tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°509, juin 2010
L'icône du résistant est magnifique quand les valeurs qu’il défend contre l’ennemi (intérieur ou extérieur) sont partagées par la majorité de ses congénères. Résistant rime alors avec fer de lance, élite populaire, avant-garde éclairée derrière laquelle le peuple peut soit rester silencieux, soit se mobiliser. Son image de héros est plus ambiguë quand, seul contre tous, le résistant mène un combat dont peu saisissent la justesse. Il est alors voué aux gémonies, affublé d’un « iste » qui salit sa cause. Sa légitimité à intervenir dans le débat public est niée a priori. C’est que, des grandes causes mondiales aux relations entre acteurs locaux, du Plateau des Glières aux instances participatives de quartier, la position de résistant est délicate tant notre société hésite à changer ses systèmes de valeurs. Nous manquons de repères et de représentations collectives pour nous engager dans les voies de changement. Dans le doute, nous peinons à écouter les résistants qui, pourtant, peuvent donner un sens nouveau à notre aventure collective, proposer des orientations qui, dans quelques années, nous paraîtront de l’ordre du bon sens commun. La démocratie délibérative est ce lieu, rare, géré avec méthode, étayé par une volonté politique et sociale assez ferme pour autoriser chacun à voir, dans la contribution d’un résistant, non un conflit à éviter, mais plutôt une hypothèse à explorer ou, à tout le moins, une occasion de parler ensemble de l’intérêt général. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Mai 2010
Z’êtes en zone UD, circulez !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°508, mai 2010
Mesure-t-on l’ampleur des dégâts causés par la tempête Xynthia ? Témoignages poignants, images de destructions ou de détresse humaine ont inondé les écrans. Des cartes ont été déployées à des fins pédagogiques, pour prendre du recul. Elles montraient les limites des marées centennales, ou celles, plus récentes, des décisions administratives de zones non constructibles. Mais des tracés manquaient pour faire toute la lumière sur le désastre : ceux délimitant les négociations plus ou moins occultes opérées par les promoteurs pour libérer des zones qui, depuis toujours, sont jugées à risques. On aurait ainsi visualisé l’impact pervers de la pression économique sur l’élu et le technicien local ou sur le représentant de l’État, sur le consommateur aussi, lui qui a vite fait de mettre de côté son simple bons sens, attiré par les sirènes d’une retraite pavillonnaire bien méritée. La leçon sert-elle à quelque chose ? Les sinistrés se plaignent de décisions arbitraires, de l’absence de concertation, de l’opacité des critères retenus par les services de l’équipement. Mais entendez-nous bien : c’est l’annonce d’un plan de destruction après la catastrophe qu’ils dénoncent. Or, cet arbitraire, ces non-dits et cette opacité décrivent mieux encore la situation qui a prévalu avant la construction des lotissements incriminés. Manque de lisibilité du processus de zonage, absence de carte compréhensible, manque d’outils et de lieux de concertation : ces carences, la démocratie délibérative tente de les soigner. Elle est une méthode pour façonner et comprendre un intérêt général qui provoque l’adhésion des particuliers, un rempart d’instruction publique qui circonscrit les méfaits du marché, une décision politique qui s’impose parce qu’elle est comprise plutôt que jugée contraignante et supposée inique. S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, il y a des ratés particulièrement dramatiques. François Hannoyer
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Avril 2010
Un train peut en cacher un autre
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°507, avril 2010
Tous les usagers de la SNCF ont fait cette expérience : un train qui passe en gare sans s'arrêter provoque deux déflagrations. La première au passage de la locomotive est prévisible ; la seconde, quelques instants après le dernier wagon, peut surprendre. Il en est de même avec les élections régionales : la vague rose était annoncée et derrière la matrice, le train de quelques troubles dépressionnaires : remaniement ministériel, recomposition dans les appareils politiques, abrogations de décrets déclarés indispensables il y a quelques mois, mise au placard de mesures construites à la va-vite par stratégie de conquête partisane... On attend aussi une radicalisation sur quelques points idéologiques sensibles. Après les régionales vont venir les sénatoriales, dont on pourrait attendre qu’elles provoquent une deuxième déflagration, celle de l’abandon de la réforme des collectivités territoriales, de nature à déraciner tout ce qui est vivant dans le paysage de l’aménagement du territoire. Les participants aux différents séminaires animés par l’Adels et l’Unadel auront compris que la rationalisation, la simplification et l’économie, trois critères énoncés pour justifier ce train de mesures votées à l’envers du bon sens, ne sont que des effets de manche dans l’argumentaire du Gouvernement. Les conséquences néfastes à venir sont multiples. Un seul exemple : une fois supprimée la clause de compétence générale des régions, qui financera le soutien aux associations, aux initiatives de développement local, la solidarité envers les plus démunis, l’éducation populaire ? Si on ne peut pas craindre d’être décoiffé au passage d’un train... de sénateurs, resterons-nous pour autant sur le quai à regarder le convoi passer ? En mettant le sujet à l’ordre du jour des 12e Rencontres de la démocratie locale (à Grenoble et dans son agglomération, les 28 et 29 mai) l’Adels espère sensibiliser les acteurs locaux pour qu’ils organisent le lobbying auprès des « grands élus ». François Hannoyer
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Mars 2010
Mais si, les régionales c’est vachement important !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°506, mars 2010
Je connais un ado qui répète à l’envie : « Je ne voterai pas tant que les transports publics ne sont pas gratuits »… L’expérience concrète de l’espace public ou familial est un véritable terreau pour revisiter l’idée de vote, de service public, de gratuité ou de coût réel, d’intérêt général, de compétences, de participation. Voire, en tentant de discerner l’imbroglio SNCF, Réseau ferré de France et autorité régionale, de fil en aiguille on aura tôt fait le tour de nos institutions économiques, territoriales et démocratiques. Essayez « développement économique local » pour mesurer combien nos préoccupations sont éloignées de ce qui vient à l’esprit de votre grande tante. « Heureusement », dirait-on cyniquement, les récentes offensives sur la fonction publique, le délitement des services publics, les délocalisations d’unités de production pourtant soutenues par les collectivités locales font percevoir que le monde de l’entreprise et le territoire sont tous les jours plus perméables l’un à l’autre. Si vous vous engagez sur le terrain de la culture ou de la formation, autres compétences régionales, les choses se gâtent. De la culture on connaît l’accès à l’œuvre artistique, on accepte l’idée de l’activité artistique par tous, mais la culture comme ciment et différenciation de nos identités ? De la formation, on connaît les CAP voies de garage, la précarité des apprentis… Que la région dispose de moyens financiers pour servir l’indispensable outil de promotion sociale et culturelle qu’est la loi sur la formation permanente de 1971 est souvent méconnue. Alors inversons les valeurs et demandons aux listes candidates d’exprimer leurs valeurs et leurs programmes sur ces sujets qui, pour être immatériels, sont, tout autant que les transports, le ciment très concret de nos identités plurielles régionales. François Hannoyer
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Février 2010
Pouvoirs centrifuges
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°505, février 2010
Copenhague a rendu visible une réalité universelle : conjuguer institutions et changement n’est pas chose aisée. Ainsi va le monde : une fois atteint un niveau de développement réputé satisfaisant, les dirigeants des pays occidentaux déclarent (40 ans après les premiers avertissements du Club de Rome) qu’il s’agit d’un horizon fuyant et que la course au progrès est un leurre dangereux. Que font-ils alors ? Plutôt que d’en tirer des conclusions pour leurs propres systèmes économique et politique, ils aboient de façon autoritaire à l’adresse des pays du Sud, dénigrant un développement qu’ils ont promu et promeuvent encore (en prenant soin de délocaliser les nuisances) et enjoignant les autres à ne pas reproduire leurs erreurs. Ainsi vont nos institutions nationales et locales. Il est aisé (et souvent inopérant) de créer une commission Théodule pour définir et édicter des changements nécessaires. Beaucoup plus complexe (et durable) est la démarche qui consiste à créer les conditions d’une coconstruction de politiques publiques avec les principaux intéressés. L’actuel pacte de solidarité écologique (porté par Valérie Létard, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie) met en place une commission « mobilisation sociale » pour relever le défi de l’après-Grenelle : le développement durable est-il affaire de spécialistes ou notre affaire à tous, y compris les membres les plus fragiles de la communauté ? À l’instar des rapports Nord-Sud qu’on oublie d’envisager à contre-champ comme une coopération Sud-Nord, la notion de pacte commande de poser la question : comment les précaires énoncent-ils les critères d’évaluation et d’acceptabilité du développement durable ? Ainsi chacun est-il tenté d’exercer le pouvoir comme mû par une force centrifuge propulsant son énergie vers l’extérieur, tendant à imposer aux autres, plutôt qu’à s’engager soi-même dans une logique de changement. François Hannoyer
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Janvier 2010
Appel d’air
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°504, janvier 2010
Jusque-là, l'appel d'air était une bouffée d’oxygène. Quand la bise fut venue, un petit quart de tour de clef sur le tuyau et, hop, l'appel d'air faisait ronfler le vieux poêle à bois et jubiler les convives. Ou l'arrivée des jeunes enthousiastes dans la trop docte assemblée était l'appel d'air du renouveau, de la renaissance, du rebond qui ranime la flamme des militants. « On a vu que les régularisations dites massives ont systématiquement été un échec, au sens où elles ont créé un appel d'air et de nouvelles arrivées », dixit Éric Besson. Attention, ne vous méprenez pas, le sens des mots change et vous risquez, à ne pas vous mettre à la page, de commettre de graves contresens ! Désormais, l'appel d'air est l'un des principaux ennemis de notre République. Loin d'être porteur de renouveau ou de chaleur rassurante, il est indicateur d'une prochaine invasion qu'aucun rempart ne saura retenir. Calfeutrez-vous, rejoignez les zones de confinement, protégez-vous du vent mauvais qui, par tous les interstices, tente de s'infiltrer. Entendez-vous dans nos campagnes mugir ces féroces courants d'air qui viennent jusque dans vos bras, égorger vos fils, vos compagnes ?! Et bien le vocabulaire d'Eric Besson a vite été adopté par les gestionnaires de l'accueil d'urgence dans nos départements. L'hiver est là, la neige est de retour dans les rues de Grenoble, de Saint-Étienne ou de Lyon. Le plan hivernal est déclenché. Chaque soir des centaines de sans-abri tentent de se protéger du vent glacé, mais tous les lits d'accueil disponibles ne sont pas ouverts. Pourquoi donc ? Mais toujours à cause de l'appel d'air ! Si, par malheur, on arrivait à abriter tous ces précaires là, sûr qu'ils se passeraient le mot pour être encore plus nombreux ! Pierre Mahey, animateur d’arpenteurs, conseiller de la rédaction
Décembre 2009
Le libéralisme économique, judiciaire et moral
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°503, décembre 2009
On redoutait – et on redoute encore – que les idées néolibérales au pouvoir ne créent de fâcheuses collusions entre politique et économique. D’autres mélanges, plus préoccupants encore, s'opèrent en matière de justice ou d'ordre moral. Aucun député ne se souvient avoir voté l'impunité des sectes ? ! Honteux de leur inconséquence, ils vont rétablir l'article sur la capacité juridique des personnes morales. Mais ce retour à la loi sera opéré une fois clos le procès de la scientologie, autorisée donc à perpétuer ses activités douteuses. Autre exemple, plus pitoyable encore : ce député regrette une mauvaise touche (pour un escrimeur, l'aveu est désastreux) lors d'un vote donnant raison majoritaire à l'opposition. Il propose de rejouer le match. Accordé ! On se souvient de Nicolas Sarkozy déplorant l'entrée tardive des Africains dans l'Histoire. Pour ceux qui n'avaient pas compris que la formule signifiait « histoire de la civilisation occidentale », deux rappels à l’ordre cinglants. Le premier à l’attention de Marie Ndiaye : le prix Goncourt impose à l'artiste un droit de réserve et de la déférence pour l’élite culturelle qui l’octroie. Le second prend la forme d’un débat sur l’identité nationale qui flatte l’érection de frontières mentales à faire se retourner Lévi-Strauss dans sa tombe. C’est un déni du politique qui est à l'œuvre d'autant plus puissant que nous assistons en tant que spectateurs à ces événements, muselés par un sentiment de totale impuissance. Est-ce la fin de l’Histoire annoncée avec la chute du mur de Berlin, ou l’émergence d’une nouvelle citoyenneté politique refusant ces dérives totalitaires ? François Hannoyer
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Novembre 2009
La démocratie locale, l'État et la gouvernance
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°502, novembre 2009
Au moment où l'Adels reçoit une délégation d'élus locaux russes pour leur présenter la démocratie participative dans les institutions françaises, la presse nationale relate des faits illustrant cette question de diverses manières. Il est d'abord question de tension permanente, de critiques sur le manque de résultat qui cassent le moral de cadres à la fois essentiels et servant pourtant de boucs émissaires. Ce n'est pas au management de France Télécom que cet article du Monde du 13 octobre est consacré, mais.... aux préfets ! Ceux-là fondent un club pour partager leur souffrance au travail. Consternation chez les citoyens qui, en d’autres temps, furent envoyés aux arrêts de rigueur pour tentative de création de syndicat de soldats ! Il existe donc un espace de liberté de pensée (si ce n'est de parole) entre l'État – que la préfectorale représente dans nos territoires – et le Gouvernement que les préfets doivent apprendre à servir au risque d'être mis au placard ? Voyez encore ce billet de Laurent Batsch, président de l'université Paris-Dauphine (Le Monde toujours, mais du 3 octobre) : il décrit le lien étroit que doivent entretenir une gouvernance efficace et la collégialité des décisions que prône la démocratie locale. Son propos porte sur la représentativité des différents acteurs aux commandes de l'Université, mais les tenants de la démocratie délibérative ne changeront pas un mot ! Enfin, des députés godillots de l'UMP – relayés par quelques préfets sus-nommés – n'auront pas réussi à discréditer la votation citoyenne sur La Poste : les Français connaissent les qualités de nos services publics et balaient les arguties libérales. Cela promet des débats houleux à l'heure de la poursuite de la réforme générale des politiques publiques. François Hannoyer
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Octobre 2009
Le lait, le miel… et l’égalité politique
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°501, octobre 2009
Pour marquer son cinquantenaire (voir le n° 500 de Territoires), l’Adels écrit son manifeste, au cœur duquel l’égalité politique, la justice sociale et l’émancipation individuelle et collective par l’auto-organisation prennent une place prépondérante. Au-delà des mots, les valeurs et les objectifs que l’association met en avant veulent être des axes structurant ses activités d’édition, de formation et d’accompagnement des acteurs locaux. L’association ne peut pas décider de s’engager seule dans le changement social et institutionnel que promet la démocratie délibérative. Son projet n’a de sens que partagé par un nombre grandissant de lecteurs et de lectrices engagés dans l’action locale, aux côtés des élus, des associations et des travailleurs sociaux, décidés à faire société de nos différences, à participer à l’écriture de notre histoire collective. Et, de fait, l’histoire avance. Nicolas Sarkozy a reçu des mains de Joseph Stiglitz son rapport proposant d’oublier un peu le seul marché et de mesurer le bonheur national brut (BNB). Une refonte de l’économie doit permettre que le lait ne coule plus dans les caniveaux et que le miel continue d’adoucir nos gorges. On veut aussi croire qu’aux douze critères d’évaluation proposés par le célèbre économiste, on ajoutera bientôt les indices d’égalité politique, de justice sociale et d’émancipation individuelle et collective, sans lesquels le BNB n’aurait pas de sens. François Hannoyer
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Septembre 2009
Primes et mépris, au travail comme à la ville
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°500, septembre 2009
Que signifie la violence, résurgente aujourd’hui, de salariés menaçant de faire sauter leur atelier ? Le sociologue Norbert Alter (Le Monde du 17 juillet) la considère comme une réponse au mépris que provoque l’ignoble différence de traitement entre ouvriers et dirigeants. Ces derniers détruisent l’entreprise par une gestion calamiteuse ? Ils recevront pourtant des primes délirantes, avec le concours de financements publics de surcroît. C’est insoutenable, clame Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée sur les chaînes de télévision… Dans l’entreprise comme dans l’espace public, ajouterais-je, où une fracture similaire entre différentes populations se perpétue. Parlez des quartiers d’habitat social avec leurs habitants, ils refuseront qu’une différence de traitement stigmatise leurs lieux de vie qui brûlent de violences retournées contre les institutions. Ces actes, à propos desquels le ministère de l’Intérieur interdit aux préfets de communiquer, sont-ils de même nature que ceux menaçant l’outil de travail des salariés ? À l’heure où certains entrepreneurs proposent d’attribuer aux banlieues une partie des fonds captés par le futur emprunt d’État, étudions avec les habitants comment éviter que cette « prime » soit détournée pour enrichir certains et en mépriser d’autres. C’est la raison d’être du développement social local. Si, en échange du don, nous n’envisageons pas le contre-don, si nous ne reconnaissons pas que les ressources locales existent, créent de la société, du développement et de la richesse, notre déni équivaudra à une déclaration de guerre, rappelle Norbert Alter, en se référant à Marcel Mauss.
Réservez vos 20 et 21 novembre : 12e Rencontres de la démocratie locale, à Grenoble et dans son agglomération, www.adels.org
Juin 2009
L’ultra-rien sabote le convoi européen
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°499, juin 2009
Pour les 16/25 ans, l'Europe est à portée d'une carte forfaitaire en train, simple et accessible. Il n'en est pas de même pour la citoyenneté à cette échelle. Campagne plus que discrète, omniprésence des têtes d'affiche, incapacité des grands partis à mettre en lumière des débats de société. Il faut bien admettre que l'intérêt pour ce scrutin est à distance sidérale du simple citoyen, au bout d'un chemin complexe dont même l'origine – ces grandes régions – est peu compréhensible. Ce malaise m’a pourtant permis de me mettre à la place de nos concitoyens éloignés de la politique communale ou intercommunale. Comment s'impliquer quand on ne saisit pas les enjeux pour soi et son environnement ? Pourquoi débattre avec nos voisins de problèmes qu'on croit ne pas partager avec eux ? Je vivrais mal qu’au prétexte que ma participation est indispensable à la démocratie européenne, un spécialiste me titille sur l’étroitesse de mon esprit hexagonal, m'incite à venir m'impliquer dans un débat, me tire au sort pour aiguiser mon expertise communautaire. Pire, je refuse d’être estampillé « non participant », anathème jetée sur l'immense majorité de mes concitoyens qui vivent ce décalage au niveau local. Quel travail encore pour l’éducation populaire ! Il existe sûrement des idées aussi simples et novatrices qu'une carte de réduction de chemins de fer pour faire valoir l'idée de démocratie locale ! On les appréhendera aux prochaines Rencontres de la démocratie locale, excellente occasion de décentrer notre regard, d’examiner ce que vaut notre proposition de démocratie participative quand on la perçoit avec les yeux de l’immense majorité des gens : ceux qui ne connaissent pas son existence, avant même d’avoir à juger de sa pertinence.
Les 12e Rencontres de la démocratie locale, les 20 et 21 novembre 2009, dans Grenoble et son agglomération / appel à contributions sur www.adels.org François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Avril 2009
Qui le Valéo bien ?
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°497, avril 2009
La question a déjà été posée ici. Elle prend une tonalité singulière après l’intervention de l’État libéral dans la sphère économique : qu’est-ce qui vaut qu’un dirigeant d’entreprise la quitte avec une prime équivalant à trois ans de salaire net des cent smicards qu’il a licenciés la veille ? À combien d’années de fonctionnement d’une association d’éducation populaire servirait ce pécule ? L’Adels, qui continue d’explorer cinquante ans de vie associative consacrés à la démocratie et au développement local, se rappelle qu’elle compte dans ses rangs un ancien sous-préfet qui, un soir de grève sur le tas, prend fait et cause pour des salariés de son bassin d’emploi menacés de licenciement. Quelques noms d’oiseaux fusent, déclenchant la charge des forces de l’ordre. Ou cet autre adhérent qui, élu de banlieue, a occupé l’église de sa ville en 1968 au cri de « l’Église sera de gauche ou ne sera plus ». Lier l’actualité et des histoires vieilles de quarante ans est sans doute trompeur : l’anachronisme met certains faits en lumière et d’autres sous le boisseau. Mais quand même ! Qui est le créateur de richesses que nos sous-préfets, nos maires et nos impôts doivent soutenir : l’entrepreneur ou le Rased, service public d’enseignement auprès des enfants en difficultés ? Le patron qui délocalise ou la Cimade qui veille au respect des droits des hommes déracinés ? La banque aux actifs pourris ou les activités de l’économie solidaire ? François Hannoyer
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Mars 2009
La Guadeloupe, effet papillon
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°496, mars 2009
La Guadeloupe donne à voir les sillons profonds qu’un conflit structurel – de classe disent les uns, de société disent les autres – creuse dans un territoire. Est-ce une illusion d’optique due au caractère insulaire des pourparlers ? La réunion des acteurs locaux sur les questions sociales posées donne une tonalité particulière à l’événement.
C’est un tout autre territoire que la commission Balladur appréhende. Ses frontières sont mobiles, elles se dessinent et se gomment en ignorant l’histoire ou les raisons d’être des projets locaux. Le mandat des représentants – les futurs conseillers territoriaux ? – est malléable à souhait pour s’adapter aux compétences qui seront octroyées. La citoyenneté n’a pas grand-chose à attendre des réformes à venir de ce côté. À côté des projecteurs de l’énarchie et des barricades de la démocratie directe, les instances de démocratie délibérative sont dans un réel qui, aujourd’hui, est délicat. Quelques mois après les élections municipales, les citoyens impliqués vont découvrir le premier vrai budget des nouvelles équipes. Ces dernières ne peuvent pas décevoir. Certes, leur marge de manœuvre est limitée par des engagements antérieurs et la conjoncture économique. Mais elles ne peuvent renoncer à faire en sorte que la participation débouche sur des décisions, des changements dans les organisations et les services, dans les quartiers, dans les rapports sociaux. Des ports de la Guadeloupe aux communes métropolitaines, quel effet papillon ? François Hannoyer
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Février 2009
« Cause the times, they are changin »
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°495, février 2009
C’est la période qui veut cela : l’arrivée de l’an neuf donne l’impression que l’histoire s’accélère. Au niveau planétaire : les conflits armés et la déroute du modèle économique, le pape qui réhabilite un évêque négationniste. Au plan national : l’exaspération qui transpire dans les rapports entre le pays et le gouvernement, entre l’État et ses fonctionnaires, les usagers et les services, les consommateurs et leur banque. Au plan local : RGPP, Lolf, projets de loi sur l’intercommunalité jettent un voile d’inquiétude sur les rapports entre les acteurs locaux.
Les pratiques de démocratie locale ne sont pas épargnées, et là aussi l’histoire s’accélère. L’Adels se lançait en 2008 dans un chantier dont elle prévoyait qu’il bouscule cinquante ans de certitudes et le ronron des institutions locales dont elle a fait la promotion : comment sortir la démocratie des lieux convenus et faire mouvement vers ceux qui sont relégués hors des projets de territoire ? Cette préoccupation donne lieu à une investigation, soutenue par le conseil régional d’Île-de-France. Elle est apparue simultanément dans les questions de nombreuses villes en France et a été au cœur d’un colloque portée par la région Rhône-Alpes, fin novembre : « Pauvreté, précarité : quelle démocratie participative pour quelles transformations ? - Rencontre régionale de la démocratie participative ». L’Adels souhaite que les acteurs de toutes ces initiatives se rassemblent pour apporter leur souffle aux XIIe Rencontres de la démocratie locale qui se tiendront dans l’agglomération de Grenoble, fin 2009. « Cause the times, they are changin », comme le chante Bob Dylan. François Hannoyer
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Décembre 2008
Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°493, décembre 2008
Le monde entier a retenu son souffle pendant une nuit américaine, vibrant d’une émotion palpable. Incroyable ce que des pigments de peau peuvent réveiller, pendant quelques instants, de passion politique qu’on dit partout moribonde ! Mais il faut bien s’en retourner à nos affaires, et les lendemains déchantent. La crise n’est pas que financière. Ses retombées sociales vont bientôt exiger de la société civile qu’elle serre les coudes et fasse preuve d’une détermination sans faille pour peser sur la politique. Quelle politique?
Quand on veut chanter l'espoir quel manque de pot
Au plan national, syndicats, associations et mutuelles, symboles d’une société de solidarité, organes de répartition des richesses plutôt que de capitalisation des profits, sont gravement touchés. Leur dialogue avec l’État semble désincarné, lointain. À croire qu’il ne nous concerne pas ! Pourtant (mais combien de fois a-t-on annoncé cette mort ?) il semble bien que les logiques à l’œuvre convergent toutes vers le désengagement massif de l’État dans le capital du tiers secteur.
Noir et blanc sont ressemblants comme deux gouttes d'eau
Au plan local, et la fracture entre les deux échelles semble se creuser, il reste aux acteurs locaux de se reconnaître mutuellement, au-delà des différences de statuts, de sensibilités, d’intérêts. Élus, techniciens des collectivités, professionnels et militants des associations vont devoir se retrousser les manches, faire preuve d’intelligence collective et d’inventivité pour que le développement local soit une alternative plausible à la crise.François Hannoyer
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Novembre 2008
La faillite ne paie plus
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°492, novembre 2008
Découvrant de soudaines réserves dans ses caisses, pourtant vides à Pâques, l’État perd en crédibilité. Après avoir encensé le modèle américain, son chef fait dire au premier ministre que les fondements du capitalisme français sont plus sains : sa difficulté à l’exprimer en était presque comique. Aussi prompt à la solidarité envers les organismes privés qu’à organiser le démantèlement des services publics, le gouvernement met en évidence que les principes ultra-libéraux ne sont pas intangibles. Tous ces signaux seraient seulement agaçants s’ils n’étaient porteurs de messages plus insidieusement dévastateurs. Après quelques jours de dévalorisation en bourse, les commentateurs se sont émus de ce qu’elle « risquait de toucher l’économie réelle ». Virtuels les trois mille milliards d’euros mobilisés dans le monde en un clic de souris ? C’est donner à croire que l’économie du travail et celle du capital n’appartiennent pas au même monde. C’est installer dans l’esprit des gens – et pas seulement les salariés, les précaires ou les « sans rien » –, que la politique, quand elle se montre réactive à ce point, est de l’autre côté. La crise est là, profonde. Qu’au même moment on démantèle La Poste, l’enseignement et la santé et qu’on se targue de rentabilité dans le service public et la rupture est consommée : l’État et le libéralisme achèvent ensemble de creuser l’écart entre la politique dans nos territoires de la solidarité réelle et celle qui, globalement, régit notre planète.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Octobre 2008
L’été, saison des fractures
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°491, octobre 2008
Qu’entend-on par fracture sociale ? Le terme, à consonance médicale, nous fait regarder vers les membres du corps social éloignés plus ou moins durablement d’une norme imposée (d’elle-même ?). Mais recherche-t-on l’origine, le choc initial ? La fracture peut se décréter, et avec elle l’administration autoritaire d’un traitement et d’une posologie jugés adéquats. Ainsi, « l’offre raisonnable d’emploi » est passée du stade de projet en juin, à loi en août, avec décret en septembre. Droits et devoirs du demandeur d’emploi sont cliniquement décrits « en toute équité et sur la base de critères objectifs ». En cas de persistance, consultez votre agence ANPE, si elle n’est pas déjà fermée. Ou encore Edvige, qui porte un prénom féminin d’ouragan. Rien de grave, nous dit le docteur Fillon, puisque la cellule est malade depuis quinze ans, mais personne ne le savait. Et, rassure la ministre de l’endoscopie, pardon, de l’Intérieur, le fichier ne fait que confirmer ce qui est dans le Who’s who. Qui décrète ce qu’est « une offre raisonnable » ? Qui détermine ce qui est objectivement privé ou public ? Notre grand corps est malade de cette rupture profonde et ouverte, qui ne demande qu’à s’infecter. La fracture sociale est civique : elle pousse à ne plus croire en la politique. Elle est une ligne de faille entre le projet de quelques-uns et la société qu’ils sont censés représenter. Notre prescription : l’ablation de l’arrogance gouvernementale.
François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Septembre 2008
Prométhée exilé dans nos territoires
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°490, septembre 2008
En donnant le feu aux hommes, Prométhée leur a proposé les moyens de s’émanciper et de prendre en main leur destin. Ce faisant, il a provoqué la colère de Zeus, perdu son identité de Titan et, ajoute Éric Durnez, auteur de Prométhée exilé (pièce donnée à Serres, dans la haute vallée de l’Aude, un soir d’août dernier), s’est exilé dans un territoire où il s’épuise dans la condition d’humain. Ce détour par la Grèce antique nous remet en mémoire que dans l’espace politique de l’agora, les femmes, les étrangers et les esclaves n’avaient pas droit à la parole. Et d’en tirer la leçon – l’allégorie avec le pouvoir, la décentralisation et la relégation est certes un peu facile – que chaque jour, à chaque étape de la vie des hommes et de l’histoire des peuples, il faut remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier pour répondre à la question : quel projet de territoire peut reconnaître le Titan déchu qui sommeille en chacun et enrichir nos politiques locales de la ressource qu’il recèle ? Comment faire pour que démocratie rime avec développement ? Les acteurs des 11e Rencontres de la démocratie locale se mobilisent et organisent les conférences, les forums d’échanges, les ateliers de présentation d’initiatives pour traiter de ces questions ancrées dans nos institutions, autant que le mythe dans nos esprits. François Hannoyer
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Juin 2008
Appel à contributions
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°489, juin 2008
La démocratie participative a-t-elle
pour finalité de mobiliser sur les enjeux de société,
de combattre les disparités territoriales et les injustices
sociales ? Tel est le fil conducteur que proposeront les 11e
Rencontres de la démocratie locale, qui vous accueilleront
à Ivry les 28 et 29 novembre prochains, avec le soutien
notamment du département du Val-de-Marne. Sur ce thème,
mais aussi sur vos initiatives locales, les dispositifs que
vous animez, vos réseaux citoyens auxquels vous participez,
vos savoir-faire professionnels, vos choix politiques ou associatifs,
etc., l’Adels souhaite votre contribution : ateliers,
forums, tables rondes, grands débats seront ce que nous
en ferons ensemble.
Au fil des ans, les Rencontres de la démocratie locale
rassemblent chercheurs, élus, fonctionnaires, militants
associatifs et syndicaux, citoyens. Les uns ont de la bouteille,
les autres découvrent que leur participation locale ou
thématique s’inscrit dans un vaste mouvement. Tous
veulent échanger, s’informer, proposer, faire avancer
le schmilblick. La 11e édition sera singulière
: l’Adels souhaite resserrer les liens avec ses partenaires
pour donner le coup d’envoi d’une année de
manifestations qui prépareront son cinquantenaire. Jusqu’aux
12e Rencontres, qui se tiendront en 2009 en Rhône-Alpes,
nous n’aurons pas trop de toutes nos énergies conjuguées
pour exprimer la passion qui nous fédère aujourd’hui,
enracinée dans l’histoire associative, citoyenne
et politique. Prenez contact :
adels@adels.org, 01 43 55 40 05
Mai 2008
Le plus, ennemi du bien (commun)
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°488, mai 2008
En conditionnant l’extension du revenu
de solidarité active à un niveau minimum d’activité
économique, le gouvernement conduit à train d’enfer
un convoi fantôme. En tête, la locomotive de la
production, tirant le wagon de la richesse auquel est attelé
celui du bien-être individuel, ce dernier censé
engendrer le bien commun. Le social à la traîne
de l’économique ? Nous qui pensions que cette opposition
stérile était révolue de longue date, disparue
après Mai 68, sous la double critique du développement
social et de l’écologie ! Cette idéologie
est celle d’un gouvernement libéral, dont on sait
qu’il cherche à désengager l’État
de son rôle de redistribution et de régulation.
Plus sournoisement, mais tout aussi concrètement, il
utilise la décentralisation pour cacher les méfaits
de ce renoncement, en envoyant les collectivités territoriales
au charbon, face à la précarité grandissante.
Est-ce que cela doit nous faire douter de l’intérêt
du développement local ? La critique de quelques amis
refait surface : " Vous avez voulu la décentralisation,
voilà où cela nous mène ! ", disent-ils,
et de demander le retour d’un État fort. Dans le
bras de fer qui s’annonce entre les territoires et l’État,
la société civile doit prendre position. À
elle d’évaluer ce qui fait défaut aujourd’hui,
de s’impliquer dans des projets qui, plutôt que
d’opposer les uns contre les autres, montreront que la
solidarité est créatrice d’une autre économie,
d’une autre richesse et, finalement, d’un nouveau
bien commun. Ceci donne à l’Adels de nouvelles
raisons d’agir. En participant à faire sortir la
démocratie délibérative des sentiers battus
des dispositifs idoines, en allant au devant de la population
pour écouter en quoi elle est une ressource inestimable
pour engager ce changement. François
Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Avril 2008
Des chaussettes et débats
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°487, avril 2008
Qu’aurons-nous appris des enjeux municipaux
et cantonaux en suivant les élections de cette année
? Rien ou si peu. Quelques journaux auront fait œuvre de
pédagogie, fait assez rare pour être salué.
Ne serait-ce ici un soupçon de votes achetés,
là un responsable de bureau de vote aux chaussettes pleines
ou encore un malheureux candidat qui arrive avec deux minutes
de retard pour déposer sa liste…, il n’a
été question que des appareils et de leurs responsables
nationaux bien davantage que de projets engagés par les
acteurs dans les territoires communaux, intercommunaux ou départementaux.
La fracture entre le national et le local est impressionnante.
Ennemis intérieurs
Mais plus exorbitante encore est celle qui sépare ceux
qui parlent de ceux qui se taisent. 160 ans après l’instauration
du suffrage universel, l’abstention est telle qu’il
devient presque incongru d’ajouter quelconque épithète
(locale, participative ou délibérative) à
l’exigence de démocratie. C’est de débat
dont on a besoin, de façon pressante, pour combattre
l’insidieuse montée de la violence institutionnelle
qui oppose la société civile à ses représentants.
De violence en 1848, il était déjà question
et la pédagogie de l’époque désignait
le vote comme remplaçant les fusils pour combattre loyalement
les ennemis intérieurs. Qui sont-ils aujourd’hui
? Le silence assourdissant des urnes désigne les inégalités
entre groupes sociaux ou culturels, les injustices économiques
entre travail et capital, les différences entre territoires,
la distance inquiétante entre les attentes du peuple
et les objectifs du gouvernement. Les élections ont investi
les élus locaux d’un bien lourd objectif de changement
! François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Mars 2008
Morale élémentaire
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°486, mars 2008
Plusieurs essayistes annoncent la fin de la
démocratie. L’espace public serait vidé
par absence de controverse. Reste l’initiative citoyenne,
l’opposition – violente au besoin – pour proposer
une alternative, objecter, dire son droit : faut-il être
historien, publiciste, politologue pour en juger ? Le citoyen
voit que les institutions s’éloignent de ce qu’il
peut comprendre spontanément.
Peut-on dans le même temps donner des leçons de
morale à l’École et se placer à côté
des lois – de la République ou de la vie en société
? On peut craindre désormais que chaque " sortie
" du président se transforme en révision
constitutionnelle. Peut-on dire " je ne vous trahirai pas
" et réintroduire un traité européen
rejeté par référendum, sans en changer
une virgule ? Peut-on rayer d’un trait de plume le droit
du sol à Mayotte, les droits du justiciable, la protection
des mineurs ou des incapables… l’État de
droit ?
L’inquiétude des tenants de la démocratie
participative ne pousse pas à crier en chœur avec
les Giscard, Balladur, Villepin… qui, à mots choisis,
prennent une distance diplomatique avec le chef de l’État.
Ce serait trop simple de lui faire porter seul le chapeau. Ils
ne peuvent pas non plus joindre leur voix à une Assemblée
nationale atone. Difficile d’ajouter voix au brouhaha
dans les partis politiques en pleine recomposition. Que reste-t-il
aux citoyens ?
Manier la faux contre les OGM ? Ceux qui ont pris cette responsabilité
citoyenne sont condamnés et, à ce titre, doivent
donner de leur salive pour inscription au registre ADN. Vont-ils
cracher à la face des institutions ? Il est urgent d’organiser
le débat public, de mettre des mots sur les conflits,
d’éloigner la violence, sourde et insidieuse, qui
crée un fossé entre les institutions et la société
civile. François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Février 2008
Le XXe siècle est terminé
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°485, février 2008
La tendance est à la remise en question
des fondamentaux républicains du XXe siècle.
L’Éducation nationale en premier lieu. Carte scolaire
bannie, morcellement de l’enseignement supérieur,
menace sur l’école de proximité, financement
obligatoire de l’école privée par les communes…
La laïcité ensuite. Le président revêt
les habits du chanoine de Latran pour affirmer que la République
s’est fourvoyée dans la laïcité. Plus
tard, en terre wahhabite, c’était limite qu’il
se flagelle le dos avec son bracelet-montre quand il évoqua
l’idée de Dieu.
L’encadrement des règles de l’emploi, pour
continuer : exit la durée légale du travail, le
repos dominical, le droit de grève. Plus grave peut-être
encore : abaissement de l’âge de l’apprentissage
à quatorze ans et tolérance pour les jeunes de
quinze ans, qui peuvent être mis à disposition
d’un patron sans encadrement scolaire. La vie associative
enfin. Celle qui s’occupe d’éducation populaire,
de lien social de proximité, d’action socioculturelle,
de spectacle vivant ou d’art amateur. Elle est menacée
par la fonte des crédits, aussi rapide que celle de la
glace des pôles. C’est qu’elle est marquée,
aux yeux des dirigeants d’aujourd’hui, par de nombreuses
tares : sans valeur marchande, elle bascule dans la case "
dépense " de la comptabilité publique ; palliant
les déficiences de l’État, elle en alourdit
la charge ; inscrite dans le développement local, il
est difficile de la vendre lors d’une virée à
l’étranger. Pire, elle est créatrice de
citoyenneté, c’est-à-dire d’une liberté
collective aux antipodes du libéralisme. Inquiétante
convergence des mesures. " Les enfants, le XIXe siècle
est terminé ", chantait en 1968 la déjantée
Brigitte Fontaine, en tapant dans ses mains. François
Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Janvier 2008
Au bain, marris les citoyens !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°484, janvier 2008
De tous côtés on n’entend
plus que ça : ils s’acoquinent, ils avancent désormais
main dans la main. C’est de notoriété publique,
pourquoi le cacher ? L’émulsion politicienne bat
son plein et, bien avant Pâques, les œufs seront
brouillés. Au bain, marris les citoyens ! Car ces mariages,
à trois mois des scrutins locaux, sont le fruit de tractations
entre coqs de basse-cour, validées par les appareils,
comme d’antan celles des familles de nobliaux se reconnaissant
mutuellement dignes de convoler. Lesquels arrangements seront
un nivellement par le bas des idées et des programmes
plus qu’une mise en débat contradictoire sur des
sujets qui fâchent. Dommage, le débat public local
aurait pu gagner en qualité. Je ne demande qu’à
me tromper mais, a priori, ces élections s’annoncent
comme une simple reproduction de l’existant.
Lignes de fuites
Des lieux de débat, on en cherche, localement comme au
niveau national. Ce premier grand rendez-vous d’après
la présidentielle devait être celui de la "
repolitisation " citoyenne, en contrecoup d’excès
inacceptables. Mais les attaques contre le partage du travail
se sont noyées dans une tasse de pouvoir d’achat
; le Grenelle de l’Environnement rappelle que dessiner
une perspective c’est suivre des lignes de fuite ; la
laïcité a été une erreur de la République
; les lieux de droit régalien – la justice, l’école,
l’université – se raréfient sur la
carte de l’aménagement du territoire. En voilà
des thèmes de dialogue entre l’État et le
local qui mériteraient d’être traités
par la commission nationale du débat public ! Mais, tout
comme le conseil national de la vie associative, voilà
huit mois qu’on attend son renouvellement…François
Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Décembre 2007
Les associations et la culture du résultat
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°483, décembre 2007
Il y a longtemps, le seigneur vivait du produit
des terres cultivées par les serfs dont il assurait la
protection. Vint le temps des patrons fournissant travail et
salaire, leurs dames faisant la charité. Puis la République
laïque a créé le social. L’indigent,
devenu " redevable " de l’État, y a peut-être
perdu sa capacité de révolte, individuelle et
collective. Pendant que la droite des riches fabriquait la croissance
et le progrès, la gauche des pauvres incarnait le cœur
et la solidarité. Bon an, mal an, les associations ont
cherché leur place entre pouvoir politique et mobilisation
citoyenne. Arrivée au pouvoir, la gauche a voulu montrer
qu’elle était capable de gérer. Le "
développement social " mettrait en cohérence
une certaine vision de l’action collective, liant activité
économique et sociétale, fonction publique et
culture d’entreprise, centre-ville et quartiers, femmes
et hommes, français de " souche " et immigrés.
La critique écologique remisait la notion de progrès,
les objecteurs de croissance fustigeaient la mondialisation.
On pensait partage du travail pour tous. Les associations ont
tenté de maintenir le lien social, de masquer les contradictions
fondamentales de notre société. Très peu
ont expérimenté, dans l’économie
solidaire, l’idée d’un citoyen debout, ressource
pour lui, ses proches et son territoire.
Balayés ces atermoiements, au rancart les pleurnicheries
sentimentales ! Aujourd’hui, c’est le résultat
qui compte. D’ailleurs, qui peut être " contre
" ? Mais de quel résultat parle-t-on ? La pensée
unique vise-t-elle un résultat clinquant de montres-bracelets,
de yachts, de dîners mondains et autres richesses tape-à-l’œil
? Je laisse ce désir que je ne partage pas à quelques
cinglés, aveugles et sourds à leur environnement.
On ne peut pas demander à l’association de quartier
de conduire une équipe de mômes vers le sport de
compétition sans que ses joueurs aient fait l’expérience
positive du vivre ensemble, de l’engagement collectif,
du projet. C’est ce résultat que visent les associations.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Novembre 2007
Encore un match de perdu
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°482, novembre 2007
Les médias jouent confus quand ils nomment
décentralisation le fait qu’un président
de la République transporte ses godillots de ministres
à Strasbourg ou à Lyon. Des compétences
ont-elles été transférées ? Un nouvel
acteur est-il né, doté des moyens de son autonomie
? Non. Tout au plus devrait-on parler de délocalisation
d’un non-événement, reproduit ici puis là,
ponctuellement. Les sorties de M. Sarkozy ne sont même
pas une déconcentration de l’État.
De même, " l’ouverture ". Un système
politique est-il ouvert quand il octroie des maroquins à
quelques stars, au prétexte qu’elles incarnent
l’opposition ? Bien étroite ouverture, au ras de
la mêlée, qui déviera à peine la
trajectoire du paquet d’avants pour le reconstituer aussitôt.
Plus spectaculaire est le geste de l’ouvreur qui distille
les balles sur ses ailes, à des estafettes de sensibilités
politiques différentes. Mais ce sont des francs-tireurs
qu’on envoie au casse-pipe. Peut-on espérer qu’ils
changent la politique ? Bientôt ils s’épuiseront
dans l’exploit individuel et, probablement, dans la perte
de l’estime de soi.
La France n’est pas championne du monde de rugby, et elle
n’est pas plus proche d’un quelconque trophée
pour sa capacité de changement démocratique. François
Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Octobre 2007
Légende d’automne
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°481, octobre 2007
La chasse est ouverte dans le Sud, par lequel
les ramiers migrateurs pénètrent sur le territoire,
en route vers le Nord (Cherbourg plutôt que Calais). On
imagine les préfets. Planqués dans les taillis
ou scrutant l’horizon du haut des palombières,
ils visent le chiffre de 25 000. Ailleurs, les agents de la
collectivité organisent des battues, un aérosol
répulsif au baudrier, pour pousser le SDF hors de son
abri. Pire encore : les pouvoirs publics pourraient être
dotés de l’arme biologique pour vérifier
l’authenticité du regroupement familial des intrus
immigrés.
On se prend à rêver. Un policier appréhende
une jeune fille, cheveux longs et blonds, sur un scooter qu’elle
prétend avoir emprunté à une amie. Bien-sûr,
elle n'a pas l’assurance du véhicule, ni ses propres
papiers... " Et vous dites que vous êtes la fille
du président ? Z’allons vérifier ça
au poste ! ". Test négatif, rien à voir avec
l’ADN du président. Il faudra l’intervention
spéciale de Cécilia pour sortir sa fille de cette
mauvaise situation.
Les choses publiques se brouillent, où se mélangent
l’ordre moral et la morgue cynique du m’as-tu-vu
dans mon yacht, où l’on nomme un ministre pour
dans trois mois, lequel instrumentalise pieusement un symbole
de la République pour dynamiser ses rugbymen. C’est
le retour de l’idéologie totale et de la politique
zéro. François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Septembre 2007
Municipales 2008, c’est parti
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°480, septembre 2007
Septembre 2007, mars 2008 : six mois. C’est
parti pour les municipales. Car il faudra plus d’un jour
et d’une nuit, d’un nycthémère donc,
pour prendre votre mairie, citoyens ! Des édiles reluquent
déjà chaque tête qui dépasse localement
comme celle d’un concurrent à surveiller. Un vrai
cauchemar (nightmare, disent les Anglais), une parano peu reluisante.
D’autres cherchent à façonner des alliances.
D’autres encore, dans les villages notamment, s’inquiètent
de constituer une liste en nombre suffisant….
Animateurs du débat local, les tenants de la démocratie
délibérative peuvent avoir à livrer un
rude combat (social, idéologique, politique) pour s’imposer.
Leurs armes ? Une bonne connaissance du territoire et de ses
ressources, basée sur des échanges entre groupes
les plus divers possible, le plus souvent hors des sentiers
battus de la pyramide représentative. Rapports sociaux
irremplaçables.
Mais au-delà, le contexte politique et institutionnel
demande de manier des clés d’analyse avec un recul
suffisant pour bâtir des projets durables. La gouvernance,
la solidarité, l’innovation doivent pouvoir s’appuyer
sur une maîtrise des enjeux territoriaux (la montée
en puissance de l’intercommunalité) ou plus vastes
encore par les thèmes qu’ils englobent. En matière
d’écologie, de développement solidaire,
de justice sociale, l’expérience d’autres
acteurs pourra s’avérer utile. Ne pouvant répondre
à toutes les sollicitations locales, si passionnante
soit chacune d’elles, l’Adels réunira prochainement
un séminaire national (sur invitation) dans l’idée
de faire réseau et de doter tous les candidats d’un
arsenal d’arguments pacifiques, mais déterminés.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Juin 2007
La lutte des classes, les bans de l’école
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°479, juin 2007
La société civile – puisque
" peuple " ne se dit plus – est aujourd’hui
médusée par l’ampleur de la contradiction
à laquelle elle est confrontée. En témoigne
la question de la carte scolaire. Giflés par la froideur
dominatrice d’une économie qui délocalise
pour polluer, licencie pour parachute-dorer, nous sentons confusément
que la solidarité républicaine est une morale
qu’il faut muscler pour combattre celle justifiant que
l’élite se regroupe dans les classes de niveau,
dans les établissements d’excellence, dans les
écoles supérieures du pouvoir. Mais, constatant
les frontières spatiales, sociales, raciales et économiques
qui scarifient le territoire et séparent visiblement
relégation et intégration, opulence et déshérence,
choix de vie et lendemains contraints, qui choisirait de relever,
en combat singulier, le défi des contradictions à
l’œuvre ? Aucun parent d’élève
ne peut prendre son enfant en otage pour éradiquer la
terreur individualisée qui circule dans les rangs de
l’école, divise au lieu de différencier,
organise la concurrence plutôt que la coopération.
Le yacht à Malte, la Lanterne à Versailles et
le jogging partout ne sont que des images insolentes, de l’ordre
du " happy slapping " actuellement en procès.
La véritable arrogance sociale et l’incivilité
se jouent ailleurs. Elles sont moins médiatiques, plus
profondément angoissantes, enfouies dans nos institutions
et nos représentations collectives. N’attendons
pas d’un État (fût-il local) qu’il
recompose autoritairement la carte scolaire. Confions aux associations
laïques et civiques le soin de mettre en débat la
crise sociétale que révèle la question
de la carte scolaire. Aux syndicats d’enseignants d’organiser
un jury citoyen capable d’expertise populaire sur l’école.
Aux communes d’ouvrir commissions extra-municipales et
conférences de consensus pour dessiner une carte scolaire
soutenable. François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Mai 2007
Place à la contamination positive
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°478, mai 2007
Une fois écumée l’effervescence
médiatique présidentielle, que distingue-t-on
dans le chaudron du bouillonnement social réel ? Ce qui
ne nous tue pas nous rend plus fort.
Premier fait marquant : un taux de participation réconfortant
bien qu’insuffisant pour engager le changement, qui prend
à revers les théoriciens du déclin politique.
Ensuite, la lepénisation des esprits n’a pas eu
lieu, mais il semble prudent d’attendre. La tendance a
largement atteint les discours, et donc les esprits.
Quelques studios radio et plateaux TV sont encore le barycentre
de l’élection. Mais les débats en région
progressent, les initiatives citoyennes se sont multipliées,
et il y a là un formidable levier à utiliser.
Il est vrai que les éléphants se sont remis à
barrir dans la savane, législative cette fois. L’arithmétique
d’appareils restera-t-elle une science sourde aux questions
de société ? Ces questions de société,
justement, ont donné lieu à des constats, des
diagnostics, des révoltes, des propositions alternatives,
des jugements d’experts, des promesses de candidats, sur
les plans institutionnel mais, surtout, sociétal. Le
" je ne sais quoi " qui a fait que la recette a pris
une saveur particulière cette année. Comment installer
durablement cette expérience positive, dans la démocratie
quotidienne, sur les territoires de citoyenneté ? Les
réseaux associatifs et citoyens, malgré les tourments
organisationnels et financiers dont nombreux témoignent
aujourd’hui, doivent s’organiser. La résistance
n’est pas qu’un idéal, elle a surtout besoin
de petits gestes de contamination positive. François
Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Avril 2007
La présidentielle, comme une lettre à La Poste
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°477, avril 2007
L’humour en publicité, le procédé
est vieux comme mes robes, dirait ma tante. Mais que l’humour
mercantile soit vecteur de message politique, c’est plus
récent : cela date de la campagne présidentielle
de 1974, si ma mémoire est bonne, et de la pub Citroën
" Avec la CX, changez de régime ".
L’exercice de style atteint ses limites et ne fait plus
rire du tout quand il s’agit de vanter la marchandisation
des services publics. Que La Poste, pardon, La Banque postale,
fasse passer pour escroc l’expéditeur qui n’utiliserait
pas le tarif " prioritaire ", c’est insupportable,
particulièrement pour qui constate que ses envois sont
fréquemment perdus. Que la SNCF ose comparer ses passagers
à des héros du quotidien, les banlieusards cons
et cernés comme moi apprécieront, eux dont les
trains sont souvent supprimés ou en retard. Les messages
commerciaux des candidats à la présidentielle
relèvent parfois de la même faute de goût,
et font également grincer des dents. Bons mots et traits
d’esprit étant le fait des marionnettes et des
imitateurs, reste aux candidats à forcer le trait pour
exister, et ce n’est pas drôle. On avait déjà
fustigé ici les vannes éléphantesques sur
Ségolène Royal. Mais comment réagir à
l’humour de l’ancien ministre de l’Intérieur,
qui use à outrance du comique de répétition
(quatre-vingt-dix fois le mot France lors d’une récente
allocution), ou à l’utilisation du faux-nez chez
Bayrou, chantre de la défense de la veuve, de l’ouvrier
et du paysan ? François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Mars 2007
Selon que vous soyez gros ou maigre...
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°476, mars 2007
Le ministère de la Santé à
présenté son deuxième programme national
" nutrition santé ", avec obligation d’insérer
dans les publicités alimentaires des messages sanitaires,
en gros de la prévention contre l’obésité.
En même temps, l’Inséé nous propose
de calculer notre indice personnalisé des prix à
la consommation (IC). On sait que pour les ménages à
faibles revenus, le logement arrive au premier rang des dépenses,
la part de l'alimentation en second. Entendue récemment
sur une radio publique, une jeune femme témoignant de
son impossibilité de satisfaire les envies de ses petits
chérubins, avouait que " le seul moyen d’éviter
la paire de baskets à 200 euros est d’acheter des
produits alimentaires de marque, pour réduire leur frustration
". Produits issus de l’industrie agroalimentaire,
décriés depuis longtemps par les nutritionnistes
comme trop gras, trop sucrés, trop salés. L’indice
de masse corporelle (IMC), dont nous bassinent les magazines
féminins, permet lui d'évaluer la masse graisseuse
d'une personne. Faisons une corrélation entre l’IMC,
l’IC et les règlements de l’OMC, ce dernier
favorisant les grands groupes industriels, notamment agroalimentaires.
Additionnez votre IMC et votre IC, multipliez par le poids des
pays exportateurs de produits agricoles à l’OMC
et divisez le tout par les bénéfices cumulés
des dix plus grands groupes agroalimentaires mondiaux. Vous
obtenez votre IIM (indice d’intérêt mondial).
Là, tout devient limpide. Quelque soit votre IIM, pas
d’inquiétude, et surtout plus de régime
: de toute façon, si vous êtes pauvre, vous serez
gros – ou mal portant, tout n’est pas écrit
d’avance. Sauf que, pardon, bonne nouvelle : le petit
caporal de Neuilly s’est déclaré favorable
à la publicité pour le vin à la télévision.
Une décision favorable à l’IIM des plus
défavorisés, c’est certain. Blanche
Caussanel adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Février 2007
Côtés obscurs
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°475, février 2007
Début d’année édifiant
sur la fragilité de la démarche participative.
Le traitement événementiel de l’actualité
veut cela : un jour, la démocratie participative c’est
LA nouvelle attitude politique qui va tout changer. Ses faiblesses
? elles sont preuves de disponibilité au changement…
Le lendemain, c’en est fini. Il n’y a rien à
attendre de quelqu’un qui n’a pas de message ; l’écoute
de la demande, c’est le degré zéro de la
politique. Le doute s’insinue et laisse planer un profond
discrédit sur la notion et sur les pratiques qui peinent
à imposer leur légitimité.
En faisant la une des médias, la disparition de l’abbé
Pierre illustre encore les rapports ambivalents du politique,
de l’économique et du social. Côté
clair : l’émotion semble profonde, presque de nature
à créer un puissant mouvement collectif. Les laïcs
notent l’œuvre du citoyen et les ultralibéraux
s’inclinent devant la détermination du militant.
Pauvres et riches ensemble sur le parvis, l’image est
belle.
Côté sombre, les questions : cet élu, tout
perclus de compassion, n’a-t-il pas refusé d’appliquer
la loi SRU sur le territoire dont il a la charge ? Cette loi
en préparation sur le droit au logement opposable, elle
changera quoi ? Et puis, cinquante ans de gueulante pour en
arriver à cette terrifiante similitude entre 1954 et
maintenant… Ce n’est pas un peu désespérant
?
Dans sa carte de vœu, Hamida, militante de la cause des
femmes en banlieue, donne la parole à Albert Camus dans
Le vent à Djemila : " l’espoir, au contraire
de ce qu’on croit, équivaut à la résignation.
Et vivre, c’est ne pas se résigner. " .
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Janvier 2007
Affaires étrangères… aux citoyens ?
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°474, janvier 2007
Avril approche, nous entrons dans une période
délicate : élire un chef d’État demande
de réfléchir sur son rôle, les fonctions
de représentation qu’il ou elle devra exercer "
au nom de la France " dans le concert des relations mondiales.
Combien, parmi les électeurs, se posent la question en
ces termes ? On jauge plutôt la capacité des candidats
à ferrailler sur de multiples sujets politiques, économiques,
socioculturels… Trop souvent, le débat est engoncé
dans des problématiques hexagonales. C’est une
double ambiguïté connue, à une autre échelle,
dans les instances participatives de quartier : d’une
part, certains déplorent que nos concitoyens ne parlent
que d’éclairage public et de bordures de trottoirs.
D’autre part, l’habitant qui veut mener localement
une réflexion globale est jugé incompétent,
supposé animé d’intentions politiciennes,
bref, illégitime. Coopération internationale et
relations quotidiennes de proximité sont bien sûr
intimement liées et le discours des prétendants
présidentiels mérite d’être analysé
sous cet angle. Pendant que le ministre de l’Intérieur
fustige ces étrangers qui arrivent sur le territoire,
le même candidat " à la magistrature suprême
" déplore la fuite des cerveaux français
vers l’étranger. Il porte sur ces flux le même
regard inquiet, voire agressif. Ne serait-il pas plus sain d’envisager
ces mouvements dans le cadre d’échanges équilibrés,
entre des pays partenaires reconnaissant mutuellement les avantages
de la coopération ? Cela changerait notre perception
des frontières et, dans le même temps, le regard
que nous portons localement sur l’immigration et sur son
potentiel de développement.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Décembre 2006
Un nouveau Territoires, mais pas sans vous !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°473, décembre 2006
En 1996, l’Adels choisissait de scinder
Territoires en deux cahiers pour différencier dossier
thématique et traitement de l’actualité
des acteurs de la démocratie participative. Dix ans plus
tard, en janvier 2007, la nouvelle formule, sous forme d’un
magazine, témoignera du formidable élan de société
pour la participation, maintenant incontournable dans les discours
politiques, révolution douce dans la gestion des services,
contribution essentielle des initiatives citoyennes au changement
de nos institutions.
Territoires s’inscrit dans cette modernité qu’elle
a participé à créer. Fruit d’une
réflexion associative, éditoriale et rédactionnelle,
la nouvelle revue répondra aux aspirations des lecteurs
par un format plus grand, l’apport de la couleur, des
rubriques plus nettement affichées, l’alternance
d’informations courtes et d’analyses, la création
de liens entre lecteurs de la revue papier et débatteurs
sur le site internet. Avec Territoires, la presse associative
et militante s’engage dans les enjeux contemporains, sans
succomber aux sirènes de la mode. L’indépendance
et le recul restent de mise, comme la volonté de croiser
vos savoirs d’élus, de techniciens, de militants,
d’organiser le lien entre vos proximités dans une
vision politique globale. Vous êtes lecteur, devenez rédacteur,
débatteur, soutien : le nouveau Territoires ne se fera
pas sans vous !
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Novembre 2006
Vive la méthode gloB-A-bale !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°472, novembre 2006
En apprentissage de la lecture comme en participation
politique, s’il est indispensable de maîtriser la
lettre, il est tout aussi nécessaire de comprendre l’esprit
du propos pour bien lire, comprendre aisément et s’impliquer.
Le lecteur est acteur, c’est une évidence avec
laquelle l’instituteur comme l’animateur du débat
public a appris à composer depuis longtemps, proposant
alternativement un décryptage syllabique ou une réflexion
globale sur les choses.
De même, ici comme là, l’autorité
n’est pas de mise. Elle n’est pas la posture ad
hoc pour promouvoir la compréhension, le jugement, et
encore moins l’accord. Le volontarisme unilatéral
de la personne qui détient l’autorité, si
légale soit-elle, n’est ni légitime ni efficace
pour mobiliser l’individu ou la collectivité, rendre
capable de jugement privé ou public, logique ou politique,
sur les textes proposés et l’environnement qu’on
donne à lire. Davantage qu’au B-A-ba de la décision
publique locale, c’est au sens de la politique que les
citoyens prétendent participer. Pour avoir pratiqué
la concertation dans sa ville, Gilles de Robien, ancien maire
d’Amiens, ne l’ignore pas et devrait souffler cette
leçon au ministre qu’il est devenu.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Octobre 2006
Oui aux interpellations massives
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°471, octobre 2006
Dans sa lettre au ministre de l’Intérieur,
le préfet Cordet décrit son département
(le 9-3) sans concession. Plaidoyer à charge contre l’ennemi
intérieur, il amalgame clandestins et étrangers,
jeunes et délinquants, animateurs et Islam. Les institutions
ne sont pas épargnées. La justice, les forces
de l’ordre, assujetties à la politique spectacle,
sujettes au turn-over, minées par les guerres des polices,
harcelées par l’IGS. Le plaignant passe aussi la
brosse à décaper sur d’autres phénomènes,
que le lecteur analyserait plutôt comme des causes, comme
le délabrement de l’habitat ou la proximité
de l’éclatante richesse des entreprises qui s’implantent
dans le 9-3 et de la pauvreté qui s’accroît.
En conclusion, Le Monde relève ce mot du préfet
: " L’uniformité sociale et économique
de la Seine-Saint-Denis, telle qu’elle existait depuis
l’après-guerre, est en train d’exploser.
"
Ainsi, le destinataire de la lettre n’est pas Nicolas
Sarkozy. L’adresse devrait interpeller les prétendants
candidats aux prochaines élections et, bien au-delà,
tous les acteurs de ce pays. Quelles alternatives proposez-vous,
tenants du développement durable ou de la démocratie
délibérative ? Est-il raisonnable d’en appeler
à la mobilisation de la société civile
face à une crise civique et sociale aussi profonde ?
Éléments de réponse aux 10e Rencontres
de la démocratie locale, à Dijon, les 20 et 21
octobre.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Septembre 2006
S’engager, c’est mettre en gage
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°470, septembre 2006
À l’invitation de Chrétiens
dans le monde rural (CMR), l’Adels a participé
à une semaine de formation en Aveyron, sur le thème
" Motivés pour la rurale politique ". De quels
moyens disposent les citoyens pour débattre de l’avenir
des hommes et de leur travail, des filières
économiques dans lesquelles ils s’insèrent,
de leur inscription dans un projet de territoire ? Les espaces
spécifiques (partis, syndicats, instances de concertation)
paraissent bien étroits et
repliés sur eux-mêmes – voire inspirent la
méfiance – aux yeux de qui veut ouvrir un
débat global.
Le document audiovisuel sur le développement durable
réalisé et présenté par une équipe
d’agriculteurs Aveyronnais visant à interpeller
les acteurs de leur territoire – et bien au-delà
peut-être, grâce au réseau CMR – montre
que la vie associative est un lieu, rare et précieux,
de production d’intelligence sociale, économique
et donc politique. Mais les savoirs échangés en
groupe restreint seront-ils réinvestis plus largement
? Au prix de quelle énergie dépensée à
se faire reconnaître ? Souhaitons bon vent à cette
initiative citoyenne. Beaucoup de chemin reste à parcourir
pour que son engagement, gage de ressource sur le territoire,
soit accepté.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Juin 2006
Vade retro, commissions
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°469, juin 2006
De rétro-commissions en salaires fictifs,
de secret défense en amnistie présidentielle,
l’État donne une image abjecte de la chose publique.
En confondant les finances privées et l’économie
nationale, l’intérêt personnel et la représentation
politique, on discrédite bien plus que les seuls personnages
qui, avec un cynisme supplémentaire, avouent tout haut
attendre impatiemment que le mondial de foot et la trêve
estivale détournent les regards et les jugements.
On salit le mandat de tout le personnel politique, et particulièrement
des élus qui sont tous les jours davantage assimilés
au détestable " tous pourris ".
Jusque dans la gestion locale. Quel regard porteront sur les
maires-shérifs les parents de jeunes qu’on aura
tôt fait d’enfermer dans la case " délinquant
" ? Quel (res)sentiment anime les familles qui attendent
une HLM quand le Parlement tente de voter la suppression de
l’obligation du quota de 20 % de logements dans les villes
de plus de 3500 habitants ?
L’été arrivant, les citoyens préfèreront
tourner leur attention vers ceux qui désobéissent
en publiant des études de vulnérabilité
des futurs réacteurs nucléaires, ou ceux qui,
avec le Réseau éducation sans frontières,
entrent en résistance pour accueillir des enfants menacés
d’expulsion.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Mai 2006
La délibération fait un tabac
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°468, mai 2006
Au jeu des rapports binaires pouvoir / contre-pouvoir,
le gouvernement a perdu.
Le CPE a été retiré, mais la leçon
n’a pas servi. Dès le lendemain, un ministre
a voulu imposer à
l’Assemblée nationale une mise à jour
sans débat de la loi sur le tabagisme, pourtant vraisemblablement
consensuelle. " Nous voulons délibérer,
nous sommes là pour ça ". C’est un
parlementaire qui s’insurge, UMP qui plus est, blâmant
ce déni de démocratie. Car il est maintenant
évident – sauf aux yeux du pouvoir – qu’évoquer
la seule majorité issue des urnes n’est pas une
raison suffisamment légitime pour gouverner.
Mais le cerveau politicien fonctionne sur d’autres stimuli.
C’est aux partis de gauche que la droite voulait répliquer.
Quelques jours après cette nouvelle déconvenue
(le projet de loi est retiré de l’ordre du jour),
un autre député nous apprendra qu’il était
urgent de légiférer " pour occuper la niche
" et ne pas laisser au Parti socialiste l’avantage
d’inscrire à son programme une proposition de
santé publique.
La saison électorale veut cela : dans les mois à
venir, il faudra apprendre à décrypter les jeux
de plateaux en décelant ce qui se passe sous la table,
dans les officines partisanes. Les citoyens, eux, profiteront
de la période pour faire de la politique.
En délibérant.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Avril 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°467, avril 2006
Qui consulte qui ?
L’actualité sociale porte à réfléchir
sur les liens entre consultation et participation. Avez-vous
entendu l’avis du Conseil économique et social
sur les mesures de contrôle social proposées
par le gouvernement ? Connaissez-vous la position du Conseil
national de la jeunesse sur le CNE ou le CPE ? Serait-il jugé
opportun que la Commission nationale du débat public
crée une commission particulière sur les modes
de traitement social du chômage ?
Deux types de questions se font jour. D’abord sur la
consultation, notion ambiguë, manipulable à l’envi,
conflictuelle.
Qui consulte qui ?, à quel moment du débat public
et sur quels enjeux ?, avec quelle influence possible sur
la décision finale ? Le référendum local
organisé à Saint Denis (93) sur le droit de
vote des résidents non communautaires montre ainsi
l’abîme vertigineux entre l’acte symbolique
et l’incapacité de la consultation à changer
le droit. Sur les questions sociales ensuite. Entre démocratie
participative et institutions représentatives, les
ponts ne sont pas
visibles. Les syndicats, les coordinations, les partis veillent.
Mais ils peinent à trouver
l’espace public où mettre le conflit en débat.
Au Printemps de la démocratie, à Paris, une
femme disait en substance : " Le Conseil de quartier
ne sert pas à résoudre la situation du SDF qui
est à notre porte. Je me sens comme une figurante.
"
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Mars 2006
Savoirs dans la démocratie
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°466, mars 2006
Un jeune invective les participants d’un
débat public : " Vous ne savez rien de ce que
vivent les gens, vous n’avez pas le droit de parler
à leur place. " La question de la démocratie
est intimement celle de la confrontation des savoirs. Elle
n’a rien de spontané et ne peut être improvisée.
Au-delà d’un altruisme qui comporterait des relents
nauséabonds, les agents, les bénévoles
et les professionnels des organisations " média
" entre la population et la politique (les associations,
les services publics, l’éducation populaire,
les administrations) sont-ils les porteurs légitimes
d’un savoir citoyen suffisamment élaboré
pour s’imposer dans le débat public local et
prendre part à la hiérarchisation des décisions
?
La question des savoirs populaires est objet de controverses
scientifiques. Pour ne pas être cantonnées dans
une proximité enfermante sous forme d’une contribution
concédée par l’élite, et pour gagner
le statut de " révolte légitime ",
les notions d’expertise citoyenne ou de savoirs d’usage
doivent être déconstruites pour devenir opposables
dans la conduite des changements politiques durables. Association
d’éducation populaire, l’Adels veut être
clairvoyante sur ces trois registres – social, institutionnel
et politique.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Février 2006
Logo.asso.gouv.fr
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°465, février 2006
Les relations entre l’État,
les collectivités locales et les associations sont
loin d’être stabilisées. En témoignent
les atermoiements dans le versement des subventions aux réseaux
nationaux. Récent épisode peu glorieux, des
courriers annonçant à des associations nationales
que leurs subventions, largement amputées, leur seraient
accordées si elles répondent dans les 24 heures
; dates d’arrivée des courriers : le 23 et le
30 décembre. Faut-il préciser que nous parlons
des financements pour 2005 ?... Mais il semble qu’un
autre acteur s’invite dans le débat public/privé
: les fondations d’entreprises. La culture, l’environnement,
le logement social semblent intéresser le mécénat
d’entreprise. La tendance mérite d’être
suivie de près. D’abord par pragmatisme : est-ce
que l’État, confusément, ne verrait pas
d’un bon œil que les entrepreneurs investissent
sur des dossiers qui pèsent lourd dans la gestion publique
? La seconde est plus politique. Que l’État trouve
dans le capital privé les relais financiers de ses
projets politiques pose le problème de la contrepartie
demandée. Les quarante dernières années
ont montré que les trois activités citées
génèrent d’insondables problèmes
de société quand leur gestion est celle de simples
biens de consommation.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Janvier 2006
Démocratie délibérative
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°464, janvier 2006
Sur nombre des chantiers qu’elle mène,
l’Adels vérifie que la démocratie participative
est une révolution douce mais déterminée,
qui s’installe dans les relations quotidiennes entre
acteurs. Prenons par exemple la notion de délibération.
À entendre les commis de l’État ou certaines
associations d’élus, quand les citoyens délibèrent,
ils tchatchent et se renseignent en vue d’une décision
qu’ils ne prendront pas. La délibération
des élus est d’une tout autre nature puisqu’elle
contient la décision. Comment, dès lors, situer
la notion de démocratie délibérative
?
Le débat n’est pas seulement sur l’emploi
des mots. L’épithète " délibérative
" ne réduit pas l’exercice de la démocratie
au seul exercice du débat : elle qualifie le temps
de la procédure davantage que le résultat. Le
terme " démocratie délibérative
" est l’autre face de la "délibération
démocratique ". Ceux parmi les élus qui
ont fait l’expérience du dialogue avec l’État
(quand il mène le débat public) comprennent
la déception des citoyens face à l’insatisfaisante
offre de délibération, et se montrent plus enclins
à la concevoir comme lieu de coproduction de la décision.
Ils ne sont pas pour autant déshabillés d’une
once de pouvoir. C’est donc bien de
décentralisation dont il est question.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Décembre 2005
L’effet réseau, chemin faisant
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°463, décembre 2005
En publiant Renouveler la démocratie
: oui, mais comment ?, sous la plume de Serge Depaquit, et en
prolongeant cette initiative par des soirées débat,
l’Adels répond à une forte demande d’acteurs
de nombreux territoires. Les participants n’ont pas la
prétention de résoudre la crise de la représentation,
l’impudeur d’émettre des solutions pour échapper
à la
société de l’incertitude. Tout au plus constatent-ils
qu’en contribuant à la réflexion, ils cheminent.
Nourris d’expériences locales, ils échappent
au leurre de la proximité. Enclins à ouvrir des
perspectives politiques, ils ne visent pas un horizon fuyant
: ils savent que la société de demain se construit
dans la délibération " ici et maintenant
".
Ce mois de novembre a aussi été le mois des rencontres
avec les professionnels et les bénévoles de l’union
Peuple et culture en université d’automne, ceux
des centres sociaux dans la Cité de la participation,
les professionnels de l’union régionale des MJC
en Rhône-Alpes. D’un lieu à l’autre,
les idées circulent. L’Adels est ainsi au cœur
de son projet associatif. Ces rencontres nourrissent Territoires,
et, réciproquement, les lecteurs de la revue investissent
avec une énergie nouvelle les territoires dans lesquels
ils sont impliqués.
D’autres rencontres se préparent à Marseille,
Lyon, Nantes… et peut-être chez vous si vous souhaitez
cheminer quelques heures avec les membres de l’Adels.
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°462, novembre 2005
Les Xe Rencontres de la démocratie locale,
à Dijon, les 20 et 21 octobre 2006, se préparent
dès maintenant, en collaboration avec les futurs participants.
Les premiers à se mettre au travail seront les membres
de conseils de quartier de près de quarante villes en
réseau. Une large liste de thèmes à traiter
va leur être proposée par l’Adels. Chaque
groupe local est invité à indiquer en retour un
thème qu’il souhaite traiter pendant l’année.
Les thèmes retenus (ceux qui donnent lieu à des
échanges nourris entre les groupes) seront traités
en forums le vendredi 20 octobre 2006 après-midi. Vers
ceux-ci convergeront des groupes citoyens de tout le territoire
pour mutualiser, capitaliser les expériences et tracer
les lignes futures de la démocratie participative.
Les groupes qui ne seraient pas inscrits sur la liste de diffusion
et souhaiteraient être partie prenante du dispositif sont
priés de se faire connaître.
Autres temps forts des Xe Rencontres : la table ronde citoyens
/ politiques (21 matin) et les ateliers thématiques (21
après-midi) seront présentés prochainement.
Ils donneront lieu,
eux aussi, à une convergence d’associations, d’élus,
d’experts sollicités par l’Adels sur les
champs de l’action publique locale revisitée sous
l’angle de la participation.
François Hannoyer adels@adels.org,
01 43 55 40 05
Octobre 2005
Sciences citoyennes
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°461, octobre 2005
Éducation populaire, science, technique
et citoyenneté. En animant un débat à la
Cité universitaire sur éducation populaire et
développement durable, c’est beaucoup plus qu’un
acte isolé que l’Adels a réalisé,
rapprochant deux secteurs d’activité peu fréquemment
en contact.
L’association s’est aussi liée à deux
laboratoires associés au CNRS pour travailler sur les
transferts de savoirs entre experts scientifiques, techniques
et citoyens. L’Adels est encore impliquée dans
un travail avec le Mouvement pour un développement solidaire
sur les moyens de faire reconnaître l’expertise
d’usage dans la décision publique. Avec le Syndicat
de l’éducation populaire dans un cercle d’étude
sur l’éducation populaire, elle observe ses modes
et ses méthodes d’intervention dans l’histoire
et dans les enjeux contemporains. Initiatives nombreuses, au
milieu de beaucoup d’autres encore qui semblent converger
vers une problématique centrale : les intermédiaires
entre politiques et citoyens, et particulièrement les
associations d’éducation populaire, leurs salariés,
leurs militants, sont-ils, aujourd’hui, des acteurs de
la démocratie participative et, à plus long terme,
les laboureurs d’un terreau de nouveaux modes de gouvernance
? François Hannoyer
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°460, septembre 2005
L'un et l’autre représentent des
travaux de longue haleine. Et l’un et l’autre, chacun
à sa manière, sont des aventures collectives.
Pour la rentrée, l’Adels publie deux ouvrages qu’elle
a l’immodestie de juger importants. Le premier se nomme
Pour une culture de la participation, et est l’œuvre
de Pierre Mahey. Architecte, urbaniste, mais avant tout animateur
d’espaces de débats participatifs, il a par exemple
accompagné l’Atelier de travail urbain de Grande-Synthe,
un modèle du genre. Il sait par son expérience
combien les paroles doivent êtres dites pour pouvoir être
dépassées. C’est ce qu’il fait dans
son livre, livrant avec une grande clarté sa vision de
la démocratie participative, sa nécessité,
son état d’être, ses perspectives, ses limites.
Renouveler la démocratie...
Pour une culture de la participation, 11 euro
Le second est signé par Serge Depaquit, vice-président
de l’Adels et penseur du renouvellement démocratique,
mais est le fruit d’un cheminement appronfondi de deux
ans de l’Adels sur cette question essentielle. Au final,
Renouveler la démocratie, oui mais comment ? analyse
la nature de la crise politique, ses liens profonds avec la
crise de la démocratie sociale et économique,
et propose des pistes pour s’en sortir.
Pour une culture de la participation, 11 euro
Renouveler la démocratie, oui mais comment ? (sortie
en octobre), souscription : 5 euros au lieu de 11 euros jusqu’au
30 septembre.
Adels : 01 43 55 40 05
Juin 2005
Horizon 2008, déjà
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°459, juin 2005
L ’Assemblée générale
de l’Adels (le 27 mai dernier), qui connaît le rythme
associatif, a décidé d’orienter dès
maintenant les travaux de ses membres en visant l’horizon
2008. D’ici les municipales, l’activité ne
manquera pas. L’association perpétue son rôle
de club politique, lieu singulier de réflexion et d’échanges.
Sa singularité est basée sur trois pieds. Son
objet spécifique: la démocratie, la citoyenneté,
l’organisation des institutions et des territoires. Son
positionnement : en dehors d’enjeux politiques immédiats.
Sa volonté de diffuser son expertise: l’éducation
populaire.
Les lecteurs de Territoires, les participants aux formations
ou aux rencontres de l’Adels sont principalement des militants
politiques ou associatifs locaux, des animateurs de lieux de
médiation, des élus ou des professionnels engagés
dans la vie locale.
À ceux-là, l’Adels propose de s’appuyer
sur son texte projet et de se rencontrer dans des soirées
interactives, relayées par un réseau de correspondants
locaux et des partenariats associatifs, et lors des 10e Rencontres
de la démocratie locale. L’expérience des
dernières municipales montre la fragilité et l’isolement
des initiatives citoyennes.
L’Adels se met en capacité, dès maintenant,
d’étayer et de participer à la construction
de leur engagement, de nourrir leur projet.
Mai 2005
L’actualité de l’éducation populaire
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°458, mai 2005
L ’Adels reçoit aujourd’hui
notification du renouvellement de son agrément au titre
de la jeunesse et de l’éducation populaire. D’aucun
n’y verront qu’une formalité obsolète,
le reliquat d’un lien ancien entre une autorité
centrale et des " franchisés " sur tout le
territoire. À quoi bon, diront ceux-ci, cette référence
administrative supplémentaire ? D’autres, plus
au fait de ce que signifie cette filiation au mouvement d’éducation
populaire, pleurent sur ce qu’est devenue cette flamme
ancienne qui habitait les maisons des jeunes et autres projets
pédagogiques d’envergure nationale, voire internationale.
Ceux-là pleureront
encore dans vingt ans, comme si la nostalgie était le
seul signe de leur appartenance.
L’Adels préfère voir dans cet agrément
une amicale piqûre de rappel. Comme pour dire aux associations
: " Que faisons-nous ensemble, aujourd’hui, pour
que vive le projet d’éducation populaire ? Si les
pères fondateurs étaient nos contemporains, quelles
initiatives oseraient-ils prendre ?
À quels risques choisiraient-ils d’exposer leurs
organisations ? "
L’Adels prend sa part de responsabilité. Par Territoires,
par les séminaires qu’elle organise, par les nombreux
débats dans lesquels ses militants sont appelés
à intervenir, par le réseau de correspondants
locaux qu’elle souhaite organiser, l’association
revendique son appartenance au mouvement. Il n’est pas
de démocratie sans participation des gens. Pas de participation
sans que les institutions écoutent ce que les gens ont
à dire. Là est l’ambition actuelle de l’éducation
populaire.
Avril 2005
Le professionnel en retrait, l’élu à l’écoute…
Génial !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°457, avril 2005
Les premiers pas de l’association Réseau
initiatives et citoyenneté (Ric) sont le signe d’une
réussite qui fait plaisir. Après deux ans de maturation,
de journées à la Fondation de France en rencontres
thématiques décentralisées, du stand au
Festival international de la ville à l’atelier
lors des rencontres de Niort, les adhérents du Ric (qui
n’était alors qu’une association de fait
soutenue par l’Adels) se sont forgé une identité
commune, une volonté de faire ensemble, une capacité
collective à interpeller d’autres groupes. À
Voiron (Isère), le week-end du premier avril, des habitants
de Grenoble, Marseille, Montpellier, Nice, Niort, Pont-de-Claix,
Roubaix, Roussillon, Toulon, Vienne se sont donné rendez-vous
pour débattre, déambuler dans les quartiers en
cours de requalification, rencontrer des membres des conseils
consultatifs, débattre encore. Le tout, bien sûr,
ponctué de moments festifs. Deux faits marquants, aux
yeux de Myriam, Pia et Marie-Jo qui " recevaient ".
D’abord, le directeur du centre social a montré
sa totale confiance dans le groupe en le laissant agir (Mais
quel boulot que de tout organiser sans les professionnels !).
Ensuite, les élus présents, locaux, régionaux
: ils ont écouté, et le courant semble être
passé dans un sens inhabituel. Ils ont ouvert leurs yeux,
et leur regard sur les habitants semble avoir changé.
Longue vie à l’association, pour peu qu’elle
trouve des appuis (techniques et financiers).
Ric, Békir Gunès : 01 43 55 40 05, 06 07 24 52
44
Février 2005
Ce que les 9e Rencontres ont donné à voir
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°455, février 2005
Il est trop tôt pour dresser le bilan
des Rencontres de la démocratie locale de Niort. Mais,
d’ores et déjà, un événement
saute aux yeux : décentralisés jusque dans les
moindres parcelles du territoire, les multiples lieux d’échange
que sont les instances participatives sont peu visibles. Ils
sont pourtant désormais incontournables et constituent
un réservoir indispensable d’observateurs, de porteurs
de diagnostics, d’idées, de projets qui ne demandent
qu’à être écoutés. Rassemblez
quelques élus, agents municipaux, professionnels et militants
associatifs, citoyens engagés dans les quartiers, les
pays, les associations, les collectivités locales : vous
rendrez visibles les propositions qu’ils formulent pour
repenser le lien social dans leur quartier, l’économie
locale de leur vallée, la politique dans le monde. Que
celles-ci soient (peut-être) imparfaitement exprimées
n’a pas d’importance. Cela souligne juste l’intérêt
d’investir collectivement dans les moyens que demandent
les acteurs locaux pour affiner leurs contributions. Cette richesse
citoyenne a été évidente à Niort.
Au-delà des discours incantatoires, l’Adels y voit
le signe d’un changement profond de société.
Faire de la politique aujourd’hui n’est pas tant
prendre une – bonne – décision publique que
mettre en lumière les nombreux chemins vicinaux et citoyens
qui y mènent.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
Janvier 2005
Animation, modes d’emploi
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°454, janvier 2005
L 'animation est indispensable à la vie
démocratique d'un groupe, d'une organisation, d'un territoire,
pour mener la dynamique d'un projet, assurer la médiation
entre les acteurs et leur environnement. Pour que les transformations
auxquelles aspirent les groupes participatifs s'inscrivent durablement
dans un territoire, il faut concevoir l'animation dans sa dimension
" politique ", c'est-à-dire comme vecteur des
débats de société et comme outil au service
de la démocratie délibérative. Pour développer
tous ces sujets, l’Adels vient de publier le guide Animer
un projet participatif, modes d'emploi. On y retrouve une réflexion
sur le sens que revêt aujourd'hui l'animation, une invitation
suivre les différents temps de la vie d'un groupe porteur
de projet et, enfin, des situations et des attitudes concrètes
d’animation sont proposées comme éléments
de méthode. L’ouvrage, soutenu financièrement
par la direction régionale de l'environnement - Bretagne,
aura été un des derniers actes publics de l'Office
socioculturel rennais (OSCR), partenaire du projet, au terme
de vingt-sept années d'existence.
François Hannoyer.
Animer un projet participatif, modes d’emploi, éd.
Adels, 2004
Décembre 2004
Rendez-vous aux 9e Rencontres
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°453, décembre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale,
à Niort, les 28 et 29 janvier 2005, rassembleront des
membres de conseils de quartier, de conseils de développement,
de fonds de participation des habitants, des professionnels
d'associations et de municipalités. Ils ont à
partager un bilan de leurs pratiques dans ces instances de médiation
entre la société civile et les élus, entre
la demande sociale et son traitement dans la décision
publique locale. Leur expérience est irremplaçable.
Elle est un socle indispensable pour interroger nos institutions,
nos modes de gestion des territoires et, au-delà, participer
à la redéfinition du contrat démocratique.
La période est la bonne puisque le calendrier électoral
est vierge pour un temps : le temps pour les citoyens de s'inviter,
à leur rythme, dans le débat sur le Politique,
avec les arguments qui sont les leurs. Et de faire entendre
le lien social qu'ils créent quotidiennement, la solidarité
qu'ils expriment dans la société, la créativité
dont ils témoignent pour inventer un développement
soutenable. Forums, débats, tables rondes et ateliers
se nourriront de leurs réussites, de leurs critiques
et de leurs propositions.
Pour tout renseignement : adels@adels.org.
Novembre 2004
L’autogestion aujourd’hui. Que reste-t-il de nos
amours ?
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°452, novembre 2004
Le 7 décembre à 18H, l’Adels
organise une nouvelle soirée-débat sur l’autogestion.
Nostalgiques, s’abstenir : les contributions préalables
sur internet et les débats qui cadreront la soirée
porteront moins sur le thème de ce qu’a été
l’autogestion hier qu’un regard sur ce qu’elle
structure dans la vie collective contemporaine. À l’heure
des 35 heures et de la production immatérielle, est-ce
une manière de penser les relations sociales dans l’entreprise
? Est-elle un positionnement alternatif à la mondialisation
de l’économie ? Participe-t-elle à modifier
la répartition de la richesse ? Propose-t-elle un regard
politique global sur le local et le développement ? Qui
se réclame ou pourrait se réclamer de l’autogestion,
aujourd’hui ? Existe-t-il une continuité historique
de cette notion qu’on disait utopiste ? Ses acteurs se
reconnaissent-ils mutuellement ? L’autogestion reste-t-elle
un projet d’avenir ? À ces questions et à
d’autres, les regards croisés d’acteurs se
répondront.
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
Octobre 2004
C'est encore loin, Niort ?
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°451, octobre 2004
Les Rencontres de la démocratie locale
affichent maintenant un thème qui n'est pas encore un
titre : " Les citoyens, acteurs du renouvellement de la
démocratie ". L'organisation des travaux se dessine.
Rencontres d'acteurs d'abord le vendredi : conseils de quartier,
conseils de développement, dispositifs d'appui aux initiatives
d'habitants, étudiants futurs professionnels de la démocratie
locale. La journée se terminera par un buffet et un bal.
Le samedi ensuite, en plénière, les différents
groupes partageront une synthèse éclairant mutuellement
leurs pratiques de citoyenneté active. Puis un débat
en fin de matinée avec des élus : " Comment
envisager l'alliance entre la société civile et
le Politique ? " Enfin, après le déjeuner,
dans la grande tradition de l'éducation populaire, des
ateliers de vingt à trente personnes. La liste des thèmes
est encore ouverte. Pour une édition et un envoi du programme
à mi décembre, cela laisse un peu de temps à
tous les partenaires pour participer à l'élaboration
du programme. Les Rencontres de la démocratie locale
sont soutenues par la ville de Niort et le conseil régional
de Poitou-Charentes.
Les 9e Rencontres
de la démocratie locale,
Les 28 et 29 janvier 2005 à Niort
Avec l'Adels, l'Unadel et le RIC
Contact : François Hannoyer,
tél. : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
Septembre 2004
Démocratie de proximité en villes moyennes : dispositifs
et enjeux
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°450, septembre 2004
L'Adels participe aux Rencontres nationales
portées par la ville d'Auxerre et la Fédération
des maires de villes moyennes, les 14 et 15 octobre prochains
sur le thème :
Une table ronde d'ouverture montrera comment proximité,
solidarité et efficacité se conjuguent autour
d'un premier constat : si la démocratie locale doit permettre
à tous les habitants de comprendre les enjeux de la gestion
municipale, elle doit aussi permettre de prendre pied dans les
grands défis que la société et la planète
doivent relever.
Puis quatre ateliers traiteront simultanément de la démocratie
de proximité comme outil d’évaluation publique
des enjeux locaux ; comme moyen de mobilisation des citoyens,
des services, des élus ; comme lieu de mise en cohérence
des initiatives à partir du projet municipal ; comme
moment dans la décision publique locale.
Les questions de mise en œuvre alimenteront les ateliers
du 15 octobre : quels outils pour élaborer un diagnostic
partagé, quels vecteurs pour informer, communiquer, se
connecter, quels moyens de formation, quelle organisation de
la démocratie dans les différentes échelles
de territoires ?
La table ronde de clôture ouvrira sur les pratiques de
renouvellement urbain et d'Agendas 21.
www.adels.org
Contactez-nous !
Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org.
Juin 2004
Rencontres réunionnaises de la démocratie locale
Tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°449, juin 2004
Une centaine d’acteurs de " l’éducation
émancipatrice tout au long de la vie ", thème
des 3e Rencontres réunionnaises de la démocratie
locale, se sont retrouvés à Saint Leu, le 26 mai
2004. Ce thème a mobilisé des responsables d’associations,
des universitaires, des chefs d’entreprise, des parents
d’élèves, des responsables du groupe inter-religieux,
des travailleurs sociaux, des citoyens, etc. Il en est ressorti
trois questions, débattues en ateliers : comment permettre
à chaque personne de sortir de sa dépendance,
en sachant que si les chaînes de l’esclavage ont
été brisées en 1848, elles sont encore
présentes dans les mentalités et l’exercice
du pouvoir ? Comment changer d’ère, en passant
de l’état de minorité, avec des tuteurs,
à l’égalité sur la place publique
? Comment réhabiliter le politique, malheur des intérêts
contradictoires, sans être noyé dans la sphère
technico-politique ? De multiples propositions ont émergé
: création d’une agence de presse fédérative
pour la valorisation des initiatives en auto-organisation de
base ; lancement d’un programme de désintoxication
de la société de consommation ; formation des
élus à l’exercice démocratique ;
découpage des grandes communes ; défense de l’autonomie
associative… S’il faut lutter contre l’illettrisme
(120 000 sur 730 000 habitants), les participants ont souhaité
réinscrire cet objectif dans une finalité première
: la lutte contre l’ignorance, qui perpétue l’esclavage.
Marc Vandewynckele
mai 2004
Adhérez !
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°448, mai 2004
Vous connaissez l'Adels à travers la
revue Territoires ? Vous avez lu d'autres ouvrages édités
par l'Adels ? Vous avez participé à une formation
? Peut-être avez-vous rencontré un membre de l'association
au cours d'une soirée-débat ou aux Rencontres
de la démocratie locale ?
Toutes ces activités sont le produit d'une association
qui vit grâce à l'implication active de ses militants,
aux contacts qu'ils entretiennent entre eux, avec des territoires,
des réseaux, des initiatives citoyennes. Vous avez apprécié
le contenu d'une intervention, vous acquiescez aux propositions
émises par l'Adels ou voulez en discuter avec ses membres
?
Le mieux est encore d'adhérer.
Vous recevrez la lettre interne de l'association et bénéficierez
du libre accès au centre de documentation qui sera bientôt
opérationnel. Des tarifs préférentiels
vous seront accordés. Peut-être même voudrez-vous
devenir correspondant local de l'Adels ? Prendre l'initiative
d'animer une séance de travail, un atelier d'échange,
rédiger un article pour Territoires ?
L'Assemblée générale de l'Adels aura lieu
les 4 et 5 juin prochains.
Si vous souhaitez y être invité(e) et adhérer
à l'association, renvoyez un e-mail à : adels@adels.org
.
avril 2004
Hommage à Anne Lichtenberger
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°447, avril 2004
Anne Lichtenberger a toujours été
au service des plus pauvres et des plus déshérités,
ceux dont la voix a du mal à se faire entendre. Elle
était pleinement engagée dans ce travail militant,
dans ce qu’il est traditionnel d’appeler des organismes
caricatifs. Mais elle a souhaité ne jamais s’arrêter
à ce premier stade de l’engagement.
Pour elle, l’engagement essentiel était l’engagement
citoyen, celui qui la mettait au service d’une démocratie
vivante, qui ne s’appuie pas seulement sur le seul système
politique mais aussi sur tout le réseau des associations
qui font le terreau de notre société.
Elle a été de tous les combats, qu’il s’agisse
de l’Adap avec François Bloch-Lainé, de
la Fonda avec Frédéric Pascal et Anne David.
C’est elle qui a eu la première l’idée
de développer des Fonda régionales et pour ce
qui la concerne, en Rhône-Alpes.
Je me souviendrai toujours de la réunion fondatrice de
la Fonda Rhône-Alpes à Bourg-en-Bresse, où
elle avait réussi à faire venir l’ensemble
des forces associatives de la Région.
Jusqu’au bout de ses forces elle a combattu pour que la
démocratie vive.
Grâce lui soit rendue.
Jean-Pierre Duport
mars 2004
Qui parle de passion politique ?
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°446, mars 2004
Devant les citoyens de Bures-sur-Yvette et environs,
récemment rassemblés pour un Forum social local,
l'Adels animait une table ronde consacrée à la
démocratie participative. Ce fut l'occasion pour Serge
Depaquit, vice-président de l'association qui introduisait
les débats, de montrer que ce n'est pas là affaire
seulement de structures, de méthode, de moyens, de cadres
juridiques... « C'est du sens politique de ce qui est
donné à débattre dont il faut parler ;
c'est le renouvellement de la politique que nous visons »,
proposait-il aux élus et militants présents. Le
même week-end, le premier secrétaire du Parti socialiste,
devant un auditoire conquis, martelait : « Il faut politiser
le débat. » Le lieu d'exercice de ces deux engagements
politiques est-il identique ? La mobilisation et la dynamique
recherchées convergent-elles vers la même implication
dans le renouveau du gouvernement de la Cité ? On en
doute. En cette période électorale, la balle est
dans le camp de ceux qui disposent des moyens de communication
autrement plus puissants que ceux dont disposent les citoyens
« de base ». Aux tenants des organisations politiques
de comprendre qu'ils ont un fossé à combler, qu'il
s'agit même d'un fait politique de première importance
et que, pour ce faire, ils doivent composer avec l'énergie
citoyenne telle qu'elle s'exprime dans les Forums sociaux locaux.
Soyons optimiste. À l'issue de la réunion de Bures,
une jeune femme est venue remercier l'orateur qui, disait-elle,
lui avait redonné le goût de faire de la politique.
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Contactez-nous !
Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org
février 2004
En route vers les 9e Rencontres de la démocratrie locale
!
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°445, février 2004
L'Adels lance la préparation des neuvièmes
Rencontres de la démocratie locale.
Le chiffre dit le succès rencontré par la manifestation
qui regroupe depuis 1991 élus, agents de la fonction
publique territoriale et militants associatifs, représentants
de groupes de citoyens, membres de réseaux locaux ou
nationaux.
Les initiateurs veulent donner à l’événement
une dimension nouvelle, pour qu’il témoigne davantage
encore des préoccupations actuelles, des sollicitations
exprimées auprès de l'Adels dans les réseaux
qu'elle fréquente, de l’actualité des pratiques
de démocratie participative et de citoyenneté.
C'est pourquoi l’Adels souhaite élaborer les prochaines
Rencontres en association étroite avec l’Union
des acteurs et structures du développement local (Unadel)
et le Réseau initiatives et citoyenneté (RIC).
Avec les partenaires associatifs nationaux qu’elle réunit
très en amont, il faut maintenant définir une
thématique précise, une déclinaison pour
chaque atelier, un thème commun pour l’éventuelle
plénière, une soirée festive, qui sait
? Toutes les idées sont bonnes. Les neuvièmes
Rencontres se construiront au fil des mois qui viennent.
Suivez les informations qui témoigneront régulièrement
du projet, ou contribuez directement à l’avancée
des travaux en faisant des propositions sur le site de l’Adels.
tiré de la rubrique "Adels info"
in journal de Territoires n°444, janvier 2004
Il semble que les groupes de citoyens et les
associations peinent à investir les deux territoires
« intermédiaires » que sont la région
et l'Europe.
Passées les actuelles discussions d'appareils où
les partis politiques visent à créer des alliances
ou à se démarquer l'un de l'autre, à préserver,
à répartir ou à gagner des sièges
dans les exécutifs régionaux, il faudra bien en
venir à l'essentiel et aux véritables débats
de société que doivent traiter ces deux territoires.
En région, une vigilance citoyenne doit être maintenue
pour veiller à ce qu'une véritable décentralisation
permette un développement des projets à cette
échelle, en lien avec les autres échelles de territoires.
Régionalisation ne peut pas rimer avec démantèlement
de l'action publique.
L'Europe sera-t-elle libérale, nouveau terrain de chalandise
du marché recomposé à cette dimension ?
On connaît les risques d'extension des inégalités
et de précarisation des populations que cela génère,
de concentration des richesses, et donc d'impérieuses
régulations devant être supportées par les
États et les collectivités locales.
Ces deux territoires seront-ils le lieu d'une gouvernance démocratique
et sociale ? Il faut pour cela que les groupes et les associations
fassent valoir à ce niveau leurs choix politiques, leur
vision des changements nécessaires, leurs projets. Les
acteurs de la démocratie participative doivent mener
un important travail de mobilisation en ce début d'année
2004, pour combattre l'abstention prévisible et pour
donner un sens politique à ces échéances
électorales.
Contactez-nous !
Adels : 01 43 55 40 05, adels@adels.org
Décembre 2003
FSE : La démocratie, voie étroite et exigeante
tiré de la rubrique "Adels info" in journal
de Territoires n°443, décembre 2003
L'incontournable succès d'une manifestation
telle que le Forum social européen, et en même
temps une inévitable faiblesse, vient de ce que ses participants
ne sont pas adeptes de la pensée unique.
Tous partagent une lecture critique de la société,
locale, européenne et mondiale, même si les diagnostics
diffèrent en fonction des histoires politiques et organisationnelles.
Tous en appellent au changement. C'est sur les moyens d'agir
que doivent s'expliquer les partisans d'une citoyenneté
active, d'une part, et nombre de militants des organisations
internationales, des partis et des syndicats, d'autre part.
Les premiers prônent la participation des citoyens, voie
qui nécessite des acteurs qu'ils se reconnaissent mutuellement
légitimes à s'engager dans la gouvernance démocratique.
Les seconds craignent peut-être qu'une refondation hors
des appareils traditionnels dans lesquels ils sont impliqués
risque, pour cette raison, d'être illégitime, comme
peuvent l’être globalement à leurs yeux la
décentralisation, la co-production de l'espace public,
le marché. Face à ces menaces, ils s’en
remettent à un pouvoir central fort.
Pour soutenir et faire progresser la première voie, l'Adels
était présente au FSE et au Forum des autorités
locales : deux manifestations jusqu'à présent
séparées qui, pour la première fois dans
la jeune histoire du mouvement, ont ouvert un espace commun
de dialogue entre leurs participants.