Projets de territoires
Développer localement les richesses humaines
Les ressources « immatérielles » des territoires sont innombrables, et souvent peu connues. Le savoir, la connaissance, la solidarité, l’ingénierie, l’environnement, la culture, l’histoire… Pourquoi immatérielles ? Peut-être parce que voilà autant de richesses qu’il est difficile de photographier, de comptabiliser de manière strictement quantitative, de faire entrer dans des bilans économiques. Et pourtant, tout le monde (?) sait que les femmes et les hommes sont les premières et les principales ressources d’un territoire. Gérer et développer les savoirs et les compétences sur un bassin de vie, c’est se donner toutes les chances d’enclencher des dynamiques fructueuses pour les années à venir. Face à des ressources financières publiques dans un drôle d’état, avec désengagement fort et recentrage sur des zones « pilotes », les acteurs locaux doivent miser sur leurs richesses essentielles, humaines. Enfin ?
Communes rurales
Qui sont les "petits" élus ?
Les élus ruraux sont méconnus. Drôle de paradoxe qui fait que 500 000 personnes passent incognito au beau milieu de notre société de transparence, alors même qu’ils font partie d’un pan de la société dont le haut de la hiérarchie est 24h/24h sous les feux de la rampe : le monde politique.
Ce sont les « amateurs » face aux professionnels, souvent « apolitiques » (en fait « apartidaires», nuance) face aux acharnés du pouvoir. Le vote rural lui aussi est méconnu : comment se présente-t-on, comment fait-on campagne et sur quels critères est-on choisi ? L’extension des paysages périurbains, enfin, là où les citadins viennent à voter en s’installant dans des communes de moins de 3 500 habitants, consacre-t-elle un choc culturel entre électeurs urbains et système de vote villageois ? Comme on le verra dans ce dossier, l’apprentissage des subtilités du panachage peut être dur… Ce dossier n’aurait pu voir le jour sans un partenariat avec le Centre d’études de l’Europe latine de Montpellier, qui a organisé un colloque en avril 2008 : « Battre campagne : les élections municipales en milieu rural », sous la coordination d’Aurélia Troupel et Sylvain Barone ; et qu’il a été construit avec la complicité de la rédaction de Transrural initiatives.
Le mystère du Grand Paris
Les enjeux, les acteurs, les scénarios
Juin 2007 : le coup de canon sarkoziste retentit, le président évoquant une future communauté urbaine pour le Grand Paris. Les ripostes politiques ont depuis été nombreuses, mais elles mettent souvent les charrues avant les bœufs : chacun avance sa proposition de réforme institutionnelle, sans trop poser la question du pourquoi. Ce dossier spécial de Territoires, non seulement décortique les différents scénarios qui sont aujourd’hui proposés pour un Grand Paris, mais surtout donne la parole à des experts, techniciens ou élus, qui analysent, chacun pour leur domaine, quels sont les véritables défis que doit relever ce territoire métropolitain. Un dossier pédagogique, conçu spécialement à l’attention des citoyens pour leur permettre d’enfin mettre les pieds dans un débat complexe auquel ils n’ont jusque-là guère été conviés.
Urbanisme participatif
Faire la ville avec les habitants : une utopie ?
L’urbanisme participatif des années 70 est
mort, vive l’urbanisme participatif des années
2000. Depuis sa belle vie menée dans les années
" révolutionnaires ", ce dernier s’est
éteint à petit feu sous le coup de la technicisation
de la production de la ville, de la législation,
et a, petit à petit, pris le visage de la seule
concertation, quand ce n’est pas de la consultation
consumériste. Mais, depuis quelques années,
des formes et des outils innovants de participation des
habitants émergent par-ci par-là, lui offrant
une nouvelle vie. Une participation qui, placée
au cœur des politiques urbaines, peut contribuer
à redonner à la ville toute son essence
: faire société. Car tel est l’objectif
qui doit rester en point de mire : participer à
la ville, c’est rentrer en politique.
Au-delà de la loi, la
désobéissance civique force le débat
L a désobéissance civique recouvre la somme
des actions qui peuvent être assimilées à
de la résistance citoyenne face à un État
de droit défaillant. Elle a pris des formes multiples
au cours de l’histoire, et connaît actuellement
un renouveau. Quand l’opinion publique est dénigrée,
et que des débats vitaux – pour le présent
et pour l’avenir – sont absents du domaine
public, certaines personnalités ou collectifs éprouvent
la nécessité absolue de réagir et
s’organisent pour faire éclore sur la scène
médiatique des sujets qui fâchent. En parfaite
connaissance des risques encourus en enfreignant la loi.
Dans le contexte ambiant, plutôt liberticide, ces
nouveaux hérauts dénoncent sans peur et
en toute conscience les risques liés au nucléaire,
à la prolifération d’OGM en plein
champ, à la politique de chasse à l’immigré…,
pour que leurs combats soient porteurs de débats,
de prises de conscience et, éventuellement, créateurs
de nouveaux droits.
Des éco-quartiers aux
villes durables
L’urbanisme est l’une des dernières
compétences qui reste dévolue aux communes.
La forme des villes a d’ailleurs, de tout temps,
été un marqueur des orientations de la société
: guerrière, industrieuse, dispendieuse ou économe,
hiérarchisée, centralisée, égalitaire
ou non, religieuse ou particulièrement laïque...
Chaque modèle se succédant, l’ensemble
construisant dans le temps un tissu urbain complexe, riche,
propre à chaque territoire. Or, les villes dont
nous héritons ne sont en rien adaptées aux
enjeux auxquels nous devons faire face aujourd’hui
: crise écologique, crise de la mobilité,
creusement des inégalités. Face à
ce décalage, les acteurs se mobilisent, en pratique
et en théorie, pour poser les jalons d’un
nouvel urbanisme : écologique, démocratique
et plus égalitaire. En un mot, durable.
Un dossier que nous vous proposons à l’occasion
de la sortie du livre
Pour un nouvel urbanisme, la ville
au cœur du développement durable, d’Hervé
Vouillot, Denis Clerc, Gérard Magnin et Claude
Chalon (Adels - Yves Michel).
60 initiatives pour agir localement
Un coup d’œil dans le rétro pour mieux
imaginer l’avenir. Voici ce que Territoires vous
propose avec ce dossier exceptionnel regroupant des initiatives
que nous avons déjà mises en lumière
ces trois dernières années dans la revue.
Mises côte à côte, elles dessinent
des territoires vivants, innovants, en phase avec des
enjeux nouveaux et de plus en plus imbriqués. Justice
sociale, urgence environnementale, évolutions sociétales,
démocratisation, mutations économiques...
Les collectivités locales doivent faire face à
une société exigeante, en évolution
rapide, aux besoins multiples. Pour y arriver, elles doivent
expérimenter, mais aussi mutualiser, échanger
sur leurs réussites et leurs échecs. Les
pages qui suivent sont là pour donner envie, laisser
voir des acteurs qui tentent, et qui souvent réussissent.
Parce que les six ans à venir devront être
ceux de l’imagination et de la démocratie
délibérative... au pouvoir !
Départements
Les débuts d'une culture participative
Les départements sont souvent annoncés perdants,
mais ils gagnent plus souvent qu'à leur tour. Avant
l'ère Raffarin, nombreux étaient les signes
qui les montraient fragilisés, remis en cause...
Juste avant que l'acte II de la décentralisation
ne leur redonne de nouvelles compétences, notamment
sociales, qui les ont réinstallés fortement
dans le paysage institutionnel. Aujourd'hui, ils sont
en charge de l'insertion, de la dépendance, des
collèges, gèrent toujours plus de routes...
Ils interviennent dans des domaines touchant la vie quotidienne
des populations. Plus que jamais, ils ont besoin de conforter
leur légitimité par la concertation, de
renforcer le lien direct avec les populations pour rendre
plus efficaces leurs politiques et plus lisibles leurs
projets. Les débats actuels sur l’avenir
des départements (suppression ou renforcement ?)
ne doivent pas les empêcher d’oser le pari
démocratique, en associant les populations à
l’élaboration et à l’évaluation
de leurs politiques publiques.
Handicap et citoyenneté
De l'assistance à la recherche de l'autonomie
Les politiques locales liées aux questions de handicap
achoppent sur une interrogation que l’on peut également
rencontrer dans la politique de la Ville, par exemple.
Il s’agit de résoudre l’équation
entre la discrimination et le droit commun, entre l’accompagnement
et l’autonomie. Car si les besoins spécifiques
des personnes atteintes d’un handicap, quel qu’il
soit, doivent être pris en compte dans les politiques
publiques locales (urbanisme, politiques sociales et d’emploi,
de loisirs, etc.), celles-ci demandent par ailleurs à
ne pas être pointées du doigt. L’aspiration
est de vivre " comme tout le monde ", c’est-à-dire
de tendre vers le droit commun. Dans cette optique, deux
axes de travail se dessinent : soutenir tout ce qui vise
à renforcer les capacités d’autonomie
des personnes, et penser l’accessibilité,
bien au-delà des simples plans inclinés,
dans tous les aspects de la vie locale.