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La chronique "Centres sociaux... et citoyens"
de Territoires
 

Spirale contre la violence
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 464 janvier 2006
Juin 2005 : le défilé. " D’accord, mais on ne veut pas être derrière toi juste pour montrer que les jeunes font des choses ! " La coordinatrice du projet Spirale au centre social des Acacias de Nanterre (92) était prévenue, les jeunes qui acceptaient de s’engager dans le projet de défilé, ouvrant leur fête de quartier (Le chemin de l’île) n’avaient pas l’intention d’être des potiches. Ils voulaient qu’on les laisse agir et prendre toute leur place. Dès le départ, leurs objectifs sont clairement définis : communication, sécurité et convivialité. Le jour J, 150 habitants habillés en blanc, symbole de paix et thème de la marche, encadrés par les jeunes défilent, et c’est un succès. " Au départ, on pensait qu’on allait nous trimballer, nous montrer. Mais franchement, vous avez su nous laisser prendre la parole et nous rendre autonomes. "
Décembre 2005 : le projet Brésil – les mêmes plus tard. Ils ont adhéré au centre, qui vient d’ouvrir un espace 16-25 ans d’accompagnement de projets individuels et collectifs. Certains d’entre eux animent maintenant bénévolement des ateliers de danse pour les plus petits, car " transmettre aux autres, c’est aussi mon rôle ".
Ce groupe veut aller rencontrer son pendant au Brésil. Pour ce faire, ils ont rencontré d’autres jeunes, de l’institut supérieur de commerce de Levallois : ensemble ils vont chercher des sponsors pour cofinancer ce projet. " Si on n’y va pas nous mêmes, qui le fera à notre place ? " Bonne question. À un des jeunes de l’ISC : " Pour la danse, je suis là, mais toi si tu veux danser, va falloir bosser ! "
Centre social des Acacias, Nanterre : 01 47 29 10 26

 

Crèche qui roule amasse les petits mousses
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 462 novembre 2005
" Croque Lune " n’est pas une marque de sandwich mais un concept pour résoudre une question avant tout géographique : dans le Pays Mellois (Deux-Sèvres), territoire fortement rural, les communes sont très éloignées les unes des autres. Le centre social regroupe à lui seul 4 000 habitants dans le canton et 9 800 habitants avec les villages environnants. Aucune des associations locales, préoccupées par les demandes des jeunes parents pour leurs enfants de 0 à 2 ans, n’ont trouvé de solution suffisante. Le centre socio-culturel du Mellois, aidé par ses habitants, a proposé diverses solutions pour répondre à cette carence… et ils ont trouvé. Comment faire pour proposer un lieu à la fois éducatif, de garderie et de rencontre pour les familles, sur un aussi grand périmètre, avec une population peu mobile ? La réponse se trouvait là où on l’attendait le moins : dans une décharge de vieille ferraille.
Et pourquoi ne pas retaper un vieux bus et proposer de se déplacer dans les villages à la rencontre des jeunes parents et de leurs enfants ? Pourquoi ne pas devenir un centre social " mobile " pour s’adapter à la réalité géographique ? Pari tenu : avec Croque Lune, des habitants, aidés par des professionnels bénévoles de la clé de douze, ont remis à neuf et réaménagé le véhicule. En quelques mois, ce bus à la retraite a retrouvé une nouvelle jeunesse et est devenu une nurserie chaleureuse et ludique, une véritable caverne d’Ali Baba pour les petits et les grands, avec des jouets, des jeux, de quoi s’asseoir, discuter. Un programme mensuel détermine les itinéraires du bus. Conduit par des animateurs, il roule de bourg en bourg et accueille petits enfants et parents. Mieux, il se promène jusque dans les écoles maternelles pour préparer les plus petits à leur prochaine rentrée scolaire… bien entendu accompagnés de leurs parents.
Le Bébé Bus se diversifie d’année en année, puisque depuis peu, et en partenariat avec la bibliothèque de la ville, il propose aux enfants une bibliothèque ambulante et offre aux enfants les joies de la découverte de la lecture.
Centre socio-culturel du Mellois : 05 49 29 04 05

 

Mur d’escapade
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 461 octobre 2005
Sur les murs, une multitude de papiers colorés, paper-board, post-it, dessins et surtout un tableau, ou plutôt une planche de bois, avec des clous. Nous sommes dans " la salle du projet ", une salle qui, à l’origine, était réservée à l’équipe salariée du centre social de la Berthaudière, à Décine (Rhône).
À quoi sert-elle ? Les habitants viennent y inscrire leur projet, leurs envies, leurs idées : " Qui veut venir voir le dernier spectacle d'Ariane Mnouchkine
jeudi prochain ? " Ceux qui sont intéressés contactent la personne qui a proposé cette sortie. Et hop ! Le lien est créé. C’est aussi un vivier d’informations sur les événements du centre à venir. La salle est accessible pendant les heures d'ouverture du centre social, mais les activités peuvent être programmées en soirée et les week-end.
Mais, à elle seule, la salle des projets ne suffit pas à rompre l’isolement et à impliquer davantage les habitants dans la vie de leur centre. Une fois par mois, le groupe " C’est mieux ensemble ", qui rassemble des adultes de 35 ans à 75 ans, se retrouve et fixe les plannings. Lorsqu’au moins deux personnes sont d’accord sur une activité, ils l’inscrivent… sur le mur. Une personne responsable de ce projet est alors désignée, s’en suit un travail rigoureux : création d’une fiche sur l’activité proposée, détermination des horaires, des lieux, etc. La salariée du centre social n’a plus qu’un rôle : celui de spectateur. " J’accompagne en terme de structuration, mais en aucun cas en terme d’animation, le projet est étudié, du début à la fin par les protagonistes avec, en plus, une estimation budgétaire à l’appui. " Sur les murs, la plage du projet…
Centre social de la Berthaudière : 04 78 49 13 27

 
Les centres sociaux du Valenciennois sur le banc des accusés
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 459 juin 2005
" Suspectés de "susciter plus de questions que de réponses", une information a été ouverte contre les quinze centres sociaux du Valenciennois à l'initiative du juge d'instruction Obskur. Au cours des différentes auditions, les centres sociaux ont déclaré qu'ils impliquaient près de 3 000 familles adhérentes, plus de 8 000 usagers, et soutiennent qu'ils mènent des projets de qualité, différents et complémentaires de ceux de leurs partenaires.
En interrogeant spontanément les gens dans la rue, nos enquêteurs ont pourtant pu constater un certain décalage avec cette version des faits. II résulte en effet de sondages et de micro-trottoirs un ensemble de charges suffisantes contre l'image des centres sociaux du Valenciennois, accusés:
o 1 d'exclure de leurs équipements certains publics en accueillant essentiellement des publics dits “sensibles” : pauvres, étrangers, délinquants, jeunes… ;
o 2 de servir du café gratuitement au préjudice des établissements qui en font commerce ;
o 3 de ne proposer que de la consommation d'activités aux dépens de projets plus ambitieux et structurants ;
o 4 de programmer un ensemble d'actions et de manifestations dont les résultats ne sont jamais visibles ;
o 5 de faire de l'assistanat au détriment d'actions plus participatives avec les habitants ;
o 6 de perdre du temps et de l'énergie dans des réunions qui n'en finissent pas ;
o 7 de faire tous la même chose et de travailler sur leurs quartiers respectifs au détriment de toute mise en réseau et de complémentarité ;
o 8 d'être des militants, des contestataires et de faire de la politique ;
o 9 de mettre en œuvre des projets avec des équipes qui manquent de compétences et de formation.
Par ces motifs, ordonnons mise en accusation des quinze centres sociaux du Valenciennois. Pour “identité trouble, illisibilité de l'action et message brouillé” devant la cour d'assises. "
Le samedi 4 juin, à l’université de Valenciennes, sur ces motifs, un simulacre de procès se déroula donc : ouverture du procès avec tirage au sort des jurés, appel des témoins, étude de la personnalité puis étude des faits et, après le verdict, un buffet convivial ! C’est avec cette approche autocritique et originale que ces centres sociaux du Nord ont participé, comme près de 999 autres, à la Journée des 1 000 couleurs, pour échanger et débattre sur leur projet participatif.

Luc Roussel : 03 20 79 98 70
 

Mémoire, réhab’ et vidéo
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 458 mai 2005
À l’origine, un " atelier de vie quotidienne " dans le centre social Agies, à Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), c’est-à-dire une activité d’échanges entre les habitants du quartier, comme par exemple la cuisine, l’initiation à l’informatique, etc. Tous les trois mois environ, on change de sujet, de support. Et depuis quelques temps, c’est la vidéo qui fait l’unanimité. Déjà, des cartes postales filmées ont été réalisées pour délivrer des messages. Avec l’aide de l’association " Grain à démoudre ", qui veut démocratiser la pratique du cinéma, un petit groupe d’habitants commence à se mobiliser.
Dans un contexte de projet de réhabilitation urbaine, arrive l’opportunité de produire un film dans le cadre du festival " Mémoires des cités ", organisé par le service culturel de la ville. Il faut trouver une idée, un synopsis, interviewer. Le groupe décide de se pencher sur le passé des habitants du quartier. Bourgade rurale devenue à la sortie de la seconde guerre un campement américain, puis une ville de banlieue (du Havre), le territoire de la ville va encore être bouleversé avec le projet de " réhab’ " – comme on dit. Le recueil de témoignages démarre et des tonnes d’émotions ressurgissent, car l’installation des Américains et la transformation ultra rapide qui en résulta ne se fit pas sans peine. Cette remobilisation du passé et la conscience de cette appartenance provoque aussi beaucoup d’idées et d’envies d’agir : des randonnées, un écomusée...
Projection publique du film La mémoire en fumée le mercredi 18 mai, à 20h30, à l’Espace culturel de la Poive-de-Caux.

Centre social et socioculturel Agies : 02 35 45 44 75

 

Services à la personne : et l’initiative des habitants ?
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 457 avril 2005
" Mon enfant est malade et je n’ai pas d’assistante maternelle ", " mon assistante maternelle est malade et je n’ai pas de famille proche ". Voilà une niche de besoins sociaux exemplaire pour le développement des services à la personne. Mais plutôt que de tout marchandiser, peut-on aussi laisser la place à la solidarité et aux initiatives des habitants ?
Face à ces réflexions, des personnes à la retraite fréquentant le centre intercommunal de Saint Léger-sous-Cholet en Maine-et-Loire ont mis en place un système solidaire et bénévole de garde d’urgence.
Devant des complications inattendues de garde (enfants malades, etc.), ils ont créé Dépann’mômes. Le but du jeu est simple : lorsqu’on ne trouve ni amis, ni grands enfants, ni famille pour veiller sur eux, le service SOS Nounous accueille les enfants. Pendant la période scolaire, toute la semaine sauf le mercredi et les vacances, les enfants – jusqu’à la fin de l’école primaire – sont donc accueillis pour une durée ne dépassant pas deux jours consécutifs.
La procédure est simple et rapide, un numéro de téléphone est à disposition 24h/24 h, il oriente selon la situation géographique et le problème posé, puis c’est au tour des bénévoles de Dépann’mômes de prendre le relais. Ils accueillent les enfants à leur domicile et les encadrent, les chouchoutent pendant que les parents, maintenant sereins, poursuivent leurs activités. Pour une sécurité et une confiance optimales, une convention pour la garde temporaire de l’enfant est signée entre le centre social et le bénévole, lors de son accueil. Depuis janvier 2005, et en contrepartie du paiement de la cotisation au centre (moins de cinq euros par an), des mamies, des personnes à la retraite ou des mamans en congé parental prennent soin des chères têtes blondes en cas de coup dur. Ce bel effort de solidarité, une des valeurs fortes des centres sociaux, est, et tous sont d’accord pour le dire, une initiative qui en a " sauvé " plus d’un.

Dépann’mômes : csinter@wanadoo.fr

 
P’tits dej’ et vitamines
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 456 mars 2005
Depuis novembre, tous les lundis matin, c’est un temps d’échanges organisé par le centre social de la Rabière pour préparer la fête des " mille couleurs " du 4 juin 2005. Les habitants, réunis autour du café, ne se contentent pas de préparer la fête. Ils ont là un bon prétexte pour mettre en valeur les initiatives prises dans le quartier " pour créer ensemble un quotidien solidaire et citoyen ". La convivialité est l’un des ressorts de l’expression et de la participation : d’où l’idée de petits déjeuners pour donner de la consistance aux concepts d’action sociale et d’éducation populaire sur lesquels sont fondés les centres sociaux. Il s’agit aussi de provoquer la rencontre et la collaboration des différentes catégories d’acteurs : jeunes et adultes, salariés et bénévoles, administrateurs et partenaires, qui font la richesse du projet centre social.
Le groupe du " P’tit dej’ " s’est donné pour objectif de croiser les idées, les témoignages. Ensuite, il s’agira de concrétiser le ou les projets retenus. Dès le premier P’tit dej’, les idées sont venues : " Pourquoi ne pas trouver un nouveau nom au centre social ?… Ah ! On pourrait aussi le réécrire sous forme de tag, avec les jeunes. " " Et si nous jouions au centre social ? En faisant du théâtre… les salariés seraient les usagers, et vice-versa… Une façon d’aller au devant de l’autre, et de revenir à ce qui fait tout le sens de nos actions. " " Pourquoi ne pas faire un film témoignage… sur le thème "une journée dans la vie de mon centre, de mon quartier", en laissant aux habitants la liberté de filmer ce qu’ils ressentent ? " À propos de film, les seize femmes réunies ce lundi sont toutes d’accord pour garder traces de ces P’tits dej’. La solidarité a été le premier thème de réflexion choisi. Chacune pourrait trouver un acte solidaire, ou quelque chose qui révolte, matière à " coup de gueule ". Du coup, on replonge dans ce que vit chacune. " Dites, ces actes de solidarité, ne pourrions-nous pas en faire une émission radio ? "
Il est déjà dix heures. Le groupe est ouvert, d’autres personnes le rejoindront ; mais chacune, c’est sûr, veut revenir. " C’est fou ! On a tous quelque chose à partager ! "

Centre social de Symphorien : 04 78 48 46 14
 
Speed dating démocratique
Tiré de la rubrique "Centres sociaux... et citoyens" du journal de Teritoires n° 455 février 2005
Jouons à la démocratie… ou plutôt au " Jeu de l’île déserte " ; c’est ce que propose l’équipe du centre socioculturel de Saint Symphorien-sur-Coise (Rhône). Imaginez-vous sur un bateau en train de couler. Chaque équipage doit désigner un porte-parole, puis les trois objets qu’il emportera sur l’île. Comment faire quand il faut rapidement choisir un d’entre nous, se mettre d’accord, déléguer une mission, représenter, négocier ?
Le Jeu de l’île déserte comprend trois étapes. Tout d’abord, chaque équipe doit choisir un porte-parole, en six minutes. Un groupe a vite fait de désigner l’un des siens ; on profite du temps restant pour mieux se connaître. Ailleurs, on s’interroge longuement sur la fonction du porte-parole ; déjà, les méthodes diffèrent. La seconde étape, en trente minutes, consiste à sélectionner trois objets parmi une liste de trente-sept. Lesquels emmener : une bêche, un lit, la Bible, des graines, la Joconde ? Dernière étape : pour les trois porte-parole, il s’agit de se mettre d’accord sur les trois objets qui seront en définitive emportés. Difficulté : le représentant doit-il se tenir au choix de son équipe, ou trouver un compromis avec les deux autres ? Le temps passe vite.
En quelques minutes, les participants ont beaucoup appris sur les comportements collectifs et individuels. Le Jeu permet de montrer les différentes attitudes adoptées au sein d’un groupe, la parole que certains ont du mal à céder, que d’autres ne prennent pas. Le choix de la méthode est révélateur aussi. Vote à main levée ou secret ; les critères de choix sont-ils définis à l’avance ? À l’issue du jeu, chacun admet que les comportements individuels influent sur les décisions collectives, que le temps de parole doit être mieux respecté. Dans la vie des associations, celle du centre socioculturel notamment, mais aussi partout où sont prises des décisions, la démocratie est en quelque sorte à la merci des comportements. " Connais-toi toi même... ", la maxime du philosophe, est une leçon pour beaucoup de ceux qui sont revenus de l’île déserte…

Centre social de Symphorien : 04 78 48 46 14