (Le Monde toujours, mais du 3 octobre) : il décrit le lien étroit que doivent entretenir une gouvernance efficace et la collégialité des décisions que prône la démocratie locale. Son propos porte sur la représentativité des différents acteurs aux commandes de l'Université, mais les tenants de la démocratie délibérative ne changeront pas un mot ! Enfin, des députés godillots de l'UMP – relayés par quelques préfets sus-nommés – n'auront pas réussi à discréditer la votation citoyenne sur La Poste : les Français connaissent les qualités de nos services publics et balaient les arguties libérales. Cela promet des débats houleux à l'heure de la poursuite de la réforme générale des politiques publiques.
François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Octobre 2009
Le lait, le miel… et l’égalité politique
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°501, octobre 2009
Pour marquer son cinquantenaire (voir le n° 500 de Territoires), l’Adels écrit son manifeste, au cœur duquel l’égalité politique, la justice sociale et l’émancipation individuelle et collective par l’auto-organisation prennent une place prépondérante. Au-delà des mots, les valeurs et les objectifs que l’association met en avant veulent être des axes structurant ses activités d’édition, de formation et  d’accompagnement des acteurs locaux. L’association ne peut pas décider de s’engager seule dans le changement social et institutionnel que promet la démocratie délibérative. Son projet n’a de sens que partagé par un nombre grandissant de lecteurs et de lectrices engagés dans l’action locale, aux côtés des élus, des associations et des travailleurs sociaux, décidés à faire société de nos différences, à participer à l’écriture de notre histoire collective. Et, de fait, l’histoire avance. Nicolas Sarkozy a reçu des mains de Joseph Stiglitz son rapport proposant d’oublier un peu le seul marché et de mesurer le bonheur national brut (BNB). Une refonte de l’économie doit permettre que le lait ne coule plus dans les caniveaux et que le miel continue d’adoucir nos gorges. On veut aussi croire qu’aux douze critères d’évaluation proposés par le célèbre économiste, on ajoutera bientôt les indices d’égalité politique, de justice sociale et d’émancipation individuelle et collective, sans lesquels le BNB n’aurait pas de sens.
François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Septembre 2009
Primes et mépris, au travail comme à la ville
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°500, septembre 2009
Que signifie la violence, résurgente aujourd’hui, de salariés menaçant de faire sauter leur atelier ? Le sociologue Norbert Alter (Le Monde du 17 juillet) la considère comme une réponse au mépris que provoque l’ignoble différence de traitement entre ouvriers et dirigeants. Ces derniers détruisent l’entreprise par une gestion calamiteuse ? Ils recevront pourtant des primes délirantes, avec le concours de financements publics de surcroît. C’est insoutenable, clame Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée sur les chaînes de télévision… Dans l’entreprise comme dans l’espace public, ajouterais-je, où une fracture similaire entre différentes populations se perpétue. Parlez des quartiers d’habitat social avec leurs habitants, ils refuseront qu’une différence de traitement stigmatise leurs lieux de vie qui brûlent de violences retournées contre les institutions. Ces actes, à propos desquels le ministère de l’Intérieur interdit aux préfets de communiquer, sont-ils de même nature que ceux menaçant l’outil de travail des salariés ? À l’heure où certains entrepreneurs proposent d’attribuer aux banlieues une partie des fonds captés par le futur emprunt d’État, étudions avec les habitants comment éviter que cette « prime » soit détournée pour enrichir certains et en mépriser d’autres. C’est la raison d’être du développement social local. Si, en échange du don, nous n’envisageons pas le contre-don, si nous ne reconnaissons pas que les ressources locales existent, créent de la société, du développement et de la richesse, notre déni équivaudra à une déclaration de guerre, rappelle Norbert Alter, en se référant à Marcel Mauss.

Réservez vos 20 et 21 novembre : 12e Rencontres de la démocratie locale, à Grenoble et dans son agglomération, www.adels.org
 
Juin 2009
L’ultra-rien sabote le convoi européen
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°499, juin 2009
Pour les 16/25 ans, l'Europe est à portée d'une carte forfaitaire en train, simple et accessible. Il n'en est pas de même pour la citoyenneté à cette échelle. Campagne plus que discrète, omniprésence des têtes d'affiche, incapacité des grands partis à mettre en lumière des débats de société. Il faut bien admettre que l'intérêt pour ce scrutin est à distance sidérale du simple citoyen, au bout d'un chemin complexe dont même l'origine – ces grandes régions – est peu compréhensible. Ce malaise m’a pourtant permis de me mettre à la place de nos concitoyens éloignés de la politique communale ou intercommunale. Comment s'impliquer quand on ne saisit pas les enjeux pour soi et son environnement ? Pourquoi débattre avec nos voisins de problèmes qu'on croit ne pas partager avec eux ? Je vivrais mal qu’au prétexte que ma participation est indispensable à la démocratie européenne, un spécialiste me titille sur l’étroitesse de mon esprit hexagonal, m'incite à venir m'impliquer dans un débat, me tire au sort pour aiguiser mon expertise communautaire. Pire, je refuse d’être estampillé « non participant », anathème jetée sur l'immense majorité de mes concitoyens qui vivent ce décalage au niveau local. Quel travail encore pour l’éducation populaire ! Il existe sûrement des idées aussi simples et novatrices qu'une carte de réduction de chemins de fer pour faire valoir l'idée de démocratie locale ! On les appréhendera aux  prochaines Rencontres de la démocratie locale, excellente occasion de décentrer notre regard, d’examiner ce que vaut notre proposition de démocratie participative quand on la perçoit avec les yeux de l’immense majorité des gens : ceux qui ne connaissent pas son existence, avant même d’avoir à juger de sa pertinence.
Les 12e Rencontres de la démocratie locale, les 20 et 21 novembre 2009, dans Grenoble et son agglomération / appel à contributions sur www.adels.org
François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Avril 2009
Qui le Valéo bien ?
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°497, avril 2009
La question a déjà été posée ici. Elle prend une tonalité singulière après l’intervention de l’État libéral dans la sphère économique : qu’est-ce qui vaut qu’un dirigeant d’entreprise la quitte avec une prime équivalant à trois ans de salaire net des cent smicards qu’il a licenciés la veille ? À combien d’années de fonctionnement d’une association d’éducation populaire servirait ce pécule ? L’Adels, qui continue d’explorer cinquante ans de vie associative consacrés à la démocratie et au développement local, se rappelle qu’elle compte dans ses rangs un ancien sous-préfet qui, un soir de grève sur le tas, prend fait et cause pour des salariés de son bassin d’emploi menacés de licenciement. Quelques noms d’oiseaux fusent, déclenchant la charge des forces de l’ordre. Ou cet autre adhérent qui, élu de banlieue, a occupé l’église de sa ville en 1968 au cri de « l’Église sera de gauche ou ne sera plus ». Lier l’actualité et des histoires vieilles de quarante ans est sans doute trompeur : l’anachronisme met certains faits en lumière et d’autres sous le boisseau. Mais quand même ! Qui est le créateur de richesses que nos sous-préfets, nos maires et nos impôts doivent soutenir : l’entrepreneur ou le Rased, service public d’enseignement auprès des enfants en difficultés ? Le patron qui délocalise ou la Cimade qui veille au respect des droits des hommes déracinés ? La banque aux actifs pourris ou les activités de l’économie solidaire ? François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Mars 2009
La Guadeloupe, effet papillon
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°496, mars 2009
La Guadeloupe donne à voir les sillons profonds  qu’un conflit structurel – de classe disent les uns, de société disent les autres – creuse dans un territoire. Est-ce une illusion d’optique due au caractère insulaire des pourparlers ? La réunion des acteurs locaux sur les questions sociales posées donne une tonalité particulière à l’événement.
C’est un tout autre territoire que la commission Balladur appréhende. Ses frontières sont mobiles, elles se dessinent et se gomment en ignorant l’histoire ou les raisons d’être des projets locaux. Le mandat des représentants – les futurs conseillers territoriaux ? – est malléable à souhait pour s’adapter aux compétences qui seront octroyées. La citoyenneté n’a pas grand-chose à attendre des réformes à venir de ce côté.
À côté des projecteurs de l’énarchie et des barricades de la démocratie directe, les instances de démocratie délibérative sont dans un réel qui, aujourd’hui, est délicat. Quelques mois après les élections municipales, les citoyens impliqués vont découvrir le premier vrai budget des nouvelles équipes. Ces dernières ne peuvent pas décevoir. Certes, leur marge de manœuvre est limitée par des engagements antérieurs et la conjoncture économique. Mais elles ne peuvent renoncer à faire en sorte que la participation débouche sur des décisions, des changements dans les organisations et les services, dans les quartiers, dans les rapports sociaux. Des ports de la Guadeloupe aux communes métropolitaines, quel effet papillon ? François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Février 2009
« Cause the times, they are changin »
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°495, février 2009
C’est la période qui veut cela : l’arrivée de l’an neuf donne l’impression que l’histoire s’accélère. Au niveau planétaire : les conflits armés et la déroute du modèle économique, le pape qui réhabilite un évêque négationniste. Au plan national : l’exaspération qui transpire dans les rapports entre le pays et le gouvernement, entre l’État et ses fonctionnaires, les usagers et les services, les consommateurs et leur banque. Au plan local : RGPP, Lolf, projets de loi sur l’intercommunalité jettent un voile d’inquiétude sur les rapports entre les acteurs locaux.
Les pratiques de démocratie locale ne sont pas épargnées, et là aussi l’histoire s’accélère. L’Adels se lançait en 2008 dans un chantier dont elle prévoyait qu’il bouscule cinquante ans de certitudes et le ronron des institutions locales dont elle a fait la promotion : comment sortir la démocratie des lieux convenus et faire mouvement vers ceux qui sont relégués hors des projets de territoire ? Cette préoccupation donne lieu à une investigation, soutenue par le conseil régional d’Île-de-France. Elle est apparue simultanément dans les questions de nombreuses villes en France et a été au cœur d’un colloque portée par la région Rhône-Alpes, fin novembre : « Pauvreté, précarité : quelle démocratie participative pour quelles transformations ? - Rencontre régionale de la démocratie participative ». L’Adels souhaite que les acteurs de toutes ces initiatives se rassemblent pour apporter leur souffle aux XIIe Rencontres de la démocratie locale qui se tiendront dans l’agglomération de Grenoble, fin 2009. « Cause the times, they are changin », comme le chante Bob Dylan. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Décembre 2008
Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°493, décembre 2008
Le monde entier a retenu son souffle pendant une nuit américaine, vibrant d’une émotion palpable. Incroyable ce que des pigments de peau peuvent réveiller, pendant quelques instants, de passion politique qu’on dit partout moribonde ! Mais il faut bien s’en retourner à nos affaires, et les lendemains déchantent. La crise n’est pas que financière. Ses retombées sociales vont bientôt exiger de la société civile qu’elle serre les coudes et fasse preuve d’une détermination sans faille pour peser sur la politique. Quelle politique? 

Quand on veut chanter l'espoir quel manque de pot
Au plan national, syndicats, associations et mutuelles, symboles d’une société de solidarité, organes de répartition des richesses plutôt que de capitalisation des profits, sont gravement touchés. Leur dialogue avec l’État semble désincarné, lointain. À croire qu’il ne nous concerne pas ! Pourtant (mais combien de fois a-t-on annoncé cette mort ?) il semble bien que les logiques à l’œuvre convergent toutes vers le désengagement massif de l’État dans le capital du tiers secteur.

Noir et blanc sont ressemblants comme deux gouttes d'eau
Au plan local, et la fracture entre les deux échelles semble se creuser, il reste aux acteurs locaux de se reconnaître mutuellement, au-delà des différences de statuts, de sensibilités, d’intérêts. Élus, techniciens des collectivités, professionnels et militants des associations vont devoir se retrousser les manches, faire preuve d’intelligence collective et d’inventivité pour que le développement local soit une alternative plausible à la crise.François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Novembre 2008
La faillite ne paie plus
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°492, novembre 2008
Découvrant de soudaines réserves dans ses caisses, pourtant vides à Pâques, l’État perd en crédibilité. Après avoir encensé le modèle américain, son chef fait dire au premier ministre que les fondements du capitalisme français sont plus sains : sa difficulté à l’exprimer en était presque comique. Aussi prompt à la solidarité envers les organismes privés qu’à organiser le démantèlement des services publics, le gouvernement met en évidence que les principes ultra-libéraux ne sont pas intangibles. Tous ces signaux seraient seulement agaçants s’ils n’étaient porteurs de messages plus insidieusement dévastateurs. Après quelques jours de dévalorisation en bourse, les commentateurs se sont émus de ce qu’elle « risquait de toucher l’économie réelle ». Virtuels les trois mille milliards d’euros mobilisés dans le monde en un clic de souris ? C’est donner à croire que l’économie du travail et celle du capital n’appartiennent pas au même monde. C’est installer dans l’esprit des gens – et pas seulement les salariés, les précaires ou les « sans rien » –, que la politique, quand elle se montre réactive à ce point, est de l’autre côté. La crise est là, profonde. Qu’au même moment on démantèle La Poste, l’enseignement et la santé et qu’on se targue de rentabilité dans le service public et la rupture est consommée : l’État et le libéralisme  achèvent ensemble de creuser l’écart entre la politique dans nos territoires de la solidarité réelle et celle qui, globalement, régit notre planète. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Octobre 2008
L’été, saison des fractures
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°491, octobre 2008
Qu’entend-on par fracture sociale ? Le terme, à consonance médicale, nous fait regarder vers les membres du corps social éloignés plus ou moins durablement d’une norme imposée (d’elle-même ?). Mais recherche-t-on l’origine, le choc initial ? La fracture peut se décréter, et avec elle l’administration autoritaire d’un traitement et d’une posologie jugés adéquats. Ainsi, « l’offre raisonnable d’emploi » est passée du stade de projet en juin, à loi en août, avec décret en septembre. Droits et devoirs du demandeur d’emploi sont cliniquement décrits « en toute équité et sur la base de critères objectifs ». En cas de persistance, consultez votre agence ANPE, si elle n’est pas déjà fermée. Ou encore Edvige, qui porte un prénom féminin d’ouragan. Rien de grave, nous dit le docteur Fillon, puisque la cellule est malade depuis quinze ans, mais personne ne le savait. Et, rassure la ministre de l’endoscopie, pardon, de l’Intérieur, le fichier ne fait que confirmer ce qui est dans le Who’s who. Qui décrète ce qu’est « une offre raisonnable » ? Qui détermine ce qui est objectivement privé ou public ? Notre grand corps est malade de cette rupture profonde et ouverte, qui ne demande qu’à s’infecter. La fracture sociale est civique : elle pousse à ne plus croire en la politique. Elle est une ligne de faille entre le projet de quelques-uns et la société qu’ils sont censés représenter. Notre prescription : l’ablation de l’arrogance gouvernementale. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Septembre 2008
Prométhée exilé dans nos territoires
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°490, septembre 2008
En donnant le feu aux hommes, Prométhée leur a proposé les moyens de s’émanciper et de prendre en main leur destin. Ce faisant, il a provoqué la colère de Zeus, perdu son identité de Titan et, ajoute Éric Durnez, auteur de Prométhée exilé (pièce donnée à Serres, dans la haute vallée de l’Aude, un soir d’août dernier), s’est exilé dans un territoire où il s’épuise dans la condition d’humain. Ce détour par la Grèce antique nous remet en mémoire que dans l’espace politique de l’agora, les femmes, les étrangers et les esclaves n’avaient pas droit à la parole. Et d’en tirer la leçon – l’allégorie avec le pouvoir, la décentralisation et la relégation est certes un peu facile – que chaque jour, à chaque étape de la vie des hommes et de l’histoire des peuples, il faut remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier pour répondre à la question : quel projet de territoire peut reconnaître le Titan déchu qui sommeille en chacun et enrichir nos politiques locales de la ressource qu’il recèle ? Comment faire pour que démocratie rime avec développement ? Les acteurs des 11e Rencontres de la démocratie locale se mobilisent et organisent les conférences, les forums d’échanges, les ateliers de présentation d’initiatives pour traiter de ces questions ancrées dans nos institutions, autant que le mythe dans nos esprits. François Hannoyer adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Juin 2008
Appel à contributions
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°489, juin 2008
La démocratie participative a-t-elle pour finalité de mobiliser sur les enjeux de société, de combattre les disparités territoriales et les injustices sociales ? Tel est le fil conducteur que proposeront les 11e Rencontres de la démocratie locale, qui vous accueilleront à Ivry les 28 et 29 novembre prochains, avec le soutien notamment du département du Val-de-Marne. Sur ce thème, mais aussi sur vos initiatives locales, les dispositifs que vous animez, vos réseaux citoyens auxquels vous participez, vos savoir-faire professionnels, vos choix politiques ou associatifs, etc., l’Adels souhaite votre contribution : ateliers, forums, tables rondes, grands débats seront ce que nous en ferons ensemble.
Au fil des ans, les Rencontres de la démocratie locale rassemblent chercheurs, élus, fonctionnaires, militants associatifs et syndicaux, citoyens. Les uns ont de la bouteille, les autres découvrent que leur participation locale ou thématique s’inscrit dans un vaste mouvement. Tous veulent échanger, s’informer, proposer, faire avancer le schmilblick. La 11e édition sera singulière : l’Adels souhaite resserrer les liens avec ses partenaires pour donner le coup d’envoi d’une année de manifestations qui prépareront son cinquantenaire. Jusqu’aux 12e Rencontres, qui se tiendront en 2009 en Rhône-Alpes, nous n’aurons pas trop de toutes nos énergies conjuguées pour exprimer la passion qui nous fédère aujourd’hui, enracinée dans l’histoire associative, citoyenne et politique.
Prenez contact : adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mai 2008
Le plus, ennemi du bien (commun)
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°488, mai 2008
En conditionnant l’extension du revenu de solidarité active à un niveau minimum d’activité économique, le gouvernement conduit à train d’enfer un convoi fantôme. En tête, la locomotive de la production, tirant le wagon de la richesse auquel est attelé celui du bien-être individuel, ce dernier censé engendrer le bien commun. Le social à la traîne de l’économique ? Nous qui pensions que cette opposition stérile était révolue de longue date, disparue après Mai 68, sous la double critique du développement social et de l’écologie ! Cette idéologie est celle d’un gouvernement libéral, dont on sait qu’il cherche à désengager l’État de son rôle de redistribution et de régulation. Plus sournoisement, mais tout aussi concrètement, il utilise la décentralisation pour cacher les méfaits de ce renoncement, en envoyant les collectivités territoriales au charbon, face à la précarité grandissante. Est-ce que cela doit nous faire douter de l’intérêt du développement local ? La critique de quelques amis refait surface : " Vous avez voulu la décentralisation, voilà où cela nous mène ! ", disent-ils, et de demander le retour d’un État fort. Dans le bras de fer qui s’annonce entre les territoires et l’État, la société civile doit prendre position. À elle d’évaluer ce qui fait défaut aujourd’hui, de s’impliquer dans des projets qui, plutôt que d’opposer les uns contre les autres, montreront que la solidarité est créatrice d’une autre économie, d’une autre richesse et, finalement, d’un nouveau bien commun. Ceci donne à l’Adels de nouvelles raisons d’agir. En participant à faire sortir la démocratie délibérative des sentiers battus des dispositifs idoines, en allant au devant de la population pour écouter en quoi elle est une ressource inestimable pour engager ce changement. François Hannoyer
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Avril 2008
Des chaussettes et débats
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°487, avril 2008
Qu’aurons-nous appris des enjeux municipaux et cantonaux en suivant les élections de cette année ? Rien ou si peu. Quelques journaux auront fait œuvre de pédagogie, fait assez rare pour être salué. Ne serait-ce ici un soupçon de votes achetés, là un responsable de bureau de vote aux chaussettes pleines ou encore un malheureux candidat qui arrive avec deux minutes de retard pour déposer sa liste…, il n’a été question que des appareils et de leurs responsables nationaux bien davantage que de projets engagés par les acteurs dans les territoires communaux, intercommunaux ou départementaux. La fracture entre le national et le local est impressionnante.

Ennemis intérieurs

Mais plus exorbitante encore est celle qui sépare ceux qui parlent de ceux qui se taisent. 160 ans après l’instauration du suffrage universel, l’abstention est telle qu’il devient presque incongru d’ajouter quelconque épithète (locale, participative ou délibérative) à l’exigence de démocratie. C’est de débat dont on a besoin, de façon pressante, pour combattre l’insidieuse montée de la violence institutionnelle qui oppose la société civile à ses représentants. De violence en 1848, il était déjà question et la pédagogie de l’époque désignait le vote comme remplaçant les fusils pour combattre loyalement les ennemis intérieurs. Qui sont-ils aujourd’hui ? Le silence assourdissant des urnes désigne les inégalités entre groupes sociaux ou culturels, les injustices économiques entre travail et capital, les différences entre territoires, la distance inquiétante entre les attentes du peuple et les objectifs du gouvernement. Les élections ont investi les élus locaux d’un bien lourd objectif de changement ! François Hannoyer
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Mars 2008
Morale élémentaire
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°486, mars 2008
Plusieurs essayistes annoncent la fin de la démocratie. L’espace public serait vidé par absence de controverse. Reste l’initiative citoyenne, l’opposition – violente au besoin – pour proposer une alternative, objecter, dire son droit : faut-il être historien, publiciste, politologue pour en juger ? Le citoyen voit que les institutions s’éloignent de ce qu’il peut comprendre spontanément.
Peut-on dans le même temps donner des leçons de morale à l’École et se placer à côté des lois – de la République ou de la vie en société ? On peut craindre désormais que chaque " sortie " du président se transforme en révision constitutionnelle. Peut-on dire " je ne vous trahirai pas " et réintroduire un traité européen rejeté par référendum, sans en changer une virgule ? Peut-on rayer d’un trait de plume le droit du sol à Mayotte, les droits du justiciable, la protection des mineurs ou des incapables… l’État de droit ?
L’inquiétude des tenants de la démocratie participative ne pousse pas à crier en chœur avec les Giscard, Balladur, Villepin… qui, à mots choisis, prennent une distance diplomatique avec le chef de l’État. Ce serait trop simple de lui faire porter seul le chapeau. Ils ne peuvent pas non plus joindre leur voix à une Assemblée nationale atone. Difficile d’ajouter voix au brouhaha dans les partis politiques en pleine recomposition. Que reste-t-il aux citoyens ?
Manier la faux contre les OGM ? Ceux qui ont pris cette responsabilité citoyenne sont condamnés et, à ce titre, doivent donner de leur salive pour inscription au registre ADN. Vont-ils cracher à la face des institutions ? Il est urgent d’organiser le débat public, de mettre des mots sur les conflits, d’éloigner la violence, sourde et insidieuse, qui crée un fossé entre les institutions et la société civile. François Hannoyer
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Février 2008
Le XXe siècle est terminé
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°485, février 2008
La tendance est à la remise en question des fondamentaux républicains du XXe siècle.
L’Éducation nationale en premier lieu. Carte scolaire bannie, morcellement de l’enseignement supérieur, menace sur l’école de proximité, financement obligatoire de l’école privée par les communes… La laïcité ensuite. Le président revêt les habits du chanoine de Latran pour affirmer que la République s’est fourvoyée dans la laïcité. Plus tard, en terre wahhabite, c’était limite qu’il se flagelle le dos avec son bracelet-montre quand il évoqua l’idée de Dieu.
L’encadrement des règles de l’emploi, pour continuer : exit la durée légale du travail, le repos dominical, le droit de grève. Plus grave peut-être encore : abaissement de l’âge de l’apprentissage à quatorze ans et tolérance pour les jeunes de quinze ans, qui peuvent être mis à disposition d’un patron sans encadrement scolaire. La vie associative enfin. Celle qui s’occupe d’éducation populaire, de lien social de proximité, d’action socioculturelle, de spectacle vivant ou d’art amateur. Elle est menacée par la fonte des crédits, aussi rapide que celle de la glace des pôles. C’est qu’elle est marquée, aux yeux des dirigeants d’aujourd’hui, par de nombreuses tares : sans valeur marchande, elle bascule dans la case " dépense " de la comptabilité publique ; palliant les déficiences de l’État, elle en alourdit la charge ; inscrite dans le développement local, il est difficile de la vendre lors d’une virée à l’étranger. Pire, elle est créatrice de citoyenneté, c’est-à-dire d’une liberté collective aux antipodes du libéralisme. Inquiétante convergence des mesures. " Les enfants, le XIXe siècle est terminé ", chantait en 1968 la déjantée Brigitte Fontaine, en tapant dans ses mains. François Hannoyer
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Janvier 2008
Au bain, marris les citoyens !
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°484, janvier 2008
De tous côtés on n’entend plus que ça : ils s’acoquinent, ils avancent désormais main dans la main. C’est de notoriété publique, pourquoi le cacher ? L’émulsion politicienne bat son plein et, bien avant Pâques, les œufs seront brouillés. Au bain, marris les citoyens ! Car ces mariages, à trois mois des scrutins locaux, sont le fruit de tractations entre coqs de basse-cour, validées par les appareils, comme d’antan celles des familles de nobliaux se reconnaissant mutuellement dignes de convoler. Lesquels arrangements seront un nivellement par le bas des idées et des programmes plus qu’une mise en débat contradictoire sur des sujets qui fâchent. Dommage, le débat public local aurait pu gagner en qualité. Je ne demande qu’à me tromper mais, a priori, ces élections s’annoncent comme une simple reproduction de l’existant.

Lignes de fuites

Des lieux de débat, on en cherche, localement comme au niveau national. Ce premier grand rendez-vous d’après la présidentielle devait être celui de la " repolitisation " citoyenne, en contrecoup d’excès inacceptables. Mais les attaques contre le partage du travail se sont noyées dans une tasse de pouvoir d’achat ; le Grenelle de l’Environnement rappelle que dessiner une perspective c’est suivre des lignes de fuite ; la laïcité a été une erreur de la République ; les lieux de droit régalien – la justice, l’école, l’université – se raréfient sur la carte de l’aménagement du territoire. En voilà des thèmes de dialogue entre l’État et le local qui mériteraient d’être traités par la commission nationale du débat public ! Mais, tout comme le conseil national de la vie associative, voilà huit mois qu’on attend son renouvellement…François Hannoyer
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Décembre 2007
Les associations et la culture du résultat
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°483, décembre 2007
Il y a longtemps, le seigneur vivait du produit des terres cultivées par les serfs dont il assurait la protection. Vint le temps des patrons fournissant travail et salaire, leurs dames faisant la charité. Puis la République laïque a créé le social. L’indigent, devenu " redevable " de l’État, y a peut-être perdu sa capacité de révolte, individuelle et collective. Pendant que la droite des riches fabriquait la croissance et le progrès, la gauche des pauvres incarnait le cœur et la solidarité. Bon an, mal an, les associations ont cherché leur place entre pouvoir politique et mobilisation citoyenne. Arrivée au pouvoir, la gauche a voulu montrer qu’elle était capable de gérer. Le " développement social " mettrait en cohérence une certaine vision de l’action collective, liant activité économique et sociétale, fonction publique et culture d’entreprise, centre-ville et quartiers, femmes et hommes, français de " souche " et immigrés. La critique écologique remisait la notion de progrès, les objecteurs de croissance fustigeaient la mondialisation. On pensait partage du travail pour tous. Les associations ont tenté de maintenir le lien social, de masquer les contradictions fondamentales de notre société. Très peu ont expérimenté, dans l’économie solidaire, l’idée d’un citoyen debout, ressource pour lui, ses proches et son territoire.
Balayés ces atermoiements, au rancart les pleurnicheries sentimentales ! Aujourd’hui, c’est le résultat qui compte. D’ailleurs, qui peut être " contre " ? Mais de quel résultat parle-t-on ? La pensée unique vise-t-elle un résultat clinquant de montres-bracelets, de yachts, de dîners mondains et autres richesses tape-à-l’œil ? Je laisse ce désir que je ne partage pas à quelques cinglés, aveugles et sourds à leur environnement. On ne peut pas demander à l’association de quartier de conduire une équipe de mômes vers le sport de compétition sans que ses joueurs aient fait l’expérience positive du vivre ensemble, de l’engagement collectif, du projet. C’est ce résultat que visent les associations. François Hannoyer
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Novembre 2007
Encore un match de perdu
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°482, novembre 2007
Les médias jouent confus quand ils nomment décentralisation le fait qu’un président de la République transporte ses godillots de ministres à Strasbourg ou à Lyon. Des compétences ont-elles été transférées ? Un nouvel acteur est-il né, doté des moyens de son autonomie ? Non. Tout au plus devrait-on parler de délocalisation d’un non-événement, reproduit ici puis là, ponctuellement. Les sorties de M. Sarkozy ne sont même pas une déconcentration de l’État.
De même, " l’ouverture ". Un système politique est-il ouvert quand il octroie des maroquins à quelques stars, au prétexte qu’elles incarnent l’opposition ? Bien étroite ouverture, au ras de la mêlée, qui déviera à peine la trajectoire du paquet d’avants pour le reconstituer aussitôt. Plus spectaculaire est le geste de l’ouvreur qui distille les balles sur ses ailes, à des estafettes de sensibilités politiques différentes. Mais ce sont des francs-tireurs qu’on envoie au casse-pipe. Peut-on espérer qu’ils changent la politique ? Bientôt ils s’épuiseront dans l’exploit individuel et, probablement, dans la perte de l’estime de soi.
La France n’est pas championne du monde de rugby, et elle n’est pas plus proche d’un quelconque trophée pour sa capacité de changement démocratique. François Hannoyer
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Octobre 2007
Légende d’automne
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°481, octobre 2007
La chasse est ouverte dans le Sud, par lequel les ramiers migrateurs pénètrent sur le territoire, en route vers le Nord (Cherbourg plutôt que Calais). On imagine les préfets. Planqués dans les taillis ou scrutant l’horizon du haut des palombières, ils visent le chiffre de 25 000. Ailleurs, les agents de la collectivité organisent des battues, un aérosol répulsif au baudrier, pour pousser le SDF hors de son abri. Pire encore : les pouvoirs publics pourraient être dotés de l’arme biologique pour vérifier l’authenticité du regroupement familial des intrus immigrés.
On se prend à rêver. Un policier appréhende une jeune fille, cheveux longs et blonds, sur un scooter qu’elle prétend avoir emprunté à une amie. Bien-sûr, elle n'a pas l’assurance du véhicule, ni ses propres papiers... " Et vous dites que vous êtes la fille du président ? Z’allons vérifier ça au poste ! ". Test négatif, rien à voir avec l’ADN du président. Il faudra l’intervention spéciale de Cécilia pour sortir sa fille de cette mauvaise situation.
Les choses publiques se brouillent, où se mélangent l’ordre moral et la morgue cynique du m’as-tu-vu dans mon yacht, où l’on nomme un ministre pour dans trois mois, lequel instrumentalise pieusement un symbole de la République pour dynamiser ses rugbymen. C’est le retour de l’idéologie totale et de la politique zéro. François Hannoyer
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Septembre 2007
Municipales 2008, c’est parti
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°480, septembre 2007
Septembre 2007, mars 2008 : six mois. C’est parti pour les municipales. Car il faudra plus d’un jour et d’une nuit, d’un nycthémère donc, pour prendre votre mairie, citoyens ! Des édiles reluquent déjà chaque tête qui dépasse localement comme celle d’un concurrent à surveiller. Un vrai cauchemar (nightmare, disent les Anglais), une parano peu reluisante. D’autres cherchent à façonner des alliances. D’autres encore, dans les villages notamment, s’inquiètent de constituer une liste en nombre suffisant….
Animateurs du débat local, les tenants de la démocratie délibérative peuvent avoir à livrer un rude combat (social, idéologique, politique) pour s’imposer. Leurs armes ? Une bonne connaissance du territoire et de ses ressources, basée sur des échanges entre groupes les plus divers possible, le plus souvent hors des sentiers battus de la pyramide représentative. Rapports sociaux irremplaçables.
Mais au-delà, le contexte politique et institutionnel demande de manier des clés d’analyse avec un recul suffisant pour bâtir des projets durables. La gouvernance, la solidarité, l’innovation doivent pouvoir s’appuyer sur une maîtrise des enjeux territoriaux (la montée en puissance de l’intercommunalité) ou plus vastes encore par les thèmes qu’ils englobent. En matière d’écologie, de développement solidaire, de justice sociale, l’expérience d’autres acteurs pourra s’avérer utile. Ne pouvant répondre à toutes les sollicitations locales, si passionnante soit chacune d’elles, l’Adels réunira prochainement un séminaire national (sur invitation) dans l’idée de faire réseau et de doter tous les candidats d’un arsenal d’arguments pacifiques, mais déterminés. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Juin 2007
La lutte des classes, les bans de l’école
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°479, juin 2007
La société civile – puisque " peuple " ne se dit plus – est aujourd’hui médusée par l’ampleur de la contradiction à laquelle elle est confrontée. En témoigne la question de la carte scolaire. Giflés par la froideur dominatrice d’une économie qui délocalise pour polluer, licencie pour parachute-dorer, nous sentons confusément que la solidarité républicaine est une morale qu’il faut muscler pour combattre celle justifiant que l’élite se regroupe dans les classes de niveau, dans les établissements d’excellence, dans les écoles supérieures du pouvoir. Mais, constatant les frontières spatiales, sociales, raciales et économiques qui scarifient le territoire et séparent visiblement relégation et intégration, opulence et déshérence, choix de vie et lendemains contraints, qui choisirait de relever, en combat singulier, le défi des contradictions à l’œuvre ? Aucun parent d’élève ne peut prendre son enfant en otage pour éradiquer la terreur individualisée qui circule dans les rangs de l’école, divise au lieu de différencier, organise la concurrence plutôt que la coopération. Le yacht à Malte, la Lanterne à Versailles et le jogging partout ne sont que des images insolentes, de l’ordre du " happy slapping " actuellement en procès. La véritable arrogance sociale et l’incivilité se jouent ailleurs. Elles sont moins médiatiques, plus profondément angoissantes, enfouies dans nos institutions et nos représentations collectives. N’attendons pas d’un État (fût-il local) qu’il recompose autoritairement la carte scolaire. Confions aux associations laïques et civiques le soin de mettre en débat la crise sociétale que révèle la question de la carte scolaire. Aux syndicats d’enseignants d’organiser un jury citoyen capable d’expertise populaire sur l’école. Aux communes d’ouvrir commissions extra-municipales et conférences de consensus pour dessiner une carte scolaire soutenable. François Hannoyer
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Mai 2007
Place à la contamination positive
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°478, mai 2007
Une fois écumée l’effervescence médiatique présidentielle, que distingue-t-on dans le chaudron du bouillonnement social réel ? Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
Premier fait marquant : un taux de participation réconfortant bien qu’insuffisant pour engager le changement, qui prend à revers les théoriciens du déclin politique. Ensuite, la lepénisation des esprits n’a pas eu lieu, mais il semble prudent d’attendre. La tendance a largement atteint les discours, et donc les esprits.
Quelques studios radio et plateaux TV sont encore le barycentre de l’élection. Mais les débats en région progressent, les initiatives citoyennes se sont multipliées, et il y a là un formidable levier à utiliser. Il est vrai que les éléphants se sont remis à barrir dans la savane, législative cette fois. L’arithmétique d’appareils restera-t-elle une science sourde aux questions de société ? Ces questions de société, justement, ont donné lieu à des constats, des diagnostics, des révoltes, des propositions alternatives, des jugements d’experts, des promesses de candidats, sur les plans institutionnel mais, surtout, sociétal. Le " je ne sais quoi " qui a fait que la recette a pris une saveur particulière cette année. Comment installer durablement cette expérience positive, dans la démocratie quotidienne, sur les territoires de citoyenneté ? Les réseaux associatifs et citoyens, malgré les tourments organisationnels et financiers dont nombreux témoignent aujourd’hui, doivent s’organiser. La résistance n’est pas qu’un idéal, elle a surtout besoin de petits gestes de contamination positive. François Hannoyer
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Avril 2007
La présidentielle, comme une lettre à La Poste
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°477, avril 2007
L’humour en publicité, le procédé est vieux comme mes robes, dirait ma tante. Mais que l’humour mercantile soit vecteur de message politique, c’est plus récent : cela date de la campagne présidentielle de 1974, si ma mémoire est bonne, et de la pub Citroën " Avec la CX, changez de régime ".
L’exercice de style atteint ses limites et ne fait plus rire du tout quand il s’agit de vanter la marchandisation des services publics. Que La Poste, pardon, La Banque postale, fasse passer pour escroc l’expéditeur qui n’utiliserait pas le tarif " prioritaire ", c’est insupportable, particulièrement pour qui constate que ses envois sont fréquemment perdus. Que la SNCF ose comparer ses passagers à des héros du quotidien, les banlieusards cons et cernés comme moi apprécieront, eux dont les trains sont souvent supprimés ou en retard. Les messages commerciaux des candidats à la présidentielle relèvent parfois de la même faute de goût, et font également grincer des dents. Bons mots et traits d’esprit étant le fait des marionnettes et des imitateurs, reste aux candidats à forcer le trait pour exister, et ce n’est pas drôle. On avait déjà fustigé ici les vannes éléphantesques sur Ségolène Royal. Mais comment réagir à l’humour de l’ancien ministre de l’Intérieur, qui use à outrance du comique de répétition (quatre-vingt-dix fois le mot France lors d’une récente allocution), ou à l’utilisation du faux-nez chez Bayrou, chantre de la défense de la veuve, de l’ouvrier et du paysan ? François Hannoyer
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Mars 2007
Selon que vous soyez gros ou maigre...
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°476, mars 2007
Le ministère de la Santé à présenté son deuxième programme national " nutrition santé ", avec obligation d’insérer dans les publicités alimentaires des messages sanitaires, en gros de la prévention contre l’obésité. En même temps, l’Inséé nous propose de calculer notre indice personnalisé des prix à la consommation (IC). On sait que pour les ménages à faibles revenus, le logement arrive au premier rang des dépenses, la part de l'alimentation en second. Entendue récemment sur une radio publique, une jeune femme témoignant de son impossibilité de satisfaire les envies de ses petits chérubins, avouait que " le seul moyen d’éviter la paire de baskets à 200 euros est d’acheter des produits alimentaires de marque, pour réduire leur frustration ". Produits issus de l’industrie agroalimentaire, décriés depuis longtemps par les nutritionnistes comme trop gras, trop sucrés, trop salés. L’indice de masse corporelle (IMC), dont nous bassinent les magazines féminins, permet lui d'évaluer la masse graisseuse d'une personne. Faisons une corrélation entre l’IMC, l’IC et les règlements de l’OMC, ce dernier favorisant les grands groupes industriels, notamment agroalimentaires. Additionnez votre IMC et votre IC, multipliez par le poids des pays exportateurs de produits agricoles à l’OMC et divisez le tout par les bénéfices cumulés des dix plus grands groupes agroalimentaires mondiaux. Vous obtenez votre IIM (indice d’intérêt mondial). Là, tout devient limpide. Quelque soit votre IIM, pas d’inquiétude, et surtout plus de régime : de toute façon, si vous êtes pauvre, vous serez gros – ou mal portant, tout n’est pas écrit d’avance. Sauf que, pardon, bonne nouvelle : le petit caporal de Neuilly s’est déclaré favorable à la publicité pour le vin à la télévision. Une décision favorable à l’IIM des plus défavorisés, c’est certain. Blanche Caussanel
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Février 2007
Côtés obscurs
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°475, février 2007
Début d’année édifiant sur la fragilité de la démarche participative. Le traitement événementiel de l’actualité veut cela : un jour, la démocratie participative c’est LA nouvelle attitude politique qui va tout changer. Ses faiblesses ? elles sont preuves de disponibilité au changement…
Le lendemain, c’en est fini. Il n’y a rien à attendre de quelqu’un qui n’a pas de message ; l’écoute de la demande, c’est le degré zéro de la politique. Le doute s’insinue et laisse planer un profond discrédit sur la notion et sur les pratiques qui peinent à imposer leur légitimité.
En faisant la une des médias, la disparition de l’abbé Pierre illustre encore les rapports ambivalents du politique, de l’économique et du social. Côté clair : l’émotion semble profonde, presque de nature à créer un puissant mouvement collectif. Les laïcs notent l’œuvre du citoyen et les ultralibéraux s’inclinent devant la détermination du militant. Pauvres et riches ensemble sur le parvis, l’image est belle.
Côté sombre, les questions : cet élu, tout perclus de compassion, n’a-t-il pas refusé d’appliquer la loi SRU sur le territoire dont il a la charge ? Cette loi en préparation sur le droit au logement opposable, elle changera quoi ? Et puis, cinquante ans de gueulante pour en arriver à cette terrifiante similitude entre 1954 et maintenant… Ce n’est pas un peu désespérant ?
Dans sa carte de vœu, Hamida, militante de la cause des femmes en banlieue, donne la parole à Albert Camus dans Le vent à Djemila : " l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. " .
François Hannoyer
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Janvier 2007
Affaires étrangères… aux citoyens ?
tiré de la rubrique "Adels info" in Territoires n°474, janvier 2007
Avril approche, nous entrons dans une période délicate : élire un chef d’État demande de réfléchir sur son rôle, les fonctions de représentation qu’il ou elle devra exercer " au nom de la France " dans le concert des relations mondiales. Combien, parmi les électeurs, se posent la question en ces termes ? On jauge plutôt la capacité des candidats à ferrailler sur de multiples sujets politiques, économiques, socioculturels… Trop souvent, le débat est engoncé dans des problématiques hexagonales. C’est une double ambiguïté connue, à une autre échelle, dans les instances participatives de quartier : d’une part, certains déplorent que nos concitoyens ne parlent que d’éclairage public et de bordures de trottoirs. D’autre part, l’habitant qui veut mener localement une réflexion globale est jugé incompétent, supposé animé d’intentions politiciennes, bref, illégitime. Coopération internationale et relations quotidiennes de proximité sont bien sûr intimement liées et le discours des prétendants présidentiels mérite d’être analysé sous cet angle. Pendant que le ministre de l’Intérieur fustige ces étrangers qui arrivent sur le territoire, le même candidat " à la magistrature suprême " déplore la fuite des cerveaux français vers l’étranger. Il porte sur ces flux le même regard inquiet, voire agressif. Ne serait-il pas plus sain d’envisager ces mouvements dans le cadre d’échanges équilibrés, entre des pays partenaires reconnaissant mutuellement les avantages de la coopération ? Cela changerait notre perception des frontières et, dans le même temps, le regard que nous portons localement sur l’immigration et sur son potentiel de développement.
François Hannoyer
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Décembre 2006
Un nouveau Territoires, mais pas sans vous !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°473, décembre 2006
En 1996, l’Adels choisissait de scinder Territoires en deux cahiers pour différencier dossier thématique et traitement de l’actualité des acteurs de la démocratie participative. Dix ans plus tard, en janvier 2007, la nouvelle formule, sous forme d’un magazine, témoignera du formidable élan de société pour la participation, maintenant incontournable dans les discours politiques, révolution douce dans la gestion des services, contribution essentielle des initiatives citoyennes au changement de nos institutions.
Territoires s’inscrit dans cette modernité qu’elle a participé à créer. Fruit d’une réflexion associative, éditoriale et rédactionnelle, la nouvelle revue répondra aux aspirations des lecteurs par un format plus grand, l’apport de la couleur, des rubriques plus nettement affichées, l’alternance d’informations courtes et d’analyses, la création de liens entre lecteurs de la revue papier et débatteurs sur le site internet. Avec Territoires, la presse associative et militante s’engage dans les enjeux contemporains, sans succomber aux sirènes de la mode. L’indépendance et le recul restent de mise, comme la volonté de croiser vos savoirs d’élus, de techniciens, de militants, d’organiser le lien entre vos proximités dans une vision politique globale. Vous êtes lecteur, devenez rédacteur, débatteur, soutien : le nouveau Territoires ne se fera pas sans vous !
François Hannoyer
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Novembre 2006
Vive la méthode gloB-A-bale !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°472, novembre 2006
En apprentissage de la lecture comme en participation politique, s’il est indispensable de maîtriser la lettre, il est tout aussi nécessaire de comprendre l’esprit du propos pour bien lire, comprendre aisément et s’impliquer. Le lecteur est acteur, c’est une évidence avec laquelle l’instituteur comme l’animateur du débat public a appris à composer depuis longtemps, proposant alternativement un décryptage syllabique ou une réflexion globale sur les choses.
De même, ici comme là, l’autorité n’est pas de mise. Elle n’est pas la posture ad hoc pour promouvoir la compréhension, le jugement, et encore moins l’accord. Le volontarisme unilatéral de la personne qui détient l’autorité, si légale soit-elle, n’est ni légitime ni efficace pour mobiliser l’individu ou la collectivité, rendre capable de jugement privé ou public, logique ou politique, sur les textes proposés et l’environnement qu’on donne à lire. Davantage qu’au B-A-ba de la décision publique locale, c’est au sens de la politique que les citoyens prétendent participer. Pour avoir pratiqué la concertation dans sa ville, Gilles de Robien, ancien maire d’Amiens, ne l’ignore pas et devrait souffler cette leçon au ministre qu’il est devenu.
François Hannoyer
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Octobre 2006
Oui aux interpellations massives
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°471, octobre 2006
Dans sa lettre au ministre de l’Intérieur, le préfet Cordet décrit son département (le 9-3) sans concession. Plaidoyer à charge contre l’ennemi intérieur, il amalgame clandestins et étrangers, jeunes et délinquants, animateurs et Islam. Les institutions ne sont pas épargnées. La justice, les forces de l’ordre, assujetties à la politique spectacle, sujettes au turn-over, minées par les guerres des polices, harcelées par l’IGS. Le plaignant passe aussi la brosse à décaper sur d’autres phénomènes, que le lecteur analyserait plutôt comme des causes, comme le délabrement de l’habitat ou la proximité de l’éclatante richesse des entreprises qui s’implantent dans le 9-3 et de la pauvreté qui s’accroît. En conclusion, Le Monde relève ce mot du préfet : " L’uniformité sociale et économique de la Seine-Saint-Denis, telle qu’elle existait depuis l’après-guerre, est en train d’exploser. "
Ainsi, le destinataire de la lettre n’est pas Nicolas Sarkozy. L’adresse devrait interpeller les prétendants candidats aux prochaines élections et, bien au-delà, tous les acteurs de ce pays. Quelles alternatives proposez-vous, tenants du développement durable ou de la démocratie délibérative ? Est-il raisonnable d’en appeler à la mobilisation de la société civile face à une crise civique et sociale aussi profonde ? Éléments de réponse aux 10e Rencontres de la démocratie locale, à Dijon, les 20 et 21 octobre.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Septembre 2006
S’engager, c’est mettre en gage
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°470, septembre 2006
À l’invitation de Chrétiens dans le monde rural (CMR), l’Adels a participé à une semaine de formation en Aveyron, sur le thème " Motivés pour la rurale politique ". De quels moyens disposent les citoyens pour débattre de l’avenir des hommes et de leur travail, des filières
économiques dans lesquelles ils s’insèrent, de leur inscription dans un projet de territoire ? Les espaces spécifiques (partis, syndicats, instances de concertation) paraissent bien étroits et
repliés sur eux-mêmes – voire inspirent la méfiance – aux yeux de qui veut ouvrir un
débat global.
Le document audiovisuel sur le développement durable réalisé et présenté par une équipe d’agriculteurs Aveyronnais visant à interpeller les acteurs de leur territoire – et bien au-delà peut-être, grâce au réseau CMR – montre que la vie associative est un lieu, rare et précieux, de production d’intelligence sociale, économique et donc politique. Mais les savoirs échangés en groupe restreint seront-ils réinvestis plus largement ? Au prix de quelle énergie dépensée à se faire reconnaître ? Souhaitons bon vent à cette initiative citoyenne. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour que son engagement, gage de ressource sur le territoire, soit accepté.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Juin 2006
Vade retro, commissions
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°469, juin 2006
De rétro-commissions en salaires fictifs, de secret défense en amnistie présidentielle, l’État donne une image abjecte de la chose publique. En confondant les finances privées et l’économie nationale, l’intérêt personnel et la représentation politique, on discrédite bien plus que les seuls personnages qui, avec un cynisme supplémentaire, avouent tout haut attendre impatiemment que le mondial de foot et la trêve estivale détournent les regards et les jugements.
On salit le mandat de tout le personnel politique, et particulièrement des élus qui sont tous les jours davantage assimilés au détestable " tous pourris ".
Jusque dans la gestion locale. Quel regard porteront sur les maires-shérifs les parents de jeunes qu’on aura tôt fait d’enfermer dans la case " délinquant " ? Quel (res)sentiment anime les familles qui attendent une HLM quand le Parlement tente de voter la suppression de l’obligation du quota de 20 % de logements dans les villes de plus de 3500 habitants ?
L’été arrivant, les citoyens préfèreront tourner leur attention vers ceux qui désobéissent en publiant des études de vulnérabilité des futurs réacteurs nucléaires, ou ceux qui, avec le Réseau éducation sans frontières, entrent en résistance pour accueillir des enfants menacés d’expulsion.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mai 2006
La délibération fait un tabac
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°468, mai 2006
Au jeu des rapports binaires pouvoir / contre-pouvoir, le gouvernement a perdu.
Le CPE a été retiré, mais la leçon n’a pas servi. Dès le lendemain, un ministre a voulu imposer à
l’Assemblée nationale une mise à jour sans débat de la loi sur le tabagisme, pourtant vraisemblablement consensuelle. " Nous voulons délibérer, nous sommes là pour ça ". C’est un parlementaire qui s’insurge, UMP qui plus est, blâmant ce déni de démocratie. Car il est maintenant évident – sauf aux yeux du pouvoir – qu’évoquer la seule majorité issue des urnes n’est pas une raison suffisamment légitime pour gouverner.
Mais le cerveau politicien fonctionne sur d’autres stimuli. C’est aux partis de gauche que la droite voulait répliquer. Quelques jours après cette nouvelle déconvenue (le projet de loi est retiré de l’ordre du jour), un autre député nous apprendra qu’il était urgent de légiférer " pour occuper la niche " et ne pas laisser au Parti socialiste l’avantage d’inscrire à son programme une proposition de santé publique.
La saison électorale veut cela : dans les mois à venir, il faudra apprendre à décrypter les jeux de plateaux en décelant ce qui se passe sous la table, dans les officines partisanes. Les citoyens, eux, profiteront de la période pour faire de la politique.
En délibérant.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Avril 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°467, avril 2006

Qui consulte qui ?
L’actualité sociale porte à réfléchir sur les liens entre consultation et participation. Avez-vous entendu l’avis du Conseil économique et social sur les mesures de contrôle social proposées par le gouvernement ? Connaissez-vous la position du Conseil national de la jeunesse sur le CNE ou le CPE ? Serait-il jugé opportun que la Commission nationale du débat public crée une commission particulière sur les modes de traitement social du chômage ?
Deux types de questions se font jour. D’abord sur la consultation, notion ambiguë, manipulable à l’envi, conflictuelle.
Qui consulte qui ?, à quel moment du débat public et sur quels enjeux ?, avec quelle influence possible sur la décision finale ? Le référendum local organisé à Saint Denis (93) sur le droit de vote des résidents non communautaires montre ainsi l’abîme vertigineux entre l’acte symbolique et l’incapacité de la consultation à changer le droit. Sur les questions sociales ensuite. Entre démocratie participative et institutions représentatives, les ponts ne sont pas
visibles. Les syndicats, les coordinations, les partis veillent. Mais ils peinent à trouver
l’espace public où mettre le conflit en débat. Au Printemps de la démocratie, à Paris, une femme disait en substance : " Le Conseil de quartier ne sert pas à résoudre la situation du SDF qui est à notre porte. Je me sens comme une figurante. "
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Mars 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°466, mars 2006

Un jeune invective les participants d’un débat public : " Vous ne savez rien de ce que vivent les gens, vous n’avez pas le droit de parler à leur place. " La question de la démocratie est intimement celle de la confrontation des savoirs. Elle n’a rien de spontané et ne peut être improvisée. Au-delà d’un altruisme qui comporterait des relents nauséabonds, les agents, les bénévoles et les professionnels des organisations " média " entre la population et la politique (les associations, les services publics, l’éducation populaire, les administrations) sont-ils les porteurs légitimes d’un savoir citoyen suffisamment élaboré pour s’imposer dans le débat public local et prendre part à la hiérarchisation des décisions ?
La question des savoirs populaires est objet de controverses scientifiques. Pour ne pas être cantonnées dans une proximité enfermante sous forme d’une contribution concédée par l’élite, et pour gagner le statut de " révolte légitime ", les notions d’expertise citoyenne ou de savoirs d’usage doivent être déconstruites pour devenir opposables dans la conduite des changements politiques durables. Association d’éducation populaire, l’Adels veut être clairvoyante sur ces trois registres – social, institutionnel et politique.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Février 2006
Logo.asso.gouv.fr
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°465, février 2006

Les relations entre l’État, les collectivités locales et les associations sont loin d’être stabilisées. En témoignent les atermoiements dans le versement des subventions aux réseaux nationaux. Récent épisode peu glorieux, des courriers annonçant à des associations nationales que leurs subventions, largement amputées, leur seraient accordées si elles répondent dans les 24 heures ; dates d’arrivée des courriers : le 23 et le 30 décembre. Faut-il préciser que nous parlons des financements pour 2005 ?... Mais il semble qu’un autre acteur s’invite dans le débat public/privé : les fondations d’entreprises. La culture, l’environnement, le logement social semblent intéresser le mécénat d’entreprise. La tendance mérite d’être suivie de près. D’abord par pragmatisme : est-ce que l’État, confusément, ne verrait pas d’un bon œil que les entrepreneurs investissent sur des dossiers qui pèsent lourd dans la gestion publique ? La seconde est plus politique. Que l’État trouve dans le capital privé les relais financiers de ses projets politiques pose le problème de la contrepartie demandée. Les quarante dernières années ont montré que les trois activités citées génèrent d’insondables problèmes de société quand leur gestion est celle de simples biens de consommation.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Janvier 2006
Démocratie délibérative
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°464, janvier 2006

Sur nombre des chantiers qu’elle mène, l’Adels vérifie que la démocratie participative est une révolution douce mais déterminée, qui s’installe dans les relations quotidiennes entre acteurs. Prenons par exemple la notion de délibération. À entendre les commis de l’État ou certaines associations d’élus, quand les citoyens délibèrent, ils tchatchent et se renseignent en vue d’une décision qu’ils ne prendront pas. La délibération des élus est d’une tout autre nature puisqu’elle contient la décision. Comment, dès lors, situer la notion de démocratie délibérative ?
Le débat n’est pas seulement sur l’emploi des mots. L’épithète " délibérative " ne réduit pas l’exercice de la démocratie au seul exercice du débat : elle qualifie le temps de la procédure davantage que le résultat. Le terme " démocratie délibérative " est l’autre face de la "délibération démocratique ". Ceux parmi les élus qui ont fait l’expérience du dialogue avec l’État (quand il mène le débat public) comprennent la déception des citoyens face à l’insatisfaisante offre de délibération, et se montrent plus enclins à la concevoir comme lieu de coproduction de la décision. Ils ne sont pas pour autant déshabillés d’une once de pouvoir. C’est donc bien de
décentralisation dont il est question.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05

 
Décembre 2005
L’effet réseau, chemin faisant
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°463, décembre 2005
En publiant Renouveler la démocratie : oui, mais comment ?, sous la plume de Serge Depaquit, et en prolongeant cette initiative par des soirées débat, l’Adels répond à une forte demande d’acteurs de nombreux territoires. Les participants n’ont pas la prétention de résoudre la crise de la représentation, l’impudeur d’émettre des solutions pour échapper à la
société de l’incertitude. Tout au plus constatent-ils qu’en contribuant à la réflexion, ils cheminent. Nourris d’expériences locales, ils échappent au leurre de la proximité. Enclins à ouvrir des perspectives politiques, ils ne visent pas un horizon fuyant : ils savent que la société de demain se construit dans la délibération " ici et maintenant ".
Ce mois de novembre a aussi été le mois des rencontres avec les professionnels et les bénévoles de l’union Peuple et culture en université d’automne, ceux des centres sociaux dans la Cité de la participation, les professionnels de l’union régionale des MJC en Rhône-Alpes. D’un lieu à l’autre, les idées circulent. L’Adels est ainsi au cœur de son projet associatif. Ces rencontres nourrissent Territoires, et, réciproquement, les lecteurs de la revue investissent avec une énergie nouvelle les territoires dans lesquels ils sont impliqués.
D’autres rencontres se préparent à Marseille, Lyon, Nantes… et peut-être chez vous si vous souhaitez cheminer quelques heures avec les membres de l’Adels.

François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Novembre 2005
Convergences vers Dijon
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°462, novembre 2005
Les Xe Rencontres de la démocratie locale, à Dijon, les 20 et 21 octobre 2006, se préparent dès maintenant, en collaboration avec les futurs participants. Les premiers à se mettre au travail seront les membres de conseils de quartier de près de quarante villes en réseau. Une large liste de thèmes à traiter va leur être proposée par l’Adels. Chaque groupe local est invité à indiquer en retour un thème qu’il souhaite traiter pendant l’année. Les thèmes retenus (ceux qui donnent lieu à des échanges nourris entre les groupes) seront traités en forums le vendredi 20 octobre 2006 après-midi. Vers ceux-ci convergeront des groupes citoyens de tout le territoire pour mutualiser, capitaliser les expériences et tracer les lignes futures de la démocratie participative.
Les groupes qui ne seraient pas inscrits sur la liste de diffusion et souhaiteraient être partie prenante du dispositif sont priés de se faire connaître.
Autres temps forts des Xe Rencontres : la table ronde citoyens / politiques (21 matin) et les ateliers thématiques (21 après-midi) seront présentés prochainement. Ils donneront lieu,
eux aussi, à une convergence d’associations, d’élus, d’experts sollicités par l’Adels sur les champs de l’action publique locale revisitée sous l’angle de la participation.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
 
Octobre 2005
Sciences citoyennes
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°461, octobre 2005
Éducation populaire, science, technique et citoyenneté. En animant un débat à la Cité universitaire sur éducation populaire et développement durable, c’est beaucoup plus qu’un acte isolé que l’Adels a réalisé, rapprochant deux secteurs d’activité peu fréquemment en contact.
L’association s’est aussi liée à deux laboratoires associés au CNRS pour travailler sur les transferts de savoirs entre experts scientifiques, techniques et citoyens. L’Adels est encore impliquée dans un travail avec le Mouvement pour un développement solidaire sur les moyens de faire reconnaître l’expertise d’usage dans la décision publique. Avec le Syndicat de l’éducation populaire dans un cercle d’étude sur l’éducation populaire, elle observe ses modes et ses méthodes d’intervention dans l’histoire et dans les enjeux contemporains. Initiatives nombreuses, au milieu de beaucoup d’autres encore qui semblent converger vers une problématique centrale : les intermédiaires entre politiques et citoyens, et particulièrement les associations d’éducation populaire, leurs salariés, leurs militants, sont-ils, aujourd’hui, des acteurs de la démocratie participative et, à plus long terme, les laboureurs d’un terreau de nouveaux modes de gouvernance ? François Hannoyer

Association science technologie société (ASTS) :
01 44 89 82 82, le_lien@asts.asso.fr
Mouvement pour un développement solidaire :
mds@globenet.org
Syndicat de l’éducation populaire Sep-Unsa-Éducation :
http://sep.unsa-education.org
 
Septembre 2005
Rentrée littéraire
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°460, septembre 2005
L'un et l’autre représentent des travaux de longue haleine. Et l’un et l’autre, chacun à sa manière, sont des aventures collectives. Pour la rentrée, l’Adels publie deux ouvrages qu’elle a l’immodestie de juger importants. Le premier se nomme Pour une culture de la participation, et est l’œuvre de Pierre Mahey. Architecte, urbaniste, mais avant tout animateur d’espaces de débats participatifs, il a par exemple accompagné l’Atelier de travail urbain de Grande-Synthe, un modèle du genre. Il sait par son expérience combien les paroles doivent êtres dites pour pouvoir être dépassées. C’est ce qu’il fait dans son livre, livrant avec une grande clarté sa vision de la démocratie participative, sa nécessité, son état d’être, ses perspectives, ses limites.
Renouveler la démocratie...
Pour une culture de la participation, 11 euro

Le second est signé par Serge Depaquit, vice-président de l’Adels et penseur du renouvellement démocratique, mais est le fruit d’un cheminement appronfondi de deux ans de l’Adels sur cette question essentielle. Au final, Renouveler la démocratie, oui mais comment ? analyse la nature de la crise politique, ses liens profonds avec la crise de la démocratie sociale et économique, et propose des pistes pour s’en sortir.
Pour une culture de la participation, 11 euro
Renouveler la démocratie, oui mais comment ? (sortie en octobre), souscription : 5 euros au lieu de 11 euros jusqu’au 30 septembre.
Adels : 01 43 55 40 05
 
Juin 2005
Horizon 2008, déjà
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°459, juin 2005
L ’Assemblée générale de l’Adels (le 27 mai dernier), qui connaît le rythme associatif, a décidé d’orienter dès maintenant les travaux de ses membres en visant l’horizon 2008. D’ici les municipales, l’activité ne manquera pas. L’association perpétue son rôle de club politique, lieu singulier de réflexion et d’échanges. Sa singularité est basée sur trois pieds. Son objet spécifique: la démocratie, la citoyenneté, l’organisation des institutions et des territoires. Son positionnement : en dehors d’enjeux politiques immédiats. Sa volonté de diffuser son expertise: l’éducation populaire.
Les lecteurs de Territoires, les participants aux formations ou aux rencontres de l’Adels sont principalement des militants politiques ou associatifs locaux, des animateurs de lieux de médiation, des élus ou des professionnels engagés dans la vie locale.
À ceux-là, l’Adels propose de s’appuyer sur son texte projet et de se rencontrer dans des soirées interactives, relayées par un réseau de correspondants locaux et des partenariats associatifs, et lors des 10e Rencontres de la démocratie locale. L’expérience des dernières municipales montre la fragilité et l’isolement des initiatives citoyennes.
L’Adels se met en capacité, dès maintenant, d’étayer et de participer à la construction de leur engagement, de nourrir leur projet.
 
Mai 2005
L’actualité de l’éducation populaire
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°458, mai 2005
L ’Adels reçoit aujourd’hui notification du renouvellement de son agrément au titre de la jeunesse et de l’éducation populaire. D’aucun n’y verront qu’une formalité obsolète, le reliquat d’un lien ancien entre une autorité centrale et des " franchisés " sur tout le territoire. À quoi bon, diront ceux-ci, cette référence administrative supplémentaire ? D’autres, plus au fait de ce que signifie cette filiation au mouvement d’éducation
populaire, pleurent sur ce qu’est devenue cette flamme ancienne qui habitait les maisons des jeunes et autres projets pédagogiques d’envergure nationale, voire internationale. Ceux-là pleureront
encore dans vingt ans, comme si la nostalgie était le seul signe de leur appartenance.
L’Adels préfère voir dans cet agrément une amicale piqûre de rappel. Comme pour dire aux associations : " Que faisons-nous ensemble, aujourd’hui, pour que vive le projet d’éducation populaire ? Si les pères fondateurs étaient nos contemporains, quelles initiatives oseraient-ils prendre ?
À quels risques choisiraient-ils d’exposer leurs organisations ? "
L’Adels prend sa part de responsabilité. Par Territoires, par les séminaires qu’elle organise, par les nombreux débats dans lesquels ses militants sont appelés à intervenir, par le réseau de correspondants locaux qu’elle souhaite organiser, l’association revendique son appartenance au mouvement. Il n’est pas de démocratie sans participation des gens. Pas de participation sans que les institutions écoutent ce que les gens ont à dire. Là est l’ambition actuelle de l’éducation populaire.
 
Avril 2005
Le professionnel en retrait, l’élu à l’écoute… Génial !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°457, avril 2005
Les premiers pas de l’association Réseau initiatives et citoyenneté (Ric) sont le signe d’une réussite qui fait plaisir. Après deux ans de maturation, de journées à la Fondation de France en rencontres thématiques décentralisées, du stand au Festival international de la ville à l’atelier lors des rencontres de Niort, les adhérents du Ric (qui n’était alors qu’une association de fait soutenue par l’Adels) se sont forgé une identité commune, une volonté de faire ensemble, une capacité collective à interpeller d’autres groupes. À Voiron (Isère), le week-end du premier avril, des habitants de Grenoble, Marseille, Montpellier, Nice, Niort, Pont-de-Claix, Roubaix, Roussillon, Toulon, Vienne se sont donné rendez-vous pour débattre, déambuler dans les quartiers en cours de requalification, rencontrer des membres des conseils consultatifs, débattre encore. Le tout, bien sûr, ponctué de moments festifs. Deux faits marquants, aux yeux de Myriam, Pia et Marie-Jo qui " recevaient ". D’abord, le directeur du centre social a montré sa totale confiance dans le groupe en le laissant agir (Mais quel boulot que de tout organiser sans les professionnels !). Ensuite, les élus présents, locaux, régionaux : ils ont écouté, et le courant semble être passé dans un sens inhabituel. Ils ont ouvert leurs yeux, et leur regard sur les habitants semble avoir changé. Longue vie à l’association, pour peu qu’elle trouve des appuis (techniques et financiers).
Ric, Békir Gunès : 01 43 55 40 05, 06 07 24 52 44
 
Février 2005
Ce que les 9e Rencontres ont donné à voir
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°455, février 2005
Il est trop tôt pour dresser le bilan des Rencontres de la démocratie locale de Niort. Mais, d’ores et déjà, un événement saute aux yeux : décentralisés jusque dans les moindres parcelles du territoire, les multiples lieux d’échange que sont les instances participatives sont peu visibles. Ils sont pourtant désormais incontournables et constituent un réservoir indispensable d’observateurs, de porteurs de diagnostics, d’idées, de projets qui ne demandent qu’à être écoutés. Rassemblez quelques élus, agents municipaux, professionnels et militants associatifs, citoyens engagés dans les quartiers, les pays, les associations, les collectivités locales : vous rendrez visibles les propositions qu’ils formulent pour repenser le lien social dans leur quartier, l’économie locale de leur vallée, la politique dans le monde. Que celles-ci soient (peut-être) imparfaitement exprimées n’a pas d’importance. Cela souligne juste l’intérêt d’investir collectivement dans les moyens que demandent les acteurs locaux pour affiner leurs contributions. Cette richesse citoyenne a été évidente à Niort. Au-delà des discours incantatoires, l’Adels y voit le signe d’un changement profond de société. Faire de la politique aujourd’hui n’est pas tant prendre une – bonne – décision publique que mettre en lumière les nombreux chemins vicinaux et citoyens qui y mènent.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Janvier 2005
Animation, modes d’emploi
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°454, janvier 2005
L 'animation est indispensable à la vie démocratique d'un groupe, d'une organisation, d'un territoire, pour mener la dynamique d'un projet, assurer la médiation entre les acteurs et leur environnement. Pour que les transformations auxquelles aspirent les groupes participatifs s'inscrivent durablement dans un territoire, il faut concevoir l'animation dans sa dimension " politique ", c'est-à-dire comme vecteur des débats de société et comme outil au service de la démocratie délibérative. Pour développer tous ces sujets, l’Adels vient de publier le guide Animer un projet participatif, modes d'emploi. On y retrouve une réflexion sur le sens que revêt aujourd'hui l'animation, une invitation suivre les différents temps de la vie d'un groupe porteur de projet et, enfin, des situations et des attitudes concrètes d’animation sont proposées comme éléments de méthode. L’ouvrage, soutenu financièrement par la direction régionale de l'environnement - Bretagne, aura été un des derniers actes publics de l'Office socioculturel rennais (OSCR), partenaire du projet, au terme de vingt-sept années d'existence.
François Hannoyer.
Animer un projet participatif, modes d’emploi, éd. Adels, 2004
 
Décembre 2004
Rendez-vous aux 9e Rencontres
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°453, décembre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale, à Niort, les 28 et 29 janvier 2005, rassembleront des membres de conseils de quartier, de conseils de développement, de fonds de participation des habitants, des professionnels d'associations et de municipalités. Ils ont à partager un bilan de leurs pratiques dans ces instances de médiation entre la société civile et les élus, entre la demande sociale et son traitement dans la décision publique locale. Leur expérience est irremplaçable. Elle est un socle indispensable pour interroger nos institutions, nos modes de gestion des territoires et, au-delà, participer à la redéfinition du contrat démocratique. La période est la bonne puisque le calendrier électoral est vierge pour un temps : le temps pour les citoyens de s'inviter, à leur rythme, dans le débat sur le Politique, avec les arguments qui sont les leurs. Et de faire entendre le lien social qu'ils créent quotidiennement, la solidarité qu'ils expriment dans la société, la créativité dont ils témoignent pour inventer un développement soutenable. Forums, débats, tables rondes et ateliers se nourriront de leurs réussites, de leurs critiques et de leurs propositions.
Pour tout renseignement : adels@adels.org.
 
Novembre 2004
L’autogestion aujourd’hui. Que reste-t-il de nos amours ?
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°452, novembre 2004
Le 7 décembre à 18H, l’Adels organise une nouvelle soirée-débat sur l’autogestion. Nostalgiques, s’abstenir : les contributions préalables sur internet et les débats qui cadreront la soirée porteront moins sur le thème de ce qu’a été l’autogestion hier qu’un regard sur ce qu’elle structure dans la vie collective contemporaine. À l’heure des 35 heures et de la production immatérielle, est-ce une manière de penser les relations sociales dans l’entreprise ? Est-elle un positionnement alternatif à la mondialisation de l’économie ? Participe-t-elle à modifier la répartition de la richesse ? Propose-t-elle un regard politique global sur le local et le développement ? Qui se réclame ou pourrait se réclamer de l’autogestion, aujourd’hui ? Existe-t-il une continuité historique de cette notion qu’on disait utopiste ? Ses acteurs se reconnaissent-ils mutuellement ? L’autogestion reste-t-elle un projet d’avenir ? À ces questions et à d’autres, les regards croisés d’acteurs se répondront.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Octobre 2004
C'est encore loin, Niort ?
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°451, octobre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale affichent maintenant un thème qui n'est pas encore un titre : " Les citoyens, acteurs du renouvellement de la démocratie ". L'organisation des travaux se dessine. Rencontres d'acteurs d'abord le vendredi : conseils de quartier, conseils de développement, dispositifs d'appui aux initiatives d'habitants, étudiants futurs professionnels de la démocratie locale. La journée se terminera par un buffet et un bal.
Le samedi ensuite, en plénière, les différents groupes partageront une synthèse éclairant mutuellement leurs pratiques de citoyenneté active. Puis un débat en fin de matinée avec des élus : " Comment envisager l'alliance entre la société civile et le Politique ? " Enfin, après le déjeuner, dans la grande tradition de l'éducation populaire, des ateliers de vingt à trente personnes. La liste des thèmes est encore ouverte. Pour une édition et un envoi du programme à mi décembre, cela laisse un peu de temps à tous les partenaires pour participer à l'élaboration du programme. Les Rencontres de la démocratie locale sont soutenues par la ville de Niort et le conseil régional de Poitou-Charentes.
Les 9e Rencontres
de la démocratie locale,
Les 28 et 29 janvier 2005 à Niort
Avec l'Adels, l'Unadel et le RIC
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Septembre 2004
Démocratie de proximité en villes moyennes : dispositifs et enjeux
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°450, septembre 2004
L'Adels participe aux Rencontres nationales portées par la ville d'Auxerre et la Fédération des maires de villes moyennes, les 14 et 15 octobre prochains sur le thème :
Une table ronde d'ouverture montrera comment proximité, solidarité et efficacité se conjuguent autour d'un premier constat : si la démocratie locale doit permettre à tous les habitants de comprendre les enjeux de la gestion municipale, elle doit aussi permettre de prendre pied dans les grands défis que la société et la planète doivent relever.
Puis quatre ateliers traiteront simultanément de la démocratie de proximité comme outil d’évaluation publique des enjeux locaux ; comme moyen de mobilisation des citoyens, des services, des élus ; comme lieu de mise en cohérence des initiatives à partir du projet municipal ; comme moment dans la décision publique locale.
Les questions de mise en œuvre alimenteront les ateliers du 15 octobre : quels outils pour élaborer un diagnostic partagé, quels vecteurs pour informer, communiquer, se connecter, quels moyens de formation, quelle organisation de la démocratie dans les différentes échelles de territoires ?
La table ronde de clôture ouvrira sur les pratiques de renouvellement urbain et d'Agendas 21.
www.adels.org
Contactez-nous !
Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
 
Juin 2004
Rencontres réunionnaises de la démocratie locale
Tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°449, juin 2004
Une centaine d’acteurs de " l’éducation émancipatrice tout au long de la vie ", thème des 3e Rencontres réunionnaises de la démocratie locale, se sont retrouvés à Saint Leu, le 26 mai 2004. Ce thème a mobilisé des responsables d’associations, des universitaires, des chefs d’entreprise, des parents d’élèves, des responsables du groupe inter-religieux, des travailleurs sociaux, des citoyens, etc. Il en est ressorti trois questions, débattues en ateliers : comment permettre à chaque personne de sortir de sa dépendance, en sachant que si les chaînes de l’esclavage ont été brisées en 1848, elles sont encore présentes dans les mentalités et l’exercice du pouvoir ? Comment changer d’ère, en passant de l’état de minorité, avec des tuteurs, à l’égalité sur la place publique ? Comment réhabiliter le politique, malheur des intérêts contradictoires, sans être noyé dans la sphère technico-politique ? De multiples propositions ont émergé : création d’une agence de presse fédérative pour la valorisation des initiatives en auto-organisation de base ; lancement d’un programme de désintoxication de la société de consommation ; formation des élus à l’exercice démocratique ; découpage des grandes communes ; défense de l’autonomie associative… S’il faut lutter contre l’illettrisme (120 000 sur 730 000 habitants), les participants ont souhaité réinscrire cet objectif dans une finalité première : la lutte contre l’ignorance, qui perpétue l’esclavage.
Marc Vandewynckele
 
mai 2004
Adhérez !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°448, mai 2004
Vous connaissez l'Adels à travers la revue Territoires ? Vous avez lu d'autres ouvrages édités par l'Adels ? Vous avez participé à une formation ? Peut-être avez-vous rencontré un membre de l'association au cours d'une soirée-débat ou aux Rencontres de la démocratie locale ?
Toutes ces activités sont le produit d'une association qui vit grâce à l'implication active de ses militants, aux contacts qu'ils entretiennent entre eux, avec des territoires, des réseaux, des initiatives citoyennes. Vous avez apprécié le contenu d'une intervention, vous acquiescez aux propositions émises par l'Adels ou voulez en discuter avec ses membres ?
Le mieux est encore d'adhérer.
Vous recevrez la lettre interne de l'association et bénéficierez du libre accès au centre de documentation qui sera bientôt opérationnel. Des tarifs préférentiels vous seront accordés. Peut-être même voudrez-vous devenir correspondant local de l'Adels ? Prendre l'initiative d'animer une séance de travail, un atelier d'échange, rédiger un article pour Territoires ?
L'Assemblée générale de l'Adels aura lieu les 4 et 5 juin prochains.
Si vous souhaitez y être invité(e) et adhérer à l'association, renvoyez un e-mail à : adels@adels.org .
 
avril 2004
Hommage à Anne Lichtenberger
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°447, avril 2004
Anne Lichtenberger a toujours été au service des plus pauvres et des plus déshérités, ceux dont la voix a du mal à se faire entendre. Elle était pleinement engagée dans ce travail militant, dans ce qu’il est traditionnel d’appeler des organismes caricatifs. Mais elle a souhaité ne jamais s’arrêter à ce premier stade de l’engagement.
Pour elle, l’engagement essentiel était l’engagement citoyen, celui qui la mettait au service d’une démocratie vivante, qui ne s’appuie pas seulement sur le seul système politique mais aussi sur tout le réseau des associations qui font le terreau de notre société.
Elle a été de tous les combats, qu’il s’agisse de l’Adap avec François Bloch-Lainé, de la Fonda avec Frédéric Pascal et Anne David.
C’est elle qui a eu la première l’idée de développer des Fonda régionales et pour ce qui la concerne, en Rhône-Alpes.
Je me souviendrai toujours de la réunion fondatrice de la Fonda Rhône-Alpes à Bourg-en-Bresse, où elle avait réussi à faire venir l’ensemble des forces associatives de la Région.
Jusqu’au bout de ses forces elle a combattu pour que la démocratie vive.
Grâce lui soit rendue.
Jean-Pierre Duport
 
mars 2004
Qui parle de passion politique ?
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°446, mars 2004
Devant les citoyens de Bures-sur-Yvette et environs, récemment rassemblés pour un Forum social local, l'Adels animait une table ronde consacrée à la démocratie participative. Ce fut l'occasion pour Serge Depaquit, vice-président de l'association qui introduisait les débats, de montrer que ce n'est pas là affaire seulement de structures, de méthode, de moyens, de cadres juridiques... « C'est du sens politique de ce qui est donné à débattre dont il faut parler ; c'est le renouvellement de la politique que nous visons », proposait-il aux élus et militants présents. Le même week-end, le premier secrétaire du Parti socialiste, devant un auditoire conquis, martelait : « Il faut politiser le débat. » Le lieu d'exercice de ces deux engagements politiques est-il identique ? La mobilisation et la dynamique recherchées convergent-elles vers la même implication dans le renouveau du gouvernement de la Cité ? On en doute. En cette période électorale, la balle est dans le camp de ceux qui disposent des moyens de communication autrement plus puissants que ceux dont disposent les citoyens « de base ». Aux tenants des organisations politiques de comprendre qu'ils ont un fossé à combler, qu'il s'agit même d'un fait politique de première importance et que, pour ce faire, ils doivent composer avec l'énergie citoyenne telle qu'elle s'exprime dans les Forums sociaux locaux. Soyons optimiste. À l'issue de la réunion de Bures, une jeune femme est venue remercier l'orateur qui, disait-elle, lui avait redonné le goût de faire de la politique.
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Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org
 
février 2004
En route vers les 9e Rencontres de la démocratrie locale !
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°445, février 2004
L'Adels lance la préparation des neuvièmes Rencontres de la démocratie locale.
Le chiffre dit le succès rencontré par la manifestation qui regroupe depuis 1991 élus, agents de la fonction publique territoriale et militants associatifs, représentants de groupes de citoyens, membres de réseaux locaux ou nationaux.
Les initiateurs veulent donner à l’événement une dimension nouvelle, pour qu’il témoigne davantage encore des préoccupations actuelles, des sollicitations exprimées auprès de l'Adels dans les réseaux qu'elle fréquente, de l’actualité des pratiques de démocratie participative et de citoyenneté.
C'est pourquoi l’Adels souhaite élaborer les prochaines Rencontres en association étroite avec l’Union des acteurs et structures du développement local (Unadel) et le Réseau initiatives et citoyenneté (RIC).
Avec les partenaires associatifs nationaux qu’elle réunit très en amont, il faut maintenant définir une thématique précise, une déclinaison pour chaque atelier, un thème commun pour l’éventuelle plénière, une soirée festive, qui sait ? Toutes les idées sont bonnes. Les neuvièmes Rencontres se construiront au fil des mois qui viennent.
Suivez les informations qui témoigneront régulièrement du projet, ou contribuez directement à l’avancée des travaux en faisant des propositions sur le site de l’Adels.

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janvier 2004
Vigilance citoyenne
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°444, janvier 2004
Il semble que les groupes de citoyens et les associations peinent à investir les deux territoires « intermédiaires » que sont la région et l'Europe.
Passées les actuelles discussions d'appareils où les partis politiques visent à créer des alliances ou à se démarquer l'un de l'autre, à préserver, à répartir ou à gagner des sièges dans les exécutifs régionaux, il faudra bien en venir à l'essentiel et aux véritables débats de société que doivent traiter ces deux territoires.
En région, une vigilance citoyenne doit être maintenue pour veiller à ce qu'une véritable décentralisation permette un développement des projets à cette échelle, en lien avec les autres échelles de territoires. Régionalisation ne peut pas rimer avec démantèlement de l'action publique.
L'Europe sera-t-elle libérale, nouveau terrain de chalandise du marché recomposé à cette dimension ? On connaît les risques d'extension des inégalités et de précarisation des populations que cela génère, de concentration des richesses, et donc d'impérieuses régulations devant être supportées par les États et les collectivités locales.
Ces deux territoires seront-ils le lieu d'une gouvernance démocratique et sociale ? Il faut pour cela que les groupes et les associations fassent valoir à ce niveau leurs choix politiques, leur vision des changements nécessaires, leurs projets. Les acteurs de la démocratie participative doivent mener un important travail de mobilisation en ce début d'année 2004, pour combattre l'abstention prévisible et pour donner un sens politique à ces échéances électorales.
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Décembre 2003
FSE : La démocratie, voie étroite et exigeante
tiré de la rubrique "Adels info" in journal de Territoires n°443, décembre 2003
L'incontournable succès d'une manifestation telle que le Forum social européen, et en même temps une inévitable faiblesse, vient de ce que ses participants ne sont pas adeptes de la pensée unique.
Tous partagent une lecture critique de la société, locale, européenne et mondiale, même si les diagnostics diffèrent en fonction des histoires politiques et organisationnelles. Tous en appellent au changement. C'est sur les moyens d'agir que doivent s'expliquer les partisans d'une citoyenneté active, d'une part, et nombre de militants des organisations internationales, des partis et des syndicats, d'autre part.
Les premiers prônent la participation des citoyens, voie qui nécessite des acteurs qu'ils se reconnaissent mutuellement légitimes à s'engager dans la gouvernance démocratique.
Les seconds craignent peut-être qu'une refondation hors des appareils traditionnels dans lesquels ils sont impliqués risque, pour cette raison, d'être illégitime, comme peuvent l’être globalement à leurs yeux la décentralisation, la co-production de l'espace public, le marché. Face à ces menaces, ils s’en remettent à un pouvoir central fort.
Pour soutenir et faire progresser la première voie, l'Adels était présente au FSE et au Forum des autorités locales : deux manifestations jusqu'à présent séparées qui, pour la première fois dans la jeune histoire du mouvement, ont ouvert un espace commun de dialogue entre leurs participants.