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la plaquette de présentation de l'ouvrage
(format pdf *, 172 Ko)
Développement social participatif…
Derrière la technicité des termes, c’est
une société en projet qui se construit, c’est
l’autonomie des personnes et des groupes dont il s’agit.
Ce guide est là pour retrouver le sens caché des
mots, et ainsi soutenir le passage à l’acte.
Le développement : accaparé par " l’économisme
", il a perdu son goût du subversif, et pourtant…
le développement, c’est la révélation
des potentiels locaux, des initiatives civiques, des utopies
populaires.
Le social, ce sont les savoirs et les savoir-faire de la société,
la connaissance de ses richesses, de tous les potentiels qui
la nourrissent. Plutôt qu’un mode d’intervention
d’une catégorie sociale aisée sur et pour
" les pauvres ", le social rassemble les groupes entre
eux pour qu’ils s’organisent un avenir acceptable
et partagé.
La participation, loin du piège à " on "
qu’elle est quelquefois accusée d’être,
représente une démarche d’action collective,
une éthique du vivre ensemble. Elle est porteuse de communication
dans les organisations, de progrès dans les services
publics, d’invention dans la démocratie. La participation
est un projet qui repose sur les personnes et les groupes davantage
que sur les structures et les dogmes.
Ce guide comprend deux grandes parties. La première interpelle
et éclaire le lecteur sur les concepts que les institutions
et les citoyens manipulent parfois de manière incertaine.
La seconde décrit la genèse et la vie d’un
projet de développement social en posant la question
: " Comment faire en sorte qu’il soit réellement
porté par la participation de tous ? "
Quatorze fiches d’expériences présentent
en complément les réussites, les innovations et
les doutes d’acteurs du développement social local,
pour mieux faire vivre les problématiques évoquées
dans ce guide.
Fruit de la collaboration de l’Association pour la démocratie
et l’éducation locale et sociale et de la Fédération
des centres sociaux et socioculturels de France, avec l’appui
de Mairie-conseils, service de la Caisse des dépôts
et consignations, l’ouvrage accompagne les acteurs du
développement social – élus locaux, professionnels
des services, bénévoles et salariés associatifs
– pour étayer leur réflexion et leur pratique
quotidienne de la participation citoyenne.
Avertissement
au lecteur
Vous avez les réponses…
Quelles sont les questions ?
Comment lire le guide développement
social participatif ?
En se refusant d’ouvrir de simples boîtes
à outils, l’Adels souhaite, à travers cette
collection de guides critiques, donner quelques clés
de lecture sur le sens, l’intérêt et les
limites des diverses pratiques de participation.
Ce guide met en perspective, d’une part le sens politique
du développement social à travers son essence
participative, c’est-à-dire à la fois
subversive et émancipatrice, et d’autre part
les moyens, les méthodes, les contextes institutionnels
tels qu’ils sont vécus par les acteurs locaux
au quotidien depuis des années.
Proposer un modèle de développement serait en
effet contradictoire avec les positions affirmées de
l’Adels et de la Fédération des centres
sociaux et socioculturels de France. Les très diverses
initiatives locales, représentées au fil des
pages dans des fiches acteurs qui illustrent le guide, montrent
combien, s’il réside sur des bases solides, sur
une capitalisation d’expériences et de connaissances
sociales, le développement endogène doit se
garder de toute rigidité, et cultiver l’imagination
au service de ses valeurs.
Ce guide est donc un outils d’aide à la réflexion,
un accompagnement pédagogique des démarches
des acteurs. Il est d’ailleurs pluriel, écrit
à plusieurs mains, proposant quelquefois sur une question,
à divers endroits, des points de vue complémentaires.
Il est en cela expérimental : comment rassembler des
points de vue méthodologiques complémentaires
à partir de valeurs partagées ? Ce fut le travail
mis en œuvre pour l’élaboration de cet ouvrage.
Si son sommaire se veut cohérent, il n’est donc
pas linéaire. La lecture en va-et-vient, selon les
besoins du lecteur, l’actualité de son projet,
est tout à fait possible. Et entre deux chapitres,
les exergues dans les marges permettent une vision en diagonale
des passages laissés pour un temps de côté.
En mode continu, aléatoire ou alternatif, que cette lecture
vous fasse vous poser de nouvelles questions sur vos pratiques
professionnelle ou militante présentes et à venir,
pour que le mouvement du développement social local et
participatif s’amplifie et trouve sa vraie place dans
le paysage de l’action sociale encore marqué par
bien des cloisonnements et quelques archaïsmes.
Lorsque la Fédération des centres sociaux et socioculturels
de France (FCSF) et l’Association pour la démocratie
et l’éducation locale et sociale (Adels) ont décidé
de s’investir ensemble dans ce nouvel ouvrage de la collection
" Modes d’emploi ", les deux associations savaient
a priori partager deux passions essentielles, fondement de leur
raison d’être : le développement social et
la participation.
Très tôt après sa création, en 1959,
l’Adels s’est attachée à développer
une réflexion sur la participation des occupants des
nouveaux programmes HLM. Si nécessaires qu’ils
aient été dans la France des trente glorieuses,
ces programmes de constructions massives ont créé
un enfermement des populations dans des rôles sociaux
figés. Au centre des villes : l’activité
commerciale, le logement des plus aisés, la culture dominante.
Que faire pour que les liens social, culturel et économique
soient maintenus avec les marges de nos villes, et qu’à
l’image du tissu urbain, la société toute
entière ne se fractionne pas en zones imperméables
les unes aux autres ? Les associations d’éducation
populaire, les élus des villes et les groupes citoyens,
en collaboration avec les groupes de locataires, inventent ce
qui va devenir Habitat et vie sociale, puis le Développement
social des quartiers. En s’appuyant sur l’expérience
des professionnels en milieu rural ou des coopérants
dans les pays du tiers-monde, c’est sur les ressources
propres au territoire que les promoteurs du développement
local affirment devoir mener des projets. La dynamique ne sera
pas toujours consensuelle. De " luttes urbaines "
en " mouvement social ", l’histoire de la participation
des usagers à l’évolution du droit qui les
concerne n’est pas sans vagues. Ce sont les signes d’une
société qui bouge. Et depuis quarante ans, le
monde a bougé, vacillé sur ses fondements. Nos
représentations sociales, culturelles, philosophiques
et politiques ont pris du plomb dans l’aile, à
tel point qu’aujourd’hui, l’Adels, pour renouveler
la démocratie et les institutions républicaines,
affirme que la notion de démocratie participative doit
être dépassée, alors même que nombre
d’élus et de territoires ne l’ont pas encore
adoptée. La participation n’est qu’un mot
vide s’il ne signifie la coproduction de la décision.
Parmi les multiples chantiers à mener dans ce sens, le
développement social participatif est un des chemins
indispensables pour créer les conditions de ce changement
qui attend les territoires, les relations entre élus
et citoyens, les organisations.
Les centres sociaux et leurs fédérations territoriales
et nationale – selon les époques et les contextes
– ont porté le projet " participatif "
et " démocratique " de promotion des individus
et des collectifs : à travers les notions de l’implication
des usagers (années 60 / 70), de la participation des
habitants (années 80), du " vivre ensemble la citoyenneté
" (années 90), jusqu’à poser lors d’un
Congrès de 1998 – préparant les choix de
l’an 2000 – l’interrogation : " Des habitants
prennent l’initiative ? ". Il s’agissait, dans
la fidélité à leur manière de concevoir
et de conduire l’action, de ne pas se laisser prendre
à l’incantation des mots et d’avoir effectivement
prise sur les réalités, les situations à
changer : c’est leur conception de l’autonomie.
La Charte fédérale de l’an 2000 donnait
enfin l’occasion d’affirmer le centre social comme
" un foyer d’initiatives porté par des habitants,
appuyés par des professionnels, au service d’un
projet de développement social local… "
Coproduire un projet de territoire avec les habitants s’associant
dans des initiatives – avec des partenaires publics, selon
des processus débattus, négociés –,
c’est articuler étroitement trois dimensions structurantes
: la logique du développement social local ; la certitude
que rien ne se fait sans que les habitants prennent leur place
active dans le processus ; la conviction enfin que c’est
la méthode par projet qui permet de rendre effectives
la démarche participative et la démarche de développement
social. Cette méthode de conduite de l’action par
projet participatif est à la fois associante et apprenante.
Elle est source d’action collective non imposée
par l’autorité d’un leader ou d’un
groupe, elle découle d’une posture éthique
: la volonté de chacun de nouer et de contractualiser
librement des relations conscientes au service d’un projet
choisi. Ce but de transformation sociale concrète traverse
les échéances et les réalités de
la vie quotidienne et de proximité.
Développement social et participation ont vocation à
revisiter les pratiques, les objectifs et la mission que partagent
des professionnels salariés et des équipes d’administrateurs
bénévoles. À une époque où
la notion de progrès est reléguée au rang
de mythe du passé, où les parents, les adultes
en général ne représentent plus pour les
jeunes un modèle à atteindre et à dépasser,
où les modes de vie des groupes sociaux sont perméables
les uns aux autres, quelle attitude adopter lorsqu’on
est responsable, animateur, conseillère familiale dans
un équipement socioculturel de proximité ? On
ne trouvera pas dans cet ouvrage un chemin tout tracé,
une boîte à outils " prête à
l’usage ". Plutôt des pistes ouvertes, un cadre
de réflexion à s’approprier en équipe
et à développer en fonction des réalités
locales auxquelles on est confronté et sur lesquelles
on décide d’agir en mettant le projet de l’habitant
au cœur des pratiques sociales. C’est au plus près
du fonctionnement quotidien des équipements que se joue
la nécessaire mutation de l’assistance en développement,
de l’action " descendante " en participation.
Les deux associations coproduisant cet ouvrage souhaitent s’immiscer
dans le dialogue entre le responsable d’équipement
et l’animateur, entre le conseil d’administration
et l’équipe salariale, entre le président
et l’élu pour proposer des alternatives, des idées,
une perspective.
Développement social et participation sont les ressorts
qui motivent les organisations, les municipalités, les
institutions dans une dynamique où l’habitant,
le groupe social, la communauté d’intérêt
sont le moteur initial. Le développement social participatif
transforme la notion de proximité qui enferme dans un
horizon trop restreint – en mobilité. Pas seulement
la mobilité symbolique ou géographique des populations
qu’on met en mouvement quand on est à leur écoute,
mais la mobilité globale de toute la société.
La décentralisation est un projet incomplet et insatisfaisant
si elle s’arrête aux élus et oublie de doter
de moyens les entreprises humaines et citoyennes, si elle ne
permet pas aux institutions des plus locales au plus générales
de s’impliquer concrètement dans une démarche
de développement local. De même, on ne peut plus
penser aujourd'hui l’action sociale comme le projet d’une
partie de la société envers une personne ou un
groupe social. Ce Développement social participatif,
modes d’emploi n’est pas un registre de consignes
émises par leurs auteurs, comme s’il existait une
vérité générale à mettre
en pratique localement. Le développement local demande
à chaque territoire de s’impliquer dans son propre
développement, en s’appuyant sur les ressources
dont il dispose et, parmi elles, en premier chef, celles que
leurs habitants sont capables de mobiliser.
Le développement social participatif est l’expression
vivante et contemporaine du renouvellement de la politique dans
le plus noble sens du terme. Nombreux sont les observateurs
qui affirment que réactiver le lien social est la condition
primordiale pour penser le renouvellement de la démocratie.
Le développement social participatif est une contribution
essentielle pour repenser le lien entre nos organisations républicaines,
locales ou nationales et le fonctionnement économique
de la planète. Là encore, les modèles anciens
ont montré leurs limites. Ils ne sont plus crédibles
et doivent être remplacés. Est-il prétentieux
de croire que le programme d’une association, les missions
d’un service municipal peuvent participer à la
définition de ce que sera demain la politique ?
François Hannoyer, directeur de l’Adels, et Henry
Colombani, délégué national de la FCSF.
sommaire
CHAPITRE 1 - Des notions
à éclaircir, des actions à baliser
* Social
De la pauvreté au travail social
Aide sociale, action sociale, protection sociale
* Développement
Le développement : une notion polysémique, voire
polémique !
La laïcisation du développement social et son ouverture
aux questions de société
Développements social, culturel, économique :
des liens non hiérarchisés
* Local
Développement social, développement territorial
* Pparticipatif
Participation ?
Participants ?
Participer ?
La participation : une valeur, comme la solidarité et
la citoyenneté
* Le développement social local : contraintes et distortions
Le développement social local entre l'ascendant et le
descendant
La participation instrumentalisée
Des contraintes réversibles et contournables
Le développement social en interaction avec l'éducation
populaire
CHAPITRE 2 - Avant, pendant, après
: l'habitant omniprésent
* Les habitants à l'initiative des projets
Les modes d'expression de la demande sociale
Les postures d'écoute dans le développement social
participatif
* Trouver sa place dans le projet
L'expertise d'usage contre la segmentation
Repenser la place du bénévolat
Ne pas enfermer l'habitant dans le traitement social
Ne pas faire barrière entre l'habitant et le politique
L'évaluation participative
Quel mode de gestion privilégié pour des projets
participatifs ?
Le poids et les ambiguïtés de la gestion publique
* Se placer dans un territoire
Sortir du social, s'ouvrir au territoire
Le développement social local et les instances de démocratie
participative
Territoires spatiaux, territoires temporels
Centres sociaux et intercommunalité
Le développement social local et la politique
Les fiches-expérience
" Le jardin de ta Soeur "
À Saint Jean d’Angély, les habitants (s)ont
la clef du centre
Quand les habitants se mettent en scène : les Farfalouv’s
Créer de nouveaux centres à partir d’une
connaissance partagée du territoire
Les 500 heures de Plouzané
À Ganges, un collectif d’habitants anime la vie
locale
Les habitants de La Rouguière échangent leurs
savoir-faire
Fonds de participation des habitants : de l’argent au
service du changement social
Spirale vertueuse et Marche pour la paix à Nanterre
La régie de quartier de Pont-à-Mousson
À Valensolles, la citoyenneté part de l’école
Le comité d’usagers du CCAS se penche sur Angers
Femmes-relais en Seine-Saint Denis